Les villes Bretonnes ont moins mal à la dette que celles d’Ile de France et de Provence

1 Nov

L’Ile de France. 18% de la population, 30% des investissements de l’Etat… et 26 des 50 villes les plus endettées de France. Un bien grand manque de rigueur en ces temps de crise, que nous révèle la cartographie réalisée par Rue89 sur la base des chiffres du Ministère de l’Economie. De 2004 à 2007, l’en-cours de dette des villes françaises est passé de 50 à 56 milliards d’€ et atteint aujourd’hui 57. 5 milliards d’€.

Dans le top 5 sont associées des villes très diverses. Dans l’ordre, Levallois Perret, en 1e place, dans les Hauts-de-Seine (11484 € de dette par habitant), dont la dette a crû de 300% en dix ans. Puis Cannes (3933 €/h), en Provence.  Puis Saint-Ouen (3111 €/h) en Seine-Saint-Denis, Bussy Saint-Georges en Seine-et-Marne (3041€) et Bagnolet (3017€). Autant de visages de l’endettement municipal. Levallois, confetti de banlieue hyper-dense (2.42 km², 26 213 habitants au km², 13e ville la plus dense du monde) aux mains d’un clan politique. Une station balnéaire ensoleillée et hypercotée. Deux communes de banlieue rouge aux mains du PC depuis la Libération et qui ont connu une suite de maire bâtisseurs. Une ville nouvelle contrainte au déséquilibre budgétaire  et qui limite la casse de son mieux. Plusieurs visages pour autant de chiffres différents. Il y a un gouffre entre les 490 millions d’€ de dette de Levallois et les 71 de Bussy.

D’autres villes émargent aussi parmi les plus endettées. Ainsi Mantes-la-Jolie, aux confins de la Normandie, du Vexin et de l’Ile de France (29e , 2033€/hab), contrainte à d’importants aménagements sécuritaires et sociaux à cause de son très connu quartier du Val Fourré. Corbeil-Essonnes (36e, 1969 €/hab), dont la gestion est souvent épinglée et les campagnes municipales se muent en feuilletons judiciaires. Dans le Nord, enfin en Flandre méridionale, Maubeuge et Béthune voisinent à la 16e et 17e place, avec un peu plus de 2240 € de dette par habitant. En Lorraine, Forbach, dans le Berry, Bourges pointent.  Hormis l’attendu Saint-Etienne, on trouvera Dax, Castres, Agde (7e),Arles et un chapelet de villes côtières pour l’Occitanie et la Provence. Dont Fréjus (6e), la Seyne, Marseille… et Perpignan pour la Catalogne.

Si l’on considère le montant de la dette, c’est Paris en pôle position (2.14 milliards d’€ de dette), puis Marseille, avec ses 1.8 milliards d’€ de dette, que l’impôt résorbera d’autant plus difficilement que la moitié de la ville ne paie pas l’impôt. Suivie de Levallois (720 millions d’€), de Saint-Etienne (398, 4 millions d’€, la dette n’augmente plus beaucoup, mais la ville a perdu 10.000 habitants en dix ans et ses projets urbanistiques d’avant-garde ne semblent pas ralentir le mouvement), et Nice (380 millions d’€).

En Bretagne…  les emprunts toxiques, voilà l’ennemi.

Absents du tableau… comme c’est curieux ! La Bretagne, la Normandie, l’Alsace ou la Touraine ne comptent pas parmi les 50 villes de France où la dette pèse le plus lourd sur les habitants.  Si l’on regarde les montants, la dette de Nantes pèse 269.5 millions d’€ (926/ habitant), la 10e de France, mais en baisse continue (et forte) depuis 2005.  Pour Rennes, c’est beaucoup mieux (156 millions d’€, 741 €/habitant) et la ville table sur ce faible endettement pour lancer dès 2013 la construction de la seconde ligne de métro pour 1 milliard d’€. Mieux encore pour Brest (74 millions d’€, 507 / habitant).

Toute autre chanson pour les villes qui ont été plombées par les emprunts toxiques et qui n’ont pu renégocier leurs emprunts à temps, souvent des petites communes qui s’en sont remises à la sagacité de leurs conseillers bancaires.  Ainsi, Saint-Cast le Guildo, 7.1 millions d’€ de dettes, soit 1988 € par habitant. Cancale (35), 6.5 millions d’€ de dettes, soit 12OO € par habitant. Thouaré sur Loire, près de Nantes, 8.3 millions d’€ de dette, soit 1089 par habitant. Dans le Morbihan, une flopée de communes avaient été touchées par des explosions de taux d’emprunts. Quiberon a réussi à renégocier ses emprunts à la dernière minute, mais se traîne depuis des années avec près de 6 millions d’€ de dette. La charge par habitant (1135 € en 2011) tend à baisser. Lanester (37.6 millions d’€, soit 1622 € par habitants) est dans une situation très semblable.

Plus inquiétant au demeurant, deux villes bretonnes figurent parmi les plus fortes hausses de la dette entre 2010 et 2011. La première est Saint-Nazaire, dont la dette augmente de 53% à 32.5 millions d’€; la hausse s’explique en grande partie par la construction du bus à haut niveau de services Hélyce et de divers équipements publics. Celle de Saint-Brieuc augmente de 51% pour s’établir à 21.7 millions d’€.

Carte sur Rue 89 et tableaux évolutifs sur le Journal du Net

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  1. Les villes Bretonnes ont moins mal à la dette que celles d’Ile de France et de Provence | - novembre 6, 2012

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