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NDDL : la folle rumeur d’une intervention imminente contre la ZAD

13 Sep

Ces dernières semaines, la toile bruit d’une rumeur d’intervention policière imminente contre la ZAD, d’ici le 12, et maintenant la semaine prochaine. Cette rumeur a même provoqué une fausse alerte et un montage de barricades frénétiques le 11 sur la ZAD. Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il attendre du pouvoir ? D’où vient cette rumeur ? BreizhJournal fait le point pour vous éclairer.

 

 

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une intervention imminente ? Impossible pour Sandrine Bélier

Sandrine Bélier, euro-députée EELV du Grand Est, très investie dans la sauvegarde du grand hamster d’Alsace et l’empêchement du projet d’aéroport, trouve « farfelues » toutes les rumeurs sur une intervention imminente des forces de police sur la ZAD. Au moins jusqu’au 17. « C’est une bêtise que l’Etat ne peut pas faire, à moins de se faire taper sur les doigts tout de suite. Le 17, il y a l’audience devant la Commission des Pétitions du Parlement Européen, l’ACIPA sera là, de même que les représentants de l’Etat et de Vinci qui devront convaincre la Commission qu’il n’y a aucune contradiction entre le projet d’aéroport et le droit européen de l’environnement et de l’eau. Jusqu’au 17, aucune intervention policière contre la ZAD n’est possible, l’enjeu est trop important ». Et après le 17 ? « Ça dépendra de la décision de la Commission, et notamment si elle prend la décision d’envoyer sur place une mission parlementaire européenne, ou si elle prend position contre le début des travaux ».

 

Le pouvoir est tellement sûr de son dossier qu’il joue l’obstruction

En attendant, l’Etat clame à qui veut l’entendre que le projet de l’aéroport – et aussi du barreau routier 2×2 voies le desservant, déclaré d’utilité publique le 5 août 2013 – est dans les clous par rapport à la réglementation européenne. Ce qui n’est pourtant pas le cas : l’aéroport est illégal et a cinq ans de retard sur la réglementation européenne. En attendant, le pouvoir essaie de gagner du temps : un vote d’obstruction a uni socialistes et conservateurs pour empêcher l’envoi sur place d’une mission parlementaire, ce que déplorent les Verts, qui notent que si le dossier était si réglo que ça, les socialistes ne joueraient pas la montre ainsi. Cependant, pour Sandrine Bélier, ce n’est que partie remise : « il n’y a pas de refus, la décision n’a pas été prise. La prochaine échéance pour prendre cette décision, ce sera le 17 ».

 

Ayrault n’a rien compris, rien changé

Une hutte en terre banchée, à l'est de la ZAD

Une hutte en terre banchée, à l’est de la ZAD

Dans les colonnes de nos confrères de Presse-Océan début septembre, le sous-préfet chargé de la réalisation de l’aéroport déclarait péremptoirement que « nous ne sommes plus dans le dialogue, mais dans l’instruction » et que « le gouvernement est toujours dans la perspective de réaliser cet équipement ». Tellement que le comité scientifique qui a rendu son étude en avril remettant en cause le projet d’aéroport – en levant douze réserves importantes qui montrent que le projet, en l’état, ne respecte ni le droit français, ni le droit européen de l’environnement – va être remplacé par un nouveau groupement, et ce comité Théodule sera prié d’invalider le diagnostic de ses prédécesseurs. Maintenant qu’elle a été débarquée, l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho s’offre le plaisir d’une douce vengeance sur celui qui n’a jamais cessé d’être le maire de Nantes. Elle a en effet affirmé, interrogée par Reporterre, que « si l’on suit les conclusions de la commission scientifique, en l’état, le projet d’aéroport ne peut être conforme à la loi sur l’eau ». Et il se trouve que « on est obligés » de suivre les dites conclusions. Moralité : le gouvernement est dans l’impasse, quand bien même il réussit à circonscrire l’Europe, car les Bretons l’ont bien compris et ne le laisseront pas faire.

 

Pendant ce temps là chaque camp fourbit ses armes

 

Voici une zone humide : il n'a pas plu depuis trois semaines, c'est le mois d'août, et c'est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Voici une zone humide : il n’a pas plu depuis trois semaines, c’est le mois d’août, et c’est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Si le pouvoir décide d’intervenir sur la ZAD, il est obligé de le faire en période hivernale, avant la reproduction des batraciens protégés, tritons marbrés et autres salamandres au printemps. Ce qui laisse une courte période entre le 17 septembre et le mois de février, avec une autre contrainte : la trêve hivernale, fixée du 15 novembre 2013 au 1er mars 2014. Nombre d’occupants de la ZAD sont légaux (loyers, baux verbaux, baux agricoles, propriétaires non expropriés) et d’autres feront valoir au premier policier venu que leur cabane, caravane ou bout de ferme est leur résidence principale, obligeant à un procès en bonne et due forme pour les expulser, ou non. Ce qui a tout de suite une double conséquence : le périmètre des interventions possible est mité et les expulsions sont décalées dans le temps. Résultat, les opérations en perdent tout de suite une grande partie de leur efficacité.

En attendant, chaque camp se prépare. Des forages et des travaux préparatoires ont toujours lieu à l’est de la ZAD. Le 11 encore, le site Zad.nadir signale « Deux camions [de gendarmes mobiles] ont été vu stationnant au cimetière de Notre Dame, un autre circulant sur la route entre l’Epine et le Bois Rignoux. Merci à toutEs pour votre vigilance. Midi : les 2 camions sont maintenant positionnés devant la salle Jules Verne. Une camionnette blanche Biosnet a été vue sur la D281 ». Tandis que des cabanes continuent à pousser un peu partout, l’exploitant de la ferme du Moulin de Rohanne a quitté les lieux le 29 août 2013. Une escouade d’occupants s’est glissée juste derrière pour refaire la maison d’habitation et la rendre habitable dès que possible, ce qui en fait un nouveau lieu occupé. Ladite ferme a un atout intéressant : elle est située à proximité immédiate de l’un des carrefours stratégiques qui verrouillent la ZAD, le carrefour de la Saulce, au sud. Comme vigie pour guetter des pirates en bleus, l’on ne peut rêver mieux.

 

La propagande à destination des acteurs économiques et politiques continue

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un "pré humide" d'où sourd un ruisseau.

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un « pré humide » d’où sourd un ruisseau.

Pendant ce temps, malgré – voire à cause – de l’impasse évidente, la propagande pro-aéroportuaire continue. A la fin de l’été, une association présidée par le maire de Saint-Aignan de Grandlieu a estimé à 5000 les emplois qui pouvaient être créés en sud-Loire par le transfert de l’aéroport. L’estimation, purement gratuite, a de quoi faire rire si ce n’était pas si sérieux. Comment en effet pouvoir prétendre arriver à un tel chiffre quand aujourd’hui, les entreprises françaises croulent sous le poids conjugué de la crise, des normes et des impôts qui minent leur compétitivité, que l’écotaxe risque d’écrouler tout le reste et que conséquence logique, même à Nantes qui est pourtant une des villes les plus dynamiques de la France, des bureaux flambants neufs, peu chers et bien situés peinent à trouver preneurs depuis des mois ? Alors que Vierzonitude s’émeut des dizaines de vitrines vides qui trahissent le manque de dynamisme de Vierzon au centre de la France, des bourgades pourtant jeunes et vigoureuses comme Savenay ou La Chapelle sur Erdre ont-elles aussi des vitrines en bois et des locaux commerciaux ou d’artisans qui peinent à trouver preneur… et ce parfois depuis une décennie. Et l’on ne parle même pas de Paimboeuf ou Issé qui sont des vraies belles au bois dormant du département.

A Châteaubriant, l’ADIC (association des entrepreneurs du pays de Châteaubriant), bien briefée par tous ces fervents soutiens de l’aéroport de Notre-Dame des Landes que sont la CCI et Alain Mustière, président de l’ACIPRAN, vraie-fausse association citoyenne  pro-aéroport, s’apprête à implanter des panneaux « nos entreprises soutiennent l’aéroport du Grand Ouest » sur les terrains de ses membres. La même agit-prop est déployée en direction des entreprises du pays Nantais, dont certaines, abusées par des perspectives miroitantes, ont même déplacé jusqu’à leur siège pour être plus proches de l’ex-futur aéroport nantais. Mais aussi des entreprises du centre de la Loire-Atlantique, de Nort à Savenay.

Autre moyen de diffusion : les notables de l’opposition, principalement UMP et UDI (alliance centriste ou Nouveau Centre) qui gère plusieurs mairies et lorgne sur d’autres dans le secteur. A Blain par exemple, Jean-Michel Buf (UDI) est un fervent soutien de l’aéroport dont – comme bien d’autres notables de droite pendant des décennies – il espère monts et merveilles, notamment que l’équipement accélère l’installation d’habitants et d’entreprises à Blain, dont l’actuelle mairie est très opposée au transfert d’aéroport. Cette mairie de gauche arc-en-ciel (PS, PCF, Verts, Front de Gauche, citoyens non encartés) avait d’ailleurs été élue pour cela, dès le premier tour en 2008 et avait remplacé un maire UDF pâlot qui n’avait su préparer sa succession et attendait lui aussi beaucoup de l’aéroport. Les blinois n’ont pas été déçus : entre autres, les onze élus communistes de Blain ont envoyé une lettre à François Hollande et à leur fédération départementale – la seule de Bretagne et des contrées avoisinantes à soutenir encore mordicus le projet d’aéroport, toutes les autres ayant au moins demandé un moratoire sur les travaux – pour leur dire qu’ils sont contre l’aéroport, quelle que soit l’opinion de leur fédération. Jean-Michel Buf sera très probablement la tête de liste de l’opposition à Blain, et espère « une liste d’union pour virer le kolkhoze », autrement dit la liste de gauche plurielle, effectivement d’autant plus rouge que l’actuel maire socialiste, Daniel Leroux, pourrait ne pas rempiler. Liste d’union sans nul doute, mais pro-aéroport. Lorsque tout ce petit monde se réveillera et que les vapeurs de la propagande instillée par le pouvoir et ses relais économiques (CCI…) sans aucune considération pour les contraintes légales, naturelles et environnementales se seront dissipées, la gueule de bois sera terrible.

L’aéroport de Notre-Dame des Landes abandonné ?

