Archive | juin, 2013

Pour sauver l’église de Gesté de la démolition : tous présents le 6 juillet !

29 Juin
le choeur de l'église

le choeur de l’église

Depuis une vingtaine d’années, la mairie de Gesté, petite bourgade du Choletais, organise l’abandon de son église avec le soutien du clergé local. Ne voyant pas l’église – bâtie solidement – s’effondrer assez vite, le maire a décidé de hâter les choses avec un permis de démolir, qu’il s’est fait annuler en cour administrative d’appel, puis s’est fait débouter en conseil d’Etat. Il décide alors d’engager les travaux de démolition en juin 2013 – en toute illégalité, mais avec le soutien des rouages de l’Etat (préfet et sous-préfet) qui couvrent une démolition illégale. L’association locale de défense du patrimoine (Mémoire Vivante et Patrimoine gestois) a déposé un référé de suspension des travaux, qui doit être jugé le 8 juillet, et a réussi à faire arrêter les travaux par ordonnance de la justice en attendant le jugement.

Le 6 juillet, l’association appelle à un rassemblement devant l’église à 11h, afin de manifester la détermination populaire à défendre le patrimoine religieux gestois et nos racines. L’association a collecté en quelques jours près de 2000 signatures pour la sauvegarde de l’église, mais une seule chose arrêtera définitivement les tentatives des maires et autres préfets pour saccager notre patrimoine et nos racines : la ferme détermination et la présence populaire, au chevet de nos églises menacées. Si Gesté tombe, ce sont près de 200 autres églises en France qui risquent de tomber. Alors on ne lâche rien !

 

Y aller : Gesté est à 35 mn de Nantes par la voie rapide (N249), sortir à Vallet puis prendre la RD116 puis RD756 directions la Regrippière/Gesté/Beaupréau ; les gares et villes les plus proches sont Ancenis (25 km au nord), Le Pallet (19 km à l’ouest) et Clisson (20 km au sud-ouest).

Page Facebook de l’événement

150 personnes manifestent deux fois dans la journée du 26 juin contre le mariage pour tous à Nantes

28 Juin

NS-2013-6-26Le mouvement contre le mariage gay et la société vers laquelle il conduit (homoparentalité, PMA, GPA…) ne s’essouffle pas dans la capitale bretonne. Ainsi, 150 personnes environ ont accueilli Vincent Peillon devant la Cité des Congrès entre 14 et 15h, puis se sont retrouvées le soir pour manifester devant le monument aux martyrs nantais, au bout du cours des 50 otages près de la Préfecture.

Une quinzaine d’antifas étaient venus lors de la manifestation du soir, qui était vouée au soutien de Nicolas Busse et du maire de Mésanger (qui refuse de marier des couples homosexuels), et étaient tenus à l’écart des manifestants par un dispositif policier peu important. Il ne s’est guère étoffé que, lorsque vers 21h 15, les manifestants ont voulu aller derrière la Préfecture en criant des slogans contre la dictature socialiste et qu’ils se sont fait arrêter par la police municipale guidée par les agents de la DCRI. Dans les prochains jours, trois autres ministres venant à Nantes  doivent être accueillis par les manifestants qui se préparent ainsi à un « marathon de manifestation » qui devrait les mettre en train pour l’été.

Les Croquants en représentation.

Les Croquants en représentation.

A partir de 20h30, les représentants des mères veilleuses, puis de la LMPT44 ont pris la parole pour présenter les activités de l’été (Tour et Plage pour tous). Puis les Croquants nantais sont entrés en scène, en affichant une banderole pour Nicolas Busse – le jeune activiste anti-mariage gay condamné à deux mois ferme d’emprisonnement pour sa participation à un rassemblement interdit par les autorités – et en se livrant à une petite pièce de théâtre, avec l’un d’eux déguisé en bagnard, un autre en avocat, et ainsi de suite. La soirée s’est prolongée avec les Veilleurs Nantais. Aucun débordement n’a été à signaler.

Dégradations à répétition de la permanence du FN à Nantes

27 Juin
Permanence FN à Nantes

Permanence FN à Nantes

Le retour dans le paysage urbain de la capitale bretonne du Front National dérange. Quand bien même il s’agit de sa version light : le FN local, très mariniste, arbore bien plus volontiers l’appellation Rassemblement Bleu Marine (RBM), le nom que Marine le Pen aimerait donner au mouvement pour faire oublier l’aspect très droitier du Front National de papa.

Le FN, qui vise 7 à 8% à Nantes même  et qui s’apprête à présenter des listes aux municipales à Saint-Nazaire, La Baule, Orvault, Couëron et Sautron, a depuis fin mai une permanence située au n°10, quai de Versailles, dans le quartier Saint-Mihiel. Celle-ci, qui se trouve dans la maison basse d’une ancienne librairie, a été visée trois fois en cinq jours par l’extrême-gauche.

Le 22 juin, la manifestation antifasciste en hommage à Clément Méric, à 16 h place Royale, a débordé : cinquante antifas sont venus selon les dires de Christian Bouchet, tête de liste nantaise du FN, « assiéger la permanence » et ont dégradé sa façade, sans que les forces de police n’interviennent. Deux autres dégradations ont eu lieu depuis, la dernière le 26 juin ; elles n’ont pas été confirmées officiellement par le FN nantais, mais par des militants isolés, qui pointent jets de projectiles et tags, dégradations de leurs véhicules, intimidations… Le RBM à Nantes dénonce un « climat malsain ». De leur côté, les antifas et anarchistes veulent « éradiquer le cancer du fascisme », selon eux bien représenté par l’installation d’une permanence FN en pleine ville. Le 22 juin, c’était aussi la veille de la venue à Nantes de Louis Aliot, vice président du FN chargé de la formation et des manifestations, mais aussi compagnon de Marine le Pen et jacobin assumé.

La ville compte d’autres permanences de partis politiques – notamment de l’UMP, du PCF et du PS – qui sont périodiquement cible de tags et de dégradations, selon le contexte politique, local et électoral. La contestation anti-Notre-Dame des Landes tend par exemple à se traduire en dégradations sur les permanences socialistes.

Le céramiste breton Corentin Le Pape expose en baie d’Audierne cet été

24 Juin

  Bernard Le Floc'h et Corentin Le Pape commentent l'exposition à André Paubert maire adjoint de Pont-L'Abbé, jean Paul Stanzel président de la CCPBS, Jacqueline Lazard maire de Penmarc'h

Bernard Le Floc’h et Corentin Le Pape commentent l’exposition à André Paubert maire adjoint de Pont-L’Abbé, jean Paul Stanzel président de la CCPBS, Jacqueline Lazard maire de Penmarc’h

Vendredi a été officiellement inaugurée l’exposition estivale de la maison de la baie d’Audierne en Tréguennec. Propriété du conservatoire du littoral, sa gestion est entrée dans la compétence de la communauté des communes du pays bigouden sud (CCPBS). Après plusieurs années de somnolence la maison de la baie propose des expositions thématiques, une salle vidéo, un espace lecture, et des visites guidées de l’espace protégé. « Nous voulons attirer les visiteurs dans ce territoire magnifique, abri d’espèces naturelles protégées et rares. Mais nous sommes ici situés un peu loin de tout. Aussi, en complément des activités biologiques et scientifiques, la communauté de communes du pays bigouden sud a retenu ce lieu pour une exposition particulièrement insolite. » annonçait dans son allocution Jean Paul Stanzel, président de la communauté de communes du pays bigouden sud.

Bernard Le Floc’h, conseiller communautaire et commissaire de l’exposition emmenait les officiels dans le musée imaginaire de Corentin Le Pape: « L’appartement de Corentin est un véritable cabinet de curiosités qu’il a conçu et façonné de ses mains, en quelque sorte le reflet de son musée imaginaire. Corentin est un humaniste, il croit à l’universalité et à l’interpénétration des cultures. Pour ce lieu et la première exposition de Corentin nous avons retenu essentiellement des pièces en rapport avec l’histoire locale comme les monnaies gauloises au cheval et autre bestiaire cher aux Osismes et Coriosopites, similaires à celles découvertes autour de Tronoën. Autre sujet d’inspiration, le célèbre chaudron de Gundestrup répliqué en contreplaqué et faïence ou encore les céramiques inspirées du livre de Kells, véritable joyaux de l’art celtique. Mais pour Corentin qui comme indépendant a travaillé 30 ans avec l’établissement HB Henriot, tout cela c’est pour son berr amzer comme on dit chez nous. Une leçon de modestie avec comme récompense la longévité car dans quelques jours Corentin aura 99 ans ! Le cap sur les 100 ans complètera cette symphonie encore inachevée ».

 Une visite bilingue en français et en breton permettait de découvrir des céramiques inspirées non seulement des légendes bretonnes comme les Vierges de Sein et d’Ouessant, le roi Gradlon et Saint Gwenole, Santik du, mais aussi de l’imagerie populaire associés aux inévitables motifs bigoudens.

Y aller : entrée libre tous les après- midi jusqu’au 20 août

Gesté : le drame d’un petit village français qui détruit son église

23 Juin

Gesté, petite bourgade de 2500 habitants, est à quatre kilomètres seulement de la Sanguèze, qui marque localement la limite entre le Choletais et la Bretagne. Un autre monde pourtant que ce village qui détruit actuellement son église, au bout de deux décennies d’abandon, de péripéties judiciaires et de non-dits. Comment en est-on arrivés à ce qu’un maire et son conseil envoient bouler la cour administrative d’appel qui leur avait interdit la démolition, ainsi que bon nombre de leurs habitants ? Nous avons passé trois jours sur place, pour tenter de comprendre ce qui se passe à Gesté, petit village disloqué autour de son église éventrée.

L’église à moitié détruite ? Loin de là

L'église le 19 juin au soir

L’église le 19 juin au soir

Comme nous l’écrivions le 18 juin où nous présentions la situation et l’historique des démêlés judiciaires  l’église – construite en deux fois au XIXe à la place de l’ancienne, détruite par les colonnes infernales le 5 février 1794 et relevée tant bien que mal en 1800 – a été abandonnée par la mairie à partir de 1995. Deux tranches de restauration sur les quatorze prévues avaient été faites dans les années 1980 – et bien faites : le clocher et les murs de la nef paraissaient comme neufs, et c’est pourtant par là que les pelleteuses ont attaqué, abattant le mur pignon de la nef et la première moitié du mur sud. L’église n’est même pas au quart détruite : cette démolition « finalement minime, a été engagée seulement pour mettre les gens devant le fait accompli, leur dire que les carottes sont cuites », commente à chaud un habitant.

La municipalité envisage de préserver le clocher et la crypte ; elle a remisé la statuaire et le Christ dans ses ateliers et garages municipaux. Pour le clocher, elle n’a guère le choix : l’église n’est toujours pas désaffectée, c’était la condition sine qua non pour emporter l’adhésion du curé et de l’évêché : la mairie doit reconstruire une église (pour 1.5 millions d’€ quand même). Dans l’église à cœur ouvert par la pelleteuse restent un autel, dans l’abside, et des vitraux, dont la municipalité espère en récupérer trois – la rosace, les armoiries dans l’une des chapelles privées et le vitrail religieux dans la chapelle privée du Plessis.

Le bout du monde

l'église suite aux travaux de démolition du 20 juin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

l’église suite aux travaux de démolition du 20 juin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

Plus que tout, Gesté qu’on prononce localement Getté est au bout du monde. Les cars de l’Anjou n’y passent pas, les habitants qui n’ont pas de voiture ou de permis ont coutume de marcher jusqu’à la Regrippière (6 km) pour prendre ceux de Loire-Atlantique. La métropole locale s’appelle Vallet : plusieurs aller-retour par jour jusqu’à Nantes, la voie rapide non loin, des emplois, des vignobles. Tournés vers Nantes et Cholet, les Gestois ne se sentent guère angevins et ignorent la capitale du Maine-et-Loire, ou quasi. La ville avait jadis quatre usines de chaussures – elles ont toute fermé, soit pour ramener leur activité ailleurs, sur Cholet et Beaupréau (prononcé Beaupreau), soit pour disparaître. L’une d’elles, au nord du village, accueille les ateliers municipaux. La seule chose qui tire Gesté, c’est la proximité de Nantes. A quarante minutes – et autant de kilomètres de la capitale bretonne, Gesté apparaît comme un lieu de vie intéressant pour de nombreux nantais ou ressortissants de la métropole, chassés par la hausse des prix. Dans le village même, des maisons sont abandonnées et des logements vides jusque sur la place centrale. L’un des bars – le Gestois – est fermé, ainsi que le commerce de confection, la poissonnerie et l’ancien grainetier-fleuriste. Il reste une supérette, deux boulangeries et un autre café. Gesté est un visage de la France d’aujourd’hui, où l’économie locale s’est quasiment effondrée, et qui vit à la traîne d’une grande métropole, alimentant localement les rancœurs entre les « nantais » et les « gestois », comprendre, de souche.

