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Succès pour l’opération Sème ta ZAD à Notre-Dame des Landes

5 Oct

aff1tc27.09.2013impr-5e8d7Depuis ce matin, près de 300 personnes sèment sans relâche céréales et arbres sur 24 hectares de terres en friche au coeur de la ZAD, aux Planchettes. Ces terres appartiennent à Vinci et sont situées sur l’emplacement prévu pour une piste de l’ex-futur aéroport nantais. L’opération est commune à la ZAD, au collectif d’organisations paysannes opposées au projet d’aéroport COPAIN et l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport).

Les TGI de Nantes et de Saint-Nazaire ont délivré deux ordonnances interdisant à « quiconque de mettre en culture ou de procéder à quelque plantation que ce soit sur les parcelles situées dans la zone d’aménagement différée (Zad)« , ordonnances d’ailleurs très probablement illégales car toutes les parcelles de la ZAD n’appartiennent pas à Vinci (près de 300 hectares ne sont pas expropriés) et elles troublent donc le droit de tout propriétaire (ou de tout teneur de bail agricole) de jouir de sa propriété ou de son bail. Cependant, la force publique ne s’est pas risquée sur la ZAD.

L’agriculteur Cyril Bouligand, membre de la Confédération Paysanne et du collectif COPAIN44 indique que « l’on sème un mélange céralier :  triticale, épeautre, seigle et avoine » et que « près d’un kilomètre de haies ont été plantées ». Une parcelle fait en effet 19 hectares et a été recoupée en plusieurs plus petites. Pour l’heure, c’est la seule opération de ce genre à l’ordre du jour, mais divers chantiers ont lieu ailleurs sur la ZAD, notamment au Moulin de Rohanne (près de la Saulce) où la maison est en cours de rénovation. Pendant ce temps, des gendarmes mobiles se sont installés dans un hôtel de Treillières, et d’autres logent à Ancenis. Mais s’ils viennent à Notre-Dame des Landes pour s’attaquer aux champs remis en culture, les opposants à l’aéroport disent d’une même voix : « on les défendra ».

Ce week-end Notre-Dame des Landes enterre le projet d’aéroport en musique

31 Juil

affiche-ndl-2013-a4-e93c5Tryo, Bred’Irie, les Ramoneurs de Menhir, Sanseverino, Hamon Martin Quintet… l’affiche a de quoi donner le tournis. Le 3 et le 4 août, l’ACIPA et la coordination de paysans hostiles au projet d’aéroport organisent le traditionnel rassemblement de Notre-Dame des Landes, en Bretagne. Mais il aura d’autant plus d’impact que la ZAD a traversé cet automne et cet hiver six mois d’un hiver rythmé d’affrontements avec les forces de l’ordre et le gouvernement, qui ont perdu le bras de fer avec les paysans et occupants de la zone.

Alors que le bruit d’un probable abandon de l’aéroport commence à fuiter de toutes parts le rassemblement devrait sortir de la torpeur estivale la lutte contre l’aéroport. Pendant deux jours se succéderont rencontres, conférences, informations et concerts autour de la lutte à Notre-Dame des Landes mais aussi des divers grands projets inutiles et imposés (GPII).

Télécharger le programme du festival de l’ACIPA

Le site du rassemblement est lui aussi emblématique. Situé sur un champ oblong, il se trouve non loin du croisement des Ardilières, porte d’entrée de la ZAD au nord qui donne notamment accès à la route RD281 – maintenant célèbre depuis qu’elle a été barrée avec des chicanes par les opposants, « définitivement » fermée par le conseil général de Loire-Atlantique – soutien farouche du projet d’aéroport – et non moins définitivement réouverte par les paysans qui avaient besoin d’accèder à leurs champs.

De son côté, les zadistes ont organisé en marge du rassemblement de l’ACIPA un festival off – intitulé le ZAD’nard déchaîné – dont la programmation laisse largement la place au punk, à l’életro et au rap engagé. Les concerts et spectacles, soutenus par un important sound system, commenceront dès l’après-midi du 2 août et se termineront dimanche 4. Cette manifestation n’a pas été déclarée et le maire de Notre-Dame des Landes a pris un arrêté pour interdire cette réédition estivale du Festizad de cet hiver.  Bien que la gendarmerie de Blain soit chargée de faire appliquer l’arrêté, il est peu probable qu’elle se fourre dans le guêpier et essaie d’évacuer les zadistes, qui ne sont guère plus émus que ça par l’arrêté de l’édile.

Dimanche matin, pour rejoindre le site du festival, un bus cycliste est prévu avec Vélorution Nantes. Il partira du parvis de la cathédrale nantaise à 9h30 et aussi Saint-Herblain devant Decathlon Atlantis à la même heure. L’arrivée sur place est prévue vers 11 heures. Les coordonnées GPS du site du rassemblement sont les suivantes 47.370237,-1.727561 Des parkings ont été prévus largement aux alentours, sur plusieurs parcelles agricoles le long de la RD81, des deux routes qui la relient au bourg de Notre-Dame des Landes (depuis les Ardinières et la Marchandais) et du chemin vicinal qui mène des Ardinières au Chêne des Perrières, et de là au Temple de Bretagne.

 

Programmation du festival off

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La chaîne humaine réunit 40.000 personnes à Notre-Dame des Landes

11 Mai

Depuis ce matin, des milliers de personnes convergent sur la ZAD pour participer à une immense chaîne humaine sur un parcours de 25 km  tout autour du site de l’ex-futur aéroport nantais, en passant par le bourgs de Notre-Dame des Landes au nord, les carrefours des Ardinières et du Chêne des Perrières à l’ouest, Vigneux et la Paquelais au sud, et le village de Chanais sur la route de Grandchamp des Fontaines à l’est.

La préfecture annonce une affluence ridicule et se discrédite

aéroport-crxL’affluence a été estimée par les organisateurs à 40.000 personnes ; la préfecture a annoncé 3.000 personnes à 10h, 5.000 à 11h, 8.000 à midi pour s’arrêter à 12.000 à 14h, ce qui est mathématiquement impossible. Dominique Fresneau, de l’ACIPA, explique : « Il y avait des gens qui se donnaient la main sur tout le pourtour de la chaîne, sur 25 km, soit 25.000 personnes. A 13h30 déjà, le tour était joué, mais les gens continuaient à affluer. Après vérification des images prises par les médias présents sur le site, nous confirmons le chiffre des 40.000 personnes, la valeur d’une chaîne humaine et demi ».

Et les chiffres de la Préfecture alors ? « On peut contester l’affluence d’une manifestation en ville », concède Dominique Fresneau en se référant à la polémique répétée sur les chiffres de la Manif pour Tous  « mais il est impossible de contester pour une chaîne humaine ou vraiment, tous les participants ne sont pas des surhommes et ne prennent pas dix mètres à eux seuls ; bref, la préfecture se discrédite complètement ». En vérité, comme pour la Manif pour Tous, la chaîne humaine dérange le gouvernement et le Premier Ministre. Consignes ont été données de minimiser l’événement, dans le but de diminuer l’importance du camouflet et essayer de le passer sous silence. Raté.

