La Basse-Loire paie le sauvetage de Florange

4 Déc

La presse, les syndicats et les politiciens se félicitent à qui mieux mieux du sauvetage de Florange, qui évite au pays la honte d’une nationalisation en 2012. Certes, mais ils oublient que partager un gâteau en deux ne fait pas deux gâteaux.

Sur le même travail – le packaging (la fabrication d’emballages métalliques) – Arcelor Mittal a deux sites. Une implantation structurellement peu viable et située à l’écart des grands axes de circulation, dans une région en déprise démographique et industrielle – Florange. Une autre au beau-milieu d’un marché dynamique et près d’un grand port – Basse Indre, à l’ouest de l’agglomération nantaise (Indre).

arcelor-mi-basse-indreEn période de crise, le travail alloué aux deux sites diminue. La charge de travail, aussi. Supprimer l’activité de Florange aurait permis de donner plus d’emplois – et même d’en créer en Bretagne. Maintenir, à grands frais (180 millions d’€ + 200 millions d’€ si le projet Ulcos est mis en place) les emplois de Florange ne permet pas d’en créer sur place, et diminue la charge de travail ailleurs, donc obère l’emploi sur d’autres sites.

En l’espèce, la charge de travail pour le laminage (amincissement des tôles) et le décapage (suppression de la couche d’oxyde de surface) sera envoyée de Basse-Indre vers Florange, alors que l’étamage (dépôt d’une couche de cuivre) sera renforcé sur le site Breton, qui devrait se concentrer sur la production de boîtes de conserves. Ce plan devrait faire l’objet de discussions avec les syndicats de Basse-Indre et ne devrait pas se traduire par des licenciements, 40 à 50 personnes étant redéployées du laminage vers les finitions.

Il n’en reste pas moins que Valerie Rosso Debord, spécialiste des accusations à l’emporte-pièce  à l’UMP avec sa collègue et compatriote lorraine Nadine Morano, en est pour ses frais, tout comme le Point. Qu’il y ait eu ou non un « accord secret » entre Mittal et Ayrault, le sauvetage de Florange se fait aux frais du site nantais et est tant pour l’usine lorraine que pour le site Breton une hérésie économique. Et peut-être même politique. Parce que le plus fort de la crise sera en 2013-2014, la charge de travail devrait encore baisser, et à un moment ou à un autre, Mittal ne pourra plus maintenir tous ces emplois à prix d’or, et devra faire un choix. Résumons-nous : des salariés lorrains bercés d’espoirs mensongers, un péril politique qui n’est que provisoirement écarté, et deux sites industriels fragilisés. Le redressement productif, c’est maintenant.

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2 Réponses to “La Basse-Loire paie le sauvetage de Florange”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Aux Chantiers de Saint-Nazaire « pas de nationalisation sans projet industriel ! » « Breizh Journal - décembre 13, 2012

    […] avec celle des organisations représentatives de Florange. En effet, à Florange, site peu viable, tout au moins pour la filière chaude, prise en écharpe entre la baisse de la demande d’acier […]

  2. Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA aux ateliers SNCF de Rennes | Breizh Journal - avril 22, 2013

    […] et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site […]

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