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Le gouvernement se penche sur l’amélioration de Nantes-Atlantique

6 Juil

desserte-NAOfficiellement, sur Notre-Dame des Landes, la position du gouvernement peut se résumer au slogan du Printemps Français : « on ne lâche rien ». En pratique, devant la forte hostilité du Parlement Européen  à l’encontre d’un projet d’aéroport totalement illégal en droit européen depuis cinq ans et en droit français depuis quatre, le gouvernement – Ayrault en tête – se voit forcé d’avaler quelques couleuvres, d’autant plus que les municipales ne sont pas loin et s’annoncent mal pour la gauche.

L’Europe, justement, a demandé un complément d’information au gouvernement et s’apprête à envoyer une mission parlementaire à l’automne. Si bien que si le gouvernement a claironné – par la voix des caciques socialistes de la région des Pays de Loire – que les travaux reprendraient « à l’automne » puis « à la Toussaint », il ne s’avance plus sur aucun calendrier de travaux. Il fait bien : les travaux préparatoires avaient continué ces derniers temps en toute discrétion. Peine perdue : les forages ont été empêchés par les paysans, tandis que les zadistes sont allés visiter à plusieurs reprises le chantier de déplacement d’une ligne électrique, préalable à l’agrandissement d’un chemin autour de la ZAD. Moralité : en quelques mois, quelques poteaux plantés, et encore ont-ils été récemment sérieusement abîmés. Avec ces rythmes de construction records, l’Ayraultport n’est pas près de décoller.

Le ministre des Transports Cuvillier a annoncé le 28 juin l’étude d’un réaménagement de Nantes-Atlantique pour « approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements » sur la base d’une fréquentation par 5, 7 ou 9 millions de passagers. Officieusement, le but est de confirmer les chiffres officiels déjà donnés en appui au projet de Notre-Dame des Landes, c’est-à-dire que Nantes-Atlantique ne pourrait faire face à 9 millions de passagers. Mais les derniers mois ont permis de montrer – y compris sur BreizhJournal – que les 9 millions de passagers que Vinci vise pour…2065 (!)  sont un chiffre complètement fantaisiste et passablement dopé aux EPO.

Un autre argument risque de faire irruption dans le débat : l’Etat n’a (vraiment) plus d’argent, et s’apprête à couper le jus aux collectivités locales via les dotations. Onze milliards d’impôts divers prévus ne sont pas rentrés dans le budget 2013 : les recettes de TVA se sont effondrées, les gens ne consomment plus, celles de la TIPP (taxe sur les carburants) aussi, puisqu’ils roulent de moins en moins, surtout s’ils perdent leur travail, l’assurance-maladie et les caisses de retraites sont un champ de ruines du fait de la crise économique, et ainsi de suite. Au prochain budget, ce sont plusieurs dizaine de milliards qui manquent à l’appel. Un constat qui explique la dureté de la commission Duron qui a mis au placard la majeure partie des projets LGV et autoroutiers prévus, à commencer par la ligne TGV Lyon-Turin  (TAV).  Pour que le gouvernement, à huit mois des municipales, se décide à heurter des cohortes d’élus locaux en tous genres, y compris des socialistes, qui tenaient à ces grands projets pour leur réélection, c’est qu’il y a sérieusement le feu au lac. L’argument de la crise risque de devenir la première raison du désengagement de l’Etat, ou tout au moins un argument fort des opposants pour l’appeler à se retirer et laisser tomber l’Araultport.

Loin de toutes ces tensions budgétaires, l’association britto-angevine de citoyens « proposants » dans le domaine des transports Nexus  profite de la réévaluation de l’aéroport pour proposer de remettre en service la ligne de chemin de fer qui relie Nantes à l’aéroport de Nantes-Atlantique. Celle-ci est actuellement une ligne réservée au trafic des marchandises quasi inutilisée qui aboutit dans le domaine des activités aéroportuaires (D2A) en passant devant l’Aérogare et l’usine Airbus. Ancien tracé de la ligne de Nantes à Sainte-Pazanne, elle se débranche de l’actuelle ligne au nord de l’aéroport pour filer tout droit vers l’aérogare, tandis que l’actuelle ligne fait le tour. L’association propose d’établir une station devant l’usine Airbus (actuellement seulement desservie par le bus Tan, de l’autre côté) et une « gare ferroviaire performante » à l’aéroport, puisqu’il y a largement la place afin de mettre « 1.300.000 personnes à moins de 60 minutes de l’aéroport » via la liaison ferroviaire nouvellement créée. De quoi limiter l’extension des parkings – et les dépenses qu’ils engendrent, tant pour l’aéroport que les usagers – et rendre l’aéroport plus attractif.

