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Les partisans de l’aéroport de NDDL s’encanaillent

27 Juil
Mesdames, messieurs, le décollage de l'aéroport Vinci de NDDL va ralentir incessamment sous peu. Merci pour votre compréhension.

Mesdames, messieurs, le décollage de l’aéroport Vinci de NDDL va ralentir incessamment sous peu. Merci pour votre compréhension.

Après la campagne de pub imposée au bon peuple avec son argent et le changement de nom de « l’association citoyenne » favorable à l’aéroport – c’était l’ACIPRAN, c’est devenu Ailes pour l’Ouest – voici que l’on reparle de ceux-ci. Des inconnus ont en effet posé des autocollants de cette association un peu partout, notamment sur le mobilier urbain et les panneaux routiers. En rupture de ban avec les couloirs feutrés de la Chambre de Commerce ou du Rotary, ils se sont offerts de la révolution en tranches pour la pause de midi.

Or, coller sur le mobilier urbain, les feux de circulation et autres panneaux de circulation est réprimé par l’article 418-9 du code de la route par une amende de 1500 €. D’autres sanctions sont prévues si l’on s’attaque aux arbres ou que l’on colle n’importe où en période électorale. Certes, l’on pourra se faire l’avocat du diable : les anti-aéroport en font au moins autant, sinon plus. Il est difficile de trouver une rue dans Nantes qui ne soit pas frappée d’un autoc’ anti-NDDL ou alors opposé à ses principaux soutiens, le PS, l’UMP, Auxiette ou Ayrault, voire le grand capital.

Certes. Mais les pro-aéroport n’ont qu’un légalisme tatillon à la bouche. Pour expulser les squatteurs, les paysans, gazer les vaches ou envoyer les pelles, vite, toujours plus vite. Pour se cramponner à une enquête publique bâclée et antédiluvienne, foulant aux pieds les lois européennes et françaises depuis cinq ans. Ce légalisme qui relève de la paille et de la poutre oblige à un minimum de cohérence, tout au moins dans la mauvaise foi. De plus, imposer aux nantais des autocollants pro-aéroport après avoir mis toute la ville un mois durant au régime de la campagne « Aéroport, un vrai + pour nous tous » sans leur avoir demandé leur avis le moins du monde, est gonflé comme un grand projet inutile imposé. Pour l’heure, les partisans de l’aéroport s’encanaillent à petits pas : à quand une ZAD pro-aéroportuaire sur le parking de la Chambre de Commerce, aux Salorges ?

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ACIPRAN : l’argument bateau de l’association citoyenne

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Gesté : l’association de défense de l’église va se pourvoir en cassation

16 Juil

gesté2Nous avons reçu et publions le communiqué de l’association Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois (MVPG) qui s’oppose à la destruction de l’église par la municipalité.

« L’association mémoire vivante du patrimoine gestois  envisage de se pourvoir en cassation devant le conseil d’état.  C’est une démarche dans la continuité du combat qu’elle mène depuis 2007 contre les destructeurs. Contrairement à ce que l’on veut faire croire, seulement une petite partie de l’église a été démolie : moins de 20% en volume et en surface. Ce début de démolition permet de distinguer le filet de protection installé depuis 1995 : à part les fientes de pigeons et autres volatiles, il n’y a aucune pierre de tombée dedans ! Ce qui est surprenant pour une église que l’on dit en ruines.

Ce pourvoi est aussi une suite logique et morale pour tous nos soutiens locaux, nationaux et internationaux qui ne veulent pas que la triste affaire de Gesté fasse jurisprudence car ce serait un drame pour le patrimoine national et pour ceux qui se battent pour le conserver. L’association s’interroge sur le financement de ce projet et de l’emploi de l’argent public pour la construction d’un lieu de culte ce qui est contraire à la loi de 1905. Il est anormal d’avoir entamé  la démolition sans connaître  le coût réel du projet communal. Il est bon de rappeler que le budget municipal est de 1 350 000€ TTC (prix 2007) pour la démolition, reconstruction, conservation crypte et clocher ainsi que les aménagements extérieurs, ce qui est utopique. »

 

Pour en savoir plus sur l’affaire de Gesté : lire notre article de fond

[FLASH] L’église de Gesté est à moitié détruite; le reste pourrait être abattu en juillet

20 Juin
L'église hier au soir

L’église hier au soir

La destruction de l’église angevine de Gesté, dans les Mauges, entamée en toute illégalité et sans permis de détruire par la commune hier, a continué aujourd’hui. Si hier le pignon de la nef néoclassique et son toit avaient été mis à bas, aujourd’hui ce fut le tour du mur sud de cette partie. Les travaux de démolition pure ont duré une petite heure, entre huit et neuf heures du matin. La démolition était protégée par cinq gendarmes, suite à la tentative d’un inconnu cette nuit vers trois heures du matin de mettre la pelleteuse hors d’état de nuire en l’incendiant.

