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Les partisans de l’aéroport de NDDL s’encanaillent

27 Juil
Mesdames, messieurs, le décollage de l'aéroport Vinci de NDDL va ralentir incessamment sous peu. Merci pour votre compréhension.

Mesdames, messieurs, le décollage de l’aéroport Vinci de NDDL va ralentir incessamment sous peu. Merci pour votre compréhension.

Après la campagne de pub imposée au bon peuple avec son argent et le changement de nom de « l’association citoyenne » favorable à l’aéroport – c’était l’ACIPRAN, c’est devenu Ailes pour l’Ouest – voici que l’on reparle de ceux-ci. Des inconnus ont en effet posé des autocollants de cette association un peu partout, notamment sur le mobilier urbain et les panneaux routiers. En rupture de ban avec les couloirs feutrés de la Chambre de Commerce ou du Rotary, ils se sont offerts de la révolution en tranches pour la pause de midi.

Or, coller sur le mobilier urbain, les feux de circulation et autres panneaux de circulation est réprimé par l’article 418-9 du code de la route par une amende de 1500 €. D’autres sanctions sont prévues si l’on s’attaque aux arbres ou que l’on colle n’importe où en période électorale. Certes, l’on pourra se faire l’avocat du diable : les anti-aéroport en font au moins autant, sinon plus. Il est difficile de trouver une rue dans Nantes qui ne soit pas frappée d’un autoc’ anti-NDDL ou alors opposé à ses principaux soutiens, le PS, l’UMP, Auxiette ou Ayrault, voire le grand capital.

Certes. Mais les pro-aéroport n’ont qu’un légalisme tatillon à la bouche. Pour expulser les squatteurs, les paysans, gazer les vaches ou envoyer les pelles, vite, toujours plus vite. Pour se cramponner à une enquête publique bâclée et antédiluvienne, foulant aux pieds les lois européennes et françaises depuis cinq ans. Ce légalisme qui relève de la paille et de la poutre oblige à un minimum de cohérence, tout au moins dans la mauvaise foi. De plus, imposer aux nantais des autocollants pro-aéroport après avoir mis toute la ville un mois durant au régime de la campagne « Aéroport, un vrai + pour nous tous » sans leur avoir demandé leur avis le moins du monde, est gonflé comme un grand projet inutile imposé. Pour l’heure, les partisans de l’aéroport s’encanaillent à petits pas : à quand une ZAD pro-aéroportuaire sur le parking de la Chambre de Commerce, aux Salorges ?

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Climat délétère sur Nantes après une série de profanations anticatholiques

8 Juin

Les antifascistes et militants d’extrême-gauche nantais n’entendent pas laisser impunie la mort de Clément Méric, leur jeune camarade de lutte brestois, monté à Paris pour faire ses études et tué le jeudi 6 juin lors d’une bagarre avec des membres du groupe d’extrême-droite « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » (JNR) en marge d’une vente privée de vêtements d’une marque anglaise affectionnée par les deux extrêmes.

Cathédrale de Nantes

Cathédrale de Nantes

Cependant, bien que Troisième Voie n’est pas spécialement un groupe qui réunisse beaucoup de catholiques, les membres de l’extrême-gauche nantaise – qui n’ont pas un membre des JNR à se mettre sous la dent mais qui sont dans une grande métropole catholique, et l’une des rares villes de France à avoir plus de 100 édifices religieux de culte catholique – ont décidé de s’attaquer à la Foi. Une série de déprédations ont été commises qui ont engendré indignation et colère, et qui font peser un climat très lourd sur la capitale de Bretagne.

L’impudence de ceux qui ont commis ces actes est renforcée par le fait – très dérangeant pour ceux qui croient encore à une possibilité de justice et de procès équitable en France – que le gouvernement a déjà fait le procès avant la justice. Il a engagé la dissolution des JNR du groupe où militaient les cinq personnes impliquées dans la bagarre où le jeune antifa a trouvé la mort ; le ministère de l’Intérieur a beau justifier cette dissolution par des « éléments antérieurs » à la bagarre, elle n’intervient que dans un contexte très politique. On peut difficilement croire qu’avec le renseignement intérieur, le gouvernement ignorait que Troisième Voie tendait vers un « groupe de combat » et donc à tomber sous le coup de la loi du 10 janvier 1936 interdisant les milices privées. De plus « comme d’habitude » pour tous les sujets où le gouvernement veut propulser sa politique en ignorant les oppositions – aéroport de Notre-Dame des Landes, ZAD du Morvan et d’Avignon, Mariage pour Tous, Printemps Français etc. – les médias ont fait des événements une couverture à sens unique tendant à rejeter toute la faute de la mort de l’antifa breton sur les membres des JNR.