Notre-Dame des Landes : la méthode de calcul de la DGAC révélée

14 Fév

Nous écrivions mi-décembre dernier  que la DGAC avait fortement manipulé à la hausse les prévisions de fréquentation de l’aéroport projeté de Notre-Dame des Landes, en intégrant aux passagers de l’aéroport en 2050, ceux qui depuis 2020 ou 2025 prendront… le train. L’association britto-angevine de citoyens « proposants » de solutions alternatives  pour développer les transports en commun Nexus révèle, dans un courrier à la Commission de dialogue en date du 7 février 2013 les méthodes pour le moins approximatives utilisées par la DGAC.

Un calcul bâclé

Trafics en 2005 sur les lignes régulières intérieures.

Trafics en 2005 sur les lignes régulières intérieures.

La D.G.A.C. dans ses estimations de trafic régulier a pris pour référence de base le trafic 2005 sur lequel elle a appliqué les prévisions de croissance pour les années 2006 à 2050 selon le scénario le plus favorable (le 3), soit 9.48% de 2006 à 2010, 6.2% de 2011 à 2015, 3.3% de 2016 à 2020, 2.805% de 2021 à 2025, 2.1754% de 2026 à 2050. La DGAC explique que le surcroît de croissance en début de période s’explique par l’impact des compagnies lowcost. Soit. Cependant, ce n’est pas le plus important. On se serait attendus à ce que la DGAC applique ces coefficients de croissance en modérant leur application à l’entrée en service des diffèrentes LGV – qui arracheront des usagers à l’avion – mais non !

Les coefficients ont été appliqués par la DGAC systématiquement sur les 1 341 081 passagers de Nantes-Atlantique en 2005 pendant 45 ans ce qui conduit à l’ estimation « à la louche » de 6 590 000 de passagers pour les seuls trafics réguliers à l’horizon 2050, sans tenir compte de l’arrivée des LGV nouvelles, ce qui revient à intégrer aux usagers d’avions ceux qui prendront le chemin de fer.

Estimation des trafics des lignes aériennes régulières pour 2050 par la DGAC. Dossier de Vinci-AGO.

Estimation des trafics des lignes aériennes régulières pour 2050 par la DGAC. Dossier de Vinci-AGO.

Les mêmes méthodes de calcul ont été prises pour estimer le trafic en 2050 de l’aéroport de Nantes-Atlantique, s’il est conservé (6 010 000 passagers), la – somme toute assez faible différence avec la « solution » NDDL s’expliquant par la zone de chalandise plus étendue qu’offre Notre-Dame des Landes. Argument du reste assez douteux quand l’on sait que le lieu de l’aérogare projetée (lieu-dit les Domaines) n’est qu’à 22 km de Nantes et que si ce nouvel aéroport serait plutôt bien relié aux métropoles bretonnes par le barreau entre la RN137 et la RN165, il sera d’autant moins accessibles aux usagers du sud de la Loire-Atlantique et de la Vendée ou du Poitou. Si bien que sa zone de chalandise ne sera pas sensiblement supérieure, dans les faits.

Nantes-Paris : l’erreur de calcul par l’exemple

La vanité des calculs de la DGAC se vérifie en prenant l’exemple de la ligne n° 1 Nantes – Roissy. Elle drainait 306 723 passagers en 2005 qui deviennent en 2050 par la magie de l’application méthodiques des coefficients D.G.A.C = 1 507 554 clients. Un chiffre qui n’apparaît nulle part dans le dossier puisqu’il est noyé dans le total des 6.590.000 passagers estimés.

