Archive | janvier, 2013

L’organisation de la chaîne humaine à NDDL le 11 mai se précise

26 Jan

Il y avait du monde, ce soir, à Notre-Dame… de Grâce, paisible village à 4 km au sud de Guenrouët, au beau milieu des landes de Loire-Atlantique. Oui, là aussi, il n’y avait rien ou presque, avant le 19e siècle (1). Mais ce soir, dans la bientôt ex-salle polyvalente du village – elle doit être démolie et reconstruite pour la plus grande gloire de la mairie de Guenrouët – il y avait environ 120 personnes, venues majoritairement des comités de soutien à la lutte les plus proches, Blain, Savenay, Guenrouët, Campbon, la Brière etc. mais parfois de bien plus loin. Carcassonne, Dinan, Saint-Brieuc, Saumur…

Tout ce monde était venu des comités de soutien de Bretagne – et un peu d’ailleurs (2) se faire expliquer l’organisation de la chaîne humaine citoyenne, qui aura lieu le 11 mai tout autour de la ZAD « pour frapper un grand coup et enterrer définitivement le projet ». Qu’on se le dise – alors que les géomètres font en ce moment leur grand retour sur la ZAD pour préparer les travaux du barreau routier – « 2013 sera l’année du quitte au double pour le projet ».

Télécharger le tracé de la chaîne humaine

chaîneLe 11 mai, les arrivants sont invités à « étaler leurs arrivées dans la matinée, pour éviter des bouchons sur la ZAD ». En effet, 100.000 personnes sont espérées. Un pari fou? Au contraire :  « nous étions 30.000 au moins le 17 novembre et au FestiZAD. Si chaque personne venue à ces manifestations amène trois-quatre autres personnes, c’est tout à fait jouable ». Comme la chaîne humaine – le tour de la ZAD par les routes – fait 25 km de long, 25.000 personnes suffiraient à la faire. Mais plus on est de fous… Les organisateurs ne se font pas d’illusions « ce sera le bazar, mais on va au moins essayer de le canaliser ». Les comités locaux les plus proches, venus en nombre, devront assurer la gestion des arrivées et des départs de manifestants, comme pendant la manifestation de « réoccupation » en novembre et le FestiZAD en janvier.  La chaîne humaine devrait se former entre 14 et 15 heures – heure du passage de l’avion qui photographiera depuis le ciel la chaîne humaine. Puis la dislocation se ferait vers 15 h 30, pour rejoindre un lieu encore à définir situé « au centre de la ZAD » pour un concert qui durera de 16h à 2h du matin, avec « une grande scène et plusieurs petites », et « une programmation éclectique » encore sous le sceau du secret. Les artistes se produiront bénévolement, mais seront remboursés de leurs frais, et hébergés. La recherche d’artistes volontaires et de lieux d’hébergement se poursuit activement en ce moment, en faisant appel à toutes les bonnes volontés.

Un site internet flambant neuf

Alors, l’on s’organise, et l’on communique. Avec un site  tout neuf, qui explique quoi, où, pourquoi, et qui appelle à contribuer. Cette souscription citoyenne est découpée en engagements. Mise à prix 2€ – on peut donner plus, pour financer la préparation de la chaîne humaine et la gestion, le jour J, de l’affluence, mais aussi du concert qui suivra la manifestation. Les dons sont possibles par Paypal (y compris de façon anonyme), et bientôt par CB et chèque, un compte bancaire devrait ouvrir d’ici sous peu.  Le site a été lancé au début de la semaine – mais ce soir, c’était le lancement officiel. Il a reçu, en cinq jours de quasi anonymat numérique près de 400 € de dons (dont 89 de dons anonymes) et 2100 visites.

Des panneaux partout

Exemple (indicatif) de panneau. Pour donner une idée du graphisme et de l'apparence.

Exemple (indicatif) de panneau. Pour donner une idée du graphisme et de l’apparence.

