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NDDL : la folle rumeur d’une intervention imminente contre la ZAD

13 Sep

Ces dernières semaines, la toile bruit d’une rumeur d’intervention policière imminente contre la ZAD, d’ici le 12, et maintenant la semaine prochaine. Cette rumeur a même provoqué une fausse alerte et un montage de barricades frénétiques le 11 sur la ZAD. Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il attendre du pouvoir ? D’où vient cette rumeur ? BreizhJournal fait le point pour vous éclairer.

 

 

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une intervention imminente ? Impossible pour Sandrine Bélier

Sandrine Bélier, euro-députée EELV du Grand Est, très investie dans la sauvegarde du grand hamster d’Alsace et l’empêchement du projet d’aéroport, trouve « farfelues » toutes les rumeurs sur une intervention imminente des forces de police sur la ZAD. Au moins jusqu’au 17. « C’est une bêtise que l’Etat ne peut pas faire, à moins de se faire taper sur les doigts tout de suite. Le 17, il y a l’audience devant la Commission des Pétitions du Parlement Européen, l’ACIPA sera là, de même que les représentants de l’Etat et de Vinci qui devront convaincre la Commission qu’il n’y a aucune contradiction entre le projet d’aéroport et le droit européen de l’environnement et de l’eau. Jusqu’au 17, aucune intervention policière contre la ZAD n’est possible, l’enjeu est trop important ». Et après le 17 ? « Ça dépendra de la décision de la Commission, et notamment si elle prend la décision d’envoyer sur place une mission parlementaire européenne, ou si elle prend position contre le début des travaux ».

 

Le pouvoir est tellement sûr de son dossier qu’il joue l’obstruction

En attendant, l’Etat clame à qui veut l’entendre que le projet de l’aéroport – et aussi du barreau routier 2×2 voies le desservant, déclaré d’utilité publique le 5 août 2013 – est dans les clous par rapport à la réglementation européenne. Ce qui n’est pourtant pas le cas : l’aéroport est illégal et a cinq ans de retard sur la réglementation européenne. En attendant, le pouvoir essaie de gagner du temps : un vote d’obstruction a uni socialistes et conservateurs pour empêcher l’envoi sur place d’une mission parlementaire, ce que déplorent les Verts, qui notent que si le dossier était si réglo que ça, les socialistes ne joueraient pas la montre ainsi. Cependant, pour Sandrine Bélier, ce n’est que partie remise : « il n’y a pas de refus, la décision n’a pas été prise. La prochaine échéance pour prendre cette décision, ce sera le 17 ».

 

Ayrault n’a rien compris, rien changé

Une hutte en terre banchée, à l'est de la ZAD

Une hutte en terre banchée, à l’est de la ZAD

Dans les colonnes de nos confrères de Presse-Océan début septembre, le sous-préfet chargé de la réalisation de l’aéroport déclarait péremptoirement que « nous ne sommes plus dans le dialogue, mais dans l’instruction » et que « le gouvernement est toujours dans la perspective de réaliser cet équipement ». Tellement que le comité scientifique qui a rendu son étude en avril remettant en cause le projet d’aéroport – en levant douze réserves importantes qui montrent que le projet, en l’état, ne respecte ni le droit français, ni le droit européen de l’environnement – va être remplacé par un nouveau groupement, et ce comité Théodule sera prié d’invalider le diagnostic de ses prédécesseurs. Maintenant qu’elle a été débarquée, l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho s’offre le plaisir d’une douce vengeance sur celui qui n’a jamais cessé d’être le maire de Nantes. Elle a en effet affirmé, interrogée par Reporterre, que « si l’on suit les conclusions de la commission scientifique, en l’état, le projet d’aéroport ne peut être conforme à la loi sur l’eau ». Et il se trouve que « on est obligés » de suivre les dites conclusions. Moralité : le gouvernement est dans l’impasse, quand bien même il réussit à circonscrire l’Europe, car les Bretons l’ont bien compris et ne le laisseront pas faire.

