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Transhumance en Drôme contre l’industrialisation des élevages

31 Jan

Des éleveurs de plusieurs départements du sud-est de la France et de Provence organisent ces jours-ci, du 28 janvier à Mormans au 1er février à Valence-ville une transhumance festive pour sensibiliser la population à la politique gouvernementale d’industrialisation de l’élevage traditionnel ovin et caprin.

En effet, le gouvernement impose depuis juillet 2010 l’identification des animaux par une puce RFID à l’oreille, mesure obligatoire à peine de lourdes sanctions, à savoir la suppression des aides PAC. Pour 2015 une autre mesure clivante est prévue : l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection.

Les éleveurs estiment qu’il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie, au détriment des multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, et donc du patrimoine immatériel constitué par ces sélections à travers les siècles des races actuelles d’ovins et de caprins. Pour ce qui est de l’identification RFID, l’administration assure qu’elle permet d’améliorer la traçabilité et les conditions de travail des éleveurs, qui répliquent que le système actuel – une boucle à chaque oreille – est suffisant et que la raison réélle de cette mesure est d’offrir un marché captif aux fabricants nationaux de nanotechnologies, pratique il est vrai traditionnelle du « complexe administratif-économique » français qui tend à faire du pays une sorte d’économie capitaliste dirigée.

Une des raisons officieuses de la pugnacité de l’Etat à imposer l’identification RFID des bêtes serait la lutte contre la fraude aux aides PAC qui valent à la France de sérieux soupçons de la part des autorités européennes et des militants anti-fraude des pays voisins. Ces fraudes sont essentiellement localisées en… Corse et en Provence, donc dans le Sud-est, et sont tolérées par l’Etat pour des raisons – sur le coup évidentes – de paix sociale. Cependant, l’argument peut être retourné. En effet, les fraudes concernent essentiellement les bovins  dont la divagation sur les routes et dans les villages – conduisant les humains à enclore les lieux qu’ils habitent plutôt que les champs ( !) – est la plus éclatante manifestation. Cette divagation, véritable « calamité » de la Corse avec l’état des routes, a fait l’objet d’un rapport récent qui propose à l’Assemblée de Corse de mettre en place une délégation de service public pour la collecte des animaux vers trois lieux de dépôt et le recouvrement d’amendes auprès des éleveurs. Nul doute que ce rapport  accueilli par des levées de bouclier connaîtra le même sort que ses prédécesseurs : la poubelle.

Les éleveurs souhaitent faire connaître à l’Etat leur « refus de [se] plier à des exigences qui ne satisfont que l’industrie » et veulent « rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux ». Ils solliciteront à Valence une entrevue avec M. Le Foll, ministre de l’agriculture, pour demander la levée de l’identification obligatoire et la suppression du projet portant sur les mâles certifiés.

transhumance drôme

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Les éleveurs Bretons exigent une simplification des normes administratives

9 Déc

nantaiseL’assemblée de l’Union des groupements des producteurs de viande de Bretagne à Saint-Quay-Portrieux (22) a mis en exergue l’urgence du redressement de la production : à cause de la baisse des productions d’animaux d’élevage Bretons, au moins un abattoir porcin est menacé de fermeture à court terme, et les abattoirs bovins sont eux aussi en surcapacité. La France pourrait même devenir importatrice nette de viande, alors qu’elle est encore excédentaire. L’Ugpvb rassemble 27 organisations de producteurs de porcs, oeufs et bovins, regroupant 5.700 producteurs de porcs, 6.500 élevages et 580 producteurs d’œufs, sur les cinq départements Bretons et dans les provinces limitrophes d’Anjou, Poitou et Maine.

Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements, a affirmé que « le développement de la production ne doit pas faire peur », et appelé à des décisions politiques engageant la simplification administrative, notamment en supprimant les zones d’excèdent structurel (ZES), rendues inutiles à son avis du fait de la baisse de la teneur moyenne du nitrate dans les eaux de Basse-Bretagne, de 30% en 15 ans. Ces réformes sont d’autant plus indispensables que le parc agricole Breton « vieillissant » a besoin d’investissements qui ne peuvent être débloqués du fait de contraintes administratives grabataires et tatillonnes. Par ailleurs, l’Union des groupements s’alarme contre la « végétalisation des terres », à savoir le remplacement des terres d’élevage par des céréales, du fait des courts élevés de celles-ci et des contraintes imposées aux éleveurs. La « végétalisation » de la trame rurale pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’agroalimentaire Breton, qui représente un tiers de l’emploi industriel des cinq départements.