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Un nouveau Portique Ecotaxe incendié et démonté près de Cholet

5 Fév
Portique écotaxe à Vierzon (Cher)

Portique écotaxe à Vierzon (Cher)

Le seul portique de l’Ecotaxe en Anjou n’est plus. Il se situait sur l’axe Nantes-Cholet à la Séguinière, dans les Mauges. Pris pour cible dans la nuit du 1er au 2 février, il est le 10e portique abattu depuis le début de la contestation en août 2013 et le second hors de Bretagne (après celui de Pontorson à la toute fin de l’année dernière). Ce portique, dont le pilier droit a considérablement été endommagé et l’armoire électrique noircie par les flammes, a été démonté le 4 février au matin.

Le précédent portique écotaxe à avoir été pris pour cible était celui de Saint-Aubin du Cormier, à une quinzaine de km au nord-est de Rennes. Il avait subi un incendie au pied de l’un de ses piliers le 25 janvier 2014 ce qui avait conduit la société Ecomouv à le démonter. Depuis début 2014, quatre portiques ont ainsi été rayés de la carte, trois en Bretagne à Jans (44), Missillac (44/56), Saint-Aubin du Cormier (35) et le dernier en Anjou.

 

Des portiques de l’écotaxe vandalisés tous les jours en France

En plus des spectaculaires incendies de portiques écotaxe, des portiques sont plus discrètement attaqués tous les jours dans le pays. De source policière proche du dossier, « tous les jours, des portiques de l’écotaxe sont mis hors service. Des câbles sectionnés, des armoires [électriques] forcées, des caméras et des capteurs sur les portiques démontés ou bâchés, ça n’arrête pas. » D’après cette source, plusieurs portiques ont été touchés dans le grand Est et le sud-Ouest, mais aussi dans les régions centrales du pays. Hors les neuf portiques démontés en Bretagne ou à proximité, on estime aujourd’hui qu’une trentaine de portiques du pays ne sont plus en état de fonctionner.

Pourquoi alors les médias n’en parlent pas ? « Il faut le voir », précise notre source. « Un portique incendié qui menace de s’abattre sur une route, ça se voit. Des câbles sectionnés ou des caméras bâchées non. Et les journalistes des divers médias régionaux ne sont pas spécialement connus pour hanter les routes ». Ils pourraient pourtant s’intéresser à ces vandalismes discrets qui témoignent d’une réelle opposition des français à l’écotaxe. Il y a quelques semaines, un portique a été ainsi mis hors service sur l’A63 à Cestas, au sud de Bordeaux.

Carte des portiques écotaxe détruits et opérationnels en France

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Nantes : attention aux faux bonnets Rouges !

5 Jan

bonnets-rouges-alarmeMise au point. Après quelques semaines de tâtonnements, les Bonnets Rouges bretons structurent enfin leur mouvement. Voici la liste des comités locaux  certifiés conformes à la charte « Vivre, décider et travailler » en Bretagne. Le but est d’empêcher toute récupération du mouvement et de mettre hors d’état de nuire celles qui ont déjà eu lieu.

Car il se trouve que les Bonnets Rouges bénéficient d’un capital sympathie important hors de nos frontières bretonnes. Les thèmes qu’ils abordent – lutte contre le matraquage fiscal, l’écotaxe, relocalisation des décisions, refus de l’avalanche normative – touchent un grand nombre de français et leur sensibilité méfiante envers le monde politique va dans le même sens que le ras-le-bol collectif que suscitent les gesticulations de politiciens de plus en plus déconnectés du monde réel. C’est pourquoi certains groupes ou individus souhaitent récupérer le mouvement des Bonnets Rouges ou tout au moins lancent des groupes locaux qui mettent ce bonnet afin de surfer sur le concept.

Ainsi, à Nantes, il y a deux groupes des Bonnets Rouges. L’un d’eux est sur la liste et il est officiel (groupe Facebook). L’autre s’est distingué par diverses actions dont la redécoration nocturne de la Préfecture. Ces derniers « bonnets rouges » sont en fait proches du Printemps Français. Catholiques et (contrairement à ce qui se dit) anti-lepénistes, étant donné que le FN nantais est très laïciste, ils ont rallié le mouvement Hollande Démission, dirigé depuis Paris et qui appelle quasi exclusivement à la démission de l’actuel président. Ils en constituent la cellule nantaise. Ce mouvement plutôt très français est aussi présent à Orléans, Fréjus, Aix et bientôt Tours.