« Les gens restent mobilisés »

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Les eurodéputés EELV (Sandrine Bélier, Jean-Jacob Bicep, José Bové, Karima Delli, Yannick Jadot et Eva Joly) ont participé à la Chaîne Humaine. Depuis que l’on est presque sûrs – du fait de l’opposition de l’Europe à voir le droit bafoué – que le projet ne se fait pas, EELV s’oppose en bloc à l’aéroport, oubliant et ses ministres au gouvernement, et ses incertitudes passées, et le fait que le parti des Verts avait accepté que le nucléaire et l’aéroport soient écartés de l’accord électoral avec le PS. Au premier rang d’entre eux, Sandrine Bélier qui s’est beaucoup investie dans le dossier  notamment en portant le dossier du recours devant la commission des pétitions du Parlement Européen qui a permis aux instances européennes de se mêler du dossier et de faire pression sur la France, devant les illégalités flagrantes du projet. Des élus de tous bords, notamment François de Rugy, député Vert qui ne cache pas ses ambitions pour la mairie de Nantes, étaient présents.

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine - ChristoMiche sur Twitter

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine – ChristoMiche sur Twitter

La chaîne humaine n’a finalement pas réuni plus de personnes que la manifestation de réoccupation du 17 novembre, est-ce un handicap ? « L’affluence même en période apaisée, avec moins de risque immédiat pour la ZAD montre que les gens restent fortement mobilisés contre l’aéroport ». Quarante-cinq cars, majoritairement des cinq départements de Bretagne, mais aussi de l’Isère, de Toulouse ou du Loiret, sont venus sur le site ; de nombreuses personnes avaient choisi de venir la veille ou l’avant-veille et passer quelques jours de ce long week-end sur la ZAD. « Le temps ne nous a pas aidé, mais finalement la météo était bonne dans l’après-midi, les gens étaient sur les routes, au sec, il y avait plus de familles aussi, c’était très serein », poursuit Dominique Fresneau.

Beaucoup de personnes devraient finir leur journée au festival de soutien aux Planchettes. Hier, il y avait près de 5000 personnes sur le site, aujourd’hui ils pourraient être le double à enterrer le projet en musique, au cœur de la ZAD. Une mobilisation qui est aussi le succès collectif des 500 bénévoles qui se sont relayés pendant ces deux jours pour une organisation fluide et sans accrocs.

Album photos de la Chaine humaine : cliquez sur le lien

NDDL : la chaîne humaine dans les starting-blocks

10 Mai

chaîneA la veille de la grande chaîne humaine préparée par les opposants pour montrer leur détermination et le soutien populaire à « enterrer le projet » d’aéroport, de toute façon illégal  et pour cela complètement condamné par les experts scientifiques il y a un mois, nous avons posé quelques questions à l’organisateur officiel, Simon Roullaud. Négos avec la Préfecture, changements de dernière minute, affluence, voici les dernières nouvelles, en direct de Notre-Dame des Landes.

 

Compromis. Contrairement à toute attente, la Préfecture n’a pas essayé de faire pression sur les opposants : « c’était plutôt une bonne ambiance », tient à souligner Simon Roullaud, « ils cherchaient plutôt à trouver des solutions, des compromis. Le seul problème c’est qu’il a tout fallu régler ou presque à la dernière minute ».

 

Verre à moitié plein. Les principales négociations portaient sur les autorisations et l’accès aux secours. La manifestation se compose d’une chaîne humaine de 25 km autour de la ZAD  et d’un concert de soutien le soir, au beau milieu de la ZAD près de la RD281 toujours barricadée par des chicanes. « Pour la chaîne humaine, nous avons eu l’autorisation, pour le concert, non », résume Simon Roullaud. Pourquoi ? « Le lieu du concert est en plein milieu de la ZAD sur un terrain de AGO-Vinci (déjà exproprié), fallait avoir l’autorisation du propriétaire, fallait pas rêver ».  En revanche, ils ont obtenu l’accès des secours : « il a fallu déplacer l’accès au concert, qui ne se fera plus par le nord, mais par le sud, pour un meilleur passage des secours. Du coup, même si toutes les responsabilités sont sur notre dos – ce n’est pas la première fois, on a l’habitude – le concert présente toutes les garanties de sécurité ».

 

Présence policière. La Préfecture n’avait pas trop intérêt à aller jouer les matamores. D’abord parce que les forces de l’ordre sont assez défavorablement connues dans les parages et ensuite parce qu’il n’y a pas assez de policiers et de gendarmes pour protéger les lieux de pouvoir dans une France de plus en plus gagnée par le Printemps Français et le mécontentement. Même encasernés, les CRS passent leur temps à Paris et leurs folles journées se traduisent par un manque d’attention flagrant  sur la route. Par conséquent, la Préfecture n’a pas trop insisté : « les forces de police seront très au large », et « les accès à la manifestation seront complètement autogérés par les organisateurs ».

 

Zadistes. Ces dernières semaines, certains – y compris parmi nos confrères – avaient cherché la petite bête ou la grosse fracture parmi les opposants en insistant sur le manque d’enthousiasme parmi les zadistes – comprendre, les occupants de la ZAD autres que les paysans, propriétaires et locataires légaux – à s’investir dans un événement qu’ils jugeraient « démesuré » et « imposé ». Simon Roullaud avoue « un manque de pédagogie, mais le problème, c’est qu’il y a une telle horizontalité et tellement de lieux de vie qui vivent chacun de leur côté qu’il aurait fallu passer quinze jours sur la ZAD pour tout expliquer et vu le boulot énorme pour tout organiser, on n’avait tout simplement pas le temps ». Des soucis qu’il estime arrangés « il y a eu une réunion il y a quelques jours avec les zadistes, l’ambiance est très bonne, il y a plein de gens sur la ZAD qui sont chauds pour la chaîne humaine ». Bref, il appelle à « ne pas prendre l’hostilité d’une poignée de personnes » pour la voix de la ZAD toute entière.

