Tag Archives: facebook

Les sarkozystes repassent à l’attaque sur les réseaux sociaux

13 Mai

attention-manipOn dirait que l’I-force de Sarkozy fait son retour discret. Lors de la campagne de 2007, l’I-force était un ensemble de blogueurs et de jeunes membres ou sympathisants de l’UMP qui faisaient la promotion de Sarkozy sur les réseaux sociaux et le web. On retrouve actuellement sur Facebook et Twitter une campagne qui est trop pensée et coordonnée pour n’être que de l’artisanat militant de quelques nostalgiques de Sarko.

Sur Facebook, c’est la page Enseignante Umpiste qui porte le fer contre la gauche. En reprenant la sympathique figure du « prof de droite » – oui, celui qui n’est jamais en grève, qui enseigne selon le bon sens, aime son métier et ses élèves malgré les pressions de sa hiérarchie et la bureaucratie au sein du « mammouth », les sarkozystes avancent plus ou moins masqués. Au programme, diffusé selon un à deux posts par jour, soutien à Guaino dans « sa croisade contre le juge Gentil » (on aura vu plus respectueux de la justice, fusse-t-elle aux ordres, par exemple sous le dernier mandat de Sarkozy), tir à vue sur le PS, Trierweiler et Hollande, comme dans le post d’aujourd’hui : « incroyable, un an après l’élection de Hollande, la PS use toujours de l’anti-sarkozysme primaire pour justifier le néant de l’action présidentielle ! », légende dorée du sarkozysme et discours de Copé ou des candidats UMP aux municipales. Un nouveau support de campagne gratuit – quoique boosté par les annonces sponsorisées qu’offre Facebook, un moyen de faire paraître les actualités du profil dans le fil d’actualités de nombreuses personnes – qui évolue lentement, passant de 465 « j’aime » il y a une semaine à 490 aujourd’hui.

Sur Twitter, la campagne est plus nette, puisque la même « enseignante et umpiste, suivie par Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy » se nomme @Sarkoziste et arbore une photo de Sarko en avatar. Avec 3328 abonnés et 18671 tweets, c’est un compte assez important, dont la foultitude d’abonnés fait office, de « la gauche kebab » au « militant gay qui cherche à faire des rencontres » en passant par « un futur médecin » et des tas d’étudiants, de spectre de la société française 2.0, sans oublier les fillonistes et les copéistes de l’UMP. Parmi les abonnés, on trouve aussi un @N_Sarkozy2017 avec l’affiche « Tous à Paris le 26 mai » (pour la Manif pour Tous) en photo de couverture : le twitter officiel des Amis de Nicolas Sarkozy se charge de faire la convergence entre l’UMP canal historique et la manif pour tous puisque « Un seul recours contre les socialos, c’est Nicolas Sarkozy ».

Le but dans les deux réseaux sociaux est de créer un socle de sympathisants dans divers milieux sociaux pour à la fois tester la réception de l’agit-prop de l’UMP et des sarkozystes et pouvoir préparer le grand retour du « Chef« . Tout cela vaut ce que ça vaut, mais si la France est là où elle est à subir la gauche en plus de la crise, elle le doit à la politique erratique de Sarkozy qui a utilisé tous les fusils à un coup de la relance pour se faire réélire. Si Cambdélis – mis en cause dans l’affaire de la MNEF à la fin des années 1990 – n’est pas très bien placé pour faire du nettoyage industriel, il n’en reste pas moins que le quinquennat Sarkozy a laissé de lourdes séquelles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Certaines tares – comme la « quatarisation » de Paris et de la politique française – n’auront fait qu’empirer sous Hollande.  D’autres – une intervention française directe en Syrie par exemple – auront été évitées par l’actuel gouvernement.

Tout cela place cependant artificiellement la France dans une position où il n’y a pas d’alternative, ni à l’actuelle République, ni au bipartisme, ni à Sarkozy. Alors même que le peuple déçu, désespéré, en colère d’avoir été tant ignoré et insulté par la droite et la gauche demande des perspectives, cette vision politique bipartiste et sarkozyste est au bout du rouleau. Sous les coups de matraques et les nuées de gaz lacrymo du 24 mars, sur les Champs s’est produit un fait étrange et exceptionnel : un souffle nouveau s’est levé sur un vieux pays que l’on croyait épuisé et apathique. Un souffle qui vise à rendre à la France sa grandeur et à son peuple des perspectives, un horizon, des valeurs, un espoir. Nicolas Sarkozy a bien compris que si le Printemps Français ne se fera pas avec lui, il se fera contre lui, donc il essaye d’en canaliser l’énergie, et notamment le souffle 2.0. Mais il est peu probable qu’il y arrive… les Français ne sont pas si dupes.