Cependant des éléments contradictoires se sont faits jour, déterrés par des journalistes indépendants ou des sites de réinformation proches des milieux catholiques. Ainsi, Clément Méric a été clairement mis en cause  dans des attaques envers une des Manif pour Tous, celle du 17 avril. Fikmonskov, blogueur normand proche du Printemps Français, explique dans un article très fourni  l’implication de l’antifa breton dans des attaques envers la Manif pour Tous et apporte des témoignages selon lesquels ce serait le groupe de militants d’extrême-gauche dans lequel était Méric qui n’a cessé de provoquer les jeunes de Troisième Voie, jusqu’à ce que tout dégénère en bagarre.

A l’appel de Sud Solidaires ou des antifas, près de 15 000 personnes ont défilé en France pour commémorer la mort de leur camarade. A Nantes cependant, le premier rassemblement vendredi s’est achevé par la dégradation de la vitrine de la librairie catholique Dobrée, comme le montrent les photos sur le site de Contreinfo.com. Le soir même, un membre du Renouveau Français – un mouvement de droite nationale et catholique – qui était venu nettoyer la vitrine a été arrêté par les forces de l’ordre et retenu quatre heures. Une arrestation arbitraire, une de plus.

info librePlus grave, dans la nuit de vendredi à samedi, des inconnus ont fracturé des portes au bas de la Cathédrale et se sont livrés à diverses dégradations dans le chœur. Des inscriptions d’influences diverses (666, de caractère nazi, un buste de Femen et des petits bonhommes) pour brouiller les pistes ont été faites dans le chœur, défiguré. Deux autels ont été aussi tagués. La cathédrale sera fermée aux visites pendant plusieurs jours, le montant des dégâts reste à évaluer. Le pouvoir a cette fois – avec moins de mollesse que d’ordinaire – condamné cette profanation qui intervient alors que la veille les abords et l’entrée de la cathédrale de Limoges ont été recouverts d’inscriptions anticléricales et antifascistes assimilant notamment le droit canonique à la charia.

Cet après-midi, pour éviter de nouvelles dégradations à l’encontre de la librairie Dobrée, une trentaine de militants nationalistes – jeunes du Renouveau Français, royalistes, identitaires, catholiques militants – se sont rassemblés devant la boutique alors qu’un nouveau rassemblement de l’extrême-gauche avait lieu ailleurs dans Nantes. Rien ne permet d’affirmer que ces dégradations récentes – qui suscitent la colère et l’indignation des nantais – seront les dernières. Les antifascistes et l’extrême-gauche ont trouvé comme slogan et justificatif à leurs déprédations « ni oubli, ni pardon ». Et nombreux sont sur leurs réseaux ainsi que sur leurs Twitter et Facebook les appels haineux à s’en prendre aux catholiques ou aux personnes supposées être d’extrême-droite. Les tondues de la Libération ne sont plus très loin. Cette hystérie de certains militants de gauche, renforcée par l’effet de foule et l’émulation entre villes ou groupuscules ne peut qu’amener une réponse comparable, voire plus agressive, de leurs adversaires politiques et religieux et finalement engendrer un cercle de violence et de peur qui pèse déjà sur Nantes.

Il n’en reste pas moins étonnant de constater combien, depuis l’accession de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault au pouvoir, les Bretons sont de toutes les luttes, combien Nantes se retrouve au cœur des événements ou devient le théâtre de faits divers graves qui interpellent le pays tout entier, des chômeurs immolés aux pères sur leurs grues. Comme s’ils étaient fatigués de la crise perpétuelle – elle dure déjà depuis 2007, sans espoir de rémission – et de la bêtise de l’Etat qui leur tombe dessus sans relâche (impôts, gaz de schiste, aéroport de Notre-Dame des Landes). Comme s’ils en avaient marre que pour bien d’entre eux, le gouvernement piétine leurs convictions religieuses et morales profondes parce qu’il s’est inféodé à des lobbys minoritaires et déconnectés des réalités matérielles du peuple. Comme si ce peuple éveillé à l’injustice et à la lutte, plus connecté que la majeure partie des français, plus ouvert au monde, mais aussi bien plus critique envers ses médias et le gouvernement, n’avait plus aucune envie d’être raisonnable, tant le ras-le-bol est palpable.