 

Combien ? Pour l’heure, il n’est pas possible pour les organisateurs de se prononcer sur l’affluence qu’il pourrait y avoir demain. Trop de paramètres en jeu. A commencer par la météo. « Il y a eu beaucoup plus de travail que pour la manifestation de réoccupation du 17 novembre », explique Simon Roullaud. Notamment, le site, 1000 panneaux fabriqués et plantés partout en France. « Cependant, le 17 novembre, on était dans l’émotion. Là, on sait qu’il n’y aura probablement pas de travaux dans l’année à venir, le projet est gravement compromis, il y a un certain relâchement des deux camps, et on n’est plus dans l’émotion, mais dans la volonté durable ». Cependant, il consent à nous dire que le site a été visité 55.000 fois et que la souscription proposée a permis de « couvrir un tiers du budget » de l’événement. Il devrait toutefois y avoir au moins 20.000 personnes – c’est le nombre minimum pour faire une chaîne humaine sur l’itinéraire choisi, tout autour de la ZAD. Sans conteste, sur un site cette fois enfin libéré et des forces de police et des engins de chantier, seule l’affluence permettra d’évaluer la force du soutien populaire à l’abandon du projet d’aéroport. A demain !

 

Où, quand, comment, pourquoi ? S’informer et venir sur http://www.chaine-humaine-stop-aeroport.org

Fest-noz contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes ce soir à Pont-Péan (35)

20 Avr

bigouden-nddlA l’affiche Hamon/Martin Quintet ; Kedal ; Tan Arvest ; Ifig ha Nanda Troadec et Hamon/Leroy pour soutenir la lutte contre l’aéroport de Notre Dames des Landes. Le fest-noz est organisé par le collectif rennais de soutien aux opposants à l’aéroport. Il a lieu à partir de 20h00 à l’espace Beausoleil de Pont-Péan, au sud de Rennes sur la RN137 (gare de Bruz).
Renseignements sur le site. Entrée : 6€.

Aéroport de Notre-Dame des Landes : le CNPN enterre le projet

16 Avr

Le comité permanent du Conseil National de la protection de la nature s’est réuni le 10 avril au sujet de Notre-Dame des Landes. Les autorisations dont Vinci a besoin pour déplacer les espèces naturelles protégées et pour porter atteinte aux zones humides via la loi sur l’eau sont accordées par le CNPN. C’était à ce jour l’un des plus gros verrous internes à l’ordre juridique français qui s’opposait à la poursuite du projet. Il n’est pas près de sauter.

Le comité s’est réuni au sujet du rapport de la Commission Scientifique, une vraie bombe dont l’importance est minimisée par le gouvernement et qui conduit surtout à enterrer le projet. Définitivement. Le conseil national pour la protection de la nature l’a accepté. Il a fait plus encore : il s’y est rallié et le soutient, lui donnant un tout autre impact. Le comité permanent « fait sienne les douze réserves présentées dans le rapport et demande qu’elles soient effectivement prises en compte par les maîtres d’ouvrage », Vinci-AGO et l’Etat.

 

Deux ans d’études préalables à nouveau nécessaires

asilairLe comité permanent du CNPN recommande donc, conformément au rapport de la commission d’experts scientifiques, la réalisation de « compléments à l’état initial », soit d’études, « sur une période d’au moins deux années », ce qui couvre des études de la biodiversité, des biotopes, des flux hydrologiques… et surtout a comme conséquence que jamais la date d’ouverture de l’aéroport à 2017, ni même à 2018, avancée encore par le gouvernement, ne pourra être tenue; donc il faudra renégocier complètement le contrat de concession, qui prévoyait une date limite au début de 2018, et surtout refaire les études d’impact et l’enquête pour une nouvelle déclaration d’utilité publique, puique l’actuelle deviendra caduque. Surtout, comme pour étudier la biodiversité il faut porter atteinte le moins possible au milieu auquel on s’intéresse, les travaux doivent être suspendus, les opérations policières aussi.

Le comité poursuit en reprenant le grief relevé par le collège d’experts de la commission scientifique, à savoir « l’inopérance de la méthode pour déterminer les mesures compensatoires » et rappelle que cette méthode a servi pour l’examen des dérogations à la protection stricte des espèces qu’il a examinées le 5 juillet 2012. Le comité permanent du CNPN « considère que les demandes de dérogation qu’il a examinées doivent être revues avec la nouvelle méthode validée ». Sans autorisation de déplacement des espèces, pas de travaux possibles.

Infligeant un cinglant désaveu au gouvernement et à sa communication officielle – selon laquelle seul le rapport de la commission de dialogue, écrit pour empêcher le gouvernement Ayrault de trop perdre la face – et ses plumes – dans l’histoire – le comité permanent du CNPN achève le travail en tirant à la mitrailleuse lourde : « le CNPN demande à l’Etat, dans le cadre du projet de loi-cadre biodiversité, de revoir la procédure d’instruction des projets d’aménagement du territoire, afin d’instaurer l’indispensable articulation entre les dispositifs en place (étude d’impact, dérogation espèces protégées, incidence loi sur l’eau, fouilles, enquête publique) et le calendrier de réalisation des projets ». Bref, ce qui veut dire que la conception et le calendrier du projet de Notre-Dame des Landes ne prenait absolument pas en compte les obligations légales d’étude et de protection des milieux et des espèces. Donc que le projet est illégal, comme nous l’écrivions encore le 22 novembre dernier.

Télécharger l’avis du comité permanent du CNPN

L’ACIPA et Bretagne Réunie mettent en échec la propagande des Pays de Loire à Saint-Nicolas de Redon

5 Avr
Déchirage symbolique d'une bannière des Pays de Loire

Déchirage symbolique d’une bannière des Pays de Loire

La manifestation organisée par le comité local du Pays de Redon de Bretagne Réunie a réuni en soirée près d’une centaine de personnes jeudi 4 avril 2013 à Saint-Nicolas-de-Redon, auprès de l’espace Pierre Etaillard, à partir de 18h30. L’ACIPA et des agriculteurs des collectifs COPAIN44 et COPAIN56 se sont joints à la manifestation avec six tracteurs, pour faire un « comité d’accueil » à Jacques Auxiette dont la venue était annoncée.Ainsi s’est formée une convergence des luttes des opposants à l’aéroport et des militants Bretons. En effet, les principaux porteurs du projet d’aéroport que sont la région Pays de Loire, avec Jacques Auxiette en tête et la municipalité nantaise avec son ex-maire Jean-Marc Ayrault sont aussi les premiers ennemis de la Bretagne. Les membres du comité local redonnais de soutien à la lutte contre l’aéroport ne se sont pas laissés tromper et ne cachent pas leur soutien à la réunion de la Bretagne historique.

Cela faisait plusieurs semaines que les services de propagande de la région « Pays de Loire » distribuaient des tracts et des affiches à Redon et aux alentours pour un « atelier du futur » aux faux-airs de débat participatif à sens unique. Des prospectus ont ainsi été distribués jusque dans les boîtes aux lettres des Redonnais et sous leurs Halles… la région des Pays de Loire a ainsi démontré l’artificialité de ses frontières que ses services se sont avérés incapables de respecter bien qu’ils les imposent à la population de Loire-Atlantique. Tant qu’à faire, pour maximiser les chances que les citoyens de Redon soient au courant du « débat« , une affiche faisant ouvertement la propagande des Pays de Loire a été placardée à l’office de tourisme de Redon, dont la structure perçoit – du fait de l’ancrage de la communauté de communes du Pays de Redon en Loire-Atlantique – des subventions des Pays de Loire.

