Archive | février, 2013

Quand Marianne fait du négationnisme républicain à l’encontre des Bretons

28 Fév

Coup de gueule. Sous la plume d’Eric Conan, actuel directeur de la rédaction du magazine du centre-gauche, Marianne prend la défense la plus obtuse possible de la République. Au risque de ne plus « combattre la pensée unique » et de faillir à ce qui est à la fois sa vocation et son leitmotiv. Car sous la plume de M. Conan c’est bien la pensée unique républicaine et jacobine que l’on trouve exprimée et soutenue, avec une véhémence d’expression qui tend à prendre les lecteurs de Marianne pour des abrutis.

no-parler-bzhgVous en doutez ? Nous prenons à l’instant connaissance d’un entrefilet du triste sire paru dans une Marianne de mi-novembre 2012. Un grand moment de journalisme, là encore. Sous couvert de combattre les « discours les plus dominants » et l’emprise de TF1 – enfin de son très Breton ex-patron Patrick le Lay – Eric Conan minimise l’oppression dont s’est rendue coupable la République envers la diversité intérieure française, celle des minorités ethniques et linguistiques internes dont nombre d’entre elles étaient plus anciennes que la France elle-même. Ainsi, pour M. Conan, « les Bretons sont passés au Français parce qu’il constituait pour eux une langue universelle permettant de les sortir de leur isolement. L’adoption du français a souvent été volontaire et vécue (…) comme une émancipation de l’église ». Adoption « volontaire » qui cache admirablement les panneaux « interdit de cracher par terre et de parler Breton » dans les écoles, l’interdiction – maintenue à ce jour – pour les Bretons, les Basques, les Corses et ainsi de suite d’enseigner leur histoire dans les écoles de leurs pays, les multiples difficultés qui leur sont faites pour entraver le développement de l’enseignement dans leurs langues. Celles notamment qui sont causées par une Constitution sclérosée (« la langue de la République est le français ») et l’attachement rétrograde au dogme de l’une et de l’indivisible, qui interdisent aux Bretons de pouvoir faire leurs démarches administratives dans leur langue et qui peuvent les conduire en prison pour des documents civils en partie rédigés dans leur langue. Et qui maintient la Bretagne artificiellement séparée de la Loire-Atlantique qui constitue environ 1/5e de son territoire, mais 1/3 de sa population, 1/2 de l’industrie, 2/3 de la recherche et 80% de la production électrique. On a compris, M. Conan fait preuve d’un négationnisme républicain qui a pour but de cacher, notamment aux Bretons, que les minorités nationales internes disposent de moins de droits en France – pays des « droits de l’Homme » – qu’en Russie ou en Hongrie. Pays régulièrement épinglés par la presse française pour leur manque de démocratie, soit dit en passant.

info libreM. Conan porte un nom Breton d’origine. Mais, comme les « Bretons utiles » du gouvernement, le ministre de l’agriculture Le Foll par exemple  il ne fait absolument pas honneur à ses origines. Au contraire, il est animé d’une haine féroce envers elles, qui doivent lui venir de son surmoi républicain qu’il n’a jamais su dépasser. Ou de son informatrice, cette triste Françoise Morvan, universitaire française adepte des débats à sens unique  dont l’inimitié envers la Bretagne en général et les nationalistes Bretons en particulier est à la hauteur de sa déception amoureuse. Etudiante, elle fut amoureuse d’un nationaliste Breton d’avant-garde qui ne répondit point à ses espérances. Alors elle devint une universitaire mercenaire de la République jacobine, celle qui justement était si « respectueuse des petites patries et des particularismes locaux » qu’elle les noya massivement en Loire et les fusilla dans toute la Loire-Atlantique : au nord pour cause de chouannerie, au sud pour cause de guerre de Vendée, et partout pour les curés.  La déportation verticale et les « baptêmes républicains » étaient sans doute une façon d’émanciper les Bretons de l’Eglise.

Dans un feu d’artifice chauvin, M. Conan, qui tartine à la truelle des proses semblables depuis des années dans l’Express ou Libération, achève en passant, les ailes grandes déployées, le mur du çon : « il suffit de considérer Colmar, Ajaccio et Quimper pour se demander s’il y a d’autres pays en Europe qui ont réussi à préserver un tel exotisme intérieur ». Ou comment prendre ses lecteurs pour des abrutis, des ignares et des idiots finis. Hervé le Borgne, actuaire et président de l’Institut de technique actuarielle, implanté à Brest, n’y va pas par quatre chemins : c’est un « tissu d’âneries », écrit-il dans une lettre diffusée dans l’ensemble du mouvement Breton et adressée à Eric Conan ainsi qu’à la direction de l’hebdomadaire Marianne. Parce qu’il ne faut pas être devin pour s’apercevoir qu’Eric Conan a tout faux. L’on peut comparer l’est et l’ouest de l’Ukraine, les diverses parties de l’Espagne, de l’Allemagne ou du Royaume-Uni, voire la Russie où à 1000 km de Moscou – la porte à côté pour cet étendu pays – l’on vit à des années lumières de la capitale, y compris sur le plan culturel, sans que l’Etat se sente obligé d’opprimer l’extraordinaire diversité des langues et des cultures locales.

Peut-être que sans l’oppression linguistique et culturelle jacobine, la France ressemblerait à l’Italie, et à l’accent des gens, l’on pourrait savoir de quel terroir ils viennent. Au lieu de cela, la République a nivelé, abattu, démonté, créé une médiocrité ambiante et une absence d’horizon où se trouvent plongés les infortunés habitants de l’ancien domaine royal, de l’Anjou à la Lorraine et de l’Artois au Bourbonnais, privés des fiertés de leurs villes, de leurs terroirs, de la richesse de leur identité, de leur accent ou de leur patois, de leurs identités si particulières qui les motivaient à aller toujours de l’avant, à ne jamais se laisser séduire par les sirènes de l’enfrichement, de la vierzonnisation ambiante, de l’abandon. Au-delà, les cultures furent plus fortes, animées par des peuples – Bretons, Basques, Corses, Catalans, Alsaciens – ou des villes – Lyon, Toulouse, Marseille – qui ont résisté et qui continuent à se projeter vers l’avenir. L’Europe le démontre autour de nous : la diversité interne fortifie et motive, c’est un atout indispensable pour être en phase avec un monde certes plus mondialisé, mais pas plus uniforme pour autant.

medium_presseAlors que les bien-penseurs et fabricants de prêt-à penser, les médias français encensent depuis quelques décennies la « diversité » de ses nouveaux arrivants, la diversité de ses cultures internes, de ses peuples constituants reste toujours un sujet de honte pour eux. Cachez donc ces Corses, ces Basques, ces Bretons que l’on ne saurait voir. Faites-leur honte, rappelez leur que la défense de leur identité est un penchant d’extrême-droite. Atteignez le point Godwin à chaque fois que vous pouvez, donnez leur mauvaise conscience. Voilà ce que semblent être les commandements auxquels se tiennent les journalistes « respectables » français. Journalistes qui ne recoupent pas les sources d’information et ce, dans un souci constant d’objectivité, comme dans d’autres pays. Mais qui s’affirment d’abord « de droite » ou «  de gauche » – surtout de gauche d’ailleurs – voire de telle ou autre coterie politique, et qui écrivent en militants plus qu’en observateurs. Journalistes qui se permettent de l’enfumage systématique sur tous les sujets qu’ils ne comprennent pas ou sur lesquels leurs amitiés politiques ont ordonné une doctrine à respecter. De Notre-Dame des Landes à la Syrie en passant par l’Histoire de la République, les enjeux de société ou la politique étrangère, ces « journalistes respectables » font du journalisme à la Conan : de la propagande. Bref : ils nous empoisonnent.

Au risque de faire croire aux Français qui les lisent de moins en moins qu’il est impossible d’être journaliste et indépendant (sans se trouver systématiquement classé « à gauche » et obligé de suivre la pensée unique de cette faction politique), journaliste et objectif, journaliste et sans concession pour la faillite croissante des élites politiques françaises, voire de l’Etat tout entier. Stéphane Hessel a dit « Indignez-vous ». Il n’a pas appelé à s’indigner sélectivement, seulement selon ses intérêts catégoriels, politiques ou particuliers. Ici, sur BreizhJournal, on s’indigne quand la justice s’emmêle les pattes sur Notre-Dame des Landes, ou quand l’agence de presse d’Etat (l’AFP) traite ce sujet n’importe comment… Nous nous indignerons aussi quand ce seront d’autres qui seront traités pis que pendre par cette « agence de presse » qui n’en a que le nom. BreizhJournal n’est pas « à gauche », n’est pas « à droite ». BreizhJournal est indépendant. Parce que nous ferons tout pour que le journalisme français n’ait pas toujours la figure d’Eric Conan, la tête d’un communiqué de l’AFP revirgulisé, d’une parodie de journalisme qui n’a rien à envier à celui de l’URSS. Que vive l’indépendance !

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NDDL : le tribunal ordonne l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue

28 Fév
Ferme de Bellevue le 28 janvier

Ferme de Bellevue le 28 janvier

La ferme de Bellevue, occupée depuis fin janvier par les paysans et opposants à l’aéroport, a été jugée expulsable immédiatement par le tribunal d’instance de Saint-Nazaire. Cette ferme dont le sort devait être tranché le 20 février  se trouve à l’ouest de la ZAD et est en parfait état de conservation. Les occupants paysans de la ferme appellent à une mobilisation immédiate et rapide aux abords de la ferme. L’ACIPA appelle à se mobiliser tout de suite « et au moins jusque demain midi » alors même que 80 fourgons de CRS supplémentaires viennent de rejoindre la capitale Bretonne.

Bataille juridique autour des fouilles archéologiques

Les fouilles à la Freusière se poursuivent en toute illégalité. En effet, depuis le 26 février pour Vigneux et le 27 pour Notre-Dame des Landes, des arrêtés ont été pris par les maires des deux communes pour interrompre les fouilles archéologiques, qui se déroulent sans arrêté préfectoral les autorisant. Le préfet a jusqu’au 24 mars pour en prendre un et se conformer à la loi sur l’eau. Joint par BreizhJournal, le maire de Vigneux de Bretagne Philippe Trotté nous explique sa démarche « Je suis allé constater des fouilles sans autorisation préfectorale à Saint-Jean du Tertre. J’ai pris un arrêté pour protéger la nature sur ce lieu-dit et un autre plus à l’est, là où ils sont en train de démolir des zones humides à coups de pelleteuses sans aucun cadre légal. » Les fouilles sont faites sur le tracé du barreau routier. L’arrêté du maire de Notre-Dame des Landes porte justement sur les fouilles à la Freusière. Le préfet conteste les deux arrêtés et est prêt à les attaquer devant le tribunal administratif en faisant un recours pour excès de pouvoir. En attendant, sur le terrain, les pelleteuses les ignorent, et ce en toute illégalité. Dominique Guitton, paysan opposé au projet, estime que ces fouilles « compromettent les récoltes à venir » : les engins causent des ornières et, quand les sondages sont rebouchés, les couches sont mélangées en compactant les sols. L’argile infertile se retrouve à la surface, la couche arable est perdue. L’impression de gâchis est partagée par les zadistes, qui estiment préférable que les fouilles s’arrêtent.

Pour rappel, suite à des arrêtés pris le 18 janvier 2013 par la Préfecture de Loire-Atlantique, le transport de carburants, de produits inflammables , d’explosifs et de feux d’artifices est interdit sur les deux communes de Vigneux de Bretagne et Notre-Dame des Landes jusqu’au 4 mars. Pour le même délai sont interdits le passage de véhicules contenant des matériaux de construction sur les mêmes voies publiques que sur les arrêtés précédents pris courant décembre 2013. Par ailleurs, sans aucun arrêté le justifiant, les carrefours des Ardilières, au nord, du Bois Rignoux, au sud-est et de la Saulce (RD81) au sud, sont barrés par un dispositif de gardes-mobiles qui empêchent toute circulation de piétons et de véhicules, sauf riverains.

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

Joint par BreizhJournal, l’agriculteur membre du collectif COPAIN44 Dominique Guitton nous explique que « les activités et différents chantiers sur la ferme de Bellevue sont maintenus. Des gens sont en train de nous rejoindre. » L’huissier chargé de notifier le jugement n’est pas encore passé et les paysans sur place s’attendent à tout. Cependant, la commission agricole s’est déplacée sur les lieux la semaine dernière, « la balle est donc dans le camp des politiques pour concrétiser la décision juridique ou au contraire laisser une chance à l’apaisement et au dialogue qui avait l’air de s’installer« . Bonne nouvelle, le four à pain quelque peu abîmé par le départ du dernier occupant  a été remis en état. Le linteau en pierre devant le four a été réinstallé, la cheminée est en cours de réparation et la poule au pot a été cuite hier dans le four, chauffé régulièrement depuis une semaine. Sa remise en service pourrait permettre de soulager la boulangerie des Fosses Noires et cuire du pain pour toute la partie ouest de la ZAD. Avec ses 125 hectares de terre dont la remise en culture est prévue dès que possible par les paysans, la ferme est un enjeu clé pour l’approvisionnement des occupants de l’aire prévue pour le projet d’aéroport. Pour leur part, les paysans sont déterminés à défendre la ferme « notre détermination est là, et elle est intacte. Nous appelons à la mobilisation et à la vigilance autour de la ferme de Bellevue« .

L’ACIPA appelle les comités de soutien les plus proches de Notre Dame des Landes  à venir jusqu’à la ferme de Bellevue. « Les comités de soutien plus éloignés sont invités à intervenir auprès des instances du PS de leur département pour empêcher la destruction de la ferme de Bellevue« .

Une pinède gagne contre le maire de Calvi

27 Fév

Ce 14 février 2013, la cour administrative d’appel a mis un point final juridique aux projets du maire de Calvi de construire un centre de loisirs sans hébergement dans une pinède, en pleine ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique). Manque de chance… c’est déjà construit. Et il y a relativement peu de chances que cela soit détruit, à moins d’un petit accident à effet de souffle.

La collusion n'est pas une illusion. C'est un meurtre d'Etat contre l'environnement et la qualité de vie Corses.

La collusion n’est pas une illusion. C’est un meurtre d’Etat contre l’environnement et la qualité de vie Corses.

L’association U Levante  avait attaqué la révision du PLU permettant la construction sur les deux motifs assez habituels en Corse de la non-continuité avec l’urbanisation existante (L146-4 code de l’urbanisme) et de la non-constructibilité des espaces remarquables (L146-6 code de l’urbanisme). Les baraques avaient été édifiées par la permis sur la zone constructible nouvellement créée (Nd) sans permis. Sans surprise, la cour administrative d’appel rappelle que les maires corses n’ont pas le pouvoir d’outrepasser la loi.Un fait reste tout de même troublant. Lors du Conseil des Sites réuni en 2009 pour examiner le projet, l’on avait omis de lui signaler que le centre de loisirs projeté était implanté dans une ZNIEFF. La directrice régionale de l’environnement (actuelle DREAL) et l’inspectrice des sites avaient alors dit que le site respectait les lois, alors même que les défenseurs de l’environnement, cartes topographiques en main, démontraient le contraire. Voilà qui rappelle à point nommé la complicité des services de l’Etat et des bétonneurs élus ou colons. Désormais, il ne reste qu’une échappatoire, mais de taille, pour les élus incapables de résister à la loi du béton : missionner un cabinet d’étude pour qu’il bâcle en deux temps trois mouvements une « étude » de la biosphère de la ZNIEFF à supprimer et demander à la DREAL de supprimer ladite zone naturelle protégée sur la base de ce travail. Cauchemar ? Non, réalité. Parce que la collusion des bétonneurs et des services de l’Etat n’est pas une illusion. Ni en Corse, ni en Bretagne.

Nantes : l’orgue Notre-Dame de Bon Port à bout de souffle

27 Fév

L’orgue de l’une des églises les plus connues de Nantes arrive au bout du rouleau. L’église Notre-Dame de Bon Port, qui se dresse au milieu de l’ancien quartier du Sanitat à l’extrême-ouest du secteur sauvegardé et du centre-ville, est l’une des dernières églises néo-classiques à coupole de France et la dernière de Nantes. Son dôme rayé a orné des générations de gravures et de cartes postales sur fond de grues, et maintenant des embouteillages du quai de la Fosse.

Façade face à la Loire

Façade face à la Loire

Réalisée par les architectes Séheult et Chenantais, elle avait suscité en son temps l’opposition tenace de Viollet-le-Duc et de ses disciples, qui, avec l’église Saint-Nicolas (1844-1858) créent le style néo-gothique qui essaime par la suite dans toute la Bretagne et la France. Pour la petite histoire, l’église porte aussi le patronage de Saint-Louis, imposé à sa reconstruction par le maire d’alors, en échange de ses subsides. En effet, l’actuelle église remplace une précédente, créée au début du XIXe pour les quartiers nouvellement urbanisés du port. Les orgues sont une œuvre du facteur nantais Louis Debierre. Victimes d’un manque d’entretien patent, malgré des efforts de reprise en main ces dernières années, les grandes orgues ont besoin de travaux d’urgence. Une association s’est constituée pour défendre sa restauration et organiser des concerts destinés à la financer. L’orgue est utilisé pour de nombreux concerts et pour les concours d’entrée et les diplômes de fin de cycle des conservatoires de Nantes et de Cholet. Il a une vocation pédagogique et musicale majeure.

L'orgue de l'église Saint-Louis - ND de Bon Port

L’orgue de l’église Saint-Louis – ND de Bon Port

L’orgue est un des chefs d’œuvre de la facture d’orgue du XIXe siècle. Après la désaffection des orgues classiques, il marque le premier retour d’un orgue néo-classique aux jeux de mutation faisant entendre des harmoniques caractéristiques des instruments de XVIIe et XVIIIe siècles. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 11 décembre 1975[]. Il comporte trois claviers manuels (grand orgue, grand chœur, récit)[], un pédalier à l’allemande[] de 30 notes et 45 jeux ou timbres faisant sonner 4 000 tuyaux. Originaire de la paroisse, Louis Debierre décide que cet orgue – inauguré le 19 mars 1891 – sera un instrument d’avant-garde, chef d’œuvre de son art. Il met en place une transmission des notes électrique, après un premier orgue ainsi fait installé au théâtre Graslin en 1890, une transmission des jeux électropneumatique, installe deux boîtes expressives et des jeux de mixture. Grâce à la qualité du travail de Debierre, seules deux restaurations d’envergure ont été nécessaires, en 1929 et 1981, qui n’ont heureusement pas altéré la qualité de l’instrument.

La ville de Nantes, propriétaire de l’église, a mandaté une étude préalable qui servira de support à des travaux de restauration. Des efforts ont été entrepris par ses services pour classer l’entièreté de l’orgue au titre des Monuments Historiques. Après l’orgue, un nouveau chantier est à venir pour l’église : la toiture, peu entretenue. La rénovation du tambour – l’assise en pierre du dôme – a déjà été faite en 1992 et celle de l’archange de la coupole en 2004-2005.

ACIPRAN, l’argument-bateau de l’association citoyenne

25 Fév

Il existe, vous le savez, une association citoyenne favorable à l’aéroport, l’ACIPRAN, qui a ses bureaux à la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) de Nantes, aux Salorges, et est puissamment relayée par la région Pays de Loire et le journal Ouest-France, tous deux fervents soutiens de l’aéroport. Mais, promis juré, cette association est constituée de citoyens « normaux » qui veulent la réalisation d’un aéroport présumé bénéfique pour tous.

Le navire de M. Mustière

Le navire de M. Mustière

Le président de cette association « citoyenne » n’est pas un obscur paysan, ouvrier ou enseignant, mais Alain Mustière, ex-gros concessionnaire automobile sur Saint-Herblain, puis ex-président de la CCI, et qui, comme le révèle ingénument cet article de l’Express daté de 2002 a préféré signer une « paix des braves » avec Jean-Marc Ayrault plutôt que de porter les couleurs de la droite contre lui à la mairie de Nantes. L’accord a tenu, et ce n’est pas un hasard si l’on retrouve Mustière à la tête d’une association destinée à allumer un contre-feu à la mobilisation des opposants à l’aéroport.  Alain Mustière a un ancrage sur le prestigieux golfe du Morbihan. Non pas une île à lui, mais une villa et un anneau à Arzon, au port du Crouesty, au débouché du Golfe. On a la Riviera que l’on peut. Obtenir un anneau au Crouesty n’est pas simple : il y a 3256 inscrits pour 1432 anneaux, la plus longue liste d’attente de France et le prix de location s’en ressent, de 2083 à 2792€ annuels pour un délai d’attente moyen de 12 ans. Mais quel bateau y amarre-t-il ?  Un Swift Trawler, la plus grosse unité construite chez Bénéteau Cette « synthèse éblouissante » de « tout ce qui concourt à l’aventure et au plaisir de la navigation à voile avec le confort et la performance d’une grande unité à moteur » coûte 850.000 €. Au minimum. Acquisition qui porte bien en vue et en gros le logo des Pays de Loire – mais pour laquelle son propriétaire paie un paquet de taxes à une commune Bretonne. Il partage d’ailleurs cet amour pour le Golfe avec d’autres huiles des Pays de Loire, notamment Grosvalet, l’inénarrable président du conseil général de Loire-Atlantique, présent chaque fois qu’il le peut à Hoëdic, un certain Premier Ministre (Ayrault), ancré à Sarzeau, ou le probable futur maire de Saint-Nazaire David Samzun qui aime à rappeler ses racines de Belle-Ile sans se soucier particulièrement – pour l’heure – du fait que Saint-Nazaire est le premier port et la 4e ville de Bretagne.

Cette acquisition digne d’un citoyen normal d’une association normale qui se bat pour qu’un projet normal soit réalisé est dans le droit fil du vibrant plaidoyer pour « un nautisme nouvelle vague » écrit par Alain Mustière lorsqu’il était président du Conseil Economique et Social des Pays de Loire. Avec son yacht de chez Bénéteau, notre président d’association citoyenne couvre les mers et les océans. Pas plus loin que jusque Houat et Hoëdic, cependant. Et à la plus grande hilarité, semble-t-il, des locaux, qui rient beaucoup de le voir arriver sur leurs pontons, en marche arrière, à la barre de sa « synthèse éblouissante » de yacht, à 850.000 € pièce. Association citoyenne, vous dites ? Touché coulé.

Notre-Dame des Landes s’invitera-t-elle au chassé croisé ?

23 Fév

vinciLe chassé croisé du 2 mars risque d’être tumultueux pour Vinci, du côté des autoroutes. Comme chaque année, des kilomètres de bouchons, des vacanciers des trois zones excédés, des conditions de circulation hivernale… oui-da, mais il y a quelque chose en plus. A l’appel du collectif alsacien de soutien aux opposants anti-aéroport, les opposants de nombreux comités devraient s’inviter sur les péages de Vinci. Contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes porté par le groupe, et plus largement pour s’opposer aux grands projets inutiles.

Le but est « d’être visible partout en France » et de montrer à l’Etat la détermination des opposants. L’action se subdivise en trois branches : ouvrir tous les péages de l’axe Rhin-Rhône-Méditerranée, prioritairement en région lyonnaise, ouvrir d’autres péages de Vinci en dehors de cet axe, et enfin se mobiliser en déployant des banderoles depuis des ponts ou des ouvrages d’arts autoroutiers. La ZAD diffuse pour l’opération un manuel du péage gratuit  rédigé en collaboration avec les groupes d’opposants qui ouvrent régulièrement des péages en soutien à la lutte, notamment à Ancenis et au Bignon en Loire-Atlantique, ou dans le Midi. Le but officieux de l’opération est aussi de récolter un maximum de fonds pour la poursuite de la lutte judiciaire et le ravitaillement des occupants de la zone prévue pour le projet d’aéroport, la ZAD. Les bloqueurs proposeront aux automobilistes de contribuer à la lutte en donnant un « prix libre » à leur passage, et leur distribueront des tracts.

On peut trouver ici une liste des filiales de Vinci, dont une centaine opère en France. Quatre sociétés gèrent les 4835 km d’autouroutes de Vinci réparties sur les directions Paris-Bretagne, la façade atlantique, le sud-ouest et l’axe Lyon-Marseille-Monaco. Il s’agit d’Escota (A8, A50, A51, A52, A57, A500, A501, A520), Arcour (A19), ASF (A7, A8, A9, A10, A11, A20, A54, A61, A62, A63, A64, A66, A68, A72, A83, A87, A89, A641, A645, A837) et Cofiroute (parties de l’A11 et de l’A19, A10, A28, A71, A81 et le tunnel de l’A86).

Travaux lourds sur les voies de Saint-Nazaire

23 Fév
Vues des voies en gare de St Nazaire - 2011

Vues des voies en gare de St Nazaire – 2011

Dans le cadre du renouvellement lourd des voies, RFF fait remplacer les aiguilles et appareils de voie des établissements ferroviaires de Saint-Nazaire, à partir de la gare voyageurs jusqu’à la Croix de Méan, sur 3 kilomètres. Les trains circulent depuis quinze jours à vitesse limitée entre 100 et 60 km sur certains tronçons de voie. La ponctualité des dessertes n’est pas affectée.

Le Parti Pirate refuse de s’allier avec Dupont-Aignan

22 Fév

La section française du Parti Pirate ne manque pas une occasion d’affirmer son originalité. En ce moment, le Parti Pirate est en train de se fédérer pour 2014 sur l’ensemble de l’Union Européenne afin de monter sa campagne aux élections européennes. Choix stratégiques sur lesquels la section française risque fort d’influer.

000-logo_pp_rvbEn effet, une coalition avait été prévue au niveau européen avec une coalition de partis eurosceptiques, les EUDemocrats, dans le seul but de collecter plus de fonds ; le parti pirate de Suède défend le plus ce rapprochement uniquement financier. Les délégués des sections italienne, catalane, grecque, belge et danoise se sont ralliés à cette position. Cependant, le parti pirate français s’oppose à cette alliance stratégique pour un motif simple : le leader français des EUDemocrats est Nicolas Dupont-Aignan. Dans un long argumentaire des pirates français, plus marqués à gauche que nombre de leurs collègues européens, développent l’impossibilité de se rapprocher – au risque de le cautionner – d’un leader de droite nationaliste aux positions qualifiées de « glissantes »  voire « xénophobes ».

Le Parti Pirate Français doit se prononcer officiellement sur la question incessamment sous peu. Pourtant, Nicolas Dupont-Aignan a tendu la main aux Pirates depuis 2009 et s’est retrouvé sur nombre de combats politiques avec eux. Cette communauté de combat suffira-t-elle à sceller une improbable alliance stratégique ? La réponse est probablement dans les mains des Pirates français.

NDDL : fronde à Radio France contre la publicité pro-aéroport

22 Fév

Pour enrayer la montée en puissance dans l’opinion des arguments des opposants à l’aéroport, les présidents des collectivités favorables au projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame des Landes (Pays de Loire, Bretagne administrative, Nantes Metropole, Carene, Cap Atlantique, mairie de Nantes, CG44) ont décidé d’une campagne de publicité de 300.000€ qui devrait être diffusée par radio, affichage et voie de presse.

Logo_france_bleu_loire_oceanSeulement, cette campagne de propagande aéroportuaire commence à connaître ses premières difficultés. En effet, les journalistes de Radio France Bleu Loire Océan s’insurgent et ont envoyé une lettre au PDG de Radio-France, Jean-Luc Hees. Ils estiment que le spot publicitaire favorable à l’aéroport « porte atteinte à [leur] travail et [leur] crédibilité » et qu’ils risquent d’être perçus comme agents d’un média favorable à l’aéroport, et donc « d’en subir les conséquences sur le terrain » vis-à-vis des opposants.  Les journalistes titulaires assurent « ne cesser de faire vivre le débat […] ne cesser de respecter une stricte neutralité […] ne cesser de résister aux pressions » exercées de toutes parts sur eux et ne peuvent comprendre comment la direction puisse accepter le passage d’une telle campagne de publicité « sauf à considérer qu’elle vaut plus que [leur] travail ». Les journalistes craignent en outre que leur indépendance ne soit rognée comme pour leurs collègues de France 3 Pays de Loire, qui va être subventionnée à hauteur de 900.000€ sur trois ans par la région administrative, officiellement pour la « création de nouveaux programmes » et plus prosaïquement dans le but de maîtriser la communication sur des sujets aussi sensibles que peuvent l’être la réunification Bretonne ou l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

 

Remise en cause de la neutralité du service public

Depuis hier, la fronde locale des journalistes de Radio France Bleu est soutenue par la CGT de Radio France, qui a envoyé une lettre très critique au président de Radio France. « Surprise » et « choquée » par la diffusion prochaine de ce spot publicitaire favorable à l’aéroport pendant une semaine, la CGT Radio France rappelle qu’au vu du sujet polémique, « il ne s’agit pas d’une campagne anodine » et qu’elle va « remettre en cause la neutralité que se doit de respecter le service public » et « ruiner la crédibilité » et les efforts des journalistes de la station.Par conséquent, la CGT de Radio France demande au président de la station « d’intervenir pour que la campagne ne soit pas diffusée », préférant un éventuel préjudice financier à l’atteinte à l’indépendance de la radio.

 

Projet d’Etat contre Etat de droit

Un panneau opposé à l'aéroport réalisé par les membres du comité citoyen de Blain.

Un panneau opposé à l’aéroport réalisé par les membres du comité citoyen de Blain.

Les vicissitudes de la campagne de publicité – et, au-delà, du projet d’aéroport – rappellent la difficulté de conduire des projets d’Etat dans le cadre d’un Etat de droit, si l’on part du principe, comme il est de coutume historique en France, que l’illégalité interne doit primer. En effet, le projet de transfert de l’aéroport de Nantes – qui était d’abord une « simple » opération d’urbanisme à l’échelle de la grande métropole de Nantes-Saint-Nazaire, est devenu aujourd’hui un projet d’aménagement du territoire d’intérêt national dont le porteur est aussi Premier Ministre. Difficile d’imaginer pire confusion des pouvoirs et meilleure couverture pour un enfumage caractérisé des citoyens et des investisseurs à la fois sur les prévisions de rentabilité  et de fréquentation de la nouvelle infrastructure, si elle est réalisée.L’on sait depuis des années que le projet d’aéroport est illégal en droit français depuis 2008, qu’il contrevient à trois directives européennes et qu’il risque de conduire la France à une condamnation par les instances judiciaires européennes. Qu’importe le droit, qu’importe les lois – y compris celles, européennes, que la France s’est engagée à respecter vis-à-vis des autres états de l’Union – puisque le Premier Ministre désire son aéroport.

Mais après s’être heurté à une mobilisation citoyenne de plus en plus forte puis au droit de l’environnement et de l’urbanisme, il se heurte maintenant aux principes généraux du service public. Ceux qui, justement, ont été théorisés dans les années 1920 par le professeur Rolland et qui ont pris force jurisprudentielle sous l’action du Conseil Constitutionnel et du Conseil d’Etat depuis les années 1950. Ainsi, depuis la décision du Conseil Constitutionnel duy 18 septembre 1986 (Liberté de communication), l’obligation de neutralité du service public (et de ses agents) est reconnue comme un principe fondamental, corollaire de celui de l’égalité dans son accès et devant son organisation.

Il apparaît donc probable que la campagne de publicité favorable à l’aéroport ne puisse dérouler légalement sur les médias du service public. Si, comme l’affirment les porteurs du projet, l’aéroport de Notre-Dame des Landes résulte d’une demande générale, c’est donc à ces citoyens favorables de passer sur les médias dont ils disposent la campagne de publicité favorable à l’aéroport. Rappelons qu’il existe une seule « association citoyenne » favorable au projet, l’ACIPRAN, dont les bureaux sont à la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Loire-Atlantique. Contre près de 200 comités de lutte citoyens contre l’aéroport dont une dizaine en Loire-Atlantique et des milliers d’habitants du département mobilisés chaque jour contre le projet.

 

La DREAL de Corse se plie à la loi du béton

20 Fév

 

arone2Comment faire quand on est maire d’une petite commune littorale et qu’on veut faire construire, mais que – patatras ! – une zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique (ZNIEFF) s’oppose à toute construction. Il suffit d’être rusé. Mais encore ? Une commune corse vient de faire réduire piano piano une ZNIEFF, en usant d’une petite combine parfaitement légale, révélée par l’association U Levante. Combine qui risque de faire école sur le continent.

En Corse, les Znieff de type 1, dont les contours ont été validés par des scientifiques du Muséum d’histoire naturelle, sont inconstructibles par application du Schéma d’aménagement de la Corse. Un document d’urbanisme qui vaut Directive territoriale d’aménagement. Mais, voilà qu’à Piana, la Znieff Capu Rossu/côtes rocheuses à Piana/Arone (n° 00840000) gêne les projets de bétonnage de la commune. Le projet de PLU nouveau  prévoit de rendre la limite sud de cette zone urbanisable. Juste au-dessus de la plage d’Arone.

La commune a mandaté un bureau d’étude – Biotope – qui a réalisé en quatrième vitesse et sur quelques jours un inventaire de la biodiversité sur le secteur à urbaniser. Comme l’inventaire est très rapide – et pour cause – il est bâclé. Sans le remettre en cause ou se pencher sur sa réalisation, la DREAL se fonde sur lui et déclasse le secteur en question, en passant outre l’avis du comité scientifique (deux voix pour, trois contre, sept absentions). Le 28 janvier, la DREAL Corse modifie la cartographie des ZNIEFF sur son site officiel, et ne rend sa décision publique que le 7 février. Et voilà. Le secteur déclassé est prêt à être urbanisé.

 

L’Etat en faillite

La Corse reste actuellement un territoire relativement sanctuarisé. Plus pour longtemps. Les pressions sont telles que les élus locaux ne peuvent guère que s’engager dans la fuite en avant dans le bétonnage. Certaines communes doublent leur zone urbanisable (Au) alors que leur population stagne ou diminue. Les services de l’Etat alternent entre hyper-rigorisme et passe-droits aux « initiés » ou aux riches français, perçus comme des colons. Il arrive que la loi Littoral, malmenée par les autorités, préfets y compris, ne soit appliquée que par les nationalistes Corses à coups de bombes. Trop d’argent et trop d’influence sont en jeu pour que la caste d’élus et de « responsables » qui vivent aux crochets de la République ne cèdent à la tentation de rendre un petit service illégal. Un trait de crayon sur un PLU, une modification de zonage, rapporte à coup sûr des millions d’euros. Générant un marché avec ses tensions, et la colère de la grande majorité des Corses qui voient leur île saccagée et qui se trouvent sans moyens, les avis contraires des autorités étant contournés, les décisions de justice n’étant pas appliquées. En Corse, l’Etat est en faillite, surtout sur l’urbanisme et la protection de l’environnement.

 

Pas seulement un problème Corse

no1880rtg9Mais il serait trop facile de cantonner à la Corse cette démission, voire cette faillite de l’Etat républicain, voire ripoux-blicain. De l’autre côte de l’eau, l’ADEBL, Association de Défense de l’Environnement de Bormes et du Lavandou, dans le Var, constate avoir de plus en plus de difficulté pour faire respecter le droit de l’urbanisme, y compris du côté des tribunaux, où les acquis juridiques de quinze ans de lutte, à raison de 30 à 40 procédures par an basées sur le non-respect de la loi Littoral (146-6 code de l’urbanisme) ou l’urbanisation qui n’est pas en continuité des agglomérations existantes (146-4-1 code de l’urbanisme), s’effritent peu à peu. Revirements de jurisprudences et décisions de 1e instance contre l’esprit de la loi conduisent à l’allongement et la complexification des procédures, qui s’ajoutent aux nombreuses pressions locales contre l’association, promue « empêcheur de tourner en rond » du Var. Martine Lafontaine, présidente de l’ADEBL, décrit la situation « les maires délivrent, dans un marché ouvertement spéculatif, tourné vers la résidence secondaire, des permis à n’en plus finir, sans tenir compte des équilibres naturels, des paysages, des terres agricoles ». Un constat qui pourrait aussi s’appliquer à la Corse. Outre le Midi, des problèmes semblables sont de plus en plus constants dans l’Aquitaine, l’Ile de France et l’Alsace. La collusion des constructeurs et des autorités chargées de les encadrer (maires et préfets principalement) n’est pas une illusion, devant l’appétit des intérêts politiques et la cupidité.

 

Et en Bretagne ?

Est de la ZAD. Toute cette eau dégringole vers le Gesvres, l'Erdre et Nantes. Mais la ZAD en conserve beaucoup plus l'hiver, comme une éponge immense de 1200 hectares.

Est de la ZAD. Toute cette eau dégringole vers le Gesvres, l’Erdre et Nantes. Mais la ZAD en conserve beaucoup plus l’hiver, comme une éponge immense de 1200 hectares.

Ce qui se passe en Corse vous étonne ? Pourtant la situation en Bretagne n’est pas exempte de reproches. Des îles connaissent une urbanisation ininterrompue et très peu contrôlée, comme Groix. Une urbanisation essentiellement résidentielle et estivale, qui n’apporte que peu d’activité aux communes l’hiver. Le syndrome des « volets clos » est connu sur toute la côte sud du Morbihan, sur le Golfe, mais aussi en Loire-Atlantique et dans les Côtes d’Armor. Sur la commune de Saint-Nazaire, la commune tolère les « déviations » récentes du chemin côtier sur les voies communales, en retrait du trait de côte, lorsque certains acheteurs barrent aussi le chemin, comme c’est le cas à la villa Géorama.

Et on a mieux encore, ou pire. Toutes les autorités publiques théoriquement chargées de la protection des espaces naturels – et les autres, encouragent ouvertement un grand projet dont l’assiette est composée de 98% de zones humides. Un grand projet dont les conséquences ne sont pas connues – et n’ont jamais été recherchées – sur le réseau hydrographique local, tant à petite qu’à grande échelle. Un projet dont la réalisation risque de rendre les communes avoisinantes plus sensibles au risque inondation. Un projet, qui contrevient à trois directives européennes, et qui est illégal depuis 2008 en droit français. Impossible ? Ces mêmes autorités viennent de commencer une campagne de publicité pour 300.000 € afin de convaincre la population de ses bienfaits. Ce projet est un projet d’Etat. Il s’agit… du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. Qui en dit long sur la volonté profonde de l’Etat : désanctuariser la Bretagne, la Corse, la Savoie, le Pays Basque, l’Alsace… et tout ce qui a échappé au bétonnage républicain.

Le Small Business Act breton commence à se concrétiser

19 Fév

BzhImpacteDepuis décembre 2011, l’association Breizh Small Business Act milite pour que soit prise en Bretagne une loi semblable à celle qui existe aux Etats-Unis et réserve entre 23 et 40% des marchés publics aux petites et moyennes entreprises, encourageant par là leur compétitivité et les innovations. La mise en place du Small Business Act est l’un des points du BreizhImpacte.

Le Small Business Act  fait partie de ces initiatives modérées et pragmatiques Bretonnes que l’on souhaiterait voir plus nombreuses. L’accès à la commande publique, dont les règles sont très compliquées, est un parcours du combattant pour les TPE et PME. L’association réunit d’un côté chefs d’entreprises et de l’autre acheteurs publics (élus et agents administratifs) dans le but de faire dialoguer ces deux milieux qui jusque là s’ignoraient. La présidente de l’association, Pascale Mouginot, est juriste et consultante sur les marchés publics ; la vice-présidente, Céline Faivre, dirige E-Megalis, plateforme d’achats publics de la région administrative. Les deux mettent de l’huile dans les rouages pour que le Small Business Act devienne réalité, et permette, dans un processus d’expérimentation quinquennal, d’écarter les grands groupes au profit des PME locales.

En 2013, des réunions seront organisées entre patrons de PME/TPE et acheteurs publics sur tout le territoire Breton. Un séminaire devra être tenu en avril. Enfn, un guide des bonnes pratiques de la commande publique en Bretagne sera rédigé cette année par les membres de l’association. De quoi offrir aux élus une autre voie que les grands groupes français et leurs innombrables filiales pour les marchés publics, qui dans certains secteurs (par exemple la restauration du patrimoine) représentent plus de la moitié du marché. Un enjeu de taille pour l’emploi dans les cinq départements Bretons.

Pays de Loire recrute journaliste, objectivité non exigée

18 Fév

La région Pays de Loire – assemblage administratif disparate d’éléments arrachés à la Bretagne, au Poitou, du Maine et de l’Anjou qui cherche en vain à se construire une identité commune recherche un journaliste pour son magazine. Mais, au vu de l’annonce, ce n’est pas un journaliste qu’il faut, mais un « fils de pub », voire un intermittent du spectacle.

Voyons plutôt : l’heureux élu sera charger de réaliser « le magazine interne (16 pages, 3 numéros par an) » et d’assurer  la relecture de toutes les publications et documents réalisés. Il animera un comité de rédaction et développera le réseau existant de correspondants dans les services et lycées, chargés de la diffusion de l’agit-prop régionale. «  Garant de la ligne éditoriale des supports print et web », «  veillez à la cohérence et à la complémentarité des contenus. ». Notons au passage l’emploi superflu du substantif « print » pour désigner la version imprimée d’un magazine.

pédélie parenthèseEn clair, la propagande devra être cohérente et continue, sur tous les sujets possibles. Et l’on recherche pour cela un communiquant plus qu’un journaliste, comme en témoigne l’ordre de préférence dans les profils exigés « master communication, communication écrite, journalisme ». L’objectif est en effet de vendre les Pays de Loire comme un paquet de nouilles. Comme elle n’a pas d’Histoire, pas d’identité, et pas d’image de marque, l’on fait comme avec des spaghettis : l’on crée une histoire, une recette,  une marque, et l’on répète ça aux futurs consommateurs.

On peut encore ajouter : vous mettrez le nom de la région ou son logo au moins deux fois par page, comme dans les précédentes éditions, et jusque 4 fois par page ou deux fois en quatre lignes si vous voulez. Dire que l’impression de ce journal ne profite même pas au territoire, puisque c’est à Gentilly (94, entreprise GRENIER) qu’il est imprimé. Les coûts, c’est pour les contribuables des Pays de Loire en revanche, 1.650.000 € à l’année en 2005 (la région ne reconnaît qu’un coût de 250.000€). Aujourd’hui, il est tiré à 1.470.000 exemplaires.

Comme si ce n’était pas assez clair, la direction des ressources humaines complète, pour toute caractérisation du candidat : « vous savez théâtraliser un événement et sélectionner l’information pertinente ». Fini. Et bon pour le sottisier. Simplifions : le «journaliste » doit savoir écrire ce qu’on lui dit d’écrire, et d’un rien commis par le Grand Timonier régional Auxiette forger un événement historique. Déontologie ? Objectivité ? Liberté d’opinion ? Foin de tout cela. Au conseil régional des Pays de Loire, ces pièces font un four. La propagande, c’est maintenant.

Guerre de tranchées au Sénat sur l’éolien terrestre

17 Fév

En ce moment, au Sénat, a lieu une discussion laborieuse sur un projet de loi. Le mariage pour tous, encore ? Non, la transition énergétique. Sur ce sujet qui pourrait être consensuel se déroule actuellement une véritable guerilla parlementaire. Enjeux du débat : la tarification progressive de l’énergie, et… l’éolien. En effet, à la loi originelle, intitulée « Système énergétique sobre, tarification de l’eau et éoliennes » (loi Brottes)  se sont greffés en cours de route plusieurs amendements déposés par des députés socialistes et écologistes. Ces amendements, sans rapport avec la loi, sont ce qu’on appelle des « cavaliers législatifs », des dispositions que l’on essaie de faire adopter en profitant d’une loi sur un thème voisin.

tout-eolien_zoomEn l’occurrence, ces amendements déréglementent le secteur de l’éolien terrestre, en démontant les dispositifs qui limitent à la fois l’obligation de rachat et le minimum de mats (d’éoliennes) qui peuvent être installés. Actuellement, afin de limiter le mitage du paysage, il faut un minimum de 5 mâts pour faire un parc éolien, et l’obligation de rachat n’est de droit que dans le cadre d’une ZDE – une zone de développement éolien – dont la mise en place est promue et proposée par une collectivité locale. Après le vote de la loi Brottes (dans la version de l’Assemblée Nationale), le minimum de mâts devrait avoir disparu et les ZDE devraient être supprimés. Des schémas régionaux éoliens serviraient de documents de référence, de façon indicative car, contrairement à d’autres documents d’urbanismes tels que les PLU ou les SCOT, ils ne prennent pas en compte toutes les contraintes (militaires, aériennes, naturelles, patrimoniales, légales…) qui pèsent sur les projets éoliens.

La hâte du gouvernement et des députés PS et Verts à tout déreglementer semble un peu suspecte, alors même que le débat national sur la transition énergétique n’a pas été lancé. C’est pourquoi les sénateurs – principalement de l’UMP et du Front de Gauche, ont raboté les dispositions de la loi Brottes qui déréglementent l’éolien. Mireille Schurch, sénatrice de l’Allier (FG), s’est étonnée de l’empressement des députés. Yves Détraigne, sénateur centriste de la Marne, a estimé que « les élus locaux ont besoin de s’opposer au développement anarchique de l’éolien ». Ladislas Poniatowski et René-Paul Savary (UMP) ont fait état du risque notable qui pèse sur les paysages. Une éolienne se voit en moyenne sur 10 à 15 km, et est visible d’autant plus qu’elle se trouve sur un point dominant – par exemple dans la Vallée du Rhône – ou au contraire dans un département très plat qui manque de hauteurs notables, comme peut l’être la Loire-Atlantique. Finalement, les sénateurs n’ont pas pu rétablir les ZDE mais ont réimposé un minimum – cette fois de trois mâts – pour pouvoir bénéficier du tarif d’achat. La loi va retourner à l’Assemblée où elle devrait être voter selon la version adoptée en 1e lecture. Les députés UMP ont déjà prévu de faire appel au Conseil Constitutionnel et en espèrent la censure. Entre autres dispositions inquiétantes, la loi Brottes prévoit qu’il peut être fait échec à la loi Littoral dans les DOM-TOM pour y implanter des éoliennes… les associations opposées à l’éolien craignent que cette disposition ne soit étendue à la métropole, y compris dans d’autres domaines de l’urbanisme.

De grands enjeux financiers

Car derrière les slogans écologiques et l’image de marque des éoliennes, il y a une histoire de gros sous. D’un côté, les éoliennes, la transition énergétique, et le tarif de rachat de l’électricité éolienne, très au-dessus du prix du marché, mis en place par le gouvernement en 2001 et révisé en 2008 pour développer la filière. De l’autre côté, les risques qui pèsent sur le patrimoine historique et paysager, à cause de la concurrence visuelle induite par les éoliennes dont les alignements transforment radicalement le paysage. Impact seulement esthétique, question de goût ? à voir. De plus en plus de voix s’élèvent pour pointer le risque de désaffection des touristes. Le tourisme représente chaque année 77 milliards de recettes, dont une part notable irrigue des provinces qui n’ont – presque – plus d’autres attraits économiques.

Alain Bruguier, président de Vent de Colère,  fédération nationale d’associations opposées au développement anarchique de l’éolien terrestre, entend bien faire capoter l’objectif de 20.000 MW (7600 éoliennes) prévues en France pour 2020. « C’est une fumisterie ! » tonne-t-il. « L’éolien terrestre est une fumisterie. Grâce au tarif de rachat obligé, les investisseurs s’en mettent plein les poches, les éoliennes sont construites en Allemagne, leur apport énergétique est négligeable, il faut développer les centrales thermiques pour assurer une production continue et l’apport en terme d’emploi local, c’est zéro. En fait, c’est surtout un produit d’investissement pour les banques et les fonds de pension, qui se font des sous sur le dos du contribuable ».

Comment expliquer alors l’engouement des mairies ? Volonté politique pour certaines – comme la Remaudière, en Loire-Atlantique, qui a lancé son premier parc éolien en 2008 et prépare un projet de ZDE. Mais aussi parce qu’une éolienne rapporte environ 30.000 € en taxe professionnelle aux collectivités locales… Mais cette taxe n’est perçue à taux plein qu’à partir de la 4e année – sur une durée de vie estimée de 20 ans pour une éolienne. D’autre part, l’investisseur qui bénéficie du tarif de rachat empoche plusieurs centaines de milliers d’€ par an. Ce n’est pas un hasard si l’éolien s’est répandu dans les communes les plus pauvres de Loire-Atlantique (dans le Castelbriantais notamment). Cependant, leur coût est supporté entièrement pour la collectivité – l’impôt – qui paie deux fois. Une fois pour le tarif de rachat et une autre pour assurer ¾ de la taxe professionnelle.

Des arguments balayés par les promoteurs de projets éoliens, qui assurent intervenir en concertation avec les collectivités, favoriser les emplois locaux – voire en créer pour encourager les économies d’énergies par exemple – et œuvrer pour la transition énergétique et contre le réchauffement. Certains promoteurs sont des associations ou des riverains  ce qui relativise le spectre du grand capital qui s’attaquerait aux paysages français. D’autre part, en Bretagne, l’éolien terrestre représente déjà 17% de l’électricité produite sur les cinq départements et 7% de la consommation électrique, ce qui est loin d’être négligeable. Cependant, le boom de l’éolien est tellement encouragé par les autorités qu’elles restent très peu regardantes vis-à-vis des études de paysage manifestement bâclées ou arrangées… comme cela est arrivé à Coutances où une éolienne est visible dans l’axe pile entre les deux tours de la Cathédrale. Effet touristique garanti.

Deux bombes à retardement

Le tarif de rachat obligatoire fausse en outre la concurrence vis-à-vis des autres producteurs d’énergie. C’est pourquoi l’association Vent de Colère a déposé un recours contre ce tarif devant les instances judiciaires européennes. Si elles venaient à invalider le tarif de rachat obligatoire, ce serait une bombe atomique pour l’ensemble du secteur, qui toucherait l’industrie allemande et les banques et fonds d’investissement du monde entier. La France ne serait plus alors « open bar » pour les éoliennes, au détriment du porte-monnaie de son citoyen et de ses paysages. L’existence seule de cette procédure contribue actuellement à une certaine insécurité juridique pour les investisseurs et surtout leurs bailleurs de fonds, ce qui conduit à un certain gel des projets éoliens en cours. De son côté la FED – Fédération Environnement Durable – attaque en justice certains schémas régionaux éoliens,  – dont la légalité reste pour le moins aléatoire –, ce qui a pour conséquence, compte tenu des délais de la justice administrative, de les mettre sur la sellette pendant près de deux ans, le temps que le tribunal administratif, la cour administrative d’appel et le Conseil d’Etat se prononcent sur la question.

D’autre part, un autre risque est pointé. La déconstruction à la fin de la vie d’une éolienne, qui se monterait à près de 900.000 € ;  les associations craignent que les propriétaires, dépassés par les coûts, ne se retournent contre les pouvoirs publics et les collectivités locales, transformant la manne promise en source inépuisable de dépenses. D’ici là, pour éviter le gouffre financier, les entreprises de l’éolien terrestre traitent les éoliennes comme les vieilles centrales : ils font des travaux pour prolonger leur vie. Ainsi, en 2008, la plus vieille éolienne de France installée en 1991 par la Compagnie du Vent  a été remise en état pour allonger sa durée de vie d’une dizaine d’années. Le coût exact des travaux reste inconnu, mais se chiffre en centaines de milliers d’€.

Notre-Dame des Landes : ciné-débat le 22 février à Tregunc

17 Fév

SHAR_6340_215_2Le comité local de soutien à la lutte contre le projet d’aéroport – Bro Konk organise le 22 février à 20h15 une soirée ciné-débat au Sterenn à Tregunc. Un film y sera projeté présentant la situation actuelle et l’historique de la lutte. Il sera suivi d’un débat avec le public où pourront être abordés tous les thèmes liés à l’aéroport et au choix de société qu’il représente.

S’y rendre : Rue Jacques Prévert, 29 910 TREGUNC, coordonnées GPS 47.855776,-3.84588 Entrée libre.

2000 personnes à Nantes en vélo contre le mariage gay

17 Fév

Ce samedi 16 février, près de 2.000 personnes (600 selon la police) ont défilé à vélo, trottinette, poussette voire fauteuil roulant pour les plus courageux pour réaffirmer leur détermination à voir retiré le projet de loi Taubira qui ouvre le mariage aux couples de même sexe.

Arrivée de la Velo Pride place Royale. Photo Gilbert ENGELHARDT pour BreizhJournal

Arrivée de la Velo Pride place Royale. Photo Gilbert ENGELHARDT pour BreizhJournal

Le défilé intitulé Vélo Pride, par opposition à la Gay Pride qui rassemble les partisans du mariage gay, comptait de nombreuses familles. Il s’est déroulé dans une ambiance bon enfant, de 15h30 à 17h30, de la place Viarme à la place Royale, en passant par le cours des 50 Otages et la rue d’Orléans.Devant la Préfecture – ancienne Chambre des Comptes de Bretagne – un petit groupe de militants anarchistes a insulté les manifestants de « fachos-cathos », mais a été promptement repoussé par les forces de l’ordre. Les trouble-fête, très déterminés, sont allés au contact des CRS, l’un d’eux, violemment bousculé, est tombé à terre. Pour se dégager et disperser l’attroupement, les CRS ont fait briévement usage de gaz lacrymogène et de lances à eau. Aucun autre trouble n’est à déplorer dans et autour de la manifestation.

Dans les rues de Nantes, les manifestants ont scandé les slogans habituels à l’encontre du président (Hollande, on veut du boulot, pas du mariage homo), du ministre de la Justice (Taubira, ta loi, on n’en veut pas), et Ayrault, beaucoup plus visé dans « sa » ville. Les slogans ont redoublé lorsque le cortège a fait un arrêt devant la mairie, sur la rue de l’Hôtel-de-Ville, artère qui relie la Cathédrale au cours des 50 Otages.

La couverture par les médias locaux tend vers Z’Ayrault

La manifestation occupe toute la chaussée du cours des 50 Otages. Photo Gilbert ENGELHARDT pour BreizhJournal

La manifestation occupe toute la chaussée du cours des 50 Otages. Photo Gilbert ENGELHARDT pour BreizhJournal

Est-ce à cause de ces slogans que la couverture de la manifestation a été inexistante par ce qui tient lieu de presse locale et citoyenne à Nantes ? On savait effectivement la presse française gavée de subventions  dont 15 millions d’€ pour le seul Ouest-France, mais c’est une nouvelle que de la voir frappée de myopie au point de louper « LA » manif du jour en ville.

Manque de chance, le jour de la manifestation, toute la France et tout ce que Nantes comptait de journalistes n’avait d’yeux que pour les deux grues Titan de l’île, la grise et la jaune, où s’étaient retranchés deux pères qui demandaient plus de droits de garde pour leurs enfants. Bon fait-divers croustillant qui permet de remplir les colonnes d’un compte-rendu en live comme pour la « grande info », de fournir un équivalent nantais au scandale des lasagnes au cheval dont les lecteurs commencent à être…gavés. Et même de trouver enfin une utilité à ces grues, devenues le support d’une indignation légitime et nationale.  Mais surtout de permettre à tout ce monde d’intégrer, en rangs par deux, bras dessus, bras dessous, au son du biniou, notre sottisier.

Depuis plusieurs mois, l’actualité d’importance nationale tend à se concentrer à Nantes et en Loire-Atlantique. Devenir des Chantiers de l’Atlantique, Notre-Dame des Landes, le chômeur qui s’est immolé et maintenant les deux pères, chaque info, chaque fait divers marquant interpelle tout un pays sur des problèmes nettement plus concrets et tangibles que ceux dans lesquels semble se réfugier le gouvernement, à savoir la réforme des rythmes scolaires – qui désorganise les collectivités territoriales auxquelles la patate chaude de la mise en œuvre a été refilée –, la guerre au Mali et le mariage gay.

Résultat des courses, fixés sur leurs grues (dont toute la France connaît maintenant l’existence, l’Office du Tourisme  remercie les confrères pour le plan com’ gratuit), les journalistes locaux et nationaux ont zappé l’expression du vœu de 2000 personnes. Deux mille personnes qui n’entendent pas lâcher face à l’enfumage étatique du projet de loi, deux mille personnes que le simulacre de débat à l’Assemblée ne satisfait pas, deux mille personnes qui sont l’avant-garde des millions d’autres en France qui ne souhaitent pas voir abattu le rempart de la famille, indispensable appui d’une société en crise, morale, sociale, politique, économique. Appui sur lequel il est temps de se concentrer pour rebâtir, appui qui est aussi le dernier contre-pouvoir d’un Etat obèse, tatillon, inefficace et à contre-courant des réalités. Dernière barrière qui s’oppose à la volonté de pouvoir absolue de la République, et pour cela haïe par les héritiers spirituels de ceux qui, en 1789, piétinèrent les droits des communautés naturelles, urbaines, de métier et ethniques sous couvert d’égalité, et dans le but unique de supprimer tout ce qui pouvait s’opposer à leur autorité toute neuve. Quatre ans lus tard, la Bretagne – et surtout la Loire-Atlantique – opposait aux parvenus de la démocratie un peuple de piques et de faux. C’est un peuple de bulletins que la Bretagne risque d’opposer dans quatre ans – et même peut-être avant – aux jacobins de 2013, et ils feront autant de mal que les piques de jadis.