Alors le Printemps Français devient certes un réveil Breton, comme nous l’expliquons en détail par ailleurs, mais surtout, il exacerbe les clivages et les cassures d’un peuple bien plus investi dans la vie publique ou commune que le reste des Français. Jusqu’à ce que l’hystérie de certains – pour pleurer leurs morts ou leur lobby – devienne la démesure collective, et que l’on retrouve dans la chronique des événements quotidiens ce grain de folie qui avait germé à Paris, dans Grenoble et le Sud de la France en 1788, et s’était étendu, au gré des ventres vides, en discours et en émeutes, avec la suite que nous connaissons tous. Nantes ou Rennes pourraient-elles être le berceau d’une crise ou d’une évolution majeure ? L’avenir nous le dira, mais la folie est déjà sur ces villes.

Pour Auxiette, les opposants à l’aéroport ont fait 400.000€ de dégâts

19 Déc

Hier, le  comité syndical du Syndicat mixte aéroportuaire, chargé de la mise en place institutionnelle du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, s’est réuni sous la présidence de Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de Loire. L’occasion pour le président de la collectivitéé et grand féodal politique local de déraper une nouvelle fois au sujet des opposants à l’aéroport.

31-10CRSLe budget primitif 2013 a été adopté pour 22.45 millions d’€ dont 2.1 directement liés aux investissements pour la réalisation de l’aéroport. Interpellé par des opposants sur le marché de prestations intellectuelles passé pour 190.000 €  pour assurer le lobbying pro-aéroport, Jacques Auxiette a répliqué que « ces dépenses restent largement inférieures à celles engagées par le Département pour réparer les voiries [barrées ou coupées par les zadistes] et les dégradations causées par les opposants à l’aéroport, dépenses qui s’élèvent à ce jour à plus de 400.000 €. Cependant, aucun document comptable ne vient appuyer ce chiffre donné par le président du Conseil Régional. Qui oublie de plus les pages de tribune-publicité pour l’aéroport dans l’Ouest-France et le Presse-Océan du 18 octobre. Soit, d’après Offremedia, 56 752 € de publicité pleine page dans Ouest-France et les journaux de Loire.

En revanche, le coût de la mobilisation policière est connu : à raison de 500.000 € par semaine depuis deux mois, ce sont entre 3 et 4 millions d’€ qui ont été engloutis dans la ZAD depuis le début de l’opération Cesar le 16 octobre 2012. Pour un bilan nul ou pire, puisque c’est maintenant un front commun d’opposants issus d’origines diverses qui s’oppose avec rigueur et méthode au projet d’aéroport. Comme le note avec ironie un opposant à l’aéroport, « leur lobbying leur coûte cher et est inefficace, en plus de braquer les citoyens imposables. Nous on le fait gratos et avec une très grande portée. »

Le président du Conseil Régional des Pays de Loire a appelé à la fermeté et à la vigilance quant au suivi et à la mise en place des mesures de compensation environnementale et agricole qui seront proposées en mars 2013 par les commissions de dialogue. Le comité syndical a aussi décidé qu’un accord-cadre territorial sera conclu avant septembre 2013 pour accompagner les communes impactées par le projet aéroportuaire. Rappelons qu’elles sont au nombre de six : Notre-Dame des Landes et Vigneux de Bretagne, mais aussi Treillières et Grandchamp des Fontaines, à l’est, Fay-de-Bretagne et le Temple de Bretagne à l’ouest.

La présentation des dessertes du futur aéroport est repoussée à la prochaine réunion du comité syndical. En effet, le soutien des acteurs territoriaux autour du tram-train entre la Chapelle sur Erdre et le futur aéroport, sur l’emprise de l’ancienne ligne de chemin de fer de la Chapelle sur Erdre à Beslé par Blain, s’effrite. Nombre de collectivités attendent de voir le succès ou l’échec du tram-train de Nantes à Châteaubriant.

Quand les forces de l’ordre brigandent à Notre-Dame des Landes

26 Nov

A Notre-Dame des Landes, l’on peut douter si la France est un état de droit. Ainsi, nous avons les preuves – et elles sont accablantes – qu’il arrive aux forces de l’ordre qui y interviennent de s’y comporter comme des brigands, et pas qu’une seule fois. Mais depuis trois ans, dans le silence complet – complice ? – des autorités.

L’information sur ce qui est la plus grande révolte populaire en France est systématiquement biaisée par l’agence de presse d’état – l’AFP – et la « grande presse », quand ses journalistes ne font pas pression sur les opposants ou leurs représentants.  Il y a même une agression du vigile aux allures de provocation barbouzarde : imprécision des faits, information cadenassée par les forces de l’ordre  et même revendication tout de même très suspecte. Sans oublier des illégalités en pagaille, au choix, vis à vis du droit de l’environnement, de l’eau, des espèces naturelles protégées, de l’urbanisme, ou, comme nous allons le voir, du droit pénal.

