Tag Archives: copain44

Succès pour l’opération Sème ta ZAD à Notre-Dame des Landes

5 Oct

aff1tc27.09.2013impr-5e8d7Depuis ce matin, près de 300 personnes sèment sans relâche céréales et arbres sur 24 hectares de terres en friche au coeur de la ZAD, aux Planchettes. Ces terres appartiennent à Vinci et sont situées sur l’emplacement prévu pour une piste de l’ex-futur aéroport nantais. L’opération est commune à la ZAD, au collectif d’organisations paysannes opposées au projet d’aéroport COPAIN et l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport).

Les TGI de Nantes et de Saint-Nazaire ont délivré deux ordonnances interdisant à « quiconque de mettre en culture ou de procéder à quelque plantation que ce soit sur les parcelles situées dans la zone d’aménagement différée (Zad)« , ordonnances d’ailleurs très probablement illégales car toutes les parcelles de la ZAD n’appartiennent pas à Vinci (près de 300 hectares ne sont pas expropriés) et elles troublent donc le droit de tout propriétaire (ou de tout teneur de bail agricole) de jouir de sa propriété ou de son bail. Cependant, la force publique ne s’est pas risquée sur la ZAD.

L’agriculteur Cyril Bouligand, membre de la Confédération Paysanne et du collectif COPAIN44 indique que « l’on sème un mélange céralier :  triticale, épeautre, seigle et avoine » et que « près d’un kilomètre de haies ont été plantées ». Une parcelle fait en effet 19 hectares et a été recoupée en plusieurs plus petites. Pour l’heure, c’est la seule opération de ce genre à l’ordre du jour, mais divers chantiers ont lieu ailleurs sur la ZAD, notamment au Moulin de Rohanne (près de la Saulce) où la maison est en cours de rénovation. Pendant ce temps, des gendarmes mobiles se sont installés dans un hôtel de Treillières, et d’autres logent à Ancenis. Mais s’ils viennent à Notre-Dame des Landes pour s’attaquer aux champs remis en culture, les opposants à l’aéroport disent d’une même voix : « on les défendra ».

Publicités

NDDL : le paysan mis en cause pour entrave à la circulation sera jugé le 18 septembre

7 Août
Tracteurs vigilants autour de la ferme de Bellevue (NDDL)

Tracteurs vigilants autour de la ferme de Bellevue (NDDL)

Aujourd’hui avait lieu une audience au tribunal de Nantes pour connaître du cas de Romain, un paysan accusé par les gendarmes de Châteaubriant d’entrave à la circulation après qu’il ait garé son tracteur devant leur gendarmerie. Il participait à un rassemblement de soutien à un paysan arrêté sur la ZAD et retenu dans les locaux de la gendarmerie castelbriantaise.

Le procureur a requis un mois avec sursis, dans sa précédente plaidoirie, il tonnait encore en demandant deux ans et demi ferme et la suspension du permis de conduire. De son côté la défense imperturbable demande toujours la relaxe. Cyril Bouligand, du collectif d’organisations paysannes Copain 44, dénonce « le procureur qui fait du zèle par rapport au ministère public qui essaie de condamner à chaque fois qu’il y a interpellation sur la ZAD, mais dès qu’on se rend devant le tribunal on constate qu’il n’y a guère de contenu dans ce qu’ils nous reprochent ».

Depuis le début de la lutte, 200 interpellations ou gardes à vue ont eu lieu pour toutes les composantes de la lutte, une quarantaine de procès ont été menés qui ont abouti à plusieurs condamnations fermes, et à 10 mois de suspension de permis pour un agriculteur. Le 10 septembre encore, les 18 personnes nommées comme occupants de la ferme de Bellevue comparaîtront à Rennes, en appel. Les échéances judiciaires continuent à tomber, serrées. Pour Romain, le tribunal a renvoyé son délibéré au 18 septembre.

L’ACIPA et Bretagne Réunie mettent en échec la propagande des Pays de Loire à Saint-Nicolas de Redon

5 Avr
Déchirage symbolique d'une bannière des Pays de Loire

Déchirage symbolique d’une bannière des Pays de Loire

La manifestation organisée par le comité local du Pays de Redon de Bretagne Réunie a réuni en soirée près d’une centaine de personnes jeudi 4 avril 2013 à Saint-Nicolas-de-Redon, auprès de l’espace Pierre Etaillard, à partir de 18h30. L’ACIPA et des agriculteurs des collectifs COPAIN44 et COPAIN56 se sont joints à la manifestation avec six tracteurs, pour faire un « comité d’accueil » à Jacques Auxiette dont la venue était annoncée.Ainsi s’est formée une convergence des luttes des opposants à l’aéroport et des militants Bretons. En effet, les principaux porteurs du projet d’aéroport que sont la région Pays de Loire, avec Jacques Auxiette en tête et la municipalité nantaise avec son ex-maire Jean-Marc Ayrault sont aussi les premiers ennemis de la Bretagne. Les membres du comité local redonnais de soutien à la lutte contre l’aéroport ne se sont pas laissés tromper et ne cachent pas leur soutien à la réunion de la Bretagne historique.