Un curé pour la démolition

La pelleteuse à l'oeuvre - 20 juin

La pelleteuse à l’oeuvre – 20 juin

Le curé desservant l’église de Gesté est Pierre Pouplard. Dès son arrivée à la cure en 2004 il demande une nouvelle église à la place de l’ancienne et convainc ses paroissiens. Un de leurs chefs de file ne peut être que tenté par un projet pareil : il a rasé son château (la Forêt) pour échapper aux charges fiscales et vit dans la ferme. Curieusement, l’esquisse de l’église que la mairie nous a mis à disposition est une copie de celle d’Avrillé – ou en 1983 une église néogothique fut abattue et remplacée par une nouvelle en forme d’ellipse. Avrillé où était en poste Pierre Pouplard avant d’être à Gesté. Joint par BreizhJournal, il a peur de la réprobation unanime qu’a causé – ailleurs qu’à Gesté tout au moins – le début de la démolition de l’église, et se retranche derrière le choix du maire. Il nous a dit : « ce choix est entièrement celui de la municipalité, j’ai même appris la destruction de l’église par voie de presse. Le conseil municipal et le maire ont fait ce qu’ils voulaient, nous n’avons qu’à suivre ».

Seulement, sa posture actuelle de suiviste s’accorde mal avec les faits. En réalité, le curé a organisé l’abandon de son église ancienne et convaincu son évêque qui l’a couvert, n’a jamais voulu remettre en cause sa décision et surtout a refusé de recevoir l’association Mémoire vivante du patrimoine gestois (MVPG) qui se bat seule contre la destruction de l’église. De fait, l’église n’étant pas désacralisée, le curé et l’évêque se sont rendus complice d’une terrible profanation, dont la dernière étape était la sortie du Christ accroché au-dessus du chœur au bout d’une nacelle, comme un vulgaire meuble encombrant. Les villageois n’ont pipé mot, mais ont été choqués cependant. Eric, rencontré le lendemain, estime que « hier, ils ont enlevé le Christ comme une vieille ferraille, c’était indécent, il y aurait du avoir une cérémonie, quelque chose, pour que ça soit propre, mais rien. A croire que le clergé nous a complètement abandonné ».

Le maire – artisan de la démolition – a réponse à tout sans convaincre

Statuaire et objets d'art mis à l'abri aux ateliers municipaux

Statuaire et objets d’art mis à l’abri aux ateliers municipaux

Nous avons rencontré Jean-Pierre Léger, le maire de Gesté, qui continue le travail de son prédécesseur, Michel Baron, maire de 1995 à 2008. Classé dans les divers droite – contrairement à ce que la presse a écrit, il n’est pas socialiste – il a un premier adjoint encarté au PS, Georges Romeau, qui apparaît dans toutes les municipalités depuis 1995 et se trouve pour le coup au cœur du projet de démolition de l’église. Le reste de la liste est de diverses influences, avec un point commun : « lorsqu’il faisait sa liste », explique Jean Woznica, de l’association MVPG, « il fallait être pour la démolition de l’église, sinon on ne rentrait pas ». L’association a constitué – à grand peine, personne ne voulant s’exposer – une liste dans ce village où l’on pouvait alors panacher, rayant des noms dans telle liste pour en prendre sur une autre, mais, poursuit-il, « les gens ont préféré voter pour des listes complètes, et donc pour la liste Léger ». Bien que passés non loin de l’élection, les habitants contre la démolition de l’église n’ont pas d’élu.

Le maire nous reçoit. Près de son cabinet trône l’horloge retirée du premier étage du clocher. Les yeux rivés sur une petite feuille A4 où sont consignés ses arguments pour les journalistes, il ne nous regarde jamais. Ses petits yeux toujours mi-clos sont tournés vers la feuille ou vers le sol. Grand démocrate, il parsème son discours de « vous écrirez ceci », « vous retiendrez cela », « je vous donne mes arguments, je ne veux pas entendre les autres », ou encore « à quoi bon écouter ceux qui sont contre la destruction, puisqu’il y a des habitants qui sont pour ». Il finira par lâcher un lapsus : « vous êtes un journaliste non opportun ». Sans doute parce ne croyant pas beaucoup à son sens de la démocratie, ou moins servile que les médias locaux (lire plus bas).

chemin de croix de l'église, aux ateliers municipaux (plâtre imitation bois)

chemin de croix de l’église, aux ateliers municipaux (plâtre imitation bois)

Il explique qu’en 2006 avec le maire précédent le conseil municipal a eu le choix entre quatre solutions : diminuer la hauteur de l’édifice, abattre le chœur, raser tout et reconstruire, et restaurer l’existant. Le conseil a voté pour la troisième solution. Rejetant toute vision du patrimoine, il estime qu’il faut « garder à l’esprit avant tout que c’est un lieu de culte » et demande à ce qu’on fasse « un tri » entre les nombreuses églises de ce Choletais marqué par la foi catholique et la densité des églises du XIXe : « il faut aider les maires à entretenir ce genre de bâtiments, mais il faut aussi sortir du cas par cas : aujourd’hui, c’est lourd à entretenir, alors il faut choisir entre celles que l’on garde, celles qu’on abandonne et celles qu’on rase. Mais c’est une décision politique, et l’évêché a sur ce point un train d’avance ».

Il estime que « la justice a perturbé l’action municipale » en interdisant la démolition de l’église avec un permis de démolir ; ces jugements tout comme l’avis de la DRAC et de l’Architecte des Bâtiments de France du Maine et Loire hostiles à la démolition sont pour lui « superflus ». La DRAC, le Conseil d’Etat et la Cour administrative d’appel de Nantes n’ont plus qu’à s’en aller jouer aux boules. Nous le questionnons alors sur son choix de ne pas faire de référendum municipal, et au contraire, de passer en force partout afin de prendre les habitants au dépourvu : il a mis un mois par exemple à délivrer à l’association MVPG la délibération municipale du 6 mai 2013 autorisant la démolition. Impossible d’avoir une délibération dans cette mairie sans faire une lettre recommandée. Impossible aussi de passer aux ateliers s’assurer de la conservation du mobilier retiré de l’église sans autorisation écrite du maire ou d’un des adjoints ; l’employé municipal qui nous reçoit terrorisé explique qu’il pourrait « être viré ou attaqué en justice par le maire » s’il nous laissait entrer. Un parfum de dictature aux champs.

Le maire a décidément réponse à tout : se disant « personnellement pas favorable aux référendums », il pense « que c’est facile pour une municipalité de se cacher derrière les résultats d’un référendum ». Comprenez que sa décision n’est pas antidémocratique, mais politiquement courageuse. Il manie allégrement le faux argument des gestois contre les autres : à la réprobation unanime hors des frontières de Gesté et du Choletais, il oppose les 800 signatures du collectif Cœur de Gesté, mené par les notables et favorable à la démolition de l’église, « des gestois qui votent à Gesté, qui paient leurs impôts. L’avis des autres ne nous intéresse pas. » L’avis des autres a déjà recueilli près de 1600 signatures sur le net en quelques jours, dans une pétition pour la sauvegarde de l’église.

Bataille de chiffres autour du clocher

le choeur de l'église

le choeur de l’église

Surtout, la municipalité s’arc-boute sur les chiffres : 3 millions d’€ pour restaurer, 1.7 pour démolir et reconstruire. Un chiffre tiré de deux estimatifs, celui de Gérard Jamain (Heritage) et un second, d’un architecte angevin. Le maire oublie d’expliquer comment le cabinet Héritage, d’ordinaire abonné aux estimatifs ciselés à l’euro près pour sauver les églises en mauvaise posture des communes pauvres, a pu sortir l’énorme chiffre de 3 millions d’euros. Jacques Chupin, de l’association MVPG révèle le dessous des cartes : « la mairie a demandé à Gérard Jamain de faire un estimatif avec le plus de travaux possible, de façon à gonfler le chiffre. Il est donc arrivé à trois millions avec une véritable remise à neuf de l’édifice, format luxe. En conseil, le maire a dit que trois millions, c’était beaucoup trop cher et a rejeté le projet. Héritage s’est donc fait gravement avoir, et le chiffre est devenu, brandi à tout va, un argument contre la restauration de l’église ». A Sévérac, 1500 habitants au nord de la Loire-Atlantique, le cabinet Heritage a sauvé l’église néogothique où il fallait redresser le clocher, injecter du béton sous les murs de la nef, refaire les voûtes, les enduits, reprendre une grande partie des ouvertures… pour 990.000 €. La démolition et la reconstruction d’une église plus petite auraient coûté 1.300.000 €. Aujourd’hui, l’église restaurée voilà quinze ans suite à un référendum local semble si neuve qu’elle aurait pu être construite hier. Il est donc fort possible que l’estimation de la mairie soit complètement à revoir, non qu’elle a été mal établie, mais, comme l’explique Gérard Jamain lui-même, les estimatifs comportent « nombre de travaux inutiles qui alourdissent la facture ». En gros, résume un habitant défavorable à la politique municipale, « on peut déjeuner pour 20 euros, on peut déjeuner pour quarante, dans les deux cas on déjeunera ». Un estimatif qui se limite au strict nécessaire donnera fatalement un chiffre nettement inférieur aux 3 millions d’€ avancés par la municipalité. Mais celle-ci, le clergé et la presse rebattent inlassablement et sans remettre en cause ce chiffre obtenu dans des conditions quelque peu troubles.

Des médias locaux complices

Vitrail armorié. L'église compte 3 chapelles privées, pour autant de châteaux. Les châtelains y accèdaient par des salles situées juste dessous, au niveau de la crypte

Vitrail armorié. L’église compte 3 chapelles privées, pour autant de châteaux. Les châtelains y accèdaient par des salles situées juste dessous, au niveau de la crypte

Si le maire est si cavalier avec les journalistes, c’est qu’il est mal habitué par la presse locale. Trois médias rayonnent sur Gesté. Si la télé des 3 provinces (TV3P) est plutôt critique vis-à-vis de la démolition, et a réalisé en janvier un reportage dans l’église ouverte à tous les vents depuis un mois, les deux autres sont favorables à l’arasement de l’église, et font sans se cacher le service après-vente de la mairie, justifiant ses décisions sans jamais faire preuve d’esprit critique qu’envers les opposants de toutes natures.

La télé de Cholet (TLC) ne s’est pas déplacée lors de la démolition, diffusant des images d’archive et les seuls propos du maire. Pluralisme garanti. Quant au Courrier de l’Ouest (CO), dépendant d’Ouest-France, il s’est déplacé à trois journalistes (!) le 20 juin, un chargé d’écrire et deux de photographier, tout ça pour traiter l’information numéro 1 du Choletais en page 12, format événement local, avec un article de 500 mots et une photo du Christ déposé par les nacelles, l’après-midi. Le même journal, par la voix du journaliste bellopratain Laurent Zarini, avait traité dans ses colonnes l’église « à l’architecture faussement ancienne et prétentieuse », justifiant à longueur d’articles la démolition et rappelant le soutien de l’Etat – le sous-préfet et le préfet couvrant la démolition bien qu’illégale, sans jamais rappeler que cette position est ô combien ahurissante. L’Etat a raison, voilà tout, estime le CO qui au passage rappelle cette presse française qui s’est mise toute seule dans le fond du puits en se mettant au service exclusif du pouvoir, y compris quand l’abus de pouvoir est au pouvoir. Cette presse française qui s’émeut pour 150 gazés en Syrie et qui est incapable de voir, au cœur de Paris, des centaines de jeunes pacifiques provoqués, gazés, tabassés et arbitrairement arrêtés par des forces de l’ordre devenues nervis à la solde du régime. Une presse dont l’esprit critique s’est perdu avec les subventions accordées – 1 milliard d’€ par an pour faire taire le quatrième pouvoir.