Le mur nord de la nef – soutenant le clocher, qui devrait être conservé – et le chœur néogothique flanqué des trois chapelles privatives des châtelains du Plessis, de la Forêt (château disparu) et de la Brûlaire, sont encore debout. Sous le chœur se trouve une « crypte » semi-enterrée en granit, qui sera conservée aussi et qui formera le chœur de la nouvelle église elliptique que projettent la mairie et le curé de la paroisse.

l'église suite aux travaux de démolition ce matin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

l’église suite aux travaux de démolition ce matin : le mur sud de la nef est à moitié rasé

Maintenant, clocher et crypte seront étayés, puis pourront commencer les travaux de démolition du chœur – la partie la plus haute et la plus belle de l’église, même si elle paraît moins en bon état que la nef abattue, qui fut rénovée dans les années 1980. Cette démolition du chœur pourrait intervenir « en juillet » selon Georges Romeau, premier adjoint de la commune (socialiste), ou « pas avant septembre » d’après le chef de chantier. Ce qui laisse encore du temps pour sauver l’église, d’autant plus que l’association Mémoire Vivante du Patrimoine gestois a déposé un référé dont le jugement sera rendu le 8 juillet. De son côté la SPPEF – présente sur place ce matin par son délégué de Loire-Atlantique – s’apprête elle aussi à lancer des actions judiciaires et à s’adresser à diverses autorités, notamment au préfet de Maine-et-Loire.

Dans l’après-midi, les services de la mairie ont procédé à la dépose d’un crucifix monumental qui surmontait le chœur ; celui-ci était resté dans l’église, puisque d’après le premier adjoint toujours – le maire s’étant bien gardé de trop se montrer – « aucune nacelle ne pouvait passer par la porte de l’église, et c’était trop haut pour une échelle ». Il a rejoint le reste du mobilier paroissial – devant et pierre d’autel, plaques du monument aux morts, bancs, statuaire, table de communion, chemin de croix en plâtre peint couleur bois – stocké dans deux locaux municipaux.

Le crucifix déposé de l'église, cet après-midi

Le crucifix déposé de l’église, cet après-midi

Une manifestation de protestation était prévue le matin à 8 h devant l’église. Mais entre semaine du bac et organisation de dernière minute, seuls trois jeunes d’Angers ont rallié Gesté ce matin, ainsi que des habitants de proches bourgades. La seule utilité de l’annonce de la mobilisation est d’avoir attiré d’autres médias que ceux du cru ; Europe 1 est ainsi venue sur place, et même l’agence de presse russe Voix de la Russie s’intéresse à Gesté. Les prochaines semaines devraient cependant permettre de meilleures conditions pour venir au chevet de l’église, mutilée par l’alliance de la bêtise, de la gloriole des parvenus de la démocratie, et du doux cocon de la lâcheté quotidienne.

Plus d’information dans BreizhJournal ce week-end

Blocus de la ZAD : le préfet n’en démord pas

3 Avr
Cabanes sur la ZAD près de la RD81

Cabanes sur la ZAD près de la RD81

NDDL. Attention chien méchant. Rien ne fait lâcher prise à la Préfecture. Ni le fait que le blocus est illégal puisque constituant de facto une atteinte aux libertés fondamentales hors de proportion avec le but poursuivi, ni le fait que le projet d’aéroport est lui-même illégal  au point que l’Europe s’en mêle.C’est donc avec une remarquable constance que le 29 mars le directeur de cabinet de la Préfecture de Loire-Atlantique, Patrick Lapouze, a signé trois nouveaux arrêtés qui font effet du 2 avril au 2 mai. Comme les précédents, ils interdisent le transport de tout carburant et de « tout explosif, produit inflammable, feux d’artifices » sur les deux communes de Vigneux de Bretagne et de Notre-Dame des Landes ainsi que la circulation de véhicules transportant des matériaux de construction sur les mêmes voies que précédemment, « sauf nécessité dûment justifiée par une activité professionnelle ».