Cela faisait plusieurs semaines que les services de propagande de la région « Pays de Loire » distribuaient des tracts et des affiches à Redon et aux alentours pour un « atelier du futur » aux faux-airs de débat participatif à sens unique. Des prospectus ont ainsi été distribués jusque dans les boîtes aux lettres des Redonnais et sous leurs Halles… la région des Pays de Loire a ainsi démontré l’artificialité de ses frontières que ses services se sont avérés incapables de respecter bien qu’ils les imposent à la population de Loire-Atlantique. Tant qu’à faire, pour maximiser les chances que les citoyens de Redon soient au courant du « débat« , une affiche faisant ouvertement la propagande des Pays de Loire a été placardée à l’office de tourisme de Redon, dont la structure perçoit – du fait de l’ancrage de la communauté de communes du Pays de Redon en Loire-Atlantique – des subventions des Pays de Loire.

Un rassemblement pour répondre à une provocation des Pays de Loire

Militants Bretons et opposants à l'aéroport côte à côte contre la propagande des Pays de Loire

Militants Bretons et opposants à l’aéroport côte à côte contre la propagande des Pays de Loire

Le débat annoncé avait pour titre provocateur: « Construire ensemble les Pays de la Loire en 2040 », pour « construire collectivement l’idée d’un avenir désirable et trouver les moyens de l’atteindre ensemble ». Comme le montre la pratique, les Pays de Loire ont l’intention d’atteindre cet avenir désirable – seulement de leurs dirigeants – sans consulter les citoyens, en spoliant les paysans, en détournant le patrimoine commun des Bretons et en mettant en péril les richesses naturelles de la Loire-Atlantique. Curieuse méthode ! Les organisateurs de cette farce démocratique n’ont pas été déçus. Tout au plus dix personnes ! En comptant le service de sécurité, le vice-président de cette région Christophe Clergeau, qui remplaçait Jacques Auxiette, et le maire de Saint-Nicolas-de-Redon, également président de la communauté de communes du Pays de Redon, hôte bien malgré lui de ce flop de com’. Dans les jours précédents, en effet, des citoyens des communes du pays de Redon ont arraché la plupart des affiches qui annonçaient la réunion, marquant clairement leur désaccord avec le vol de leur Histoire et de leur identité par les Pays de Loire.Dans un premier temps, Emile Granville s’est exprimé au nom du comité local redonnais de Bretagne Réunie, rappelant que le Pays de Redon s’est clairement déclaré pour la réunification politique et administrative de la Bretagne. Un vœu pour la réunification a été voté en 2009 par la communauté de communes du Pays de Redon qui, avec les communes de Saint-Nicolas-de-Redon, Conquereuil, Massérac, Conquereuil, compte des grandes communes de Loire-Atlantique comme Avessac, Fégréac, Guémené-Penfao, et Plessé. Jean-François Le Bihan, président de Bretagne Réunie a dénoncé le blocage actuel du gouvernement sur tout processus démocratique de réunification. Alan Ar Gall, au nom de la fédération Kevre Breizh, a apporté le soutien des acteurs culturels de Bretagne. Paul Loret du comité local de Nantes a lui insisté sur la dimension économique de la réunification. Etaient présents de nombreux citoyens membres des comités locaux de Bretagne Réunie à Rennes, dans le pays de Lorient, du Sillon de Bretagne, de Nantes ou de Saint-Nazaire.

Le forum annulé faute de citoyens intéressés

Le vice-président des Pays de Loire Christophe Clergeau n'est visiblement pas très emballé par l'expression citoyenne

Le vice-président des Pays de Loire Christophe Clergeau n’est visiblement pas très emballé par l’expression citoyenne

