Archive | décembre, 2012

NDDL : Route à 2X2 voies écologique recherche arbres d’urgence

31 Déc

Le projet d’aéroport a beau être illégal au point de vue du droit européen et donc l’objet de nombreux recours judiciaires certains croient encore à sa réalisation. Notamment la DREAL, qui vient de passer un appel d’offres pour la fourniture des plantations qui borderont la future desserte routière de l’aéroport.

Cet avis diffusé le 7 décembre 2012 et auquel on peut répondre jusqu’au 7 février 2013, vise à réserver et à payer les arbres et les arbustes qui borderont en 2017 cette future voie d’accès à l’aéroport. Les végétaux seront réservés à l’automne 2013 et livrés entre « l’automne 2016 et le printemps 2017 ». Imaginez-vous la route du futur aéroport « à haute qualité écologique » qu’est Notre-Dame des Landes ? Telle une allée de château, elle serait donc bucolique et arborée ?

Une voie au gabarit du futur aéroport : surdimensionnée

Périmètre de la DUP. En gris, le barreau autoroutier.

Périmètre de la DUP. En gris, le barreau autoroutier.

Vroum. Ce sont les données du débat public de 2008   qui vendent la mèche. Non, elle ne sera pas bucolique. Ce sera une autoroute : « un axe structurant d’une dizaine de kilomètres reliant les futures autoroutes que sont la R.N. 137 et la R.N. 165 ». Les prévisions de trafic à l’avenant « 20 000 véhicules par jour » qui devront «  doubler en 2050 sur la section la plus chargée » justifient la « réalisation d’un « barreau à 2×2 voies avec des échangeurs à dénivelés et caractéristiques autoroutières ».

Les dimensions sont officiellement justifiées par les prévisions de trafic de l’aéroport. Le débat public préalable à la DUP en 2008 prévoyait 9 millions de passagers par an en 2065. Nous sommes en 2013 demain, l’aéroport ne sera – s’il se fait – inauguré qu’en 2018 et, dans son dossier de presse qui vient de sortir, Vinci a prudemment repoussé  son objectif de neuf millions de passagers pour… 2065. La vraie justification du gabarit est à chercher ailleurs. Il s’agit de relier les 2X2 voies qui lient Nantes à Vannes (RN165) et Nantes à Rennes (RN137) par un axe de même nature. Les deux grands axes précités sont appelés à se transformer en autoroute… et donc à finir par être concédés ou dotées de péages. Par ailleurs, les lier par le chemin le plus court permet aussi de repousser le plus possible la mise en 2×2 voies de la RD16 entre Pontchâteau et Ancenis par Héric. Ce projet à peine ébauché, qui prévoit notamment une déviation de Fay et de Héric via Saint-Emilien de Blain, suscite des levées de bouclier un peu partout. Un bourbier politique local d’ampleur égale, sinon bien supérieure à Notre-Dame des Landes, vu par les barons politiques nantais comme une possibilité pour leurs électeurs furieux de les envoyer tous en retraite anticipée.

L’autoroute appelée à desservir l’aéroport, les deux axes Nantes-Rennes et Nantes-Vannes, la déviation de Notre-Dame des Landes et les directions auparavant desservies par les routes qui traversent la ZAD (Fay, Vigneux, Blain, Le Temple, Grandchamp, Treillières, la Paquelais) s’accompagnera de deux ronds-points à mi-course et d’un échangeur à chaque bout, branché sur les deux grandes nationales. Celui de l’ouest, réalisé sur la ZI de la Croix Rouge au Temple où ses emprises sont déjà prévues dans le plan d’occupation des sols, occupera « 40 hectares » parce que ses multiples bretelles doivent assurer la « desserte locale » de la zone : vers le bourg du Temple, Malville, Cordemais ou encore la zone industrielle, par exemple.

Le « barreau autoroutier » serpentera sur les territoires de sept communes : Grandchamp-Des-Fontaines, Treillières, Vigneux-De-Bretagne, Le-Temple-De-Bretagne, Notre-Dame-Des-Landes, Fay-De-Bretagne et Malville. Sept communes pour 10 km, c’est rare en Loire-Atlantique, département où il n’est pas rare de voir des communes dépasser 60km² de superficie. Cependant les landes humides sur lesquelles l’on veut percher l’aéroport ont longtemps été indivises et réservées au pacage des bêtes des diverses paroisses qui se trouvaient autour. Le « chemin de Suez » continué par un autre qui remontait au nord-ouest était une limite historique des paroisses de Fay, au nord, et de Vigneux au sud. Au XIIe, les Templiers obtinrent de se créer un territoire sur la paroisse de Fay où ils implantèrent une commanderie, qui deviendra le Temple de Bretagne. Les landes indivises sont peu à peu partagées entre les paroisses entre le XVIIIe et la première moitié du XIXe, puis partagées entre les propriétaires et cadastrées jusque dans les années 1950. La création en 1871 de la commune de Notre-Dame des Landes entre Fay et Héric fixe définitivement les limites communales.

Un « fleurissement » à 1.2 millions d’€

Le marché peut nous permettre d’estimer le prix des plantations : salé. En effet, l’appel porte sur la culture et la fourniture de 419 arbres-tiges, 32 arbres tiges fastigiés et 9904 baliveaux ou cépées. Nous mettons l’appel d’offres à disposition

arbrescépéeL’arbre tige est un arbre qui a été élevé pour avoir un tronc assez haut et un houppier assez restreint, le houppier étant l’ensemble des branches, des maîtresses-branches jusqu’aux rameaux, situées au sommet du tronc. Il peut atteindre quatre mètres. Les arbres fastigiés – en faisceau – ont des branches collées au tronc qui se développent en hauteur, parallèlement à lui. Ce sont le plus souvent des variétés spéciales du bouleau, du hêtre, du cerisier ou du peuplier, certains conifères comme le cyprès ou d’autres feuillus plus rares comme l’érable à feuille de platane (Acer platanoides) ou le pommier de Sibérie (malus baccata). Les baliveaux sont de jeunes arbres non ébranchés, dont le tronc porte des rameaux depuis la base. Il ne s’élève guère plus haut que deux mètres. La hauteur de la cépée varie. Elle est formée d’un groupe de branches qui se séparent dès la base et se développent en même temps. C’est ainsi que repoussent les aulnes après qu’on coupe leur tronc. Les arbres en cépée poussent moins haut et sont plus esthétiques en hiver.

Il est assez difficile de prévoir le prix, tant il varie selon les espèces et les pépinières. Cependant, on peut faire une moyenne – étant donné qu’on ne plante jamais une espèce unique d’arbre et que l’on sait que le maître d’ouvrage a annoncé vouloir « privilégier les espèces locales » dans toutes les plantations de près ou de loin liées au projet aéroportuaire. Le prix de ce « fleurissement » autoroutier va de 500.000 € à 2 millions d’€, avec une moyenne à 1.2 millions d’€. Prix auquel il faudra encore ajouter le gazon, les fleurs des ronds-points etc. Le greenwashing  c’est facile, à condition d’y mettre le prix. Cela dit, avec toutes les plantations d’arbres et de haies faites depuis trois ans par les opposants, la ZAD devrait pouvoir proposer un contrat de culture bien moins cher et livrable de suite. L’autoroute devant être payée aux trois quarts par le contribuable (Etat, département, CCEG), le porte-monnaie du citoyen devrait y gagner. Il y gagnerait encore plus si d’aventure l’Etat décidait que la crise, c’est la crise, et qu’il abandonnait le projet. Mais de quelle crise parlez-vous?

Addendum

Le succès de BreizhJournal ne laisse pas certains de nos lecteurs indifférents. Plutôt que de vaquer à leurs affaires ou d’aller construire des cabanes, ils préfèrent faire les mouettes. C’est leur droit. Un blog me consacre un gros mollard cette nuit, selon lequel je suis un faf et BreizhJournal un asile de fachos. Les trois pelés et le tondu qui tiennent ce blog prétendent représenter la lutte contre Notre-Dame des Landes : ils ne représentent pas même les collectifs du 44. Ce blog est une escroquerie, et le billet, du même tonneau. D’autant plus qu’il s’appuie sur des extraits du site qu’il déforme sans même avoir l’honnêteté de citer les liens des articles de peur que les lecteurs ne se rendent compte de l’inanité de leurs accusations et de l’amplitude de leurs déformations. Ma faute ?  Malgré toutes les pressions, je fais mon travail pour informer toujours et encore sur Notre-Dame des Landes. Au grand dam de ceux qui pensent que seuls les anarchistes doivent communiquer sur le dossier. Je ne plie pas, comme je résiste contre tous ceux qui pensent que seuls les forces de l’ordres, l’Etat ou les médias bien en cour et dûment subventionnés doivent parler de Notre-Dame des Landes.

Alors comme je ne veux pas perdre mon temps parce que l’info, elle, n’attend pas, je réponds d’avance à tous les cracheurs de feu à venir.  BreizhJournal est un média indépendant Breton, qui s’occupe d’actualité politique, sociale, économique, en Bretagne. Les lecteurs sont libres de reprendre – sans aucune possibilité d’utilisation commerciale – tout ou partie des articles publiés ; cependant les résumés et les interprétations qu’ils en font sont leur propre fait et n’engagent en rien, ni BreizhJournal, ni les auteurs des articles originels. A un extrait coupé de son contexte, on peut faire dire ce que l’on veut. La preuve.