10 Juil

asilairNotre confrère Jean-Patrick Grumberg, de Dreuz – site d’information francophone, pro-israélien et plutôt opposé au pouvoir en place – a annoncé que le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, si cher au Premier Ministre Jean-Marc Ayrault sera abandonné. Selon leur source – qui tient à conserver son anonymat pour éviter des sanctions –, « une étude confidentielle est en cours pour adapter Nantes-Atlantique » où « une piste fermée serait rouverte ». Des informations qui pourraient être confirmées dans les semaines à venir.

Nous sommes en mesure de préciser qu’une étude a effectivement lieu pour Nantes-Atlantique, mais elle n’a rien de confidentiel. Comme nous l’écrivions il y a quelques jours  cette étude doit « approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements » sur la base d’une fréquentation par 5, 7 ou 9 millions de passagers. Officieusement, il s’agit à la fois de confirmer les chiffres donnés par l’Etat en justification au projet – chiffres largement bidonnés, comme nous l’avons démontré et de se pencher sur divers problèmes liés à l’aéroport : desserte entre l’aéroport et le centre-ville, manque de parkings pour les avions, plan d’exposition au bruit, agrandissement ou non sur place.

La plateforme étant enserrée entre la ville (au nord et à l’est), l’usine Airbus (au nord-est), une zone industrielle (au sud et au sud-est), une zone militaire non déminée et des hameaux (à l’ouest), il existe quatre solutions techniques pour agrandir la capacité de l’aéroport : exproprier vers l’ouest, afin d’allonger la piste sécante jadis existante. Contestation garantie. Se contenter de la piste sécante existante (fermée), mais qui est très courte, sauf pour les petits monomoteurs. Construire une piste parallèle, qui sera un peu plus courte et plus à l’ouest que l’existante. Enfin, établir un seuil décalé sur la piste actuelle (une piste physique, deux ILS, deux pistes réglementaires)  comme à Francfort-sur le Main ou à Albi. Le commandant de bord d’Air France et pilote chevronné Jacques Darolles explique le fonctionnement de ce seuil décalé dans son récit nommé « Monsieur est un esthète » sur la Pilotlist. Si bien que la montagne de Notre-Dame des Landes risque d’accoucher d’une souris à Nantes-Atlantique. Ou d’une piste.

Même si les médias français (hors Médiapart, TerraEco et le Journal de l’Environnement) et Bretons (hors BreizhJournal suivi une semaine plus tard par le Télégramme) ont été très discrets sur les conclusions en avril dernier des experts de la commission scientifique, ceux-ci ont pourtant mis un coup d’arrêt au projet en préconisant, pour qu’il revienne dans les clous de la légalité européenne et française, divers procédés (révision de la compensation des zones humides, vraie étude des biotopes etc.) qui obligent à un an, sinon deux ans d’études préalables et d’enquêtes publiques neuves avant de donner le premier coup de pelle. De quoi définitivement couler la concession – l’aéroport devant être inauguré avant le 1er janvier 2018 – et faire payer 80 millions d’euros à Vinci par l’Etat. C’est un secret d’Etat mal gardé, mais l’aéroport de Notre-Dame des Landes, en sus d’être ruineux et inutile, est complètement illégal  et fait tiquer l’Union européenne. De quoi placer le gouvernement dans une impasse politique, qui se double d’un imbroglio très local alors que les municipales se profilent : la Loire-Atlantique est en effet l’un des rares départements où la gauche espère gagner des communes, sinon éviter des pertes, la droite locale étant encore moins performante  que la gauche au pouvoir. Enfin, dernier argument de poids : alors que le budget 2014 paraît impossible à boucler, tant il manque de milliards d’euros à l’appel, lâcher le projet d’aéroport permettrait d’économiser et de geler les dotations aux collectivités territoriales concernées.

Le ministère des Transports devrait mettre fin aux tergiversations à l’automne, en publiant (ou pas) le calendrier prévisionnel des travaux qui tiendrait compte – enfin ! – des obligations légales prévues par la loi-cadre européenne sur l’eau… du 16 décembre 2008. D’ici là, il est fort probable que l’Europe envoie au début de l’automne une mission parlementaire sur le terrain, ce qui ne manquera pas d’enfoncer un peu plus le projet. En attendant, les bruits d’un probable abandon du projet ne peuvent que remettre du baume au cœur de la partie écologiste de la majorité – devenue très utile maintenant que le gouvernement a perdu huit législatives partielles à suivre, dont quatre sièges de députés PS – et dont les Verts représentants se demandent s’ils n’ont été les dindons (bio) de la farce en 2012.

Le gouvernement se penche sur l’amélioration de Nantes-Atlantique

6 Juil

desserte-NAOfficiellement, sur Notre-Dame des Landes, la position du gouvernement peut se résumer au slogan du Printemps Français : « on ne lâche rien ». En pratique, devant la forte hostilité du Parlement Européen  à l’encontre d’un projet d’aéroport totalement illégal en droit européen depuis cinq ans et en droit français depuis quatre, le gouvernement – Ayrault en tête – se voit forcé d’avaler quelques couleuvres, d’autant plus que les municipales ne sont pas loin et s’annoncent mal pour la gauche.

L’Europe, justement, a demandé un complément d’information au gouvernement et s’apprête à envoyer une mission parlementaire à l’automne. Si bien que si le gouvernement a claironné – par la voix des caciques socialistes de la région des Pays de Loire – que les travaux reprendraient « à l’automne » puis « à la Toussaint », il ne s’avance plus sur aucun calendrier de travaux. Il fait bien : les travaux préparatoires avaient continué ces derniers temps en toute discrétion. Peine perdue : les forages ont été empêchés par les paysans, tandis que les zadistes sont allés visiter à plusieurs reprises le chantier de déplacement d’une ligne électrique, préalable à l’agrandissement d’un chemin autour de la ZAD. Moralité : en quelques mois, quelques poteaux plantés, et encore ont-ils été récemment sérieusement abîmés. Avec ces rythmes de construction records, l’Ayraultport n’est pas près de décoller.

Le ministre des Transports Cuvillier a annoncé le 28 juin l’étude d’un réaménagement de Nantes-Atlantique pour « approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements » sur la base d’une fréquentation par 5, 7 ou 9 millions de passagers. Officieusement, le but est de confirmer les chiffres officiels déjà donnés en appui au projet de Notre-Dame des Landes, c’est-à-dire que Nantes-Atlantique ne pourrait faire face à 9 millions de passagers. Mais les derniers mois ont permis de montrer – y compris sur BreizhJournal – que les 9 millions de passagers que Vinci vise pour…2065 (!)  sont un chiffre complètement fantaisiste et passablement dopé aux EPO.

Un autre argument risque de faire irruption dans le débat : l’Etat n’a (vraiment) plus d’argent, et s’apprête à couper le jus aux collectivités locales via les dotations. Onze milliards d’impôts divers prévus ne sont pas rentrés dans le budget 2013 : les recettes de TVA se sont effondrées, les gens ne consomment plus, celles de la TIPP (taxe sur les carburants) aussi, puisqu’ils roulent de moins en moins, surtout s’ils perdent leur travail, l’assurance-maladie et les caisses de retraites sont un champ de ruines du fait de la crise économique, et ainsi de suite. Au prochain budget, ce sont plusieurs dizaine de milliards qui manquent à l’appel. Un constat qui explique la dureté de la commission Duron qui a mis au placard la majeure partie des projets LGV et autoroutiers prévus, à commencer par la ligne TGV Lyon-Turin  (TAV).  Pour que le gouvernement, à huit mois des municipales, se décide à heurter des cohortes d’élus locaux en tous genres, y compris des socialistes, qui tenaient à ces grands projets pour leur réélection, c’est qu’il y a sérieusement le feu au lac. L’argument de la crise risque de devenir la première raison du désengagement de l’Etat, ou tout au moins un argument fort des opposants pour l’appeler à se retirer et laisser tomber l’Araultport.

Loin de toutes ces tensions budgétaires, l’association britto-angevine de citoyens « proposants » dans le domaine des transports Nexus  profite de la réévaluation de l’aéroport pour proposer de remettre en service la ligne de chemin de fer qui relie Nantes à l’aéroport de Nantes-Atlantique. Celle-ci est actuellement une ligne réservée au trafic des marchandises quasi inutilisée qui aboutit dans le domaine des activités aéroportuaires (D2A) en passant devant l’Aérogare et l’usine Airbus. Ancien tracé de la ligne de Nantes à Sainte-Pazanne, elle se débranche de l’actuelle ligne au nord de l’aéroport pour filer tout droit vers l’aérogare, tandis que l’actuelle ligne fait le tour. L’association propose d’établir une station devant l’usine Airbus (actuellement seulement desservie par le bus Tan, de l’autre côté) et une « gare ferroviaire performante » à l’aéroport, puisqu’il y a largement la place afin de mettre « 1.300.000 personnes à moins de 60 minutes de l’aéroport » via la liaison ferroviaire nouvellement créée. De quoi limiter l’extension des parkings – et les dépenses qu’ils engendrent, tant pour l’aéroport que les usagers – et rendre l’aéroport plus attractif.

La chaîne humaine réunit 40.000 personnes à Notre-Dame des Landes

11 Mai

Depuis ce matin, des milliers de personnes convergent sur la ZAD pour participer à une immense chaîne humaine sur un parcours de 25 km  tout autour du site de l’ex-futur aéroport nantais, en passant par le bourgs de Notre-Dame des Landes au nord, les carrefours des Ardinières et du Chêne des Perrières à l’ouest, Vigneux et la Paquelais au sud, et le village de Chanais sur la route de Grandchamp des Fontaines à l’est.

La préfecture annonce une affluence ridicule et se discrédite

aéroport-crxL’affluence a été estimée par les organisateurs à 40.000 personnes ; la préfecture a annoncé 3.000 personnes à 10h, 5.000 à 11h, 8.000 à midi pour s’arrêter à 12.000 à 14h, ce qui est mathématiquement impossible. Dominique Fresneau, de l’ACIPA, explique : « Il y avait des gens qui se donnaient la main sur tout le pourtour de la chaîne, sur 25 km, soit 25.000 personnes. A 13h30 déjà, le tour était joué, mais les gens continuaient à affluer. Après vérification des images prises par les médias présents sur le site, nous confirmons le chiffre des 40.000 personnes, la valeur d’une chaîne humaine et demi ».