La légalité apparente de ces arrêtés en fait illégaux est confortée par un déni de justice indéfendable dans tout état de droit – à croire que la France ne l’est plus. Ainsi, sur quatre recours faits successivement contre ces arrêtés, deux ont été rejetés et deux n’ont pas été jugés… et ne le seront plus. Une saisine du Défenseur des Droits est à l’étude sur ce blocus. Il faut donc croire que les opposants à l’aéroport, et au passage l’ensemble des habitants des communes de Vigneux-de-Bretagne et de Notre-Dame des Landes sont trop Bretons pour avoir droit au droit français.

Télécharger les arrêtés :

–          interdisant le transport de carburants

–          interdisant le transport de produits inflammables

–          interdisant le transport de matériaux de contruction

NDDL : l’expulsion de Bellevue et de la Châtaigne sera plus difficile que jamais

26 Mar

Le hameau de cabanes de la Châtaigne, construit depuis le 17 novembre 2012 au sud-ouest du bois de Rohanne est immédiatement expulsable. Ainsi en a décidé aujourd’hui la justice, qui astreint les occupants qui se sont déclarés habitants permanents à payer 450 € par jour d’occupation au bout de 8 jours. Le jugement pour la ferme de Bellevue tombe le 28. L’on s’attend là aussi à une décision favorable à l’expulsion de ses occupants. Cependant, alors que la ZAD s’attend et se prépare activement à un nouveau coup de force printanier, plusieurs facteurs externes plaident pour que le gouvernement arrête les frais.

Cabanes de la Chat Teigne - fin janvier 2012

Cabanes de la Chat Teigne – fin janvier 2012

La ferme de Bellevue  abrite aujourd’hui une vingtaine de vaches – dont 14 ont été ramenées le 10 mars – une truie, une dizaine de poules et plusieurs paysans et occupants volontaires. Le collectif COPAIN44 qui fédére l’opposition paysanne à l’aéroport a appelé hier à  « accentuer la mobilisation sur le site de Bellevue dès le 28 mars, et [à] renforcer le dispositif de protection autour de la ferme. Il est donc fait un appel urgent à tous les paysans, actifs ou retraités, de Loire- Atlantique et de tous les départements alentour, pour acheminer sur le site tracteurs et matériels agricoles opérationnels ou réformés. » Près de 124.5 hectares de terres dépendent de la ferme, dont la viabilité économique est réelle.Le village de cabanes de Bellevue était quant à lui pris dans un imbroglio juridique qui a démontré – s’il fallait encore le prouver ! – combien l’indépendance de la justice devenait une chimère lorsqu’elle traitait d’un projet d’Etat comme l’est l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Cependant, si Paris estime que les opposants sont trop Bretons pour avoir droit au droit français, l’Europe s’en est mêlée et surveille maintenant directement le dossier  ce qui devrait avoir des conséquences importantes pour les occupants de la ZAD et opposants au projet. Notons au passage qu’il ne devrait pas y avoir d’expulsion tant que le rapport de la commission de dialogue ne sera pas rendu ; cette remise est prévue entre la fin du mois et début avril.

L’Hôtel Ibis de Treillières a reçu depuis quelques jours environ 80 gendarmes mobiles et des autorisations de travaux – essentiellement liées au barreau routier donc situées au sud-ouest et au sud-est de la ZAD – ont été déposées pour la fin mars. Disposant d’un soutien local et national très fort, les opposants sont très motivés pour s’opposer, par la force au besoin, aux travaux du barreau routier et à leur expulsion. Cependant, hors de Notre-Dame des Landes plusieurs facteurs plaident pour un évitement du coup de force au printemps sur la ZAD. Revue de détail des causes qui pourraient éviter à Notre-Dame des Landes une nouvelle invasion policière.