Un rassemblement pour répondre à une provocation des Pays de Loire

Militants Bretons et opposants à l'aéroport côte à côte contre la propagande des Pays de Loire

Militants Bretons et opposants à l’aéroport côte à côte contre la propagande des Pays de Loire

Le débat annoncé avait pour titre provocateur: « Construire ensemble les Pays de la Loire en 2040 », pour « construire collectivement l’idée d’un avenir désirable et trouver les moyens de l’atteindre ensemble ». Comme le montre la pratique, les Pays de Loire ont l’intention d’atteindre cet avenir désirable – seulement de leurs dirigeants – sans consulter les citoyens, en spoliant les paysans, en détournant le patrimoine commun des Bretons et en mettant en péril les richesses naturelles de la Loire-Atlantique. Curieuse méthode ! Les organisateurs de cette farce démocratique n’ont pas été déçus. Tout au plus dix personnes ! En comptant le service de sécurité, le vice-président de cette région Christophe Clergeau, qui remplaçait Jacques Auxiette, et le maire de Saint-Nicolas-de-Redon, également président de la communauté de communes du Pays de Redon, hôte bien malgré lui de ce flop de com’. Dans les jours précédents, en effet, des citoyens des communes du pays de Redon ont arraché la plupart des affiches qui annonçaient la réunion, marquant clairement leur désaccord avec le vol de leur Histoire et de leur identité par les Pays de Loire.Dans un premier temps, Emile Granville s’est exprimé au nom du comité local redonnais de Bretagne Réunie, rappelant que le Pays de Redon s’est clairement déclaré pour la réunification politique et administrative de la Bretagne. Un vœu pour la réunification a été voté en 2009 par la communauté de communes du Pays de Redon qui, avec les communes de Saint-Nicolas-de-Redon, Conquereuil, Massérac, Conquereuil, compte des grandes communes de Loire-Atlantique comme Avessac, Fégréac, Guémené-Penfao, et Plessé. Jean-François Le Bihan, président de Bretagne Réunie a dénoncé le blocage actuel du gouvernement sur tout processus démocratique de réunification. Alan Ar Gall, au nom de la fédération Kevre Breizh, a apporté le soutien des acteurs culturels de Bretagne. Paul Loret du comité local de Nantes a lui insisté sur la dimension économique de la réunification. Etaient présents de nombreux citoyens membres des comités locaux de Bretagne Réunie à Rennes, dans le pays de Lorient, du Sillon de Bretagne, de Nantes ou de Saint-Nazaire.

Le forum annulé faute de citoyens intéressés

Le vice-président des Pays de Loire Christophe Clergeau n'est visiblement pas très emballé par l'expression citoyenne

Le vice-président des Pays de Loire Christophe Clergeau n’est visiblement pas très emballé par l’expression citoyenne

Puis la parole a été libre au micro où chacun a pu faire valoir son opinion, notamment les agriculteurs spoliés du projet de Notre-Dame-des-Landes. Trois femmes – dont deux opposantes à l’aéroport – se sont notamment exprimées. Jusqu’au moment où – à force de crier « Clergeau, le débat c’est dehors et pas dedans où il n’y a personne » – et puisque le vrai débat démocratique était à l’extérieur de la salle, le vice-président Christophe Clergeau et le maire de Saint-Nicolas-de-Redon Jean-Louis Fougères, sont sortis sur le parvis du théâtre pour annoncer que le forum était annulé – faute de participants intéressés. A la question posée par Emile Granville, le vice-président a confirmé le désaccord de la région « Pays de Loire » d’une consultation spécifique de la population de Loire-Atlantique sur la réunification ; par ailleurs il a affirmé avec mépris que les manifestants n’avaient « pas une attitude constructive » et qu’il avait une « toute autre idée de l’aménagement du territoire, aux antipodes de ce genre de manifestation », c’est-à-dire de l’expression citoyenne. Si bien qu’avoir un point de vue différent de la « région » Pays de Loire n’est pas, de son point de vue, constructif.

Une manifestation sans débordements

Un des tracteurs du collectif paysan contre l'aéroport COPAIN44

Un des tracteurs du collectif paysan contre l’aéroport COPAIN44

Ce soir, Saint-Nicolas de Redon ressemblait un peu à Notre-Dame des Landes : en effet, cinq fourgons de gardes-mobiles étaient garés dans la rue adjacente à la salle polyvalente, qui est restée parfaitement vide de participants. Les gendarmes locaux étaient aussi présents, dans une ambiance bon enfant. Il n’y a pas eu de heurts ni de débordement. Symboliquement, une bannière des Pays de Loire a été détruite au cours de la manifestation. Une réunion semblable est prévue lundi prochain (8 avril) de 19 h à 21h30 par la région des Pays de Loire au cœur du pays de Retz à Saint-Philbert de Grandlieu, salle des Marais, allée des Chevrets. Une autre est prévue dans le premier port de Bretagne, Saint-Nazaire, le 13 mai de 19 à 21h30 salle Jacques Brel, avenue de Saint-Hubert, et une dernière le mardi 21 mars 2013 à Nort à l’espace Cap Nort sur la route d’Héric. Gageons que ce seront autant d’occasions de faire triompher la démocratie sur la propagande de la région Pays de Loire.

Vidéo de la manifestation réalisée par Yves Priou

 

Blocus de la ZAD : le préfet n’en démord pas

3 Avr
Cabanes sur la ZAD près de la RD81

Cabanes sur la ZAD près de la RD81

NDDL. Attention chien méchant. Rien ne fait lâcher prise à la Préfecture. Ni le fait que le blocus est illégal puisque constituant de facto une atteinte aux libertés fondamentales hors de proportion avec le but poursuivi, ni le fait que le projet d’aéroport est lui-même illégal  au point que l’Europe s’en mêle.C’est donc avec une remarquable constance que le 29 mars le directeur de cabinet de la Préfecture de Loire-Atlantique, Patrick Lapouze, a signé trois nouveaux arrêtés qui font effet du 2 avril au 2 mai. Comme les précédents, ils interdisent le transport de tout carburant et de « tout explosif, produit inflammable, feux d’artifices » sur les deux communes de Vigneux de Bretagne et de Notre-Dame des Landes ainsi que la circulation de véhicules transportant des matériaux de construction sur les mêmes voies que précédemment, « sauf nécessité dûment justifiée par une activité professionnelle ».