 

Pendant ce temps là chaque camp fourbit ses armes

 

Voici une zone humide : il n'a pas plu depuis trois semaines, c'est le mois d'août, et c'est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Voici une zone humide : il n’a pas plu depuis trois semaines, c’est le mois d’août, et c’est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Si le pouvoir décide d’intervenir sur la ZAD, il est obligé de le faire en période hivernale, avant la reproduction des batraciens protégés, tritons marbrés et autres salamandres au printemps. Ce qui laisse une courte période entre le 17 septembre et le mois de février, avec une autre contrainte : la trêve hivernale, fixée du 15 novembre 2013 au 1er mars 2014. Nombre d’occupants de la ZAD sont légaux (loyers, baux verbaux, baux agricoles, propriétaires non expropriés) et d’autres feront valoir au premier policier venu que leur cabane, caravane ou bout de ferme est leur résidence principale, obligeant à un procès en bonne et due forme pour les expulser, ou non. Ce qui a tout de suite une double conséquence : le périmètre des interventions possible est mité et les expulsions sont décalées dans le temps. Résultat, les opérations en perdent tout de suite une grande partie de leur efficacité.

En attendant, chaque camp se prépare. Des forages et des travaux préparatoires ont toujours lieu à l’est de la ZAD. Le 11 encore, le site Zad.nadir signale « Deux camions [de gendarmes mobiles] ont été vu stationnant au cimetière de Notre Dame, un autre circulant sur la route entre l’Epine et le Bois Rignoux. Merci à toutEs pour votre vigilance. Midi : les 2 camions sont maintenant positionnés devant la salle Jules Verne. Une camionnette blanche Biosnet a été vue sur la D281 ». Tandis que des cabanes continuent à pousser un peu partout, l’exploitant de la ferme du Moulin de Rohanne a quitté les lieux le 29 août 2013. Une escouade d’occupants s’est glissée juste derrière pour refaire la maison d’habitation et la rendre habitable dès que possible, ce qui en fait un nouveau lieu occupé. Ladite ferme a un atout intéressant : elle est située à proximité immédiate de l’un des carrefours stratégiques qui verrouillent la ZAD, le carrefour de la Saulce, au sud. Comme vigie pour guetter des pirates en bleus, l’on ne peut rêver mieux.

 

La propagande à destination des acteurs économiques et politiques continue

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un "pré humide" d'où sourd un ruisseau.

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un « pré humide » d’où sourd un ruisseau.

Pendant ce temps, malgré – voire à cause – de l’impasse évidente, la propagande pro-aéroportuaire continue. A la fin de l’été, une association présidée par le maire de Saint-Aignan de Grandlieu a estimé à 5000 les emplois qui pouvaient être créés en sud-Loire par le transfert de l’aéroport. L’estimation, purement gratuite, a de quoi faire rire si ce n’était pas si sérieux. Comment en effet pouvoir prétendre arriver à un tel chiffre quand aujourd’hui, les entreprises françaises croulent sous le poids conjugué de la crise, des normes et des impôts qui minent leur compétitivité, que l’écotaxe risque d’écrouler tout le reste et que conséquence logique, même à Nantes qui est pourtant une des villes les plus dynamiques de la France, des bureaux flambants neufs, peu chers et bien situés peinent à trouver preneurs depuis des mois ? Alors que Vierzonitude s’émeut des dizaines de vitrines vides qui trahissent le manque de dynamisme de Vierzon au centre de la France, des bourgades pourtant jeunes et vigoureuses comme Savenay ou La Chapelle sur Erdre ont-elles aussi des vitrines en bois et des locaux commerciaux ou d’artisans qui peinent à trouver preneur… et ce parfois depuis une décennie. Et l’on ne parle même pas de Paimboeuf ou Issé qui sont des vraies belles au bois dormant du département.

A Châteaubriant, l’ADIC (association des entrepreneurs du pays de Châteaubriant), bien briefée par tous ces fervents soutiens de l’aéroport de Notre-Dame des Landes que sont la CCI et Alain Mustière, président de l’ACIPRAN, vraie-fausse association citoyenne  pro-aéroport, s’apprête à implanter des panneaux « nos entreprises soutiennent l’aéroport du Grand Ouest » sur les terrains de ses membres. La même agit-prop est déployée en direction des entreprises du pays Nantais, dont certaines, abusées par des perspectives miroitantes, ont même déplacé jusqu’à leur siège pour être plus proches de l’ex-futur aéroport nantais. Mais aussi des entreprises du centre de la Loire-Atlantique, de Nort à Savenay.