Et les chiffres de la Préfecture alors ? « On peut contester l’affluence d’une manifestation en ville », concède Dominique Fresneau en se référant à la polémique répétée sur les chiffres de la Manif pour Tous  « mais il est impossible de contester pour une chaîne humaine ou vraiment, tous les participants ne sont pas des surhommes et ne prennent pas dix mètres à eux seuls ; bref, la préfecture se discrédite complètement ». En vérité, comme pour la Manif pour Tous, la chaîne humaine dérange le gouvernement et le Premier Ministre. Consignes ont été données de minimiser l’événement, dans le but de diminuer l’importance du camouflet et essayer de le passer sous silence. Raté.

« Les gens restent mobilisés »

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Les eurodéputés EELV (Sandrine Bélier, Jean-Jacob Bicep, José Bové, Karima Delli, Yannick Jadot et Eva Joly) ont participé à la Chaîne Humaine. Depuis que l’on est presque sûrs – du fait de l’opposition de l’Europe à voir le droit bafoué – que le projet ne se fait pas, EELV s’oppose en bloc à l’aéroport, oubliant et ses ministres au gouvernement, et ses incertitudes passées, et le fait que le parti des Verts avait accepté que le nucléaire et l’aéroport soient écartés de l’accord électoral avec le PS. Au premier rang d’entre eux, Sandrine Bélier qui s’est beaucoup investie dans le dossier  notamment en portant le dossier du recours devant la commission des pétitions du Parlement Européen qui a permis aux instances européennes de se mêler du dossier et de faire pression sur la France, devant les illégalités flagrantes du projet. Des élus de tous bords, notamment François de Rugy, député Vert qui ne cache pas ses ambitions pour la mairie de Nantes, étaient présents.

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine - ChristoMiche sur Twitter

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine – ChristoMiche sur Twitter

La chaîne humaine n’a finalement pas réuni plus de personnes que la manifestation de réoccupation du 17 novembre, est-ce un handicap ? « L’affluence même en période apaisée, avec moins de risque immédiat pour la ZAD montre que les gens restent fortement mobilisés contre l’aéroport ». Quarante-cinq cars, majoritairement des cinq départements de Bretagne, mais aussi de l’Isère, de Toulouse ou du Loiret, sont venus sur le site ; de nombreuses personnes avaient choisi de venir la veille ou l’avant-veille et passer quelques jours de ce long week-end sur la ZAD. « Le temps ne nous a pas aidé, mais finalement la météo était bonne dans l’après-midi, les gens étaient sur les routes, au sec, il y avait plus de familles aussi, c’était très serein », poursuit Dominique Fresneau.

Beaucoup de personnes devraient finir leur journée au festival de soutien aux Planchettes. Hier, il y avait près de 5000 personnes sur le site, aujourd’hui ils pourraient être le double à enterrer le projet en musique, au cœur de la ZAD. Une mobilisation qui est aussi le succès collectif des 500 bénévoles qui se sont relayés pendant ces deux jours pour une organisation fluide et sans accrocs.

Album photos de la Chaine humaine : cliquez sur le lien

NDDL : la chaîne humaine dans les starting-blocks

10 Mai

chaîneA la veille de la grande chaîne humaine préparée par les opposants pour montrer leur détermination et le soutien populaire à « enterrer le projet » d’aéroport, de toute façon illégal  et pour cela complètement condamné par les experts scientifiques il y a un mois, nous avons posé quelques questions à l’organisateur officiel, Simon Roullaud. Négos avec la Préfecture, changements de dernière minute, affluence, voici les dernières nouvelles, en direct de Notre-Dame des Landes.

 

Compromis. Contrairement à toute attente, la Préfecture n’a pas essayé de faire pression sur les opposants : « c’était plutôt une bonne ambiance », tient à souligner Simon Roullaud, « ils cherchaient plutôt à trouver des solutions, des compromis. Le seul problème c’est qu’il a tout fallu régler ou presque à la dernière minute ».

 

Verre à moitié plein. Les principales négociations portaient sur les autorisations et l’accès aux secours. La manifestation se compose d’une chaîne humaine de 25 km autour de la ZAD  et d’un concert de soutien le soir, au beau milieu de la ZAD près de la RD281 toujours barricadée par des chicanes. « Pour la chaîne humaine, nous avons eu l’autorisation, pour le concert, non », résume Simon Roullaud. Pourquoi ? « Le lieu du concert est en plein milieu de la ZAD sur un terrain de AGO-Vinci (déjà exproprié), fallait avoir l’autorisation du propriétaire, fallait pas rêver ».  En revanche, ils ont obtenu l’accès des secours : « il a fallu déplacer l’accès au concert, qui ne se fera plus par le nord, mais par le sud, pour un meilleur passage des secours. Du coup, même si toutes les responsabilités sont sur notre dos – ce n’est pas la première fois, on a l’habitude – le concert présente toutes les garanties de sécurité ».

 

Présence policière. La Préfecture n’avait pas trop intérêt à aller jouer les matamores. D’abord parce que les forces de l’ordre sont assez défavorablement connues dans les parages et ensuite parce qu’il n’y a pas assez de policiers et de gendarmes pour protéger les lieux de pouvoir dans une France de plus en plus gagnée par le Printemps Français et le mécontentement. Même encasernés, les CRS passent leur temps à Paris et leurs folles journées se traduisent par un manque d’attention flagrant  sur la route. Par conséquent, la Préfecture n’a pas trop insisté : « les forces de police seront très au large », et « les accès à la manifestation seront complètement autogérés par les organisateurs ».

 

Zadistes. Ces dernières semaines, certains – y compris parmi nos confrères – avaient cherché la petite bête ou la grosse fracture parmi les opposants en insistant sur le manque d’enthousiasme parmi les zadistes – comprendre, les occupants de la ZAD autres que les paysans, propriétaires et locataires légaux – à s’investir dans un événement qu’ils jugeraient « démesuré » et « imposé ». Simon Roullaud avoue « un manque de pédagogie, mais le problème, c’est qu’il y a une telle horizontalité et tellement de lieux de vie qui vivent chacun de leur côté qu’il aurait fallu passer quinze jours sur la ZAD pour tout expliquer et vu le boulot énorme pour tout organiser, on n’avait tout simplement pas le temps ». Des soucis qu’il estime arrangés « il y a eu une réunion il y a quelques jours avec les zadistes, l’ambiance est très bonne, il y a plein de gens sur la ZAD qui sont chauds pour la chaîne humaine ». Bref, il appelle à « ne pas prendre l’hostilité d’une poignée de personnes » pour la voix de la ZAD toute entière.

 

Combien ? Pour l’heure, il n’est pas possible pour les organisateurs de se prononcer sur l’affluence qu’il pourrait y avoir demain. Trop de paramètres en jeu. A commencer par la météo. « Il y a eu beaucoup plus de travail que pour la manifestation de réoccupation du 17 novembre », explique Simon Roullaud. Notamment, le site, 1000 panneaux fabriqués et plantés partout en France. « Cependant, le 17 novembre, on était dans l’émotion. Là, on sait qu’il n’y aura probablement pas de travaux dans l’année à venir, le projet est gravement compromis, il y a un certain relâchement des deux camps, et on n’est plus dans l’émotion, mais dans la volonté durable ». Cependant, il consent à nous dire que le site a été visité 55.000 fois et que la souscription proposée a permis de « couvrir un tiers du budget » de l’événement. Il devrait toutefois y avoir au moins 20.000 personnes – c’est le nombre minimum pour faire une chaîne humaine sur l’itinéraire choisi, tout autour de la ZAD. Sans conteste, sur un site cette fois enfin libéré et des forces de police et des engins de chantier, seule l’affluence permettra d’évaluer la force du soutien populaire à l’abandon du projet d’aéroport. A demain !

 

Où, quand, comment, pourquoi ? S’informer et venir sur http://www.chaine-humaine-stop-aeroport.org

Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA par la SNCF de Rennes

22 Avr

Donner du travail aux ouvriers PSA de Chartres de Bretagne, ce n’est pas si simple. La SNCF avait pourtant eu l’idée d’en employer 85 sur le site même de la Janais – afin de restyler des TGV à Rennes. Ces travailleurs extérieurs devraient être encadrés par quinze agents sous statut cheminot. Finalement, ils ne seraient que 80 ouvriers, mais la SNCF installerait ses équipements dès cet été. Le site de la Janais dispose de 1700 possibilités de reclassements pour les ouvriers qu’il va licencier, dont 600 en CDI à l’extérieur.

Logo Sud Rail BZH vertCependant ce projet récent n’est pas parti pour rouler sur de bons rails. Le syndicat cheminot Sud Rail Bretagne – pour lequel soit dit en passant, Bretagne se conçoit à cinq départements – met le carré et s’insurge contre cette « sous-traitance massive » et dénonce ce qu’il estime être un lugubre « poisson d’avril » dirigé contre les Ateliers – que l’on appelle Technicentre depuis une dizaine d’années – depuis longtemps dans le viseur. En effet, en janvier 2011, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de l’activité des ateliers dédiée aux voiture – 300 emplois par terre dans l’entreprise historique et les sous-traitants – en annonçant pour faire passer la pilule la construction d’un nouvel atelier en banlieue de Rennes où serait délocalisée la seule réparation des pièces de frein. 150 cheminots avaient alors manifesté contre ce projet.

Le syndicat Sud Rail rappelle que « Arnaud Montebourg, Ministre du  Redressement Productif a fait une visite surprise le 19 octobre 2012 aux Ateliers de construction du Centre (ACC) de Clermont-Ferrand annonçant aux 350 salariés de l’entreprise en difficulté la prolongation d’un contrat avec la RATP pour rénover des rames du RER B. Dans la foulée le directeur de la SNCF fait de même » sans doute par excès de zèle. Parce que les emplois sauvegardés de Clermont le seront aux dépens de ceux des cheminots Bretons, qui s’occupent justement des rames Mi79 du RER B. ACC est en effet une entreprise concurrente de la SNCF.