Je ne suis pas anarchiste, ni même de ce qu’on a coutume d’appeler « l’extrême-gauche ».  Je ne fais pas non plus partie de l’autre extrême, et je me tiens à l’écart des idéologies aliénantes et des extrêmismes, quels qu’ils soient, pour des raisons historiques que je porte en héritage. J’ai choisi de couvrir le dossier Notre-Dame des Landes pour diverses raisons qui n’ont rien de politique. L’une d’elles est que je connais Notre-Dame des Landes et je peux donc apprécier le fait que malgré leurs grands airs et leur tapage, les anarchistes ne représentent pas toute la lutte, loin de là. Ce serait trop simple pour tous ceux qui voudraient caricaturer les opposants. Par ailleurs, si le pouvoir fait comprendre que la ZAD est une « zone de non-droit », l’on peut constater que du point de vue du droit de l’environnement ou de l’urbanisme, le projet d’aéroport est une « zone de non-droit juridique ». C’est aussi une « zone de non-droit politique et économique», puisque l’on constate aisément à quel point le projet est flou dans ses bénéfices escomptés et est à contre-sens de l’évolution actuelle de l’aménagement du territoire. On ne fait plus dans le gigantisme, et quand on le voudrait, Vatry, Mirabel ou les grands travaux inutiles de la Belgique sont là pour nous rappeler les échecs passés.

A ceux qui crachent, menacent ou font pression sur BreizhJournal. Vous prétendez défendre les droits de l’Homme, la République ou les libertés fondamentales. Appliquez-les à votre vision du monde et acceptez que des gens qui n’ont pas vos idées politiques existent, s’expriment, informent. C’est ça, la liberté. Ou annoncez clairement la couleur : la liberté, c’est pour ceux qui ont vos idées politiques. Les autres, au goulag.

Ce mois-ci, BreizhJournal a publié une soixantaine d’articles sur divers sujets et attiré 25.000 visiteurs uniques du monde entier. Chaque jour, nous jetons un regard indépendant sur l’actualité en Bretagne, loin de tous les extrémismes. Merci à tous pour votre soutien et votre fidélité. Bonne Année 2013 et meilleurs voeux à tous !

Louis-Benoît GREFFE

Prospection minière : la mairie de Marsac sur Don vigilante

30 Déc

Ardoise, pierre bleue, fer, étain, charbon, uranium, or… une campagne de prospection va se dérouler dans les communes du Castelbriantais et du pays d’Ancenis. Mais la mairie de Marsac-sur-Don, une des communes concernées, suit le dossier de très près pour protéger ses terres agricoles.

Consultée pour donner un avis consultatif sur cette campagne, réalisée par la société Variscan Mines, M. le maire, Alain Duval, entend faire passer le message :  « nous ne laisserons pas faire n’importe quoi ». En effet, la société, implantée à Orléans, mais dont une grande partie des capitaux sont australiens, va réaliser une campagne de prospection, notamment aérienne, dans les environs de Guéméné, Nort, Derval, Châteaubriant et Ancenis en 2013.

Un chevalement en Bretagne : la mine de charbon de la Gautellerie (la Rouxière)

Un chevalement en Bretagne : la mine de charbon de la Gautellerie (la Rouxière)

Sur ces terroirs du pays de la Mée, de l’étain est tiré de la terre depuis l’Antiquité (Abbaretz), de la pierre bleue et de l’ardoise depuis le Moyen-Age, du fer et du charbon depuis le XVIIIe siècle. La plupart des sociétés minières ont cessé leur exploitation avant la 1e guerre mondiale ou dans les années 1930. Seules exceptions : l’aventure minière d’Abbaretz dans les années 1940 et 1950 et les mines de la Brutz et de Limèle, entre Fercé et Soulvache, qui ferment leurs portes en 1966. Depuis, le « Pas de Calais Breton » qui donna naissance, à Indret, à l’industrie d’armement française, s’est abîmé dans le silence et la ruine. Ce sont les fantômes d’un passé à peine révolu que les engins de la société Variscan s’apprêtent donc à réveiller. D’autant plus qu’il reste des ressources, mais dont  jusque là, le prix alors modique des matières premières rendait l’exploitation non rentable.

Seulement, dans la vallée du Don, la rivière qui coule à Marsac, et sur les croupes généreuses qui le bordent au nord et au sud, il est un autre or que la pierre bleue enfouie sous la commune : la terre. De la pierre, que l’on tirait par deux carrières et un puits vite délaissé, l’on faisait des couvertures, des clôtures en dalles plantées debout – des palis, de belles maisons en pierres apparentes. La terre, elle, a la valeur agronomique la plus élevée des environs, ou peu s’en faut. Alors, le maire est vigilant. Il explique à BreizhJournal « Nous avons été élus pour être responsables. Il y a des pressions sur la terre » – comme à Notre-Dame des Landes plus au sud, ou à Massérac, au nord-ouest, où un projet de décharge vient d’être évité de justesse. « C’est un bien précieux, et nous devons tout faire pour la garder, empêcher son artificialisation. Alors si la société trouve quelque chose, nous aviserons selon ce que c’est et l’emprise que ça occupera. Il faudra nous en faire valoir les bienfaits ».

La fugueuse du Puy-en-Velay serait bien à Notre-Dame des Landes

29 Déc

Exclusif. Depuis le 4 décembre, Camille Lauran et Geneviève Euvrard, deux lycéennes du Puy-en-Velay, ont fugué, peut-être pour rejoindre la ZAD de Notre-Dame des Landes et participer à l’opposition à la construction de l’aéroport. Nous venons de recevoir un témoignage exclusif qui prouverait la présence récente de Camille sur la ZAD.

« Elle est rasée sur les côtés de la tête et elle a les cheveux verts sur le dessus ainsi qu’une mèche verte devant (facile de la reconnaître)comparer avec sa photo d’avis de recherche et la nana sur la ZAD et vous verrez que c’est la même ».

20611_378131638943500_535140273_nUn appel à témoins a été lancé, via internet et Facebook. Comme dans tout appel à témoins de ce genre, les témoignages affluent et lancent les forces de l’ordre sur des pistes contradictoires. Ainsi, ces deux derniers jours, les deux jeunes filles auraient été vues en Suisse, à la gare de Toulouse ou encore à Nantes. Une chose est sûre : elles appartenaient à la mouvance anarchiste, d’après Jacques Louvier, procureur de la République de Puy-en-Velay, qui privilégie toujours la piste de Notre-Dame des Landes. Un avis de recherche national sera bientôt lancé et pourrait motiver des opérations policières sur la ZAD pour retrouver la jeune fille; cette disparition pourrait même fournir un prétexte opportun pour une intervention policière médiatiquement vendable à l’opinion. Dorian Piette, juriste en droit de l’environnement qui intervient auprès de l’ACIPA, estime que « c’est effectivement un bon prétexte, mais que toute intervention de policiers sur la ZAD créerait beaucoup de désordres, même avec un tel motif« . Le témoignage que nous avons reçu se recoupe avec d’autres qui nous ont été transmis.

Avant leur départ, les deux jeunes filles s’étaient confiées à leurs amis qu’elles pensaient rejoindre Notre-Dame des Landes pour participer à la lutte. Puis elles ont pris un convoiturage du Puy-en-Velay à Toulouse, d’où elles ont posté une lettre pour rassurer leurs proches, et de là ont rejoint un groupe qui remontait vers la ZAD. La mère d’une des jeunes filles est venue sur la ZAD mi-décembre, où elle ne l’a pas trouvée mais a diffusé abondamment son signalement et les photos de l’avis de recherche. C’est sur l’une de ces photos que se fonde le témoignage que nous avons reçu. Le procureur de la République du Puy en Velay, Jacques Louvier, a déclaré que les enquêteurs avaient établi que la jeune fille avait par ailleurs appelé depuis un poste de téléphone de Notre-Dame des Landes pour joindre ses parents.

L’ACIPA ne dénoncera pas sa présence

Dominique Fresneau, de l’ACIPA, nous précise que « l’ACIPA ne condamnera ni ne dénoncera la présence de personne sur la ZAD« . Toutefois, « dans l’hypothèse » où la jeune fille serait présente sur la ZAD, elle « sera invitée à donner de ses nouvelles à ses parents« . Du côté du droit, Dorian Piette balaie les accusations de détournement de mineurs : « l’ACIPA n’a jamais invité toutes les personnes ou tous les mineurs à fuguer pour rejoindre la ZAD et s’opposer à l’aéroport. Ces deux jeunes filles, si elles sont à Notre-Dame des Landes, ont pris leur décision librement et de leur plein gré. S’il y a une autre personne avec elles qui les a entraînées, c’est à elle que la justice et les parents devront, le cas échéant, demander des comptes« .

Camille de retour au Puy-en-Velay, Geneviève est toujours sur la ZAD

De son côté, Michel Lauran, le père de Camille, nous assure ne pas avoir de nouvelles, les enquêteurs étant en train de vérifier toutes les pistes ébauchées par les appels qu’ils ont reçus. Pour sa part, cet artisan-taxi des hauts plateaux de l’Ardèche n’est jamais allé sur la ZAD, mais se dit prêt à « renverser les montagnes » pour retrouver sa fille. « Si personne parmi la police ne veut aller l’y chercher, moi, j’irai« .

C’est justement ce qu’il a fait samedi soir vers 20h15, en récupérant Camille dans des conditions qu’il dit « rock’n roll » à Notre-Dame des Landes; Camille, rentrée au Puy en Velay, a été entendue dimanche après-midi par les enquêteurs. En revanche, il récuse les rumeurs de coups qu’il aurait échangé avec certains opposants dans le « bourbier » du site. « Je m’expliquerai quand on aura récupéré Geneviève« , nous confie Michel Lauran. La jeune fille de 16 ans a appelé sa mère hier et elles ont parlé quelques minutes; Geneviève souhaite rester pour l’instant sur la ZAD de Notre-Dame des Landes.

Le chômage baisse enfin en Bretagne

28 Déc

Bonne nouvelle pour Noël en Bretagne. Alors que la France gagne 30.000 chômeurs de plus (+0.9%), la Bretagne en perd 293 et voit son chômage baisser de 0.15%. Une baisse qui vient mettre fin à dix mois consécutifs de hausse du chômage dans les cinq départements de la Bretagne historique.

