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La destruction de l’église de Gesté en vidéo

1 Jan

P1020802Cet été et cet automne, nous avions couvert le drame d’un petit village angevin : celui de Gesté dont la mairie a détruit l’église du XIXe siècle, prétendument pour la reconstruire, et ce après l’avoir laissée abandonnée et sans entretien pendant près de deux décennies. Nous avions retracé l’ambiance étrange de ce village plombé par le mensonge municipal et la soumission de ses habitants, la justice soumise aux démolisseurs comme elle est ailleurs soumise aux bétonneurs, la presse locale qui faisait le service après-vente de la mairie, l’Etat qui s’en fichait totalement et traitait le dossier par-dessus la jambe , les objets du culte abandonnés dans les décombres et nous étions là pour voir les dernières heures de l’église  lorsque la pelleteuse emmenait avec elle le souvenir du Gesté d’antan.

Noël Stassinet, du Souvenir Chouan de Bretagne, que nous ne remercierons jamais assez pour son soutien, était là aussi pendant ces heures terribles qui voyaient une municipalité unie dans le mensonge assassiner froidement le témoignage le plus solide de la Foi au coeur d’un petit village français. De ses heures passées sur place à filmer la démolition, il a fait un petit film de 14 minutes, comme un dernier hommage à cette église abattue en 2013 par la bêtise de quelques hommes.

Il y a aujourd’hui d’autres villages comme Gesté, où les églises sont laissées à l’abandon et demain une municipalité qui préfère passer l’argent public pour construire des ronds-points ou acheter des pots de fleurs dira aussi aux habitants : « rien à faire, l’église s’écroule », alors qu’elle survit aux pires tempêtes, aux guerres et aux fléaux. Il y a d’autres villages qui, une fois leur clocher abattu, disparaîtront du paysage, où n’y seront gravés que par une construction sans âme – un château d’eau, la tour de séchage de la caserne des pompiers ou une cheminée d’usine. Puissent ceux qui regarderont cette vidéo se rappeler de leurs églises : elles tiendront encore des siècles, si l’on veille sur elle, si on les entretient et si on empêche quelques « parvenus de la démocratie » de se faire une vaine gloire en les abattant.

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Les démolisseurs achèvent l’église de Gesté à la pelleteuse

12 Sep

Ces deux dernières semaines, une pelleteuse a grignoté peu à peu ce qui reste du chœur, des chapelles latérales et de la nef de l’église de Gesté. Tandis qu’un trou apparaît au milieu du village, les opinions se clivent, entre nostalgiques et irréligieux, entre ceux qui espèrent l’église neuve promise par la mairie et ceux qui pleurent la perte irréparable de patrimoine dans ce petit bourg angevin.

Nous vous proposons de découvrir nos photos de la démolition. La galerie ci-dessus présente les photos que nous avons prises sur place le 10 septembre. La démolition s’achève dans la semaine avec la démolition des chapelles latérales seigneuriales et d’une partie du mur nord de la nef, qui étaient encore debout. L’ensemble de la crypte – et des parties latérales dont les accès sont surmontés de trilobes armoriés, par où les familles nobles entraient dans l’église – sera conservé, ainsi que l’élévation des murs sur 2 m 50 par endroits, sur 50 cm côté ouest, et trois piliers du chœur qui formeront une sorte de porche pour la nouvelle église.

Ci-dessous, voici les photos prises sur place une semaine avant, le 3 septembre. Le toit du choeur, qui pendait en porte-à faux depuis trois jours, a été enlevé au début de l’après-midi. Très homogène, il est venu d’un coup, emmenant avec lui le pignon du choeur, mais sans faire bouger l’ogive en tuffeau que la grue a fractionné peu après. Il est à noter que les murs, d’une élasticité importante – étant essentiellement constitués de terre entre les deux couches de pierre de chaque côté – résistent très bien aux coups de boutoir, même si, remarque le conducteur de la pelleteuse. C’est sa première démolition d’église, et il est franchement mal à l’aise. Il estime que « le côté sud est du choeur a été pourri par les infiltrations, dès qu’on touche quelque chose avec la pelle tout s’effrite« .  Cependant, « si nous n’étions pas obligés de protéger des projections les maisons situées juste à côté de l’église sur le flanc sud-est, et donc d’y aller doucement, il aurait quand même fallu une bonne semaine pour détruire l’église » qui semble bien solide pour une construction en péril.

