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Transp Servi Ouest n’investira pas à Rennes cette année

8 Mar

transpsoNée en 2007 de la fusion des entreprises de transport TLGP et STRL, la société Transp-Servi-Ouest (TSO) connaît depuis 3 ans une croissance forte: son effectif est ainsi passé de 36 à 59 salariés et son CA de 4,1 à 5,2 M d’euros. Gabriel Brousse, le PDG de l’entreprise avait annoncé très récemment qu’il comptait construire un nouveau bâtiment de 15.000 m² dans la ZI du Rheu à l’ouest de Rennes. Ce bâtiment devait booster les activités de TSO (distributions régionales, messagerie, distribution de presse, cross docking) dans le bassin rennais.

Cependant, les prévisions de croissance du marché ont été estimées trop atones en 2013 pour justifier la construction, tout de suite, de ce bâtiment. L’investissement est donc repoussé à la fin de la crise, ou du moins au moment où les perspectives s’amélioreront.

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Châteaubriant : deux mois pour remettre ABRF sur les rails

7 Mar

La holding AORF, spécialisée dans la construction et la réparation de wagons de fret, n’a plus que jusqu’au 30 avril pour se trouver un repreneur ou un investisseur capable de remettre sur bonne voie ses deux sites de Châteaubriant (ABRF, 139 salariés) et Saint-Denis de l’Hôtel (SDHF, 110 salariés). Faute de solution, ce pourrait bien être un nouveau coup dur pour l’industrie castelbriantaise

Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l'Hôtel (SDHF) mi-2012

Un wagon en atelier, à Saint-Denis de l’Hôtel (SDHF) mi-2012

La crise du groupe AORF est ancienne, et l’on pensait encore en octobre qu’une solution allait être trouvée via un rachat par l’entreprise semi-publique russe UVZ  (Uralvagonzavod), qui avait déjà repris – avec efficacité du point de vue tant économique que social – leur part dans la fonderie Sambre et Meuse à Feignies qui produit des bogies moulés et tampons ferroviaires. Mais la solution d’un rachat par UVZ tend à s’éloigner, puisque le PDG d’AORF, Eric Vinassac, président d’un cabinet spécialisé dans l’accompagnement du redressement des entreprises en difficultés, Bernard Krief Capital, et l’actionnaire majoritaire Jean-Luc Ramondeau, la refusent. En lieu et place ils ont préféré demander de la commande publique et de faire inscrire leurs entreprises dans un projet de la structuration fret au niveau national, mais se heurtent à l’absence totale de volonté des pouvoirs publics.

Site de Saint-Denis de l'Hôtel, mi-2012

Site de Saint-Denis de l’Hôtel, mi-2012

La solution pour AORF devrait donc tout de même être privée. Le russe UVZ et l’indien Tantia ont été approchés pour reprendre l’entreprise. Il y a de la charge de travail – maintenance de wagons essentiellement – jusqu’au 30 avril. Les deux sites sont minés par un important passif, 6 millions à SDHF qui n’a plus de trésorerie et 18 millions à Châteaubriant. L’on craint dans les deux usines que seule l’une d’entre elles sorte indemne de la situation. Châteaubriant se trouve entre les métropoles nantaises et rennaises, le mieux placé finalement pour la Bretagne et le grand Ouest (Maine, Perche, Anjou, Basse-Normandie). L’usine est en outre un leader français et européen de la fabrication de wagons porte-automobiles et peut compter sur une solide implication politique des pouvoirs publics locaux (Châteaubriant et CG44) pour échapper à la fermeture. Saint-Denis de l’Hôtel – qui vient d’ouvrir un atelier de maintenance des wagons de gaz – se trouve à 20 km d’Orléans sur une ligne vétuste dont le transport commercial a été quasi abandonné depuis le 30 mars 2012, et dont la rénovation et la réouverture en tram-train ne devrait intervenir qu’en 2020 au mieux, voire 2025. Par ailleurs le Loiret, assez fortement touché par la crise, est une région économique bien plus atone que la Bretagne, et fortement dépendante de la métropole parisienne. Bien malin celui qui pourra prévoir quelle usine, de Châteaubriant ou de Sant-Denis de l’Hôtel, sera sauvée.