Depuis février 2012, la Bretagne a gagné 19561 chômeurs (+10.3%). Dans le détail, en novembre, les Côtes d’Armor gagnent 94 chômeurs (+0.40%) et le Morbihan 154 (+0.50%). Le Finistère en perd 154 (-0.40%), l’Ille-et-Vilaine 209 (-0.5%) et la Loire-Atlantique 167 (-0.30%).  Dans ce dernier département, la baisse du chômage est tirée par l’augmentation du taux d’emploi des jeunes, notamment des jeunes femmes dont le chômage baisse de 4.2% sur un mois. Dans le Finistère, le chômage baisse pour la première fois depuis six mois, dans les Côtes d’Armor depuis neuf mois, et depuis huit mois en Loire-Atlantique. Dans le Morbihan, la dernière baisse remonte à cinq mois et à huit mois dans les Côtes d’Armor.

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Cette bonne nouvelle s’accompagne d’une autre : les Chantiers de Saint-Nazaire ont engrangé une méga-commande. Cependant, les travailleurs devront encore supporter au moins trois mois de chômage technique et la déconfiture de certains sous-traitants (PMO Navale par exemple) devrait se poursuivre. N éanmoins, la baisse de novembre fait écho à un mouvement de fond, amorcé par la décélération de la progression du chômage en octobre. A nouveau, comme en janvier 2012, la Bretagne se singularise en résistant mieux que d’autres à la crise et au flou artistique qui règne au sein de la politique économique  du gouvernement de Paris.

L’accalmie risque cependant d’être de courte durée : effet des surcroîts de commandes pour les fêtes, les soldes et les inventaires, les offres d’emploi précaires augmentent. La baisse des offres d’emploi supérieures à 6 mois continue sur le même rythme que les deux mois précédents. 2807 offres d’emplois d’une durée supérieure à 6 mois ont été collectées en octobre, en Loire-Atlantique. Elles n’étaient plus que 2448 en novembre.

La Normandie recrute 

Autour de la Bretagne, la situation s’améliore globalement, à l’exception notable de l’Anjou. La Manche perd 201 chômeurs de catégorie A en novembre (-1%). Le chômage est stable dans l’Orne (-0.1%) et baisse dans le Calvados (-0.7%). La DIRECCTE locale a dressé la liste des professions qui peinent à recruter. La Basse-Normandie recherche des géomètres, des dessinateurs industriels, des ingénieurs, des bouchers et des infirmiers. Le Maine-et-Loire (Anjou) gagne 360 chômeurs en novembre (+1%). La Mayenne en perd 65 (-0.7%).  La Sarthe en gagne 19 (+0.1%). En Vendée, avec 11 chômeurs de moins, le taux de chômage stagne.

Chômage technique jusqu’en avril au moins aux Chantiers

28 Déc

Les chantiers de Saint-Nazaire, dont la situation commençait à devenir critique sont sauvés à moyen terme par la commande, pour le compte de l’armateur RCCL (Royal Caribbean Cruise Lines)  d’un super-paquebot de 360m de long par 656 de large, pour 2700 cabines. 8460 personnes pourront voyager sur ce nouveau géant des mers, dont la construction représente 10 millions d’heures de travail, de septembre 2013 à sa livraison au printemps 2013.

Le contrat, estimé à 1 milliard d’€, est assorti d’une option pour un autre navire semblable livrable en 2018. STX a aussi annoncé sa réorganisation vers des marchés plus modestes, tels que les fondations d’éoliennes, les navires technologiques (pour pérenniser le site de Lorient), etc. Mais dans l’immédiat, rien ne change pour les travailleurs de Saint-Nazaire, comme nous l’explique Joël Cadoret, délégué CGT des Chantiers.

BreizhJournal : M. Cadoret, que pensez-vous de la commande et que change-t-elle pour les ouvriers des Chantiers ?

Joël Cadoret : Cette commande est assurément une très bonne nouvelle, qui redonne de l’horizon aux Chantiers et de l’espoir aux travailleurs, mais dans l’immédiat, elle ne change rien. Le chômage technique continue. L’atelier phare des Chantiers, celui des panneaux plans, est fermé. C’est 200 personnes qui sont au chômage. Il y a des périodes de chômage tournant dans les autres ateliers. Certains sont ouverts, mais tournent au ralenti.

BreizhJournal : la construction des demi-BPC pour la Russie (*) a été avancée pour pallier au déficit de charge de travail. Suffit-elle à occuper suffisamment les salariés ?

Joël Cadoret : Assurément non ! Les deux demi-BPC sont finis, pour ce qui concerne la partie en atelier. Là, ils sont en cale sèche et en prémontage. Ils ne représentent qu’une charge de travail hélas peu importante. Il  nous faut d’autres commandes.

Entrée des Chantiers de Saint-Nazaire

Entrée des Chantiers de Saint-Nazaire

BreizhJournal : justement, avez-vous des pistes ?

Joël Cadoret : Nous avons écrit juste avant Noël au Premier Ministre Ayrault pour solliciter une réunion tripartite entre nous, la CGT de la SNCM et lui afin de travailler sur les besoins de la SNCM en car-ferries  car il faut un projet industriel aux Chantiers. Pour l’heure, nous n’avons pas encore reçu de réponse. 

BreizhJournal : pensez-vous que l’action de l’Etat a été efficace pour gérer la crise que traversaient les Chantiers et leurs sous-traitants ? Notamment, pour ne pas le citer, le ministère du Redressement productif ?

Joël Cadoret : Ce qui est sûr, c’est que le ministère des Finances est intervenu pour boucler rapidement le financement nécessaire à la construction des bateaux par les Chantiers et pour les formalités à l’exportation. L’Etat a probablement facilité aussi le contrat avec Areva [pour les socles d’éoliennes]. Nous ne mettons pas les ministères en concurrence. Tout ce qui compte, c’est que l’Etat est intervenu positivement. Et qu’il doit poursuivre son effort.

Breizhjournal : merci de nous avoir accordé du temps. Une dernière question : jusqu’à quand estimez-vous que la situation sera difficile pour les travailleurs des Chantiers ?

Joël Cadoret : Les bureaux d’étude reprennent le travail le 7 janvier. Cela représente à peu près 400 personnes qui vont retrouver de l’activité. Il faut de 3 à 6 mois d’études, notamment parce que l’on ne connaît pas encore toutes les modalités du bateau. Jusqu’en avril, ce sera difficile. Après, les travailleurs auront de la visibilité. L’objectif de la CGT est que le chômage technique cesse le plus rapidement possible.

 

Note : les « deux demi-BPC » sont les bâtiments de projection et de commandement (porte-hélicoptères amphibies) que la France doit livrer à la Russie en 2014 et 2015. Dans le cadre d’un transfert de technologie, une partie d’entre eux est construite par les chantiers Baltic Plant Shipbuilding à Saint-Petersbourg. Le premier BPC, nommé Vladivostok, sera réalisé à 80% par STX et 20% par le chantier russe ; le second, nommé Sébastopol, verra la participation russe monter à 40%. Le contrat prévoyait également une option pour la construction de deux autres porte-hélicoptères en Russie, sur le chantier naval de Sevmach avec un haut degré d’intégration locale, soit jusqu’à 80% de matériaux russes. Une brève intitulée « le Mistral se dégonfle » a été publiée par le quotidien économique russe Vedomosti le 21 décembre. Selon celle-ci, le pouvoir russe aurait choisi de ne pas lever cette option.  Le journal, qui cite un haut fonctionnaire du gouvernement, précise que les deux BPC en cours de construction seraient achevés.

NDDL : comment les habitants de Loire-Atlantique soutiennent la lutte ?

28 Déc

Depuis quelques semaines, le soutien local aux occupants de la ZAD opposés au projet d’aéroport s’intensifie. Blocages de péages, gardes tournantes sur la ZAD, rassemblements ou encore mailing intensif : les formes sont nombreuses, le but unique. Faire reculer Vinci et le gouvernement.

"Libération" du péage d'Ancenis samedi 22/12/2012 par le collectif de soutien ZAD - Châteaubriant

« Libération » du péage d’Ancenis samedi 22/12/2012 par le collectif de soutien ZAD – Châteaubriant

Ainsi, le péage du Bignon et celui d’Ancenis sont régulièrement la cible d’opérations de « libération ». Péage libre, barrières relevées, autant d’économisé pour les automobilistes qui affluent vers Nantes (ils paient 4.60€ à Ancenis). Les deux seuls péages de Bretagne, d’autant plus incongrus que depuis le XIIIe, les Ducs, puis les gouverneurs de Bretagne ont tout fait pour limiter et réduire les octrois et les péages routiers, ont été bloqués deux fois en décembre par les opposants, la dernière fois le 22 décembre. A Ancenis, l’opération était organisée par le collectif de Châteaubriant, qui bloque aussi régulièrement la permanence du député PS Yves Daniel. L’opération de libération du péage a amené du cash : 1000 € ont été collectés par les membres du collectif, qui invitaient les automobilistes à contribuer à la lutte. Ils seront versés sur le compte de la ZAD afin de faire face aux importants frais de justice engendrés par les recours multiples et la défense des opposants, régulièrement interpellés et jugés.

Les comités locaux, cellules de mobilisation paysanne

Au centre de toutes ces actions locales, telles les visites de permamence ou les rassemblements sur les chantiers faits par des filiales de Vinci, une pièce maîtresse : les collectifs locaux de soutien. Au 6 décembre, ils étaient 23 en Bretagne, dont 7 en Loire-Atlantique : Châteaubriant, Saint-Nazaire, Orvault, Nantes, Clisson, le Loroux, Vallet. S’y sont ajoutés depuis un très actif comité à Blain, un autre dans la région de Nozay-Nort sur Erdre (sud du Castelbriantais), un qui rassemble les habitants des communes du sud de la Vilaine (canton de la Roche-Bernard), un autre pour le nord de la Brière, un pour Guenrouët et la vallée du Brivet, etc.