L’Europe sauvera Notre-Dame des Landes

D’abord, l’arrivée en force et très officielle des instances européennes, qui ont demandé à la France des compléments d’informations impératifs pour mi-avril. Si la France passe en force, Sandrine Bélier, eurodéputée EELV qui mène la fronde auprès des instances européennes avertit   « nous ferons tout pour que le Parlement mette en demeure la France d’arrêter les travaux, au besoin en passant par une prise de position politique européenne ». Une telle issue est très probable : les instances européennes, souvent critiquées pour la lenteur de leur action, un pas après les problèmes auxquels elle est censée répondre, ne manqueront pas l’occasion d’agir en amont d’un projet ni la possibilité en or de rappeler la France à l’obligation de respecter le droit européen dont plusieurs textes fondamentaux sont violés   par le projet d’aéroport.

Un régime socialiste très inquiet par la déroute attendue en 2014

La ferme de Bellevue, . Notre-Dame des Landes, Bretagne.

La ferme de Bellevue. Notre-Dame des Landes, Bretagne.

Ensuite, le gouvernement, déjà très fragilisé sur le plan intérieur – par les affaires et son autisme face à la contestation sans cesse croissante du projet de loi sur le mariage gay  peut difficilement se permettre d’ouvrir un nouveau front, fut-il loin de Paris, au risque de se mettre à dos une frange croissante de la population scandalisée – à juste titre – par les excès de violences policières et les illégalités diverses et variées. Politiquement, le gouvernement a plutôt intérêt, pour sauver la mise aux municipales de laisser couler le dossier, le temps que les recours des propriétaires légaux soient épuisés, ce qui ne sera pas fait avant fin 2015.Nombre d’élus socialistes locaux – la « base » du PS – somment le régime de Paris d’arrêter les frais avec le projet qui exaspère les populations Bretonnes, angevines, mancelles et poitevines déjà très énervées par la montée en puissance de la crise, des impôts, le caractère pour le moins indécis de la politique gouvernementale et son autisme face aux revendications sociales et économiques. Le PS – qui s’est constitué un domaine réservé dans les cinq départements Bretons et détient plusieurs grandes villes de l’Anjou, du Maine, de la Normandie et du Poitou – pourrait souffrir durablement de la crise : Angers, la Roche sur Yon, Laval, Saint-Brieuc, Caen et Rennes sont dans la ligne de mire de la droite et du centre (UMP, UDI) et pourraient basculer. De quoi alimenter la peur panique des élus et de tous ceux qui vivent des grasses prébendes des collectivités socialistes.

Pour l’heure, toute opération policière est illégale

Ce triton marbré ne pèse que 8 grammes, mais il pourrait faire reculer des millions de tonnes de béton et de policiers

Ce triton marbré ne pèse que 8 grammes, mais il pourrait faire reculer des millions de tonnes de béton et de policiers

A la suite du président de la Commission de dialogue qui a laissé paraître ses doutes au sujet de la pertinence du projet d’aéroport dans la presse parisienne, d’autres instances nationales, parmi lesquelles le WWF demandent des études complémentaires. Enfin, les autorisations auprès de la Commission Nationale des Paysages et des Sites pour les dérogations à la loi sur l’eau et le déplacement des espèces naturelles protégées ne sont pas obtenues. Ce qui veut dire – alors que commence la période de reproduction des batraciens – que tous travaux lourds qui occasionneraient des atteintes aux milieux naturels, aux sols et aux espèces naturels sont pour l’heure illégaux et pourront faire l’objet de procédures judiciaire et d’interdiction par les maires des communes concernées au titre de leur pouvoir de police.Tout comme les fouilles qui abîment les champs, une intervention policière, nécessitant force véhicules, usage de gaz lacrymogène et poivre, de grenades de désencerclement, d’engins de travaux pour démolir les cabanes et les barricades et causant un piétinement accru de surfaces somme tout réduites et en zone humide ne manquerait pas de dégrader les milieux naturels et de causer la mort d’espèces protégées. De quoi provoquer les foudres de l’Europe et de nouveaux recours judiciaires, sur des fondements juridiques qui ne peuvent être sujets au doute ou à l’interprétation en fonction du pouvoir politique. Si le droit a été largement foulé aux pieds par le pouvoir, la perspective – en ces temps de disette budgétaire – d’une condamnation pécuniaire européenne infamante et importante pourrait refroidir les ardeurs d’un Premier Ministre qui se sait sur un siège éjectable.