Autre moyen de diffusion : les notables de l’opposition, principalement UMP et UDI (alliance centriste ou Nouveau Centre) qui gère plusieurs mairies et lorgne sur d’autres dans le secteur. A Blain par exemple, Jean-Michel Buf (UDI) est un fervent soutien de l’aéroport dont – comme bien d’autres notables de droite pendant des décennies – il espère monts et merveilles, notamment que l’équipement accélère l’installation d’habitants et d’entreprises à Blain, dont l’actuelle mairie est très opposée au transfert d’aéroport. Cette mairie de gauche arc-en-ciel (PS, PCF, Verts, Front de Gauche, citoyens non encartés) avait d’ailleurs été élue pour cela, dès le premier tour en 2008 et avait remplacé un maire UDF pâlot qui n’avait su préparer sa succession et attendait lui aussi beaucoup de l’aéroport. Les blinois n’ont pas été déçus : entre autres, les onze élus communistes de Blain ont envoyé une lettre à François Hollande et à leur fédération départementale – la seule de Bretagne et des contrées avoisinantes à soutenir encore mordicus le projet d’aéroport, toutes les autres ayant au moins demandé un moratoire sur les travaux – pour leur dire qu’ils sont contre l’aéroport, quelle que soit l’opinion de leur fédération. Jean-Michel Buf sera très probablement la tête de liste de l’opposition à Blain, et espère « une liste d’union pour virer le kolkhoze », autrement dit la liste de gauche plurielle, effectivement d’autant plus rouge que l’actuel maire socialiste, Daniel Leroux, pourrait ne pas rempiler. Liste d’union sans nul doute, mais pro-aéroport. Lorsque tout ce petit monde se réveillera et que les vapeurs de la propagande instillée par le pouvoir et ses relais économiques (CCI…) sans aucune considération pour les contraintes légales, naturelles et environnementales se seront dissipées, la gueule de bois sera terrible.

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Les opposants à l’aéroport occupent le chantier Saint-Hélier

14 Nov

L’emblématique chantier de la brasserie Kronenbourg, devant l’église Saint-Hélier à Rennes, a été occupé ce matin à 6 h 45 par une trentaine d’opposants à l’aéroport, qui ont déployé une banderole « non à l’Ayraultport » sur une grue et invité les ouvriers à rentrer chez eux.

Brasserie Kronenbourg – Rennes St Hélier

Le chantier de la « ZAC Saint-Hélier », sur les 2.5 ha du site de l’ancienne brasserie, est porté par la Sogéa, filiale de Vinci et doit permettre de construire 220 logements en y intégrant des bâtiments sauvegardés de l’ancienne brasserie, dont le silo à malt et le bâtiment de production. Joint par Breizhjournal, un des occupants nous explique que le site a été choisi «  à la fois pour son caractère emblématique et parce que le chantier est mené par une filiale de Vinci ». Opération médiatiquement réussie, puisque les principaux médias locaux – dont Ouest-France n’est pas le moindre – ont fait état de l’opération. Ce matin, elle fait donc diversion au bal des pleureuses médiatiques autour de l’énigmatique – et très louche – affaire du vigile molesté.

Ailleurs en France, des rassemblements ont déjà eu lieu devant des parkings ou des installations de Vinci (par exemple à Rouen). Dans les premiers jours des expulsions à Notre-Dame des Landes, du purin a été répandu dans les bureaux bruxellois du groupe de BTP, qui a été choisi par les pouvoirs publics pour construire l’aéroport. Il n’y a donc pas que les permanences du PS qui sont visées.

Vers 10 h 30, une trentaine de gendarmes mobiles en tenue anti-émeutes sont rentrés sur le site pour en déloger les occupants. Ceux-ci se sont éclipsés avant l’arrivée des gendarmes mobiles, aucune interpellation n’a donc eu lieu. Le même jour, un rassemblent en soutien aux expulsés de Notre-Dame des Landes avait lieu à 9h devant la gare SNCF de Rennes.