Crise des matières premières: temps de cochon pour l’agroalimentaire Breton

16 Fév

Le groupe Gad a perdu l’an dernier 20 millions d’€ pour un CA de 453 millions d’€, en abattant 2.4 millions de porcs par an. Son actionnaire principal, la CECAB, a décidé de le placer sous protection du tribunal de commerce – en demandant un redressement – pour éviter de mettre en péril ses autres activités.

Près de 1630 emplois sont menacés, sur les abattoirs de Lampaul-Guimiliau (Finistère, 850 salariés), de Josselin (Morbihan, 650) et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 80 salariés), plus 50 salariés au siège, à Saint-Martin des Champs. L’entreprise GAD, qui avait longtemps évité la fermeture d’un site superflu, paie ainsi son tribut à la crise qui touche l’ensemble des filiales agroindustrielles de production et de transformation de viande. Toutes les filières, jusqu’aux canards, sont concernées.

mangona-cochonsL’année prochaine, du fait des mauvaises récoltes, la hausse des céréales et des viandes devrait s’établir entre 10 et 15%. Les dernières estimations de la FAO (ONUAA) tablent sur des récoltes plus élevées que prévu  mais des stocks mondiaux en baisse. De quoi mettre en péril les PME de transformation partout dans le monde, et notamment en Bretagne pour le porc. Les 8 millions de cochons Bretons ont du souci à se faire… mais aussi les 10.000 salariés des PME de transformation de la viande porcine. Une mauvaise nouvelle surtout pour les Côtes d’Armor et le Finistère, qui avec respectivement 2.000 et 1.500 producteurs concentrent près de la moitié des éleveurs porcins Bretons. L’Ille-et-Vilaine en comptant 1.200, le Morbihan 1.100, la Loire-Atlantique 215 pour 261.000 porcs, surtout au nord-est et à l’extrême sud du département. Hors de Bretagne, la Mayenne continue le modèle Breton d’élevage hors-sol, avec 577 élevages et 495.300 porcs.

Après la grande hausse des cours du porc en août/septembre  il y a eu une baisse, plus traditionnelle vers la fin de l’année et en début d’année (résorption des retards de Noël), mais la dernière note du MPB  montre que la hausse se réamorce à nouveau très nettement en Allemagne et Espagne. Hors les fluctuations journalières ou hebdomadaires du marché, la tendance lourde est vers la hausse et la raréfaction – plus ou moins relative selon les aires de production – du porc.

Selon une étude de la Rabobank, la hausse des prix du bœuf et du porc devraient se poursuivre jusqu’en 2014 notamment à cause de la fermeture des petits élevages incapables de s’adapter à l’évolution des normes. Au sein du groupe coopératif breton Cooperl Arc Atlantique on estime « entre 5 % et 10 % la réduction prévisible de la production porcine » à cause de la fermeture de ces élevages. Le Pays de Galles illustre la diminution de la production, qui peut se traduire par un effondrement.  En l’an 2000, il y avait 65.000 porcs dans le pays, il y en a à peine 25.600 aujourd’hui.

 

Bras de fer avec la grande distribution

Exemple, Hénaff a terminé 2012 avec un résultat déficitaire, rapporte le Figaro. L’entreprise est touchée par la hausse des prix du porc. La société, leader Breton et Français des pâtés et rillettes en conserves, basée à Pouldreuzic, a connu son premier déficit depuis plusieurs décennies si le cours du porc reste aussi haut. Début octobre, une remontée de l’offre assurait pour la première fois une baisse du cours du porc Breton  depuis juillet. Cette baisse s’est poursuivie, mais sans revenir à la situation de l’an dernier.

La hausse du porc dépasse le seul marché Breton et est le résultat de la hausse mondiale du prix des céréales, due notamment à de mauvaises conditions climatiques. Les PME de transformation de viande porcine sont prises en étau entre la hausse de la viande – plus  de 100% sur certains produits – et l’impossibilité de répercuter la hausse sur le produit fini sans impacter les marges de la grande distribution et la consommation des clients. Le même problème se pose aussi avec le poulet et le bœuf, et donne actuellement lieu à de laborieuses négociations sous l’égide du ministère de l’Agriculture entre distributeurs et industriels de l’agroalimentaire. La situation de Hénaff risque donc de se propager à d’autres entreprises Bretonnes.