Mais voilà, il y a un os. Aux environs des années 2024 cette ligne n°1 (Nantes-Roissy) n’existera plus ou sera marginale. Et ce à cause de la mise en service de la LGV Bretagne/Pays de la Loire (2018) et de l’Interconnexion Sud LGV Ile de France (2024). La billetterie commune TGVAir qui permet aux clients d’enregistrer leurs bagages en gare de Nantes pour s’embarquer à Orly ou CDG sur un vol international rendra totalement inutile la desserte aérienne Nantes-Paris. La concurrence tarifaire étant très en faveur du train sur les courts trajets et l’exploitation de la ligne ne permettant que une demi-heure à peine de vol au niveau de croisière, Air France abandonnera cette liaison.

C’est ce qui se passe aujourd’hui sur la ligne Strasbourg-Roissy dont le transfert au rail suite à l’effet LGV Est sera effectif le 2 Avril 2013. Par conséquent, la DGAC doit retirer de ses estimations de trafic pour 2050 les clients espérés sur cette ligne… qui n’existera plus. Et faire de même avec les dix autres lignes régulières au départ de l’aéroport de Nantes.

Les estimations de trafic de la DGAC doivent être divisées par deux

Estimations globales du trafic de passagers en 2050 à Nantes et NDDL par la DGAC. Dossier Vinci-AGO.

Estimations globales du trafic de passagers en 2050 à Nantes et NDDL par la DGAC. Dossier Vinci-AGO.

La DGAC prévoit pour 2050 8.940.000 passagers à Notre-Dame des Landes (dont 6.590.000 drainés par des lignes aériennes régulières), un nombre jugé supérieur à la capacité maximale de l’aéroport nantais et qui justifierait à lui seul le transfert. Cependant, à l’image de la situation de la ligne aérienne Nantes-Paris, ces estimations intègrent des prévisions sur des lignes qui auront disparues en 2050 ou qui seront très largement amoindries par la concurrence ferroviaire. L’association Nexus estime qu’en révisant à la baisse les estimations pour intégrer les transferts de passagers vers le rail, les prévisions de trafic à l’horizon 2050 sur le site de Notre-Dame des Landes doivent être divisées par deux.Nous savons que même avec les prévisions actuelles – donc manipulées – de la DGAC, les estimations de rentabilité ne tiennent pas la route. Elles ne peuvent qu’être encore moins viables avec des prévisions de trafic amputées de moitié. C’est pourquoi l’association Nexus appelle à l’audition de la direction de RFF par la commission de dialogue et surtout – pour éviter ou limiter les pressions inévitables lorsque le principal porteur du projet est aussi le Premier Ministre – à une audition des différents porteurs de projets en matière de transports publics devant des acteurs publics plus indépendants et plus soucieux des réalités économiques, comme peuvent l’être les chambres du Commerce et de l’Industrie, les Chambres de l’Agriculture, des Métiers, les syndicats etc. Bref, ceux qui peuvent vraiment apprécier, y compris sur leur feuille d’impôts, si le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes répond vraiment à des nécessités économiques ou si ce n’est qu’un projet d’urbanisme municipal devenu enfumage étatique.

NDDL : les parlementaires alertés sur les trucages de la DGAC

17 Déc

Nexus  est une association britto-angevine d’utilisateurs de transports en commun. Elle a découvert que la DGAC (Direction générale de l’aéronautique civile) a gonflé le trafic aérien estimé en 2020 et 2050 du futur aéroport de Notre-Dame des Landes en agglomérant les trafics assurés par l’avion et le rail.

L’association a alerté aujourd’hui l’ensemble des députés et des sénateurs à ce sujet par lettre ouverte  communiquée aussi au Ministère des Transports, à RFF et à la   FNAUT. L’association a contacté deux fois RFF pour l’enjoindre d’exercer « sans tarder un contrôle du report des trafics de l’aérien vers le rail au fil de l’avancée des projets de LGV », demande qui est restée lettre morte. RFF a refusé de faire des commentaires à ce sujet, mais un cadre de la direction Bretagne-Pays de Loire nous confie que le « projet d’aéroport est transcendé par de fortes implications politiques qui tendent parfois à primer sur les aspects purement techniques ». Ou sur la libre information des citoyens, persuadés par une notable partie des médias et des barons politiques locaux de l’utilité incontestable d’un projet dont les bénéfices  et le trafic aérien estimé sont truqués.