Un village gaulois profondément divisé

Le filet posé en 2005 n'a jamais reçu de pierres, seulement des fientes et des nids de pigeons. Pas mal pour un édifice en "péril imminent".

Le filet posé en 2005 n’a jamais reçu de pierres, seulement des fientes et des nids de pigeons. Pas mal pour un édifice en « péril imminent ».

Plus que tout, c’est la division qui refait surface dans ce village. L’église, c’est l’affaire Dreyfus du village, personne n’ose en parler. « Parfois, nous recevons un don ou une adhésion de quelqu’un, mais il nous dit, surtout, n’en parlez pas, sinon ma femme ou mon voisin me battront froid », explique Jean Woznica, de l’association MVPG. Eric renchérit « ce qui m’énerve, c’est que le village soit si divisé. Il y a plein de vieilles personnes pour lesquelles le mensonge c’est d’un autre temps, de l’occupation par exemple. Elles se plient devant les sachants, ou ceux qui paraissent comme tels. Il y a aussi ceux qu’on a convaincu qu’une majorité était pour la destruction de l’église, et qui se sont rangés à cette idée ». Le rôle de la presse n’est pas anodin dans cette supercherie.

Il poursuit « et plus c’est gros, mieux ça passe. C’est une question d’honneur, les gens ne reconnaîtront jamais un tel mensonge, puisqu’il est si énorme. Ce qui se passe, c’est que tout le monde se fait entuber. Ainsi, notre cantine, dont le permis est affiché, nous ne l’aurons pas. La capacité de financement de la commune n’est pas élastique, il y a déjà de l’endettement partout. » En 2012, lorsque la commune avait perdu devant le Conseil d’Etat, le projet d’agrandissement de la cantine – commune à l’école publique et à l’école libre, et tout à fait bondée – avait été ressorti des cartons : « en six jours la mairie avait convoqué tout le monde et sorti des esquisses d’un architecte à Angers, juste un truc de rêve. Pour 500.000 €. Mais maintenant qu’ils sont dans l’église, quoi qu’ils disent, ils ne peuvent pas faire la cantine ». Il achève : « tout a été fait dans notre dos. S’il y avait réellement un consensus de la population, il y aurait eu un référendum local et une cérémonie du clergé pour dire au revoir à l’église ancienne, préparer la suite. Je sais, ça paraît bête, mais ça aurait été bien mieux que ce qu’ils font là, le curé et la municipalité, c’est n’importe quoi. »

La Bretagne est si proche, mais c’est un autre monde. Gesté est un village français où tout le monde s’épie, et personne ne veut se mouiller. Il n’y a qu’une liste pour les municipales, il est difficile de trouver 21 noms sur 2500 habitants car personne ne veut se montrer, tout le monde craint les pressions, réelles ou putatives, qu’une révolte ouverte peut attirer. Cependant, le ras-le-bol est là, qu’il soit exprimé par les mères de famille à la sortie de l’école ou par le tenancier de ce commerce, qui lâche « que faire quand ceux qui n’ont pas le droit de faire quelque chose et à qui on dit de ne pas le faire le font quand même ?  Il y en a qui ont le bras plus long que d’autres, voilà ».  Gesté est peu digne du souvenir de la Vendée militaire : acceptation muette devant l’illégalité, l’inégalité, résignation devenue pour beaucoup le mode de vie, les gestois se sont faits les esclaves zelés de leur propre servitude, comme tant de français. Au risque, en perdant l’église, de ne plus avoir rien à eux : sur les coteaux, c’est la masse bicolore – blanc pour la partie néoclassique et gris pour la partie néogothique, qui signale à trois kilomètres à la ronde le village perché sur son coteau. Une fois tombée l’église, seul le château d’eau marquera le village dans le paysage.

L’église victime d’une mauvaise gestion communale

La nouvelle église doit ressembler à cela (esquisse)

La nouvelle église doit ressembler à cela (esquisse)

Le maire affirme sans cesse qu’en dehors de l’église, « il y a d’autres priorités » et que les communes n’ont plus les moyens d’entretenir ces bâtiments. Pourtant, c’est le premier adjoint Georges Romeau qui vend la mèche sans s’en rendre compte : « en 1990, l’on faisait l’extension de la mairie, en 1995, la salle commune de loisirs, en 2000 autre chose encore, puis il y a eu le projet de nouvelle église et maintenant la cantine ». Bref, à chaque fois une réalisation ou plusieurs ont pompé le budget relatif à l’église. En 1995, la mairie résilie le contrat annuel d’entretien – illégal en soi, puisque la loi de 1905 oblige les communes à maintenir les églises affectées au culte dont elles sont propriétaires – hors d’eau. De 1995 à 2007, la mairie a même mis délibérément en danger les usagers de l’église, puisqu’elle les laissait aller dans un édifice qu’elle n’entretenait plus. Une situation scandaleuse et complètement illégale qui n’émeut pas le maire actuel, qui nous confie : « depuis qu’il y a le projet d’une nouvelle église, pas question de mettre un centime dans l’ancienne, c’est une question de bonne gestion des finances communales ». Ou pas. La commune qui a du mal à boucler son budget peine même à éclairer le bourg la nuit, et le fleurissement s’est considérablement réduit cette année. L’argument du maire selon lequel la commune ne peut pas tout gérer est cependant facile à rejeter : comment font les communes de la Loire-Atlantique toute proche, qui ont une – voire plusieurs – églises, une population qui augmente sans cesse, donc des salles, des écoles à construire, des voiries à entretenir… elles ne rasent pas leurs églises, pourtant.

Le budget de la nouvelle église ? Il a été passé dans la cantine, la rénovation de la route de Beaupréau et des voiries d’un lotissement voisin. Jacques Chupin, de l’association MVPG, doute qu’une nouvelle église puisse être construite : elle devait l’être incessamment sous peu, ce sera d’après le maire dans le prochain mandat. Seulement, « avant que la commune puisse retrouver sa capacité financière, on sera en 2020 », et à partir de ce moment là, il n’y aura plus d’élections municipales, mais des maires délégués dans chaque commune, la communauté de communes de Beaupréau prenant sur elle toute l’administration. Il est peu probable qu’à son tour, elle dépense de l’argent pour une église alors que nombre des onze communes qui la composent ont plusieurs églises, à l’image du Fief-Sauvin (un clocher du XIXe, une chapelle de la même époque et deux églises de la fin du XXe siècle) ou de Beaupréau (deux grandes églises du XIXe).

Le faux argument du péril

gesté-9Le maire justifie son passage en force par le « péril imminent » que représente l’édifice. Ce péril, conforté par une expertise judiciaire, a été arrêté par le préfet qui depuis couvre le maire. Expertise judiciaire que Jacques Chupin, de l’association MVPG, qualifie de « scandaleuse« . Etant dans le bâtiment depuis de nombreuses années, il a du mal à comprendre « comment peut-on faire une expertise quand l’expert n’est pas allé dans les combles, ni sur les chéneaux, ni dans le clocher. Le document épais comme le pouce est bourré de  »on estime »,  »pas visité », « environ » et avec ça on justifie le péril???» En raison du péril, un habitant situé à 5 mètres du chœur a été expulsé de chez lui le 25 novembre 2012 et relogé par la commune face à l’église, au-dessus de l’ancien magasin de confection. Nous avons rencontré cet habitant, M. Planchenot, qui « n’arrive pas à comprendre pourquoi ce manque total de démocratie, alors que la commune se targue d’avoir le soutien des citoyens ». Pour ce qui est du péril, pour lui, l’argument ne tient pas : « la commune a commencé à détruire la nef, c’est à l’opposé de mon logement [situé au sud-est du chœur] et donc du péril supposé ». Moralité : il n’y a pas de péril. L’église, qui n’est pas entretenue depuis vingt ans, ne semble avoir aucune envie de tomber.

Gestois contre étrangers : encore un faux argument

Aux partisans de la mairie et aux conseillers municipaux, il ne reste que l’agressivité et les arguments de caniveau pour justifier de leurs actes. Agressivité contre nous, ou contre le journaliste de TV3P traité publiquement, le matin du 20 juin, de « fouille-merde » par quatre adjoints au maire qui se comportent comme des petits délinquants de cité. Mais aussi argument de caniveau, selon lequel « il faut payer ses impôts à Gesté pour avoir quelque chose à dire sur le sujet de l’église ». Ils pourraient peut-être le faire valoir à l’ABF d’Angers ou aux juges administratifs de Nantes qui apprécieraient le moyen à sa juste valeur. Selon cette vision des choses, peu importe la réprobation nationale – et même mondiale, la voix de la Russie s’étant fait écho des événements de Gesté – après le début de la démolition illégale et sacrilège de l’église. Confortés par leur mairie et leur presse asservie, quatre patelins du Maine-et-Loire traceraient leur bonhomme de chemin sans se soucier des autres. Mais ce n’est même pas vrai. L’association MVPG est pleine de gestois de souche, comme Jacques Chupin, « atterrés de voir notre patrimoine partir à vau l’eau ». La mairie peut jouer la division tant qu’elle veut : la menace de la disparition prochaine de l’église, l’idée de voir sa silhouette disparaître du ciel si familier, le passage en force d’une mairie qui, selon un habitant, « fonctionne en circuit fermé » font s’insurger de nombreux gestois. Il n’est pas encore trop tard pour sauver le monument.

Et maintenant ? Deux mois pour sauver l’église

Coup de ménage symbolique autour de l'autel - 21 juin

Coup de ménage symbolique autour de l’autel – 21 juin

D’après le maire, « à la rentrée de septembre, tout sera plat, le chœur et le reste de la nef seront rasés fin août ; le 20 septembre, tout sera enlevé, ce sera la fin du chantier ». L’entreprise Occamat a retiré son matériel et ses ouvriers pensent ne revenir qu’en septembre. Il reste de fait deux mois pour sauver l’église.

L’association MVPG a déposé un recours contre la délibération du 6 mai 2013 afin de suspendre les travaux. Le référé sera jugé le 8 juillet. De son côté la SPPEF – Société de protection des Paysages et de l’Esthétique Française – présente ces jours-ci sur place par son délégué de Loire-Atlantique, a écrit une lettre comminatoire au préfet du Maine-et-Loire et se prépare à poursuivre le préfet, le sous-préfet et le maire de Gesté pour destruction illégale, afin de les faire payer y compris sur leurs deniers personnels. La SPPEF a réussi ces dernières années à sauver quatre églises, dont celle du Dreuil-Hamel, dans l’Eure, ou celle de Lumbres dans le Pas-de-Calais.

Le Printemps Français s’est enfin constitué à Nantes dans la hâte, et appelle sur internet à une manifestation sur place le 6 juillet. Des démarches sont en cours aussi du côté ecclésiastique. Il appartient surtout aux gestois de se mobiliser afin d’empêcher leur maire d’abattre leur belle église. D’autres églises pourraient être menacées dans les environs : ainsi de Saint-Martin de Beaupréau, peu à peu abandonnée par sa paroisse (celle du curé Pouplard), de l’église de Drain près d’Ancenis et de celle de Sainte-Gemmes d’Andigné, que son instance de classement ne protège plus que pour six mois encore.

Avant de partir, votre dévoué serviteur s’est emparé d’un balai de paille, a passé les barrières et est allé faire un coup de ménage symbolique, autour de l’autel, dans les ex-confessionnaux, les trois chapelles privées et l’abside. En une bonne heure de travail, aucune pierre ne lui est tombée dessus, ce qui veut dire qu’il n’y a qu’une chose qui est en péril à Gesté : le discernement du maire qui se permet de fouler aux pieds et le droit, et les bonnes mœurs. Faire le ménage dans une église en ruines, quelle idée ? Celle, sans doute, de ne pas se laisser abattre : quand l’abus de pouvoir est au pouvoir, la révolte et la résistance sont légitimes. Près de 200 églises sont menacées de destruction en France. L’église de Gesté ne doit pas tomber : ni elle, ni les autres. Ce qui se joue aujourd’hui dans ce petit village du Choletais concerne toute la France, c’est la lutte pour que notre patrimoine d’hier trouve sa place dans la foi et la France de demain. Alors on ne lâche rien.