Les photos de ces deux galeries peuvent être librement reprises, à la double condition que votre publication soit d’accès gratuit et que l’origine (Breizh Journal) soit indiquée, avec un lien vers l’article si votre publication est sur le web.

L’église de Gesté entamée par les démolisseurs

31 Août

l'égliseLe maire de Gesté espérait détruire le chœur de l’église en trois jours. Mais, pour un « monument en péril », elle résiste bien et les démolisseurs en auront pour une semaine de plus au moins. Par ailleurs, dimanche 25 août, des opposants à la démolition ont découvert dans les gravats une pierre d’autel et des objets sacerdotaux dans l’église. Cela fait pourtant des mois que le clergé (évêché d’Angers et curé de Beaupréau, favorables à la démolition) clame que l’église a été vidée de ses objets sacrés.

Les démolisseurs s’attaquent au chœur néogothique de l’église avec une griffe qui porte jusqu’à 40 mètres de hauteur. Une flèche placée sur le côté déploie un écran qui est censé éviter les projections de pierre ; malgré cela, des débris ont giclé assez loin sur la place de la mairie. La société OCCAMAT qui assure la démolition est donc obligée de ralentir encore la cadence et de démolir avec prudence sur les côtés sud et est du chœur, car l’église est entourée d’habitations qui sont situées à moins de dix mètres d’elle.

Le chantier a été arrêté toute la journée de vendredi. Il devrait reprendre au début de la semaine prochaine. Les démolisseurs s’apprêtent à démolir d’abord les parties hautes du chœur, puis ensuite le bas, avec une grue de plus faible portée, donc moins chère à transporter et à louer. La démolition revient à moins de 200.000 € pour la commune (193.500), parce que les pierres de l’église ne seront pas emmenées par la société, mais seront prises par les agriculteurs pour l’empierrement des chemins. La belle église de Gesté finira sa vie sous les roues des tracteurs.

Ce qui a surpris les démolisseurs comme les badauds, c’est la solidité de l’église. Noël Stassinet, du souvenir chouan de Bretagne, présent toute la dernière semaine de juillet sur place, se souvient notamment « quand la pelleteuse a soulevé tout d’un coup tout le toit du transept, et qu’elle l’a emmené, le mur en bout de transept a vacillé plusieurs fois, et s’est redressé. » C’est une construction élastique, qui tient les chocs. « De même, quand une des quatre ogives d’une croisée a été retirée par la pelle, la croisée a tenu. Ils ont enlevé un autre arc, la croisée tient toujours. Ils coupent pour la pause de midi, la croisée ne bouge pas ». Bref, ce n’est pas une maison en parpaings, c’est une église, construite à une époque où on savait le faire, et qui paraît quand même bien en état pour un monument que la mairie disait en péril. La même mairie disait qu’il y avait de la mérule (un champignon responsable de la destruction des bois) dans la charpente : aucune pièce infectée n’a été trouvée.

 

Des objets religieux trouvés dans les gravats et dans la sacristie

démolPlus scandaleux encore. Alors que ça fait des mois que le maire, Jean-Pierre Léger, et le curé de la paroisse, Pierre Pouplard, clament que l’église a été vidée de ses objets religieux et sacerdotaux, une découverte soudaine a remis en cause leurs paroles. Pourtant, nous avons relevé en juin que de nombreux objets avaient été sauvés de l’église (devant d’autel, plaques des monuments aux morts, statuaire, tables de communion, chemin de croix…) et entreposés dans les ateliers municipaux tandis que les aubes et autres vêtements sacerdotaux auraient été repris par la paroisse.

Et pourtant. Le dimanche 25 août, le souvenir chouan de Bretagne organisait un pique-nique pour rendre hommage à l’église qui allait être détruite. Ce pique-nique a réuni douze personnes, bien qu’il a été interdit par la gendarmerie de Beaupréau suivant l’avis du maire de Gesté. Les participants sont allés voir l’église et ont longuement discuté avec le vigile, catholique et excédé par le sacrilège en cours. Ils sont entrés sur le chantier, et parmi les gravats, les membres de l’association Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois (MVPG, opposée à la destruction de l’église) qui les accompagnaient ont trouvé une pierre d’autel dans les gravats, encore revêtue du sceau de cire rouge de l’évêché. Dans la sacristie, il y avait aussi encore des aubes et des étoles dans les placards, ainsi que des manipules, une bourse et un plateau de communion. Ils ont sorti l’ensemble de ces objets. Le vigile a refusé que cela sorte du site, et a tout empilé dans un carton qu’il a porté dans la salle municipale toute proche. Lundi, ces objets ont été remis à la municipalité.