FeuRougeClignotantCe n’est d’ailleurs pas la première fois que les emplois Bretons sont cassés au profit d’activités concurrentes – et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site nantais pour obtenir un semblant de paix sociale en Lorraine. Deux fois raté, puisque les Lorrains ne se sont pas laissés prendre et que la fermeture des hauts-fourneaux entérinée il y a quelques jours laisse une région exsangue, humiliée et meurtrie. Sud-Rail Bretagne conclut en demandant que « cesse la comédie », que l’avenir des ateliers SNCF, de ses employés et sous-traitants soit fixé, et que cesse la « sous-traitance massive » effectuée par la SNCF aux dépens des cheminots et la « vente à la découpe » de l’entreprise. L’activité de restylage des TGV est prévue pour ne durer que 4 à 5 ans, et ce qui se fera à la Janais chez PSA sera fait au détriment des Technicentres (ateliers SNCF) de Romilly, Bischeim et Hellemmes qui tourneront en partie à vide. Sud-Rail demande donc une activité pérenne et le statut de cheminot pour tous.

Fest-noz contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes ce soir à Pont-Péan (35)

20 Avr

bigouden-nddlA l’affiche Hamon/Martin Quintet ; Kedal ; Tan Arvest ; Ifig ha Nanda Troadec et Hamon/Leroy pour soutenir la lutte contre l’aéroport de Notre Dames des Landes. Le fest-noz est organisé par le collectif rennais de soutien aux opposants à l’aéroport. Il a lieu à partir de 20h00 à l’espace Beausoleil de Pont-Péan, au sud de Rennes sur la RN137 (gare de Bruz).
Renseignements sur le site. Entrée : 6€.

Manifestants gazés en gare de Nantes : le système Ayrault tombe le masque

17 Avr

Quatre jours après que les manifestants qui bloquaient samedi 13 avril au soir le train de Caroline Fourest en gare de Nantes se soient fait charger et gazer  en pleine gare sans évacuation préalable – mettant en péril des milliers d’usagers et les agents SNCF dont plusieurs se sont fait gazer – une question taraude tout le monde : qui a donné l’ordre de cette énorme bavure, et pourquoi ? La préfecture n’a pas voulu s’exprimer. Nous sommes en mesure de répondre aux deux. Décryptage.

Le côté mou et le côté casque à pointe

ayrault-930_scalewidth_630Nous disposons d’informations très confidentielles qui nous permettent d’affirmer que l’ordre de gazer n’a pas été donné par le Préfet. Ni même par le Ministre de l’Intérieur. Mais plus haut encore. Celui qui a longtemps sévi à Nantes développe maintenant au gouvernement une hésitation molle qui tranche avec la rigidité avec laquelle il menait les affaires nantaises et imposait ses choix à tous – c’est ainsi qu’il a relancé le grand projet inutile et bientôt enterré de Notre-Dame des Landes. Rigidité à laquelle tout le monde se pliait, y compris les élus de l’opposition. C’est en quelque sorte le côté casque à pointe de ce professeur d’allemand.

Loïc Maurice (CNIP), candidat aux municipales de Nantes nous raconte son premier conseil municipal « Il y avait un curieux ballet de chemises cartonnées vertes et rouges ; attentif à tout, je l’avais remarqué. Des chemises vertes qui étaient transmises par les élus de la majorité au cabinet du maire, dont ils recevaient des chemises rouges. Alors je demande au collaborateur de l’opposition – un fonctionnaire payé par la mairie chargé de nous aider – ce que c’est que cela. Il répond avec un très grand naturel : les chemises vertes contiennent les questions posées par les élus de la majorité au maire. Les chemises rouges contiennent ces mêmes questions – reformulées dans un sens plus acceptable pour le maire et la réponse d’avance rédigée qui allait leur être donnée au conseil, ainsi que le nom de la personne qui la leur donnerait. Et les élus de la majorité se pliaient tous à ce rituel bien peu démocratique – et qui montrait le peu de considération que le maire leur portait –  comme des toutous ». Les élus de l’opposition aussi, puisqu’ils ne l’ont pas dénoncé et ont d’ailleurs fait encore mieux en se rendant incapables de s’organiser pour reprendre la ville aux socialistes, avec un niveau d’amateurisme et de tambouille interne qui frisait, tant en 2001 qu’en 2008 l’incompétence… ou la connivence.

Pourquoi alors le Jean-Marc Ayrault de Nantes, casque à pointe en Bretagne, est si mou à Paris ? Un proche de l’actuel gouvernement commente cyniquement : « parce qu’à Paris, il doit parler et négocier avec de vieux lions de la politique, qui savent comment le mater – c’est bien le diable si en des décennies de politique il n’a pas quelque chose à cacher – et de fait le tiennent par les couilles ». Si bien que le Premier Ministre est remarquablement effacé et se fait avoir dans tous les arbitrages – de Harlem Désir qui lui a été imposé à la tête du PS à Montebourg qu’il avait voulu virer et que Hollande a maintenu pour garder une caution de gauche assumée. A Nantes en revanche, Jean-Marc Ayrault garde sa rigidité, voire agit encore plus durement pour faire oublier ses revers parisiens. Au risque de causer d’énormes bavures. Comme le dit Loïc Maurice « le soir du 13 avril, le système Ayrault se démasque. Cet homme se présente comme démocrate chrétien. Il n’a été ni l’un ni l’autre et en offre une preuve éclatante ».

Un ordre absurde pour pallier au délitement rapide du système Ayrault

Alors pourquoi cet ordre ? Un proche du Premier-Ministre commente, sous couvert d’annymat : « si cela avait été à Dijon, Marseille ou même Paris, cet ordre n’aurait jamais été donné. Jean-Marc a une relation très possessive avec Nantes, qu’il voit vraiment comme ‘‘sa’’ ville, ‘‘son’’ fief ». Depuis qu’il est au gouvernement, Jean-Marc Ayrault perd peu à peu pied à Nantes, ses échecs successifs, l’incapacité du gouvernement à redresser la situation du pays défont peu à peu son aura locale. Comme il ne s’est jamais préoccupé de sa succession, ceux qui ont pris la relève à gauche à Nantes apparaissent ternes et interchangeables. Et même dans les administrations, les mouvements d’hommes et le désaveu croissant du gouvernement délitent nettement le « système Ayrault ». Enfin, comme Nantes se trouve au centre de tous les enfumages et de toutes les luttes sociales – chômeurs qui s’immolent, Notre-Dame des Landes, opposition au mariage gay (le département étant l’un des cinq plus actifs de France dans la contestation et le nombre de pétitions signées au CESE), une tension extraordinaire donne chaque jour des coups de boutoir dans la chape de plomb du système Ayrault. « Nous sommes en train de lui démolir en quelques mois vingt-cinq ans de travail, vingt-cinq ans de mandats municipaux où il s’est fait une stature locale, puis nationale, et ça le rend furieux », explique Loïc Maurice au sujet de Ayrault.

De fait, Nantes est devenue une fournaise sociale, qui n’a jamais été aussi active, tous azimuts, contre le gouvernement, la ville où peut-être ces efforts sont encore plus visibles qu’ailleurs puisqu’elle est aussi celle du Premier Ministre. C’est aussi à cause de Nantes que le Premier Ministre a empêtré le gouvernement dans l’impasse – politiquement indéfendable et condamnée par l’Europe – de Notre-Dame des Landes, projet qui depuis a été enterré par les scientifiques. Le mutisme du gouvernement – et de la grande presse – témoigne du malaise grandissant à ce sujet, de l’impact des événements de Nantes sur le moral du Premier Ministre, et par là sur toute l’action et la légitimité du gouvernement. Alors, que s’est-il passé samedi soir en gare de Nantes ? Une tentative maladroite d’inverser le cours des choses, de sauver le système Ayrault. L’effet est tout à fait inverse : le système Ayrault coule à pic, Nantes respire plus librement, et le gaz lacrymogène fait pleurer à Matignon et à l’Elysée. C’est l’odeur d’un scandale d’Etat, le cri de manifestants pacifiques – et de milliers d’usagers d’une gare bondée qui ne l’étaient pas moins – sacrifiés à l’égo d’un homme. Inadmissible, fut-il l’ex-maire de Nantes.

Aéroport de Notre-Dame des Landes : le CNPN enterre le projet

16 Avr

Le comité permanent du Conseil National de la protection de la nature s’est réuni le 10 avril au sujet de Notre-Dame des Landes. Les autorisations dont Vinci a besoin pour déplacer les espèces naturelles protégées et pour porter atteinte aux zones humides via la loi sur l’eau sont accordées par le CNPN. C’était à ce jour l’un des plus gros verrous internes à l’ordre juridique français qui s’opposait à la poursuite du projet. Il n’est pas près de sauter.

Le comité s’est réuni au sujet du rapport de la Commission Scientifique, une vraie bombe dont l’importance est minimisée par le gouvernement et qui conduit surtout à enterrer le projet. Définitivement. Le conseil national pour la protection de la nature l’a accepté. Il a fait plus encore : il s’y est rallié et le soutient, lui donnant un tout autre impact. Le comité permanent « fait sienne les douze réserves présentées dans le rapport et demande qu’elles soient effectivement prises en compte par les maîtres d’ouvrage », Vinci-AGO et l’Etat.

 

Deux ans d’études préalables à nouveau nécessaires

asilairLe comité permanent du CNPN recommande donc, conformément au rapport de la commission d’experts scientifiques, la réalisation de « compléments à l’état initial », soit d’études, « sur une période d’au moins deux années », ce qui couvre des études de la biodiversité, des biotopes, des flux hydrologiques… et surtout a comme conséquence que jamais la date d’ouverture de l’aéroport à 2017, ni même à 2018, avancée encore par le gouvernement, ne pourra être tenue; donc il faudra renégocier complètement le contrat de concession, qui prévoyait une date limite au début de 2018, et surtout refaire les études d’impact et l’enquête pour une nouvelle déclaration d’utilité publique, puique l’actuelle deviendra caduque. Surtout, comme pour étudier la biodiversité il faut porter atteinte le moins possible au milieu auquel on s’intéresse, les travaux doivent être suspendus, les opérations policières aussi.

Le comité poursuit en reprenant le grief relevé par le collège d’experts de la commission scientifique, à savoir « l’inopérance de la méthode pour déterminer les mesures compensatoires » et rappelle que cette méthode a servi pour l’examen des dérogations à la protection stricte des espèces qu’il a examinées le 5 juillet 2012. Le comité permanent du CNPN « considère que les demandes de dérogation qu’il a examinées doivent être revues avec la nouvelle méthode validée ». Sans autorisation de déplacement des espèces, pas de travaux possibles.