 

Cooperl Arc Atlantique cherche remède dans la diversification

Cooperl Arc Atlantique, leader français et Breton du porc (1.7 milliards d’€ de CA, 4800 salariés) prévoit des difficultés à venir sur le marché et a décidé de profiter de ses réserves financières actuelles pour financer sa diversification. Ainsi, le groupe ferme les implantations les moins rentables, comme l’usine de tranchage de viande de porc congelée située à la Verrie (38 salariés) dont les emplois seront rapatriés à Lamballe. En parallèle, une nouvelle usine de viandes cuisinées sera installée dans cette commune où se trouvait le siège du groupe. Il s’agit de l’ancienne usine Kerguelen  fermée par le groupe Bigard en 2010. Elle comptait alors 80 salariés. Cooperl compte créer 70 emplois avec sa nouvelle usine.

Par ailleurs, Une chaîne de boucheries répondant au doux nom d’Aurélien sera lancées pour compléter le réseau des 80 implantations françaises Marc Munier et Maxi Viandes. Celles-ci seront implantées dans les centres-villes des grandes agglomérations pour compenser le déclin des boucheries de proximité. Les premières devraient voir le jour en Bretagne. Le groupe, dont la majeure partie des ventes se répartit entre les grossistes, les industriels et la grande distribution, réalise 6 à 8% de son chiffre d’affaires avec ses enseignes de boucheries et y voit un solide relais de croissance.

Pour financer ces diverses ouvertures, le groupe prévoit une enveloppe de 30 millions d’€. Une ressource que les PME de la filière n’ont pas. Or, faute de renouvellement de leur business model, certaines seront contraintes à la réduction de leur périmètre, voire à la disparition ou à l’absorption par de plus grosses. La hausse du prix du porc peut aussi recomposer le paysage Breton de l’industrie de transformation locale, constitué d’un tissu de PME et de groupes plus grands issus de l’absorption de plusieurs PME ou anciennes coopératives.

 

Scandale des lasagnes : la filière viande remise en question ?

Hors de Bretagne, certaines entreprises ont essayé de contourner les contraintes en trichant sur la qualité de la viande où en mélangeant de la viande moins chère (avariée ou chevaline) à la viande bovine. Cela a donné lieu à un scandale européen, qui a touché la France, la Grande-Bretagne , la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne et maintenant la Norvège. Mettant en lumière les dessous peu ragoutants de la production de viande  et obligeant à repenser entièrement la production de viande. Il est inévitable qu’à l’issue de ce scandale et des enquêtes qui en découleront, il y aura une réglementation encore plus stricte et tatillonne qui empêchera de tailler dans les coûts au détriment de la qualité… donc le prix de la viande va encore monter pour tous les acteurs du marché, de l’abattoir au client.

 

Echapper aux céréales : un espoir scientifique aux Pays-Bas ?

Avec leur modèle d’agriculture extensive, leurs 12 millions de cochons et leurs 4 millions de vaches, les Pays-Bas sont aussi touchés de plein fouet par la crise des subsistances. En revanche, sur les prés du pays, il y a toujours plein d’herbe. Que l’on peut donner aux vaches, mais pas aux cochons. Pour l’instant.

Car une société de recherche néerlandaise, Nizo Food Research, basée à Ede, a isolé dans l’herbe une enzyme nommée la RuBisCo. La société dispose de la technologie nécessaire pour isoler les protéines de l’herbe et les utiliser dans des soupes ou des desserts. Elle cherche maintenant à les agglutiner  pour pouvoir produire des « steaks d’herbe». Pour l’heure, l’être humain et le cochon ne peuvent consommer d’herbe, car leur système digestif ne peut décomposer correctement les fibres végétales et tirer parti des acides aminés que l’herbe comporte. Plusieurs d’entre eux ne peuvent être fabriqués par l’Homme… l’herbe les contient tous. Pour faire de l’homme un herbivore, les scientifiques ont broyé de grandes quantités d’herbe, et commencent à agglomérer les protéines récupérées.