Puis la parole a été libre au micro où chacun a pu faire valoir son opinion, notamment les agriculteurs spoliés du projet de Notre-Dame-des-Landes. Trois femmes – dont deux opposantes à l’aéroport – se sont notamment exprimées. Jusqu’au moment où – à force de crier « Clergeau, le débat c’est dehors et pas dedans où il n’y a personne » – et puisque le vrai débat démocratique était à l’extérieur de la salle, le vice-président Christophe Clergeau et le maire de Saint-Nicolas-de-Redon Jean-Louis Fougères, sont sortis sur le parvis du théâtre pour annoncer que le forum était annulé – faute de participants intéressés. A la question posée par Emile Granville, le vice-président a confirmé le désaccord de la région « Pays de Loire » d’une consultation spécifique de la population de Loire-Atlantique sur la réunification ; par ailleurs il a affirmé avec mépris que les manifestants n’avaient « pas une attitude constructive » et qu’il avait une « toute autre idée de l’aménagement du territoire, aux antipodes de ce genre de manifestation », c’est-à-dire de l’expression citoyenne. Si bien qu’avoir un point de vue différent de la « région » Pays de Loire n’est pas, de son point de vue, constructif.

Une manifestation sans débordements

Un des tracteurs du collectif paysan contre l'aéroport COPAIN44

Un des tracteurs du collectif paysan contre l’aéroport COPAIN44

Ce soir, Saint-Nicolas de Redon ressemblait un peu à Notre-Dame des Landes : en effet, cinq fourgons de gardes-mobiles étaient garés dans la rue adjacente à la salle polyvalente, qui est restée parfaitement vide de participants. Les gendarmes locaux étaient aussi présents, dans une ambiance bon enfant. Il n’y a pas eu de heurts ni de débordement. Symboliquement, une bannière des Pays de Loire a été détruite au cours de la manifestation. Une réunion semblable est prévue lundi prochain (8 avril) de 19 h à 21h30 par la région des Pays de Loire au cœur du pays de Retz à Saint-Philbert de Grandlieu, salle des Marais, allée des Chevrets. Une autre est prévue dans le premier port de Bretagne, Saint-Nazaire, le 13 mai de 19 à 21h30 salle Jacques Brel, avenue de Saint-Hubert, et une dernière le mardi 21 mars 2013 à Nort à l’espace Cap Nort sur la route d’Héric. Gageons que ce seront autant d’occasions de faire triompher la démocratie sur la propagande de la région Pays de Loire.

Vidéo de la manifestation réalisée par Yves Priou

 

NDDL : Bellevue n’est toujours pas légalement expulsable

4 Avr

La ferme de Bellevue est occupée depuis le 27 janvier 2013  et peu à peu remise en marche par les efforts conjoints des paysans de l’ensemble du département de Loire-Atlantique (et au-delà) fédérés dans le collectif COPAIN44. Deux jugements successifs du tribunal de Saint-Nazaire ont fait droit aux demandes d’AGO-Vinci d’expulser les occupants de la ferme, propriété du Conseil Général de Loire-Atlantique et devenue le fer de lance de l’opposition paysanne au projet. Mais à chaque fois, les paysans et les juristes qui les assistent ont trouvé de nouveaux artifices juridiques pour rendre inopérants les jugements.

Ce hangar donne encore du répit aux occupants de la ferme de Bellevue à Notre-Dame des Landes

Ce hangar donne encore du répit aux occupants de la ferme de Bellevue à Notre-Dame des Landes

C’est le cas une fois encore, les défenseurs des occupants ayant trouvé que le jugement du 28 mars ne concerne que le corps de ferme. « Les bâtiments agricoles de la ferme n’étant pas concernés par les deux précédents jugements », écrit le collectif dans un communiqué daté du 3 avril. Par conséquent, les diverses granges, une petite grangette munie d’une cheminée, la soue à cochons et le grand hangar sont toujours légalement occupés, donc « si le concessionnaire AGO Vinci persiste à vouloir expulser les occupants, il devra passer par une nouvelle procédure auprès du Tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire. » Cette nouvelle procédure devrait donner – compte tenu des délais de justice – un répit de près d’un mois à la ferme alors même que la poursuite du projet aéroportuaire, plombé par un contexte politique très défavorable et de lourdes illégalités tant dans sa conception que sa mise en oeuvre, devient chaque jour plus difficile.Le 1er avril, neuf nouveaux paysans du collectif COPAIN44 se sont déclarés occupants des bâtiments et exploitants des terres de la ferme depuis le 28 mars ; les précédents occupants qui étaient astreints à payer 50€ par jour et par personne ont, quant à eux déclarés ne plus occuper la ferme depuis le 28 mars. Si bien que les astreintes ne sont pas payées et la procédure continue. Un stratagème à peu près semblable a été mis en place suite au premier jugement du 28 février qui lui aussi condamnait les agriculteurs qui s’étaient alors déclarés occupants de la ferme, sur la base de la comparution volontaire, à des astreintes. Via les procédures d’appel, Vinci-AGO poursuit maintenant « 18 paysannes et paysans » du collectif.