La légalité apparente de ces arrêtés en fait illégaux est confortée par un déni de justice indéfendable dans tout état de droit – à croire que la France ne l’est plus. Ainsi, sur quatre recours faits successivement contre ces arrêtés, deux ont été rejetés et deux n’ont pas été jugés… et ne le seront plus. Une saisine du Défenseur des Droits est à l’étude sur ce blocus. Il faut donc croire que les opposants à l’aéroport, et au passage l’ensemble des habitants des communes de Vigneux-de-Bretagne et de Notre-Dame des Landes sont trop Bretons pour avoir droit au droit français.

Télécharger les arrêtés :

–          interdisant le transport de carburants

–          interdisant le transport de produits inflammables

–          interdisant le transport de matériaux de contruction

NDDL : Le Parlement européen se saisit du dossier

20 Mar

Suite à l’audition des pétitions de l’ACIPA, du CédPA (élus doutant de la pertinence de l’aéroport) et de France Nature Environnement, le Parlement européen et la Commission ont accepté se saisir du dossier et demandent au plus tard avant mi-avril des informations complémentaires à la France. Le dossier de l’aéroport vient de devenir européen, officiellement.

Lors de l’audition, l’illégalité du projet vis-à-vis du droit européen a été mise en exergue. 98% de l’emprise de celui-ci est située sur des zones humides, rendant la compensation de celles-ci impossible et mettant en péril les objectifs 2025 du bon état des masses d’eau en Loire et Vilaine, la ZAD étant située à la limite entre les deux grands bassins versants du sud de la Bretagne. A la vérité, le projet d’aéroport est illégal en droit européen depuis cinq ans, en droit français depuis quatre ans.

Présents à l’audience, Françoise Verchère (du CédPA) et Sylvain Fresneau (de l’ACIPA) ont expliqué à la Commission  les dérapages d’un projet d’état, l’occupation policière, l’absence de perspectives économiques du projet, l’impact sur l’environnement et les paysans, « l’urgence » enfin de la situation et le risque de travaux imminents sur place. Le gouvernement français a préféré bouder l’audience, évitant de se faire montrer du doigt au niveau européen alors que le gouvernement traverse de grandes turbulences suite à l’explosion en vol du ministre du budget. Alain Mustière pour l’ACIPRAN a en revanche été présent, ainsi qu’un assez discret directeur de projet de chez Vinci.

A la sortie de l’audition, Sandrine Bélier, député européen EELV, juriste de l’environnement et membre de la Commission des Pétitions, a réagi : « Les débats ont clairement démontré que l’Etat français ne peut continuer dans cette voie au risque de méconnaître manifestement et volontairement le droit européen qu’il a pourtant transposé en droit français » avec les Grenelle de l’Environnement en 2009 et 2011. « Le débat n’est plus franco-français, il est maintenant très officiellement européen ! Pour une fois que nous pouvons agir en amont d’un projet destructeur, les parlementaires européens seront a la hauteur de leur responsabilité. » Ainsi, les Bretons seront protégés par le droit européen. Bonne nouvelle, car depuis le début des opérations policières il y a plus de six mois, les dérapages d’une justice bien peu indépendante  s’accumulent, et actuellement, deux communes de Bretagne supportent depuis près de quatre mois un blocus totalement illégal. Toutes les demandes de contrôle judiciaire de celui-ci ont été rejetées ou ne sont pas examinées. Les habitants et opposants au projet de Notre-Dame des Landes sont sans doute trop Bretons pour avoir droit au droit français.

A l’issue de l’audience, la présidente de la commission des pétitions a déclaré que des directives européennes importantes ont été violées et a demandé des compléments d’information au gouvernement français afin de réexaminer le dossier. La commission se montrera particulièrement vigilante afin d’empêcher que la France ne demande des délais et ne profite de ce temps pour passer en force et créer une situation irréversible à Notre-Dame des Landes. Une mission européenne pourra être par la suite envoyée sur place à la fois sur la ZAD et sur le site de l’aéroport nantais actuel.

220px-Sandrine_BELIER,_EELVJointe par BreizhJournal, Sandrine Bélier apporte quelques précisions sur l’importance de l’audience d’aujourd’hui. « Il y a un mois, le 19 février, la commission des pétitions avait reçu les parties pour un premier échange et signifié ses doutes quant à la légalité du projet. Maintenant, c’est une audience officielle qui permet de montrer la volonté de faire face aux potentielles violations du droit de l’Union Européenne ». Elle rappelle la France à ses devoirs : « les textes que l’Etat refuse d’appliquer pour Notre-Dame des Landes, ses représentants les ont négocié à Bruxelles. La France est un acteur majeur de l’UE, elle bénéficie des aides, de la PAC, etc. mais elle a aussi des devoirs envers les autres pays. La France ne peut pas choisir au coup par coup d’appliquer ses engagements selon si ça l’arrange ou pas ».  C’est donc un appel à la cohérence qui est adressé à l’Etat. De son côté, l’Europe garantit la transparence des débats, et la plus grande ouverture possible de ses institutions. C’est pourquoi, précise Sandrine Bélier, « la pétition des défenseurs du projet [l’ACIPRAN] a été acceptée, bien qu’ils ne soulevaient absolument aucun moyen de droit européen, afin de mettre toutes les cartes sur table et d’avoir le meilleur éclairage possible des enjeux citoyens et juridiques ».

L’Europe sera vigilante en cas de passage en force

Barricade sur la ZAD - Chemin de Suez, fin février 2013

Barricade sur la ZAD – Chemin de Suez, fin février 2013

Beaucoup de gens s’inquiètent, sur la ZAD et autour, d’une probable reprise des hostilités et d’un passage en force de Vinci, de l’Etat et consorts début avril Cette impression est renforcée par la conjonction des échéances : la commission d’enquête rend son rapport fin mars, le sort juridique de Bellevue devrait être scellé une nouvelle fois le 26 mars et celui de la Chat Teigne le 28. Ces inquiétudes ne sont pas partagées par Sandrine Bélier, en effet « nous entrons dans la période printanière de reproduction des batraciens. Il n’y a pas encore eu d’autorisation liée à la loi sur l’eau, ni d’autorisations pour transporter ailleurs les espèces, par conséquent il est difficile d’imaginer que des travaux – mêmes des ‘‘fouilles’’ – commenceraient alors que rien n’autorise un tel impact sur les espèces naturelles ».

Cependant, si l’Etat préférait le passage en force à la réponse aux interrogations européennes, « nous serons très vigilants et déterminés. Nous ferons tout pour que le Parlement mette en demeure la France d’arrêter immédiatement ses travaux, en prenant au besoin une position politique. « L’Europe a été saisie par les citoyens. L’Europe ne peut pas attendre, on réagira immédiatement pour rappeler à la France qu’elle fait partie de l’UE et doit donc respecter ses engagements ».

Une sortie par le haut pour le gouvernement français ?