Bientôt plus un seul radar en état de marche dans les Côtes d’Armor?

3 Déc
Photo Barbara Viollet - Quimper

Photo Barbara Viollet – Quimper

Visitez les Côtes d’Armor, sa population accueillante, ses paysages magnifiques, son granit rose, ses paimpolaises… et son absence de radars ? Bientôt, on pourra porter cela à la carte postale costarmoricaine. En effet, depuis le début de la fronde des Bonnets Rouges, les 27 radars fixes des Côtes d’Armor ont eu chaud. Une dizaine ont été incendiés, d’autres ont été barbouillés à la peinture. Sur la côte, le dernier radar en état de marche se trouve à Paimpol, route de Lézardrieux.

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les gendarmes ont interpellé deux hommes qui étaient en train de préparer un feu de joie aux dépens du radar. Depuis, il semble avoir été laissé en paix. Il n’en reste pas moins que comme les radars incendiés ne sont toujours pas remplacés par le gouvernement  – ce qui ne l’empêche pas de pleurer sur le manque à gagner (surtout) et le risque que les incendiaires feraient peser sur la sécurité de tous – la Bretagne se libère progressivement de l’emprise des radars fixes routiers. Dans le Finistère voisin, la moitié des 18 radars fixes routiers est hors-service.

L’on verra à la fin de l’année sur les statistiques de la sécurité routière si les radars contribuent vraiment à la diminution des morts sur les routes – comme le prétend le discours de l’Etat français – ou si c’est surtout le changement durable des comportements qui fait baisser la mortalité. Ce qui voudrait dire qu’à part rapporter du cash pour l’Etat, les radars ont une utilité publique très limitée.

1914-18 : faute de vétérans, commémorons l’esprit de combat

11 Nov
Vitrail de guerre : les poilus dans une tranchée

Vitrail de guerre : les poilus dans une tranchée

Edito. L’on parle beaucoup d’Histoire et de commémoration en ce jour anniversaire d’armistice, mais à quoi bon s’il n’est plus de vétérans, et que le pouvoir n’use des célébrations que comme d’un triste masque des réalités économiques ? A l’heure où 75% des français s’estiment non concernés par le 11 novembre et que l’Elysée tweete que le 4 août 2014 « François Hollande va célébrer l’entrée en guerre aux côtés du président de l’Allemagne », laissant présager d’un méga-chahut avec gaz moutarde et obus à volonté, que commémorer et à quoi bon ?

Faute de vétérans, l’on peut retenir l’esprit et les faits historiques. Une guerre terrible, inutilement rallongée par la sénilité des généraux qui le précédèrent. Une guerre qui plaça la République dans l’impasse : la dictature ou la défaite, pendant que Caillaux et Malvy, deux ministres du gouvernement d’alors, trafiquaient ouvertement avec l’ennemi. Ils ont été jugés pour ça en 1917 par la Haute-Cour, ce qui ne les pas empêché de rebondir après guerre et continuer, en bradant les acquis de Versailles et de Locarno, à servir plus l’intérêt de l’Allemagne que ceux du pays qui les a propulsés au pouvoir. Une guerre qui mit en exergue des personnalités contradictoires. Clemenceau. Père la Victoire certes, qui mit fin aux trahisons internes en 1917 mais refusa aussi la paix séparée de l’Autriche-Hongrie, qui aurait acculé l’Allemagne à rendre les armes, un an plus tôt. Pétain. Sauveur du front, mais qui se laissa déborder en maints endroits par Gamelin et autres Nivelle, généraux inadaptés, salonnards et inconscients.

Du fait de ces généraux qui n’étaient pas à leur place au commandement, comme en 1870 et plus tard en 1940, la France recula. Et quand elle fut enterrée dans ses tranchées, entre quatre murs de boue et de pluie, elle fut décimée. Les peuples minoritaires que la République n’a jamais su souffrir furent mis en avant, transformés en chair à canon. La Lozère – vieilles terres rebelles que sont les Cévennes – ne s’en est jamais relevée. La Corse est restée meurtrie. La Bretagne, sanguinolente, a gardé la blessure dans sa mémoire blessée.