La communication passe aussi en 4X3. Enfin, non. En 222×120 (cm) et en 222×60. Neuf slogans différents ont été préparés – des arguments « les plus irréfragables possibles »  – pour être dispersés un peu partout en France. Les panneaux – écrits en français – seront préparés en Bretagne, sur plusieurs lieux de fabrication, puis les comités locaux viendront les chercher et les installeront sur leurs terroirs. Les comités devront s’organiser par groupes d’une dizaine, géographiquement proches, qui formeront des grappes de production et de stockage, puis de diffusion aux comités locaux des alentours. Chaque comité de Bretagne et des régions alentours – Anjou, Maine, Vendée, Poitou – devrait fabriquer environ 25 panneaux d’un même type – d’après ce que l’on a pu comprendre d’une ébauche d’organisation. Le but de cette campagne d’affichage sans précédent est de « toucher de nouvelles personnes » pour faire bouger les lignes et développer le caractère sérieux de la lutte, et les arguments de fond qu’elle avance contre le projet. Certains des slogans sont spécifiques à la Loire-Atlantique et développent ainsi l’impact pour les travailleurs d’Airbus Bouguenais du transfert de l’aéroport, ou pour l’emploi au sud de la Loire en général.Le site propose des modèles de panneaux et de pochoirs. Les panneaux seront tous, sauf un, munis du petit triangle « non à l’aéroport », jaune, noir et rouge, réalisé au pochoir (d’abord le rouge, puis le jaune, puis le noir). 1000 panneaux devraient être fabriqués – coût 15 000 €  – et installés dans toute la France via les réseaux militants, agricoles, etc. La lutte contre l’aéroport entend bien utiliser « la capacité de mobilisation extraordinaire » que lui confèrent ses réseaux et ses presque 200 comités locaux.

Les comités sont aussi invités à faire des panneaux libres. Un par comité, en format libre, pour mettre en avant « ce pourquoi vous luttez, ce qui vous motive, et vos caractéristiques régionales ». Etant donné le nombre de comités locaux Bretons, les Gwen ha Du fleuriront à Notre-Dame des Landes, Vigneux, la Pâquelais et ailleurs, puisque ces panneaux seront installés – à mesure qu’ils seront acheminés à Notre-Dame des Landes – sur le tracé de la chaîne humaine pour « matérialiser l’espace agricole sacrifié » au projet d’aéroport et assurer une présence visuelle de la chaîne, avant la chaîne.

Affichage partout

2.000 affiches ont été imprimées, pour être diffusées partout dans les réseaux associatifs, dès maintenant. Le brasseur Breton Coreff, qui soutient la lutte activement, prévoit d’en diffuser dans ses 400 points de vente en Bretagne. Le réseau Biocoop devrait être aussi sollicité, tout comme de nombreuses associations. Les panneaux pré-définis devraient être fabriqués dans le mois à venir, et des affiches nouvelles fleuriront partout avec le printemps. Une chaîne humaine qui compte aussi avec un enchaînement de solidarités pour une société nouvelle.

Notes

(1)   : A Notre-Dame… de Grâce, comme à Notre-Dame… des Landes, mais aussi à Saint-Emilien, la Chevallerais, à Sainte-Anne de Campbon etc. vers 1830-1840, des agriculteurs pleins de foi et de volonté s’attachèrent à défricher et à construire fermes et églises là où il n’y avait rien… que des landes communes où l’on menait paître les bêtes des pauvres et des paroisses. Aujourd’hui, ce sont encore souvent les descendants des fondateurs de ces communes et paroisses « spontanées » –  et légalisées bien après leur création, qui vivent sur place. Facteur historique non négligeable qui fait de la Loire-Atlantique un des rares départements où le nombre de communes créées ait progressé au XIXe (voire au XXe) et qui rend encore plus déchirant la spoliation de la terre.