Les services de renseignement français tenteraient-ils de pirater Facebook ?

13 Avr

dcri10On sait que la situation sociale en France se dégrade nettement. Crise économique, autisme du gouvernement, forte contestation sociale et démocratique contre les grands projets inutiles et le mariage pour tous, forte méfiance des français en général à l’encontre d’un gouvernement qui se dirige à l’aveuglette et rampe devant les lobbys – qu’ils soient du Marais, de la magouille ou du béton. On sait que le gouvernement commence à avoir, grossièrement parlant, « les boules » : après Valérie Fourneyon ministre des Sports qui a différé son déplacement orléanais le 11 pour éviter les manifestants contre le mariage et l’adoption pour tous, c’est maintenant Najat Vallaud Belkacem qui refuse de venir à Nantes. Ce matin, un militant contre le mariage pour tous, Samuel Lafont, a été poignardé (4 coups de couteau) par plusieurs individus au métro Odéon. Il est hospitalisé, mais il est peu probable que cet acte violent contribue à calmer le jeu, bien au contraire. Nous apprenons cependant à l’instant que ses agresseurs seraient des Roms. En revanche une personne a bien été agressée physiquement hier par un militant LGBT vers 21h30 près du Sénat.

Mais depuis hier la peur a gagné les services secrets. Nos informations nous permettent de savoir que des milliers de comptes Facebook ont été visités plusieurs fois depuis des adresses parisiennes qui correspondent entre autres aux sièges de casernes de CRS ou d’antennes de la DCRI. Les services d’investigation et de renseignement se sont en effet rendus compte depuis le 24 mars de l’importance des réseaux sociaux et de la lutte 2.0 dans l’action des manifestants – qu’ils soient suiveurs de Mélenchon ou contre le mariage gay puisque d’après nos sources c’est bien la convergence de ces deux ras-le-bol le 5 mai à Paris qui fait craindre au gouvernement le risque de gros débordements, voire même d’une Révolution.

Seulement, les services secrets n’ont pas prévu deux choses : que Facebook permette de tracer ces connexions et surtout que les usagers français de Facebook sachent s’en servir. Les visites suspectes ont eu lieu à partir de Levallois (siège de la DCRI), Argenteuil, Arcueil (bien vérifier qu’il ne s’agit pas de l’IP du centre de France Telecom à la Vache Noire; cette IP peut apparaître si l’on se connecte à Facebook via une connexion 3G itinérante), Vélizy-Villacoublay (direction zonale des CRS Paris), Neuilly-Plaisance, Rosny-sous-Bois (les deux renvoient au Centre national de formation aux systèmes d’information et de communication basé au Fort de Rosny). D’après nos informations, une multitude de compte a été visitée : notamment des gens de plusieurs paroisses parisiennes, les auteurs de quelques blogs influents et gazettes en ligne catholiques, de royalistes, de militants Bretons, de membres de l’UNI et de l’UMP, mais aussi les comptes de militants d’extrême-gauche, et même de responsables du Parti de Gauche (parti de Mélenchon)… bref un vrai fourre-tout de la France contestataire.

Comment faire alors pour savoir si vous avez été espionné ?

1 – Ouvrez Facebook

2 – en haut à droite sur la barre bleue, cliquez sur le petit cadenas

3 – Dans le menu déroulant, cliquez sur « afficher plus de paramètres »

4 – A gauche, cliquez sur le petit bouclier à coté de Sécurité

5 – Dans le choix de menus, cliquez sur [Modifier] à côté de sécurité

Facebook affiche alors les lieux des dernières connexions – en fait l’antenne la plus proche du lieu où vous vous connectez – ainsi que les périphériques avec lesquels vous vous connectez. Si le lieu de la connexion ou l’appareil utilisé vous paraît incongru ou que vous ne vous souvenez pas de vous être connecté ce jour là, arrêtez la connexion et changez de mot de passe.

Protégez vos amis, votre famille et vos contacts : diffusez cet article et prévenez-les.

 

EDIT du 31/5 : de nouvelles nombreuses connexions suspectes ont été enregistrées (cette fois à raison d’une par semaine à peu près) vers le 11 et le 16, puis le 22 mai, à partir de Nanterre, Vitry, Levallois et Vélizy. Ce regain d’intérêt des services secrets avait probablement pour objet de préparer la manif du 26 mai et d’en connaitre les mots d’ordres.

Un exemple de connexions suspectes. La personne en question n'a pas bougé de Pordic depuis deux semaines.

Un exemple de connexions suspectes. La personne en question n’a pas bougé de Pordic depuis deux semaines.