La commémoration aujourd’hui encore place la République devant ses contradictions historiques et montre au peuple – un peuple dont la révolte est rouge sang de Bretagne – son passé sanglant ; les crimes dont la République jacobine s’est faite coupable ou complice, et qu’elle refuse de reconnaître. Ainsi, ce rapport très prudent, qui refuse toute réhabilitation publique des fusillés pour l’exemple. Même de ceux qui, trop rapidement convaincus d’insoumission ou pris au hasard, sont vraiment morts pour rien. Pour la sénilité des généraux, pour la gloriole des sous-off’’, les successeurs de ceux qui « couraient dès qu’ils entendaient gronder au loin le canon des pruscos », écrivait Jules Onnée en décrivant les faits d’armes de la Légion Bretonne, un corps de francs-tireurs qui jamais n’a refusé le combat contre les prussiens, et les a toujours chassés.

Aujourd’hui encore, la République refuse de reconnaître ce que la parole des Poilus a rendu public ; aujourd’hui encore, elle refuse d’accorder à la mémoire nationale que des Bretons et des Corses, majoritairement paysans donc embrigadés dans l’infanterie, furent systématiquement mis en première ligne parce que eux tenaient, quelle que soit l’intensité du bombardement qui chutait sur eux. Aujourd’hui encore elle refuse de réhabiliter ceux d’entre nos ancêtres qui sont morts pour rien, dont l’honneur a été sali en pure perte. Comme ces Bretons qui ne comprenaient pas un traitre mot de français, ou ce Corse à demi-fou tués pour l’exemple, au bon vouloir de leurs officiers. Comme ces tirailleurs tunisiens décimés pour le même futile caprice.

Alors que commémorer ? Le sacrifice de nos aînés, certes. Mais les alignements de noms écrits en petits caractères dans sur les monuments aux morts religieux – toute la hauteur du transept de Guéméné-Penfao – ou civils traduit la mesure de la contribution bretonne. Plus important. La guerre de 1914-18 illustre encore une fois le très ancien proverbe déjà employé pendant la Guerre de Cent Ans, alors même que la Bretagne était encore libre, mais que bien des Bretons étaient engagés aux côtés du Roi de France pour bouter hors les anglais du continent. Formigny 1451. Victoire bretonne qui libéra la France des Anglais.

« Le sang des hermines teinte les bannières de lys ».

A chaque fois qu’un Français défaille, qu’il se laisse couler, depuis plus de six siècles, bien avant même, un Breton se lève pour prendre sa place et faire son devoir. A force, cela fait un héritage terrible de bravoure, de douleur et de morts ; les Bretons ont ainsi tissé de génération en génération les plus belles pages de l’Histoire de France. Maintenant que le ras-le-bol attise le combat pour l’indépendance, que les moyens de la France ne sont plus que fantomatiques, que le rayonnement français – le dernier argument vraiment susceptible de retenir la Bretagne – a vraiment décliné, c’est notre Histoire qui place devant nous ce legs encombrant, qui nous oblige aujourd’hui encore à nous battre là où les Français seraient tentés de se laisser tuer.

Que commémorer, donc ? L’esprit de combat. Celui qui a porté nos aînés. Qui les a fait survivre dans l’enfer de boue, celui qui les a poussés à l’assaut des crêtes désolées et labourées d’obus d’Artois en Champagne. L’esprit de combat. Celui a poussé la génération suivante à résister, à former l’armature de la France libre, à faire la guerre à l’occupant par tous les moyens. Celui qui a poussé les paysans bretons à entrer en lutte et arracher les routes gratuites, l’université de Brest et la mise en eau profonde du port de Roscoff. Tout cela, ils l’ont obtenu, mais ils l’ont surtout construit de leurs deniers et de leurs mains.

Aujourd’hui, c’est à nouveau l’heure du combat pour les Bretons. Contre le déclin, pour l’avenir et l’emploi. En finir avec le pandémonium du monde politique français. Avec les guillotines de l’écotaxe et les boîtes à flash qui mitraillent sur les routes et dépouillent la Bretagne. La guerre est à nouveau chez nous, mais elle requiert l’esprit de combat, le courage, la passion et l’acharnement tout à la fois. En avant pour la der des der… avant la libération. Elle n’a jamais été si proche.