(2)   La réunion a été émaillée de longs débats sur… notamment, l’opportunité de remplacer les hectares par les pistes dans le modèle de panneau que nous rapportons dans ses grandes lignes. Débat qui s’est achevé en tire-bouchon… puisque sur 270 hectares on peut très bien mettre plusieurs pistes, et que l’on ne sait toujours pas si ce sont les hectares ou les pistes qui touchent le plus grand nombre. Voilà un sujet pour l’IFOP. Si un sujet ne porte pas à débat, c’est que « la grande majorité des participants, ici, sont Bretons, puisque la Loire-Atlantique… ça n’a jamais cessé d’être la Bretagne », comme l’a fait remarquer un participant, approuvé par la salle entière. Chaîne humaine, on vous dit.

Publicités

Commémoration du bombardement de Morlaix dimanche 27

26 Jan

Dimanche 27 janvier aura lieu la cérémonie en mémoire des morts du bombardement de Morlaix le 29 janvier 1943, il y a 70 ans. Suite à ce bombardement de la RAF, 67 morts civils sont relevés parmi lesquels 39 enfants de deux à six ans de l’école Notre-Dame des Anges et une de leurs institutrices. La cible officielle du bombardement, le viaduc, est quasi indemne, avec trois petits impacts.

Dessin paru suite au bombardement dans la revue Feiz ha Breiz (mars-avril 1943)

Dessin paru suite au bombardement dans la revue Feiz ha Breiz (mars-avril 1943)

Cas unique en Bretagne, les victimes de l’école sont inhumées ensemble dans une chapelle construite auprès des nouveaux bâtiments de l’école, rebâtie sur place. Cas aussi très particulier, la mémoire de ce bombardement sera longtemps du seul domaine de la foi et du nationalisme Breton… jusqu’à ce que les blessures se referment et que le temps passe. Cette cérémonie sera peut-être la dernière qui se déroulera en présence des bâtiments de l’école, ceux-ci devant être détruits. La chapelle sera conservée.

Quand ? :  devant la stèle de Notre-Dame-des-Anges à 10H40 et à 11h30 devant la plaque commémorative place des otages

Article détaillé sur l’histoire et la mémoire du bombardement

 

 

Clichés : les Guignols s’attaquent à la Corse

25 Jan

Les bombes sont à la Corse ce que les cochons le sont à la Bretagne : un prétexte à clichés parisiens. Et ça n’a pas manqué dans les Guignols de l’Info du 23 janvier, qui une fois de plus chutent lourdement dans le cliché en présentant les Corses comme n’étant capables de solidarité que pour faire sauter la maison d’un continental.

foncierCorsespoliationspeculation-4Les mêmes Guignols oublient de préciser que bien souvent, c’est la loi française que les Corses font respecter à coups de bombes. Par exemple la loi littoral, largement foulée aux pieds par bien des élus locaux (et des préfets, aussi) incapables de résister aux pressions de toutes sortes – liées à l’argent de l’immobilier surtout. Pressions qui conduisent à une urbanisation tant démentielle – pour des communes dont la surface à urbaniser double suivant les révisions de PLU alors que la population stagne –  qu’anarchique. L’on construit un peu partout, au mépris des dispositions fondamentales du droit de l’urbanisme, telle que la continuité de l’urbanisation mais aussi de la situation des réseaux, des routes, de la géographie même. L’argent prime sur la nature, les passe-droits accordés aux uns suscitent la rancœur des autres, et des nouvelles pressions, toujours plus, pour transformer la terre en or. Un coup de crayon sur un zonage, c’est vite arrivé. Une bombe aussi. Mais une explosion plus importante menace tout le monde : le ras-le-bol des Corses, qui voient leur île saccagée – souvent en toute apparence de légalité et parfois par des Corses eux-mêmes – et qui n’ont que les bombes pour s’opposer au massacre de leurs paysages, de leur île, de leur nation.

Addendum : un lecteur nous rapporte que les Guignols ont bien commencé la semaine, en faisant dire à la marionnette de Mitt Romney au coin d’un gag que Erwan était un « prénom Breton tout pourri« . Surtout, ne sortez pas du caniveau !