Celle-ci, plutôt que d’avouer – pour une fois – ses torts a fait comme d’habitude, c’est-à-dire qu’elle s’est enferrée dans le mensonge en profitant des colonnes complaisantes du Courrier de l’Ouest. Elle a notamment accusé l’association MVPG et les participants au pique-nique « d’effraction de la crypte », accusation étrange sinon grotesque puisqu’il n’y a rien à briser, la crypte comme tout le reste étant ouverte à tous les vents. A des élus de son canton, le maire a aussi dit que l’association MVPG aurait volé ces objets sacerdotaux antérieurement (par exemple en décembre quand l’église était ouverte à tous les vents pendant un mois) pour les remettre maintenant. Le 20 juin, lorsque nous étions rentrés dans l’église pour photographier ce qui allait être démoli, la sacristie n’était pas vide, loin de là, on trouvait sur les étagères des pots étiquetés « cendres 1992 », certains placards étaient remplis, d’autres vidés, des feuilles traînaient un peu partout et il semblait que l’église avait été abandonnée dans la précipitation, comme un lieu touché par une catastrophe naturelle. Tout cela montre que l’évêché d’Angers et la paroisse ont tous deux participé à un sacrilège : la destruction d’une église qui n’a pas été déconsacrée.

Pique-nique dimanche 25 août contre la démolition de l’église de Gesté

24 Août
le choeur de l'église de Gesté

le choeur de l’église de Gesté

L’association Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois (MVPG), le collectif Saint-Jacques d’Abbeville et le Souvenir Chouan de Bretagne organisent le 25 août – jour de la saint Louis – un pique-nique contre la démolition de l’église de Gesté. Rendez-vous à 12h30 devant l’église (côté mairie). La semaine prochaine devrait être la dernière pour le chœur de l’église, dont les opérations préalables à sa démolition ont commencé cette semaine.

« En septembre, tout sera plat » a promis le maire de Gesté, qui ne veut garder de l’ancienne église que la crypte et le clocher, pour remplacer l’actuelle par une construction moderne en forme d’ellipse, en béton et verre. La manifestation a été autorisée par la gendarmerie de Beaupréau après que ses organisateurs aient promis de ne pas démonter la mairie, dont l’intégration visuelle aux abords de l’église laisse pourtant clairement à désirer

Pour en savoir plus

Reprise de la démolition de l’église de Gesté lundi

17 Août
Voilà ce qui reste encore de l'église de Gesté à ce jour

Voilà ce qui reste encore de l’église de Gesté à ce jour

La mairie de Gesté reprend la démolition de l’église lundi. Après l’arasement du mur pignon de la nef et de la moitié du mur sud de la nef, il reste à abattre le chœur néogothique, construit par l’architecte angevin Teissier dont quatre autres édifices sont classés monuments historiques en Anjou.

Le maire nous avait annoncé en juin que « à la rentrée de septembre, tout sera plat », le chœur et le reste de la nef seront rasés. Ne seront conservés pour le projet de la nouvelle église que le maire espère construire que le clocher et la crypte située sous le chœur, ainsi qu’un pan du mur nord de la nef pour soutenir le clocher. Rien ne s’oppose plus au sacrilège du maire, puisque la justice elle-même a cédé à la force début juillet avec un argument imparable : puisque les travaux de démolition sont déjà engagés, le juge conclut qu’ils sont irréversibles et l’urgence est non de les arrêter, mais de les finir. Les bétonneurs de tous poils apprécieront. Désormais, au lieu de s’embêter à sauvegarder des vieilles pierres, un coup de pelle sera vite arrivé et défendu par la justice qui était censée le condamner. Mais ça, c’était avant. L’association mémoire vivante du patrimoine gestois (MVPG) opposée à la démolition de l’église, envisage de se pourvoir en cassation. Mais l’église sera rasée depuis longtemps quand il lui sera enfin rendu justice.

