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Le Cannabis Social club de Nantes résiste seul à la pression de l’Etat contre la cannabiculture

15 Juil

CSCNous vous avions parlé le 14 ai du Cannabis Social Club (CSC) Naoned, cette association qui permet à ses adhérents de cultiver du cannabis en commun pour leur consommation personnelle, à des fins notamment de thérapie – certaines affections ne pouvant être soignées qu’avec des remèdes très lourds ayant de lourds effets secondaires (mais légaux) ou avec du cannabis (illégalement).

Depuis, la justice a prononcé en juin la dissolution du Cannabis social club français, l’association qui chapeautait tous les CSC locaux, et Dominique Broc son porte-parole condamné le 18 avril à Tours à huit mois de prison avec sursis et 2.500 euros d’amende pour détention et usage de drogue et refus de prélèvement d’ADN. Six CSC avaient déposé leurs statuts à la Préfecture : à La Roche-sur-Yon (Vendée), Guéret (Creuse), Limoges (Haute-Vienne), Tours (Indre-et-Loire), Nantes (Loire-Atlantique) et Royan (Charente-Maritime).

A Nantes, le CSC local a été mis en cause par une convocation au commissariat de Waldeck Rousseau à la demande du TGI de Nantes pour une enquête préliminaire ayant pour objet l’incitation à la consommation de chanvre au regard de l’objet de son statut. Le porte-parole s’est présenté le 10 juin, sa convocation s’est transformée directement en GAV de 24h et le collectif a « subi une perquisition avec destruction de 2 plants de chanvre. » Cependant, « au jour d’aujourd’hui nous sommes le seul CSC français à ne pas être en procédure de dissolution et de ce fait étant toujours officiel depuis le 25 mars 2013 » précise le collectif nantais.

Il reste aux enquêteurs à entendre un autre membre de l’association. Celle-ci a transmis pour sa défense le dossier médical concernant la TDAH (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) du co-président et la reconnaissance au sein de l’UE que cette affection peut être stabilisée avec la canna thérapie. Cependant, ces éléments n’ont pas été ajoutés au dossier transmis au tribunal. Le droit au procès équitable est-il respecté ? Il est à craindre que non, et que l’enjeu politique de la répression de la consommation du cannabis prime sur les garanties judiciaires fondamentales d’une démocratie.

Entretemps, la France a autorisé les médicaments au cannabis, en délivrant des autorisations de mise sur le marché pour le compte du laboratoire Bayer.  Une avancée qui laisse critique le collectif. Pour celui-ci, « l Etat et le gouvernement actuel cherchent à limiter les dégâts (sanction par l’UE) en faisant un effort sur le cannabis de synthèse pour la sclérose en plaque avec une gestion par le lobby pharmaceutique. La mafia qui gère actuellement le commerce du cannabis français à encore de beaux jours devant elle. » Avec le choix cornélien qui pèse sur les pouvoirs publics : autoriser la culture du cannabis naturel ou continuer à laisser les français subventionner le crime organisé et consommer du cannabis coupé avec du verre pilé, du talc, de la laque (pour l’herbe, la beu), ou alors des métaux lourds, de l’huile de vidange, des plastiques (pour la résine, le shit).

Pour l’heure, les français atteints de maladies qui doivent être soignées par des produits pharmaceutiques à multiples effets secondaires se retrouvent ainsi dans des situations ubuesques. Ainsi le co-président du collectif se voit proposer par les pouvoirs publics de revenir à la prise d’amphétamines de synthèse (ritaline) et à de forts somnifères, qui sont pourtant classifiés comme étant des drogues plus dures que le cannabis !

Le Cannabis Social Club Naoned lutte pour la légalisation du cannabis

14 Mai

Rastaman stampNantes n’échappe pas à la vague française pour la légalisation de la ganja, avec la création d’un cannabis social club, qui, ô surprise, fait référence à l’identité bretonne de Nantes. Les statuts de cette association visant à « permettre à ses adhérents de se procurer leur consommation personnelle de chanvre sans avoir recours aux réseaux de trafic de stupéfiants » ont été reconnus au journal officiel début avril 2013. En clair, le cannabis social club permet à ses adhérents de cultiver leur cannabis en commun pour leur consommation personnelle. Plusieurs actions ont été engagées contre des cannabis social club : au niveau de l’association nationale à Tours (jugement le 20 juin) et des CSC de la Roche-sur-Yon et de Guéret, dont le sort sera fixé par des jugements le 18 et le 25 juin. Nous avons interviewé le Cannabis social club Nantais, collectif qui a accepté de répondre à nos questions.

 

Breizhjournal : Pourquoi la création d’un CSC à Nantes?

