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« Pendant qu’ils pinaillent, ABRF crève ! »

5 Sep
Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l'Hôtel (SDHF) mi-2012

Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l’Hôtel (SDHF) mi-2012

Le 4 septembre avait lieu une énième audience au tribunal de commerce d’Orléans qui devait normalement sceller le rachat par le groupe semi-public russe UVZ (Uralvagonzavod) du groupe AORF qui réunit deux ateliers ferroviaires, l’un à Châteaubriant, en Bretagne (ABRF) et l’autre à Saint-Denis de l’Hôtel en Orléanais (SDHF). Mais pour des raisons peu évidentes, le tribunal de commerce a reporté l’audience le 20 septembre, repoussant ainsi encore et encore le bout du tunnel pour les salariés du groupe et provoquant le mécontentement d’une quarantaine de salariés de SDHF venus en force dans la salle d’audience.

Le tribunal a en effet achoppé avec les Russes sur des points de détail, essentiellement liés non pas au plan social présenté en début d’été – 54 suppressions d’emplois sur 136 postes à Châteaubriant et 15 sur 93 à Saint-Denis de l’Hôtel – mais à des formalités administratives assez secondaires. Le président du Tribunal de commerce a ainsi estimé que le comportement des représentants du groupe UVZ était « inqualifiable » à la barre du tribunal.

Laurent Halet, le délégué CGT-FO d’ABRF à Châteaubriant, en a « plus que marre. Là, y en a ras-le-bol. Pendant qu’ils pinaillent, nous on crève. Ils jouent avec des familles entières. Je ne sais pas ce qu’ils veulent, tant les Russes que le tribunal, mais je suis un peu perdu. J’en ai marre de ce processus qui dure depuis deux ans, on est à fond dedans, et c’est dur à gérer entre les ignorants, les connards et les sympathisants. Tout le reste souffre, nos familles, nos vies. Parmi nous, il y a déjà vingt départs volontaires, et l’avenir de ces gens est suspendu au bon vouloir du tribunal. A Bercy, on nous a dit qu’il y a près de 1492 dossiers comme nous. On a parlé de Petroplus, d’Aulnay et de Florange, on n’en parle plus parce que le gouvernement n’a rien fait, et nous on crève tout doucement et difficilement ».

la_lutte_continueL’AG de ce matin aux Ateliers Bretons de Réalisation Ferroviaire devrait être « sanglante ». D’autant plus que l’actuel PDG du groupe sera sur les lieux et sera probablement pris à partie par des salariés qui se sentent sacrifiés. En effet, alors que SDHF a encore suffisamment de charge de travail, il n’y en a presque plus à Châteaubriant, où seuls 23 salariés sont encore occupés à diverses tâches, les autres étant « au chômage technique partiel pour tous ». Le destin d’ABRF ne manque pas d’importance, car mis à part Kuhn-Huard, toutes les entreprises du bassin castelbriantais, jadis bastion minier et d’industrie lourde en Haute-Bretagne, souffrent.

On peut se demander légitimement pourquoi le tribunal de commerce en demanderait plus aux Russes que les mêmes juges consulaires – ou d’autres – en ont exigé de repreneurs français ou étrangers. Le non-professionnalisme des juges du commerce et l’entregent sont aussi souvent un terreau favorable pour des patrons peu scrupuleux et sans aucune garantie financière qui rachètent des entreprises sans pouvoir les amener ailleurs qu’au précipice. Peut-être doit on comprendre la rigidité des juges consulaires par ces pressions plus ou moins discrètes que le « second patron » de Bercy, un certain ministre du Redressement productif, fait suivre à tous les étages de l’édifice vétuste, branlant et labyrinthique qui est censé assurer en France le contrôle administratif de l’économie. La « jurisprudence Dailymotion »  l’a bien montré : mieux vaut qu’une entreprise française meure ou s’étiole plutôt que d’être rachetée ou soutenue par un groupe étranger, fusse-t-il de renommée mondiale et d’une santé de fer. Les Bretons paient ainsi les tocades d’un obscur ministre du gouvernement de Paris qui ne sait que faire pour échapper au caractère éphémère de son pouvoir.