Un autre occupant de Bellevue : une espèce endémique de chats qui ne niche que dans les (vieux) fours à pain.

Un autre occupant de Bellevue : une espèce endémique de chats qui ne niche que dans les (vieux) fours à pain.

Actuellement, d’après Jean-François Guitton, « vingt-deux vaches, une douzaine de poules, une demi-douzaine de moutons et une truie » donnés par des agriculteurs exploitants de toute la Loire-Atlantique sont installés à la ferme et sur une partie des terres. Pour le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport, qui fédère la Confédération Paysanne dans le 44, le CIVAM 44, le GAB44, Manger Bio 44, l’Accueil paysan, Terroirs 44 et Terre de liens, l’objectif reste le même : « empêcher la démolition ou le saccage des terres sur l’ensemble de la ZAD, y compris par les sondages archéologiques, garantir la pérennité de la ferme et préserver la possibilité pour les paysans de s’installer sur les terres quand le projet sera abandonné ».

NDDL : le tribunal confirme l’expulsion de la ferme de Bellevue

28 Mar

Sans surprise, le tribunal civil de Saint-Nazaire a confirmé l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue, occupée par les paysans et des opposants depuis le 27 janvier 2013. Cette robuste ferme en bon état général  dont dépendent 124.5 hectares de terre est peu à peu remise en service avec l’appui des paysans de tout le département.

Ferme de Bellevue le 28 janvier

Ferme de Bellevue le 28 janvier

AGO-Vinci a été en revanche débouté de ses prétentions pécuniaires. La filiale de Vinci demandait 1000€ d’astreinte journalière et 20.000 € de dommages-intérêts. Le tribunal a préféré ordonner l’expulsion immédiate et le paiement d’une astreinte de 450€ par jour au bout de huit jours. Cependant, alors que l’Europe vient de se pencher sur le dossier, et que du fait de l’absence d’autorisations liées à la loi sur l’eau, toute opération policière de grande ampleur sur la ZAD est frappée d’illégalité, l’expulsion de la ferme de Bellevue sera plus difficile qu’elle ne l’a jamais été.  Au moment où le tribunal rendait sa décision, plusieurs centaines de personnes se rassemblaient à Bellevue : la détermination des opposants est intacte.BreizhJournal a joint Jean-François Guitton, agriculteur membre de la Confédération paysanne et du collectif COPAIN44 qui fédère l’opposition agricole à l’aéroport. Il nous explique que la résistance va s’intensifier « aujourd’hui, on a ramené du matériel agricole pour mieux protéger la ferme. Pour nous, il est fondamental d’éviter l’irréparable, c’est-à-dire la destruction de la ferme, alors que le rapport de la Commission d’enquête n’est pas encore rendu et que la Commission des Pétitions se réunit à nouveau mi-avril. » En cas de coup de force, le réseau de vigilance et de solidarité devrait marcher à plein « il y a une veille permanente à la ferme et des tracteurs vigilants pour barrer les accès et retarder les forces de police. On amènera du monde rapidement. Mais notre mobilisation est pacifique donc on n’ira pas à l’affrontement ». La mobilisation s’appuie aussi sur près de 200 comités de soutien qui sont appelés à se rendre sur les permanences PS de leurs secteurs en cas de coup de force à sur la ZAD « pour interpeller leurs élus sur leur double langage, qui d’un côté veut protéger les ressources naturelles et la terre, et de l’autre tolère qu’on s’en dispense à Notre-Dame des Landes. »

Aujourd’hui, la ferme compte 22 vaches, 6 moutons, une douzaine de poules et une truie. Une partie des terres est occupée par des vaches depuis le 10 mars; le reste est encore trop humide pour y faire rentrer les tracteurs. Le four fonctionne, le conduit de cheminée a été refait selon des méthodes traditionnelles, le linteau de granit posé à nouveau. Le nettoyage de la maison et la réfection de la grange – aujourd’hui salle de réunion – est fini. Des travaux de clôture ont toujours lieu à l’extérieur. Une partie de l’opération Sème ta ZAD prévue le 13 avril pourrait se faire sur une des parcelles de Bellevue. Bref, Notre-Dame des Landes remue toujours.

Flash : le rendu du rapport de la Commission de dialogue devrait avoir lieu mardi 2 avril

NDDL : un troupeau de vaches s’installe sur les prés de Bellevue dimanche

7 Mar

La ferme de Bellevue, occupée par les paysans depuis le 27 janvier 2013, continue à être peu à peu remise en route, malgré la menace d’une expulsion possible à partir de début avril. Les clôtures commencent à être réparées ce matin, la remise en état du conduit de cheminée du four à pain se poursuit. Un potager muni d’un tunnel maraîcher devrait faire son apparition.