Presse locale servile, couardise des villageois, mensonges et incompétences de l’Etat , justice peureuse et incapable de remplir sa mission, démolition au cours de l’été, passage en force de la mairie : l’affaire de Gesté est un terrible témoignage de la dérive que connait la France, jusqu’au cœur de son terroir. Le pays des « Droits de l’Homme » n’a jamais été un exemple pour la Bretagne – surtout à l’époque des colonnes infernales et des « interdit de cracher par terre et de parler Breton ». Surtout à l’heure où il s’agit de sauver une autre église Saint-Pierre, celle de Plouagat dont les habitants doivent voter pour accepter ou refuser la restauration.

Gesté : l’association de défense de l’église va se pourvoir en cassation

16 Juil

gesté2Nous avons reçu et publions le communiqué de l’association Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois (MVPG) qui s’oppose à la destruction de l’église par la municipalité.

« L’association mémoire vivante du patrimoine gestois  envisage de se pourvoir en cassation devant le conseil d’état.  C’est une démarche dans la continuité du combat qu’elle mène depuis 2007 contre les destructeurs. Contrairement à ce que l’on veut faire croire, seulement une petite partie de l’église a été démolie : moins de 20% en volume et en surface. Ce début de démolition permet de distinguer le filet de protection installé depuis 1995 : à part les fientes de pigeons et autres volatiles, il n’y a aucune pierre de tombée dedans ! Ce qui est surprenant pour une église que l’on dit en ruines.

Ce pourvoi est aussi une suite logique et morale pour tous nos soutiens locaux, nationaux et internationaux qui ne veulent pas que la triste affaire de Gesté fasse jurisprudence car ce serait un drame pour le patrimoine national et pour ceux qui se battent pour le conserver. L’association s’interroge sur le financement de ce projet et de l’emploi de l’argent public pour la construction d’un lieu de culte ce qui est contraire à la loi de 1905. Il est anormal d’avoir entamé  la démolition sans connaître  le coût réel du projet communal. Il est bon de rappeler que le budget municipal est de 1 350 000€ TTC (prix 2007) pour la démolition, reconstruction, conservation crypte et clocher ainsi que les aménagements extérieurs, ce qui est utopique. »

 

Pour en savoir plus sur l’affaire de Gesté : lire notre article de fond

Pour sauver l’église de Gesté de la démolition : tous présents le 6 juillet !

29 Juin
le choeur de l'église

le choeur de l’église

Depuis une vingtaine d’années, la mairie de Gesté, petite bourgade du Choletais, organise l’abandon de son église avec le soutien du clergé local. Ne voyant pas l’église – bâtie solidement – s’effondrer assez vite, le maire a décidé de hâter les choses avec un permis de démolir, qu’il s’est fait annuler en cour administrative d’appel, puis s’est fait débouter en conseil d’Etat. Il décide alors d’engager les travaux de démolition en juin 2013 – en toute illégalité, mais avec le soutien des rouages de l’Etat (préfet et sous-préfet) qui couvrent une démolition illégale. L’association locale de défense du patrimoine (Mémoire Vivante et Patrimoine gestois) a déposé un référé de suspension des travaux, qui doit être jugé le 8 juillet, et a réussi à faire arrêter les travaux par ordonnance de la justice en attendant le jugement.

Le 6 juillet, l’association appelle à un rassemblement devant l’église à 11h, afin de manifester la détermination populaire à défendre le patrimoine religieux gestois et nos racines. L’association a collecté en quelques jours près de 2000 signatures pour la sauvegarde de l’église, mais une seule chose arrêtera définitivement les tentatives des maires et autres préfets pour saccager notre patrimoine et nos racines : la ferme détermination et la présence populaire, au chevet de nos églises menacées. Si Gesté tombe, ce sont près de 200 autres églises en France qui risquent de tomber. Alors on ne lâche rien !

 

Y aller : Gesté est à 35 mn de Nantes par la voie rapide (N249), sortir à Vallet puis prendre la RD116 puis RD756 directions la Regrippière/Gesté/Beaupréau ; les gares et villes les plus proches sont Ancenis (25 km au nord), Le Pallet (19 km à l’ouest) et Clisson (20 km au sud-ouest).

Page Facebook de l’événement