Voici la carte des portiques écotaxe en Bretagne

4 Nov

La Bretagne historique compte vingt portiques de l’écotaxe, dont seuls quatorze sont encore intacts. Parmi eux, un a été démonté par les services de l’Etat après que des affrontements très durs ont eu lieu devant lui : c’est celui de Pont de Buis. Quatre ont été complètement détruits, à Guiclan, Melgven, Saint-Allouestre et Lanrodec. Un a vu ses capteurs mis hors-service à Montauban.

Nous en publions la carte, plus complète que celle qui est parue ailleurs puisqu’elle englobe la Bretagne historique, y compris la Loire-Atlantique, grande oubliée de l’histoire puisqu’elle ne bénéficie pas de la décote de 50% que le gouvernement réservait à la région administrative ; les camions traversant le pays Nantais paieront donc la taxe plein pot (d’échappement) si elle est mise en place. L’une des pistes du gouvernement pour ne surtout pas abandonner l’écotaxe et ne pas payer 800 millions d’euros de dédit – une somme négociée dans des conditions quelque peu opaques en 2010, sous Sarkozy et Borloo – est d’ailleurs d’accentuer la décote dont bénéficierait la Bretagne…administrative, ce qui veut dire que l’effet de seuil sera d’autant plus important pour les transporteurs de Loire-Atlantique.

La densité des portiques est assez exceptionnelle, surtout en Ille-et-Vilaine où il y a six portiques. Il existe d’autres départements français où les portiques sont nombreux, comme en Gironde où il y a aussi six portiques ; d’autres, comme le Maine-et-Loire, n’ont qu’un seul portique, qui est installé sur la rocade de Cholet (RN249), l’axe Nantes – Cholet faisant partie du réseau taxable. Il y a deux explications à ce nombre de portiques en Bretagne : la décote appliquée aux quatre départements de la région administrative (à l’origine de 40%, maintenant de 50%, l’Aquitaine et la région Midi-Pyrenées bénéficiant de 30%) et l’existence de routes exemptées du dispositif comme l’A11 et A811 en Loire-Atlantique, la RN164 et l’axe Saint-Brieuc – Pontivy en Centre-Bretagne, le réseau secondaire, etc.

La gratuité des 2×2 voies bretonnes a été acquise par la lutte paysanne

Pour rappel, jusqu’alors le réseau routier breton en 2×2 voies était gratuit. Ce privilège ne vient pas de la Duchesse Anne, mais a été arraché  au gouvernement Pompidou dans les années 1960 par un monde agricole enragé contre le pouvoir et conduit par le CELIB (comité d’étude et de liaison des intérêts Bretons). L’un des chefs de file bretons d’alors était Alexis Gourvennec, qui défendait les intérêts des coopératives agricoles du Léon. Il fondera plus tard la Brittany Ferries.

En échange de la paix, le monde paysan breton uni exigea que le réseau en 2×2 voies ne parte pas de Paris, mais de la pointe bretonne ; qu’il desserve Quimper à Nantes directement, en dépit du fait que la Loire-Atlantique était placée dès 1955 dans une « région de projet » distincte du reste de la Bretagne ; qu’il y ait des échangeurs tous les 4-5 km ; qu’une université soit créée à Brest et que le port de Roscoff soit mis en eau profonde pour exporter les produits agricoles bretons vers le Royaume-Uni. Le maillage autour de la Bretagne s’est enrichi de branches vers l’intérieur du pays et vers Saint-Nazaire, ainsi que par la mise en 2×2 voies de divers axes secondaires dans le Pays de Retz et le Pays de la Mée (ex-RN171…), le tout avec des moyens essentiellement avancés par la région administrative et les départements. Ainsi la Bretagne s’est constituée un des meilleurs réseaux gratuits d’Europe.

carto-écotaxe

Bonnets Rouges : manif monstre à Quimper et trois portiques écotaxe visés

2 Nov
Quimper à 15h, place de la Résistance

Quimper à 15h, place de la Résistance

Une manifestation monstre à Quimper rassemble en ce moment plus de 30.000 personnes dans une ambiance tendue, avec diverses échauffourées. Des opérations coups de poing ont aussi visé les portiques de Saint-Allouestre, Landaul et Montauban de Bretagne. Le premier brûle, le second a vu ses capteurs mis hors service et le troisième est pris pour cible depuis 16h30 par les agriculteurs locaux qui procèdent à son démontage. La Bretagne historique compte entre onze et quinze portiques, dont cinq sont déjà détruits ou démontés.