La composition en acides aminés de la RuBisCo est meilleure que celle de la protéine de maïs et aussi bonne que celle de la protéine de soja.  Ce qui pourrait permettre aux Pays-Bas, si les expériences arrivent à bon terme, de devenir auto-suffisants pour l’alimentation de leurs porcs et de se passer du soja, importé du Brésil, et dont la monoculture se fait au détriment des forêts tropicales. Mais aussi d’épargner aux exploitants agricoles et à la filière de transformation des Pays-Bas l’évolution à la hausse des prix du soja et des coûts qu’elle entraîne. Une évolution qui ouvrirait un nouvel horizon en Bretagne aussi.

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Chômage : stable en France, +0.9% en Bretagne

26 Jan

Le Père Noël avait dans sa hotte un cadeau pour le gouvernement : la stabilisation des courbes du chômage, puisque la France ne compte que 300 chômeurs de plus en décembre. La Bretagne, elle, en compte 1713 de plus (+0.90%) dont les gros bataillons ont été pour l’essentiel fournis par la Loire-Atlantique et le Finistère.

Le mois dernier, le chômage baissait – un peu (-0.15%)  – en Bretagne. Ce mois-ci, le chômage stoppe sa montée inexorable, depuis huit mois consécutifs, dans les Côtes d’Armor (+0%). Mais augmente fortement dans le Finistère (+1.4%, près de 540 chômeurs en plus), en Loire-Atlantique (+1.1% soit 603 chômeurs en plus), et un peu moins dans l’Ille-et-Vilaine (+0.8% soit 334 chômeurs) et dans le Morbihan (+0.8% soit 247 chômeurs). En tout, il y a maintenant 191.296 chômeurs de catégorie A en Bretagne.

Autour de nous, le chômage augmente de 1.7 % dans la Manche, 1.3% dans le Calvados, 0.4% dans l’Orne, 0.9% dans le Maine-et-Loire, 0.8% dans la Sarthe, 0.6% dans la Mayenne, et 2.2% en Vendée. On est loin de la « stabilisation » !

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En France : un miracle statistique sans lendemain ?

Le gouvernement se félicite de la « stabilisation du chômage » qui rend possible « l’inversion » de ses courbes. Attention, intox ! Puisque plusieurs indicateurs montrent clairement que la stabilisation du chômage est une réussite statistique qui sera suivie de lendemains difficiles. En effet, la stabilisation du chômage a été forgée en augmentant le nombre de radiations administratives (+24%) et les entrées en stage. Sachant qu’en moyenne, 40% des chômeurs administrativement radiés sont réintégrés dans Pole Emploi dès le mois suivant, une partie d’entre eux se retrouveront dans les statistiques de janvier, où le chômage monte traditionnellement suite à la fin du pic d’activité intérimaire et temporaire liée aux fêtes. Un sondage fait par l’Express indique que ses lecteurs n’y croient pas. Pour 54 % d’entre eux, c’est de l’enfumage. Ils ne croient pas si bien dire. Du reste, la « stabilisation du chômage » n’est pas partagée par tous. Le chômage augmente de 0.4% en Alsace, de 1.3% en Aquitaine, de 0.5% en Yonne, de 0.9% en Languedoc-Roussillon, de 1,4% en Gironde, voire de 1.7% dans le Doubs. Mais il se stabilise en Picardie, PACA et dans les Rhônes-Alpes.