NDDL : Le Parlement européen se saisit du dossier

20 Mar

Suite à l’audition des pétitions de l’ACIPA, du CédPA (élus doutant de la pertinence de l’aéroport) et de France Nature Environnement, le Parlement européen et la Commission ont accepté se saisir du dossier et demandent au plus tard avant mi-avril des informations complémentaires à la France. Le dossier de l’aéroport vient de devenir européen, officiellement.

Lors de l’audition, l’illégalité du projet vis-à-vis du droit européen a été mise en exergue. 98% de l’emprise de celui-ci est située sur des zones humides, rendant la compensation de celles-ci impossible et mettant en péril les objectifs 2025 du bon état des masses d’eau en Loire et Vilaine, la ZAD étant située à la limite entre les deux grands bassins versants du sud de la Bretagne. A la vérité, le projet d’aéroport est illégal en droit européen depuis cinq ans, en droit français depuis quatre ans.

Présents à l’audience, Françoise Verchère (du CédPA) et Sylvain Fresneau (de l’ACIPA) ont expliqué à la Commission  les dérapages d’un projet d’état, l’occupation policière, l’absence de perspectives économiques du projet, l’impact sur l’environnement et les paysans, « l’urgence » enfin de la situation et le risque de travaux imminents sur place. Le gouvernement français a préféré bouder l’audience, évitant de se faire montrer du doigt au niveau européen alors que le gouvernement traverse de grandes turbulences suite à l’explosion en vol du ministre du budget. Alain Mustière pour l’ACIPRAN a en revanche été présent, ainsi qu’un assez discret directeur de projet de chez Vinci.

A la sortie de l’audition, Sandrine Bélier, député européen EELV, juriste de l’environnement et membre de la Commission des Pétitions, a réagi : « Les débats ont clairement démontré que l’Etat français ne peut continuer dans cette voie au risque de méconnaître manifestement et volontairement le droit européen qu’il a pourtant transposé en droit français » avec les Grenelle de l’Environnement en 2009 et 2011. « Le débat n’est plus franco-français, il est maintenant très officiellement européen ! Pour une fois que nous pouvons agir en amont d’un projet destructeur, les parlementaires européens seront a la hauteur de leur responsabilité. » Ainsi, les Bretons seront protégés par le droit européen. Bonne nouvelle, car depuis le début des opérations policières il y a plus de six mois, les dérapages d’une justice bien peu indépendante  s’accumulent, et actuellement, deux communes de Bretagne supportent depuis près de quatre mois un blocus totalement illégal. Toutes les demandes de contrôle judiciaire de celui-ci ont été rejetées ou ne sont pas examinées. Les habitants et opposants au projet de Notre-Dame des Landes sont sans doute trop Bretons pour avoir droit au droit français.

A l’issue de l’audience, la présidente de la commission des pétitions a déclaré que des directives européennes importantes ont été violées et a demandé des compléments d’information au gouvernement français afin de réexaminer le dossier. La commission se montrera particulièrement vigilante afin d’empêcher que la France ne demande des délais et ne profite de ce temps pour passer en force et créer une situation irréversible à Notre-Dame des Landes. Une mission européenne pourra être par la suite envoyée sur place à la fois sur la ZAD et sur le site de l’aéroport nantais actuel.

220px-Sandrine_BELIER,_EELVJointe par BreizhJournal, Sandrine Bélier apporte quelques précisions sur l’importance de l’audience d’aujourd’hui. « Il y a un mois, le 19 février, la commission des pétitions avait reçu les parties pour un premier échange et signifié ses doutes quant à la légalité du projet. Maintenant, c’est une audience officielle qui permet de montrer la volonté de faire face aux potentielles violations du droit de l’Union Européenne ». Elle rappelle la France à ses devoirs : « les textes que l’Etat refuse d’appliquer pour Notre-Dame des Landes, ses représentants les ont négocié à Bruxelles. La France est un acteur majeur de l’UE, elle bénéficie des aides, de la PAC, etc. mais elle a aussi des devoirs envers les autres pays. La France ne peut pas choisir au coup par coup d’appliquer ses engagements selon si ça l’arrange ou pas ».  C’est donc un appel à la cohérence qui est adressé à l’Etat. De son côté, l’Europe garantit la transparence des débats, et la plus grande ouverture possible de ses institutions. C’est pourquoi, précise Sandrine Bélier, « la pétition des défenseurs du projet [l’ACIPRAN] a été acceptée, bien qu’ils ne soulevaient absolument aucun moyen de droit européen, afin de mettre toutes les cartes sur table et d’avoir le meilleur éclairage possible des enjeux citoyens et juridiques ».

