Droit de réponse d’Eoliennes en Pays de Vilaine à propos de notre article sur le parc éolien de Saint-Gildas des Bois

11 Fév

Nous avons reçu ce droit de réponse de l’association Eoliennes en Pays de Vilaine, porteuse d’un projet de parc éolien qui sera potentiellement en concurrence visuelle avec le clocher de l’abbatiale classée de Saint-Gildas des Bois (Loire-Atlantique). Nous publions notre propre réponse à la suite de ce droit de réponse.

L’article  Demain, le clocher de Saint-Gildas des Bois sur fond d’éoliennes ? du 22 janvier dernier est un article à charge contre les éoliennes, qui utilise la question paysagère pour s’opposer à l’implantation de ces éoliennes, qui certes sont imposantes et transformeront le paysage local, mais pas du tout dans les proportions indiquées.

Ce projet a été initié par l’association Eoliennes en Pays de Vilaine en 2005. L’objectif est de participer à l’effort contre le changement climatique, et à la réalisation des engagements français de production d’ENR, tout en assurant une maîtrise locale, une participation du plus grand nombre possible de riverains au financement et aux retombées économiques, et enfin en accompagnant les habitants pour la réduction des gaspillages énergétiques.

Les études aboutissant au permis de construire en 2011, ont été financées par, Eoliennes en pays de Vilaine des particuliers, des clubs d’investisseurs Cigales, et la SEM ENEE 44 du conseil général de Loire Atlantique. Regroupés dans la société Site à Watts. Isaac Watts, la société d’exploitation dirigée par des habitants des communes locales , a été crée en 2012. elle s’occupera du financement et de la réalisation du parc éolien citoyen de Sévérac Guenrouët.

De multiples réunions publiques ont eu lieu. depuis 2005, dans les communes concernées, annoncées et commentées dans la presse locale par de nombreux articles dans la presse et les journaux municipaux. Il était difficile d’ignorer ce projet depuis 2005. J’ai eu une conversation téléphonique avec son auteur, qui a repris une partie des éléments. Je n’ai jamais affirmé qu’il y aurait une co-visibilité avec le clocher de Sévérac, mais démontré le contraire. J’ai fourni les documents d’études qui ont été validés par les services de l’Etat (paysagistes conseils, architecte des bâtiments de France, Direction régionale des Affaires culturelles etc. qui ont approuvé à l’unanimité le bien fondé du projet lors de la commission des sites du 29 septembre 2009.

L’auteur illustre son article d’une photographie, non légendée, qui ne correspond en aucun cas à la situation : celle d’un clocher encadré éoliennes, pris au téléobjectif, donc gommant la distance entre celles ci et le clocher. L’auteur avait à sa disposition des photomontages réalisés par des professionnels, validés par les autorités, montrant que les co-visibilité seraient extrêmement fugaces, entre maisons , arbres et autres masques du paysage, et très limitées, ce qui avait rassuré le maire de St Gildas. des Bois.

Par ailleurs décréter une co-visibilité à partir d’une carte est très théorique et hasardeux : Impossible pour le clocher le de Sévérac, et le château du fait des bois environnants , impossible pour la chapelle et le rocher à la Vache (par ailleurs touchant la route), les deux seuls éléments qui pourront être en co-visibilité sont le moulin ( sorte d’ancienne éolienne…) et la chapelle du Cougou, qui n’est pas un joyau de l’architecture. Par contre nous avons effectué d’autre photomontages qui montrent l’impact pour les riverains les plus concernés.

Pour ce qui est des approches de St Gildas par le sud les études montrent que les co visibilités seront insignifiantes entre des masques arborés ou architecturaux,

Dans l’avant dernier paragraphe , l’auteur utilise des arguments qui peuvent tout à fait relativiser l’impact de ces éoliennes « éléments paysagers marquants – moulins, châteaux, chapelles et clochers – reflets de notre Histoire tumultueuse et persévérante néanmoins. »:Le paysage est effectivement le reflet de l’histoire de ses habitants, et des rapports de pouvoir qui s’y jouent : Châteaux, églises s’y sont imposés souvent au détriment de ce qui existait avant, ils ont imposé leur empreinte, donnant sens à leur présence .

Quel sens prendront ces futures éoliennes ?

Elles marqueront le déclin des énergies fossiles, la prise en compte des mutations énormes qui seront générées par le réchauffement climatique (avec 3 ou 4 degrés de plus, la végétation sera bouleversée. Nous faisons le pari qu’impliquer les habitants dans le financement et le contrôle de cette énergie propre, peu dangereuse, ne générant que très peu de déchets, les habitants se souviendront des enjeux liés à l’énergie, et serons sensibilisés pour ne plus la gaspiller. Ils feront ainsi du bien à leur porte-monnaie et à la planète.

