Du reuz contre un projet de décharge au Rumengol (29)

14 Fév

Un particulier – l’entreprise Mallejac – a déposé en préfecture un projet de création d’un stockage de déchets inertes (ISDI) au Rumengol, commune du Faou, en lisière de la forêt de Cranou. 260 000 tonnes sur 10 ans, avec création d’un tertre de plus de 5m de hauteur. Un terril en projet qui ne passe pas pour un nombre croissant d’habitants, qui se mobilisent.

Une pétition en ligne a été lancée  et récolte un nombre de signatures toujours croissant. Les habitants dénoncent les risques pour l’écosystème, les eaux (le terrain en question est situé près d’un ruisseau), la forêt toute proche. Mais aussi la route d’accès inadaptée pour les camions et sur laquelle se trouvent deux écoles. Un comité de lutte a été créé pour s’opposer à la décharge, et se nomme « les amis du Stum » du nom du lieu-dit sur lequel porte l’emprise du projet. C’est que le coin est suffisamment rural et perdu, mais son accès paraît peu simple, au point de mécontenter les élus de deux communes. Au point de faire dire à une source proche du dossier que le projet de ISDI est « très mal parti. Le consensus des élus et des riverains est, dans ce genre de sujets, un facteur clé et très sensible. »

Une réunion d’information se tiendra demain samedi 15 février à 20h 30 en mairie du Faou. Le conseil municipal, consulté début janvier, a émis un avis défavorable, faisant valoir les risques pour le ruisseau, les riverains (nuisances sonores et dégradations des voies communales « très exigües ») et l’incertitude sur la nature précise des déchets qui seront stockés. Les élus de Hanvec, commune toute proche, ont, eux, refusé que le flux des camions (cinq à six allers et retours par jour cinq à six fois par semaine) passe par leurs routes, plus larges.

Forêt du Cranou - photo des Amis du Stum.

Forêt du Cranou – photo des Amis du Stum.

La montée de la contestation au Faou relance l’épineux problème du stockage en Bretagne des déchets du bâtiment et de la construction. Dans une ISDI, on peut légalement mettre tous les déchets « qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante » du fait de leur enfouissement, à savoir  la brique, le béton, la terre, tuiles, céramiques, verres, mélanges bitumineux sans goudrons, cailloux, gravats divers… Bref, tout ce qu’il ne faut pas surveiller (amiante, huiles, solvants, goudrons, déchets spécifiques) et tout ce qui n’est pas organique (bois, compost…).

Comme d’autres départements de Bretagne, le Finistère ne compte pas assez de ISDI en fonctionnement pour pouvoir accueillir tous les déchets du BTP, et les différents projets de création de ces « décharges » se heurtent soit à l’opposition des riverains comme au Faou, soit à des impossibilités d’ordre légal ou géographique, soit au refus des pouvoirs publics comme à Gourlizon. L’immense volume des terres de découverte reste un gros problème, même si les projets d’infrastructures (quartiers, autoroutes…) prévoient le « recyclage » de ces terres et déchets inertes en merlons et autres protections phoniques.

Dans la pratique, pour s’éviter de longues – et parfois inutiles – procédures et le refus quasi systématique des riverains, certaines entreprises du BTP sous-traitent à d’autres, qui enterrent les déchets  dans d’anciennes carrières ou des terrains agricoles en friche. Cette débrouille est parfois érigée en système, comme ce fut le cas de 2009 à septembre 2012 à la Barre, en Loire-Atlantique près de Guenrouët  où les camions venaient des quatre coins du département… et où ils ont érigé tranquillement ou presque un tertre de 15 mètres, la Préfecture théoriquement chargée de sanctionner les décharges sauvages préférant regarder ailleurs. Sans aucun cadre, dans ces décharges improvisées, l’on enterre n’importe quoi, déchets inertes et non inertes, et surtout ceux qui sont les plus difficiles à traiter et à recaser dans une décharge : goudrons et amiante. La nécessité fait force de loi… dans une Bretagne où le bâtiment ne s’est jamais aussi bien porté, combien de décharges improvisées, combien de riverains qui se battent esseulés ?

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  1. Du reuz contre un projet de décharge au Rumengol (29) | - février 16, 2013

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