L’étrange omerta sur la constitution de l’UDI en Loire-Atlantique

7 Juin

LogoUDI-Q°#OpMagouilles. La convention constitutive de l’UDI en Loire-Atlantique a eu lieu le 25 mai  ; lors de cette réunion les adhérents des sept composantes du grand parti centriste, à savoir le Parti Radical, l’Alliance Centriste, le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), le Parti Libéral démocrate, la gauche moderne, le Nouveau Centre et Territoires en Mouvement devaient élire leurs instances communes dirigeant l’UDI dans le département et les représentant au niveau national. Il n’y avait qu’une liste, celle de Joël Guerriau, qui a été élue. Cependant la nouvelle n’a pas été annoncée dans les médias, ni officiellement aux militants. Pourquoi cette omerta ? Nous menons l’enquête.

Le scrutin du 25 mai aurait du être un plébiscite pour Joël Guerriau, qui s’était bombardé coordinateur de l’UDI et avait mis la main sur la quasi-totalité du mouvement, dont presque toutes les composantes – sauf le CNIP – sont dirigées par des employés de sa mairie (Saint-Sébastien sur Loire) ou ses proches ; un site internet avait été lancé et les adhésions faites via ce site partagées entre le Nouveau Centre et l’Alliance Centriste, deux partis liés à M. Guerriau. L’UDI 44 allait donc devenir une PME familiale Guerriau. Cependant, depuis sa valse-hésitation pour Nantes (ira, ira pas) qui a fait perdre un mois à la droite pour se mobiliser pour la capitale bretonne, l’aura de l’élu sébastiennais a pali. Il se pourrait même que, miné par l’usure du pouvoir et sa réputation d’opportuniste politique, il perde sa mairie en 2014, ce qui compromettrait fortement sa réélection comme sénateur ; cette dernière reste son but n°1 : il a besoin d’un second mandat pour avoir une retraite confortable, du fait d’un parcours professionnel en pointillés.

Cette usure du pouvoir a été vue le 25 mai : l’élection s’est traduite par une faible mobilisation qui ne peut pas s’expliquer par le seul fait qu’il n’y ait qu’une liste en présence (1). A peine la moitié des militants UDI de Loire-Atlantique s’est exprimée, d’après les résultats définitifs qui circulent sous le manteau et que nous nous sommes procurés : sur 565 militants inscrits avant le 28 février et qui seuls pouvaient voter – ce qui évitait les vagues d’adhésions faites peu avant l’élection – 284 bulletins ont été enregistrés pour les listes des conseillers départementaux et des conseillers nationaux, à savoir les instances locales et nationales qui organiseront et représenteront l’UDI 44. Pour la candidature de Joël Guerriau, seuls 265 bulletins ont été enregistrés (46.9% des militants), près d’une vingtaine d’autres ont été déposés rayés, marquant un net vote de défiance. La plupart des militants ont toutefois voté avec leurs pieds. L’exemple le plus significatif – et le plus douloureux pour Joël Guerriau – vient de la mairie de Saint-Sébastien sur Loire, sa ville, car un nombre significatif de ses élus municipaux inscrits dans son parti, le Nouveau Centre, n’ont ni voté ni fait suivre de procuration. Les militants de ce parti sont d’ailleurs ceux qui ont le plus boudé l’élection.