Mais nous savons maintenant qu’en plus d’être un projet d’aéroport illégal, l’aéroport est mis en œuvre par des mesures illégales. Où les forces de police se conduisent comme des forces d’occupation en terrain conquis. La position de la Préfecture et du gouvernement, selon laquelle la « légitimité républicaine sera respectée » et « force reste à la loi » est chaque jour plus intenable, puisque ceux qui sont censés appliquer la loi s’en dispensent. La légitimité républicaine exige-t-elle que l’on passe sur le ventre du peuple Breton et de la terre Bretonne de Notre-Dame des Landes ?

Deux tracteurs dégradés gratuitement par les forces de l’ordre

Le 23 novembre, lors de l’attaque de la maison du Rosier par les forces de l’ordre, des tracteurs protégeaient la maison. Deux d’entre eux ont du être déplacés par les forces de l’ordre. Celles-ci (des gardes-mobiles) ont commencé par faire le vide autour de la maison, et emmener les conducteurs plus loin. Certains se sont offerts de déplacer les tracteurs, mais les forces de l’ordre ont fait venir une entreprise de dépannage munie d’une grue.

Vers 12h, les forces de l’ordre ont commencé à déplacer les tracteurs. D’après Michel Tarin, présent sur les lieux, « autour d’eux, il n’y avait que des gardes-mobiles ». Les deux tracteurs appartenaient à Cyril Bouligand, de Fay et à Christian David, de Couëron. Les pneus des tracteurs ont été crevés par les forces de l’ordre, puis « ils les ont démarré et ont roulé avec », relate Cyril Bouligand. « Il a fallu en traîner un, parce qu’il ne parvenait pas à rouler », témoigne Julie(*), occupante de la ZAD. « Quand on les a récupérés à dix-huit heures, les valves des pneus sur mon tracteur ont été coupées à la pince, l’autre tracteur était complétement déjanté », explique Cyril Bouligand, indigné. Grâce à des mécanos sympathisants de la lutte, les tracteurs, ont été sommairement réparés sur place avant d’être emmenés vers des garages des environs. En effet, il se pourrait que les jantes soient détériorées.

Bilan du préjudice ? « deux valves, environ 50 €, et deux heures de travail de garage à 80€ l’une, si la jante n’est pas concernée », pour Cyril. « Je ne sais pas encore, mais on dépasse mille [euros] s’il faut changer la jante », pour Christian. Cyril Bouligand envisage de porter plainte pour le préjudice subi. Christian David aussi « le tracteur est à notre CUMA, donc on va voir en début de semaine et décider en commun si on porte plainte ».

C’est la première fois que les policiers s’attaquent aux tracteurs, hormis celui que Sylvain Fresneau, agriculteur aux Domaines, à Notre-Dame des Landes, avait dirigé contre les gendarmes pour les faire reculer, et dont les vitres avaient été brisées. La solidarité du monde paysan s’exprime à Notre-Dame des Landes par la présence permanente d’environ 50 tracteurs sur la ZAD qui protègent de l’investissement par les forces de l’ordre et de la démolition les maisons-fermes et les lieux occupés. En revanche, l’affaire en révèle d’autres, une suite de témoignages accablants qui témoigne des mauvaises habitudes prises par les forces de l’ordre à Notre-Dame des Landes depuis trois ans.

Trois ans de brigandages policiers à Notre-Dame des Landes

Joint par BreizhJournal, Patrick Lapouze, directeur de cabinet de la Préfecture de Loire-Atlantique, estimait il y a trois semaines que le « comportement des forces de l’ordre » sur la ZAD était « exemplaire » pendant l’assaut du 16 au 3 novembre et que « aucun manquement ne [lui] avait été rapporté ». Peut-être alors il y a eu un petit oubli.

Nous avons reçu de multiples témoignages sur les dérapages des forces de l’ordre envers les biens privés, soit des occupants de la ZAD, soit des sympathisants de leur lutte. En droit, cela s’appelle des dégradations volontaires. Elles sont punies, lorsqu’il n’en résulte qu’un dommage léger, par l’amende prévue pour les contraventions de 5e classe (article R635-1 du code pénal). Sinon, « la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende » (article 323-1 du code pénal), peine qui peut monter jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende lorsque la dégradation est commise dans un local d’habitation.