Omniprésents dans la lutte, les tracteurs sont la marque visible du soutien du monde paysan

Omniprésents dans la lutte, les tracteurs sont la marque visible du soutien du monde paysan

Ces comités sont structurés à la fois par les militants pour l’environnement et les agriculteurs. La Confédération Paysanne, très impliquée dans la lutte puisqu’elle fait partie des organisations qui forment la coordination contre l’aéroport, a formé un planning tournant de gardes paysannes. Chaque semaine, des paysans volontaires d’un canton vont sur la ZAD et montent la garde ou participent au montage des cabanes, sur la Chat Teigne et ailleurs. Ils y laissent souvent un voire  deux tracteurs, et quand ils en ont besoin, peuvent compter sur la solidarité d’autres agriculteurs. Cette organisation concerne les exploitants du centre et du nord de la Loire-Atlantique, de la Brière à Ancenis et de Châteaubriant à la Loire. Mais d’autres agriculteurs Bretons viennent prêter main forte. Le mardi, sur la ZAD, c’est le jour des paysans d’Ille-et-Vilaine. Et les morbihannais devraient venir « prendre la relève » des comités locaux en janvier.

Action locale, information et collecte de matériels

Les comités locaux font aussi des actions là où ils sont implantés. Organisés en commissions (sous-groupes), à raison d’une par sujet à traiter, ils tractent sur les marchés, organisent des rassemblements devant les lieux de pouvoir (tous les vendredis à Châteaubriant, un jour sur trois à Nantes), collectent des ressources et du matériel pour la ZAD. Leur action a été précisée par l’AG inter-comités qui a eu lieu le week-end des 15 et 16 décembre. Quand la ZAD organise des grands événements, comme le festival musical FestiZAD du 4 au 6 janvier 2013, ils pourvoient aux besoins logistiques (chapiteaux, cables, matériel technique). Des membres des comités locaux organiseront aussi l’accueil des visiteurs et des groupes. Il est d’ailleurs éclairant de constater qu’en un minimum de temps, la ZAD a pu réunir un matériel assez important pour son festival, puisqu’il ne lui manque actuellement qu’un corps de batterie et une régie avec système dmx pour les jeux de lumière. La collecte d’argent a été l’objet de longs débats pendant l’AG inter-comités. Elle sera finalement développée, parce que les opposants vont faire face à « d’importants frais judiciaires » liés aux recours engagés autour de la Chat Teigne et du projet d’aéroport en général, mais aussi pour la défense des militants interpellés par les gendarmes et souvent jugés en comparution immédiate.

Des idées d’action circulent par mailings et sur le site de la ZAD. L’une d’elle, abordée le WE du 16 décembre, devrait être reprise par une grande partie des comités locaux : intervenir pendant les vœux des élus dans les collectivités, soit passivement en brandissant des pancartes, soit activement en prenant la parole pour interpeller élus et citoyens et diffuser partout l’esprit de la lutte.  Autre action organisée souvent par les comités locaux : les réunions d’information nombreuses, dont nous parlions déjà en novembre. Elles sont maintenant de plus en plus locales, réunissant un « zadiste  historique », c’est-à-dire présent sur la ZAD depuis plusieurs mois, avant le début des opérations policières le 16 octobre, des paysans de Notre-Dame des Landes, un ou plusieurs élus ou militants opposés au projet (pilotes, élus, paysans…).  Par exemple, une soirée d’information et de débat sur le projet est organisée à Saffré le 28 décembre à 20h (salle municipale Haut) par le Collectif d’élus doutant de la pertinence du projet d’aéroport (CéDPA) et le comité de soutien local Nozay-Nort-s/Erdre. Certains des comités locaux éditent aussi des tracts. Nous mettons à disposition le tract commun édité par les comités locaux du Sud-Vilaine et du nord de la Brière, qui annonce les réunions locales d’information début 2013.

Blain : des cartes d’électeur qui interpellent

Autre action locale, les déchirages groupés de cartes d’électeurs. Le très actif comité de
Blain a réuni 70 personnes qui ont déchiré 83 cartes. Ce qui n’a pas manqué d’interpeller le maire de Blain Daniel Leroux (PS), lui aussi opposé à l’aéroport et membre du CéDPA, mais qui a répondu dans l’Ouest France du 18 décembre qu’il « ne peu[t] cautionner l’action de déchirer sa carte d’électeur » ce qui reviendrait « à faire acte publiquement d’un abandon » du droit de vote acquis par une longue lutte historique. Le comité lui a répondu que le gouvernement et les barons locaux n’étant pas dans une logique de dialogue – qui ne peut être arraché qu’après des violences qui ne pouvaient plus être cachées aux médias, « face au mépris du pouvoir, il ne reste plus aux citoyens que le pouvoir de déchirer leurs cartes d’électeurs pour émouvoir leurs élus locaux » et les pousser à s’engager plus avant, conformément aux vœux de leurs électeurs. En effet, en 2008, lors du basculement de la commune de Blain à gauche – dès le 1er tour et avec des scores sans appel – la liste de gauche plurielle s’était engagée sans ambiguïté contre l’aéroport.

L’annulation du marché de lobbying illégale

Des opposants déterminés à ne pas se laisser prendre pour des pommes.

Des opposants déterminés à ne pas se laisser prendre pour des pommes.

L’action se dématérialise aussi, et prend de l’ampleur en étant relayée par les comités locaux. Par exemple, lorsque l’appel d’offres de « prestations intellectuelles de lobbying » sur les réseaux sociaux (190.000€) a été passé par le syndicat mixte chargé de la mise en place institutionnelle de l’aéroport, 3.000 personnes ont suivi l’appel de Reporterre à réclamer le dossier de consultation. Les services ont été complètement débordés et Auxiette, le président de la région Pays de Loire a préféré annuler l’appel d’offres. Problème : cette annulation est très probablement illégale  parce qu’elle est dénuée de motif, et qu’on ne peut annuler un appel d’offres en cours que pour des motifs « d’intérêt général » (article 59 du code des marchés publics, IV) Or, aucun de ces motifs récemment précisés  par Pierre Moscovici ne convient au cas d’espèce. La politique de Gribouille continue.  Et ce d’autant plus qu’une enveloppe de 400.000 € a été prévue pour le lobbying médiatique de l’aéroport, et elle sera utilisée. A raison de 60.000 € par campagne publicitaire pleine page dans Ouest-France, Presse-Océan et les hebdos associés, il y a de quoi en organiser six autres tout en renflouant le grand journal rennais, déficitaire et fortement subventionné du reste.La conjuration des cyber-chouans

Statue connue pour être celle d'un chouan. Abbatiale St Gildas de Rhuys (XIXe).

Statue connue pour être celle d’un chouan. Abbatiale St Gildas de Rhuys (XIXe).

La lutte des zadistes sait aussi marcher avec son temps. Les trucs et astuces du parfait cyber-militant circulent entre les comités : adresses jetables, recours à TOR et à Usenet, proxys, groupes Google, listes de diffusion chez Yahoo, Sympa ou RiseUp, jeunes et vieux se mettent à un web moins surveillé et plus actif. Plus efficace en somme pour bombarder de mails les petits ou grands responsables de Vinci, dont les adresses mail professionnelles sont en libre-service sur les sites militants. Des actions sont faites auprès des filiales de Vinci, dont une centaine est active en France.  Des mails-types sont envoyés par dizaines, par centaines, par des citoyens de partout. L’un d’eux concerne le libre passage des buses au-dessus du futur aéroport, y compris de la « triple buse Vinci ». D’autres posent des questions nettement plus sérieuses, piochées parmi les nombreuses imperfections et inexactitudes du projet officiel.

Sans intérêt, diront les esprits chagrins… peut-être, mais la pierre et la fronde sont l’arme des petits. D’un côté, Goliath et ses millions, les pressions du pouvoir, « leur justice »  de l’autre, des citoyens qui n’ont que peu de moyens, et dont la solidarité et le dévouement supplée à leur pauvreté. Parce que s’il existe bien une Association Citoyenne Pour la Réalisation de l’Aéroport de NDDL (ACIPRAN),  son téléphone de contact est domicilié aux bureaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie à Nantes. Pour un mouvement citoyen, peut mieux faire. Alors sur la ZAD, en Loire-Atlantique, en Bretagne et dans le reste du monde, des petites mains chaque jour plus nombreuses communiquent la lutte à tous les étages de la toile du web. Et pour l’instant, la vague ne fait que s’amplifier. Laissons le mot de la fin à un militant de Clisson : « Le pouvoir dépense des centaines de milliers d’€ d’argent public pour faire du lobbying. Nous on fait la même chose, mais gratis, et ça a une portée énorme. A chaque mail, Vinci se prend ZAD dans sa gueule».