 

D’autres églises démolies récemment en Anjou : Avrillé (1982), démolition de l’églie néogothique Saint-Gilles pour reconstruire une église moderne; Le Fief Sauvin (1997) démolition de l’église néogothique – hors l’abside et ses vitraux – pour la remplacer par une église neuve; sSt Georges des Gardes (2006), église néogothique rasée et remplacée par une chapelle de 100 places, Valanjou (2008), seul le haut du clocher a été détruit, la mairie souhaite raser le reste, à l’exception de la base XIIIe-XVe du clocher, St Aubin du Pavoil près Segré début 2013 (déclarée en péril alors qu’elle n’y était manifestement pas, puis rasée dans l’indifférence début 2013; elle doit être remplacée par une église plus petite).

 

[FLASH] L’église de Gesté est à moitié détruite; le reste pourrait être abattu en juillet

20 Juin
L'église hier au soir

L’église hier au soir

La destruction de l’église angevine de Gesté, dans les Mauges, entamée en toute illégalité et sans permis de détruire par la commune hier, a continué aujourd’hui. Si hier le pignon de la nef néoclassique et son toit avaient été mis à bas, aujourd’hui ce fut le tour du mur sud de cette partie. Les travaux de démolition pure ont duré une petite heure, entre huit et neuf heures du matin. La démolition était protégée par cinq gendarmes, suite à la tentative d’un inconnu cette nuit vers trois heures du matin de mettre la pelleteuse hors d’état de nuire en l’incendiant.

Le mur nord de la nef – soutenant le clocher, qui devrait être conservé – et le chœur néogothique flanqué des trois chapelles privatives des châtelains du Plessis, de la Forêt (château disparu) et de la Brûlaire, sont encore debout. Sous le chœur se trouve une « crypte » semi-enterrée en granit, qui sera conservée aussi et qui formera le chœur de la nouvelle église elliptique que projettent la mairie et le curé de la paroisse.

l'église suite aux travaux de démolition ce matin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

l’église suite aux travaux de démolition ce matin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

Maintenant, clocher et crypte seront étayés, puis pourront commencer les travaux de démolition du chœur – la partie la plus haute et la plus belle de l’église, même si elle paraît moins en bon état que la nef abattue, qui fut rénovée dans les années 1980. Cette démolition du chœur pourrait intervenir « en juillet » selon Georges Romeau, premier adjoint de la commune (socialiste), ou « pas avant septembre » d’après le chef de chantier. Ce qui laisse encore du temps pour sauver l’église, d’autant plus que l’association Mémoire Vivante du Patrimoine gestois a déposé un référé dont le jugement sera rendu le 8 juillet. De son côté la SPPEF – présente sur place ce matin par son délégué de Loire-Atlantique – s’apprête elle aussi à lancer des actions judiciaires et à s’adresser à diverses autorités, notamment au préfet de Maine-et-Loire.

Dans l’après-midi, les services de la mairie ont procédé à la dépose d’un crucifix monumental qui surmontait le chœur ; celui-ci était resté dans l’église, puisque d’après le premier adjoint toujours – le maire s’étant bien gardé de trop se montrer – « aucune nacelle ne pouvait passer par la porte de l’église, et c’était trop haut pour une échelle ». Il a rejoint le reste du mobilier paroissial – devant et pierre d’autel, plaques du monument aux morts, bancs, statuaire, table de communion, chemin de croix en plâtre peint couleur bois – stocké dans deux locaux municipaux.

Le crucifix déposé de l'église, cet après-midi

Le crucifix déposé de l’église, cet après-midi

Une manifestation de protestation était prévue le matin à 8 h devant l’église. Mais entre semaine du bac et organisation de dernière minute, seuls trois jeunes d’Angers ont rallié Gesté ce matin, ainsi que des habitants de proches bourgades. La seule utilité de l’annonce de la mobilisation est d’avoir attiré d’autres médias que ceux du cru ; Europe 1 est ainsi venue sur place, et même l’agence de presse russe Voix de la Russie s’intéresse à Gesté. Les prochaines semaines devraient cependant permettre de meilleures conditions pour venir au chevet de l’église, mutilée par l’alliance de la bêtise, de la gloriole des parvenus de la démocratie, et du doux cocon de la lâcheté quotidienne.

Plus d’information dans BreizhJournal ce week-end

Mobilisation générale pour l’église de Gesté menacée de destruction imminente

18 Juin

#OpMagouilles. Jean-Pierre Léger, maire de Gesté, une petite commune angevine située à 6 km de la Bretagne, s’apprête à marcher sur les traces des colonnes infernales. En effet, son conseil municipal vient de voter la destruction de l’église Saint-Pierre aux Liens, au cœur du village, déjà incendiée par les colonnes infernales le 5 février 1794 ; trois cent chouans y ont été massacrés. Les travaux de démolition commencent et doivent durer du 17 juin au 30 septembre. En toute illégalité.

 

Une église sacrifiée au bon vouloir des maires

Geste_EgliseL’église se trouvait depuis plusieurs années au cœur d’une bataille judiciaire. Joël Sécher, président de l’association Mémoire vivante du patrimoine gestois (MVPG)  explique : « quand le précédent maire, Michel Baron, plutôt à droite, avait été élu, il a tout de suite annoncé qu’il allait être le bâtisseur de la nouvelle église. C’est-à-dire qu’il allait laisser cette église tomber en ruines, puis en construire une autre plus petite et plus moderne ». Il s’est attelé tout de suite à la tâche : « il a résilié le contrat d’entretien avec les couvreurs, si bien qu’il n’y a plus eu aucun entretien annuel de l’édifice ; quand j’y suis monté avec le trésorier de l’association en 2007 – l’église était encore ouverte alors – on a remis des ardoises en place ». L’association a attaqué le permis de démolir déposé en 2011 par le nouveau maire Jean-Pierre Léger (toujours plutôt de droite), qu’elle a réussi à faire annuler en février 2012 par la cour administrative d’appel de Nantes. La ville fait un recours devant le Conseil d’Etat, qui la déboute. La décision était claire et définitive : l’église est sauvée.

Mais non. En décembre 2012, elle est ouverte pendant un mois : le chemin de croix et les statues disparaissent, l’autel est cassé à coups de masses, sa dégradation s’accentue alors même que la cour administrative d’appel de Nantes avait relevé une « erreur manifeste d’appréciation » quant au permis de démolir et préconise un simple entretien de l’église. Le 6 mai 2013, le conseil municipal vote la démolition et l’appel d’offre. Il s’agit en l’occurrence d’un vandalisme municipal délibéré. Une entreprise est trouvée. Le 17 juin à huit heures du matin, des grillages sont installés autour de l’église, la place centrale du village est verrouillée. Jean Woznica, le trésorier de l’association MVPG explique, joint par BreizhJournal : « la ville a estimé qu’il n’y avait pas besoin de permis de démolir, au motif que l’église n’était pas classée. Une instance de classement avait été déposée, soutenue par l’architecte des bâtiments de France, mais le dossier avait été fort mal présenté. Résultat, le classement avait été refusé à une voix de majorité ». La place de l’église est entourée de grillages, et un vigile veille la nuit dans sa voiture. Deux nacelles et un tractopelle ont été amenés, les ouvertures de l’église occultées. L’école, située à vingt mètres de l’église, est encore ouverte pendant deux semaines : il est donc peu probable que le gros de la démolition commence d’ici là. Raison de plus pour s’activer. La destruction est estimée à 200.000 €. La reconstruction d’une église neuve plus moderne à 1 million 5.

L’église est d’un style très composite. Relevée en partie de ses ruines en 1800 après l’incendie de 1794 et les massacres perpétrés dans la commune – au cœur de la Vendée militaire – par les colonnes infernales, elle est reconstruite en deux fois. En 1844, la nef est rebâtie dans un style inspiré du néo-classicisme, sous la direction de l’architecte Ferdinand Lachèse. Les travaux durent dix ans et un clocher est ajouté, sommé d’une flèche en ardoises. De 1862 à 1864, l’architecte Alfred Tessier édifie un transept et un chevet dans le style néo-gothique, l’ensemble reposant sur une crypte. La nef devait aussi être rebâtie, mais l’argent a manqué, et l’édifice est resté en état. L’architecte des bâtiments de France de l’Anjou, défavorable à la destruction comme le conseiller général du canton, avait comparé son volume intérieur et son élévation à l’église de Dol de Bretagne, et est favorable à son classement.

 

Série noire d’églises détruites en Anjou

Dans les environs de Cholet, au cœur de ce terroir martyr que sont les Mauges, plusieurs églises ont déjà été détruites. Au Fief-Sauvin, il y avait deux églises : celle de Villeneuve – paroisse supprimée en 1809 et jointe au Fief Sauvin, et celle du bourg. Après qu’une tornade ait ravagé l’église de Villeneuve, seul son clocher a été conservé et un édifice récent a remplacé le lieu de culte ; au Fief-Sauvin même, l’église a été arasée et remplacée par une nouvelle  en 1997. A Valanjou, commune aux trois églises, le projet de démolir le clocher de l’église de Joue a fait polémique en 2007. A Saint-Georges des Gardes, malgré une polémique nationale, l’église construite en 1870 fut démolie en 2006  pour être remplacée par une chapelle en béton de 100 places : résultat : le bourg situé au point culminant de l’Anjou a disparu du paysage. A Saintes-Gemmes d’Andigné l’église est en train d’être sauvée par une instance de classement : en bon état général, elle était victime d’un acharnement municipal à son encontre. Enfin, pour clore la série noire, l’église segréenne de Saint-Aubin du Pavoil  a été détruite début 2013. Les généraux vendéens et chouans qui défendaient les Mauges et le Haut-Anjou insurgés contre l’hérésie républicaine s’en retourneraient dans leurs tombes.

 

Tous les rouages de la République favorables à la destruction

Jadis, le préfet d’Angers et le sous-préfet de Cholet étaient contre la destruction de l’église de Gesté. Ils ont été prestement remplacés par des mandarins plus souples et plus à gauche. Désormais, outre le maire qui milite pour la destruction, le sous-préfet et le préfet sont eux aussi déterminés à balayer la loi et le droit : le sous-préfet de Cholet a reçu le 4 février 2013 l’association MVPG et leur a tenu un discours comparable à celui du maire. Du député : rien à attendre, il est socialiste et se conforme à son parti qui est déterminé à enterrer l’Eglise, avec ou sans majuscule. Le conseiller général est contre la destruction, mais ne se manifeste pas trop. Le maire et le député étant sûrs de ne pas être réélus, ils estiment qu’après eux, c’est le déluge, et se croient donc permis de faire ce qui leur chante. Notamment de marcher sur les pas des colonnes infernales et de porter, 225 ans après, la vengeance de la République contre la foi et l’histoire des Mauges. L’association a déposé lundi 17 un référé. « Depuis, on attend », explique Joël Sécher. Lors des six mois de lutte acharnée pour Notre-Dame des Landes, la justice s’était mise au service des matraques : des référés administratifs avaient mis deux mois pour être examinés – alors que ce mode de juridiction est prévu pour des atteintes urgentes aux droits et libertés – et ont été rejetés après, sans recours possible. L’on se demande encore si, tant à Gesté qu’à Notre-Dame des Landes, on est encore dans un état de droit.

 

Le curé et l’évêque complices de la profanation

Et les autorités religieuses, que disent-elles ? Rien, justement. Comme tous les curés des églises des Mauges et d’Anjou qui ont été détruites précédemment, celui de Gesté ne jure que par le moderne. « Il est facile de savoir pourquoi », explique Joël Sécher : « le curé était jadis à Avrillé, où il y a une église moderne elliptique qui remplace d’ailleurs une église néo-gothique, depuis 1983. Il veut une église semblable ici ; l’évêque ne s’est jamais mouillé et a toujours suivi son avis ; et curieusement l’église projetée ressemble comme deux gouttes d’eau à celle d’Avrillé ». Résultat, les autorités religieuses se sont rendues coupables d’une profanation. L’église n’a jamais été officiellement désaffectée. « Le saint Sacrement est même resté abandonné longtemps dans le presbytère qui jouxte l’église, sur la photocopieuse », poursuit le président de l’association MVPG. « Puis des gens se sont insurgés et il a été ramené dans la salle municipale qui se trouve non loin ». Les messes sont dites là, ou dans une autre salle située à 2 km du bourg. Dans l’église abandonnée, l’autel a été cassé à la masse, les statues volées ou déménagées, le chemin de croix emmené on ne sait où. Les pigeons ont fait leurs nids là où les paroissiens priaient. « Et les bons catholiques n’ont rien dit », nous précise un Jean Woznica attristé. Ils ont préféré exclure de leur paroisse ceux qui militaient pour la sauvegarde de l’église – en bon état – et ont donc plus aimé s’abandonner à la facilité d’une Eglise certes moderne, mais sans âme, et même lâche, que restaurer le lieu de culte. Le comble de l’abject a été atteint par un certain Hamon, délégué du diocèse au patrimoine, venu expliquer à l’association que « l’affaire [la démolition de l’église] était maintenant trop engagée, c’était donc une question d’honneur et qu’on ne pouvait plus reculer », se souvient encore effaré le président de l’association MVPG Joël Sécher.