Ferme de Bellevue, 1er mars 2013.

Ferme de Bellevue, 1er mars 2013.

Dimanche, à partir de 11h, un troupeau de vaches arrivera par la route pour être mis sur les prés qui dépendent de Bellevue – en tout 124.5 hectares de terres autour des bâtiments de Bellevue et de Saint-Antoine, ainsi que de l’ancienne ferme disparue du Rosier, sur tout le sud-ouest de la ZAD. Joint par BreizhJournal, Cyril Bouligand, du collectif COPAIN44 – une confédération de plusieurs structures et associations paysannes – nous explique que « ces vaches ont été données par des agriculteurs du collectif venant de tout le département. Elles symbolisent la détermination  paysanne à  maintenir la ferme de Bellevue en exploitation et de protéger la ZAD du saccage et de la destruction causé par les sondages archéologiques inutiles ».

Le dernier exploitant légal de cette ferme qui appartient au Conseil Général y est resté quarante ans et n’a jamais construit de stabulation proche des bâtiments de Bellevue. Si bien que ses 60 vaches étaient hiver comme été dans les champs. Quelques remises de part et d’autre du logis pouvaient héberger une dizaine de bêtes, veaux, vaches et cochons essentiellement. Proche des bâtiments « historiques » de la ferme   se trouve cependant un grand hangar qui abrite actuellement une dizaine de vaches, dont une charolaise et une bretonne pie noire. Une grangette accueille une grosse truie, Atac. Le nombre de bêtes reste pour l’heure une donnée secrète. Toutefois, il est prévu de remettre à Bellevue un peu moins de vaches que les 60 qui s’y trouvaient encore à l’été de l’année 2012. Les éleveurs qui souhaiteraient compléter les effectifs du troupeau en amenant une ou plusieurs vaches de réforme peuvent contacter Cyril au 06 21 04 76 84. Dans un communiqué de presse, le collectif COPAIN44 appelle à accueillir le troupeau de vaches dimanche 10 mars à partir de 11h au carrefour des Ardillières sur la RD81.

NDDL : l’occupation de la ferme de Bellevue jugée le 20 février

15 Fév

Depuis le 27 janvier 2013, des paysans et des zadistes occupent la ferme de Bellevue, située à l’ouest de la zone prévue pour le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes  afin d’éviter sa destruction. Depuis le 3 février, la ferme est à nouveau occupée par des animaux et est exploitée par des agriculteurs du collectif COPAIN 44. L’objectif est d’éviter que ses 130 hectares ne soient mis en état de friche et de bourbier par les fouilles archéologiques.

façade de la ferme

façade de la ferme

Le 14 février, le collectif d’agriculteurs COPAIN 44 écrit que « six vaches, une dizaine de moutons, une douzaine de poules et un cochon provenant d’une dizaine d’élevages différents » sont maintenant les résidents permanents de la ferme. Dès le dimanche 27 janvier, une personne a accepté de se déclarer résidente permanente de la ferme, mettant en œuvre un artifice juridique similaire à celui des occupants de la Chat Teigne. Si cette personne est reconnue comme résidente, elle pourra bénéficier de la trêve hivernale et son expulsion nécessitera une procèdure d’expulsion en bonne et due forme.L’aménageur AGO Vinci a déposé plainte en référé en indiquant qu’il y a eu effraction et voie de fait, afin d’obtenir l’autorisation de procèder à une expulsion immédiate des occupants – hommes et animaux – de la ferme. Cependant, celle-ci était grande ouverte au départ de l’agriculteur qui la louait au Conseil Général dimanche 27 à midi, et même partiellement endommagée par celui-ci. En effet, comme on peut le voir sur ces images prises le matin du 28 janvier il a défoncé au tracteur les portes des granges et la remise du four pour en récupérer les lourds et beaux linteaux de granit.

L’examen du référé portant sur l’occupation de la ferme aura lieu le 20 février à 9h00 au tribunal administratif de Saint-Nazaire. Au sein des 7 structures qui font partie du collectif COPAIN 44, dix personnes se sont portées volontaires pour comparaître en justice le jour de l’audience. Cependant, d’ores et déjà, le collectif appelle à ce que « la ferme reste occupée quelles que soient les évolutions juridiques ». C’est pourquoi il demande « une forte présence paysanne » et militante. Une campagne de travaux de remise en état tant de la ferme (électricité, peinture, abords) que de ses annexes (four à pain et bâtiments agricoles) est en cours depuis début février et nécessite des bras.