Quand le souvenir Chouan de Bretagne perd le nord

11 Fév

Il y avait sans doute une éruption solaire le 31 janvier, lorsque le cyber-chouan animateur du blog du souvenir Chouan de Bretagne écrivait son compte-rendu de la conférence de Reynald Sécher et Philippe de Villiers sur le général Charette. Le début allait encore, et le lecteur épris commençait le 5e paragraphe sur une bonne impression, quand, patatras ! le souvenir Chouan de Bretagne perdait le nord géographique et s’enferrait en plein flagrant délit d’expansionnisme vendéen. Jugez plutôt « Chef vendéen, britto-vendéen devrait-on dire car le Pays de Retz, qu’il n’a pas quitté, est breton, c’est la Révolution (et non Pétain) qui, avec la création des départements, l’a enlevé à la Bretagne. »

Carte de la Vendée militaire

Carte de la Vendée militaire

L’enfer est, comme l’on dit, pave de bonnes intentions. L’auteur voulait sans doute rappeler que le général chouan, né à Couffé, en Loire-Atlantique, près d’Ancenis (donc en Bretagne) était plus Breton que « vendéen » puisqu’il a opéré dans le Pays de Retz et le pays de Clisson, c’est-à-dire sur l’ensemble du territoire situé entre la Loire, au nord, et une ligne Pornic-Machecoul-Légé-Clisson au sud.Mais justement, si l’on trace une ligne Pornic-Machecoul-Légé-Clisson… et qu’on se tienne au nord de cette ligne, l’on se trouve en Loire-Atlantique… donc en Bretagne historique dont le Pays de Retz est l’un des pays traditionnels. Or, la Loire-Atlantique (et donc le pays de Retz) n’est plus administrativement rattaché à la Bretagne depuis la création des régions par la loi de 1972 qui transforme les régions de programme de 1956 en établissements publics régionaux – soit des collectivités territoriales à part entière. L’émission philatélique « premier jour » des Pays de Loire porte, elle, la date du 6 septembre 1975. Ce n’est donc sûrement pas la Révolution qui a enlevé le Pays de Retz à la Bretagne, mais une action administrative relativement récente. Qui ne vaut que pour ceux qui s’y tiennent. Parce que, malgré des services publics déficients et l’absence quasi-totale d’enseignement de l’histoire de Bretagne, les habitants de Loire-Atlantique sont libres de défier le « mur de papier » qui les sépare du reste de la Bretagne administrative.

Note : Le rédacteur de l’article a peut-être fait une confusion historique. Lors de la création des départements, les autorités révolutionnaires ont partagé les « marches », ces frontières douces de l’Ancien Régime qui étalaient sur 15-20 km les différences de régimes fiscal et religieux pour limiter les effets de seuil. A la place ils ont créé des frontières-limites et il a donc fallu mettre dans le département de la Vendée (ou celui de Loire-Atlantique) des paroisses qui étaient communes à la Bretagne et au Poitou. A la suite de ce partage (qui n’a qu’une importance marginale), la Loire-Atlantique perd quelques communes, telles que Bois de Céné et l’Ile de Bouin, la Bruffière, Cugand, la Bernardière et Saint-André de Treize Voies. Cette dernière commune avait été échangée contre celle de Remouillé.

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