Entre 20 et 30.000 manifestants à Quimper

Une marée de manifestants aux bonnets rouges (distribués par Armor Lux) ont envahi les rues de Quimper. Ils ne seraient que 10.000 selon la préfecture, mais 18 à 20.000 selon une source policière. Christian Troadec, maire divers-gauche de Carhaix et l’un des chefs de files de la contestation a déclaré « nous sommes au moins 30.000, ce jour fera date ».

la banderole sur la rivière

la banderole sur la rivière

Le mouvement Hollande Démission, dont le chef de file est David van Hemelryck, ce jeune orléanais qui a fait le tour des côtes de France cet été en ULM en tirant une banderole Hollande démission.fr a déployé à plusieurs reprises une banderole de 20 mètres de long libellée « Hollande démission ». David Van Hemelryck, que nous joignons vers 17h, est dans un endroit où il n’y a pas d’échauffourée. « Nous avons déployé la banderole sur la montagne [au-dessus de la place de la Résistance] et les gens ont repris spontanément le slogan Hollande Démission. Nous l’avons déployée sur la rivière. Sur la montagne. Devant les tracteurs. Et maintenant sur des balcons où les gens nous font monter spontanément. »

A l'assaut de la Préfecture

A l’assaut de la Préfecture

Contrairement à ce qu’avance la presse de gauche (Le Monde, le Nouvel Obs…) il n’y a pas beaucoup de manifestants issus du Printemps Français à Quimper, en revanche ils couvrent amplement et avec réactivité les événements sur Internet, ce qui explique peut-être pourquoi le pouvoir cherche à bloquer le web et les réseaux téléphoniques.Dès 16h25, le compte Twitter des Bonnets Rouges (1500 abonnés) a été suspendu, tandis que les communications mobiles et 3G sont activement brouillées et perturbées par la police qui cherche à limiter les transmissions sur les réseaux sociaux. Des policiers en civil seraient aussi infiltrés dans la manifestation.

des tracteurs en ville

des tracteurs en ville

Depuis 15h30, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se poursuivent à l’angle de la rue Olivier-Morvan et de la place de la Résistance ; les manifestants jettent des cageots et des pots de chrysanthèmes – déposés au préalable devant la Préfecture en hommage aux emplois sacrifiés de l’agroalimentaire – sur les forces de l’ordre qui répliquent à coups de gaz lacrymogènes et avec deux lances à eau. Il y a un blessé à 16h45, deux autres entre 17h et 17h40; les trois ont été évacués vers les urgences. Des CRS seraient aussi bloqués par les manifestants sur les quais, rive gauche, où ils se sont retranchés pour protéger la préfecture et le conseil général. Certains des manifestants ont réussi à entrer dans la Préfecture vers 15h30 où « c’est le plus grand bordel », racontent certains d’entre eux. Les services de la Préfecture sont effectivement totalement débordés et injoignables. Dans les échauffourées sont impliqués des Bretons énervés, notamment des agriculteurs et des pêcheurs. Plusieurs fois les organisateurs lancent des appels au calme, limitant les troubles aux environs de la Préfecture.

Le cortège rassemblé place de la Résistance vient enfin de s’ébranler à 16h30, avec deux tracteurs mis en avant par les organisateurs, en accord avec les forces de l’ordre ; d’autres, une trentaine, sont entrés en ville bravant l’interdiction qui leur a été faite, et ont avancé jusqu’à la Préfecture. Pendant ce temps la contre-manifestation de la CGT, d’une partie de la FSU et du Front de Gauche à Carhaix – organisée avec le soutien du gouvernement qui espérait briser l’élan populaire vers Quimper – a fait un bide, avec à peine 300 personnes (2000 selon la CGT, 150 selon d’autres observateurs). A 17h45, la nuit commence à tomber et l’ordre de dispersion est donné. A 18h, le collectif Breizh o Reveulzin/ Révolte bretonne publie un communiqué dans lequel il « condamne la violence des groupuscules, des casseurs et des forces policières » et « salue ses sympathisants qui ont refusé les extrêmes et la violence« . Il remercie aussi les dizaines de milliers de manifestants pacifiques. Ce collectif, apolitique mais refusant les extrêmes politiques, a mené suite aux propos dans les médias parisiens (Le Figaro, Le Monde, BFMTV et Cie) une croisade afin d’exclure les quelques membres d’extrême-droite qui avaient investis ses pages Facebook. Il est l’un des organisateurs de la manifestation, avec la FNSEA et les organisations socio-professionnelles de l’agroalimentaire, de la paysannerie et de la pêche.