Conférence mardi 29 janvier sur le génocide britto-vendéen

24 Jan

L’on nous informe que l’historien du génocide britto-vendéen Reynald Secher tiendra une conférence sur les événements de 1793-94 dans le sud de la Loire-Atlantique, les Mauges et le nord de la Vendée le mardi 29 janvier à 20h30 à la salle Bretagne, 23, rue Villebois-Mareuil à Nantes. Philippe de Villiers sera présent.  La conférence s’appellera « Charette : Bretagne et Vendée« . Salle de 420 places. Entrée 5 euros, 1 euro étudiants, gratuit pour les religieux.

Situer : 47.227559,-1.564761 (Nantes/Naoned)

S’y rendre : Bus lignes 12, 32, 52 sur la rue Paul Bellamy, arrêt Bruneau, remonter la rue Anatole Le Braz, tourner à droite dans la rue Villebois-Mareuil.

Tramway 3, arrêt Poitou descendre la rue du Maine, tourner à gauche dans la rue Villebois-Mareuil.

NDDL : Un vin de résistance contre l’aéroport

23 Jan

Après la bière Coreff « Nann » (non) à l’aéroport, voici venir le vin allié. L’on nous transmet à l’instant que le comité de soutien de l’Allier aux opposants à l’aéroport s’est mis en partenariat avec les vignerons bio de Saint-Pourçain, Luc et Claudine Tisserand, pour proposer une « cuvée de résistance » contre l’aéroport. Sortie prévue fin janvier.

Etiquette de la bouteille

Etiquette de la bouteille

Le vignoble de Saint-Pourçain est une petite AOC dont ils sont les seuls vignerons bio, après un démarrage en 2010 plutôt laborieux. Contre-étiquette de la future cuvée de "résistance" L’appellation est petite – 650 hectares – mais ancienne, le vin du Bourbonnais se targue d’être celui de la table des Rois, avant d’être décimé par le phylloxéra et remonté par la chimie. Aujourd’hui, Saint-Pourçain est fort d’une cave coopérative et de 17 caves particulières. Dont une bio, Terres de ROA. Ce n’est pas un toponyme local, mais une appellation qui colle à la réalité du domaine – deux vignobles de 9 ha chacun, distants de 12 km ; ROA signifie « Raisin Organics Attitude ». Luc et Claudine sont tous deux depuis 23 ans dans la vigne et longtemps dans le conventionnel. Ils ont décidé en 2006 de commencer la conversion de leurs vignes et vendent désormais leur vin 6.70€ et 8.70€ pour les cuvées.Fin novembre, le collectif local, dont les Luc et Claudine Tisserand sont membres, phosphore sur l’élaboration d’une cuvée de soutien à la lutte. Début décembre, le Breton Coreff les prend de vitesse avec sa bière spéciale, dont les 5000 bouteilles se répandront dans toute la France. Mi-décembre, le projet est mis en chantier. L’étiquette et la contre-étiquette sont élaborées par le collectif, qui s’occupe de  la com’ et du lancement. Le prix est ajusté au plus bas, soit « six euros, dont un est reversé directement au collectif », nous explique Claudine.

2000 bouteilles de cette « cuvée vinifiée en chai citoyen d’un bouquet fruité et épicé où la chlorophylle supplante la kérosène et le carbone » sortiront. Le vin, qui tire 12.5°, est un assemblage de cépages gamay et pinot. L’envoi, pour les clients situés au loin, se fera en cartons de six bouteilles. Chacune d’entre elles devrait permettre d’apporter une aide concrète à ceux qui se mobilisent sur la ZAD au quotidien. Un vin goûtu aux suaves arômes de révolte à consommer avec modération jusqu’à la victoire. Santé !

Télécharger le bon de commande

Demain, le clocher de Saint-Gildas des Bois sur fond d’éoliennes ?