 

Pour sauver l’église, une seule solution : résister

Le Printemps Français, c'est la révolte contre l'abus de pouvoir au pouvoir.

Le Printemps Français, c’est la révolte contre l’abus de pouvoir au pouvoir.

Ces dernières années dans l’Anjou, trop d’églises ont été détruites à cause de l’orgueil des maires et de la coupable lâcheté du clergé local. Autant d’affronts à ces villageois ruinés par les colonnes infernales et la République et qui reconstruisaient cependant, suprême résistance, sur le lieu même de leur village passé, et leurs maisons, et leur église. Ces fiers vendéens, angevins et Bretons qui dardaient dans le ciel les fières flèches de leur foi ardente et brûlante. Jamais ils n’ont cru que des générations plus tard, des élus allaient leur marcher sur la gueule, et soutenus par la République héritière de ceux qui ont massacré leurs ancêtres, les faire mourir une seconde fois.

Lorsque le 16 octobre 2012 la République avait envoyé des milliers de gendarmes et de CRS passer sur le ventre du peuple Breton pour construire un aéroport – pourtant complètement illégal en droit français depuis quatre ans – à Notre-Dame des Landes, paysans et occupants s’étaient soulevés et contre toute attente, après six mois de combats et l’intervention de l’Europe, la République a du reculer. Lorsque à Fontainebleau, le 6 mars 2013, le maire UMP a décidé de détruire la halle, monument du XXe siècle, cinquante personnes se sont mises au-devant des pelleteuses et la destruction a été suspendue. Moralité : seule la création d’un rapport de forces peut sauver nos monuments lorsque l’Etat de droit n’est plus et que tous les rouages de l’Etat concourent à l’illégalité et à la destruction de notre Histoire, de nos racines, de notre fierté. Le 20 juin à huit heures, un rassemblement devant l’église est prévu. Face à l’Etat autiste et aux grands projets inutiles de ses élus, Gesté, Notre-Dame des Landes, même combat.

Gay pride dans le calme à Nantes ; les nationalistes ont protégé la Cathédrale

16 Juin

Hier avait lieu la marche des fiertés à Nantes. Une foule assez clairsemée – majoritairement composée des LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) ainsi que de jeunes se trémoussant sur des musiques techno-bêtifiantes – a parcouru les rues nantaises. Estimée à 5000 personnes par Ouest-France et à 2000 par la police, la manifestation a rassemblé tout au plus 3500 personnes, le cortège étant ça et là parsemé de larges trous.

Gay pride au Bouffay

Gay pride au Bouffay

Dans l’ensemble, cette manifestation a eu lieu sans heurts, malgré la présence de 150 « antifas » de la CNT et du NPA qui voulaient clairement « casser du facho ». Suite aux profanations commises sur la Cathédrale et à la dégradation de la librairie Dobrée, les forces de l’ordre, sentant le climat délétère, ont barricadé les alentours de la Cathédrale. Cinq camions de gendarmes mobiles derrière – pour dissuader les éléments très mobiles des antifas de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Une grande barricade antiémeutes et deux cordons de CRS dans la rue du général Leclerc, dans l’axe de la rue de l’Hôtel de Ville vers la Cathédrale ; un jeune homme en roller qui tente de le franchir en venant de la Cathédrale est fermement intercepté par quatre agents et mis contre un mur ; efficace et sans violence. Et des camions fichés en travers des rues adjacentes, gardés par des CRS en nombre. Plus de 150 agents ont été commis à protéger la Cathédrale, qui de fait est restée ouverte toute l’après-midi. « En cas de problème, les policiers envahissent la Cathédrale dans l’instant », explique ainsi à BreizhJournal un des guides conférenciers.

Ambiance d’orage sur Nantes

Les nationalistes sur le parvis

Les nationalistes sur le parvis

A l’appel du Renouveau Français (RF), une soixantaine de jeunes – et moins jeunes – sont venus protéger la Cathédrale ; sur le parvis, deux policiers en civil les surveillaient. Hors la vingtaine de jeunes du RF, l’on pouvait constater la présence de quelques membres de Jeune Bretagne, de jeunes royalistes, de huit frontistes – dont la tête de liste nazairienne Jean-Claude Blanchard et le chef de file du FN baulois Didier Vernet – et de jeunes non encartés, mais « indignés » par la profanation récente de la Cathédrale. Thomas, l’un d’eux, explique le climat délétère qui plombe Nantes : « les antifas ont l’impression de marcher sur l’eau ; ils taguent les vitrines [allusion à la librairie Dobrée], profanent la Cathédrale, et maintenant on peut se faire ziguer si l’on a l’air d’un catho bourge et qu’on porte un polo. Délit de faciès. » Ziguer ? « Oui, ils miment un sieg heil afin de provoquer ». Récemment, un fait divers meurtrier a été évité : trois jeunes royalistes locaux qui marchaient dans la rue ont fait fuir deux antifas ; ils sont revenus à trois, « le dernier portait un [couteau à] cran d’arrêt et un pistolet 9 mm. Bref, non seulement ils cherchent la confrontation, mais ils aimeraient venger leur camarade Méric ». Sur internet, des appels au meurtre et à la violence circulent sur les réseaux des antifascistes locaux. Toute cette activité névrosée rend encore plus étonnant le décalage avec l’action publique – dissolution de groupes nationalistes et arrestation de militants pacifiques à Paris.

Face à face tendu rue de Strasbourg

Face à face tendu entre antifas et frontistes

Face à face tendu entre antifas et frontistes

A 16h 25, lorsque la « marche des fiertés » débouche de l’axe BMV (Barillerie-Marne-Verdun) dans la rue de Strasbourg pour tourner dans la rue de l’Hôtel de Ville adjacente, les policiers renferment leurs barricades encore plus – ne laissant comme soupape de sécurité que la petite rue des Carmélites, et les nationalistes glissent du parvis de la Cathédrale à l’extrémité de la place Saint-Pierre, avec une banderole « Homofolie ça suffit ». De la foule LGBT émerge des éructations « Facho, catho ! » tandis que l’on voit au loin une pancarte « Boutons Boutin hors de France ». Capuchés et masqués, des antifas remontent le cortège pour venir évaluer les forces de l’ordre. Puis reviennent à leurs rangs et se préparent à une petite station devant la Cathédrale pour insulter l’Eglise. Derrière deux des trois chars, l’ambiance est bien plus festive : jeunes qui se trémoussent, frite gonflable Durex à la main, sur une musique techno où dominent les basses. Sur la place, courageux, les nationalistes répondent par le slogan « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’hétéros » et d’autres encore

Les insultes fusent. les frontistes reculent, les antifas restent maîtres du terrain

Les insultes fusent. les frontistes reculent, les antifas restent maîtres du terrain

Il est 16 h 30 quand de la rue des Carmélites surgissent dans la rue de Strasbourg Gauthier Bouchet – fils de la tête de liste locale du FN pour les municipales – et quatre de ses affidés, dont plusieurs ont un look très typé. Ils remontent la rue vide et arrivent à six mètres de la manifestation qui tourne, au moment où passent un petit groupe d’antifas – une trentaine d’individus. L’un d’eux s’avance vers la tête de liste frontiste et l’invective violemment, se plaçant tout contre lui. Il laisse dire, et recule avec ses féaux. Les antifas s’avancent, en criant « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers ». Ils réussissent leur démonstration de force ; pendant celle-ci, l’un d’eux lance quelques petits cailloux vers les frontistes qui partent, sans demander leur reste. Un des antifas, particulièrement remonté, qui s’est jeté en direction des frontistes, est arrêté par une jeune femme du service d’ordre de la manifestation, qui se jette littéralement sur lui, et le ramène manu militari dans le rang.

Le rassemblement devant la Cathédrale se disperse aux environs de 17 heures, les agents levant le camp dans la foulée ; la fin de la gay pride s’est déversée sur le carrefour des lignes de tram à Commerce, provoquant une longue interruption de tout trafic. Si les antifas ont réalisé leur démonstration de force, on pourra nous demander cependant quelle mouche a piqué Gauthier Bouchet d’aller chercher l’affrontement, et l’aurait-il fait s’il n’y avait pas une cinquantaine de CRS dans les environs prêts à fondre dans la minute sur tous ceux qui déclencheraient des heurts. La Cathédrale, elle, s’en sort indemne. Dans le ciel sans ombre de la rue Saint-Clément, un drapeau breton et un drapeau LGBT s’enlacent, dominés par la fine silhouette d’un clocher.

Béatrice Bourges explique le Printemps Français à Orléans

14 Juin

Tout Breton qu’il est, BreizhJournal a ses attaches au cœur de la France, et c’est donc en terre connue à Orléans que votre dévoué serviteur assistait à la conférence de Mme Bourges, égérie du Printemps Français – ce grand mouvement de contestation anti-pouvoir et contre la société libérale et libertaire issue de la loi Taubira qui est né de la Manif pour Tous, et notamment de la conquête des Champs le 24 mars. Voici le compte-rendu des idées-forces de cette conférence. Nous privilégierons la chronologie ; à la fin, des questions étaient posées par les auditeurs. Près de deux cent personnes ont assisté dans une salle Laurentia blindée à la conférence, de 20h30 à 23h30. Adélaïde Pouchol rythmait la rencontre par des questions posées à Béatrice Bourges.

Une salle comble

Une salle comble

La première question qui lui a été logiquement posée, c’est de faire le bilan de « huit mois de lutte pied à pied dans le gaz lacrymogène et la joie ». Béatrice Bourges a dit qu’elle n’était pas étonnée de l’issue – c’est-à-dire du fait que le gouvernement ait tenu bon. Engagée depuis huit ans dans la défense de la famille, elle a vu le coup venir encore l’an dernier lorsque Luc Châtel, ministre de Sarkozy, a essayé d’introduire la théorie du gender en SVT au lycée. Seulement pour elle, le bilan est somme toute positif : « les masques sont tombés, et en même temps, nous nous levons, nous nous organisons, nous sommes fiers et enfin nous osons l’ouvrir. » La France bien élevée, la France qui paie ses impôts, la France qui ne dit jamais – ou quasi – de gros mots, ce peuple silencieux et résigné s’est tout à coup levé, comme ce père de famille qui s’est trouvé en première ligne le 26 mai. Pourquoi ? Parce que « ce qui est en train de se passer [la loi Taubira et son monde] est tellement énorme que notre civilisation est en danger de mort. Je n’hésite pas à dire que nous sommes dans une guerre de civilisation, et donc il n’y a pas de répit ».

Une guerre portée par des jeunes dont l’imagination créative et non-violente n’a pas de limites ; une guerre surtout que Béatrice Bourges a « la certitude inébranlable de gagner. Valls n’en dort plus la nuit, c’est très bien, il faut continuer à l’empêcher de dormir. Nous tenons le bon bout, nous allons gagner ». C’est pourquoi chacun doit continuer à harceler le pouvoir, pendant l’été, puis à la rentrée qui sera chaude – pour le budget et la théorie du gender. D’ici là, chacun a l’intention de participer à l’Histoire en marche. Depuis la conquête des Champs le 24 mars, une flamme de résistance nouvelle s’est allumée ; chacun de ceux qui ont résisté et participé à la guerre pourra dire « j’y étais, j’ai participé au renversement de l’Histoire, j’ai défendu ma civilisation ».