Bruxelles hostile à l’indépendance de l’Ecosse

27 Déc

José Manuel Barroso multiplie les interventions ces derniers temps contre l’indépendance de l’Ecosse. Il a dernièrement affirmé que l’adhésion de l’Ecosse à l’UE ne sera en rien automatique, bien qu’une Ecosse indépendante soit « appelée » à y adhérer. La Commission  exige la clarté des institutions et des statuts de l’Ecosse indépendante, mais elle souhaiterait en même temps que le Royaume-Uni demeure « entier ».  Pourquoi ? Parce qu’elle estime que la création de cet Etat risque de « renforcer le phénomène d’une Europe à deux vitesses ». Crainte qui paraît injustifiée : l’Ecosse est – sur le plan économique – un pays d’Europe du Nord qui sera le 6e plus riche d’Europe après son indépendance.

yesscotland3La vraie raison est à chercher ailleurs. Dans un rapport nommé  écrit pour l’European Policy Centre en octobre par Arno Engel et Roderick Parkes, l’on découvre la vérité. Bruxelles essaie d’empêcher l’indépendance de l’Ecosse pour éviter un précédent.  La « balkanisation de l’Europe », ou son éclatement selon les minorités nationales est un phénomène dénoncé par plusieurs états membres disposant de fortes minorités internes : Chypre (Turcs), Grecs (Turcs, Bulgares et Macédoniens), Roumanie, Slovaquie (Hongrois), Espagne (Basques et Catalans). La France, elle aussi concernée joue de son influence discrète.

Cette démarche, formée d’avertissements successifs aux opinions anglaise et écossaise, et de pourparlers tendus avec le gouvernement écossais d’Alex Salmond, deux ans avant le référendum pour l’indépendance prévu en 2014, est envisagée comme un préalable. Si le processus d’indépendance poursuit son cours, l’on ne pourra pas reprocher à Bruxelles de ne pas être intervenue.  D’autant plus que l’indépendance de l’Ecosse – et de la Catalogne – trouve des appuis parmi les jeunes états nations de l’Europe (Etats Baltes, Slovénie), les nations qui ont dû lutter longtemps pour gagner leur liberté (Pologne) et celles qui ont des minorités nationales enclavées dans d’autres pays qui souhaiteraient rejoindre l’Etat de leur peuple (Hongrie, Bulgarie).

Les discussions se concentrent maintenant sur un point plus épineux : le statut de l’Ecosse vis-à-vis de l’UE. En effet, bien que les Ecossais n’aiment pas beaucoup Margaret Thatcher, ce sont les avancées qu’elle a arrachées à l’UE – contribution moindre et aides supérieures – qu’ils prétendent vouloir conserver, au risque de devenir un « nouveau vieux membre » de l’UE et de renforcer des inégalités qui hérissent déjà substantiellement les Etats voisins, dont la France. La Commission essaie d’obtenir de l’Ecosse, par la menace comme par les promesses, qu’elle abandonne les particularités consenties à l’Angleterre et se conforme au processus d’adhésion commun.

Le rapport fait pour l’EPC s’interroge sur la démarche de Bruxelles posée sur la rigidité des règles de l’Union et qui consisterait à « punir » un Etat légitimé par la volonté populaire et par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’EPC estime que la rigidité de Bruxelles prouve sa « faiblesse » et sa peur devant le phénomène des indépendances en Espagne et au Royaume-Uni, et appelle l’UE à « adapter selon les circonstances » les règles tirées de ses traités pour « intégrer au mieux » les nouveaux Etats appelés à naître sur le continent. Car les difficultés subies par l’Ecosse le seront aussi par la Catalogne, dont le peuple est déterminé à former le « next european state » (le prochain état européen), si la position de Bruxelles n’évolue pas.

Quel prix doit-on payer pour obtenir copie d’un document administratif ?

26 Déc

Certaines mairies ou autorités administratives appliquent des tarifs de leur cru pour décourager leurs administrés de demander tel ou autre document administratif public, par exemple les documents d’urbanisme (PLU, POS, SCOT…), ou tout simplement pour faire rentrer de l’argent frais. Pourtant, il y a une norme réglementaire qui fixe des prix maximums afin d’empêcher les dérives.

adminComme le rappelle l’association Corse de protection de l’environnement U Levante   il existe un arrêté du 1er octobre 2001  qui fixe les prix maximum de reproduction d’un document administratif à 0.18 centimes d’€ par page noir et blanc de photocopie, 1.83€ pour une disquette, 2.75€ pour un CDrom.

Le décret 2005-1755 du 30 décembre 2005 réaffirme la liberté d’accès aux documents administratifs  mise en place par la loi du 17 juillet 1978  L’autorité administrative sollicitée par l’usager d’une demande de communication de tel ou autre document a 1 mois pour rendre sa décision ; si elle garde le silence à l’issue de de ce délai, ce silence vaut refus. L’usager a deux mois, à compter de la notification du refus (par lettre de l’administration) ou de l’expiration du délai d’un mois après sa demande pour saisir la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs).

NDDL : le dossier de presse de Vinci décodé

26 Déc

Désintox. Le dossier de presse que Vinci consacre au projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, projet d’Etat, vient de sortir. Breizhjournal le passe au crible. Si l’introduction, qui insiste sur les manques de l’actuelle installation aéroportuaire de Nantes-Atlantique, et la conclusion qui présente l’architecte, l’entreprise et le contrat de concession, ne sont pas innovantes, le dossier de presse ébauche quelques estimations chiffrées des apports potentiels du projet à la Loire-Atlantique et à la Bretagne. Qu’en est-il vraiment ?

Désenclaver le Grand Ouest, est-ce encore nécessaire ?

Vue aérienne de l'aéroport projeté en 2017

Vue aérienne de l’aéroport projeté en 2017

D’entrée de jeu, le projet se présente comme une « opportunité pour désenclaver le Grand Ouest », une réponse à la croissance démographique de la façade atlantique et un projet créateur d’emplois. La « dimension interrégionale » est mise en avant, avec « 6 millions d’habitants » à moins de deux heures de l’aéroport (soit les habitants de la Bretagne hors-Finistère, des Pays de Loire, d’une part du Poitou). Les insuffisances de l’actuelle installation à Nantes-Atlantique, notamment le survol du centre-ville sont rappelées. En oubliant que si l’actuel aéroport gêne rééllement 5000 personnes à Nantes et dans son agglomération, il en gêne 50.000 à Toulouse  sans que personne ne réclame séance tenante la fermeture de l’aéroport toulousain et son transfert loin des yeux, loin du cœur, par exemple à Muret où il y a déjà une piste et deux aéroclubs.

Désenclaver le Grand Ouest (c’est-à-dire la Bretagne et les Pays de Loire), c’est bien mais est-ce encore nécessaire ?  Outre les lignes de chemin de fer (axes Paris-Brest et Paris-Quimper via le Mans et Nantes) structurantes qui desservent cet espace, il y a des transversales (axe Nantes-Rennes par Redon et futur axe par Châteaubriant, axe Quimper-Brest) et des 2X2 voies à grande capacité. Sans oublier 16 aéroports : Brest, Quimper, Morlaix, Ouessant, Lannion, Saint-Brieuc, Dinan, Rennes, Dinard, Lorient, Vannes, Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Laval, le Mans. Et 17 aérodromes : Redon, Dinan, Belle-Ile, Guiscriff, Ploërmel, Pontivy, Quiberon, Ancenis, la Baule, Châteaubriant-Pouancé, Cholet, Fontenay-le-Comte, l’Ile d’Yeu, la Roche sur Yon, Montaigu, les Sables, Saumur-St Florent. Bref, il y a plutôt trop d’aéroports que pas assez. En comptant les aéroports de Basse-Normandie et du Poitou-Charentes, il y a un aéroport pour 700.000 habitants dans l’Ouest dont à peine deux (Brest et Nantes)sont  rentables.

Les estimations de trafic sont elles aussi optimistes. Vinci prévoit 9 millions de passagers pour … 2065 en agrégeant allégrement ceux qui, depuis 2025, accompliront les trajets des ex-vols intérieurs en train, pour des raisons de coût et de rapidité. En effet les prévisions de Vinci sont celles, bidonnées, de la DGAC. Bidonnage dont nous vous parlions récemment. Rappelons qu’en 1970, à l’époque où tout était possible, l’on prévoyait 10 millions de passagers par an à l’aéroport de Nantes (dont on prévoyait le transfert à Notre-Dame des Landes en 1990)… qui en est péniblement à 3.7 en 2011.

Un chantier local ? A voir …

Implantations de Vinci en Bretagne, Anjou, Vendée, Maine

Implantations de Vinci en Bretagne, Anjou, Vendée, Maine

Ni une ni deux, le dossier prévoit 4000 créations d’emploi pendant le chantier ; argument mis en avant pour soutenir un projet qui boosterait l’emploi en Loire-Atlantique de 2013 à 2017. Il répond aussi à une inquiétude locale relayée par les élus et les habitants. Mais combien de ces emplois profiteraient vraiment aux entreprises locales ? Dans le BTP, des pratiques bien établies parmi toutes les grandes entreprises (Bouygues, Vinci, Eiffage, SPIE…) visent à recourir à la sous-traitance en cascade (parfois jusqu’à douze sous-traitants de sous-traitants pour des lots de chantiers) et à la main d’œuvre étrangère, dont les charges sociales sont beaucoup moins importantes que celles des travailleurs français, comme le révèle Marianne. La CGT, vent debout depuis des décennies contre l’emploi de sous-traitance étrangère – un phénomène qui existe aussi aux Chantiers de Saint-Nazaire – estime à 30 ou 40% la part d’ouvriers d’origine étrangère. L’an dernier, France Soir avait révélé que les ouvriers employés par Bouygues sur le chantier de l’EPR de Flamanville venaient des pays de l’Est (Roumanie principalement) pour un tiers d’entre eux faute notamment d’avoir trouvé et eu le temps de former sur place les coffreurs, maçons et bancheurs nécessaires au chantier.

