Commémoration du 68e anniversaire de la reddition de la Poche de Saint-Nazaire à Bouvron

12 Mai
Dépôt de la gerbe au pied du monument

Dépôt de la gerbe au pied du monument

Le 11 mai 2013 avait lieu devant le monument de la reddition sur l’ancien champ de courses l’ouest du bourg de Bouvron la commémoration du 68e anniversaire de la reddition officielle de la Poche de Saint-Nazaire. La guerre en Europe s’achève sur un champ plein d’herbes folles au cœur de la Bretagne.

Le front de cette poche de résistance allemande s’étendait  à l’est à plus de 60 km de Saint-Nazaire, partant de la Roche-Bernard jusqu’à Cordemais, puis de la commune de Frossay à Pornic, alors que le reste de la Loire-Atlantique était libéré de début août à fin septembre 1944. Tenu par des FFI et des résistants pour la plupart locaux, issus souvent des «empochés», habitants qui dans le réduit allemand connurent neuf mois d’occupation supplémentaires, de début août 1944 au 11 mai 1945, le front de la Poche est l’un des principaux théâtres d’opérations militaires de longue durée où sont intervenus les résistants et aussi l’un des plus délaissés par la mémoire et l’histoire publique.

La Poche n’était pas un front fixe ; au nord, les troupes américaines assistées des FFI libérent peu à peu une bande d’une dizaine de km allant de la forêt du Gâvre au canal de Nantes à Brest sur les communes de Fégréac, Plessé, Blain et Fay de Bretagne où les allemands s’accrochent jusqu’à mi-octobre 1945. Au sud de la Loire, au contraire, ils gagnent du terrain, reprenant entre août et octobre 1944 l’espace compris entre Paimboeuf et Saint-Viaud, puis lors d’une contre-offensive menée le 21 décembre 1944, l’espace entre Saint-Père en Retz et les abords du bourg de Chauvé. Les FFI et les américains s’accrochent : au prix de lourds combats et d’intenses pilonnages d’artillerie, ce bourg restera libre, et vers la toute fin de la guerre (avril-mai 1945) les troupes allemandes en poche sud sont contraintes au repli.

commémo2Au milieu de la guerre qui s’éternisait sur leurs terres, les habitants « empochés » continuaient de vivre malgré les pénuries et les réquisitions. Ceux qui vivaient le plus près de la ligne de front avaient été évacués par les allemands vers l’intérieur ou choisissaient de partir – des accords avec les Alliés avaient été passés par les allemands pour exfiltrer un maximum de civils considérés comme des « bouches inutiles ». Ces derniers partaient en train sur la ligne Savenay-Nantes, le front était au bourg de Cordemais. D’autres partaient en passant les lignes sur le Canal, la Vilaine ou par les marais de Loire et du Tenu, notamment pour rejoindre les bataillons FFI qui contenaient et refoulaient les troupes allemandes. Pendant dix mois, une guerre faite d’escarmouches et de pilonnages incessants a été menée dans la campagne bretonne, loin, très loin de la mer, de la base sous-marine de St Nazaire et des positions fortifiées du mur de l’Atlantique dont seules quelques une sont directement engagées dans les combats de la Poche.

Hier, en présence de vétérans des environs, des pompiers de la commune, d’un gendarme de Blain, du député de la 6e circonscription Yves Daniel et du maire de Blain Daniel Leroux, le maire de Bouvron Marcel Verger a rendu hommage à ces « soutiers de la gloire » que sont les résistants qui se sont battus – dans et hors de la Poche – pour la liberté de la France et de la Bretagne.

Jean-Michel Gendron, vétéran de la Poche et son enseigne

Jean-Michel Gendron, vétéran de la Poche et son enseigne

 

Addendum : L’année dernière et celle d’avant, j’ai mené une série d’entretiens avec des anciens des communes de Blain, Plessé, Fay de Bretagne, Quilly et Bouvron. Leurs renseignements croisés avec ceux des sources écrites (récits, travaux historiques) et des archives m’ont permis de porter sur des cartes 1/25000e du secteur les emplacements indicatifs des lignes de front, ainsi que des batteries, cantonnements et installations des belligérants. Afin de rendre ce travail accessible à tous, je le mets en ligne sur une carte Google Map qui sera complétée au fur et à mesure par de nouveaux renseignements.

Louis-Benoît GREFFE

 

Nota : si l’histoire des bourgs est relativement connue et a fait l’objet de multiples témoignages, les installations des belligérants dans la campagne ne sont que très peu voire pas connues ; c’est sur ces dernières que se concentre la carte.

Un oubli, une inexactitude ? Signalez-là en commentant l’article.

 

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2 Réponses to “Commémoration du 68e anniversaire de la reddition de la Poche de Saint-Nazaire à Bouvron”

  1. schoen mai 13, 2013 à 2:47 #

    Il y avait des FFI bien sur , mais egalement la 60 eme Division d’Infantrie Americaine .
    Les allemands ont fait partir le maximum d’empoches : OK bouches inutiles , mais egalement au cas d’attaques alliees , les services sanitaires allemands donneraient priorite aux soldats allemands par rapport aux civils francais, et donc les allemands ont demande l’evacuation maximale des francais .
    De mere allemande , j’avais un cousin, soldat allemand , dans la poche .

  2. guillaume août 4, 2014 à 12:50 #

    je pense qu’il y a même eu un combat là où j’habite à fay de bretagne dans le bois j’y ai trouvé des balles ainsi que des ogives traçantes et il y a encore pleins de trous d’obus visible, et aussi des restes de véhicules détruits

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