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Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA par la SNCF de Rennes

22 Avr

Donner du travail aux ouvriers PSA de Chartres de Bretagne, ce n’est pas si simple. La SNCF avait pourtant eu l’idée d’en employer 85 sur le site même de la Janais – afin de restyler des TGV à Rennes. Ces travailleurs extérieurs devraient être encadrés par quinze agents sous statut cheminot. Finalement, ils ne seraient que 80 ouvriers, mais la SNCF installerait ses équipements dès cet été. Le site de la Janais dispose de 1700 possibilités de reclassements pour les ouvriers qu’il va licencier, dont 600 en CDI à l’extérieur.

Logo Sud Rail BZH vertCependant ce projet récent n’est pas parti pour rouler sur de bons rails. Le syndicat cheminot Sud Rail Bretagne – pour lequel soit dit en passant, Bretagne se conçoit à cinq départements – met le carré et s’insurge contre cette « sous-traitance massive » et dénonce ce qu’il estime être un lugubre « poisson d’avril » dirigé contre les Ateliers – que l’on appelle Technicentre depuis une dizaine d’années – depuis longtemps dans le viseur. En effet, en janvier 2011, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de l’activité des ateliers dédiée aux voiture – 300 emplois par terre dans l’entreprise historique et les sous-traitants – en annonçant pour faire passer la pilule la construction d’un nouvel atelier en banlieue de Rennes où serait délocalisée la seule réparation des pièces de frein. 150 cheminots avaient alors manifesté contre ce projet.

Le syndicat Sud Rail rappelle que « Arnaud Montebourg, Ministre du  Redressement Productif a fait une visite surprise le 19 octobre 2012 aux Ateliers de construction du Centre (ACC) de Clermont-Ferrand annonçant aux 350 salariés de l’entreprise en difficulté la prolongation d’un contrat avec la RATP pour rénover des rames du RER B. Dans la foulée le directeur de la SNCF fait de même » sans doute par excès de zèle. Parce que les emplois sauvegardés de Clermont le seront aux dépens de ceux des cheminots Bretons, qui s’occupent justement des rames Mi79 du RER B. ACC est en effet une entreprise concurrente de la SNCF.

FeuRougeClignotantCe n’est d’ailleurs pas la première fois que les emplois Bretons sont cassés au profit d’activités concurrentes – et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site nantais pour obtenir un semblant de paix sociale en Lorraine. Deux fois raté, puisque les Lorrains ne se sont pas laissés prendre et que la fermeture des hauts-fourneaux entérinée il y a quelques jours laisse une région exsangue, humiliée et meurtrie. Sud-Rail Bretagne conclut en demandant que « cesse la comédie », que l’avenir des ateliers SNCF, de ses employés et sous-traitants soit fixé, et que cesse la « sous-traitance massive » effectuée par la SNCF aux dépens des cheminots et la « vente à la découpe » de l’entreprise. L’activité de restylage des TGV est prévue pour ne durer que 4 à 5 ans, et ce qui se fera à la Janais chez PSA sera fait au détriment des Technicentres (ateliers SNCF) de Romilly, Bischeim et Hellemmes qui tourneront en partie à vide. Sud-Rail demande donc une activité pérenne et le statut de cheminot pour tous.

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Armor-Lux victime de l’inconséquence du gouvernement

18 Avr

Depuis quelques jours, le gouvernement a encore fait 50 victimes en Bretagne. Serait-ce des manifestants gazés pour sauver l’honneur de quelque Premier Ministre ? Non point. Des agriculteurs emprisonnés pour un délit imaginaire parce qu’ils s’opposaient à un grand projet inutile ? Non plus. Alors qui ? Armor-Lux, PME Bretonne du textile, et cinquante emplois supprimés.

armor-lux-comedieQue s’est-il passé ? Armor-Lux détenait le marché de la fabrication des uniformes de policiers, depuis 2008. Elle espérait le garder sur la période 2013-2017. Mais au bout d’une procédure dite – par blague sans doute – de dialogue compétitif, c’est une filiale du groupe GDF-Suez spécialisée dans l’ingénierie et les systèmes de communication qui décroche le sésame. Ineo, ladite filiale, n’entrave que dalle à l’habillement. Pas grave ! Elle s’est associée à quelques PME du textile – dont une du Pas de Calais – auxquelles elle sous-traitera la production mais empochera le flouze. Cela a suffi au ministère pour prétendre favoriser la « production française », relève le Canard Enchaîné avec saveur. Un vrai coup de Taser qu’assène l’administration de Valls à la PME Bretonne. Une vraie justification aussi pour un small business act local qui permette aux entreprises publiques – y compris aux forces de police du cru – d’acheter Breton et non de maintenir la flamme bleue de GDF Suez.

Mais visiblement, pas la production Bretonne. Bilan pour Armor-Lux : cinquante emplois supprimés, 25 millions d’€ de recettes perdues – argent d’autant plus précieux qu’il ne dépend pas des fluctuations du marché – et un possible imbroglio judiciaire en plus. D’après nos informations, en haut lieu l’on a estimé « qu’Armor Lux était déjà bien assez connue comme ça ». Du coup de pub de Montebourg au coup de masse de Manuel Valls, le gouvernement avance cahin-caha et la Bretagne paie les pots cassés.