Il ne faut pas oublier aussi que parmi les 4000 ouvriers du chantier projeté se trouveront de nombreux spécialistes qui viendront directement des filiales de Vinci – ou d’autres entreprises – dans  toute la France, parfois très loin de la Loire-Atlantique. Ainsi, les ouvriers des entreprises chargées des forages et implantations de pieux de fondation tournent avec leurs machines, passant un mois à Orléans, un mois en Somme, et ainsi de suite toute l’année au gré des chantiers et des logements de fortune. Du reste, un chantier vraiment local, ça n’existe pas même pour la restauration des Monuments Historiques. Par exemple, sur la trentaine d’ouvriers de tous corps de métiers qui restauraient en 2009/2011 le dernier vestige du couvent des Jacobins à Nantes, l’hostellerie des Jacobins, sise impasse Lambert, cinq seulement étaient de Nantes ou de Loire-Atlantique ; douze d’entre eux étaient étrangers.  Nous ne nous avancerons pas trop en estimant que sur les 4000 emplois du chantier de Notre-Dame des Landes, un tiers au mieux bénéficieraient à l’économie locale.

Des prévisions d’emplois durables très optimistes

Mieux encore, Vinci prévoit que le nouvel aéroport générera « 3200 emplois directs », dès la mise en fonctionnement de l’aéroport. L’actuel aéroport de Nantes-Atlantique n’emploie que 1300 personnes, et le D2A, zone industrielle en partie liée aux activités aéroportuaires, n’a pas prévu de déménager depuis Saint-Aignan-Grandlieu ; on se demande donc comment Vinci et l’Etat en arrivent à ces prévisions optimistes .  D’autant plus que s’il s’agit de transférer les hôtels situés auprès de l’actuel aéroport, l’on ne gagne que quarante emplois en plus : 10 au plus pour le Bed&Breakfast et 30 pour l’hôtel Océania.

Seulement, des emplois seront détruits par le transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame des Landes. Faisons les comptes. Il s’agit de transférer les 1300 emplois de Nantes-Atlantique, enfin, au moins 1190 parce que l’aéroport de Nantes-Atlantique ne va pas fermer mais accueillir des trafics essentiellement industriels. L’établissement public de l’aéroport de Châteauroux, qui n’accueille presque aucun passager, et 6500 tonnes de fret par an, emploie 108 personnes dont 26 pompiers  et 38 emplois publics qui répondent au strict minimum nécessaire (gendarmes, météo, douanes, contrôle, maintenance…). C’est le maximum d’employés possibles, en France, pour un aéroport vide ou quasi.

Par ailleurs, actuellement, les 36 exploitations agricoles en activité sur la superficie prévue pour le projet d’aéroport, emploient 72 actifs. En 1974, lorsque l’opposition à l’aéroport commençait à se structurer, il y avait 120 exploitants et deux fois plus d’actifs. La mise en service de l’aéroport de Notre-Dame des Landes devrait aussi causer la fermeture de l’aéroport d’Angers-Marcé, utilisé à 10% de sa capacité, et des aéroports de Lannion et de Saint-Brieuc, tous trois déficitaires et sous-utilisés. Les aéroports de Vannes et de Saint-Nazaire, trop proches, devraient aussi passer à la casserole. L’aéroport de Rennes, à demi-utilisé, est aussi menacé avec ses 117 emplois  mais il est exploité par Vinci avec celui de Dinard (44 salariés) depuis 2010. L’aéroport de Lannion emploie 41 personnes. Celui de Saint-Brieuc n’est « maintenu que pour les footeux » de l’En Avant Guingamp, nous confie-t-on du côté de la rivale Lannion. Soit, sur place, un pompier en permanence, un contrôleur aérien au gré des besoins, quelques agents de maintenance, et une entreprise de Brest qui vient assurer la sûreté aérienne lors des rares vols.  La société d’exploitation de l’aéroport de Vannes emploie 4 personnes, celle de l’aéroport quasi-vide d’Angers-Marcé 17 personnes. Il n’y a aucun agent public à temps plein rattaché à l’aéroport de Vannes (ils se déplacent au gré des besoins). Une fois retirés les emplois supprimés par le transfert de l’aéroport, ainsi que les emplois supprimés par la disparition des activités agricoles et des quatre aéroports de Vannes, Angers, Saint-Brieuc et Lannion, hors emplois induits et liés, ce n’est plus 3200, mais 1850 emplois qui seraient créés par l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Soit l’équivalent d’un quart de la zone industrielle Atlantis à Saint-Herblain (8000 emplois sur 55 hectares).

« Un pan du bocage qui se soulève »

Façade de l'aérogare

Façade de l’aérogare

La description du rendu final de l’aérogare est empreinte de poésie. Lisons plutôt « A hauteur d’homme, le terminal  se donne à voir comme un plissé du végétal, un pan du bocage qui se soulève. Le projet assume un parti pris de modestie ». Qui n’est pas celui de ses prévisions. « Loin de s’interposer, de s’imposer au regard, l’hypertechnicité du bâti s’efface pour valoriser celle du moyen de transport ». Il n’empêche que 1200 hectares de bocage artificialisés, cela risque de se voir, et de se ressentir aux alentours. L’aérogare, implantée entre les deux pistes, sera couverte d’une « toiture plissée ». Celle-ci adopte la forme d’une toiture industrielle classique (en sheds) engazonnée.  L’on constate encore une fois combien l’architecture est adaptée aux conditions météo locales. Le grand parvis couvert d’une toiture engazonnée non imperméable devant l’aérogare, sera balayé par les vents et des rafales de pluie six mois de l’année. Mais l’on espère que l’aéroport vendra des imperméables et des parapluies siglés Vinci pour booster les recettes directes. Au passage, l’aérogare est directement représentée avec les tram-trains à droite (que nous avons coupés) alors même que le principe de la liaison par tram-train de l’aéroport n’est inscrit que sur le papier et le financement n’est pas arrêté. Selon le scénario le plus optimiste, l’aéroport ne verrait les tram-trains qu’en 2024. « Parti pris de modestie » aussi, dans les parkings, avec 7250 places envisagées. Ici, nous sommes loin des 27 places de parking de l’aéroport de Vannes, ou des 200 de celles d’Angers. C’est un transfert simple des infrastructures nantaises. L’actuel aéroport de Château-Bougon dispose de 7100 places de parking  qui seront transposées « dans la géométrie des pièces de bocage », c’est-à-dire qui s’étaleront séparées par des haies en parcelles à l’image des champs qu’elles sont appelées à remplacer. Pas un parking silo prévu pour économiser un peu de surface agricole. Une partie d’entre eux, sera même bitumée, comme le laisse deviner la vue d’artiste.

ZAD en vaut-il la peine ?

Le parking bocager, un nouveau concept.

Le parking bocager, un nouveau concept.

Vinci prévoit une mise en service de l’aéroport « fin 2017 ». Des retards seront peut-être à prévoir, voire même une annulation tant le projet semble ignorer le droit européen de l’environnement. S’il se fait, l’aéroport permettra de créer, peut-être, 1300 emplois locaux pendant le chantier, au mieux, et 1850 emplois directs tout au plus une fois celui-ci mis en service. Il fragilisera, en causant la disparition de quatre aéroports, les bassins d’emploi de Vannes, Angers, Lannion et Saint-Brieuc, qui développent des activités spécifiques par leurs aéroports et le mettent en avant pour attirer ou conserver des entreprises. Il conduira à la suppression de 1300 emplois sur le site de l’actuel aéroport, et des emplois induits associés qui ne seront remplacés que tardivement et partiellement par le renforcement de l’urbanisation du sud-ouest de la métropole nantaise. Il aggravera le risque d’inondation qui pèse sur Blain (5000 personnes dans le bourg) et les communes en aval sur le Canal de Nantes à Brest de Guenrouët à Redon.  Il conduira à la disparition de 36 exploitations et des 6.9 millions de tonnes de lait qu’elles produisent, dont 1.9 sont attachées au foncier de la ZAD. Le sort de ces droits à produire n’est pas encore tranché à ce jour. Ce sont peut-être des conséquences négligeables au vu des opportunités offertes par le projet. Mais, avant de mettre des centaines de millions d’argent public sur la table, il vaut mieux peut-être se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Parce que, pour créer 2000 emplois en Loire-Atlantique, il y a plus simple et moins coûteux, tant en coûts directs, que sociaux et politiques : diminuer les charges sociales et en finir avec le matraquage fiscal.

Dossier de presse Vinci – aéroport Notre-Dame des Landes

Addendum et mise au point

Depuis que BreizhJournal couvre le dossier Notre-Dame des Landes, c’est-à-dire depuis le début de l’existence du site, nous subissons à ce sujet une avalanche de pressions contradictoires. L’éventail de ces pressions quotidiennes s’étend du « conseil » peu amical donné sur un ton impératif aux menaces de mort, en passant par les injonctions et les menaces de poursuites.  Elles tentent de déstabiliser BreizhJournal en s’appuyant sur divers motifs, par exemple les autres sujets couverts, des circonstances ayant trait à ma vie privée, des articles que j’ai écrits auparavant ou pour d’autres sites d’information.  Ces pressions sont inacceptables et les individus qui en usent n’améliorent en rien l’image des autorités, parties ou collectifs qu’ils prétendent représenter.

Ma vie privée n’a rien à voir avec la vie du site et le choix des thématiques couvertes. Le site reste fidèle aux orientations tracées dès le début  : mettre, en dehors des excitations contre-productives du nationalisme politique Breton  un média qui couvre les thématiques sociales et économiques en Bretagne. Donner à la société civile des cinq départements Bretons un média qui soit attentif aux luttes et aux (r)évolutions en cours.