Béatrice Bourges et Adélaïde Pochol (de g à d)

Béatrice Bourges et Adélaïde Pochol (de g à d)

Laquelle ? Une civilisation qui avant tout se recompose avant tout autour de valeurs, entraînant la redéfinition du paysage politique autour de deux blocs : d’un côté les partisans d’une société où l’Homme soit au centre – mais ait des limites imposées par le Créateur ou un Etre Suprême, de quelque nature qu’il soit ; de l’autre les libéraux libertaires, favorables à la dérégulation totale des acquis sociaux et historiques ainsi qu’à l’asservissement de l’humain à sa fiction, bref, au moyen le plus rapide de parvenir à la dictature. D’un côté les défenseurs de la nature, de l’autre ceux de l’homo novus qui se suffirait à lui-même, gouverné par la tyrannie d’une raison légaliste, et par conséquent déconnecté de la réalité. Cette recomposition radicale aura raison selon Béatrice Bourges, des partis où sont présents les deux opinions – comme l’UMP et le FN. Philippe Lecoq, leader du FN orléanais assistait à la conférence, s’est quelque peu étranglé mais n’a pipé mot « afin de ne pas transformer la conf’ en réunion politique ». Cependant, la politique entre deux chaises du FN – ou plutôt, depuis la placardisation ou l’exclusion des partisans de Gollnisch, du Rassemblement Bleu Marine – laisse quelque peu mal à l’aise y compris dans ses propres rangs.

Interrogée sur les moyens de la résistance, Béatrice Bourges a appelé à une « résistance non-violente, contestataire et transgressive ». Fustigeant « l’inversion totale des valeurs » d’un gouvernement qui appelle violente une résistance pacifique et passe sous silence la violence d’une partie de ses forces de l’ordre (lire ici ), elle rappelle que la résistance est légitime : « ce sont eux qui transgressent la loi naturelle et mettent en place une loi illégitime qui ne doit pas être appliquée. On a le droit de s’opposer » Et même le devoir « la résistance n’est pas une option, c’est un devoir pour les générations futures. » Et plus le pouvoir et ses affidés – extrême-gauche, activistes LGBT, Femen – sont violents, « plus sereins et non-violents nous devons être, car c’est ainsi qu’on va gagner ». Le caractère bourgeonnant du Printemps Français, avec ses divers mouvements – Génération Garde à vue (Lille), Enfants des Terreaux (Lyon), Antigones, Prisonniers politiques, Hommen…  est pour Béatrice Bourges une force irrésistible, qui rend le gouvernement éperdu face à « ces champignons qui sortent de partout ». Se fondant sur la doctrine sociale de l’Eglise, elle appelle sur le plus long terme les catholiques à s’engager dans les milieux associatifs, syndicaux : « les LGBT ont gagné parce qu’ils se sont infiltrés partout, nous on doit faire de même, et en attendant le gouvernement doit s’habituer à nous voir partout ».

Le Printemps Français, en schéma, c'est simple.

Le Printemps Français, en schéma, c’est simple.

Ni femme providentielle, ni solution politique miraculeuse, Béatrice Bourges privilégie – comme elle nous l’avait confié sur BreizhJournal  au lendemain du 26 mai – la continuation de la résistance individuelle, par « chacun là où il se trouve ». Pour l’heure, l’urgence est « de tracer le sillon ; c’est le sillon des convictions, c’est le sillon des formations, c’est le sillon de la pédagogie dans une France disloquée par les communautarismes ». Au-delà, Mme Bourges qui avoue avoir « la France dans les tripes » appelle à « changer de système », et déclare qu’en ce qui la concerne, elle « refuse d’alimenter le système de Châtel » et donc de suivre la tentative de récupération politique de la Manif pour Tous par l’UMP – ou d’autres.

Revenant sur certaines réactions de spectateurs outragés que les Hommen aient perturbé la finale de Roland-Garros, attirant sur eux l’attention des médias internationaux, notamment de la BBC et de The Independant, Mme Bourges pointe là encore l’inversion et la déperdition des valeurs : « ce sont les mêmes qui n’ont rien trouvé à redire lorsque les Femen ont profané Notre-Dame », si bien que l’on peut se poser la question de savoir ce qui est vraiment sacré pour eux : Roland-Garros ou la cathédrale de Paris ? Le Printemps Français vise, lui, à retrouver ces valeurs, et surtout, à trancher avec la pratique d’une génération sacrifiée qui a mis au rebut, avec et après 68, ses liens sociaux et les communautés traditionnelles qui la liaient, jusqu’à se retrouver libre, mais sans filet et de fait plus asservie. Caractère apolitique, transversalité et transmission intergénérationnelle sont les trois piliers du Printemps Français : pour les représenter, Béatrice esquisse une croix que nous représentons ci-contre. La conférence s’achève, laissant place à des questions et propositions diverses, en bon ordre.

(BreizhJournal) Comment faire pour porter le Printemps Français en province et en Loire-Atlantique, en profitant des vacances ? Béatrice Bourges reconnaît que l’été offre l’occasion d’un immense brassage, et lance l’idée d’un signe de reconnaissance – à inventer – pour que les tenants du Printemps se reconnaissent entre eux sur leurs lieux de vacance, ou entre vacanciers et autochtones, et montent des actions dans la chaleur de l’été, notamment en direction des lieux de vacance des dirigeants ou des tenants du gender, dont une partie vient se reposer dans les cinq départements Bretons ; dans la salle germe l’idée de flashmobs sur les plages. Ajoutons à cela que le Tour de France vient en Bretagne entre le 8 et le 11 juillet, avec une étape au départ de Saint-Gildas des Bois. Pendant la Révolution, les patriotes avaient adopté la cocarde tricolore et les chouans ou les royalistes la cocarde blanche. Trouvera-t-elle un renouveau en 2013 à l’occasion de ce Printemps Français qui prend, dans une Haute-Bretagne surchauffée, l’aspect d’une nouvelle et salutaire chouannerie ? L’avenir nous le dira.

Libéralisme à rebours. Un intervenant qui mentionne la doctrine sociale de l’Eglise constate qu’il est « amusant de constater que les socialistes veulent s’opposer au libéralisme économique et sont libéraux en matière de société dont ils déstructurent l’organisation ». Enfin, ce serait amusant si ce n’était pas si grave.

Hommen, Dolmen… et donc Amen. Une orléanaise d’une paroisse de la ville propose de créer pour les « jeunes et moins jeunes qui ne pourraient pas manifester » le mouvement des Amen, « A comme adoration » qui consacrerait un temps d’adoration quotidienne au Salut de la France et de ceux qui résistent pour elle. Pour rappel les Hommen sont l’antidote aux Femen, et les Dolmen sont les hommes trop corpulents ou qui n’ont pas d’abdominaux aussi bien moulés que les précédents. Ces derniers ont d’ailleurs été cordialement invités par plusieurs participants à venir s’aligner à Carnac.

Vu de Pologne. Une intervenante franco-polonaise, chaudement applaudie à plusieurs reprises, tient à exposer la situation en Pologne, dominée par un « gouvernement libéral-libertaire » qui, non content de brader les ressources naturelles aux majors occidentales qui exploitent le gaz de schiste, engage le pays dans la marche forcée vers le gender – inclus dans une réforme fourre-tout de l’Education – et le mariage gay. Fait aggravant, explique la dame, « la Pologne a rejoint l’Europe en 2004 et l’on a largement expliqué aux Polonais qu’ils étaient périmés, catholiques, réacs, et que les Occidentaux savaient mieux ce qu’il fallait faire à leur place ». Bref, la Pologne, qui s’achemine vers une éducation sexuelle précoce à l’allemande – avec propagande de la contraception et du gender dès six ans, suit avec grande attention les événements français, d’autant plus que le pays soumis à la rigueur et aux diktats des compagnies étrangères d’extraction de gaz de schiste est prêt à exploser.

Et l’argent ? Béatrice Bourges annonce qu’un fond de dotation a été créé pour soutenir les vingt-cinq avocats groupés dans le Collectif des avocats contre la répression policière  qui se relaient nuit et jour – enfin, surtout la nuit – pour assister et défendre les militants du Printemps Français mis en garde à vue ou jugés. Ils les assistent gratuitement mais sont guettés par l’épuisement et les frais structurels. Pour aider, l’on peut donc faire un chèque à l’association « Les quatre saisons », au 13 boulevard Masséna à Paris.

26 mai : un père tranquille en première ligne

10 Juin

La manifestation pour tous du 26 mai s’est achevée par des heurts sur la place des Invalides  entre manifestants, policiers en civil chargés de provoquer les forces de l’ordre et forces de l’ordre (CRS et gendarmes mobiles). Nous avons retrouvé un manifestant qui était au cœur des affrontements. Il met en cause le rôle des policiers en civil et en explicite l’utilité pour le pouvoir de François Hollande qui ne recule devant aucun moyen pour discréditer les manifestations contre le projet de loi Taubira.

Louis d’Yvoz nous raconte sa soirée du 26 mai, nous livrons son témoignage in extenso. Les notes signalées ainsi [1] sont de nous, tout comme les photos de l’article. Pour plus de précisions : lire aussi notre récit de la manifestation et consulter le photo-reportage de Fikmonskov sur son blog.

 

 

Le 26 mai, des CRS et des policiers en civil au beau milieu des manifestants, vers 21h

Le 26 mai, des CRS et des policiers en civil au beau milieu des manifestants, vers 21h

« Je suis arrivé à 17 heures à la manifestation à Austerlitz, j’ai pris le métro pour retrouver des amis à la Motte Picquet, je les ai rejoints place Vauban, face à l’église des Invalides. Je suis venu pour exprimer mon désaccord avec la loi Taubira et la vision de la société qu’elle emporte (PMA, GPA…) ainsi que pour réclamer son abrogation. Cependant, j’étais dans l’esprit de quelqu’un de déterminé à manifester son désaccord, y compris par la violence s’il y est contraint.

L’étincelle qui alluma le feu fut l’attitude provocatrice des policiers en civil. Il y en avait de trois sortes. Des gens habillés de couleurs sombres avec casques de motard et matraques. D’autres d’apparence très patibulaire – avec oreillettes et brassard police – qui servaient à isoler et exfiltrer les manifestants les plus dangereux. Et enfin des policiers lookés, avec T-shirts et sweats arborant des runes, des marteaux de Thor, et autres insignes ou marques privilégiées par les jeunes d’extrême-droite. Ces derniers ont passé toute leur après-midi à discuter avec le service d’ordre de la manif à l’angle des rues de Constantine et de l’Université [1].

J’ignore comment les choses ont commencé. Cependant, dès après le début des affrontements, ces policiers lookés ont disparu et ont laissé le champ libre à leurs collègues en uniforme ou en civil. Vers 19h, 19h30, des mouvements de foule se font sur l’esplanade. Des pétards, des fumigènes sont lancés. Nous entendons vers 20h15 que des veilleurs ont été empêchés d’accéder à l’esplanade.

Voilà un CRS en civil, tenant son casque à la main, et baissant la tête dès qu'il a vu l'appareil. Il vient d'y avoir une charge au gaz.

Voilà un CRS en civil, tenant son casque à la main, et baissant la tête dès qu’il a vu l’appareil. Il vient d’y avoir une charge au gaz.

Une trentaine de CRS en civil casqués s’avance vers 21 heures et rentre au cœur de la manifestation pour essayer d’exfiltrer et d’arrêter une dizaine de manifestants. Ils les matraquent au sol [2]. Une contre-offensive spontanée se fait dans la foule : l’on ramasse des grilles qui protégeaient la sono du rassemblement et nous nous retrouvons à trois à nous saisir d’une grille et à ‘en servir comme bouclier pour charger les forces de l’ordre. Le but ? Repousser les CRS – qui eux sont armés, casqués et bien protégés – et les faire lâcher leurs proies dont plusieurs mineurs. On a fait reculer les CRS. Lorsque je suis arrivé au contact, l’un d’eux m’a gazé à bout portant, pendant cinq à six secondes. C’est terriblement long, quand on se fait gazer à bout portant.

Je suis asthmatique, je ne pouvais plus respirer, j’étais aveuglé. D’autres manifestants m’ont – tout aussi spontanément – ramené en arrière et aspergé de sérum physiologique. Après quoi j’ai participé à une dizaine de charges, dont la plupart ont fait long feu. Durant l’une d’elle, j’ai pris un projectile de flashball dans la cuisse. Je m’étonne de ne pas avoir été arrêté. J’avais un train à prendre, aussi suis-je parti avant le grand coup de filet [3]. Ma sortie a en fait été très étrange, puisque je suis parti par la rue de Grenelle en saluant les CRS, en leur lançant ‘‘ce n’est pas contre vous’’, et je les ai entendu répondre avec un air résigné et fataliste ‘‘on le sait bien, et nous non plus’’.