L’occupation militaire de Notre-Dame des Landes continue

24 Oct

Depuis le 16 octobre, la République a commencé une opération policière de grande ampleur en vue de vider l’aire de 1.600 hectares (la ZAD) prévue pour le futur aéroport des personnes qui y logent illégalement, soit qu’ils aient réoccupé des maisons vendues par leurs propriétaires à Vinci, soit qu’ils aient installés d’autres lieux habités.

L’opération, qui a conduit à un large déploiement de policiers (près de 1.200 le second jour) devait se finir rapidement, en deux jours tout au plus, mais elle a buté sur une résistance acharnée des militants anti-aéroport au niveau du Sabot, où ils avaient installé une cabane en bois et une ferme maraîchère. Depuis, les opérations se sont installées dans la durée, les militants occupants plusieurs lieux au sud et à l’est de la ZAD, tandis que les forces de l’ordre procédaient à l’expulsion d’autres lieux dits et à la démolition de ce qu’ils ont péniblement conquis dans les premiers jours, à l’est de la ZAD (la Gaîté), à l’ouest (Le Pré Failli) et au centre-nord (Le Tertre, les Planchettes). Nous relatons cette première semaine d’occupation (du 16 au 23 octobre) dans un autre article.

Une nouvelle opération de grande ampleur est prévue le 27 octobre pour permettre aux forces de l’ordre de conquérir le pré carré de lieux-dits encore tenus par les militants (le Sabot, la Sécherie, les Fosses Noires, etc.). D’ici là, des objectifs secondaires sont occupés, expulsés et détruits s’ils ne font pas l’objet d’une procédure judiciaire en cours.

25  octobre : Alors, César, tu patauges?

A 8 h, comme chaque matin, le périmètre est plein de policiers. A 9h, les travaux de démolition se poursuivent sur la moitié de maison péniblement conquise par les forces de l’ordre à la Sècherie (au sud-est de la ZAD), deux jours auparavant. A 11 h 25, pour faire mentir le Canard Enchaîné, une personne est arrêtée dans le bourg de Vigneux de Bretagne. Puisqu’il n’y a pas que la ZAD qui grouille de forces de l’ordre. Pauvre bourg de Vigneux, dont les habitants sont obligés de faire un détour de 20 km pour se rendre à Blain ou n »importe où vers le nord ! Dans la matinée, le chantier de démolition au Liminbout (centre-nord de la ZAD) n’a pas repris. Un dépôt y  a été organisé d’ardoises en éverite et de tuiles en fibrociment ramassés sur d’autres bâtiments de la ZAD démolis ou en cours (la Gaîté à l’est, le Pré Failli à l’extrême-ouest, le Tertre au sud-ouest). Ils sont traités sur place. A 14 h 10, les policiers arrêtent et fouillent les véhicules sur la route de la Pâquelais aux Ardilières (par les Planchettes). Ils sont aussi présents dans les champs près du Sabot et sur le carrefour de la Saulce (D81, au sud de la ZAD), tout cela afin d’empêcher que des militants anti-aéroport ne rallient le Sabot ou ne fortifient pas ses abords. Comme si ils allaient le faire en début d’après-midi, à travers une zone qui est fourrée aux poulets de jour, et en suivant les voies de communication. A 18 h 39, les gravats restants de la maison du Liminbout sont en cours de chargement sur huit camions-bennes de la société ABO. Vers 19 h, les forces de l’ordre quittent la zone, tandis que la maison du Sabot, toujours aux mains des militants opposés à l’aéroport, s’orne d’une belle pancarte en hommage à l’opération César (le doux nom du déferlement policier sur Notre-Dame des Landes depuis le 16 octobre), qui est visiblement en difficulté avec la boue et les vaches Bretonnes. Mais quoi qu’on en dise, le camp retranché du Sabot tient plus de Saint-Ouen des Toits, le fief de Jean Chouan, que de Gergovie.

Demain à 8 h 30, un autre périmètre que la ZAD sera aussi bouclé. Celui du Lieu Unique, occupé depuis deux jours par solidarité avec les opposants à l’aéroport. Ses occupants font l’objet d’une mesure d’expulsion qui doit être mise en oeuvre dans la journée de demain. Au menu : forces de l’ordre partout et quartier bouclé.  Après les tracteurs de Notre-Dame des Landes, la ZAD débarque dans Nantes.

24 octobre, soir : La Pointe démurée

La soirée du 24 apporte son lot de nouvelles. Primo, la maison de la Pointe, une belle longère aux encadrements de fenêtre en granit située à l’ouest de la ZAD sur la route de Fay au Temple, a été démurée. On peut lire à son sujet sur Indymédia Nantes « On a voulu rentrer chez nous mardi soir à la Pointe, pas loin de Notre-Dame-des-Landes, et là on s’est aperçu qu’une bande de pourritures avait tout bouché les ouvertures avec des parpaings. On ne sait pas pourquoi ils ont fait ça mais ça nous a pris des heures à casser les parpaings pour pouvoir rentrer. On dit qu’on ne sait pas pourquoi, mais on a peut-être quand même une idée. On n’a aucune preuve, mais ça pourrait bien être les méthodes démocratiques de gens qui se croient tout permis parce qu’ils ont plein de pognon et qui espèrent qu’en virant les gens de chez eux ils pourront aménager le territoire de façon à se faire encore plus de fric. On espère bien que ce genre de « blague » ne se reproduira pas parce que ça nous a trop saoulé de devoir se taper tout le ménage derrière. Si on chope les gens qui ont fait ça, ça va mal finir« . Deuxio, les policiers se risquent à revenir au sud de la ZAD vers 22h pour essayer de démolir une barricade à la Saulce, sur la RD81. Des militants affluent, des paysans arrivent, la manoeuvre est éventée, les policiers arrêtent fissa le déchargement de la pelleteuse de sa remorque porte-chars et rembarquent direction Nantes.

24 octobre : Trop pressés de démolir

Le 24 octobre à 8 h 30, il y a déjà quatre fourgons de gardes-mobiles au lieu-dit du Liminbout, au centre-nord de la ZAD. A partir de 9 h, les opérations de démolition de l’une des maisons commencent, avec un manitou et une nacelle comme hier à la Gaîté. Vers 10 h 20, des militants anti-aéroport s’y amassent, tandis que les matériaux amiantés de la maison (ardoises en éverite, fibrociment, etc.) commencent à y être enlevés. Les forces de l’ordre sont tellement pressées de démolir qu’elles ne veillent pas tout à fait au respect des normes en matière de démolition d’un bâtiment amianté. C’est ainsi, que tandis qu’un camion et une pelleteuse arrivent à 14 h 43 sur site, une âme bien intentionnée prévient l’Inspection du Travail, qui passe à 15 heures et stoppe le chantier. Celui-ci reprend à 16 h 15 après que les deux travailleurs se soient mieux protégés. Celui qui était sur le toit travaillait sans harnais. A 19h, il n’y a plus aucun mouvement sur la ZAD. Petite journée, sauf pour deux maisons de Notre-Dame des Landes.

Les ruines de la ferme de la Gaîté

A l’est de la ZAD, pendant ce temps là, non loin de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait la Chapelle sur Erdre à Beslé, la maison de la Gaîté continuait d’être démolie. La veille, les militants opposés à l’aéroport avaient afflué sur les lieux pour empêcher les travaux de se poursuivre et avaient lâché sur les lieux un troupeau de vaches. Les gendarmes ont gazé les hommes et repoussé les vaches avec leurs gyrophares et sirènes, tant et si bien qu’il y en a eu jusque sur la route. Au moins n’ont-ils pas gazé les vaches, comme ils l’avaient fait le 6 juin 2011, ce qui n’a pas manqué de leur être reproché par la suite.  Pendant toute la journée du 23, le toit et la façade de la ferme quasi-centenaire ont été détruits; le lendemain, ce fut le tour des pans de murs restants. La route de Notre-Dame de Lande à la Boissière était barrée en deux endroits, au hameau de la Boissière vers le nord, et au hameau de l’Epine vers le sud. On lit au sujet de la ferme de la Gaîté sur le site des occupants de la ZAD « Une dizaine de personnes y vivaient et y accueillaient les copinEs de passage sur la ZAD. C’était un lieu vivant, chaleureux, loin d’être insalubre. La maison aurait fêté ses 100 ans en 2014. Quant à la grange attenante, également détruite, elle accueillait un freeshop bien rempli et parfois des concerts et des réunions ». La Gaîté a vécu. Avec leurs pelleteuses dont les pinces rappellent celles des croque-morts, les croque-campagnes pro-aéroport doivent sauter de joie.

Les opérations se trouvent décrites sur un ton rigolard dans le Canard Enchaîné du jour. Il y a effectivement zéro blessé (juste beaucoup de gaz lacrymo jeté pour rien), mais il n’y a pas eu zéro interpellations. En deux jours, il y a eu cinq interpellations parmi les opposants anti-aéroport, et un d’entre eux a été jugé en comparution immédiate pour caillassage. Trois autres ont passé la nuit au poste (gendarmerie de Couëron) ont été libérés pour préparer leur défense et feraient l’objet d’une procédure judiciaire, dont l’une pour refus de prélèvement ADN.  Pan sur le bec !

Article du Canard Enchaîné du 24 octobre 2012 sur Notre-Dame des Landes

Occupation militaire à Notre-Dame des Landes : déjà une semaine !

23 Oct

Nous remettons en ligne l’article que j’avais publié à l’origine sur le Flochington Post, en continu, du 16 au 18 octobre, et qui faisait, à chaud, le récit de l’occupation militaire sur la ZAD. Cet article est complété par des points journaliers de la situation à partir du 19 octobre. Retour sur la semaine d’occupation militaire à Notre-Dame des Landes. Photos ici 

La gabegie des expulsions

Le Presse-Océan d’aujourd’hui (22 octobre) donne le coût de cette semaine d’expulsion qui se chiffre à  500.000 € selon « un responsable au cœur du dispositif » cité par le journal, et même « un million d’€ si l’on prend en compte le traitement des gendarmes et des CRS ». Le journal s’enhardit à écrire « le coût astronomique des opérations d’évacuation du site réservé à l’aéroport de Notre-Dame des Landes fait rager. Il est décrié de toutes parts ». Mais si le Ministère de l’Intérieur avoue maintenir « en permanence » depuis deux ans une unité de 80 gendarmes autour du site et accuse implicitement les opposants à l’aéroport, les divers opposants dénoncent l’emploi de moyens « disproportionnés » pour « réaliser les rêves de cette grande entreprise privée qu’estAGO/Vinci ». Et aussi ceux d’un certain Ayrault Jean-Marc, Premier Ministre de son état. C’est pourquoi depuis une semaine, en ce qui concerne Notre-Dame des Landes, le déficit budgétaire est entre parenthèses et l’abus de pouvoir est au pouvoir. Pauvre France !

La nuit défait ce que fait le jour

Pauvre France ! Et d’autant plus que les forces de l’ordre espèrent vider la ZAD. 1600 hectares, sur une dizaine de kilomètres de longueur, avec des paysans encore installés jusqu’à la fin de tous leurs recours judiciaires (le fameux moratoire concédé par François Hollande dès son élection), des locataires légaux qui bénéficient aussi du moratoire, une ancienne voie ferrée, plusieurs routes, et un terrain vallonné. Bref, même entouré de policiers, c’est déjà un moulin, puisque par les champs, entre qui veut. Et la nuit, c’est encore autre chose. Les insurgés sont ravitaillés, soignés, relayés, les barricades détruites de jour sont remontées la nuit, ceux qui sont assiégés de jour peuvent se replier à la nuit tombée sur un terrain dont ils connaissent tout. Bref, vider la ZAD c’est impossible. A moins de tout brûler et de la transformer en désert. Et pourtant, le pouvoir s’accroche. Une nouvelle opération de grande ampleur devrait viser les derniers bastions de la rébellion, à partir du 27 octobre.