 

Le soutien à la ZAD en cartes

Wagon tagué en soutien à la ZAD - photo ZAD

Wagon tagué en soutien à la ZAD – photo ZAD

Des cartes sur le net sont apparues pour tenter d’organiser l’information au sujet des diverses actions de soutien, qui vont de la dégradation de permanences politiques aux rassemblements des comités locaux, en passant par des dégradations volontaires (tram-train de Châteaubriant) des blocages, des flashmob etc. La carte se trouve à cette adresse. Une autre carte liste les agressions contre les permanences PS . Oubliée des cartes, l’une d’elle a touché la permanence PS d’Orléans dans la nuit du 28 au 29 novembre. La dégradation s’est cantonnée à des tags sur la porte de la permanence départementale, qui abrite aussi le groupe des élus EELV au conseil général du Loiret. Dans le but d’éviter des divisions au sein de la gauche plurielle locale, et de ne pas faire de publicité aux actes commis, le PS du Loiret a passé sous silence cette agression et n’a pas porté plainte.

 

 

Week-end calme à NDDL

Une des nouvelles cabanes

Une des nouvelles cabanes – photo ZAD

La manifestation de Nantes a réuni entre 600 (police) et 3.000 manifestants, alors que le plus important – l’AG des comités de soutien – se passait à Notre-Dame des Landes où se sont réunies 300 personnes des quatre coins de la France. Le dispositif policier était pour le moins impressionnant, avec un mur de policiers occupant le carrefour de la Saulce, au sud de la ZAD sur la RD81… ce qui n’empêchait pas les occupants et leurs invités d’éviter le barrage en passant « cinq mètres à côté dans les champs ». Quelques arbres ont été coupés par les forces de l’ordre sur ce carrefour. Pendant ce temps là, de nouveaux escadrons de CRS continuent d’affluer et de s’installer à Nantes et alentours. Sur la ZAD, les chantiers de construction de cabanes, en l’air, sur l’eau et par terre continuent bon train sur un large croissant allant de l’ouest du Bois de Rohanne aux Fosses Noires, au sud de l’aire prévue pour le projet aéroportuaire. Comme un sourire adressé à la terre entière.

NDDL : Nombreuses manifestations contre l’aéroport le 8 décembre

6 Déc

Une journée d’action a été décidée par les opposants à l’aéroport pour exiger « l’arrêt immédiat » du projet, et prendre pied dans la brèche qu’ouvre le flottement du gouvernement devant la détermination des oppositions et leur montée en puissance. Les manifestations appellent non seulement à s’opposer à l’aéroport, mais aussi aux projets d’aménagement locaux ou régionaux qui suscitent une forte controverse locale, et autour desquels la contestation anti-aéroport fait tache d’huile.

Cinq manifestations prévues en Bretagne

nantes2-2-2ce67A Nantes, la grande manifestation partira à quinze heures de la place Bretagne. Un lieu doublement symbolique, d’abord, parce que la contestation est d’abord une lutte Bretonne, ensuite, parce que la Tour qui domine la place a été construite à peu près au même moment qu’était initié le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. En effet, elle a été imaginée en 1966 par l’architecte Claude Devorsine et construite de 1971 à 1976, alors que le site de Notre-Dame des Landes fut choisi en 1967  pour accueillir l’aéroport.  C’est donc d’une place dont le visage actuel est hérité du martyre subi en 1943-44 par la capitale de Bretagne et de l’élan qui la porte depuis – une ville pour laquelle tout semble possible – qu’un cortège s’élancera pour dénoncer en vrac un « mode de vie toujours plus encadré et contraint, tourné vers le seul profit », une « échelle urbanistique toujours plus grande » et un projet d’aéroport qualifié de « délire de développement de barons locaux vieillissants ».