Cannabis Social Club Naoned : Nous avons eu le désir initial de créer un CSC à Nantes car c’est notre point de localité géographique. C’est le président qui est à l’origine du CSC. Il est hyperactif avec des troubles du sommeil et ne souhaitait pas prendre les médicaments prescrits en France à base d’amphétamine (Ritaline). Il a obtenu des résultats pour pallier son trouble avec l’usage du cannabis cannabis-med.org en adaptant un traitement inspiré d’études cliniques européennes. Pour être sur de la responsabilité en tant que consommateur, il a entrepris une démarche spontanée d’un suivi avec un addictologue et un psychologue pour encadrer son trouble TDAH et sa consommation de Cannabis. Devant le constat incongru que son trouble n’est plus reconnu par la médecine car il est majeur et utilise un traitement illégal sur le territoire français, il a décidé de sortir de l’illégalité en se constituant avec un amis en association CSC comme le permet l’association ENCOD qui rayonne sur plusieurs pays européens. Le soutien des amis du CSCF engagés dans le combat de Dominique Broc, ont été décisifs dans la recherche d’éléments juridiques, de constitution et d’accompagnement au sein de l’UE.

 

Breizhjournal : Estimez-vous que la consommation de cannabis doit être dépénalisée en France et si oui, pourquoi?

CSC Naoned : Nous pensons que la loi du 31 décembre 1970  doit être modifiée, adaptée pour la plante médicinale qu’est le Cannabis. Nous pouvons constater que le produit est présent sur le territoire Français sans contrôle ni de la part du ministère de la santé, ni de la part du ministère de l’Intérieur. La preuve en est que nous sommes le pays le plus gros consommateur d’Europe avec la répression la plus forte envers le Cannabis.

La politique de lutte antidrogue mené par les différents gouvernements depuis 1970 et un véritable échec économique, sanitaire et social. Echec économique pour le contribuable dont l’argent est dépensé en pure perte. Echec  sanitaire puisque le shit qui circule est un produit dont la qualité n’est pas avérée. Depuis les années 1990, la résine (shit) en provenance du Maroc est systématiquement coupée avec des médicaments, du henné, de l’huile de vidange, de la paraffine, du plastique, des métaux lourds… et l’herbe (beu) est mélangée avec du verre pilé, du talc, du fard à paupières, de la laque… L’échec est enfin social. Il y a une mauvaise éducation au sein des familles sur la dangerosité réelle de la plante et une méconnaissance de ses bienfaits médicinaux pour différents maux (anxiété, douleurs musculaires ou osseuses, troubles du sommeil…).

Nous sommes favorables à une régulation de la consommation et de la production de cannabis de manière nationale au sein d’un contrôle et monopole de l’Etat ; les associations bénéficieraient d’un statut associatif 1901 à but non lucratif pour contrôler au maximum les fraudes et les fraudeurs. Nous sommes pour une limitation en nombre de membres pour les CSC – 20 membres nous paraît être un maximum acceptable et pour que le travail mis en avant par chaque club soit bénéfique en terme de sécurité publique, d’éducation des risques et d’information concrète quant aux effets secondaires de cette plante mais qui peuvent être gérés si la consommation est responsable. Bien sur il y a une interdiction stricte aux mineurs de constituer ou d’adhérer à un CSC mais celui ci peut prendre contact avec ces parents pour tous renseignements concernant l’usage de cette plante médicinale.

 

Breizhjournal : est-ce que la Préfecture a engagé contre vous une action judiciaire comme elle en avait l’intention ?

CSC Naoned : Nous avons pu constater au Journal Officiel notre inscription à la date du 6/4/2013. L’association des cannabis social club français a été assignée en justice pour être dissoute, nous sommes donc suspendus à une décision judiciaire à ce sujet.

 

Breizhjournal : Une vingtaine de CSC se sont officialisés, dont plusieurs en Bretagne u ailleurs dans l’Ouest de la France. Etes-vous en contact avec d’autres CSC proches ?

CSC Naoned : nous sommes en contact avec des citoyens qui souhaitent constituer des CSC ou des CSC déjà constitués dans tout l’ouest de la France et ailleurs en Europe. Beaucoup de personnes veulent sortir de l’actuel circuit d’alimentation par l’intermédiaire des réseaux mafieux (racket, vol, violence, produit de plus en plus coupé) et aussi ne souhaitent plus se faire embarquer dans l’escalade de la dépendance. Les dealers voient le shit comme un produit d’appel et leur proposent des drogues de synthèse qui viennent de Chine ou non, de la cocaïne, de l’héroïne, du crack, des amphétamines alors qu’ils ne viennent chercher que du cannabis. Bref, il y a une réelle demande sociale et le nombre de CSC en cours de constitution augmente chaque jour.

 

Breizhjournal : Combien de personnes réunissez vous (à peu près) et quels sont vos objectifs?

 CSC Naoned : Notre objectif est de nous faire entendre auprès du gouvernement et d’obtenir la modification de la loi de 1970 afin qu’elle intègre les usages récréatifs, responsables et surtout thérapeutiques du cannabis. D’importantes études ont été réalisées sur la possibilité de soigner le cancer par le cannabis, et nous ne pouvons pas y avoir accès en France du fait de l’illégalité et de la très mauvaise image du cannabis. Nous nous battons pour que les malades aient à leur disposition l’intégralité de l’éventail thérapeutique qu’ils peuvent espérer avoir. Ne sommes-nous pas résidents du pays des droits de l’Homme ? Que l’Etat nous le prouve alors avec une réponse adaptée.