L’indépendance a le vent en poupe en Catalogne

26 Nov

Arthur Mas, chef du CiU (Convergencia i Unio, centre-droit), n’a pas réussi son pari de gouverner seul en Catalogne, sa formation étant passée de 62 à 50 sièges au Parlement de la Généralité. Mais la gauche indépendantiste est la grande gagnante d’un scrutin qui pousse encore un peu plus la Catalogne vers l’indépendance.

C’est surtout le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) qui est le grand gagnant du scrutin, passant de 10 à 21 sièges. Le CiU examine actuellement toutes les options possibles d’une coalition de gouvernement pour mettre en place l’auto-détermination catalane. Les socialistes catalans, en fort recul, ont opposé une fin de non-recevoir catégorique aux indépendantistes. ERC ne ferme pas la porte à une entrée au gouvernement, mais sans se montrer particulièrement empressée. Du reste, ERC est en position de force : le numéro deux de CiU, Oriol Pujol, a estimé hier que « le résultat du scrutin [les] plaçait entre les mains de ERC ».

Le gouvernement et les médias espagnols ont pointé l’échec d’Arthur Mas, qui aurait vendu la peau de l’ours avant de l’abattre ; El Pais parle même d’une « raclée ». Cependant, ce sont essentiellement les partis indépendantistes qui ont tiré leur épingle du jeu de l’élection. Alors que bien d’autres régions autonomes espagnoles se sont prononcées pour une recentralisation partielle, le choix du Pays Basque et des Catalans de larguer les amarres n’est pas sans inquiéter l’Espagne, où les élections catalanes trustent depuis des mois les Unes des grands médias. Avec la Catalogne, c’est aussi 6% de la superficie, 16% de la population, 19% du PIB, 24% de la production industrielle et près de 28% des exportations qui s’envolent à tire d’aile.

ERC, dirigée par Oriol Junqueras, nouvel homme fort de la Catalogne, pourrait demander à CiU un « geste fort » : la rupture totale avec le Parti Populaire (PP, conservateurs espagnols, hostiles à l’indépendance catalane) au sein des municipes détenus par le parti. Dans ces derniers, comme dans les conseils de comarques, CiU et PP partagent en effet le pouvoir.

De son côté, Albert Rivera, président de Ciutadans, parti de centre-gauche opposé à l’indépendance, a appelé Arthur Mas à « démissionner dans la dignité ». Son parti a triplé sa représentation, passant de 3 à 9 sièges. Les négociations pour la formation du gouvernement catalan continuent,tandis que le peuple catalan et l’Espagne retiennent leur souffle.

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