A-__xCKCIAASoqhIl apparaît de plus en plus clairement aux populations Bretonnes que seule l’Europe pourra mettre fin de façon pérenne et pacifique au projet d’aéroport, et rappeler l’Etat à ses obligations, alors même que les contrepouvoirs – principalement la justice et une grande partie de la presse – ont préféré surtout être une chambre d’enregistrement de la volonté de l’Etat  et de Vinci. Voilà qui prouve que si la France sort de l’Europe comme certains « qui critiquent l’Europe bien qu’ils en bouffent », comme le fait remarquer Sandrine Bélier, le veulent,  il n’y aura plus de possibilité d’arrêter les dérapages liés aux projets d’Etats menés d’une façon aussi peu favorable à la démocratie et à la volonté citoyenne que l’est le projet d’aéroport.

En revanche, le fait que l’Europe se mêle du projet du fait de ses illégalités flagrantes et de « l’impérieuse nécessité de tout remettre à plat, parce que les décisions prises il y a 10 ou 30 ans ne prennent pas en compte les enjeux environnementaux apparus depuis» permet à l’Etat de mettre l’abandon du projet sur le dos de l’Europe « si l’Etat enterre le projet en disant, c’est la faute à Bruxelles, je l’assume, et c’est une solution de sortie politique honorable que je suis fière d’offrir sur un plateau d’argent au gouvernement », clame Sandrine Bélier. « Je suis née en 1973. Je fais partie de la génération qui n’a connu que la crise ; que des décideurs, quels qu’ils soient, incapables de trouver des solutions et de proposer un nouveau modèle. En 2012, il y avait un slogan, ‘‘Le Changement c’est maintenant’’ : je l’attends. Nous irons jusqu’au bout ».

NDDL : les fouilles à Saint-Jean du Tertre sont illégales

5 Fév

Et une de plus ! une illégalité de plus qui vient s’ajouter au monceau de petites et grandes atteintes à la loi qui se font chaque jour ou presque par le pouvoir à Notre-Dame des Landes, depuis le début des opérations le 16 octobre, voire depuis même bien avant. Nous apprenons ainsi que les fouilles archéologiques effectuées en ce moment à Saint-Jean du Tertre par une dizaine d’engins de chantier sous la protection d’une centaine de gardes-mobiles sont illégales.

IMG_6632Comment cela? C’est simple : 98 % de l’aire prévue pour le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes est constituée de zones humides. Fatalement, à Saint-Jean du Tertre, sur l’emplacement de l’ancienne ferme arasée discrètement mi-janvier, et sur ses terres afférentes, il y a des zones humides. Or, les fouilles ont commencé avant que l’arrêté préfectoral qui les autorise – et permet, donc, d’attenter aux zones humides – ne soit sorti. La rapidité d’exécution a donc prévalu sur la légalité. Mais hier matin, un huissier de justice a été mandaté par l’ACIPA sur place, et il a constaté l’atteinte aux zones humides. Ce procès-verbal devrait servir de fondement à un dépôt de plainte, puisque la destruction non autorisée de zones humides est passible de poursuites pénales et de sanctions pouvant aller jusque 18.000 € d’amende, assorties de mesures de remise en état. Voilà encore une épine judiciaire dans le pied du projet, et de son promoteur, un certain Ayrault Jean-Marc.

Répit de deux jours pour la ferme de Bellevue

28 Jan

Ils étaient bien décidés, ce matin vers six heures, à protéger la ferme de Bellevue à Notre-Dame des Landes de la destruction. Une vingtaine d’opposants et une trentaine de tracteurs ont passé la nuit dans la ferme et autour, rejoints un peu plus tard par plusieurs dizaines d’autres militants et paysans.  Comme nous l’avons constaté en arrivant par le Chêne des Perrières, la route qui mène de ce croisement à Vigneux est barrée en plusieurs endroits par de fortes barricades, renforcées toute la soirée de dimanche et la nuit jusqu’à quatre heures du matin.

Au petit matin, donc, les gendarmes ont fait une rapide pointe vers les environs de la ferme située à l’ouest de la ZAD. Avant de rebrousser chemin devant la première barricade, au Chantier Frais. Une camionnette de EDF, partie de Nantes, n’a pas non plus poursuivi vers la ferme. Les forces de l’ordre se sont contentées comme d’habitude de barrer les carrefours des Ardilières et de la Saulce. En effet, suite à un appel de l’opposante à l’aéroport et chef de file du collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDéPa) Françoise Verchère, le préfet a suspendu les opérations visant à détruire la ferme le temps que la situation se décante. Pour deux jours.

Vers dix heures, l’hélicoptère de la gendarmerie a survolé la maison et ses alentours pendant 10 mn pour repérer les barricades et les protections de la maison. Autour d’elle, une trentaine de tracteurs sont reliés par des câbles dans la cour au sud, derrière et dans le chemin, formant une enceinte qui hésite entre l’ellipse et le triangle ; d’autres tracteurs barrent la route d’accès à la ferme. Les paysans ont rétabli un tour de garde par canton, dans le but d’assurer une « présence permanente avec le plus grand nombre possible de volontaires pour protéger la ferme« . La route du Chêne des Perrières à Vigneux était coupée ce matin par quatre fortes barricades, deux avant et deux après la ferme. Celles-ci ont été renforcées pendant toute la matinée. L’une d’elle est appuyée à la corne d’un bois près du débouché du chemin de Suez, barré par trois barricades, dont un fossé en eau, le chemin ayant été décaissé sur 40 cm de pronfondeur et 2 m de large. L’on peut d’ailleurs constater ailleurs sur la ZAD – à la Sécherie notamment et sur le chemin qui mène du Sabot à la RD42 (Notre-Dame des Landes > La Pâquelais) que, du fossé en eau (sur lequel est parfois jeté une vague passerelle) au bastion en argile et divers objets en passant par la barrière (ou la chicane) mobile, la notion de rempart connaît un véritable revival.

Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades.

Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades.

« Ce n’est pas une ferme, c’est un village »

La ferme de Bellevue est assez importante à vue d’œil. Une longue longère poursuivie par une ancienne grange sur poteaux dont les espaces ont été progressivement murés. Deux hangars en tôle devant, une remise, d’autres remises derrière à usage de cave et de granges, une mare, une grangette devant dont une pièce est pourvue d’une cheminée. Le logis n’a que deux chambres en état, mais l’eau y est encore courante et l’électricité n’a pas été coupée. Le grenier est important et nu. La toiture et la façade ont été refaites par le Conseil Général, propriétaire du bâtiment, il y a une vingtaine d’années.