Je n’ai pas une apparence physique de costaud. Rien ne me prédestine à aller en première ligne, ni mon physique, ni mon statut social, ni mes responsabilités. Je suis un père tranquille. J’ai trois enfants. Je suis marié, et patron d’une PME. Oui, j’ai une certaine idée de la France. Je suis prêt à perdre tout ce que j’ai pour cette idée, c’est un certain esprit de sacrifice. Je ne suis pas d’extrême-droite, ni militant. La personne qui résume le mieux mon état d’esprit c’est Renaud Camus, ce philosophe de gauche qui défend une certaine idée de la France, celle du savoir-vivre, de l’échange, de l’ouverture sur le monde extérieur. Je suis assez modéré.

Sur la place des Invalides, vers 21h30

Sur l’esplanade des Invalides, vers 21h30

Oui, je pense être dans la majorité silencieuse. Car je suis la France qui se tait, que l’on méprise, dont on bafoue les valeurs, dont on moque les croyances, la France qui paie ses impôts, la France qui tient la porte dans le métro, la France qui ne répond jamais quand on l’insulte. J’ai été ému par les jeunes. Ces jeunes qui ressemblent à ce que seront mes enfants. Emu par leur jeunesse, leur pacifisme, leur sens du sacrifice. Leur détermination m’a fait prendre conscience de ce que je devais faire. Ma réaction a été instinctive. Quand j’ai vu les policiers en civil matraquer ces jeunes même à terre, mon sang n’a fait qu’un tour. Tous ces gens avec lesquels peut-être je n’aurai jamais frayé sont instantanément devenus des frères d’arme, et j’ai été avec eux de toutes les charges.

Ais-je peur de me faire arrêter ? Oui et non. J’ai une famille. J’ai quinze salariés et des clients et je serai très ennuyé s’ils m’identifient. Cependant la noblesse de ce combat vaut largement tous ces risques. Recommencer ? Oui, je n’hésiterai pas. Cette France anonyme que piétine le gouvernement – cette France anonyme, polie et modérée dont je suis – doit maintenant se lever pour montrer au gouvernement qui l’ignore ostensiblement qu’elle existe. Avant tout, je veux dire qu’il y a des gens qui ne sont pas militants, qui n’ont pas d’étiquette politique, qui ont des responsabilités etc. Tout est affaire de responsabilité, de courage et d’amour pour son pays. »

 

 

Notes

 

[1] Précisément là où les troubles ont commencé à partir de 19h30-20h, des jeunes essayant de forcer le barrage policier important établi sur la rue de l’Université, et barrant l’accès à l’Assemblée.

[2] Après la manifestation, les nombreuses photos et vidéos des manifestants – dont une partie a été postée sur les sites d’information et les blogs catholiques (la Table Ronde, le Rouge et le Noir, le salon Beige…) ont montré de nombreux cas de violences policières, ou d’actes délictueux (jets de bouteille, agressions), perpétrés par les policiers – essentiellement des agent en civil ou ces CRS en civil porteurs d’un casque et d’une matraque télescopique. Ainsi sur le Salon Beige, peut-on lire un témoignage d’un manifestant qui a vu des policiers en civil frapper violemment un caméraman ; une vidéo montre des policiers en tenue jetant des bouteilles sur les manifestants ; une autre des policiers en civil qui gazent allégrement des manifestants  avant de rejoindre leurs collègues en tenue ; les photos sur la Table Ronde sont aussi très éloquentes  et montrent notamment un CRS assénant un coup de casque à un manifestant. Enfin un récit publié sur le Rouge et le Noir prouve comment un groupe de policiers en civil a tenté de provoquer un affrontement  entre la manifestation et les forces de l’ordre.

[3] Vers 23h30-minuit, les forces de l’ordre ont encerclé la place et arrêté une grande partie des jeunes qui y étaient encore, pour le simple fait d’y être. Trois cent personnes ont été interpellées, portant à 350 le nombre d’interpellés du 24 au 26 mai. Sur ces personnes, seules sept ont été condamnées, et encore fort légérement. Les autres 343 arrestations ont donc été arbitraires. Elles ont été dénoncées comme telles par une ONG – le centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) et – qui a décidé d’interpeller les Nations-Unies  dans le cadre de leur examen périodique universel, qui permet à l’ONU de passer en revue les actions de chaque Etat dans le domaine des Droits de l’Homme. La République de François Hollande, d’Ayrault, de Valls et de Taubira se retrouve donc dans le même panier que des régimes autoritaires et corrompus tels que ceux qui pèsent sur l’Algérie, l’Iran, le Zimbabwe ou le Congo. Beau tableau d’honneur, vraiment.

Un blog nommé Génération Garde à Vue  (et une page Facebook du même nom) permet de se rendre compte du caractère arbitraire et scandaleux de ces arrestations massives, et d’autres poursuites policières injustifiées qui pèsent sur les manifestants – par exemple s’ils osent porter le sweat de la Manif pour Tous dans les rues de Paris.

Climat délétère sur Nantes après une série de profanations anticatholiques

8 Juin

Les antifascistes et militants d’extrême-gauche nantais n’entendent pas laisser impunie la mort de Clément Méric, leur jeune camarade de lutte brestois, monté à Paris pour faire ses études et tué le jeudi 6 juin lors d’une bagarre avec des membres du groupe d’extrême-droite « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » (JNR) en marge d’une vente privée de vêtements d’une marque anglaise affectionnée par les deux extrêmes.

Cathédrale de Nantes

Cathédrale de Nantes

Cependant, bien que Troisième Voie n’est pas spécialement un groupe qui réunisse beaucoup de catholiques, les membres de l’extrême-gauche nantaise – qui n’ont pas un membre des JNR à se mettre sous la dent mais qui sont dans une grande métropole catholique, et l’une des rares villes de France à avoir plus de 100 édifices religieux de culte catholique – ont décidé de s’attaquer à la Foi. Une série de déprédations ont été commises qui ont engendré indignation et colère, et qui font peser un climat très lourd sur la capitale de Bretagne.

L’impudence de ceux qui ont commis ces actes est renforcée par le fait – très dérangeant pour ceux qui croient encore à une possibilité de justice et de procès équitable en France – que le gouvernement a déjà fait le procès avant la justice. Il a engagé la dissolution des JNR du groupe où militaient les cinq personnes impliquées dans la bagarre où le jeune antifa a trouvé la mort ; le ministère de l’Intérieur a beau justifier cette dissolution par des « éléments antérieurs » à la bagarre, elle n’intervient que dans un contexte très politique. On peut difficilement croire qu’avec le renseignement intérieur, le gouvernement ignorait que Troisième Voie tendait vers un « groupe de combat » et donc à tomber sous le coup de la loi du 10 janvier 1936 interdisant les milices privées. De plus « comme d’habitude » pour tous les sujets où le gouvernement veut propulser sa politique en ignorant les oppositions – aéroport de Notre-Dame des Landes, ZAD du Morvan et d’Avignon, Mariage pour Tous, Printemps Français etc. – les médias ont fait des événements une couverture à sens unique tendant à rejeter toute la faute de la mort de l’antifa breton sur les membres des JNR.

Cependant des éléments contradictoires se sont faits jour, déterrés par des journalistes indépendants ou des sites de réinformation proches des milieux catholiques. Ainsi, Clément Méric a été clairement mis en cause  dans des attaques envers une des Manif pour Tous, celle du 17 avril. Fikmonskov, blogueur normand proche du Printemps Français, explique dans un article très fourni  l’implication de l’antifa breton dans des attaques envers la Manif pour Tous et apporte des témoignages selon lesquels ce serait le groupe de militants d’extrême-gauche dans lequel était Méric qui n’a cessé de provoquer les jeunes de Troisième Voie, jusqu’à ce que tout dégénère en bagarre.

A l’appel de Sud Solidaires ou des antifas, près de 15 000 personnes ont défilé en France pour commémorer la mort de leur camarade. A Nantes cependant, le premier rassemblement vendredi s’est achevé par la dégradation de la vitrine de la librairie catholique Dobrée, comme le montrent les photos sur le site de Contreinfo.com. Le soir même, un membre du Renouveau Français – un mouvement de droite nationale et catholique – qui était venu nettoyer la vitrine a été arrêté par les forces de l’ordre et retenu quatre heures. Une arrestation arbitraire, une de plus.

info librePlus grave, dans la nuit de vendredi à samedi, des inconnus ont fracturé des portes au bas de la Cathédrale et se sont livrés à diverses dégradations dans le chœur. Des inscriptions d’influences diverses (666, de caractère nazi, un buste de Femen et des petits bonhommes) pour brouiller les pistes ont été faites dans le chœur, défiguré. Deux autels ont été aussi tagués. La cathédrale sera fermée aux visites pendant plusieurs jours, le montant des dégâts reste à évaluer. Le pouvoir a cette fois – avec moins de mollesse que d’ordinaire – condamné cette profanation qui intervient alors que la veille les abords et l’entrée de la cathédrale de Limoges ont été recouverts d’inscriptions anticléricales et antifascistes assimilant notamment le droit canonique à la charia.

Cet après-midi, pour éviter de nouvelles dégradations à l’encontre de la librairie Dobrée, une trentaine de militants nationalistes – jeunes du Renouveau Français, royalistes, identitaires, catholiques militants – se sont rassemblés devant la boutique alors qu’un nouveau rassemblement de l’extrême-gauche avait lieu ailleurs dans Nantes. Rien ne permet d’affirmer que ces dégradations récentes – qui suscitent la colère et l’indignation des nantais – seront les dernières. Les antifascistes et l’extrême-gauche ont trouvé comme slogan et justificatif à leurs déprédations « ni oubli, ni pardon ». Et nombreux sont sur leurs réseaux ainsi que sur leurs Twitter et Facebook les appels haineux à s’en prendre aux catholiques ou aux personnes supposées être d’extrême-droite. Les tondues de la Libération ne sont plus très loin. Cette hystérie de certains militants de gauche, renforcée par l’effet de foule et l’émulation entre villes ou groupuscules ne peut qu’amener une réponse comparable, voire plus agressive, de leurs adversaires politiques et religieux et finalement engendrer un cercle de violence et de peur qui pèse déjà sur Nantes.

Il n’en reste pas moins étonnant de constater combien, depuis l’accession de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault au pouvoir, les Bretons sont de toutes les luttes, combien Nantes se retrouve au cœur des événements ou devient le théâtre de faits divers graves qui interpellent le pays tout entier, des chômeurs immolés aux pères sur leurs grues. Comme s’ils étaient fatigués de la crise perpétuelle – elle dure déjà depuis 2007, sans espoir de rémission – et de la bêtise de l’Etat qui leur tombe dessus sans relâche (impôts, gaz de schiste, aéroport de Notre-Dame des Landes). Comme s’ils en avaient marre que pour bien d’entre eux, le gouvernement piétine leurs convictions religieuses et morales profondes parce qu’il s’est inféodé à des lobbys minoritaires et déconnectés des réalités matérielles du peuple. Comme si ce peuple éveillé à l’injustice et à la lutte, plus connecté que la majeure partie des français, plus ouvert au monde, mais aussi bien plus critique envers ses médias et le gouvernement, n’avait plus aucune envie d’être raisonnable, tant le ras-le-bol est palpable.

Alors le Printemps Français devient certes un réveil Breton, comme nous l’expliquons en détail par ailleurs, mais surtout, il exacerbe les clivages et les cassures d’un peuple bien plus investi dans la vie publique ou commune que le reste des Français. Jusqu’à ce que l’hystérie de certains – pour pleurer leurs morts ou leur lobby – devienne la démesure collective, et que l’on retrouve dans la chronique des événements quotidiens ce grain de folie qui avait germé à Paris, dans Grenoble et le Sud de la France en 1788, et s’était étendu, au gré des ventres vides, en discours et en émeutes, avec la suite que nous connaissons tous. Nantes ou Rennes pourraient-elles être le berceau d’une crise ou d’une évolution majeure ? L’avenir nous le dira, mais la folie est déjà sur ces villes.