Ailleurs en Haute-Bretagne, à Assérac (Azereg, 44), un concert de soutien aux occupants de la ZAD aura lieu à 19 h salle Fontaine. A Fougères (Felger, 35), c’est le 2e rassemblement contre l’aéroport, façon pardon Breton. Le point de rassemblement est fixé à 14h à la Préfecture, d’où partira une « procession » dans les rues de l’altière place forte des Marches de Bretagne, pour aller « offrir à Notre Dames des landes , un hommage , une place, une porte , une rue…. dans notre chère ville ». Ajoutons par ailleurs qu’en prélude aux manifestations du 8 décembre, le traditionnel rassemblement de soutien aux opposants à l’aéroport, qui se tient chaque vendredi à Châteaubriant (Kastell-Briant, 44), autre forteresse des marches de Bretagne, est maintenu (lire sur Châteaubriant Actualités). Plusieurs cartes d’électeurs ont été déchirées au cours de ce rassemblement. « Par ce geste« , explique le collectif,  « nous lui signifions que, seulement six mois après son accession au pouvoir,  le peuple dont le cœur bat au rythme de celui des landes de Notre Dame, ce peuple, déjà, ne lui répond plus« .

En Basse-Bretagne, une action de sensibilisation est prévue à 9h sur le marché de Carhaix (Karaez). Enfin à Brest, les collectifs du département, qui envisagent de s’unir, organisent un rassemblement à 11 h place de la Liberté. Nous avons reçu l’appel à manifester « contre les projets nuisibles », en « soutien aux expulsés » et pour « l’arrêt immédiat du projet d’aéroport à NDDL ». Le rassemblement dénoncera aussi d’autres projets « nuisibles et inutiles » pour l’environnement, tels que « la centrale à gaz à Landivisiau, la rocade sur la vallée du Restic à Brest, la  Zone Artisanale de Daoulas, le centre de formation du Stade Brestois à Plougastel ».

Les autres départements Bretons sont très représentés dans la contestation contre l’aéroport, et parmi les soutiens et les occupants du site. Une carte des comités de soutien vient de paraître. Pour la seule Bretagne, on dénombre 23  collectifs. Dans le Finistère, Brest, Quimper, Pont l’Abbé, Concarneau, Riec sur Belon et Carhaix ont des comités locaux, qui s’apprêtent à se regrouper en un comité unique. Dans le Morbihan, quatre structures, à Lorient, Pontivy, Vannes et Questembert. Deux dans les Côtes d’Armor, Guingamp et Saint-Brieuc. Quatre en Ille-et-Vilaine (Rennes, Redon, Saint-Malo, et le comité de Fougères non présent sur la carte). Sept en Loire-Atlantique (Châteaubriant, Saint-Nazaire, Orvault, Nantes, Clisson, le Loroux, Vallet). Fort soutien Breton qui se retrouve aussi sur place, où l’on trouve plus de voitures immatriculées en Finistère qu’en Anjou ou en Vendée. Sur l’ensemble de la France, on trouve des collectifs de soutien dans les Cévennes, l’Aveyron, la vallée du Rhône (Aubenas, Crest, Valence, Romans, Vienne, Lyon…), la Provence (Marseille, Toulon, Draguignan, Nîmes, Avignon), le grand Sud-Ouest (Charente, Gers, Gironde) et les départements limitrophes de la Bretagne (Anjou, Vendée, Perche, Val de Loire et Normandie).

D’autres manifestations ailleurs en France

IMG_6632A Annecy (Savoie), une manifestation part à 14 h de la Préfecture. A Châlons sur Saône, à 18h, un rassemblement est prévu pour écrire, avec force bougies, l’opposition à l’aéroport. Un rassemblement a lieu à Saint-Etienne (Loire) à 14 h place Jean Jaurés. A Lyon, manifestation à 13 h 30 place Bellecour contre trois « projets inutiles », le TAV (TGV Lyon-Turin), le stade de l’Olympique Lyonnais à Décines et l’aéroport de Notre-Dame des Landes. A Montpellier, rassemblement à 14 h devant la maison de la Démocratie. A Paris, la manifestation part du métro Belleville à 14h et s’opposera aussi au projet du nouveau centre de formation du PSG, qui prévoit d’avaler 60 hectares de terres agricoles céréalières vers Poissy (78), à Marseille, elle débute au kiosque à musique des Réformés sur la Canebière à 17h, à Valence, un rassemblement est prévu à 10 h place des Clercs et les habitants de Besançon braveront, à partir de 15 h 30 sur la place du 8 septembre, le froid polaire et la neige qui sévissent neuf mois de l’année en Franche-Comté pour informer la population et s’opposer à l’aéroport.