23 octobre : La boue et les vaches contre les démolisseurs

démolition à la Gaîté (23-10)

Alors que Presse Océan révèle les coûts de l’opération, celles-ci continuent et se concentrent à la Gaîté, un hameau situé à l’est du Sabot non loin de l’ancienne voie de chemin de fer de Nantes à Blain. La destruction du hangar situé à l’ouest du hameau commence vers 9 h. Le hangar étant couvert de plaques en fibrociment, elles contiennent des fibres d’amiante. Donc il faut deux engins, une nacelle pour enlever les plaques et un manitou pour les déplacer. Vers 13 h 30, une soixantaine de militants se massent autour de la Gaîté pour empêcher la destruction d’aboutir, puis ramènent un troupeau de vaches vers la ferme. Vers 15 heures, alors que la moitié du toit est par terre, la nacelle s’embourbe, puis le manitou qui tente de la sortir. Pendant ce temps là, à l’autre bout de la zone, les gravats du Pré Failli sont récupérés et réemployés sur place par les militants anti-aéroport qui reconstruisent un lieu de vie à cet endroit, jusqu’à ce que les policiers les en empêchent vers 17 heures. Pendant ce temps là, à la Gaîté, les forces de l’ordre les font reculer à coups de gaz lacrymo dans le champ de maïs, qui était encore à peu près intact le 17 et qui est maintenant complètement piétiné. Puis, comme ils n’y arrivent pas, ils coupent des barbelés alentour et commencent à faire reculer des vaches à 15 h 55 pour leur faire libérer un champ. C’est quoi ce tarmac ? C’est Notre-Dame des Landes.

 

22 octobre : Les policiers reviennent en force, ça coince à la Sècherie

A 7 h 22 du matin, les policiers viennent au cœur des Fosses Noires et commencent d’emblée à arroser de gaz lacrymo la maison qui avait été réoccupée le soir du 19 octobre. Même technique que d’habitude, ils démontent à 7 h 55 une barricade qui protége cette maison, puis bloquent les accès vers le Sabot et avancent vers la Sècherie, à l’ouest, et le Sabot, au sud. Une pelleteuse arrive à la Sècherie ou l’électricité est coupée et s’embourbe rapidement à 10 h 10. Il pleut sans discontinuer depuis trois semaines. A partir de midi, une maison est en cours de destruction aux Fosses Noires. Juste à côté, la destruction concerne aussi une partie de la Sècherie, dont une autre est encore occupée par des opposants à l’aéroport, qui se trouvent assiégés de 17 h à 21 h. La nuit finit par tomber et les policiers se retirent.Sur la journée, ils ont réalisé cinq interpellations, dont celle d’un membre de l’ACIPA.

21 octobre : Pas de répit le dimanche

Le dimanche, pas de pause sur la ZAD, où l’on assiste toute la journée à divers mouvements des forces de l’ordre, afin de fixer une partie des militants anti-aéroports sur divers lieux et leur permettre d’intervenir ailleurs. Les forces de l’ordre, en se concentrant aux Ardilières et aux Fosses Noires, ont fait croire à une possible attaque du Sabot, alors qu’elles surveillaient la démolition de deux maisons sur les trois du Pré Failli, au sud-ouest de la ZAD.

20 octobre : Calme plat à Notre-Dame des Landes, manif à Nantes

Le vingt octobre, calme plat sur la ZAD, manifestation de soutien à Nantes (1.600 personnes selon les organisateurs, moitié moins selon la police), qui rassemble tant des occupants illégaux de lieux-dits divers sur l’emplacement du projet aéroportuaire que les paysans membres de l’ACIPA. A 17 h 30, une soixantaine de personnes part de la Pâquelais pour rejoindre le Sabot.

19 octobre : une maison expulsée, une maison réoccupée

Le 19 octobre, les opérations continuent mais s’installent dans la durée. Faute de pouvoir prendre le Sabot, les policiers procèdent à l’expulsion des maisons du Coin (10 h 30) et de l’Isolette (10 h 40). Puis ils barrent les principaux croisements (au nord, les Ardilières, au sud, le Bois Rignoux) et procèdent à divers contrôles d’identité tant sur la ZAD qu’à Nantes. A 16 h 55, ils emmènent la caravane située dans le jardin des Fosses Noires. Dans la soirée, les opposants réoccupent une maison expulsée quelques jours plus tôt. Ils ne perdent pas le moral, puisque « les barricades sans cesse démontées repoussent dans la nuit ».