22 Jan

La Communauté de Communes du Pays de Pontchâteau – Saint Gildas des Bois a défini un périmètre de Zone de Développement Éolien entièrement situé sur les deux communes de Sévérac et Guenrouët) et représentant une surface de 122 hectares. Un projet d’implantation de quatre éoliennes de 2 MW chacune a été prévu entre le Rocher à la Vache, sur Sévérac, et le Cougou, sur Guenrouët. La production annuelle estimée est de 20 000 Mégawatts heure, soit l’équivalent de la consommation électrique hors chauffage de 8 000 foyers. Le permis de construire des quatre éoliennes a été délivré en novembre 2011, est détenu par la société « sites à watt développement ». Le conseil municipal de Blain doit rendre un avis consultatif sur la question jeudi.

Les 4 éoliennes seront implantées ainsi deux autour du site mégalithique et de la chapelle du Rocher à la Vache, deux face au Cougou. Résultat : le clocher de Saint-Gildas des Bois risque d’être encadré par les éoliennes, et on le verra ainsi depuis toutes les routes qui rejoignent le bourg par le sud (RD773, RD2, RD17) et de la voie ferrée.

Plan du parc éolien prévu

« Pas de covisibilité » pour les porteurs du projet

Etude de covisibilité revue et corrigée. En jaune, les points qui ont servi de base aux études paysagères du porteur du projet. En rouge, une partie des points d'où le clocher sera visible sur fond d'éoliennes.

Etude de covisibilité revue et corrigée. En jaune, les points qui ont servi de base aux études paysagères du porteur du projet. En rouge, une partie des points d’où le clocher sera visible sur fond d’éoliennes.

L’association qui porte le projet, Eoliennes en Pays de Vilaine, a produit des études paysagères qui écartent le risque de covisibilité, un ressaut se trouvant entre le parc et Saint-Gildas, mais, les pales de 40 m chacune devant être perchées à 100 m de haut, cette colline qui se trouve entre le Rocher à la Vache et Saint-Gildas risque d’être vraiment petite. Par ailleurs, le clocher de Sévérac sera, comme en convient l’association, encadré par les éoliennes, comme la chapelle du Cougou. Le projet est développé dans  le cadre de la transition énergétique, « nous voulons développer l’éolien partout, par les associations, les riverains et les collectivités. Le parc va d’ailleurs financer un salarié qui travaillera sur les économies d’énergies possibles, parce qu’on ne peut pas d’un côté économiser de l’énergie fossile, et de l’autre continuer à gaspiller ».La Commission des Sites de Loire-Atlantique s’est penchée sur le projet et n’a rien trouvé à redire, ni l’ABF (Architecte des bâtiments de France) d’ailleurs. Mais l’ABF n’a rien trouvé à redire, aussi, contre ce bâtiment qui jure un peu, dans la cour du château d’Ancenis. La Commission des Sites a seulement demander à déplacer une éoliennes (E4 sur le plan) vers le nord-ouest, pour qu’elle soit moins proche du Rocher à la Vache – qui n’en restera pas moins encadré par deux éoliennes.

Cependant, l’on nous a transmis ces études. Or, les points qui ont servi de base aux mesures sont tous dans l’axe au sud du clocher, au ras du bourg et de la voie ferrée. Là où les éléments de premier plan – maison, arbres – abondent. L’étude déduit triomphalement qu’il n’y a pas de risque. Cela dit, les points d’où le clocher apparaîtra clairement flanqué d’éoliennes ne sont pas entrés dans l’étude. C’est, par exemple, la RD17 vers Notre-Dame de Grâce, d’où l’on aperçoit, au niveau du tournant vers le nord que cette route prend face au moulin du Landas, le clocher de Saint-Gildas des Bois qui domine – seul pour l’instant – le paysage, et qui sera, demain, encadré par des éoliennes sans que les collines dites buttes de Brenugat qui s’élèvent un peu au-dessus des landes de Fontenelles ne parviennent à masquer celles-ci. Inutile de dire que depuis le moulin du Bolhet, à quatre km de Saint-Gildas, on verra très bien les éoliennes près du clocher. Mais c’est un point haut, le Bolhet. On les verra aussi de la RD773, en s’éloignant un peu du bourg. Au lieu-dit Gourap, pile poil à l’entrée du bourg, par exemple. Et des hameaux environnants. Autant d’habitants qui auront le droit au nouveau paysage : un clocher rescapé de la guerre encadré par des éoliennes.