Infligeant un cinglant désaveu au gouvernement et à sa communication officielle – selon laquelle seul le rapport de la commission de dialogue, écrit pour empêcher le gouvernement Ayrault de trop perdre la face – et ses plumes – dans l’histoire – le comité permanent du CNPN achève le travail en tirant à la mitrailleuse lourde : « le CNPN demande à l’Etat, dans le cadre du projet de loi-cadre biodiversité, de revoir la procédure d’instruction des projets d’aménagement du territoire, afin d’instaurer l’indispensable articulation entre les dispositifs en place (étude d’impact, dérogation espèces protégées, incidence loi sur l’eau, fouilles, enquête publique) et le calendrier de réalisation des projets ». Bref, ce qui veut dire que la conception et le calendrier du projet de Notre-Dame des Landes ne prenait absolument pas en compte les obligations légales d’étude et de protection des milieux et des espèces. Donc que le projet est illégal, comme nous l’écrivions encore le 22 novembre dernier.

Télécharger l’avis du comité permanent du CNPN

NDDL : Des affrontements à nouveau, plus d’une douzaine de zadistes blessés

15 Avr

Ayrault aurait besoin qu’on lui explique le sens du rapport de la Commission Scientifique, qui a enterré complètement le projet d’aéroport – mais curieusement bien peu de médias s’en sont fait l’écho, rejoignant ainsi dans la censure le déni du gouvernement. Donc ce matin les policiers se sont vus donner l’ordre de reprendre avec énergie leurs positions sur les carrefours qu’ils tiennent normalement – les Ardilières au nord, la Saulce (RD81) et les Fosses Noires (RD281) au sud. Et ils ont été accueillis fraîchement

Cabane-chicane au débouché du chemin de Suez, Notre-Dame des Landes

Cabane-chicane au débouché du chemin de Suez, Notre-Dame des Landes

Depuis 7 heures du matin, Notre-Dame des Landes vit à nouveau dans l’odeur âcre du gaz, le vacarme des grenades assourdissantes et des flashball. A neuf heures, après deux heures d’affrontements acharnés, les forces de l’ordre reprennent difficilement le carrefour des Fosses Noires. Ils s’attaquent alors au carrefour de la Saulce, autour du quel se massent opposants, puis ensuite au carrefour des Ardilières dont ils prennent le contrôle sans coup férir. Des ordres sont donnés aux gendarmes mobiles d’étendre leur tête de pont et de s’assurer d’un contrôle complet des dits carrefours. Résultat : ils chargent à 10h20 dans le bois de la Rohanne près de la Rolandière, il y a trois blessés parmi les zadistes. A midi, ils commencent à débouler dans le chemin de Suez. La première cabane qui barre le chemin est incendiée pour faire obstacle aux forces de l’ordre. Actuellement à 13 h 15 les combats ont cessé, « mais peuvent reprendre à tout instant », nous assure-t-on sur zone où un appel à mobilisation est lancé tous azimuts. Un convoiturage a ainsi été mis en place à partir du Cardo à Nantes pour aller sur la ZAD. De leur côté, les policiers mobilisent aussi : un renfort de près de cent gardes-mobiles est arrivé vers midi, 250 nouveaux agents ont été dépêchés en début d’après-midi. A 14 h 30 plusieurs véhicules de police barraient le carrefour des Ardilières. Le procureur Françoise Le Coq leur a donné le droit de perquisitionner les véhicules à la recherche de matériaux de constructions et produits inflammables. L’accès à la ZAD reste possible par les multiples voies détournées qu’offrent ces 1200 hectares de bocage. A 16h 20 les affrontements se sont achevés. Un zadiste âgé s’est avancé au-devant des policiers qui progressaient sur le chemin de Suez vers la Chataigne pour leur signifier que s’ils allaient plus avant, il serait la première victime qu’ils devraient laisser sur le carreau. Après négociation, les forces de police sont revenues sur le carrefour de la Saulce.

« Une douzaine de blessés, au grand minimum »

L’infirmerie, débordée, gère la situation de son mieux. L’équipe médicale compte « une douzaine de blessés au grand minimum » parmi lesquels « deux ont reçu des éclats de grenades de désencerclement », deux autres ont eu des impacts de flashball dans le visage qui ont causé « des blessures ouvertes », une personne a du être évacué à l’hôpital (blessure à l’oeil par flashball). Comme le 24 novembre, les gendarmes ont bloqué l’accès à l’ambulance au carrefour des Ardilières – ce qui est illégal – et ont à nouveau bloqué sa sortie pendant « plus de cinq minutes », l’ambulancier ayant du user d’un subterfuge pour pouvoir se dégager et remplir sa mission. Du côté des policiers il y a trois blessés dont un qui a essuyé un jet de cocktail-molotov.

« La situation devrait s’apaiser bientôt »

31-10CRSDepuis Bruxelles, Sandrine Bélier a été mise au courant et les élus sur place sont mobilisés – à commencer par Françoise Verchère. D’après les ordres que les policiers ont reçu, ceux-ci ne portent que sur la reprise des carrefours. L’émoi sur place, à Notre-Dame des Landes, est important, d’autant plus que la convocation demain à la gendarmerie de Blain d’un paysan pour « violence sur gendarme« , « utilisation d’arme par destination » et « non respect des sommations d’arrêter son véhicule » n’est pas non plus pour calmer les esprits. Un appel à se rassembler devant la Préfecture de Nantes à 16 heures a été lancé sur les réseaux sociaux. Il y a d’autres appels pour le reste de la Bretagne : 17h devant la Préfecture de Saint-Brieuc, 18 h à Rennes, mais aussi pour la Vendée (16 h à la Roche devant le théâtre), Lyon (17h30 devant la Lutine, 91 rue Monbtequieu, métro Saxe), Tours (16h devant la mairie). Les élus mobilisés ont reçu l’assurance que « la situation devrait s’apaiser bientôt », en clair que les forces de l’ordre devraient décrocher. Il serait surtout grand temps qu’Ayraultbespierre se mette à lire le rapport de la Commission Scientifique. Il en vaut le coup.

Joël Guerriau ne se présentera pas aux municipales à Nantes

6 Avr

A moins d’un changement d’avis – très improbable au demeurant – de dernière minute, le sénateur-maire UDI de Saint-Sébastien ne portera pas les couleurs de la droite et du centre à Nantes en 2014. Après avoir hésité plusieurs mois, le sénateur a confirmé au début du mois ses intentions à ses proches et à la direction de l’UMP, sans rendre publiques ses intentions.

En effet, la droite comptait sur la personnalité de Joël Guerriau pour porter une liste de rassemblement dès le premier tour. Carbonisée après la victoire sans appel de Jean-Marc Ayrault sur Sophie Jozan aux municipales de 2008, en panne de leader, déchirée depuis trois décennies par des crises internes qui atteignent leur paroxysme avec la guérilla entre fillonnistes et copéistes,  l’UMP nantaise est en panne d’idées, de chefs et d’ambition. Une panne d’autant plus grave que Nantes, comme Saint-Nazaire, a toujours sacrifié à son esprit Breton en rejetant les candidats trop marqués à droite ou à gauche, si bien que le centre-droit doit toujours y prendre le pas sur la droite pour espérer l’emporter sur les socialistes.

Deux tiens valent mieux qu’un tu l’auras

Joel_GuerriauCependant, Joël Guerriau a préféré ne pas s’y présenter. Pourquoi un tel choix ? Le sénateur-maire de Saint-Sébastien a absolument besoin d’être reconduit à son mandat de sénateur. Pour être élu la fois précédente, il a bénéficié d’une réserve de grands électeurs que lui a octroyé l’UMP et il a de sérieux doutes de pouvoir en profiter à nouveau. Si bien qu’une grande partie de son activité politique vise à se trouver d’autres appuis, en prospectant notamment au nord du département et sur les terres plus droitières des marges orientales et méridionales de la Loire-Atlantique. D’après ses proches, Joël Guerriau avait depuis le début nourri le doute de ne pouvoir mener à bien son objectif d’être réélu sénateur – ce qu’il qualifiait encore récemment son « objectif n°1 »  – et une campagne municipale à Nantes qui exige d’importants efforts.

Des sondages qu’il a commandés sur ses chances à la mairie l’ont confirmé dans ses hésitations. En effet, « les résultats n’étaient pas brillants », explique l’un de ses appuis à Nantes, sous couvert d’anonymat. Par ailleurs, « une défaite à Nantes aurait pu menacer son aura auprès des grands élus et donc sa réélection aux sénatoriales », ajoute le même. Enfin, le maire de Saint-Sébastien n’avait aucune envie d’abandonner ses administrés et sa mairie, bastion du centre-droit de l’agglomération, pour d’éventuelles chances dans la ville-centre encore perçue comme un bastion de la gauche, bien que son ex-maire, actuellement Premier Ministre, soit empêtré dans de grosses difficultés tant sur le plan national que local.

L’impatience de Copé

Pris dans l’impasse, Joël Guerriau n’a pendant des mois ni démenti ni donné crédit aux rumeurs le mettant hors de la course à Nantes. Il n’a pas non plus donner de réponse définitive tant aux instances nationales de l’UDI – dont il est le coordonateur en Loire-Atlantique – qu’à celles de l’UMP censées le soutenir pour Nantes, à la demande même de Sophie Jozan, leader de l’opposition dans la ville. Cependant, lassé de lanterner et voulant être fixé sur le devenir de Nantes à l’approche du sa venue à La Baule, il demandé à Joël Guerriau de lui déclarer pour le 29 mars au soir, puis pour le 3 avril au plus tard, s’il voulait ou non être candidat à Nantes. Joël Guerriau s’est abstenu de répondre fin mars mais a déclaré le 3 avril à Copé, puis à Annick le Ridant, figure tutélaire de la droite nantaise, qu’il renonçait définitivement pour se consacrer à ses ambitions sénatoriales.

L’UMP en panne de leader

Le renoncement de Joël Guerriau laisse passablement désemparée l’UMP nantaise, complètement encalminée. En effet, la chef de file de l’opposition nantaise, Sophie Jozan, a tout fait pour convaincre Joël Guerriau d’y aller à sa place, et ne se retrouverait candidate que par défaut, après avoir dit à qui voulait l’entendre qu’elle ne voulait absolument pas se présenter aux municipales. Ses chances de réussite sont effectivement estimées très faibles, même si elle y mettait de la conviction.