C’est essentiellement sur les contrats dit de génération – soit 500.000 prévus en 5 ans, les stages et les contrats aidés que le gouvernement prévoit de jouer pour renverser la courbe du chômage. C’est-à-dire sur des moyens typiquement socialistes, coûteux pour l’Etat et en partie déconnectés de l’économie réelle. Quant à celle-ci, elle est paralysée par la rigueur et le marasme, non seulement français, mais aussi mondial, et ne devrait redémarrer que grâce à la Chine et à l’Asie. Chine qui est en train de réussir ce que les Etats-Unis avaient accomplis avec le new deal : se relancer par des grands travaux publics. Stratégie qui est inapplicable en France : les gouvernements successifs oublient trop souvent deux facteurs majeurs : la taille du pays et sa puissance tant financière qu’en ressources naturelles. En France, il faut, d’après des économistes, au moins 1.4% de croissance annuelle pour que l’économie créée des emplois, et que les dispositifs coûteux du gouvernement se transforment en boosters. On en est loin : la prévision de croissance pour 2013 faite par le gouvernement est jugée très optimiste, et la croissance réélle ne devrait pas dépasser +0.1% sur les six premiers mois. Un encéphalogramme économiquement plat qui permet de se demander s’il y a un pilote dans l’avion.

130 emplois supprimés chez SEG-SAMRO dont 7 à Nort

9 Jan

La plus grosse filiale du groupe vendéen SAMRO, le fabricant de semi-remorques et de camions spécialisés SEG-SAMRO était en liquidation depuis le 23 octobre. Il a été repris dernièrement par le carrossier Trouillet.

Sur 292 postes, 130 seront supprimés, soit 46 à Fontenay, en Vendée, 7 à Nort-sur-Erdre, en Loire-Atlantique, et la totalité du site de Balbigny en Loire (77 salariés). 35 reclassements seront proposés sur l’usine de Trouillet à Neuville. Le groupe du Loiret, spécialisé dans le fourgon de 20m3, en possède une seconde à Rognac. Le sort des autres filiales du groupe SAMRO reste à trancher. Ce sont des petites entités, à Nieul sur l’Autise et à Fontenay principalement.

Virgin Megastore : ce n’est (presque) pas une affaire bretonne

7 Jan

Alors qu’un comité d’entreprise extraordinaire de Virgin Megastore se réunit pour envisager l’éventualité d’un dépôt de bilan, les pouvoirs publics se mobilisent pour limiter les conséquences d’un plan social dévastateur pour les 1000 salariés des 26 magasins français.

virginL’enseigne n’a qu’un seul magasin dans les cinq départements Bretons, à Rennes. Celui-ci emploie 38 salariés. Les difficultés de Virgin Megastore sont principalement dues à l’essor d’internet et à l’absence d’anticipation des évolutions de la conjoncture. Elles sont aussi structurelles, parce que d’autres chaînes de magasins culturels subissent des turbulences (Fnac) ou ont déposé le bilan (Surcouf). Mais les difficultés de Virgin n’impactent la Bretagne qu’à la marge, et ne représentent qu’une goutte d’eau des plans sociaux en cours et à venir dans l’ensemble des cinq départements Bretons. Les difficultés d’un autre acteur du secteur, et concurrent direct de Virgin sont plus dangereuses pour l’emploi Breton. La FNAC.

Les 414 emplois Bretons de la FNAC sous surveillance

Si les difficultés de la FNAC venaient à se poursuivre, elles auraient des conséquences plus importantes pour l’emploi Breton, d’autant plus que les enseignes jouent souvent le rôle de moteur des espaces où elles sont implantées, que ce soit en centre-ville (à Nantes, dans la Bourse), ou en périphérie (à Vannes par exemple). La FNAC est implantée en Bretagne à Nantes (120 salariés), Rennes (90), Vannes (50), Lorient (50) Quimper (44) et Brest (60). Une autre FNAC devrait ouvrir dans le centre commercial Atlantis à Nantes d’ici 2014 et devrait y employer une cinquantaine de personnes et une implantation est à l’étude dans le centre ville de Vannes.

La rigueur ne relancera pas la France en 2013

22 Déc

Edito. Hier, cela devait être la fin du monde. Il ne s’est rien passé, sauf pour le budget. C’est la fin des budgets 2012, et même 2013 par la même occasion. Une note de conjoncture de l’INSEE dévoile que l’austérité – même relative – organisée par le gouvernement ne permettra pas la relance de la France, ni cette année, ni l’an prochain.