Découvrir la ferme de Bellevue

façade de la ferme

façade de la ferme

Le fermier passé (Serge Durand) n’a fait que peu d’entretien, et aucun agrandissement – pas même un hangar pour ses vaches, « toujours dehors » dans les près, selon un agriculteur voisin, hormis une petite extension derrière la maison. En partant, il a « tout emmené, y compris les interrupteurs », allant jusqu’à défoncer deux portes dans la grange pour récupérer les lourds linteaux de granit. La maison a un four à pain conservé. Devant celui-ci, il y avait un linteau en pierre que M. Durand a essayé d’emmener mais a laissé en plan, démolissant une partie du toit. Cependant, d’après un militant expert en la matière, « ce four peut remarcher. La sole est en bon état, la voûte a quelques petites fissures qui se rebouchent à l’argile. Rien de grave ».Si les militants réussissent à conserver la ferme debout, l’espoir d’une seconde boulangerie pour ravitailler en pain la moitié ouest de la ZAD est permis. L’actuelle se trouve dans une maison non expulsable, aux Fosses Noires, au sud-est de la ZAD. Mais ce n’est pas le vieux four, dont la sole est hors service, qui est utilisé, mais un four de boulanger en métal placé dans la même pièce, et qui n’utilise que le conduit de son confrère fatigué. Avec quelques aménagements de rigueur, la ferme de Bellevue pourrait accueillir en permanence de 30 à 40 personnes, créant un nouveau lieu occupé – et donc un point de fixation de la lutte autour d’un corps de ferme en dur – à l’ouest de la ZAD. Au seuil de l’une des pistes projetées et déjà présentes sur les cartes de l’IGN. Laissons donc le dernier mot à un zadiste « les pistes sur le papier, peut-être, mais dans la réalité, c’est nous qui gérons ».

Fest-noz contre l’aéroport de NDDL à Neulliac (56) le 18 janvier

10 Jan

Un fest-noz contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes est organisé le 18 janvier à Neulliac, petite commune du Morbihan au nord de Pontivy.  Plusieurs groupes Bretons sont annoncés, notamment Hamon-Martin Quintet ou Triorezed ha Diaoulezed, ainsi que les Ramoneurs de Menhirs.

Un habitant de la ZAD et un pilote opposé au projet seront présents et assureront des courtes prises de paroles entre les prestations des sept groupes invités. Ils répondront aux questions relatives au projet d’aéroport. L’entrée du fest-noz, organisé par le collectif centre-Bretagne contre le projet d’aéroport, est libre. Les bénéfices seront reversés à l’ACIPA.

Quand /  ? : Salle des fêtes de Neuilliac, à partir de 21h.

Coordonnées GPS : 48.128718,-2.982874

Affiche Fest-Noz

Près de 20 000 personnes au festiZAD à Notre-Dame des Landes

6 Jan

Malgré la boue et le temps très humide, des milliers de personnes sont rassemblées depuis le début du week-end pour un festival de musiques punk, reggae et electro sur le site du futur aéroport. La gendarmerie estime l’affluence à 8000 personnes, du côté de la ZAD on table sur « près de 30.000 personnes au plus, et 20 à 22.000 personnes sur le site« . Il reste à cette heure-ci, alors que le festival touche à sa fin, quelques milliers de festivaliers sur la ZAD (les 1600 hectares de l’aire prévue pour le projet d’aéroport) et quelques centaines sur le champ qui accueille les groupes de musique.

Les principaux accès routiers au FestiZAD ont été barrés vendredi par des gendarmes mobiles : il s’agit des carrefours stratégiques des Ardilières, au nord sur la RD81 et du Bois Rignoux, au sud sur la RD281 (tenu par des gendarmes mobiles de Châteauroux). Des barrages de gendarmerie où sont vérifiés l’identité des personnes et leur taux d’alcoolémie sont aussi installés à Fay de Bretagne, et auprès de la  RN165 (sorties de Vigneux, lieu-dit la Gazette près du Temple…). Ces multiples barrages ont freiné l’acheminement d’une partie du matériel et des vivres sur la ZAD, donnant l’occasion à l’AFP d’affirmer – en pure perte puisque les événements ultérieurs allaient lui donner tort – que les autorités auraient réussi à empêcher la tenue du FestiZAD. Dans les faits, ce sont surtout ce qu’un organisateur nous décrit comme  des « conditions climatiques apocalyptiques » qui ont retardé le début du FestiZAD sans entamer la détermination des bénévoles – notamment ceux venus des comités de soutien locaux de Loire-Atlantique, qui ont travaillé sans relâche pendant tout le week-end.

festizadLe site lui-même est un champ de boue, sur lequel des passerelles de bois sont jetées ça et là. Le champ qui accueille les groupes a été choisi à la toute dernière minute : le premier site choisi s’est avéré difficle d’accès, le second a été écarté parce que les organisateurs ont constaté que « l’on risquait de détruire des plantes qu’il fallait protéger », du coup le choix s’est fait pour un champ qui était accessible, mais très boueux. En début de festival il y avait encore un peu d’herbe, puis, à force de crapahutage, la boue a tout envahi… jusqu’aux genoux parfois, donnant l’occasion aux festivaliers de se distraire par des batailles de boue. Le festival lui-même a commencé vendredi soir à 21h, la scène reggae commençant dans la nuit de vendredi à samedi vers 3 h du matin. Samedi vers 11h30, la Préfecture a fini par prendre acte du fait accompli et a ordonné au barrage de gendarmerie des Ardilières, principal point d’accès au FestiZAD,  de laisser passer gens et voitures dans les deux sens sans les contrôler. En revanche, samedi soir, des barrages routiers étaient toujours maintenus à l’est de la ZAD, aux Fosses Noires (RD281) et au niveau de la Bellish, contrôles aisément contournés par les festivaliers, qui passaient par les champs. Certains concerts ont été délocalisés à la Sécherie, lieu à peu près sec. Quelques concerts ont été annulés ou reportés, soit que les groupes ne sont pas venus, soit à cause de l’état du site. Un des groupes qui y a joué a constaté la « présence de milliers de personnes et de robocops [policiers] dépassés par les événements« . Dans l’ensemble, la forte affluence malgré des conditions climatiques très difficiles et les difficultés posées par les barrages de police sonne comme une nouvelle victoire pour les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

La coordination contre l’aéroport organise le 11 janvier un concert à la Trocardière, à Rezé, où Gilles Servat chantera. Le concert démarrera à 20h. Prix libre à partir de 5€. La première partie du concert sera assurée par une « arme de sistraction massive », le groupe de musique local et militant les Génisses dans le maïs formé par Franck Gratte et Maxime Hupel, à l’initiative d’une compilation de morceaux de groupes engagés, libres de droit, au profit de la lutte de Notre-Dame-des-Landes.

NDDL : Destruction oui, expulsion non

11 Déc

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a rendu ce matin son jugement très attendu sur le devenir des constructions faites à la Châteignerie (la Chat Teigne), sur un terrain privé à l’ouest du Bois de Rohanne.

Il a reconnu que le préfet peut « solliciter les forces de l’ordre pour démolir les constructions qu’il juge illicites », ouvrant ainsi la voie à une opération policière de grande ampleur dont nous décrivions l’imminence dans notre édition d’hier.

