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Le candidat FN à Nantes Christian Bouchet violemment mis en cause par un blog

7 Mar

44_BOUCHET-Christian1« Sataniste », « sodomite », « candidat de 1939 », les insultes volent bas sur ce blog qui incendie… un candidat du parti de la flamme. Attaqué à la fois sur son amitié pour la Syrie, ses publications en faveur de l’occultisme ou sa proximité supposée avec des milieux satanistes par le passé, le chef de file du FN à Nantes Christian Bouchet y est aussi assimilé à Hitler et traité de « candidat de 1939 ».

Eclectique dans ses attaques, le blog l’est aussi dans ses sources. Puisqu’en dehors des titres incendiaires suivis (ou pas) de commentaires concis mais néanmoins fort épicés, le blog créé le 6 mars 2014 renvoie principalement – outre une vidéo qui s’attaque … Soral – à trois articles, du site d’information antifascistes Reflexes  publié à l’automne 1998, d’un article de septembre 2013 dans les Inrocks  et surtout du long et fouillé article de Rue89 à son sujet réalisé en mai 2012.  Le site reprend aussi un visuel mis en ligne en 2010 sur le blog La Flamme, situé très à droite du FN actuel. Coïncidence ou indice ?

Tous ces articles soulèvent un pan de la personnalité de Christian Bouchet méconnu du grand public. Spécialiste du gnostique (ou sataniste, selon ses détracteurs) et maçon anglais Aleister Crowley, Christian Bouchet a été par le passé dans plusieurs groupes qui oscillaient entre mysticisme et franc-maçonnerie, tout en suivant un chemin politique national-révolutionnaire et plutôt athée. Très athée même puisque selon la Flamme, un blog très opposé à l’actuelle direction du FN et qui a fait un article au vitriol sur l’intéressé : « directeur de la revue Lutte du Peuple (No28 septembre/octobre 1995), écrivait alors à l’occasion de la venue de Jean-Paul II : ‘‘Non à la secte papale. Exigeons que notre nom soit ôté des registres de baptême’’ »

Alors pourquoi un candidat qui semble si éloigné de la masse des nantais ? Pourquoi un athée dans une ville encore si marquée par le catholicisme, et où il vit toujours, avec près de 100 lieux de culte anciens ou en service, plus de 20 couvents, un bon tiers de l’enseignement secondaire dépend du diocèse ou d’autres groupes catholiques, une forte mobilisation locale à la Manif pour Tous… Pourquoi un ex-national révolutionnaire, qui affiche un soutien franc et massif à Ahmadinejad et Bachar el Assad dans une ville très modérée ?

Ce sont les Inrocks qui donnent l’explication la plus proche de la vérité : à Nantes, le FN local n’a pas de leader autre que lui. Si elle émerge à Saint-Nazaire, voire ailleurs (à la Baule par exemple), à Nantes il n’y a personne sauf Christian Bouchet. Et en 2008, le FN n’avait aucun candidat dans la capitale des Ducs. Difficile de faire pire. Il y a pourtant eu, jadis, une relève, en la personne de la jeune Laura Lussaud, plus jeune membre en 2007 du comité central du FN, et de sensibilité ultra-nationaliste. Petite-fille de la secrétaire départementale Marguerite Lussaud, elle était proche de Gollnisch et des Jeunesses Nationalistes. Exclue du parti, elle a rejoint les Jeunesses Nationalistes (actuellement Jeune Nation) à Lyon, puis a fondé le CLAN, une association d’aide aux militants nationalistes ou révisionnistes emprisonnés. 

 

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Gay pride dans le calme à Nantes ; les nationalistes ont protégé la Cathédrale

16 Juin

Hier avait lieu la marche des fiertés à Nantes. Une foule assez clairsemée – majoritairement composée des LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) ainsi que de jeunes se trémoussant sur des musiques techno-bêtifiantes – a parcouru les rues nantaises. Estimée à 5000 personnes par Ouest-France et à 2000 par la police, la manifestation a rassemblé tout au plus 3500 personnes, le cortège étant ça et là parsemé de larges trous.

Gay pride au Bouffay

Gay pride au Bouffay

Dans l’ensemble, cette manifestation a eu lieu sans heurts, malgré la présence de 150 « antifas » de la CNT et du NPA qui voulaient clairement « casser du facho ». Suite aux profanations commises sur la Cathédrale et à la dégradation de la librairie Dobrée, les forces de l’ordre, sentant le climat délétère, ont barricadé les alentours de la Cathédrale. Cinq camions de gendarmes mobiles derrière – pour dissuader les éléments très mobiles des antifas de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Une grande barricade antiémeutes et deux cordons de CRS dans la rue du général Leclerc, dans l’axe de la rue de l’Hôtel de Ville vers la Cathédrale ; un jeune homme en roller qui tente de le franchir en venant de la Cathédrale est fermement intercepté par quatre agents et mis contre un mur ; efficace et sans violence. Et des camions fichés en travers des rues adjacentes, gardés par des CRS en nombre. Plus de 150 agents ont été commis à protéger la Cathédrale, qui de fait est restée ouverte toute l’après-midi. « En cas de problème, les policiers envahissent la Cathédrale dans l’instant », explique ainsi à BreizhJournal un des guides conférenciers.