Deux visions du paysage en conflit

Le développement des parcs éoliens – dont un projet est prévu à Issé (Beaumonts) et un autre près de la forêt de Domnesche (Saint-Aubin) dépasse les périmètres classiques de protection des monuments (100 et 500 m, pour peu qu’ils soient inscrits ou classés) puisque l’impact d’une éolienne s’étend au paysage et touche tous les monuments, qu’ils soient ou non protégés.

Certes, les paysages sont altérés par des lignes à haute tension, des bâtiments en tôle, des lignes téléphoniques, des caténaires et une multitude d’éléments dispersés qui, pris individuellement, jurent, mais qu’on ne remarque même plus à force de les voir. Mais ils ne se perchent pas à 100 ou 150 m de haut, hors pales ! « Le paysage évolue sans cesse », estiment les porteurs du projet. Certes, mais un département particulier comme l’est la Loire-Atlantique, dont le relief peu marqué est ponctué par des vallons doux, la moindre éolienne plantée sur un point haut – habituellement une lande, soit la croupe d’un vallon – se voit à une dizaine de km à la ronde. Comme se voient les éoliennes de Bâtine, près Campbon, ou de Soudan, ou de Derval. Dans un département comme l’est la Loire-Atlantique, une « petite éolienne » de 2MW – hauteur de mat 100 m, grandeur de la pale 41 à 46 m – s’impose au paysage au détriment du relief naturel et des éléments paysagers marquants – moulins, châteaux, chapelles et clochers – reflets de notre Histoire tumultueuse et persévérante néanmoins.

La Loire-Atlantique, comme le reste de la Bretagne, est un département qui a la chance de ne pas avoir de centrale nucléaire, et qui a refusé le danger nucléaire avec vigueur et détermination. Résultat, la Bretagne historique est peut-être la seule région de France dont l’éolien représente 17% de la production électrique  (en 2011), part qui ne cesse de monter. Mais est-ce que cela suffit-il à justifier pour autant que l’on plante des éoliennes partout, jusque et y compris en forêtJosselin) et que l’on altère durablement nos paysages ? A chaque citoyen, à chaque élu, à chaque « responsable », de juger en son âme et conscience. Pas en fonction du tiroir-caisse. Le nucléaire rapporte aussi son « salaire de la peur », lui.

Un pont rebaptisé à Rennes

21 Jan

Depuis quelques temps, les militants opposés à l’aéroport Notre-Dame des Landes ont pris l’habitude de rebaptiser telle ou autre voie publique « rue Notre-Dame des Landes » ou « place Notre-Dame des Landes ». A Rennes, ce matin, un pont a été rebaptisé. Mais pas par eux. Par des militants Bretons  qui n’ont rien d’autre à faire que de faire la publicité d’un certain Polig Monjarret ?

Non plus. Un indice : la passerelle Saint-Germain – puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a monté en grade. Toujours pas ? Un autre : l’opération a un lien direct avec ce qui s’est passé il y a 220 ans à Paris. Vous y êtes ? Alors quel est le nom du capitaine ? Bon, nous vendons la mèche. Ce matin, c’est l’Action Royaliste rennaise qui a rebaptisé  la passerelle pont Louis XVI. Avec un drapeau fleurdelysé sur la Vilaine et une modeste affiche posée sur la plaque des jumelages rennais. Façon comme un autre de rendre hommage au roi martyr.

le-drapeau-royal-de-France-sur-la-Vilaine2