Joël Guerriau comptait en outre faire passer son féal et fidèle Olivier Deschanel comme délégué départemental de l’UDI ; ce dernier est un véritable cumulard local de la politique, réunissant sur sa tête les fonctions de conseiller régional de la région-croupion des Pays de Loire, de responsable communication de la ville d’Ancenis, d’adjoint au maire de Carquefou et de président de l’Alliance Centriste du département. Trop de casquettes pour faire le boulot correctement, de toute évidence, comme le montre le beau cafouillage de l’intéressé à Carquefou : après avoir juré ses grands dieux qu’il serait la tête de liste de l’union de la droite, puis de l’UDI seule en 2014 dans cette ville de l’agglomération nantaise, il s’est vu sèchement recaler car sa trajectoire de collaborateur d’élu ne l’avait pas suffisamment mis aux prises avec les réalités matérielles. Résultat : un sac de nœuds politique, tout cela face à une gauche unie et structurée qui ne désespère pas d’emporter la ville malgré un contexte national et local très défavorable. C’est peu dire que ce raté tonitruant – et d’autres par le passé – ont laissé des traces, si bien que la très grande partie des élus centristes du département qui ne sont pas dans la coterie de Joël Guerriau – et notamment des membres de droit des instances départementales de l’UDI (chefs de composantes ou élus locaux de villes importantes), ne soutiennent pas franchement le choix de leur coordinateur-président. Crime de lèse-Guerriau, ils ont même présenté une contre-candidature, celle d’Isabelle Mérand, vice-présidente du Parti Radical et conseillère municipale à … Saint-Sébastien sur Loire. Les instances nationales – qui doivent approuver la nomination du délégué départemental proposé par les élus du département – sont chargées de trancher le débat.

carrambaAinsi, Joël Guerriau trouve un rival dans sa propre ville, dans sa propre équipe. Une humiliation suprême, que Joël Guerriau n’a pas digérée. Ceux qui le côtoient et le pratiquent politiquement depuis des années soulignent son caractère bien plus opportuniste et orgueilleux que ce qui est strictement nécessaire en politique. Résultat : au lieu de proclamer les résultats et d’avouer par là même qu’il n’a pas réussi à unir les centristes du département autour d’un leader charismatique et incontestable, ni les mettre en ordre de bataille pour les municipales, ni surtout assurer ses positions dans sa propre ville – dont ses collègues au conseil rechignent visiblement à le soutenir – bref, d’assumer l’échec de sa mission de « coordination » et de formation de l’UDI départementale sur toute la ligne, il a préféré ne rien dire et ne pas faire circuler les résultats, ni les communiquer aux médias, espérant un silence total et complice. Caramba ! Encore raté.

Notes

(1) : La mise en place des instances UDI s’est faite dans le consensus presque partout ; une quinzaine de départements comptent deux candidats pour la présidence mais une liste unique pour les instances départementales et nationales, il s’agit de l’Allier, des Alpes-Maritimes, la Charente Maritime, la Corrèze, les Côtes d’Armor, la Corse du Sud, la Haute-Garonne, le Jura, la Loire, les hautes Pyrénées, les Yvelines, le Val de Marne et la Vienne. Dans une demi-douzaine de départements, deux listes s’affrontent : Lot, Loiret, Gironde, Oise et Morbihan.

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4 Réponses to “L’étrange omerta sur la constitution de l’UDI en Loire-Atlantique”

  1. Antonio juin 21, 2013 à 9:07 #

    Concernant les élections UDI 44, on ne vous a pas tout dit : comme par exemple qu’il y avait bien UN isoloir, pour faire semblant, mais qu’il n’y avait pas d’enveloppes pour mettre les bulletins.
    On ne vous a pas dit que le Bulletin GUERRIAU – Pas une liste – était tout petit/petit et que le (la) proposé(e) à l’urne, ne pouvait pas ignorer de voir qui votait quoi !!!
    On pouvait presque lui donner le petit bout de papier en lui disant « mets le donc dans l’urne à ma place….. » On aurait gagné du temps a procéder à mains levées !!!!
    D’ailleurs le Président élu, ne s’est-il pas gêné de dire qu’il « connaissait » parfaitement QUELS étaient ceux qui avait rayé son nom ………. Ah Démocratie quand tu nous tiens!!
    Vous a t-on raconté ce à quoi j’ai pu assister au cours de la réunion avec Yves JEGO, ça valait largement les séances houleuses de l’Assemblée Nationale !!!!!
    Pendant que Deschanel, le pauvre restait sur le bord de la route, Guerriau est quand même passé de « Coordinateur » auto-légitimé à Candidat unique auto-proclamé à (OUF! )Président élu à la soviètique. La Fédération 44 est sauvée et l’UDI a un « parlemntaire » en place, tout est calme, les gentils centristes vont rentrer dans le rang donc braves gens « a l’Ouest rien de nouveau » !!

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