Réunions publiques à Missillac le 21 février à 20 h et à Sévérac le 15 mars à 20 h

Michel Leclercq, vice président d’Eoliennes en Pays de Vilaine : www.eolien-citoyen.fr

Notre réponse :

C’est un peu curieux de dire que ces éoliennes marqueront le déclin des énergies fossiles, alors même qu’EDF fait des travaux d’envergure pour pousser jusqu’en 2035 les tranches charbon (2×600 MW) de la centrale de Cordemais. La Loire-Atlantique, et avec elle la Bretagne, reste un territoire étonnant où le « mix énergétique » a déjà atteint en 2011, pour la seule énergie éolienne, les objectifs que la France s’est fixée… pour 2025  mais où 54% de la production électrique des cinq départements est assurée par une centrale – Cordemais – qui utilise des énergies fossiles (fioul pour 2 tranches de 700 MW chacune et charbon pour deux autres de 600 MW chacune). Parallèllement à la montée en puissance de l’éolien terrestre – et demain maritime – en Bretagne, nous observons un accroissement d’installations de production d’électricité qui utilisent une énergie fossile – soit la nouvelle centrale à cycle gaz combiné de Montoir et le projet de Landivisiau. L’évolution est similaire dans d’autres territoires ou pays, comme l’Allemagne, qui ont choisi l’éolien pour « sortir du nucléaire » : ils sont entrés dans le tout-fossile : gaz (russe ou algérien le plus souvent), fioul ou charbon. Dire que les éoliennes permettront le déclin des énergies fossiles confine à l’aveuglement dont nous ne saurions croire l’intention volontaire.

M. Leclercq, vous vous attaquez à l’article, pour ne pas vous attaquer aux évidences. Nous ne décrétons pas la covisibilité à partir d’une carte. Tout le monde ne connaît pas Saint-Gildas. Nous mettons la carte à disposition de nos lecteurs pour qu’ils puissent se faire leur propre jugement. Parce qu’il est géographiquement évident que les éoliennes seront en concurrence visuelle avec le clocher, quand bien même vos photomontages et vos points d’études – qui émanent, rappelons-le, du porteur du projet, donc lui sont supposés favorables – affirment le contraire. Nous démontrons clairement qu’il faut un complément d’études paysagères, parce que la covisibilité n’a pas été suffisamment étudiée, et vous vous abstenez – heureux hasard ? – de répondre sur ce point précis. Seuls les points à partir desquels la covisibilité est impossible – au raz du village, abondance d’éléments de premier plan, etc. – ont été pris en compte. Cette étude paysagère pour le moins insuffisante, pour ne pas dire complaisante, réaffirme la double nécessité de mener des études par des autorités indépendantes, non parties au projet ou à sa contestation, et d’une véritable vigilance citoyenne, car d’autres projets potentiellement dévastateurs de paysages – par exemple autour du château médiéval de la Motte Glain – sont en train de germer dans le département.

A l’aveuglement confine aussi la comparaison esthétique des éoliennes et des châteaux. D’abord, parce qu’on ne peut comparer que ce qui est comparable. Les châteaux, eux, sont pétris d’Histoire, comme les clochers. Ils sont beaux, parce qu’ils ont tenu, qu’ils ont survécu aux siècles, aux bombes, aux obscurantismes – celui de la Révolution a saccagé tout le département. Les éoliennes ne sont que des créations industrielles, qui essaiment à cause d’un régime préférentiel (le rachat obligatoire) ruineux pour les finances publiques, et qui est probablement contraire au droit européen en matière de liberté de la concurrence.

A l’aveuglement enfin, et à la fausse indignation, se rattachent les attaques contre la photo présentée en appui à l’article. Il n’y a été en aucun cas précisé que cette photographie est celle du clocher de Saint-Gildas. Elle permet au lecteur de se rendre compte à quoi ressemble un clocher sur fond d’éoliennes. Dans le cas de ce parc, on risque fort de voir, depuis certains points que l’étude paysagère que vous avez faite a refusé de prendre en compte – et pour cause ! – le clocher flanqué de deux éoliennes à droite, et deux éoliennes à gauche. Quant à l’argument d’autorité que vous invoquez, il est irrecevable. Les mêmes (Conseil général, Architecte des Bâtiments de France, Direction Régionale des Affaires Culturelles) ont trouvé moyen de laisser passer – et mieux, de soutenir de leur mieux – un bâtiment moderne (et cubique) qui jure terriblement avec le château XVe-XVIe d’Ancenis, clé de la défense de la Bretagne. Jugez-en par vous-mêmes si la sûreté de leur goût peut être invoquée pour cautionner votre projet… ou d’autres.

Carte des sites éoliens des cinq départements Bretons. En 2010, l'éolien (terrestre) représente 17 % de l'électricité produite en Bretagne et près de 7% de l'électricité consommée.

Carte des sites éoliens des cinq départements Bretons. En 2010, l’éolien (terrestre) représente 17 % de l’électricité produite en Bretagne et près de 7% de l’électricité consommée.

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2 Réponses to “Droit de réponse d’Eoliennes en Pays de Vilaine à propos de notre article sur le parc éolien de Saint-Gildas des Bois”

  1. anne marie robic février 11, 2013 à 9:41 #

    Foi aveugle, obscurantisme, entêtement : on ne veut pas voir ce que tout le monde verra; on ne veut entendre aucune objection. On s’accroche au dogme vert. Ce qui était beau depuis toujours ne l’est plus. Nos paysages et notre patrimoine sont sacrifiés. Tant pis, il faut apprendre aux incrédules à changer de regard…et à penser autrement ! Bravo à Breiz Journal qui ne s’en laisse pas conter.

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  1. Guerre de tranchées au Sénat sur l’éolien terrestre « Breizh Journal - février 17, 2013

    […] œuvrer pour la transition énergétique et contre le réchauffement. Certains promoteurs sont des associations ou des riverains  ce qui relativise le spectre du grand capital qui s’attaquerait aux paysages français. […]

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