Ambiance d’orage sur Nantes

Les nationalistes sur le parvis

Les nationalistes sur le parvis

A l’appel du Renouveau Français (RF), une soixantaine de jeunes – et moins jeunes – sont venus protéger la Cathédrale ; sur le parvis, deux policiers en civil les surveillaient. Hors la vingtaine de jeunes du RF, l’on pouvait constater la présence de quelques membres de Jeune Bretagne, de jeunes royalistes, de huit frontistes – dont la tête de liste nazairienne Jean-Claude Blanchard et le chef de file du FN baulois Didier Vernet – et de jeunes non encartés, mais « indignés » par la profanation récente de la Cathédrale. Thomas, l’un d’eux, explique le climat délétère qui plombe Nantes : « les antifas ont l’impression de marcher sur l’eau ; ils taguent les vitrines [allusion à la librairie Dobrée], profanent la Cathédrale, et maintenant on peut se faire ziguer si l’on a l’air d’un catho bourge et qu’on porte un polo. Délit de faciès. » Ziguer ? « Oui, ils miment un sieg heil afin de provoquer ». Récemment, un fait divers meurtrier a été évité : trois jeunes royalistes locaux qui marchaient dans la rue ont fait fuir deux antifas ; ils sont revenus à trois, « le dernier portait un [couteau à] cran d’arrêt et un pistolet 9 mm. Bref, non seulement ils cherchent la confrontation, mais ils aimeraient venger leur camarade Méric ». Sur internet, des appels au meurtre et à la violence circulent sur les réseaux des antifascistes locaux. Toute cette activité névrosée rend encore plus étonnant le décalage avec l’action publique – dissolution de groupes nationalistes et arrestation de militants pacifiques à Paris.

Face à face tendu rue de Strasbourg

Face à face tendu entre antifas et frontistes

Face à face tendu entre antifas et frontistes

A 16h 25, lorsque la « marche des fiertés » débouche de l’axe BMV (Barillerie-Marne-Verdun) dans la rue de Strasbourg pour tourner dans la rue de l’Hôtel de Ville adjacente, les policiers renferment leurs barricades encore plus – ne laissant comme soupape de sécurité que la petite rue des Carmélites, et les nationalistes glissent du parvis de la Cathédrale à l’extrémité de la place Saint-Pierre, avec une banderole « Homofolie ça suffit ». De la foule LGBT émerge des éructations « Facho, catho ! » tandis que l’on voit au loin une pancarte « Boutons Boutin hors de France ». Capuchés et masqués, des antifas remontent le cortège pour venir évaluer les forces de l’ordre. Puis reviennent à leurs rangs et se préparent à une petite station devant la Cathédrale pour insulter l’Eglise. Derrière deux des trois chars, l’ambiance est bien plus festive : jeunes qui se trémoussent, frite gonflable Durex à la main, sur une musique techno où dominent les basses. Sur la place, courageux, les nationalistes répondent par le slogan « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’hétéros » et d’autres encore

Les insultes fusent. les frontistes reculent, les antifas restent maîtres du terrain

Les insultes fusent. les frontistes reculent, les antifas restent maîtres du terrain

Il est 16 h 30 quand de la rue des Carmélites surgissent dans la rue de Strasbourg Gauthier Bouchet – fils de la tête de liste locale du FN pour les municipales – et quatre de ses affidés, dont plusieurs ont un look très typé. Ils remontent la rue vide et arrivent à six mètres de la manifestation qui tourne, au moment où passent un petit groupe d’antifas – une trentaine d’individus. L’un d’eux s’avance vers la tête de liste frontiste et l’invective violemment, se plaçant tout contre lui. Il laisse dire, et recule avec ses féaux. Les antifas s’avancent, en criant « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers ». Ils réussissent leur démonstration de force ; pendant celle-ci, l’un d’eux lance quelques petits cailloux vers les frontistes qui partent, sans demander leur reste. Un des antifas, particulièrement remonté, qui s’est jeté en direction des frontistes, est arrêté par une jeune femme du service d’ordre de la manifestation, qui se jette littéralement sur lui, et le ramène manu militari dans le rang.

Le rassemblement devant la Cathédrale se disperse aux environs de 17 heures, les agents levant le camp dans la foulée ; la fin de la gay pride s’est déversée sur le carrefour des lignes de tram à Commerce, provoquant une longue interruption de tout trafic. Si les antifas ont réalisé leur démonstration de force, on pourra nous demander cependant quelle mouche a piqué Gauthier Bouchet d’aller chercher l’affrontement, et l’aurait-il fait s’il n’y avait pas une cinquantaine de CRS dans les environs prêts à fondre dans la minute sur tous ceux qui déclencheraient des heurts. La Cathédrale, elle, s’en sort indemne. Dans le ciel sans ombre de la rue Saint-Clément, un drapeau breton et un drapeau LGBT s’enlacent, dominés par la fine silhouette d’un clocher.