L’UMP de Loire-Atlantique souffre aussi d’une ambiance interne délétère, qualifiée de « chasse aux sorcières » par certains copéistes comme le jeune Romain le Junter. La direction de l’UMP est pour l’heure filloniste et tente de fortifier les positions de Fillon dans le département. Cependant, le verrouillage progressif du parti par Jean-François Copé pourrait conduire à un grand nettoyage dans les rangs de la droite nantaise.

Anticipant le mouvement, le filloniste et ancien dircab de Fillon François Pinte, qui dirige l’UMP 44, devrait être prochainement candidat aux régionales en Vendée. Une façon de quitter discrètement l’arène politique. Il faut dire que tout le monde s’accorde aussi sur le peu de chance pour Pinte de donner un score honorable à la droite nantaise. En effet, il est passablement plombé par son opinion des écologistes  ou encore son comportement aux législatives de 2007  et en 2012 où ses manœuvres sont restées en travers de la gorge des centristes nantais.

Pour rappel, François Pinte, fils de l’ancien ministre et député de Versailles Etienne Pinte, est apparu en 2002 dans la vie politique nantaise en faisant écarter Elisabeth Hubert, sur fond de marchandages électoraux nationaux, de l’investiture UMP pour la 2e circonscription (centre-ville nantais)  qu’il manque d’arracher – à 324 voix près – à la socialiste Marie-Françoise Clergeau. En 2007, il enterre les ambitions de Ghislain Gomart et reprend le combat, certain de gagner grâce à l’effet Sarkozy, alors que Marie-Françoise Clergeau et son équipe de campagne mettent le paquet. En face, l’UMP qui se trouve une permanence un peu perdue dans le quartier Graslin, peine à sortir d’une campagne atone alternant réunions et tractages sur les marchés. Bref, surprise, les socialistes gagnent, largement et l’aura de Pinte pâlit, donnant un nouvel élan aux crises internes de la droite nantaise. Enfin, après avoir tout fait pour écarter le centriste Hervé Grelard de l’investiture de droite à la première circonscription, nettement plus à droite et détenue par le modéré François de Rugy (EELV), il perd à nouveau aux législatives de 2012. Ce qui fait de lui « l’homme aux trois échecs aux législatives », violemment mis en cause par une partie de la droite de la Loire-Atlantique, et notamment les jeunes loups copéistes.

Enfin, l’ancien conseiller com’ de Nicolas Sarkozy Franck Louvrier, un temps pressenti pour Nantes, s’engage définitivement à la Baule où il devrait prendre la relève de l’actuel maire Yves Métaireau. Il se murmure même parmi les baulois qu’il devrait être sur sa liste aux prochaines municipales et qu’il lui sera progressivement mis le pied à l’étrier pour prendre la suite en 2020. Franck Louvrier, maire de la Baule en 2020 ? L’idée ne paraît pas si saugrenue que ça, tant la station balnéaire bretonne reste une place forte de l’UMP tendance sarkozyste. En attendant, ce bastion de la droite aspire les vocations de la droite nantaise, quand elles n’émigrent pas sur des terres électoralement plus propices comme Gonzague de Chantérac à la Roche-sur-Yon ou Maxime Lelièvre vers l’ancrage familial à Châteaubriant.

L’option du parachutage s’éloigne

L’UMP envisageait ces derniers jours – sans grand enthousiasme – un parachutage. Celui de l’ancienne ministre du troisième gouvernement Fillon Marie-Anne Montchamp. Cette ancienne députée villepiniste du Val de Marne voit sa circonscription supprimée dans le cadre du redécoupage législatif en 2010 alors qu’elle multiplie les critiques et les tentatives de fronde parlementaire contre Nicolas Sarkozy.  Actuellement soutien de Jean-François Copé, cette native de Tulle fait partie des « ministres à recaser ». Elle a bénéficié de l’investiture UMP pour la 4e circonscription des Français établis à l’étranger (Benelux) mais n’a pu y être élue. Elle pourrait aussi être parachutée aux municipales dans la région lyonnaise. Jean-François Copé qui devait annoncer le 3 avril à La Baule son entrée en scène aux municipales de la capitale Bretonne se serait laissé convaincre par le peu d’enthousiasme – c’est un doux euphémisme – de la droite locale et aurait renoncé au parachutage d’une parfaite inconnue à Nantes qui aurait contre elle le fait d’être imposée par Paris et de venir d’ailleurs. Soit deux très bonnes raisons de se crasher aux élections.

Union du centre-droit à Nantes : la solution Maurice ?

Le retrait de Joël Guerriau laisse donc l’UMP en panne de leader qui ait envie d’aller se frotter au bastion de Jean-Marc Ayrault, et à ses troupes. Le centre-droit quant à lui n’a à peu près pas d’autre candidat déclaré, à l’exception d’un seul qui pourrait devenir la seule solution pour que la droite se présente en rangs unis à Nantes en 2014, et maximise ses chances d’envoyer les socialistes en ballotage, puis d’emporter la mairie. Le manque de candidats à droite exaspère quelque peu quand l’on sait que pour les villes qu’elle compte conquérir malgré un contexte qui lui est défavorable, la gauche a déjà désigné ses candidats et forme ses listes : c’est le cas à Orléans par exemple.

Il s’agit de Loïc Maurice, qui était sorti du bois et avait rendu publiques ses ambitions pour justement mettre fin à la valse-hésitation de Joël Guerriau et à l’immobilisme de la droite nantaise. Plein d’idées et de conviction pour sortir Nantes de l’impasse du système Ayrault il n’a pour l’heure pas commenté la situation, mais apparait chaque jour de plus en plus incontournable pour mettre enfin la droite nantaise en ordre de bataille. Car, après avoir trouvé un nom derrière lequel se rallier et mettre à contribution toutes les bonnes volontés, le plus dur devra être fait : approcher et convaincre les 300.000 habitants de la ville de Nantes que le changement, c’est maintenant.

Les promesses d’emploi de l’aéroport de Notre-Dame des Landes se crashent

1 Avr

La communication officielle autour du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes le présente comme un moteur puissant de création d’emplois. Rien de tel, déplore le comité de BLAIN de soutien à la lutte contre l’aéroport, qui estime au contraire être en présence d’un leurre et pose les questions qui fâchent en demandant que « des réponses claires » soient apportées par les porteurs institutionnels du projet. Pour le comité blinois, « les prévisions [d’emploi] sont extrêmement optimistes et le bilan final ne sera pas aussi bon que ce que l’on veut nous faire croire ».

Dans un document de deux pages qui sera tiré en A3 à 1000 exemplaires, et qui vient de paraître, ils dénoncent les conséquences graves du projet pour l’emploi. Fonctionnement, compagnies, dossier Airbus, emplois du chantier, impact pour le Sud Loire, revue des questions que les porteurs du projet se gardent bien d’aborder. Ou seulement en des chiffres généraux dont nous avons déjà eu l’occasion de démontrer l’insuffisance.

Rappelons que la Chambre de Commerce et d’industrie de Nantes/St-Nazaire estime officiellement que le chantier devrait permettre de créer environ 3.000 emplois (750 équivalents temps plein sur 4 ans) et l’aéroport lui-même 3250 emplois directs et 9100 emplois induits. Le comité de BLAIN a demandé à la CCI le détail des études utilisées. En retour, il a obtenu cette réponse ahurissante qui en dit long sur le caractère creux et peu démocratique de la communication officielle pro-aéroport : « Nous avons effectivement travaillé sur les retombées économiques  de l’aéroport […] nous n’avons pas réalisé d’étude à publier » mais seulement « mis à jour une étude ancienne de 2003 », étude que le comité de BLAIN n’a – évidemment – pas pu consulter. Autrement dit, quelques chiffres tirés au pifomètre et jetés sur un coin de nappe servent de donnée économique officielle et indubitable, vendue comme telle aux populations, aux élus, aux associations. C’est ce que l’on appelle souvent une escroquerie.

Le projet Vinci

Le projet Vinci

D’abord, le nouvel aéroport – s’il est fait – fonctionnera avec moins de salariés que l’actuel, qui emploie 1.800 personnes. En effet, Vinci vise la réduction maximale des coûts, façon de justifier a posteriori le fait que le devis de construction – près de 600 millions d’euros – a été très sous-évalué, ce qu’avait pointé le Canard Enchaîné en 2011 encore. Ce serait donc un aéroport flambant neuf et flambant cheap qui serait construit pour la métropole Bretonne : pas de taxiways (les bandes de roulage qui permettent de remonter les pistes), pas de passerelles entre l’aérogare et les avions, et pas de navettes passagers. Donc pas de personnel entretenant ces infrastructures. Eric Delobel, responsable du projet chez Vinci assume dans les colonnes d’Ouest-France (4/2/2013) son choix d’économie maximum. Sous la pluie, cet aéroport devrait être tout à fait charmant pour les passagrs obligés de courir jusqu’à leurs avions – mais chut ! tout le monde sait qu’il fait beau quatre fois par jour à Nantes, puisque Ayrault l’a dit. Au passage, l’absence de taxiways obligera les avions à rouler sur les pistes pour s’aligner à l’envol ou après leur atterrissage, diminuant leurs disponibilités, notamment par mauvais temps ou en période de forte affluence. Par ailleurs l’absence de taxiways ou leur insuffisance augmente les croisements d’avions au sol et les risques d’accidents qu’ils induisent. La plus grande catastrophe aérienne de l’Histoire s’est produite au sol, à Tenerife. Mais visiblement l’économie d’emploi maximum a pris le pas sur l’efficience technique et la sécurité des usagers.

Ensuite, le collectif pointe les propos de Nicolas Notebaert, président de Vinci Airport, qui déclare dans le Presse Océan du 4 avril 2011 que le trafic sera surtout axé sur les charter, les low-cost et moyen-courrier. Ce qui constitue un aveu dérangeant : l’aéroport de Notre-Dame des Landes ne sera pas – ou seulement en marge – un aéroport intercontinental comme l’est déjà l’existant et comme la Bretagne en a besoin. Revenons à nos moutons aéroportés : le comité relaie avec raison les pratiques peu orthodoxes en terme d’emploi des compagnies à bas coûts, qui compriment toutes les charges et notamment ceux du personnel. Le risque ? Que l’aéroport devienne un gouffre financier, les collectivités locales risquant de se retrouver chargées de « subventionner les compagnies low-cost privées avec de l’argent public, et de porter à bout de bras les emplois ainsi créés », remarque le comité de Blain. Un modèle économique peu viable et peu fiable, qui montre déjà ses limites : aujourd’hui les chambres de commerce soutiennent l’activité de Ryanair en versant de 9 à 32 € par passager embarqué, sans réussir à rendre viables les aéroports concernés.