A l’origine, nous relate Rosa (*), occupante sur la ZAD, c’était « la guerre des boutons ». Les ZADistes crèvent les pneus des véhicules de police présents sur la ZAD, ou des véhicules des intervenants, brisent les vitres, barrent les routes. Les forces de l’ordre de sont mis à faire de même, se rendant elles-mêmes justice bien que la loi leur interdise. Porter plainte ? les occupants ne le faisaient pas, et quand certains ont essayé, « les gendarmes nous ont fait clairement comprendre que nos plaintes ne seraient même pas examinées; en gros, c’était à nous de planquer nos vélos », explique Yann (*).

Les faits, eux, sont têtus. D’un côté, la Préfecture défend la légalité, de l’autre côté, les confessions des zadistes dépeignent un pan de territoire où le non-droit est la loi, de la part de ceux-là mêmes qui sont censés faire que force reste à la loi. « Quand les gendarmes ou les gardes-mobiles viennent sur la ZAD, même s’ils ne nous expulsent pas, ils voient une cabane vide, ils cassent un carreau ou rentrent dedans et vident une bombe lacrymogène, comme ça il nous faut aérer trois jours avant de coucher dedans ». Et ça fait « trois ans que ça dure ».  Ces cabanes, ce sont les lieux de vie des occupants, leurs habitations donc. Les voilà réduits de temps à autre à coucher dehors, ou ailleurs, pendant quelques jours. Autre jour, une voiture d’occupant, garée sur un chemin, vide, fenêtre baissée « deux policiers ont mis une bombe lacrymo dedans, résultat, voiture inutilisable pendant une semaine ». Cyril Bouligand nous confirme « le jour de l’assaut sur la maison du Tertre, j’ai de mes yeux vu les policiers s’approcher d’une voiture laissée par des gens de la ZAD, lui crever les pneus et vider une bombe lacrymo dedans ». C’était donc le 3 novembre.

L’acharnement contre tout ce qui appartient aux occupants de la ZAD se transcrit aussi dans les opérations. Sans aucune nécessité, la cabane du sabot a été bombardée pendant des heures à coups de gaz lacrymogène, entre 250 et 300 grenades ont été tirées le soir du 17 octobre. La cabane a tenu, en revanche le jardin potager juste à côté a été complètement saccagé. Le Sabot était la ferme maraîchère de la   ZAD. Le champ de légumes sera en jachère l’année prochaine.

Guerre aux vélos

Les vélos sont particulièrement visés. De nombreux occupants n’ont en effet pas de voiture, et se déplacent en vélos sur les chemins défoncés, ou à pied. « Depuis que je suis là, ça va faire un an et demi, s’il y a une chose que je sais, c’est surtout, surtout de ne pas laisser un vélo trop visible », nous apprend Yvon (*). « J’ai du laisser précipitamment un de mes vélos alors que des policiers accouraient. Ils ont plié les roues au pied, en se marrant ». Au service presse de la ZAD, on nous confirme « ça n’arrête pas. Les vélos ne doivent pas traîner, sur les deux dernières semaines, on est à plus d’une dizaine de dégradations ». Ewen (*), militant écologiste venu de Hollande et « tombé amoureux de la nature magnifique d’ici », nous confirme entre deux « wonderful » avoir perdu un de ses vélos le 3 novembre. Ce jour-là, quatre autres vélos ont été mis hors d’usage par les policiers. Comment cela hors d’usage ? « c’est qu’on n’a plus que quelques pièces récupérables à remettre sur d’autres vélos, le reste c’est direct poubelle », répond Erwan, qui en a gros sur le cœur. Et quand bien même les policiers s’engagent à ne pas toucher les vélos des opposants ? Ils passent outre. Philipp précise « il y a eu un jour un assaut sur le bois de Rohanne. Les militants qui étaient dans le bois ont accepté de faire une concession aux forces de l’ordre en l’échange de quoi les vélos présents dans le périmètre seraient laissés indemnes. Ils ont été mis en pièce avec un soin tout particulier ».

La Préfecture, jointe par BreizhJournal, se refuse à tout commentaire. Force reste à la loi ? A vous de voir. Et si le « kyste » dénoncé par Manuel Valls n’était pas la révolte de la ZAD et des opposants au projet d’aéroport, mais les mauvaises habitudes prises par les policiers et gendarmes qui y interviennent, certains d’être couverts par leurs supérieurs ?

Notes

Nous remercions ceux qui ont eu le courage de témoigner.

(*) Tous les noms des occupants de la ZAD ont été changés.