L’Europe sera vigilante en cas de passage en force

Barricade sur la ZAD - Chemin de Suez, fin février 2013

Barricade sur la ZAD – Chemin de Suez, fin février 2013

Beaucoup de gens s’inquiètent, sur la ZAD et autour, d’une probable reprise des hostilités et d’un passage en force de Vinci, de l’Etat et consorts début avril Cette impression est renforcée par la conjonction des échéances : la commission d’enquête rend son rapport fin mars, le sort juridique de Bellevue devrait être scellé une nouvelle fois le 26 mars et celui de la Chat Teigne le 28. Ces inquiétudes ne sont pas partagées par Sandrine Bélier, en effet « nous entrons dans la période printanière de reproduction des batraciens. Il n’y a pas encore eu d’autorisation liée à la loi sur l’eau, ni d’autorisations pour transporter ailleurs les espèces, par conséquent il est difficile d’imaginer que des travaux – mêmes des ‘‘fouilles’’ – commenceraient alors que rien n’autorise un tel impact sur les espèces naturelles ».

Cependant, si l’Etat préférait le passage en force à la réponse aux interrogations européennes, « nous serons très vigilants et déterminés. Nous ferons tout pour que le Parlement mette en demeure la France d’arrêter immédiatement ses travaux, en prenant au besoin une position politique. « L’Europe a été saisie par les citoyens. L’Europe ne peut pas attendre, on réagira immédiatement pour rappeler à la France qu’elle fait partie de l’UE et doit donc respecter ses engagements ».

Une sortie par le haut pour le gouvernement français ?

A-__xCKCIAASoqhIl apparaît de plus en plus clairement aux populations Bretonnes que seule l’Europe pourra mettre fin de façon pérenne et pacifique au projet d’aéroport, et rappeler l’Etat à ses obligations, alors même que les contrepouvoirs – principalement la justice et une grande partie de la presse – ont préféré surtout être une chambre d’enregistrement de la volonté de l’Etat  et de Vinci. Voilà qui prouve que si la France sort de l’Europe comme certains « qui critiquent l’Europe bien qu’ils en bouffent », comme le fait remarquer Sandrine Bélier, le veulent,  il n’y aura plus de possibilité d’arrêter les dérapages liés aux projets d’Etats menés d’une façon aussi peu favorable à la démocratie et à la volonté citoyenne que l’est le projet d’aéroport.

En revanche, le fait que l’Europe se mêle du projet du fait de ses illégalités flagrantes et de « l’impérieuse nécessité de tout remettre à plat, parce que les décisions prises il y a 10 ou 30 ans ne prennent pas en compte les enjeux environnementaux apparus depuis» permet à l’Etat de mettre l’abandon du projet sur le dos de l’Europe « si l’Etat enterre le projet en disant, c’est la faute à Bruxelles, je l’assume, et c’est une solution de sortie politique honorable que je suis fière d’offrir sur un plateau d’argent au gouvernement », clame Sandrine Bélier. « Je suis née en 1973. Je fais partie de la génération qui n’a connu que la crise ; que des décideurs, quels qu’ils soient, incapables de trouver des solutions et de proposer un nouveau modèle. En 2012, il y avait un slogan, ‘‘Le Changement c’est maintenant’’ : je l’attends. Nous irons jusqu’au bout ».

NDDL : le tribunal ordonne l’expulsion immédiate de la ferme de Bellevue

28 Fév
Ferme de Bellevue le 28 janvier

Ferme de Bellevue le 28 janvier

La ferme de Bellevue, occupée depuis fin janvier par les paysans et opposants à l’aéroport, a été jugée expulsable immédiatement par le tribunal d’instance de Saint-Nazaire. Cette ferme dont le sort devait être tranché le 20 février  se trouve à l’ouest de la ZAD et est en parfait état de conservation. Les occupants paysans de la ferme appellent à une mobilisation immédiate et rapide aux abords de la ferme. L’ACIPA appelle à se mobiliser tout de suite « et au moins jusque demain midi » alors même que 80 fourgons de CRS supplémentaires viennent de rejoindre la capitale Bretonne.