L’étrange omerta sur la constitution de l’UDI en Loire-Atlantique

7 Juin

LogoUDI-Q°#OpMagouilles. La convention constitutive de l’UDI en Loire-Atlantique a eu lieu le 25 mai  ; lors de cette réunion les adhérents des sept composantes du grand parti centriste, à savoir le Parti Radical, l’Alliance Centriste, le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), le Parti Libéral démocrate, la gauche moderne, le Nouveau Centre et Territoires en Mouvement devaient élire leurs instances communes dirigeant l’UDI dans le département et les représentant au niveau national. Il n’y avait qu’une liste, celle de Joël Guerriau, qui a été élue. Cependant la nouvelle n’a pas été annoncée dans les médias, ni officiellement aux militants. Pourquoi cette omerta ? Nous menons l’enquête.

Le scrutin du 25 mai aurait du être un plébiscite pour Joël Guerriau, qui s’était bombardé coordinateur de l’UDI et avait mis la main sur la quasi-totalité du mouvement, dont presque toutes les composantes – sauf le CNIP – sont dirigées par des employés de sa mairie (Saint-Sébastien sur Loire) ou ses proches ; un site internet avait été lancé et les adhésions faites via ce site partagées entre le Nouveau Centre et l’Alliance Centriste, deux partis liés à M. Guerriau. L’UDI 44 allait donc devenir une PME familiale Guerriau. Cependant, depuis sa valse-hésitation pour Nantes (ira, ira pas) qui a fait perdre un mois à la droite pour se mobiliser pour la capitale bretonne, l’aura de l’élu sébastiennais a pali. Il se pourrait même que, miné par l’usure du pouvoir et sa réputation d’opportuniste politique, il perde sa mairie en 2014, ce qui compromettrait fortement sa réélection comme sénateur ; cette dernière reste son but n°1 : il a besoin d’un second mandat pour avoir une retraite confortable, du fait d’un parcours professionnel en pointillés.

Cette usure du pouvoir a été vue le 25 mai : l’élection s’est traduite par une faible mobilisation qui ne peut pas s’expliquer par le seul fait qu’il n’y ait qu’une liste en présence (1). A peine la moitié des militants UDI de Loire-Atlantique s’est exprimée, d’après les résultats définitifs qui circulent sous le manteau et que nous nous sommes procurés : sur 565 militants inscrits avant le 28 février et qui seuls pouvaient voter – ce qui évitait les vagues d’adhésions faites peu avant l’élection – 284 bulletins ont été enregistrés pour les listes des conseillers départementaux et des conseillers nationaux, à savoir les instances locales et nationales qui organiseront et représenteront l’UDI 44. Pour la candidature de Joël Guerriau, seuls 265 bulletins ont été enregistrés (46.9% des militants), près d’une vingtaine d’autres ont été déposés rayés, marquant un net vote de défiance. La plupart des militants ont toutefois voté avec leurs pieds. L’exemple le plus significatif – et le plus douloureux pour Joël Guerriau – vient de la mairie de Saint-Sébastien sur Loire, sa ville, car un nombre significatif de ses élus municipaux inscrits dans son parti, le Nouveau Centre, n’ont ni voté ni fait suivre de procuration. Les militants de ce parti sont d’ailleurs ceux qui ont le plus boudé l’élection.

Joël Guerriau comptait en outre faire passer son féal et fidèle Olivier Deschanel comme délégué départemental de l’UDI ; ce dernier est un véritable cumulard local de la politique, réunissant sur sa tête les fonctions de conseiller régional de la région-croupion des Pays de Loire, de responsable communication de la ville d’Ancenis, d’adjoint au maire de Carquefou et de président de l’Alliance Centriste du département. Trop de casquettes pour faire le boulot correctement, de toute évidence, comme le montre le beau cafouillage de l’intéressé à Carquefou : après avoir juré ses grands dieux qu’il serait la tête de liste de l’union de la droite, puis de l’UDI seule en 2014 dans cette ville de l’agglomération nantaise, il s’est vu sèchement recaler car sa trajectoire de collaborateur d’élu ne l’avait pas suffisamment mis aux prises avec les réalités matérielles. Résultat : un sac de nœuds politique, tout cela face à une gauche unie et structurée qui ne désespère pas d’emporter la ville malgré un contexte national et local très défavorable. C’est peu dire que ce raté tonitruant – et d’autres par le passé – ont laissé des traces, si bien que la très grande partie des élus centristes du département qui ne sont pas dans la coterie de Joël Guerriau – et notamment des membres de droit des instances départementales de l’UDI (chefs de composantes ou élus locaux de villes importantes), ne soutiennent pas franchement le choix de leur coordinateur-président. Crime de lèse-Guerriau, ils ont même présenté une contre-candidature, celle d’Isabelle Mérand, vice-présidente du Parti Radical et conseillère municipale à … Saint-Sébastien sur Loire. Les instances nationales – qui doivent approuver la nomination du délégué départemental proposé par les élus du département – sont chargées de trancher le débat.

carrambaAinsi, Joël Guerriau trouve un rival dans sa propre ville, dans sa propre équipe. Une humiliation suprême, que Joël Guerriau n’a pas digérée. Ceux qui le côtoient et le pratiquent politiquement depuis des années soulignent son caractère bien plus opportuniste et orgueilleux que ce qui est strictement nécessaire en politique. Résultat : au lieu de proclamer les résultats et d’avouer par là même qu’il n’a pas réussi à unir les centristes du département autour d’un leader charismatique et incontestable, ni les mettre en ordre de bataille pour les municipales, ni surtout assurer ses positions dans sa propre ville – dont ses collègues au conseil rechignent visiblement à le soutenir – bref, d’assumer l’échec de sa mission de « coordination » et de formation de l’UDI départementale sur toute la ligne, il a préféré ne rien dire et ne pas faire circuler les résultats, ni les communiquer aux médias, espérant un silence total et complice. Caramba ! Encore raté.

Notes

(1) : La mise en place des instances UDI s’est faite dans le consensus presque partout ; une quinzaine de départements comptent deux candidats pour la présidence mais une liste unique pour les instances départementales et nationales, il s’agit de l’Allier, des Alpes-Maritimes, la Charente Maritime, la Corrèze, les Côtes d’Armor, la Corse du Sud, la Haute-Garonne, le Jura, la Loire, les hautes Pyrénées, les Yvelines, le Val de Marne et la Vienne. Dans une demi-douzaine de départements, deux listes s’affrontent : Lot, Loiret, Gironde, Oise et Morbihan.

Fort risque d’orages sur la Bretagne, le Maine et la Normandie

6 Juin

Martial Romero est un jeune chasseur d’orages, une de ces personnes qui traquent les orages pour faire des photos et parfaire leur connaissance des phénomènes naturels. Il a systématisé et amélioré plusieurs systèmes de prédiction préexistants pour faire chaque jour une prévision nationale des orages, disponible sur son site.

Pour le 7 juin les cinq départements bretons, les trois départements de la Basse-Normandie et les deux du Maine (Sarthe et Mayenne) ont une très forte probabilité de subir des orages, à cause de l’instabilité des masses d’air au-dessus d’eux. Cette probabilité devient même une certitude en Loire-Atlantique, en vigilance rouge (plus de 90% de chance d’avoir des orages). Ceux-ci seront d’intensité « modérée à forte, et localement un phénomène violent n’est pas exclu compte tenu de l’instabilité mise en jeu ». Ils pourront avoir lieu dès la fin de la matinée, et surtout en cours d’après-midi.

Si vous habitez dans l’un des départements concernés, veillez à débrancher vos appareils électriques inutiles et à respecter les consignes de sécurité adaptées, évitez au maximum de vous déplacer, un orage peut s’accompagner de vents violents, fortes pluies ou épisodes de grêle qui peuvent rendre les axes de circulation dangereux. Si vous habitez près d’un cours d’eau connu pour déborder rapidement, surveillez-le et protégez ce qui craint l’eau.

07-06-2013

EDIT 7 juin 16h13 : Du fait des évolutions du front orageux, la Loire-Atlantique repasse en vigilance orange, tandis que les trois départements du Béarn et du Pays Basque pourraient passer en vigilance rouge, un fort épisode pluvio-orageux pourrait avoir lieu ce soir dans le coin. La vigilance reste de mise pour les cinq départements Bretons, les deux du Maine et les trois de la Basse-Normandie.

Presbytère et logements municipaux : le maire de Blain s’explique

1 Juin

 

Château et ville de Blain

Château et ville de Blain

Suite à notre article sur la démolition du presbytère en avril par la mairie de Blain  nous avons rencontré en mai le maire de Blain, Daniel Leroux, pour le questionner sur les divers problèmes que nous relevons dans notre article.

Presbytère. Selon le maire, la démolition a été faite « dans la grande transparence » et légalement : « il n’y a rien d’illégal à démolir un bâtiment dont on est le propriétaire ». A ceux qui estiment que la mairie aurait du attendre le jugement du recours sur la démolition du presbytère quelques semaines plus tard, il rétorque « quand on a le ballon et le but vide devant soi, on marque ». Avec l’approbation des anciens occupants – les prêtres – qui ont déménagé de l’autre côté de la rue Bizeul dans un bâtiment neuf il y a quelques années.  Il estime que le bâtiment ne pouvait être sauvé « le coût de la réhabilitation aurait été trop élevé et il aurait été totalement incohérent que les ménages qui se seraient installés se soient retrouvées avec une facture énergétique démesurée. »

Opposition. Le maire fustige la mauvaise foi d’une partie de l’opposition au sujet du bâtiment. « Elle était au pouvoir pendant deux mandats et n’a pas fait l’ombre d’une seule campagne de travaux pour le presbytère, moi, quand je veux garder ma voiture, je sais que je dois l’entretenir ». Concernant la démolition, l’opposition, minée par ses divisions, n’a rien fait. Par calcul aussi, estime le maire : « s’ils s’étaient engagés ils auraient été perdants et cela aurait fait tache, là ils sont gagnants ». Mais invisibles. Dindon de la farce : l’ACOPAC, l’association de défense du patrimoine locale qui s’est engagée en justice pour la défense du bâtiment. Ses membres sauront probablement s’en souvenir en 2014.

Logements de la mairie vides. Pour les logements vides, nous les passons en revue avec le maire. Cité Saint-Laurent ? « une campagne de requalification de plusieurs logements vides est prévue ». Au-dessus de la trésorerie ? « il est complètement à refaire, les archives y sont stockées à température et hygrométrie constante, c’est tout ». Saint-Emilien ? « C’est deux logements petits qui en font un grand, il ne convient pas bien, des travaux sont prévus ». Le maire constate aussi qu’installer une famille en situation difficile dans le village n’est pas la meilleure solution car la voiture est indispensable, mais le logement peut servir pour d’autres situations.

Extension : pour mettre fin au stockage des archives au-dessus de la trésorerie, une extension de l’Hôtel de Ville est prévue. Elle sera simple, non somptuaire mais aux normes thermiques RT2013.

Ancienne morgue. Malgré le fait que l’espace ouvert permettait toutes les possibilités, le maire estime que « l’on ne pouvait rien en faire ». Plus sérieux, pour lui, « la mairie n’a pas vocation d’un bailleur de fonds ». N’empêche que 38.000 € pour 79 m², ce n’est vraiment pas cher.

Municipales : « Je donnerai ma décision en septembre », élude le maire. Cependant, interrogé au sujet de la maison médicale – dont la construction va enfin démarrer cette année pour une inauguration dans deux ans environ – il glisse « je ne suis pas axé sur les inaugurations, pour le journaliste qui vient et fait une photo, qui critique ou pas dans son article – c’est son droit – j’ai passé l’âge de faire les choses pour les inaugurations. Moi, je travaille en sous-marin, je crée les conditions pour que les choses deviennent possibles, après… ». Il est donc possible – le maire entretient pour l’heure le suspense – que Daniel Leroux, élu en 2008 dès le premier tour sur une liste d’union de la gauche et des citoyens, passe la main. Réponse en septembre. En six ans, la ville du centre de la Loire-Atlantique – qui a atteint et dépassé les 10.000 habitants – s’est profondément transformée. Il restera à celui, quel qu’il soit, qui prendra la suite en 2014, ou au maire qui assurera la continuité, de continuer le sillon profondément tracé.