Ceux qui cherchent, parfois sur fond d’hostilité idéologie envers les journalistes, la paille – ou la poutre – dans nos yeux n’osent pas agir de même avec la grande presse. Celle qui marche aux subventions publiques à tire-larigot  et aux cartes de presse, et qui fait sur Notre-Dame des Landes des reportages qui parfois ressemblent à s’y méprendre à un rapport policier. Rappelons encore une fois que la carte de presse – dont l’obtention est régie par une rigidité sans égale en Europe – est à la fois un outil étatique de contrôle des journalistes et un outil fiscal, puisqu’elle donne droit à un abattement fiscal de 7650€. Nous ne sommes plus en 1968, les radios libres ont envahi les ondes, il y a Internet, et à côté de la « grande presse » sclérosée, gagnant chaque jour sur elle, une presse libre et indépendante, sans statut fiscal encourageant et avec très peu de cartes de presse, s’est développée. Animés, comme l’est BreizhJournal, par des journalistes citoyens, ces médias libres assurent, avec un minimum de moyens, et sans coûter un sou au contribuable, un travail de fond en subissant des pressions de toutes parts. Toutes celles qui ne peuvent, sans doute, être exercées sur les journalistes de la presse conventionnelle. Nous remercions ceux qui reprennent et publient sur d’autres sites ou supports nos articles, ceux qui les font connaître ou qui les résument. Cependant, les résumés et les interprétations qui peuvent être faits de nos articles n’engagent que leurs auteurs.

Sans égards pour les élucubrations de certains ayatollahs autoproclamés de la pureté spirituelle de la presse nous sommes déterminés à poursuivre notre lutte pour le droit à l’information libre en Bretagne. Ici, il n’y a pas de censure idéologique, pas de chasse gardée politique qui tienne.  Le journalisme citoyen est l’exercice d’une liberté fondamentale, la première d’entre elles dans une société aux complexes mécanismes de pouvoir, puisque c’est celle d’être correctement informé dans un pays où le pouvoir détient beaucoup (trop ?) de clés de l’information. Merci à tous pour votre fidélité et votre soutien.

LB GREFFE

Une voûte romaine peinte exceptionnelle à Langon

25 Déc

Une modeste chapelle près de l’imposante église de Langon, aux confins de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique, abrite une voûte romaine peinte exceptionnelle. Parce que c’est la seule encore à sa place d’origine dans l’ensemble du monde occidental. Depuis près de 2000 ans, elle n’a pas bougé, malgré les guerres, les destructions et les invasions.  Cette voûte représente Vénus naissant de l’eau entourée de poissons et d’un Amour chevauchant un dauphin.

Vue de la chapelle Sainte-Agathe de Langon

Vue de la chapelle Sainte-Agathe de Langon

Le bâtiment est à l’origine un ancien édifice thermal romain lié à une riche villa. Abandonné à la fin du IVème siècle, il est transformé en église « ecclesia sancti veneris » dédiée à saint Vénier, traduction locale de Vénus.   C’est dans cette chapelle que le prêtre Agon, fils du machtiern (seigneur Breton) Anau, fit don à l’Abbaye de Redon de terres en Langon en 838. La partie centrale de la chapelle est reconstruite au XIe siècle, mais l’abside est épargnée ; le mur pignon date du XIIe. Au XIIe siècle, la peinture romaine est recouverte d’une figuration du Père Eternel, rafraîchie à son tour au XVIe par une nouvelle peinture. En 1594, la chapelle sert de temple protestant et n’est pas endommagée par les réformés. Au début du XVIIe, la chapelle est dédiée à Sainte-Agathe, patronne des nourrices. Elle traverse sans dommages la Révolution et les premières décennies du XIXe sans que personne ne se doute de la présence de la fresque romaine.

La voûte peinte romaine est redécouverte en 1839, et c’est à ce moment que l’on prend conscience qu’un trésor du patrimoine est renfermé dans cette petite chapelle bretonne quasiment deux fois millénaire. Prosper Mérimée compose lui-même la première liste des monuments à classer en 1840, et y inclut la petite chapelle de Langon. Elle est restaurée en 1904 par l’architecte des Monuments Historiques Pariset. Des fouilles y ont été menées en 1918 par J. Douillard. La peinture sera à nouveau restaurée en l’an 2010.

Détail de la fresque de Langon

Détail de la fresque de Langon

Alfred Ramé, procureur général à Rennes en 1866, fait cette description de la peinture « « Sur un fond glauque destiné à représenter la mer, s’agite dans l’élément liquide une foule de poissons de formes diverses. Les uns ont la tête obtuse et arrondie du rouget, les autres la forme allongée de l’anguille, un troisième a la protubérance nasale de l’espadon. Quelques-uns se font la guerre, les plus gros dévorant les plus petits. Ca et là se meuvent des corps globuleux analogues à nos oursins Le coloris de cette faune marine n’offre pas autant de variété que la forme. Le dos est uniformément dessiné en brun-rouge, le ventre est bleu et la ligne médiane du corps blanche. Au centre se dessine le contour d’un corps de femme entièrement nu et presque de grandeur naturelle. La portion inférieure du torse et le bras droit ont disparu. Le bras gauche relève les tresses d’une blonde chevelure. Tels sur la belle mosaïque de Constantine aujourd’hui déposée au Louvre s’avancent Neptune et Amphitrite. Ce que le peintre a voulu représenter ici c’est la Vénus anadyomène, dont la statuette en terre cuite se retrouve dans toutes les fouilles gallo-romaines, mais dont la représentation peinte n’existe nulle part en France. Elle est suffisamment caractérisée par l’amour qui vogue à ses côtés à cheval sur un gros dauphin. Si la tête de l’amour n’est plus visible aujourd’hui, ses ailes et son corps subsistent en partie. Pour discerner tous ces détails et peut-être d’autres encore, il est nécessaire de prolonger un peu l’examen car au premier coup d’oeil on ne voit presque rien. Cette peinture est appliquée sur un enduit fort épais composé d’une couche de chaux mélangée à du sable recouvert d’une mince lamelle de chaux contenant seulement quelques parcelles de briques ». La Vénus anadyomène, du grec ancien ἀναδυομένη « surgie vers le haut », est la représentation classique de la Vénus au moment où elle sort de l’eau.

De l’extérieur, ce monument se compose d’une absidiole voûtée, s’ouvrant par une arcade en briques, retombant sur des pieds-droits à assises formées alternativement de pierres et de briques ; cette petite abside, isolée dans l’origine, fait face à un rectangle de même largeur qu’elle, long de 5 mètres, et s’ouvrant de son côté. Cette disposition explique l’absence de toute fenêtre antique dans cet édifice, ajouré naturellement par l’interstice de 3 mètres qui sépare la nef rectangulaire de l’abside. Le rectangle n’offre de remarquable que sa construction en petit appareil romain, dont les assises sont séparées, à intervalles irréguliers, par des cordons de briques au nombre de cinq, comme on peut le voir sur d’autres constructions d’époque, telle la chapelle Saint-Etienne ou les remparts romains de Nantes. Lorsque le christianisme s’établit durablement en Bretagne, l’édifice devint une chapelle et l’abside et le rectangle en vis-à-vis furent réunis par des murailles. Voilà donc une petite chapelle de bourg qui abrite un trésor sans équivalent dans toute l’Europe occidentale.

Plus d’information sur les édifices religieux de LANGON

NDDL : Trois nouveaux arrêtés préfectoraux organisent le blocus de la ZAD

25 Déc

Pas de neige cette année en Loire-Atlantique, pour Noël. Mais dans la hotte du Père Noël, trois nouveaux arrêtés préfectoraux, qui, sur le modèle des précédents pris le 30 novembre et le 7 décembre, puis prorogés d’une semaine le 17 décembre, continuent d’essayer d’établir une sorte de blocus légal de la zone prévue pour le projet aéroportuaire ; blocus qui est aisément contourné par les champs.

Le 21 décembre, un recueil spécial a été édité par la préfecture pour Notre-Dame des Landes, avec trois arrêtés. Le transport des matériaux est donc interdit du 24 décembre 2012 au 7 janvier 2013  sur la RD81 des Ardilières à la commune de Vigneux, la voie communale 11 (NDDL) du Chêne des Perrières à la Boistière, et la voie communale 1 (NDDL) des Perrières aux Ardilières, la voie communale 5 (Vigneux) de la Boistière au bourg.

Le transport de « tout carburant » dans quelque récipient que ce soit est interdit du 24 décembre 2012 au 7 janvier 2013 sur les deux communes de Notre-Dame des Landes et de Vigneux  Et un autre arrêté a été pris pour proscrire le transport de « tous explosifs, produit inflammable, feu d’artifice » entre les mêmes dates. Des recours devraient être déposés contre ces nouveaux arrêtés. Il n’y a toujours aucune nouvelle de l’examen des référés suspension contre les arrêtés précédents, une lenteur qui se rapproche du déni de justice pour les défenseurs des opposants à l’aéroport.

« Il ne s’agit pas de les laisser faire n’importe quoi »

La reconstruction continue - photo ZAD

La reconstruction continue – photo ZAD

Un jeu de trois nouveaux arrêtés de même type devrait être mis en place début janvier pour prolonger les effets des décisions prises le 24 décembre. En effet, si l’abandon de l’utilisation de l’ordonnance d’expulsion du 11 décembre, deux fois entachée de nullité, a été décidé et qu’une procédure judiciaire respectueuse du droit des parties doit être mise en place, il n’y pas de trêve vis-à-vis de la ZAD. Au ministère de l’Intérieur, l’on commente plus crûment : « il ne s’agit pas de les laisser faire n’importe quoi. Il y a des délais plus longs qu’attendus, soit, mais il ne faudrait pas qu’ils en profitent pour multiplier les troubles à l’ordre public là ou ailleurs ». Sachant que la construction d’une cabane, perchée dans un arbre (ou au sol) d’une parcelle qui appartient à Vinci est assimilable à un squat, donc constitue un trouble à l’ordre public, la Préfecture se trouve donc obligée de prendre les mesures pour empêcher ou diminuer le trouble. D’où le motif des arrêtés qui empêchent de ramener, au moins par les principales voies d’accès, des matériaux. Coup double, la période prévue jusqu’au 7 janvier permet de gêner aussi le montage et le démontage du festival organisé par la ZAD, le FestiZAD, qui aura lieu du 4 au 6 janvier 2013. Quand bien même la ZAD dispose déjà, au jour d’aujourd’hui, de la plus grande partie des structures, matériaux, câbles nécessaires.  Quant à l’essence et aux produits explosifs, le motif est évident : éviter que les forces de l’ordre ne soient l’objet de tirs de cocktails molotov et autres engins explosifs improvisés lorsqu’elles viendront, le jour J vider la ZAD, ou, d’ici là, quand elles viennent, chaque jour ou presque, barrer les carrefours de la Saulce et des Ardilières (sur la RD81) pour mettre en oeuvre l’application des arrêtés préfectoraux.