Bataille juridique autour des fouilles archéologiques

Les fouilles à la Freusière se poursuivent en toute illégalité. En effet, depuis le 26 février pour Vigneux et le 27 pour Notre-Dame des Landes, des arrêtés ont été pris par les maires des deux communes pour interrompre les fouilles archéologiques, qui se déroulent sans arrêté préfectoral les autorisant. Le préfet a jusqu’au 24 mars pour en prendre un et se conformer à la loi sur l’eau. Joint par BreizhJournal, le maire de Vigneux de Bretagne Philippe Trotté nous explique sa démarche « Je suis allé constater des fouilles sans autorisation préfectorale à Saint-Jean du Tertre. J’ai pris un arrêté pour protéger la nature sur ce lieu-dit et un autre plus à l’est, là où ils sont en train de démolir des zones humides à coups de pelleteuses sans aucun cadre légal. » Les fouilles sont faites sur le tracé du barreau routier. L’arrêté du maire de Notre-Dame des Landes porte justement sur les fouilles à la Freusière. Le préfet conteste les deux arrêtés et est prêt à les attaquer devant le tribunal administratif en faisant un recours pour excès de pouvoir. En attendant, sur le terrain, les pelleteuses les ignorent, et ce en toute illégalité. Dominique Guitton, paysan opposé au projet, estime que ces fouilles « compromettent les récoltes à venir » : les engins causent des ornières et, quand les sondages sont rebouchés, les couches sont mélangées en compactant les sols. L’argile infertile se retrouve à la surface, la couche arable est perdue. L’impression de gâchis est partagée par les zadistes, qui estiment préférable que les fouilles s’arrêtent.

Pour rappel, suite à des arrêtés pris le 18 janvier 2013 par la Préfecture de Loire-Atlantique, le transport de carburants, de produits inflammables , d’explosifs et de feux d’artifices est interdit sur les deux communes de Vigneux de Bretagne et Notre-Dame des Landes jusqu’au 4 mars. Pour le même délai sont interdits le passage de véhicules contenant des matériaux de construction sur les mêmes voies publiques que sur les arrêtés précédents pris courant décembre 2013. Par ailleurs, sans aucun arrêté le justifiant, les carrefours des Ardilières, au nord, du Bois Rignoux, au sud-est et de la Saulce (RD81) au sud, sont barrés par un dispositif de gardes-mobiles qui empêchent toute circulation de piétons et de véhicules, sauf riverains.

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

La ferme de Bellevue, au petit matin du 28 janvier 2013

Joint par BreizhJournal, l’agriculteur membre du collectif COPAIN44 Dominique Guitton nous explique que « les activités et différents chantiers sur la ferme de Bellevue sont maintenus. Des gens sont en train de nous rejoindre. » L’huissier chargé de notifier le jugement n’est pas encore passé et les paysans sur place s’attendent à tout. Cependant, la commission agricole s’est déplacée sur les lieux la semaine dernière, « la balle est donc dans le camp des politiques pour concrétiser la décision juridique ou au contraire laisser une chance à l’apaisement et au dialogue qui avait l’air de s’installer« . Bonne nouvelle, le four à pain quelque peu abîmé par le départ du dernier occupant  a été remis en état. Le linteau en pierre devant le four a été réinstallé, la cheminée est en cours de réparation et la poule au pot a été cuite hier dans le four, chauffé régulièrement depuis une semaine. Sa remise en service pourrait permettre de soulager la boulangerie des Fosses Noires et cuire du pain pour toute la partie ouest de la ZAD. Avec ses 125 hectares de terre dont la remise en culture est prévue dès que possible par les paysans, la ferme est un enjeu clé pour l’approvisionnement des occupants de l’aire prévue pour le projet d’aéroport. Pour leur part, les paysans sont déterminés à défendre la ferme « notre détermination est là, et elle est intacte. Nous appelons à la mobilisation et à la vigilance autour de la ferme de Bellevue« .

L’ACIPA appelle les comités de soutien les plus proches de Notre Dame des Landes  à venir jusqu’à la ferme de Bellevue. « Les comités de soutien plus éloignés sont invités à intervenir auprès des instances du PS de leur département pour empêcher la destruction de la ferme de Bellevue« .