A Mulhouse, rue du Sauvage à 11h, une manifestation s’opposera tout à la fois à Notre-Dame des Landes, la prison départementale qui suscite une forte opposition à Lutterbach, les déchets ultimes très polluants enfouis une vieille mine de potasse par la société Stocamine  et le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. La manifestation appellera aussi à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Debout la République s’invite dans le débat politique

Après Lutte Ouvrière, le Parti de Gauche, le Front National et l’UDI de Borloo, voilà DLR, Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan qui entre dans le débat en invitant l’association britto-angevine d’usagers des réseaux ferrés Nexus  – opposée au projet – et l’ACIPRAN, favorable au projet d’aéroport à présenter leurs deux projets et à débattre en présence du porte-parole national du parti, Jean-Pierre Enjalbert. La rencontre, à 10 h au salon Duchesse Anne de l’aéroport Nantes-Atlantique, sera suivie d’une conférence de presse où DLR ébauchera des pistes « afin que chacun puisse sortir la tête haute » du conflit.

Schizophrénie au front de gauche

En ce qui concerne l’aéroport, le Front de Gauche est déchiré entre schizophrénie et opportunisme politique. Son leader politique Mélenchon, voyant qu’il y avait par le soutien aux opposants moyen de sortir du néant politique où sa défaite aux législatives contre Marine le Pen l’a plongé, a rejoint haut et fort la lutte, suscitant au passage une forte méfiance – c’est un euphémisme – des militants et paysans. Mais au Front de Gauche, si le leader charismatique est Mélenchon, il ne s’appuie que sur un petit parti, le Part de Gauche (PG), qui revendique 12.000 adhérents et tourne autour des 10.000 à jour de cotisation. Le gros des militants et des bastions politiques se trouve au PCF (138.000 adhérents revendiqués, 70.000 à jour de cotisation); l’appui syndical est, lui, du côté de la CGT (650.000 membres). Or, au niveau national, le PCF est à fond pour l’aéroport, vu comme une « chance de développement pour le Grand Ouest« . Soit dit en passant, le PCF ignore allégrement la Bretagne, l’Anjou, le Maine, le Poitou, ce que Marx qualifiait de « vestiges des nationalismes locaux petits-bourgeois« . Quant à la CGT, elle en est à demander un « chantier exemplaire » en terme des droits des salariés.

Mais voilà. La schizophrénie a ses limites, et localement, les sections du PCF tendent à s’éloigner des consignes de Moscou, enfin de Paris, et s’aligner sur leur base, plutôt opposée à l’aéroport propulsé par des barons locaux socialistes auxquelles l’opposent de vieilles méfiances mal éteintes. La fédération PCF de Vendée a demandé un « moratoire » sur le projet, emboîtant le pas avec celle du Maine-et-Loire à la fédé du Morbihan qui l’a demandé la première en mai 2012, la section PCF du Sud-Finistère s’est prononcée contre le 14 novembre, et maintenant la fédé de Sarthe s’est aussi ralliée à l’opposition à l’aéroport, en dénonçant dans un communiqué paru le 3 décembre « les violences et les intimidations répétées à l’encontre des opposants à ce projet » et le « gaspillage des fonds publics » qui arriverait si l’aéroport voyait le jour. Seule la fédération PCF de Loire-Atlantique tient bon dans le camp du oui, même si ses élus ne sont pas tous favorables à l’aéroport et bien des militants sont « pensifs, sceptiques, voire carrément contre ce projet« , comme nous le confie l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat.