Archive | février, 2013

Quand Marianne fait du négationnisme républicain à l’encontre des Bretons

28 Fév

Coup de gueule. Sous la plume d’Eric Conan, actuel directeur de la rédaction du magazine du centre-gauche, Marianne prend la défense la plus obtuse possible de la République. Au risque de ne plus « combattre la pensée unique » et de faillir à ce qui est à la fois sa vocation et son leitmotiv. Car sous la plume de M. Conan c’est bien la pensée unique républicaine et jacobine que l’on trouve exprimée et soutenue, avec une véhémence d’expression qui tend à prendre les lecteurs de Marianne pour des abrutis.

no-parler-bzhgVous en doutez ? Nous prenons à l’instant connaissance d’un entrefilet du triste sire paru dans une Marianne de mi-novembre 2012. Un grand moment de journalisme, là encore. Sous couvert de combattre les « discours les plus dominants » et l’emprise de TF1 – enfin de son très Breton ex-patron Patrick le Lay – Eric Conan minimise l’oppression dont s’est rendue coupable la République envers la diversité intérieure française, celle des minorités ethniques et linguistiques internes dont nombre d’entre elles étaient plus anciennes que la France elle-même. Ainsi, pour M. Conan, « les Bretons sont passés au Français parce qu’il constituait pour eux une langue universelle permettant de les sortir de leur isolement. L’adoption du français a souvent été volontaire et vécue (…) comme une émancipation de l’église ». Adoption « volontaire » qui cache admirablement les panneaux « interdit de cracher par terre et de parler Breton » dans les écoles, l’interdiction – maintenue à ce jour – pour les Bretons, les Basques, les Corses et ainsi de suite d’enseigner leur histoire dans les écoles de leurs pays, les multiples difficultés qui leur sont faites pour entraver le développement de l’enseignement dans leurs langues. Celles notamment qui sont causées par une Constitution sclérosée (« la langue de la République est le français ») et l’attachement rétrograde au dogme de l’une et de l’indivisible, qui interdisent aux Bretons de pouvoir faire leurs démarches administratives dans leur langue et qui peuvent les conduire en prison pour des documents civils en partie rédigés dans leur langue. Et qui maintient la Bretagne artificiellement séparée de la Loire-Atlantique qui constitue environ 1/5e de son territoire, mais 1/3 de sa population, 1/2 de l’industrie, 2/3 de la recherche et 80% de la production électrique. On a compris, M. Conan fait preuve d’un négationnisme républicain qui a pour but de cacher, notamment aux Bretons, que les minorités nationales internes disposent de moins de droits en France – pays des « droits de l’Homme » – qu’en Russie ou en Hongrie. Pays régulièrement épinglés par la presse française pour leur manque de démocratie, soit dit en passant.

info libreM. Conan porte un nom Breton d’origine. Mais, comme les « Bretons utiles » du gouvernement, le ministre de l’agriculture Le Foll par exemple  il ne fait absolument pas honneur à ses origines. Au contraire, il est animé d’une haine féroce envers elles, qui doivent lui venir de son surmoi républicain qu’il n’a jamais su dépasser. Ou de son informatrice, cette triste Françoise Morvan, universitaire française adepte des débats à sens unique  dont l’inimitié envers la Bretagne en général et les nationalistes Bretons en particulier est à la hauteur de sa déception amoureuse. Etudiante, elle fut amoureuse d’un nationaliste Breton d’avant-garde qui ne répondit point à ses espérances. Alors elle devint une universitaire mercenaire de la République jacobine, celle qui justement était si « respectueuse des petites patries et des particularismes locaux » qu’elle les noya massivement en Loire et les fusilla dans toute la Loire-Atlantique : au nord pour cause de chouannerie, au sud pour cause de guerre de Vendée, et partout pour les curés.  La déportation verticale et les « baptêmes républicains » étaient sans doute une façon d’émanciper les Bretons de l’Eglise.

Dans un feu d’artifice chauvin, M. Conan, qui tartine à la truelle des proses semblables depuis des années dans l’Express ou Libération, achève en passant, les ailes grandes déployées, le mur du çon : « il suffit de considérer Colmar, Ajaccio et Quimper pour se demander s’il y a d’autres pays en Europe qui ont réussi à préserver un tel exotisme intérieur ». Ou comment prendre ses lecteurs pour des abrutis, des ignares et des idiots finis. Hervé le Borgne, actuaire et président de l’Institut de technique actuarielle, implanté à Brest, n’y va pas par quatre chemins : c’est un « tissu d’âneries », écrit-il dans une lettre diffusée dans l’ensemble du mouvement Breton et adressée à Eric Conan ainsi qu’à la direction de l’hebdomadaire Marianne. Parce qu’il ne faut pas être devin pour s’apercevoir qu’Eric Conan a tout faux. L’on peut comparer l’est et l’ouest de l’Ukraine, les diverses parties de l’Espagne, de l’Allemagne ou du Royaume-Uni, voire la Russie où à 1000 km de Moscou – la porte à côté pour cet étendu pays – l’on vit à des années lumières de la capitale, y compris sur le plan culturel, sans que l’Etat se sente obligé d’opprimer l’extraordinaire diversité des langues et des cultures locales.

Peut-être que sans l’oppression linguistique et culturelle jacobine, la France ressemblerait à l’Italie, et à l’accent des gens, l’on pourrait savoir de quel terroir ils viennent. Au lieu de cela, la République a nivelé, abattu, démonté, créé une médiocrité ambiante et une absence d’horizon où se trouvent plongés les infortunés habitants de l’ancien domaine royal, de l’Anjou à la Lorraine et de l’Artois au Bourbonnais, privés des fiertés de leurs villes, de leurs terroirs, de la richesse de leur identité, de leur accent ou de leur patois, de leurs identités si particulières qui les motivaient à aller toujours de l’avant, à ne jamais se laisser séduire par les sirènes de l’enfrichement, de la vierzonnisation ambiante, de l’abandon. Au-delà, les cultures furent plus fortes, animées par des peuples – Bretons, Basques, Corses, Catalans, Alsaciens – ou des villes – Lyon, Toulouse, Marseille – qui ont résisté et qui continuent à se projeter vers l’avenir. L’Europe le démontre autour de nous : la diversité interne fortifie et motive, c’est un atout indispensable pour être en phase avec un monde certes plus mondialisé, mais pas plus uniforme pour autant.

medium_presseAlors que les bien-penseurs et fabricants de prêt-à penser, les médias français encensent depuis quelques décennies la « diversité » de ses nouveaux arrivants, la diversité de ses cultures internes, de ses peuples constituants reste toujours un sujet de honte pour eux. Cachez donc ces Corses, ces Basques, ces Bretons que l’on ne saurait voir. Faites-leur honte, rappelez leur que la défense de leur identité est un penchant d’extrême-droite. Atteignez le point Godwin à chaque fois que vous pouvez, donnez leur mauvaise conscience. Voilà ce que semblent être les commandements auxquels se tiennent les journalistes « respectables » français. Journalistes qui ne recoupent pas les sources d’information et ce, dans un souci constant d’objectivité, comme dans d’autres pays. Mais qui s’affirment d’abord « de droite » ou «  de gauche » – surtout de gauche d’ailleurs – voire de telle ou autre coterie politique, et qui écrivent en militants plus qu’en observateurs. Journalistes qui se permettent de l’enfumage systématique sur tous les sujets qu’ils ne comprennent pas ou sur lesquels leurs amitiés politiques ont ordonné une doctrine à respecter. De Notre-Dame des Landes à la Syrie en passant par l’Histoire de la République, les enjeux de société ou la politique étrangère, ces « journalistes respectables » font du journalisme à la Conan : de la propagande. Bref : ils nous empoisonnent.

Au risque de faire croire aux Français qui les lisent de moins en moins qu’il est impossible d’être journaliste et indépendant (sans se trouver systématiquement classé « à gauche » et obligé de suivre la pensée unique de cette faction politique), journaliste et objectif, journaliste et sans concession pour la faillite croissante des élites politiques françaises, voire de l’Etat tout entier. Stéphane Hessel a dit « Indignez-vous ». Il n’a pas appelé à s’indigner sélectivement, seulement selon ses intérêts catégoriels, politiques ou particuliers. Ici, sur BreizhJournal, on s’indigne quand la justice s’emmêle les pattes sur Notre-Dame des Landes, ou quand l’agence de presse d’Etat (l’AFP) traite ce sujet n’importe comment… Nous nous indignerons aussi quand ce seront d’autres qui seront traités pis que pendre par cette « agence de presse » qui n’en a que le nom. BreizhJournal n’est pas « à gauche », n’est pas « à droite ». BreizhJournal est indépendant. Parce que nous ferons tout pour que le journalisme français n’ait pas toujours la figure d’Eric Conan, la tête d’un communiqué de l’AFP revirgulisé, d’une parodie de journalisme qui n’a rien à envier à celui de l’URSS. Que vive l’indépendance !

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NDDL : le tribunal ordonne l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue

28 Fév
Ferme de Bellevue le 28 janvier

Ferme de Bellevue le 28 janvier

La ferme de Bellevue, occupée depuis fin janvier par les paysans et opposants à l’aéroport, a été jugée expulsable immédiatement par le tribunal d’instance de Saint-Nazaire. Cette ferme dont le sort devait être tranché le 20 février  se trouve à l’ouest de la ZAD et est en parfait état de conservation. Les occupants paysans de la ferme appellent à une mobilisation immédiate et rapide aux abords de la ferme. L’ACIPA appelle à se mobiliser tout de suite « et au moins jusque demain midi » alors même que 80 fourgons de CRS supplémentaires viennent de rejoindre la capitale Bretonne.

Bataille juridique autour des fouilles archéologiques

Les fouilles à la Freusière se poursuivent en toute illégalité. En effet, depuis le 26 février pour Vigneux et le 27 pour Notre-Dame des Landes, des arrêtés ont été pris par les maires des deux communes pour interrompre les fouilles archéologiques, qui se déroulent sans arrêté préfectoral les autorisant. Le préfet a jusqu’au 24 mars pour en prendre un et se conformer à la loi sur l’eau. Joint par BreizhJournal, le maire de Vigneux de Bretagne Philippe Trotté nous explique sa démarche « Je suis allé constater des fouilles sans autorisation préfectorale à Saint-Jean du Tertre. J’ai pris un arrêté pour protéger la nature sur ce lieu-dit et un autre plus à l’est, là où ils sont en train de démolir des zones humides à coups de pelleteuses sans aucun cadre légal. » Les fouilles sont faites sur le tracé du barreau routier. L’arrêté du maire de Notre-Dame des Landes porte justement sur les fouilles à la Freusière. Le préfet conteste les deux arrêtés et est prêt à les attaquer devant le tribunal administratif en faisant un recours pour excès de pouvoir. En attendant, sur le terrain, les pelleteuses les ignorent, et ce en toute illégalité. Dominique Guitton, paysan opposé au projet, estime que ces fouilles « compromettent les récoltes à venir » : les engins causent des ornières et, quand les sondages sont rebouchés, les couches sont mélangées en compactant les sols. L’argile infertile se retrouve à la surface, la couche arable est perdue. L’impression de gâchis est partagée par les zadistes, qui estiment préférable que les fouilles s’arrêtent.

Pour rappel, suite à des arrêtés pris le 18 janvier 2013 par la Préfecture de Loire-Atlantique, le transport de carburants, de produits inflammables , d’explosifs et de feux d’artifices est interdit sur les deux communes de Vigneux de Bretagne et Notre-Dame des Landes jusqu’au 4 mars. Pour le même délai sont interdits le passage de véhicules contenant des matériaux de construction sur les mêmes voies publiques que sur les arrêtés précédents pris courant décembre 2013. Par ailleurs, sans aucun arrêté le justifiant, les carrefours des Ardilières, au nord, du Bois Rignoux, au sud-est et de la Saulce (RD81) au sud, sont barrés par un dispositif de gardes-mobiles qui empêchent toute circulation de piétons et de véhicules, sauf riverains.

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

Joint par BreizhJournal, l’agriculteur membre du collectif COPAIN44 Dominique Guitton nous explique que « les activités et différents chantiers sur la ferme de Bellevue sont maintenus. Des gens sont en train de nous rejoindre. » L’huissier chargé de notifier le jugement n’est pas encore passé et les paysans sur place s’attendent à tout. Cependant, la commission agricole s’est déplacée sur les lieux la semaine dernière, « la balle est donc dans le camp des politiques pour concrétiser la décision juridique ou au contraire laisser une chance à l’apaisement et au dialogue qui avait l’air de s’installer« . Bonne nouvelle, le four à pain quelque peu abîmé par le départ du dernier occupant  a été remis en état. Le linteau en pierre devant le four a été réinstallé, la cheminée est en cours de réparation et la poule au pot a été cuite hier dans le four, chauffé régulièrement depuis une semaine. Sa remise en service pourrait permettre de soulager la boulangerie des Fosses Noires et cuire du pain pour toute la partie ouest de la ZAD. Avec ses 125 hectares de terre dont la remise en culture est prévue dès que possible par les paysans, la ferme est un enjeu clé pour l’approvisionnement des occupants de l’aire prévue pour le projet d’aéroport. Pour leur part, les paysans sont déterminés à défendre la ferme « notre détermination est là, et elle est intacte. Nous appelons à la mobilisation et à la vigilance autour de la ferme de Bellevue« .

L’ACIPA appelle les comités de soutien les plus proches de Notre Dame des Landes  à venir jusqu’à la ferme de Bellevue. « Les comités de soutien plus éloignés sont invités à intervenir auprès des instances du PS de leur département pour empêcher la destruction de la ferme de Bellevue« .

Une pinède gagne contre le maire de Calvi

27 Fév

Ce 14 février 2013, la cour administrative d’appel a mis un point final juridique aux projets du maire de Calvi de construire un centre de loisirs sans hébergement dans une pinède, en pleine ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique). Manque de chance… c’est déjà construit. Et il y a relativement peu de chances que cela soit détruit, à moins d’un petit accident à effet de souffle.

La collusion n'est pas une illusion. C'est un meurtre d'Etat contre l'environnement et la qualité de vie Corses.

La collusion n’est pas une illusion. C’est un meurtre d’Etat contre l’environnement et la qualité de vie Corses.

L’association U Levante  avait attaqué la révision du PLU permettant la construction sur les deux motifs assez habituels en Corse de la non-continuité avec l’urbanisation existante (L146-4 code de l’urbanisme) et de la non-constructibilité des espaces remarquables (L146-6 code de l’urbanisme). Les baraques avaient été édifiées par la permis sur la zone constructible nouvellement créée (Nd) sans permis. Sans surprise, la cour administrative d’appel rappelle que les maires corses n’ont pas le pouvoir d’outrepasser la loi.Un fait reste tout de même troublant. Lors du Conseil des Sites réuni en 2009 pour examiner le projet, l’on avait omis de lui signaler que le centre de loisirs projeté était implanté dans une ZNIEFF. La directrice régionale de l’environnement (actuelle DREAL) et l’inspectrice des sites avaient alors dit que le site respectait les lois, alors même que les défenseurs de l’environnement, cartes topographiques en main, démontraient le contraire. Voilà qui rappelle à point nommé la complicité des services de l’Etat et des bétonneurs élus ou colons. Désormais, il ne reste qu’une échappatoire, mais de taille, pour les élus incapables de résister à la loi du béton : missionner un cabinet d’étude pour qu’il bâcle en deux temps trois mouvements une « étude » de la biosphère de la ZNIEFF à supprimer et demander à la DREAL de supprimer ladite zone naturelle protégée sur la base de ce travail. Cauchemar ? Non, réalité. Parce que la collusion des bétonneurs et des services de l’Etat n’est pas une illusion. Ni en Corse, ni en Bretagne.

Nantes : l’orgue Notre-Dame de Bon Port à bout de souffle

27 Fév

L’orgue de l’une des églises les plus connues de Nantes arrive au bout du rouleau. L’église Notre-Dame de Bon Port, qui se dresse au milieu de l’ancien quartier du Sanitat à l’extrême-ouest du secteur sauvegardé et du centre-ville, est l’une des dernières églises néo-classiques à coupole de France et la dernière de Nantes. Son dôme rayé a orné des générations de gravures et de cartes postales sur fond de grues, et maintenant des embouteillages du quai de la Fosse.

Façade face à la Loire

Façade face à la Loire

Réalisée par les architectes Séheult et Chenantais, elle avait suscité en son temps l’opposition tenace de Viollet-le-Duc et de ses disciples, qui, avec l’église Saint-Nicolas (1844-1858) créent le style néo-gothique qui essaime par la suite dans toute la Bretagne et la France. Pour la petite histoire, l’église porte aussi le patronage de Saint-Louis, imposé à sa reconstruction par le maire d’alors, en échange de ses subsides. En effet, l’actuelle église remplace une précédente, créée au début du XIXe pour les quartiers nouvellement urbanisés du port. Les orgues sont une œuvre du facteur nantais Louis Debierre. Victimes d’un manque d’entretien patent, malgré des efforts de reprise en main ces dernières années, les grandes orgues ont besoin de travaux d’urgence. Une association s’est constituée pour défendre sa restauration et organiser des concerts destinés à la financer. L’orgue est utilisé pour de nombreux concerts et pour les concours d’entrée et les diplômes de fin de cycle des conservatoires de Nantes et de Cholet. Il a une vocation pédagogique et musicale majeure.

L'orgue de l'église Saint-Louis - ND de Bon Port

L’orgue de l’église Saint-Louis – ND de Bon Port

L’orgue est un des chefs d’œuvre de la facture d’orgue du XIXe siècle. Après la désaffection des orgues classiques, il marque le premier retour d’un orgue néo-classique aux jeux de mutation faisant entendre des harmoniques caractéristiques des instruments de XVIIe et XVIIIe siècles. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 11 décembre 1975[]. Il comporte trois claviers manuels (grand orgue, grand chœur, récit)[], un pédalier à l’allemande[] de 30 notes et 45 jeux ou timbres faisant sonner 4 000 tuyaux. Originaire de la paroisse, Louis Debierre décide que cet orgue – inauguré le 19 mars 1891 – sera un instrument d’avant-garde, chef d’œuvre de son art. Il met en place une transmission des notes électrique, après un premier orgue ainsi fait installé au théâtre Graslin en 1890, une transmission des jeux électropneumatique, installe deux boîtes expressives et des jeux de mixture. Grâce à la qualité du travail de Debierre, seules deux restaurations d’envergure ont été nécessaires, en 1929 et 1981, qui n’ont heureusement pas altéré la qualité de l’instrument.

La ville de Nantes, propriétaire de l’église, a mandaté une étude préalable qui servira de support à des travaux de restauration. Des efforts ont été entrepris par ses services pour classer l’entièreté de l’orgue au titre des Monuments Historiques. Après l’orgue, un nouveau chantier est à venir pour l’église : la toiture, peu entretenue. La rénovation du tambour – l’assise en pierre du dôme – a déjà été faite en 1992 et celle de l’archange de la coupole en 2004-2005.

ACIPRAN, l’argument-bateau de l’association citoyenne

25 Fév

Il existe, vous le savez, une association citoyenne favorable à l’aéroport, l’ACIPRAN, qui a ses bureaux à la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) de Nantes, aux Salorges, et est puissamment relayée par la région Pays de Loire et le journal Ouest-France, tous deux fervents soutiens de l’aéroport. Mais, promis juré, cette association est constituée de citoyens « normaux » qui veulent la réalisation d’un aéroport présumé bénéfique pour tous.

Le navire de M. Mustière

Le navire de M. Mustière

Le président de cette association « citoyenne » n’est pas un obscur paysan, ouvrier ou enseignant, mais Alain Mustière, ex-gros concessionnaire automobile sur Saint-Herblain, puis ex-président de la CCI, et qui, comme le révèle ingénument cet article de l’Express daté de 2002 a préféré signer une « paix des braves » avec Jean-Marc Ayrault plutôt que de porter les couleurs de la droite contre lui à la mairie de Nantes. L’accord a tenu, et ce n’est pas un hasard si l’on retrouve Mustière à la tête d’une association destinée à allumer un contre-feu à la mobilisation des opposants à l’aéroport.  Alain Mustière a un ancrage sur le prestigieux golfe du Morbihan. Non pas une île à lui, mais une villa et un anneau à Arzon, au port du Crouesty, au débouché du Golfe. On a la Riviera que l’on peut. Obtenir un anneau au Crouesty n’est pas simple : il y a 3256 inscrits pour 1432 anneaux, la plus longue liste d’attente de France et le prix de location s’en ressent, de 2083 à 2792€ annuels pour un délai d’attente moyen de 12 ans. Mais quel bateau y amarre-t-il ?  Un Swift Trawler, la plus grosse unité construite chez Bénéteau Cette « synthèse éblouissante » de « tout ce qui concourt à l’aventure et au plaisir de la navigation à voile avec le confort et la performance d’une grande unité à moteur » coûte 850.000 €. Au minimum. Acquisition qui porte bien en vue et en gros le logo des Pays de Loire – mais pour laquelle son propriétaire paie un paquet de taxes à une commune Bretonne. Il partage d’ailleurs cet amour pour le Golfe avec d’autres huiles des Pays de Loire, notamment Grosvalet, l’inénarrable président du conseil général de Loire-Atlantique, présent chaque fois qu’il le peut à Hoëdic, un certain Premier Ministre (Ayrault), ancré à Sarzeau, ou le probable futur maire de Saint-Nazaire David Samzun qui aime à rappeler ses racines de Belle-Ile sans se soucier particulièrement – pour l’heure – du fait que Saint-Nazaire est le premier port et la 4e ville de Bretagne.

Cette acquisition digne d’un citoyen normal d’une association normale qui se bat pour qu’un projet normal soit réalisé est dans le droit fil du vibrant plaidoyer pour « un nautisme nouvelle vague » écrit par Alain Mustière lorsqu’il était président du Conseil Economique et Social des Pays de Loire. Avec son yacht de chez Bénéteau, notre président d’association citoyenne couvre les mers et les océans. Pas plus loin que jusque Houat et Hoëdic, cependant. Et à la plus grande hilarité, semble-t-il, des locaux, qui rient beaucoup de le voir arriver sur leurs pontons, en marche arrière, à la barre de sa « synthèse éblouissante » de yacht, à 850.000 € pièce. Association citoyenne, vous dites ? Touché coulé.

Notre-Dame des Landes s’invitera-t-elle au chassé croisé ?

23 Fév

vinciLe chassé croisé du 2 mars risque d’être tumultueux pour Vinci, du côté des autoroutes. Comme chaque année, des kilomètres de bouchons, des vacanciers des trois zones excédés, des conditions de circulation hivernale… oui-da, mais il y a quelque chose en plus. A l’appel du collectif alsacien de soutien aux opposants anti-aéroport, les opposants de nombreux comités devraient s’inviter sur les péages de Vinci. Contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes porté par le groupe, et plus largement pour s’opposer aux grands projets inutiles.

Le but est « d’être visible partout en France » et de montrer à l’Etat la détermination des opposants. L’action se subdivise en trois branches : ouvrir tous les péages de l’axe Rhin-Rhône-Méditerranée, prioritairement en région lyonnaise, ouvrir d’autres péages de Vinci en dehors de cet axe, et enfin se mobiliser en déployant des banderoles depuis des ponts ou des ouvrages d’arts autoroutiers. La ZAD diffuse pour l’opération un manuel du péage gratuit  rédigé en collaboration avec les groupes d’opposants qui ouvrent régulièrement des péages en soutien à la lutte, notamment à Ancenis et au Bignon en Loire-Atlantique, ou dans le Midi. Le but officieux de l’opération est aussi de récolter un maximum de fonds pour la poursuite de la lutte judiciaire et le ravitaillement des occupants de la zone prévue pour le projet d’aéroport, la ZAD. Les bloqueurs proposeront aux automobilistes de contribuer à la lutte en donnant un « prix libre » à leur passage, et leur distribueront des tracts.

On peut trouver ici une liste des filiales de Vinci, dont une centaine opère en France. Quatre sociétés gèrent les 4835 km d’autouroutes de Vinci réparties sur les directions Paris-Bretagne, la façade atlantique, le sud-ouest et l’axe Lyon-Marseille-Monaco. Il s’agit d’Escota (A8, A50, A51, A52, A57, A500, A501, A520), Arcour (A19), ASF (A7, A8, A9, A10, A11, A20, A54, A61, A62, A63, A64, A66, A68, A72, A83, A87, A89, A641, A645, A837) et Cofiroute (parties de l’A11 et de l’A19, A10, A28, A71, A81 et le tunnel de l’A86).

Travaux lourds sur les voies de Saint-Nazaire

23 Fév
Vues des voies en gare de St Nazaire - 2011

Vues des voies en gare de St Nazaire – 2011

Dans le cadre du renouvellement lourd des voies, RFF fait remplacer les aiguilles et appareils de voie des établissements ferroviaires de Saint-Nazaire, à partir de la gare voyageurs jusqu’à la Croix de Méan, sur 3 kilomètres. Les trains circulent depuis quinze jours à vitesse limitée entre 100 et 60 km sur certains tronçons de voie. La ponctualité des dessertes n’est pas affectée.