Le gouvernement s’attendait à une note franchement pas terrible. Mais c’est encore pire que prévu. Au programme : pas de croissance et plus de chômage, donc moins de recettes et plus de dépenses, ce qui devrait obliger à un nouveau plan de rigueur. Lequel, interprète l’INSEE, devrait amener à … pas de croissance et plus de chômage. Pour ce qui est de la croissance, le gouvernement avait adossé son budget à un objectif 2012 de +0.3%, se rangeant aux estimations pessimistes de l’Europe. Il ne sera pas même tenu. La croissance, qui a plongé dans le déficit au 4e trimestre 2012 (-0.2%), n’atteint que 0.1% en 2012. Et en 2013, alors que le gouvernement table sur 0.8%, l’INSEE n’arrive qu’à 0.1% sur les six premiers mois. Encéphalogramme plat.

En effet, la croissance en France est d’habitude stimulée par la demande intérieure, le pouvoir d’achat des ménages, en somme. Mais celui-ci, écrasé par les taxes et l’envolée du chômage, s’effondre de 1.2% sur l’année 2012. Cette année, noire pour l’emploi, a vu la France s’accroître de 226.000 nouveaux chômeurs (au sens de l’OIT). Et pour 2013, pas mieux, il y aura encore 109.000 chômeurs en sus. En juin, l’INSEE prévoit que le taux de chômage atteindra 10.9% de la population active, tout près du record de 1997 (11.2%).  Autrement dit, le chômage augmentera encore en décembre. Tant en Bretagne qu’en France.

Que peut faire le gouvernement ? Rien. Il se retrouve dans la même position fâcheuse que Miterrand en 1982, contraint au tournant de la Rigueur, après avoir tenté une relance par la consommation, et qui a fustigé jusqu’en 1986 au moins la politique d’austérité financière des Etats-Unis et du reste de l’Europe. A une petite exception près : la relance, c’est Sarkozy qui l’a déjà faite. Dans l’espoir de se faire réélire, il a enclenché tous les fusils à un coup : radiations massives de chômeurs, primes à la casse, primes chaudières, bonus environnementaux, grands chantiers, grand Emprunt, emplois aidés, niches fiscales… en accompagnant cette série de largesses accordé par le Grand Timonier d’un régime à l’agonie par des pressions en apparence considérables sur les services publics et les boucs émissaires habituels (immigrés, gens du voyage, ultra-gauche, ultra-droite, minorités ethniques intérieures). En apparence, puisque les fonctionnaires ont fait le dos rond et les boucs émissaires ont slalomé entre la pluie de bêtise, qui alors tombait dru. Bref, Hollande n’a pas le choix, il doit réformer l’Etat obèse que la droite n’a osé mettre au régime. Il lui reste toutefois les boucs émissaires habituels pour détourner l’attention par une Valls d’intermèdes tragicomiques dont Ayrault est le compositeur. Et quelques susucres de plus en plus difficiles à avaler pour le pays, par exemple une nouvelle espèce de contrats aidés, les contrats d’avenir qui sont d’un désolant passéisme anti-économique.

Et autour de nous, comment cela se passe ? La note résume la situation : le commerce mondial se porte mal, l’Asie du sud-est ralentit, les Etats-Unis aussi, mais leur redressement productif – pas de pacotille, cette fois – reste soutenu par l’effondrement du coût de l’énergie grâce à la manne du gaz de schiste, le climat des affaires se dégrade en Europe et au Japon, mais l’Espagne et l’Allemagne redressent leurs exportations.  En 2013, la Chine connaitrait enfin les résultats de son assouplissement monétaire et de sa relance par des grands travaux. Comme les Etats-Unis en 1930, la Chine a les moyens d’investir à centaines de mille millions, tout en laissant sur le bord du chemin une partie de sa population sans vaciller pour autant. Emmenant l’Asie dans le sillage de son rebond, elle redémarrerait l’économie mondiale, tandis qu’en Europe les tensions financières devraient reculer. Les Etats-Unis se démènent pour éviter le fiscal cliff, hausse des impôts combinée avec  des échéances de coupes budgétaires brutales. Le gouvernement craint ce précipice fiscal qui pourrait donner un coup de masse sur une économie encore fragile. Mais celle-ci résisterait malgré tout. Merci le ralentissement de l’inflation, les profits des entreprises et le gaz de schiste. Les infortunés ! ils n’ont pas Montebourg ! Bref, le monde avance, la France cale.