Reprise d’ABRF à Châteaubriant : le russe UVZ en seul recours

3 Juil
Le site de SDHF à St Denis de l'Hôtel

Le site de SDHF à St Denis de l’Hôtel

Aujourd’hui avait lieu l’audience du tribunal de commerce d’Orléans au sujet de la reprise du groupe AORF (Ateliers orléanais de réparations ferroviaires), constitué depuis 2003 de deux sites, les ateliers Bretons de réalisations ferroviaires (ABRF) à Châteaubriant et de Saint-Denis de l’Hôtel Ferroviaire (SDHF) à 20 km à l’est d’Orléans. Un seul repreneur se présente, le groupe russe Uralvagonzavod (UVZ). Le délibéré final qui doit trancher le sort du groupe aura lieu à Orléans le 24 juillet.

Le groupe russe est venu plusieurs fois à la charge   au cours de la lente descente aux enfers d’AORF ; il avait racheté en 2010 la part majoritaire que celui-ci détenait dans la fonderie de bogies moulés Sambre et Meuse, à Feignies. UVZ propose 54 suppressions d’emplois sur 136 postes à Châteaubriant et 15 sur 93 à Saint-Denis de l’Hôtel. « Beaucoup trop pour le Castelbriantais », commente Laurent Halet, délégué CGT-FO de ABRF. « On va se battre sur le volet social afin de limiter la casse », assure-t-il en sortant du tribunal orléanais. « Cela dit, on est complètement soulagés qu’il y ait un repreneur. C’était cela ou la clé sous la porte ».

Châteaubriant : deux mois pour remettre ABRF sur les rails

7 Mar

La holding AORF, spécialisée dans la construction et la réparation de wagons de fret, n’a plus que jusqu’au 30 avril pour se trouver un repreneur ou un investisseur capable de remettre sur bonne voie ses deux sites de Châteaubriant (ABRF, 139 salariés) et Saint-Denis de l’Hôtel (SDHF, 110 salariés). Faute de solution, ce pourrait bien être un nouveau coup dur pour l’industrie castelbriantaise

Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l'Hôtel (SDHF) mi-2012

Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l’Hôtel (SDHF) mi-2012

La crise du groupe AORF est ancienne, et l’on pensait encore en octobre qu’une solution allait être trouvée via un rachat par l’entreprise semi-publique russe UVZ  (Uralvagonzavod), qui avait déjà repris – avec efficacité du point de vue tant économique que social – leur part dans la fonderie Sambre et Meuse à Feignies qui produit des bogies moulés et tampons ferroviaires. Mais la solution d’un rachat par UVZ tend à s’éloigner, puisque le PDG d’AORF, Eric Vinassac, président d’un cabinet spécialisé dans l’accompagnement du redressement des entreprises en difficultés, Bernard Krief Capital, et l’actionnaire majoritaire Jean-Luc Ramondeau, la refusent. En lieu et place ils ont préféré demander de la commande publique et de faire inscrire leurs entreprises dans un projet de la structuration fret au niveau national, mais se heurtent à l’absence totale de volonté des pouvoirs publics.

Site de Saint-Denis de l'Hôtel, mi-2012

Site de Saint-Denis de l’Hôtel, mi-2012

La solution pour AORF devrait donc tout de même être privée. Le russe UVZ et l’indien Tantia ont été approchés pour reprendre l’entreprise. Il y a de la charge de travail – maintenance de wagons essentiellement – jusqu’au 30 avril. Les deux sites sont minés par un important passif, 6 millions à SDHF qui n’a plus de trésorerie et 18 millions à Châteaubriant. L’on craint dans les deux usines que seule l’une d’entre elles sorte indemne de la situation. Châteaubriant se trouve entre les métropoles nantaises et rennaises, le mieux placé finalement pour la Bretagne et le grand Ouest (Maine, Perche, Anjou, Basse-Normandie). L’usine est en outre un leader français et européen de la fabrication de wagons porte-automobiles et peut compter sur une solide implication politique des pouvoirs publics locaux (Châteaubriant et CG44) pour échapper à la fermeture. Saint-Denis de l’Hôtel – qui vient d’ouvrir un atelier de maintenance des wagons de gaz – se trouve à 20 km d’Orléans sur une ligne vétuste dont le transport commercial a été quasi abandonné depuis le 30 mars 2012, et dont la rénovation et la réouverture en tram-train ne devrait intervenir qu’en 2020 au mieux, voire 2025. Par ailleurs le Loiret, assez fortement touché par la crise, est une région économique bien plus atone que la Bretagne, et fortement dépendante de la métropole parisienne. Bien malin celui qui pourra prévoir quelle usine, de Châteaubriant ou de Sant-Denis de l’Hôtel, sera sauvée.