A partir de 18h15, les forces de l’ordre commencent à repousser la foule spectatrice en y lançant des grenades lacrimogènes. Les CRS et gendarmes mobiles chargent par la colline, et refoulent peu à peu le dernier carré de manifestants sur la place de la Résistance. Scandant « On est chez nous », les Bretons ne lâchent rien et repoussent fermement les CRS; chassés de la place, ils s’accrochent aux berges. Le site de la gazette catholique « Le Rouge et le Noir » tweete en direct des affrontements; plusieurs manifestants ont été interpellés vers 19h00. Les Bretons encore présents repoussent les CRS tout en étant accompagnés par des sonneurs.

La manifestation de Quimper était soutenue par de nombreux partis et mouvements, du NPA au FN en passant par le CNIP (centre national des indépendants), l’UMP (dont le député Marc le Fur, vent debout contre l’écotaxe encore en 2009-2010 lorsque la droite la mettait en chantier), le MBP (Mouvement Bretagne et Progrès) de Troadec, Divers Gauche, le Parti Breton (centre), etc. Le Printemps Français soutient lui aussi la mobilisation. Dans un communiqué, la nébuleuse citoyenne engagée explique pourquoi il y a eu de la casse : « [les Bretons] ne sont pas venus pour faire déraper cette manifestation, comme le suggèrent déjà de façon préventive, orientée et mensongère Marylise Lebranchu, Jean-Marc-Ayrault ou la DCRI. Les événements récents, dans toute la France, ont prouvé que les citoyens exaspérés avaient eux-mêmes, quels que soient leurs partis, leurs syndicats ou leurs opinions, décidé de donner une tournure transgressive voire violente à leurs justes revendications, en bloquant les routes, piégeant les usines, sabotant les équipements publics, etc. Une violence réelle qui répond à la violence symbolique d’un État diviseur, partisan et sourd aux revendications des Français. » Le Printemps Français appelle à « bâtir une nouvelle espérance » en sortant de l’économie spéculative, en rompant avec l’habitude d’un Etat rapace asservi aux banques et en s’appuyant sur les solidarités naturelles et familiales.

le portique de montauban de bretagne attaqué

le portique de montauban de bretagne attaqué

La Breizh enflamme la France

A Paris, devant l’Elysée, des manifestants qui bloquaient les parages en arborant des Bonnets Rouges ont été arrêtés vers 17h. La mobilisation prend de l’ampleur en France, activée par les milieux socio-professionnels et de nombreux militants de droite hyper-connectés sur les réseaux sociaux et le web, révoltés par le pouvoir. Une action de poids lourds a ainsi eu lieu à Lyon. Un sondage vient de paraître selon lequel à peine un tiers des français sont satisfaits par l’écotaxe. En revanche, le ras-le-bol devant la hausse des prélèvements en 2012 et 2013 ainsi que la vacance et l’incapacité du pouvoir rencontrent un large consensus social.
Encore une petite dizaine de portiques bretons intacts

Il reste encore quelques portiques bretons intacts. Et ce, notamment à Auray et Elven en Morbihan, peu avant la sortie Le Cours-Saint-Guyomard, Saint-Agathon et Lanrodec en Côtes d’Armor près de Coat an Doc’h, Prinquiau, entre Saint-Nazaire et Savenay sur la RN171 (Loire-Atlantique), Mondevert  (Ille-et-Vilaine) sur la RN157. Vers 18h30, cinq camions de CRS ont pris position auprès du portique d’Elven : les autorités ont peur que les Bretons ne le prennent pour cible. Ce soir, la Bretagne est en colère, la Bretagne est debout. L’écotaxe ne passera pas.

Fronde bretonne : l’Etat inquiet désinforme l’opinion française

28 Oct

bonnets-ruz2Le 2 novembre, place de la Résistance à 15 heures, Breizh Impacte, l’association Bretagne Réunie, et de nombreux collectifs économiques et professionnels bretons appellent à manifester contre l’écotaxe et l’action de l’Etat qui vise à affaiblir l’économie bretonne. BreizhImpacte a lancé un appel pour « travailler, vivre et décider en Bretagne » et estime que son rassemblement consiste à « fédérer tous les acteurs de l’économie » et à « mobiliser pour l’emploi en Finistère et en Bretagne ».