Un peu de réflexion s’impose. D’aucuns verront dans les soucis de la France – et d’elle seule en 2013 – une nécessaire remise en cause du dogme de la croissance. De la croissance à tout prix, certes. De la croissance, non. Mais, ce qu’oublie de dire l’INSEE, la construction d’un aéroport de plus ou de moins ne changera rien à la conjoncture économique générale, du moins, pas au premier trimestre 2013. Parce que le pouvoir a décidé de « ne pas utiliser l’ordonnance rendue le 11 décembre » qui était – oh, rien qu’un peu – entachée de nullité. De compétence et de motif, deux fois plutôt qu’une. A cette décision qui ne constitue qu’une goutte de nullité dans la grande mer d’illégalité où se noie le projet d’aéroport, la préfecture entend substituer une « procédure judiciaire qui respecte le contradictoire ». Bref, l’on s’achemine vers une trêve hivernale et reprise des hostilités, dans un prétoire cette fois, en mars. Après une épreuve de force – dernière de l’hiver peut-être  – pour la défense le 27 décembre de la vieille ferme de la Sècherie, dernier lieu occupé « en dur » parmi la marée de cabanes qui a poussé de jour en jour sur  l’aire prévue pour l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Comment en est-on arrivé à ce que la France cale sans espoir d’être remorquée ? Le gouvernement précédent, la camarilla des Copé, des Fillon, des Sarkozy etc. a usé toute la cavalerie des mesures temporaires, des réformettes, des plans divers et variés en essayant ce que la République a toujours fait quand il y avait une crise : distribuer des sous au peuple avant de gratter les fonds de tiroir, et d’utiliser la planche à billets. La Révolution a tiré des assignats à tire-larigot pour payer ses utopies sanglantes, la IIIe République a abandonné le franc germinal, la IVe et la Ve ont dévalué, ce qui revient au même. Mais maintenant qu’il y a l’euro, on ne peut plus dévaluer. A force de vivre à crédit, vient un moment où la République – que d’affaire Bettencourt en affaire Cahuzac, il vaut mieux appeler la Ripouxblique, doit passer à la caisse.

Matin de lutte Et après avoir fait fuir les riches (Depardieu), les sociétés (Eurofins SA), les jeunes  et payer les pauvres parce qu’ils sont les seuls à ne pas avoir les moyens de partir, la République embourbée aux mains d’une gérontocratie affairiste devra passer à la casse. Les affaires de la Bretagne ne s’en porteront que mieux. Personne ne lui imposera plus la façon dont elle doit vivre, prévoir son futur, perdre sa précieuse terre et risquer les vies de ses habitants pour satisfaire les délires de quelques vieilles bêtes de la politique, barons locaux qui dépassent en orgueil et en condescendance le plus malotru des nobliaux d’Ancien Régime. La République a embourbé l’économie et l’ascenseur social du pays, son renouvellement politique tourne dans le cycle fermé d’une élite parisienne dont le niveau s’affaisse. Tant mieux. Une autre société est possible, , une où la Bretagne
serait fière d’être – enfin – partie intégrante de la France au lieu d’être convaincue par une élite parisienne cacochyme d’être « excentrée » et de devoir employer une grande part de son génie et de ses forces vives à slalomer entre les bêtises de la Ripoux-blique. Pas besoin d’attendre 2014. Il ne s’est rien passé le 21 décembre 2012. Mais quelque part en Bretagne, ils ont fait des conserves, monté des cabanes, redonné souffle à l’économie et à la vie sociale à des dizaines de km à la ronde, construit une ville nouvelle de bois et ses remparts en tout-venant, se sont chauffés à la lueur du soleil et à l’énergie accordée par la forêt qui leur donne asile. La nouvelle société, c’est en Bretagne que cela se passe. Sous le patronage de Notre-Dame des Landes.