Subventions consenties par les aéroports français à Ryanair

Subventions consenties par les aéroports français à Ryanair

Affichette en russe et en polonais sur un chantier Colas Rail (Bouygues) en Seine-Maritime

Affichette en russe et en polonais sur un chantier Colas Rail (Bouygues) en Seine-Maritime

Le comité de BLAIN estime aussi que nombre d’emplois du chantier ne seront pas locaux. En effet, il y a les employés des filiales de Vinci – et des entreprises avec lesquelles la SOGEA et Eurovia, ses deux principales filiales de travaux publics dans l’Ouest de la France – ont coutume de travailler sur tous leurs chantiers, et qui tournent dans l’Ouest et en France. Par ailleurs, près d’un travailleur sur trois est originaire des pays de l’Est, Pologne, Roumanie et pays Baltes principalement. Près de 300.000 travailleurs étrangers sont ainsi employés en France et aucune région n’est épargnée. C’est légal, grâce à la libre circulation des hommes et des marchandises en Europe, et les travers du système font que personne n’a intérêt à remettre en cause cet emploi massif de main d’œuvre étrangère : ni l’employeur, qui paie 20% de charges sociales au lieu de 55% pour l’emploi d’un français, ni le travailleur, qui perçoit un salaire nettement meilleur que celui qu’il peut espérer dans son pays d’origine, voire que le SMIC français s’il ne compte pas ses heures. Dans le contexte où il faut construire rapidement un aéroport le moins cher possible, c’est donc une économie à tous les étages à laquelle Vinci ne cessera de recourir. Sur bien des chantiers – tant de Vinci que des autres groupes de BTP qui ne sont ni plus, ni moins vertueux sur ce plan – la part des travailleurs étrangers est encore plus grande. Ainsi, Bouygues construit la prison d’Orléans-Saran, où seuls les livreurs de bitume et de graviers – une entreprise locale prestataire extérieur du chantier – sont français. Une part écrasante des travailleurs est d’origine étrangère. On retrouve une répartition à peu près semblable sur les chantiers de Vinci (Sogea TP) à Nantes : bref, le chantier ne générera pas beaucoup d’emplois locaux, d’autant plus qu’il est illégal – à cause de la libre circulation des hommes et des marchandises en Europe, encore – d’obliger l’employeur à n’embaucher que des français.

Airbus Nantes

Airbus St Nazaire

Un autre dossier inquiétant : Airbus. L’exploitant actuel de l’aéroport de Nantes-Atlantique, qui n’est autre que Vinci, a décidé en 2013 que la piste de Bouguenais fermerait dès le nouvel aéroport construit fin 2017. Or, Airbus Nantes a un besoin vital de cette piste, mais son entretien pèserait de façon écrasante sur l’entreprise. Les collectivités locales sont prêtes à contribuer, mais ces fonds publics pourraient constituer
une subvention déguisée, attirant sur Airbus les foudres de Bruxelles et de son concurrent Boeing. Les syndicats craignent qu’Airbus ne quitte Nantes une fois sa piste fermée en 2017, ce qui fait 2.000 emplois qui partiraient… où ? à Saint-Nazaire ? Ou à Toulouse ? Enfin, le comité de BLAIN relaie les inquiétudes des communes du sud-Loire, en Loire-Atlantique, et des employeurs situés encore plus loin, en Vendée et Anjou, et qui jusque là trouvaient l’aéroport de Nantes fort suffisant. Ils déplorent maintenant d’être coupés de la nouvelle infrastructure, faute de moyen – troisième franchissement de la Loire par exemple – pour y accéder. Des inquiétudes partagées par Loïc Maurice (CNIP), qui s’est porté candidat pour la mairie de Nantes en 2014  « Il y a quelque chose qui me gêne beaucoup dans ce projet. C’est qu’on se batte avec autant de fermeté sur l’aéroport sans prévoir de moyens pour y accéder. C’est Gribouille. » Loïc Maurice, qui refuse ce nouvel aéroport tant qu’un nouveau franchissement sur la Loire n’est pas prévu, prévient de l’augmentation du trafic routier qu’il va causer «  Les entreprises de Vendée et du sud-Loire prévoient – s’il est fait et dans la configuration actuelle – de faire passer le fret de nuit, massivement. Des norias de camions sur les routes ». Vive le bilan carbone du nouvel aéroport !

Moins d'emploi, moins d'environnement, plus de déficits, l'aéroport, un vrai gouffre pour nous tous?

Moins d’emploi, moins d’environnement, plus de déficits, l’aéroport, un vrai gouffre pour nous tous?

Résumons-nous. Les porteurs du projet estiment – à partir de données de 2003 non vérifiées et non prouvées par une étude indépendante – que l’aéroport devrait créer 3250 emplois directs et 9100 emplois induits. Or, sa construction détruit 100 emplois agricoles et 500 emplois induits qui existent déjà. Par ailleurs, les 1.800 salariés de l’actuel aéroport de Nantes ne seront pas tous transférés à Notre-Dame des Landes : le nombre d’employés du futur aéroport reste inconnu à ce jour, mais il sera moindre. Les 2.000 emplois d’Airbus sont menacés. Et des emplois pourraient être détruits dans les entreprises du Sud-Loire, de la Vendée et de l’Anjou coupées de l’aéroport. Bref, il y a un gros problème.En deux pages, le comité de BLAIN de soutien à la lutte contre l’aéroport démonte radicalement les arguments des porteurs du projet. Le travail des blinois – concis et efficace – complète le tableau en creux que l’on peut dresser du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, derrière l’écran de la communication officielle rutilante sur papier glacé et panneau publicitaire. L’aéroport de Notre-Dame des Landes nuit gravement à l’environnement et est illégal en droit européen depuis cinq ans. C’est aussi une entourloupe économique propulsée par des moyens foncièrement illégaux et anti-démocratiques. Tout cela risque de coûter très cher à la France : si son gouvernement, engagé dans le guêpier Breton jusqu’au cou, persiste à commencer les travaux, il va au devant d’une possible condamnation pécuniaire et politique par les autorités européennes. En période de disette budgétaire très grave, ce n’est sans doute pas la meilleure idée pour redresser la situation économique du pays.Voilà qui devrait décider ceux qui soutiennent encore le projet, ou se gardent de le condamner, en s’accrochant aux perspectives économiques et à la « manne » attendue en termes d’emploi. De perspectives économiques il n’y en a point. De manne, non plus. S’il est construit, ce qui chaque jour paraît plus improbable, l’impact de l’aéroport sur les collectivités et les emplois locaux répondra aux standards de la privatisation en Russie : privatisons les profits, nationalisons les pertes. Vinci empochera les bénéfices tandis que les collectivités se tueront à financer les low-cost et les déficits induits. Bref, l’aéroport, un vrai gouffre pour nous tous ?

Télécharger le document EMPLOI du comité de BLAIN

NDDL : le tribunal confirme l’expulsion de la ferme de Bellevue

28 Mar

Sans surprise, le tribunal civil de Saint-Nazaire a confirmé l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue, occupée par les paysans et des opposants depuis le 27 janvier 2013. Cette robuste ferme en bon état général  dont dépendent 124.5 hectares de terre est peu à peu remise en service avec l’appui des paysans de tout le département.

Ferme de Bellevue le 28 janvier

Ferme de Bellevue le 28 janvier

AGO-Vinci a été en revanche débouté de ses prétentions pécuniaires. La filiale de Vinci demandait 1000€ d’astreinte journalière et 20.000 € de dommages-intérêts. Le tribunal a préféré ordonner l’expulsion immédiate et le paiement d’une astreinte de 450€ par jour au bout de huit jours. Cependant, alors que l’Europe vient de se pencher sur le dossier, et que du fait de l’absence d’autorisations liées à la loi sur l’eau, toute opération policière de grande ampleur sur la ZAD est frappée d’illégalité, l’expulsion de la ferme de Bellevue sera plus difficile qu’elle ne l’a jamais été.  Au moment où le tribunal rendait sa décision, plusieurs centaines de personnes se rassemblaient à Bellevue : la détermination des opposants est intacte.BreizhJournal a joint Jean-François Guitton, agriculteur membre de la Confédération paysanne et du collectif COPAIN44 qui fédère l’opposition agricole à l’aéroport. Il nous explique que la résistance va s’intensifier « aujourd’hui, on a ramené du matériel agricole pour mieux protéger la ferme. Pour nous, il est fondamental d’éviter l’irréparable, c’est-à-dire la destruction de la ferme, alors que le rapport de la Commission d’enquête n’est pas encore rendu et que la Commission des Pétitions se réunit à nouveau mi-avril. » En cas de coup de force, le réseau de vigilance et de solidarité devrait marcher à plein « il y a une veille permanente à la ferme et des tracteurs vigilants pour barrer les accès et retarder les forces de police. On amènera du monde rapidement. Mais notre mobilisation est pacifique donc on n’ira pas à l’affrontement ». La mobilisation s’appuie aussi sur près de 200 comités de soutien qui sont appelés à se rendre sur les permanences PS de leurs secteurs en cas de coup de force à sur la ZAD « pour interpeller leurs élus sur leur double langage, qui d’un côté veut protéger les ressources naturelles et la terre, et de l’autre tolère qu’on s’en dispense à Notre-Dame des Landes. »

Aujourd’hui, la ferme compte 22 vaches, 6 moutons, une douzaine de poules et une truie. Une partie des terres est occupée par des vaches depuis le 10 mars; le reste est encore trop humide pour y faire rentrer les tracteurs. Le four fonctionne, le conduit de cheminée a été refait selon des méthodes traditionnelles, le linteau de granit posé à nouveau. Le nettoyage de la maison et la réfection de la grange – aujourd’hui salle de réunion – est fini. Des travaux de clôture ont toujours lieu à l’extérieur. Une partie de l’opération Sème ta ZAD prévue le 13 avril pourrait se faire sur une des parcelles de Bellevue. Bref, Notre-Dame des Landes remue toujours.

