Chômage technique jusqu’en avril au moins aux Chantiers

28 Déc

Les chantiers de Saint-Nazaire, dont la situation commençait à devenir critique sont sauvés à moyen terme par la commande, pour le compte de l’armateur RCCL (Royal Caribbean Cruise Lines)  d’un super-paquebot de 360m de long par 656 de large, pour 2700 cabines. 8460 personnes pourront voyager sur ce nouveau géant des mers, dont la construction représente 10 millions d’heures de travail, de septembre 2013 à sa livraison au printemps 2013.

Le contrat, estimé à 1 milliard d’€, est assorti d’une option pour un autre navire semblable livrable en 2018. STX a aussi annoncé sa réorganisation vers des marchés plus modestes, tels que les fondations d’éoliennes, les navires technologiques (pour pérenniser le site de Lorient), etc. Mais dans l’immédiat, rien ne change pour les travailleurs de Saint-Nazaire, comme nous l’explique Joël Cadoret, délégué CGT des Chantiers.

BreizhJournal : M. Cadoret, que pensez-vous de la commande et que change-t-elle pour les ouvriers des Chantiers ?

Joël Cadoret : Cette commande est assurément une très bonne nouvelle, qui redonne de l’horizon aux Chantiers et de l’espoir aux travailleurs, mais dans l’immédiat, elle ne change rien. Le chômage technique continue. L’atelier phare des Chantiers, celui des panneaux plans, est fermé. C’est 200 personnes qui sont au chômage. Il y a des périodes de chômage tournant dans les autres ateliers. Certains sont ouverts, mais tournent au ralenti.

BreizhJournal : la construction des demi-BPC pour la Russie (*) a été avancée pour pallier au déficit de charge de travail. Suffit-elle à occuper suffisamment les salariés ?

Joël Cadoret : Assurément non ! Les deux demi-BPC sont finis, pour ce qui concerne la partie en atelier. Là, ils sont en cale sèche et en prémontage. Ils ne représentent qu’une charge de travail hélas peu importante. Il  nous faut d’autres commandes.

Entrée des Chantiers de Saint-Nazaire

Entrée des Chantiers de Saint-Nazaire

BreizhJournal : justement, avez-vous des pistes ?

Joël Cadoret : Nous avons écrit juste avant Noël au Premier Ministre Ayrault pour solliciter une réunion tripartite entre nous, la CGT de la SNCM et lui afin de travailler sur les besoins de la SNCM en car-ferries  car il faut un projet industriel aux Chantiers. Pour l’heure, nous n’avons pas encore reçu de réponse. 

BreizhJournal : pensez-vous que l’action de l’Etat a été efficace pour gérer la crise que traversaient les Chantiers et leurs sous-traitants ? Notamment, pour ne pas le citer, le ministère du Redressement productif ?

Joël Cadoret : Ce qui est sûr, c’est que le ministère des Finances est intervenu pour boucler rapidement le financement nécessaire à la construction des bateaux par les Chantiers et pour les formalités à l’exportation. L’Etat a probablement facilité aussi le contrat avec Areva [pour les socles d’éoliennes]. Nous ne mettons pas les ministères en concurrence. Tout ce qui compte, c’est que l’Etat est intervenu positivement. Et qu’il doit poursuivre son effort.

Breizhjournal : merci de nous avoir accordé du temps. Une dernière question : jusqu’à quand estimez-vous que la situation sera difficile pour les travailleurs des Chantiers ?

Joël Cadoret : Les bureaux d’étude reprennent le travail le 7 janvier. Cela représente à peu près 400 personnes qui vont retrouver de l’activité. Il faut de 3 à 6 mois d’études, notamment parce que l’on ne connaît pas encore toutes les modalités du bateau. Jusqu’en avril, ce sera difficile. Après, les travailleurs auront de la visibilité. L’objectif de la CGT est que le chômage technique cesse le plus rapidement possible.

 

Note : les « deux demi-BPC » sont les bâtiments de projection et de commandement (porte-hélicoptères amphibies) que la France doit livrer à la Russie en 2014 et 2015. Dans le cadre d’un transfert de technologie, une partie d’entre eux est construite par les chantiers Baltic Plant Shipbuilding à Saint-Petersbourg. Le premier BPC, nommé Vladivostok, sera réalisé à 80% par STX et 20% par le chantier russe ; le second, nommé Sébastopol, verra la participation russe monter à 40%. Le contrat prévoyait également une option pour la construction de deux autres porte-hélicoptères en Russie, sur le chantier naval de Sevmach avec un haut degré d’intégration locale, soit jusqu’à 80% de matériaux russes. Une brève intitulée « le Mistral se dégonfle » a été publiée par le quotidien économique russe Vedomosti le 21 décembre. Selon celle-ci, le pouvoir russe aurait choisi de ne pas lever cette option.  Le journal, qui cite un haut fonctionnaire du gouvernement, précise que les deux BPC en cours de construction seraient achevés.

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2 Réponses to “Chômage technique jusqu’en avril au moins aux Chantiers”

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  1. Le chômage baisse enfin en Bretagne « Breizh Journal - décembre 28, 2012

    […] ont engrangé une méga-commande. Cependant, les travailleurs devront encore supporter au moins trois mois de chômage technique et la déconfiture de certains sous-traitants (PMO Navale par exemple) devrait se poursuivre. […]

  2. Le chômage baisse enfin en Bretagne | - janvier 3, 2013

    […] ont engrangé une méga-commande. Cependant, les travailleurs devront encore supporter au moins trois mois de chômage technique et la déconfiture de certains sous-traitants (PMO Navale par exemple) devrait se poursuivre. […]

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