L’association pro-réunification administrative Bretagne Réunie a rebondi là-dessus et a lancé un vibrant appel à se rassembler pour la Réunification et l’avenir de l’économie bretonne. L’association critique très durement dans un communiqué le Premier-Ministre Ayrault « allergique à l’idée d’une « grande » Bretagne rayonnante, prospère et ouverte sur le monde, lui interdisant sa redoutable puissance économique et par conséquent, entretient, entre-autres, des peurs (A la réunification, je crie casse cou !) et des pseudo-rivalités entre Rennes et Nantes. » Une page Facebook « Soutien à la Fronde Fiscale » a été lancée pour organiser des covoiturages en direction de Quimper.

L’Etat inquiet, la presse jacobine désinforme

Les RGs sont clairement inquiets par la révolte bretonne contre l’écotaxe – qui entend marcher sur les traces des Bonnets Rouges, le nom breton de la révolte du papier timbré (1675) suivie d’une assez dure répression. Ceux-ci sont plus populaires dans le Finistère et les Côtes d’Armor que les chouans qui sont – dans les trois autres départements de Bretagne orientale et méridionale – la figure traditionnelle des révoltés bretons.  Les affrontements très violents samedi 26 octobre  devant le portique de Pont de Buis les Quimerc’h ont révélé l’étendue du ras-le-bol breton à l’ensemble de la France.

Pour l’heure le gouvernement y oppose ses armes habituelles, surdité et désinformation. Pour une fois c’est un journal de droite – le Figaro, grand bénéficiaire des aides d’Etat à la presse – qui se fait la voix des jacobins en relayant des « informations » livrées par les RGs sur la mobilisation bretonne. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, et c’est ainsi que les RGs – enfin l’actuelle DCRI – accuse une fronde lancée par des milieux socio-professionnels d’être impulsée par les extrêmes de gauche et de droite. Ils font aussi état d’une page Facebook, Révolte bretonne, réunissant 4000 participants. Manque de chance, cette page  n’a que 2.580 j’aime le 28 octobre à 20h15. En revanche, il existe bien une page – bien plus généraliste et qui n’est pas centrée sur la seule Bretagne – qui est ce soir à 4000 et quelques participants, « la révolte fiscale, c’est maintenant« .
Manque de chance encore pour les RGs, la fronde des agriculteurs, marins ou autres transporteurs n’a été reprise que bien tardivement – dernièrement en somme – par les milieux politiques et les opposants de toutes natures (notamment ceux du Printemps Français, très présent en Bretagne) contre François Hollande.

République jacobine, méfies-toi de l’automne breton

Derrière toute cette fumée, deux certitudes. D’abord, les CRS seront au rendez-vous le 2 novembre, ainsi que leurs collègues de la gendarmerie. Ensuite, s’enflamme cette page Facebook « Le vent se lève et le pays breton relève la tête ! Trop longtemps silencieux ! Dans les pas d’Alexis Gourvennec, de Sébastien Le Balp, de Jean de Montfort, et de tant d’autres. Dans les pas des révoltés de 1994, des manifestants de 1972, des paysans de 1961, des résistants de l’île de Sein, des Penn Sardin des années 1920′ et la liste serait encore longue !» La Bretagne a en elle une longue tradition de révolte, elle est frottée à l’injustice mais ne s’y résigne jamais. Le printemps français pourrait-il, comme nous l’écrivions en mai dernier, devenir un automne terrible Breton ? Alors que le pouvoir est très proche de relancer l’attaque sur le bocage de Notre-Dame des Landes et qu’il continue à dilapider l’argent des Bretons et des français sans remplir ses devoirs, le moment est historique.

Historique pour régler les comptes et faire payer à l’Etat jacobin ce qu’il doit à la Bretagne. Payer pour la séparation d’avec la Loire-Atlantique qui prive chaque année ce qui reste de la Bretagne de la moitié de sa capacité industrielle et économique. Payer pour les promesses avortées sur le front économique et politique. Payer pour l’échec de la réduction de la fracture sociale. Payer pour les nombreux Bretons gazés ce printemps à Paris et tout l’automne dernier à Notre-Dame des Landes. Payer pour l’autisme politique, le refus déterminé d’écouter les Bretons. Payer enfin pour la censure systématique de la volonté de liberté des Bretons. Enfin, le vent se lève. Luttons !