L’horizon s’éclaire à Orléans pour ABRF

24 Oct

L’horizon se dégagerait-il pour ABRF ?  Alors que les 146 employés de Châteaubriant s’inquiètent pour leurs emplois  et le groupe orléanais dont ils dépendent (AORF), une autre entité de ce groupe, à Saint-Denis de l’Hôtel, vient de retrouver un marché très spécifique. Par ailleurs, le moment où le groupe russe intéressé par la reprise d’AORF présentera son offre est enfin connu.

Les ateliers de SDHF à Saint-Denis de l’Hôtel

Pour faire bref, AORF (Ateliers Orléanais de Réparations Ferroviaires) est constitué de deux entités depuis 2003, les ateliers de réparation ferroviaire de Saint-Denis de l’Hôtel, qui se trouvent sur l’ancienne ligne de chemin de fer Orléans-Aubigny sur Nère (SDHF) et ABRF à Châteaubriant (les Ateliers Bretons de Réalisations Ferroviaires Industries). Avant 2010, le groupe détenait une part majoritaire dans le capital de la fonderie Sambre et Meuse à Feignies (bogies moulés  et tampons ferroviaires) qui fut racheté cette année par le groupe ferroviaire public russe Uralvagonzavod (UVZ).  Le rachat, qui n’est pas passé inaperçu à l’époque dans la presse spécialisée , s’est plutôt bien passé, et en 2011 la fonderie a recruté. En juillet 2012, l’usine Sambre et Meuse emploie 210 personnes. Le groupe UVZen détient désormais 75% et a annoncé vouloir recruter 140 personnes dans les années à venir et investir 6 millions d’€ dans ce site en pleine expansion, adapté en moins d’un an aux spécifications techniques russes, et qui produit des pièces pour les marchés est-européens. Des perspectives qui peuvent être rassurantes pour AORF dans le cas d’un éventuel rachat par UVZ.

Vue de SDHF depuis la gare deSaint-Denis de l’Hôtel

Wagon militaire à SDHF

Depuis le 20 octobre, écrit Matthieu Villeroy pour la République du Centre l’atelier orléanais SDGF a rouvert une activité de nettoyage des wagons-citernes qui ont transporté du gaz, en investissant 300.000 € dans un atelier et une nouvelle torchère, et en décrochant un contrat pour nettoyer 100 wagons par an jusqu’en 2015 avec le transporteur Millet. SDHF, qui se trouve au nord du bourg de Saint-Denis de l’Hôtel, à 20 km à l’est d’Orléans sur la ligne de chemin de fer d’Orléans à Aubigny-sur-Nère, fermée aux voyageurs mais ouverte au fret jusqu’à Sully-sur-Loire, compte 110 salariés. Le site, qui assure aussi la maintenance de wagons militaires suite à des contrats publics,  pourrait même recruter 3 à 4 personnes avec son nouvel investissement. A Saint-Denis, ce n’est pas la plus grosse des entreprises, loin de là. Les Orléanais connaissent bien mieux le potentiel agro-alimentaire de la petite commune (2876 habitants) qui fait face à Jargeau, avec Mars Petcare&Food et la Laiterie.

Citerne militaire à SDHF

Depuis début septembre, le russe UVZ qui, souvenons-nous, avait acquis Sambre et Meuse en 2010, tourne autour d’AORF pour lequel il a déclaré son intérêt. UVZ envisageait alors d’acquérir 60% des actions, offre qui aurait été refusée par l’actionnaire majoritaire d’AORF. Puis le groupe russe est revenu à la charge, intéressé notamment par le carnet de clients très diversifié et bien implanté en UE de AORF. Eric Vinassac, le PDF, confirme que « nous [AORF] sommes dans l’attente d’une offre définitive. Elle pourrait être formulée début novembre devant le tribunal d’Orléans ». D’après la direction, le chiffre d’affaires 2012, non encore publié et clos en juin 2012, est de plus de 40 millions d’€ pour ABRF et plus de 11 millions d’€ pour SDHF.

De quoi donner une lueur d’espoir pour Châteaubriant dont ABRF est à la fois l’une des plus grandes et l’une des plus emblématiques entreprises (avec Viol-Castel Viandes et les usines Kuhn). Mais aussi pour le bassin d’emploi, dont la progression du taux de chômage en un an est de deux points supérieure à celle du département (en juin 2012, 9.4% contre 7.3% pour la Loire-Atlantique). Voire prouver peut-être que le redressement productif, cela peut se faire sans l’Etat. Comme dans tout pays normal.