Heureux et saint Noël à tous !

24 Déc

A tous les cheminots d’ici, qui attendent depuis dix ans à Metz ou à Paris de rentrer en Bretagne; aux curés du Léon qui préparent en ce moment même leur messe de minuit au beau milieu de la France; à ceux qui défendent la ZAD, un coin de lande Bretonne, menacé par un projet inutile sauf pour la gloriole de quelques barons politiques éperdus dans leurs erreurs, et à ceux qui défendent Notre-Dame des Landes de loin; à ceux qui écrivent, et dont la leste plume écrit sur le papier la trame du jour de demain; aux expatriés qui nous lisent, du Togo, du Chili, de Russie ou des Philippines, et qui dessinent une mouchetures d’hermines blanches sur la noire mappemonde; à tous ceux qui luttent, contre la crise, la vierzonnisation, la misère, ou le déclin, pour leur environnement, leur langue ou leur peuple, à ceux qui élèvent les clochers de leur Foi, à ceux qui ouvrent leur gueule, et sans qui rien ne serait possible; à ceux qui la ferment, et préfèrent aérer leur drapeau en troupeau une fois l’an. A ceux qui vivent à Blois, Issoudun, Dreux, Craon ou Mongfort l’Amaury, qu’ils savent ou qu’ils ignorent qu’ils vivent dans des éclats épars de la Bretagne, et que la France a ramassés. A ceux qui refusent de se dire battus, et qui s’expriment, même à quatre dans une cabine téléphonique. A ceux qui refusent d’être étouffés par les fantômes de leur passé, et par l’ombre de leurs bourreaux. A ceux qui reconstruisent après le passage de la connerie humaine. A ceux qui réveillent une langue engourdie, ou restent dans les grands courants. Ceux qui font des raves au Carnet et ceux qui écoutent du biniou. Ceux qui s’essayent au Breton et ceux qui préférent le français. Ceux qui aiment la Bretagne, ceux qui ont foi en elle et en leur avenir, ceux en qui la Bretagne vit vraiment et refleurit. A ceux qui aiment la France et prient pour elle, car elle en a besoin. A tous ceux qui se battent, à tous ceux qui sont debout, à tous ceux qui nous lisent. BreizhJournal vous dit merci. Et Joyeux Noël.

carte-breizhjournal

Doux pourrait être racheté par un groupe algérien

24 Déc

Le volailler Breton passerait-il sous pavillon algérien ? Le 1er groupe de ce pays riche au peuple pauvre, l’agro-industriel CEVITAL (agroalimentaire, grande distribution, électronique) a entamé depuis plusieurs semaines un round de discussions pour racheter toutes les activités françaises de Doux. Un accord de confidentialité a été signé entre Doux et Cevital pour couvrir d’un voile intégral le détail des discussions.

Dans une interview accordée au journal économique français Challenges, Issad Rebrab, expert-comptable de formation qui dirige le groupe, a confié « Nous avons 1,5 milliard de dollars de fonds propres, aucune dette et nous pouvons mobiliser plusieurs milliards de dollars pour acquérir des sociétés françaises ».  Cevital veut acquérir Doux via une de ses filiales en France pour acquérir son savoir-faire et le transférer en Algérie, pour développer une transformation avicole qui reste largement artisanale.

Issad Rebrab

Issad Rebrab

Capitaine d’industrie et patron du journal Liberté, le kabyle Issad Rebrab a appelé l’Algérie à se départir de son « inimitié » pour les entreprises et s’est attiré l’hostilité de Bouteflika, qui l’a récemment évincé de plusieurs projets importants afin d’éviter, dit-il, un « Berlusconi algérien ».   Le groupe a l’intention de se développer en Afrique, notamment au Soudan, en Tanzanie, Ethiopie et Côte d’Ivoire, des pays qui ont un « potentiel pour la canne sucrière », mais où celle-ci reste cultivée essentiellement de façon artisanale et peu mécanisée. En Côte d’Ivoire, la priorité de Cevital serait de développer la riziculture autour d’Abidjan. Le problème du groupe, c’est que les investissements à l’étranger et à l’intérieur sont limités en Algérie à l’obtention de fastidieuses autorisations administratives au-delà de 15 millions d’€, sauf pour la Sonatrach (compagnie gazière).

Roi de l’agroalimentaire en Algérie, Issad Rebrab comptait en 2008 réduire à seulement 35 % la part de l’agroalimentaire dans l’activité de son groupe en développant d’autres activités et conquérir de nouveaux marchés à l’étranger. « Nous ne réduirons pas l’activité agroalimentaire, au contraire, c’est un secteur qui va encore connaître une croissance soutenue ; mais d’autres activités plus importantes émergeront », explique-t-il dans une interview accordée alors au journal économique français La Tribune. Apprécié par ses collaborateurs, qui l’appellent le « vieux », il est connu pour sa modestie et son franc-parler. Il est néanmoins accusé par le neveu du président défunt Boumediene d’avoir bâti sa fortune sur le dos de l’Etat  et a prêté le flanc aux critiques après des déclarations fracassantes sur la politique économique en 2011 – alors que le pays connaissait une inflation des denrées alimentaires, à l’exemple du sucre et de l’huile dont Cevital est le leader, sinon l’unique gros producteur, en Algérie.

Après le Qatar auquel une République agonisante et sans moyens – sauf pour envoyer des milliers de policiers à Notre-Dame des Landes ou financer des pléthoriques ministres – accorde des avantages très conséquents, voici maintenant l’Algérie. Au titre de la « dette » de la France envers son ex-colonie et de la « repentance », le ministère inutile s’il en est du Redressement Productif ne devrait rien avoir à redire. Espérons seulement qu’après avoir plumé le volailler Breton, le géant algérien ne jugera pas utile, en sus de transférer le savoir-faire, de déplacer aussi les emplois.

Ulster : les Anglais progressivement rejetés à la mer

23 Déc

L’un des derniers arguments justifiant de la partition de l’Irlande est en train de tomber sous nos yeux : les irlandais du nord qui se disent irlandais et catholiques sont majoritaires dans presque tout l’Ulster sauf à Belfast et la côte est.  Rappelons qu’en 1921, l’Angleterre a justifié la partition unilatérale de l’Irlande en conservant sous son sein les comtés dont la population était le plus protestante.

Recensement Ulster 2011 : en vert, majorité d'Irlandais, en bleu, majorité de Britanniques.

Recensement Ulster 2011 : en vert, majorité d’Irlandais, en bleu, majorité de Britanniques.

Désormais, la dynamique est irrépressible. Par rapport à 2001, la part des protestants dans la population a diminué de 3% et celle des catholiques a augmenté de 1%. A partir de là, deux possibilités : soit les protestants continuent à se laisser endormir par le discours pacifiste cher aux bien-pensants parisiens, mais qui est avant tout et surtout une pré-acceptation de la défaite, soit ils se battront, fidèles au slogan « Never surrender ». La moindre vétille chargée de symboles, par exemple la diminution du nombre de jours où le pavillon britannique flottera sur le bâtiment de la mairie de Belfast  sera prétexte à des émeutes d’autant plus violentes qu’elles proviendront d’une minorité qui se bat dos à la mer, avec la menace d’être rejetée d’où elle vient si elle échoue.Comme les Juifs désormais minoritaires en Israël, mais qui enterreront d’eux-mêmes tous les plans de paix et progresseront dans l’oppression du peuple palestinien, les protestants d’Irlande du Nord sont appelés à se radicaliser. Ce qui les gouverne, c’est l’absolu de la lutte, peuple contre peuple, pensée contre pensée, religion contre religion… Concept imperméable aux bien-pensants de la principauté de Saint-Germain de Paris, mais qu’ils pourraient approcher en allant 3-4 km plus au nord. Une minorité, certes, mais radicale, se battra jusqu’au bout, en Ulster ou en Israël.  Un jour, certainement, l’Irlande sera de nouveau unie, mais dans la douleur. Heureux sont ceux qui croient à la paix en Ulster.

La grande distribution s’engraisse avec la volaille

23 Déc

Certains groupes spécialisés dans la production et la transformation de volailles cherchent à échapper à l’effet ciseau entre la hausse des céréales et la hausse des charges sociales et normatives. Donc ils poussent leurs éleveurs-fournisseurs à diminuer plus encore leurs marges et accroître leur densité d’élevage sans contrepartie. Ainsi, le CIAB et le groupe Gastronome, qui s’apprêtent à tailler à la hache les marges des aviculteurs Bretons.

volailleMais du côté de la grande distribution, le rayon volaille est très profitable. Plus en self-service que la boucherie, il nécessite aussi moins d’activité de transformation et de surveillance des stocks que les rayons charcuterie, fruits et légumes ou produits laitiers. Les frais de personnel sont donc minimisés. Par conséquent, l’observatoire de la formation des prix et marges des produits alimentaire a défini le taux de marge nette des rayons de volailles en grande distribution : 5.9%. C’est la plus forte marge nette de la grande distribution française, suivie de près par la charcuterie (5.1%) alors qu’elle est largement négative pour la boucherie (-1.9%).