Flash : le rendu du rapport de la Commission de dialogue devrait avoir lieu mardi 2 avril

Manifestation ce midi devant la préfecture de Nantes contre le mariage homosexuel

28 Mar

La section de Loire-Atlantique de la Manif pour Tous convie à une manifestation « respectueuse mais bruyante » ce midi de 12h30 à 13h30 sur les marches de la préfecture de Loire-Atlantique, côté rue de Strasbourg et cours des 50 Otages.

Il s’agira de faire du reuz contre les exactions de la police à Paris ce dimanche – rappelons que les forces de l’ordre ont gazé des enfants en bas âge et des personnes âgées sans aucune raison – et aussi contre le comportement de la Préfecture de police à Paris qui a donné l’ordre de gazer les manifestants qui tentaient d’arriver sur les Champs, et qui ont fini par y défiler en rangs serrés.

Les Champs Elysées bien remplis près du rond-point Marcel Dassault. Oui, la manif y est allée dimanche 24 mars.

Les Champs Elysées bien remplis près du rond-point Marcel Dassault. Oui, la manif y est allée dimanche 24 mars.

Dimanche, plus d’un million et demi de manifestants étaient réunis à Paris, dont ils emplissaient les rues de la Défense au bas des Champs Elysées. Pour le pouvoir, ils n’existent pas, ils n’ont pas été entendus. Depuis dimanche, la France n’a plus de pouvoir démocratique – s’il pouvait encore se prétendre tel après avoir foulé aux pieds le droit à Notre-Dame des Landes et ailleurs  – mais un régime qui ignore la profondeur de la contestation citoyenne. Avant son interview télévisée à France Télévisions, le président François Hollande, bien plus mal à l’aise avec la défense du mariage homosexuel qu’avec celle du projet de l’ex-futur aéroport de Notre-Dame des Landes, doit entendre que les Bretons ne lâcheront rien.Le projet de loi Taubira autoriserait le mariage homosexuel et désorganiserait au passage l’ensemble du droit français de la filiation ; ce dernier aspect est complètement éludé tant dans le projet de loi que dans la justification officielle de ce projet d’Etat qui ne s’appuie – comme un certain aéroport près de Nantes – que sur l’argument sans cesse ressassé que son adoption serait un immense progrès. Les Bretons refusent là encore d’être dupes et la Bretagne est la seconde région la plus mobilisée de France, avec 51 128 signatures de la pétition citoyenne adressée au CESE qui a fait l’objet d’un spectaculaire déni de démocratie. Parce qu’aujourd’hui en France, l’on peut estimer que 700.000 pétitions contre un projet de loi n’existent pas. Sur l’ensemble de ces pétitions, 19.000 ont été signées en Loire-Atlantique, 10.500 en Ille-et-Vilaine, 10.000 dans le Morbihan, 5900 en Finistère et 5600 en Côtes d’Armor. Mais pour le gouvernement, ces Bretons qui protestent, comme tous ceux qui sont contraires à sa volonté, n’existent pas. La démocratie, c’est maintenant !

Flash : Ce midi, ils étaient trois cent. Les forces de l’ordre n’ont pas employé de gaz ni de force.

NDDL : l’expulsion de Bellevue et de la Châtaigne sera plus difficile que jamais

26 Mar

Le hameau de cabanes de la Châtaigne, construit depuis le 17 novembre 2012 au sud-ouest du bois de Rohanne est immédiatement expulsable. Ainsi en a décidé aujourd’hui la justice, qui astreint les occupants qui se sont déclarés habitants permanents à payer 450 € par jour d’occupation au bout de 8 jours. Le jugement pour la ferme de Bellevue tombe le 28. L’on s’attend là aussi à une décision favorable à l’expulsion de ses occupants. Cependant, alors que la ZAD s’attend et se prépare activement à un nouveau coup de force printanier, plusieurs facteurs externes plaident pour que le gouvernement arrête les frais.

Cabanes de la Chat Teigne - fin janvier 2012

Cabanes de la Chat Teigne – fin janvier 2012

La ferme de Bellevue  abrite aujourd’hui une vingtaine de vaches – dont 14 ont été ramenées le 10 mars – une truie, une dizaine de poules et plusieurs paysans et occupants volontaires. Le collectif COPAIN44 qui fédére l’opposition paysanne à l’aéroport a appelé hier à  « accentuer la mobilisation sur le site de Bellevue dès le 28 mars, et [à] renforcer le dispositif de protection autour de la ferme. Il est donc fait un appel urgent à tous les paysans, actifs ou retraités, de Loire- Atlantique et de tous les départements alentour, pour acheminer sur le site tracteurs et matériels agricoles opérationnels ou réformés. » Près de 124.5 hectares de terres dépendent de la ferme, dont la viabilité économique est réelle.Le village de cabanes de Bellevue était quant à lui pris dans un imbroglio juridique qui a démontré – s’il fallait encore le prouver ! – combien l’indépendance de la justice devenait une chimère lorsqu’elle traitait d’un projet d’Etat comme l’est l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Cependant, si Paris estime que les opposants sont trop Bretons pour avoir droit au droit français, l’Europe s’en est mêlée et surveille maintenant directement le dossier  ce qui devrait avoir des conséquences importantes pour les occupants de la ZAD et opposants au projet. Notons au passage qu’il ne devrait pas y avoir d’expulsion tant que le rapport de la commission de dialogue ne sera pas rendu ; cette remise est prévue entre la fin du mois et début avril.

L’Hôtel Ibis de Treillières a reçu depuis quelques jours environ 80 gendarmes mobiles et des autorisations de travaux – essentiellement liées au barreau routier donc situées au sud-ouest et au sud-est de la ZAD – ont été déposées pour la fin mars. Disposant d’un soutien local et national très fort, les opposants sont très motivés pour s’opposer, par la force au besoin, aux travaux du barreau routier et à leur expulsion. Cependant, hors de Notre-Dame des Landes plusieurs facteurs plaident pour un évitement du coup de force au printemps sur la ZAD. Revue de détail des causes qui pourraient éviter à Notre-Dame des Landes une nouvelle invasion policière.

L’Europe sauvera Notre-Dame des Landes

D’abord, l’arrivée en force et très officielle des instances européennes, qui ont demandé à la France des compléments d’informations impératifs pour mi-avril. Si la France passe en force, Sandrine Bélier, eurodéputée EELV qui mène la fronde auprès des instances européennes avertit   « nous ferons tout pour que le Parlement mette en demeure la France d’arrêter les travaux, au besoin en passant par une prise de position politique européenne ». Une telle issue est très probable : les instances européennes, souvent critiquées pour la lenteur de leur action, un pas après les problèmes auxquels elle est censée répondre, ne manqueront pas l’occasion d’agir en amont d’un projet ni la possibilité en or de rappeler la France à l’obligation de respecter le droit européen dont plusieurs textes fondamentaux sont violés   par le projet d’aéroport.

Un régime socialiste très inquiet par la déroute attendue en 2014

La ferme de Bellevue, . Notre-Dame des Landes, Bretagne.

La ferme de Bellevue. Notre-Dame des Landes, Bretagne.

Ensuite, le gouvernement, déjà très fragilisé sur le plan intérieur – par les affaires et son autisme face à la contestation sans cesse croissante du projet de loi sur le mariage gay  peut difficilement se permettre d’ouvrir un nouveau front, fut-il loin de Paris, au risque de se mettre à dos une frange croissante de la population scandalisée – à juste titre – par les excès de violences policières et les illégalités diverses et variées. Politiquement, le gouvernement a plutôt intérêt, pour sauver la mise aux municipales de laisser couler le dossier, le temps que les recours des propriétaires légaux soient épuisés, ce qui ne sera pas fait avant fin 2015.Nombre d’élus socialistes locaux – la « base » du PS – somment le régime de Paris d’arrêter les frais avec le projet qui exaspère les populations Bretonnes, angevines, mancelles et poitevines déjà très énervées par la montée en puissance de la crise, des impôts, le caractère pour le moins indécis de la politique gouvernementale et son autisme face aux revendications sociales et économiques. Le PS – qui s’est constitué un domaine réservé dans les cinq départements Bretons et détient plusieurs grandes villes de l’Anjou, du Maine, de la Normandie et du Poitou – pourrait souffrir durablement de la crise : Angers, la Roche sur Yon, Laval, Saint-Brieuc, Caen et Rennes sont dans la ligne de mire de la droite et du centre (UMP, UDI) et pourraient basculer. De quoi alimenter la peur panique des élus et de tous ceux qui vivent des grasses prébendes des collectivités socialistes.

Pour l’heure, toute opération policière est illégale

Ce triton marbré ne pèse que 8 grammes, mais il pourrait faire reculer des millions de tonnes de béton et de policiers

Ce triton marbré ne pèse que 8 grammes, mais il pourrait faire reculer des millions de tonnes de béton et de policiers

A la suite du président de la Commission de dialogue qui a laissé paraître ses doutes au sujet de la pertinence du projet d’aéroport dans la presse parisienne, d’autres instances nationales, parmi lesquelles le WWF demandent des études complémentaires. Enfin, les autorisations auprès de la Commission Nationale des Paysages et des Sites pour les dérogations à la loi sur l’eau et le déplacement des espèces naturelles protégées ne sont pas obtenues. Ce qui veut dire – alors que commence la période de reproduction des batraciens – que tous travaux lourds qui occasionneraient des atteintes aux milieux naturels, aux sols et aux espèces naturels sont pour l’heure illégaux et pourront faire l’objet de procédures judiciaire et d’interdiction par les maires des communes concernées au titre de leur pouvoir de police.Tout comme les fouilles qui abîment les champs, une intervention policière, nécessitant force véhicules, usage de gaz lacrymogène et poivre, de grenades de désencerclement, d’engins de travaux pour démolir les cabanes et les barricades et causant un piétinement accru de surfaces somme tout réduites et en zone humide ne manquerait pas de dégrader les milieux naturels et de causer la mort d’espèces protégées. De quoi provoquer les foudres de l’Europe et de nouveaux recours judiciaires, sur des fondements juridiques qui ne peuvent être sujets au doute ou à l’interprétation en fonction du pouvoir politique. Si le droit a été largement foulé aux pieds par le pouvoir, la perspective – en ces temps de disette budgétaire – d’une condamnation pécuniaire européenne infamante et importante pourrait refroidir les ardeurs d’un Premier Ministre qui se sait sur un siège éjectable.