Cependant, le jugement autorise le préfet à démolir, mais non à expulser les occupants des cabanes, dont plusieurs ont déclaré hier matin par lettre recommandée et fax à Vinci qu’il s’agissait de leur domicile principal. Ils le réaffirment ce matin dans un communiqué « un certain nombre de personnes expulsées depuis le 16 octobre habitent dans certaines des cabanes de la Châtaigne. Ces cabanes sont actuellement leur domicile et leur résidence principale. Toute démolition des cabanes impliquerait leur expulsion. Or il ne peut juridiquement y avoir d’expulsion de ces personnes de leur logement sans nouvelle procédure contradictoire et décision du tribunal d’Instance. »

La bataille juridique continue

Barricade sur la ZAD - photo Anaïs Denaux

Barricade sur la ZAD – photo Anaïs Denaux

Un nouveau front s’ouvre. En effet, les opposants ont demandé que leur soit appliquée la trêve hivernale pour le village collectif de la Châtaigneraie. Si celle-ci leur est reconnue, le village serait épargné au moins jusqu’au 15 mars 2013.

De plus, « le jugement n’a pas reconnu qu’il s’agissait de constructions en dur, mais s’est cantonné au terme de cabanes », commente Dominique Fresneau, de l’ACIPA. Soit des constructions légères, illégales, mais qui constituent un trouble à l’ordre public moins grave que s’il s’agissait de constructions en dur. Une justification en moins pour l’opération de grande ampleur. Plus important « le jugement a dédouané le propriétaire », M. Jacques Paressant, accusé par la Préfecture et AGO-Vinci d’avoir sciemment permis aux opposants à l’aéroport de venir construire sur son terrain, qu’il savait en fin de procédure d’expulsion. Il était donc accusé de n’avoir pu offrir les garanties civiles qui permettraient à AGO-Vinci de jouir sans trouble de sa propriété. La propriété du terrain litigieux est reconnue à AGO, et d’autres propriétaires se sont montrés soulagés, voire plus réceptifs à la possibilité d’ouvrir leurs terrains à des constructions comme celles de la Chateignerie. Le jugement de Saint-Nazaire pourrait faire école.

Par ailleurs, nous apprenons qu’un référé-suspension contre le nouvel arrêté interdisant le transport de carburants sur les communes de Notre-Dame des Landes et de Vigneux, pris le 7 décembre par le Préfet de Loire-Atlantique, vient d’être déposé au tribunal administratif de Nantes. C’est l’ACIPA,  association de riverains et de paysans opposés à l’aéroport, qui porte plainte avec l’accord de ses membres, avec un autre paysan.

« Tous les opposants s’apprêtent à résister »

Ils préfèrent prévenir, « au cas où la Préfecture passerait en force » et procéderait  avec force gendarmes mobiles et policiers, à l’expulsion massive de la ZAD, « sans respecter les procédures » juridiques ou en « reprenant ses attaques sur les autres habitats menacés de la ZAD » les occupants « manifesteront leur colère et leur détermination ». En effet, si l’expulsion de la Chateignerie (la Chat teigne) s’avère impossible, le pouvoir serait très tenté de vider les autres lieux occupés illégalement, sachant que la trêve hivernale ne s’applique pas aux squatteurs en application de l’article 313-3 du Code de la construction.

Le communiqué relaie deux autres initiatives : l’appel à une manifestation de grande ampleur à Nantes « quelques semaines » après une éventuelle expulsion massive de la ZAD et l’appel transmis à tous les collectifs de soutien de la contestation, ailleurs en France, à « occuper les lieux de pouvoir » en « réaction immédiate » à une grande opération de police sur la ZAD.

Plus de 4500 manifestants à Nantes contre l’aéroport

8 Déc

La manifestation contre les « grands projets nuisibles et inutiles », dont l’aéroport de Notre-Dame des Landes a rassemblé à Nantes ce samedi près de 4.500 manifestants. La police en compte 2.300 tandis que les organisateurs annoncent 5.000 personnes. La manifestation s’est déroulée sans incidents notables, avec une présence policière moindre que d’habitude.

Les manifestations d'aujourd'hui appelaient à la convergence des luttes contre les projets inutiles

Les manifestations d’aujourd’hui appelaient à la convergence des luttes contre les projets inutiles

Les abords de l’Hôtel de Ville étaient protégés par des barricades; 300 policiers et CRS environ étaient déployés pour assurer l’ordre public. A 17 h 30, la queue de la manifestation, qui ne comptait pas de tracteurs cette fois-ci, s’était presque entièrement dispersée. Joint par Breizhjournal, Dominique Fresneau indique qu’il y a « moins de monde qu’à la manif spontanée qui avait eu lieu  devant la Préfecture » de Nantes en réaction au déferlement policier du 24 novembre, mais que « la lutte continue et rassemble toujours plus de monde dans et autour de la ZAD« .

Les opposants ont d’ores et déjà appelé à de nouvelles manifestations le week-end prochain, alors que l’enquête sur l’étrange incendie de la grange du Rosier, qui a entièrement brûlé dans la nuit du 28 au 29 novembre, s’enlise. Enlisé aussi, le recours en excès de pouvoir fait par l’ACIPA (association des riverains et paysans opposés à l’aéroport) contre l’arrêté préfectoral qui interdit le transport de carburants. La semaine prochaine, la ZAD s’attend à une opération policière massive, mais l’ACIPA table sur le « trouble » des autorités, qui, d’après Dominique Fresneau, hésitent parce que « chaque opération policière menée sur le site renforce toujours plus la lutte et la cohésion » des opposants.

Manif du 8 décembre à Brest. Ou comment fêter l'Immaculée conception de façon laïque tout en rendant hommage à Notre-Dame.

Manif du 8 décembre à Brest. Ou comment fêter l’Immaculée conception de façon laïque tout en rendant hommage à Notre-Dame. Photo Comité de soutien NDDL Konk

D’autres manifestations contre l’aéroport étaient prévus en Bretagne et en France aujourd’hui et hier. A Châteaubriant, le 7 décembre, ils étaient 70, selon les organisateurs. A Carhaix, ce matin, ils étaient près de 300, et 400 à Brest, où certaines sources estiment la manifestation jusqu’à 500 voire 1000 manifestants. A Morlaix, le collectif local a organisé, à la dernière minute, un tractage sur le marché qui a réuni une dizaine de militants. Commentaire d’un jeune morlaisien blasé et anonyme « s’ils restent à ce genre d’actions, ils trouveront vite leurs limites. Le marché, c’est du terrain conquis, c’est boboland. Le peuple, il se trouve peut-être sur le marché de Carhaix, mais à Morlaix, il faut aller ailleurs« . Nous leurs suggérons d’aller tracter devant le n°3, rue de Kerfraval. Le LIDL.