Le 18 octobre, le Sabot tient toujours, les policiers se défoulent sur une cabane du bois de Rohanne

[Mise à jour 18/10 16 h 30]Des forces de police nombreuses arrivent en renfort sur la ZAD depuis la RN165 dont ils sortent du côté de Brit Hôtel au sud de Vigneux. Pendant ce temps, les grimpeurs de la police ont quitté le bois de Rohanne – où la maison de bois a été détruite par trois engins de travaux – et abandonnent l’idée de déloger avant demain matin la dizaine de militants présents dans les arbres. L’action risque donc de se déplacer vers le Sabot et la Saulce où les policiers ont été relevés. Le Président du Conseil Général de Loire-Atlantique approuve les expulsions dans un communiqué.

[Mise à jour 18/10 15 h] La communication avec le Sabot est rétablie. La maison tient toujours, les policiers sont dans le jardin, à une dizaine de mètres. Il y a toujours une poignée de militants en haut des arbres du bois de Rohanne. L’ACIPA appelle ce soir à manifester à  Nantes (19 h00) et demain à Rennes (18 h 30, mairie) contre les expulsions et le projet aéroportuaire; une manifestation est prévue samedi à 12 h 00 à Paris devant l’Assemblée Nationale. Un dispositif policier important converge à 14 h 50 vers la Saulce, qui n’est juridiquement pas expulsable. Plusieurs camions de gendarmes mobiles se dirigent vers la Pointe, à l’ouest de la ZAD, où des opérations de destruction auraient commencé en début d’après-midi. Dans le bois de Rohanne, la destruction des constructions au sol continue, sous l’oeil des militants perchés dans les arbres que les gendarmes ne se risquent pas à déloger. Pendant ce temps, des élus Europe Ecologie  font un communiqué dans lequel ils dénoncent les expulsions réalisées avant l’hiver et « la volonté de forcer le passage et de contourner délibérément le droit » des promoteurs du projet, à savoir notamment le chef du gouvernement  de Paris Jean-Marc Ayrault.

[Mise à jour 18/10 13 h 00] A 11 h 20, la communication avec le Sabot est coupée. A 11 h 31, un manitou commence à démonter la barricade de la Saulce. Trois occupants des cabanes arboricoles du Bois de Rohanne ont été interpellés après avoir jeté divers projectiles, cailloux et cocktails Molotov, sur les policiers venus les descendre des arbres sur lesquels ils étaient juchés. Plusieurs d’entre eux ont été tronçonnés.

La maison en bois installée dans le Bois de Rohanne a été détruite entre 10 h 20 et 12 h. Photo prise au moment du retrait des forces de police du bois.

[Mise à jour 18/10 10h 30] Les policiers ont essayé sans succès de prendre la maison du Sabot toute la journée d’hier. Dans la nuit, les CRS sont partis et des gardes-mobiles ont tenu éveillés les gardiens de plusieurs lieux occupés au sud-est de la ZAD. Les militants qui y sont retranchés ont été évacués. A 7 h 15, le périmètre a été bouclé par d’importantes forces de police, au nord (Ardinières, Planchettes), à l’est (Fosses Noires) et au sud (Bois Rignoux). A 9h, deux convois de policiers sont en contact avec les militants et reprennent le siège, à la Saulce (sud-ouest), sur la RD81 et au Sabot. A 9 h 12, ils commencent à démonter la barricade de la Saulce. A 9 h 15, des camions de déménagement rejoignent l’entrée du Sabot dont ils tiennent l’entrée depuis cinq minutes. A 9 h 30, les forces de police tiennent aussi le bois de Rohanne. A 10h 15, ils procèdent aux sommations par mégaphone et commencent à évacuer les cabanes installées dans les arbres à partir de 10 h 25. A 10 h 28 les sommations au Sabot sont faites. Quinze policiers tiennent, au sud, la route de l’Isolette pour empêcher que l’on rejoigne les militants. L’accès à travers champs sur la zone reste possible. A 11 h 05 la situation est stable au Sabot, les policiers sont arrêtés par des barricades enflammées. A 11 h 08, certains arbres qui portaient des cabanes sont tronçonnés dans le Bois de Rohanne. Une opération d’expulsion a eu lieu ce matin à la Pointe.

L’opération devait être rapide, mais s’enlisa au Sabot le 17 octobre

[Mise à jour 17/10 19 h 45] : A 19 h 11 les militants contre-attaquent et chargent les CRS au sud du Sabot pour dégager la bâtisse. La nuit tombe sur la Bretagne, le temps presse pour Ayrault. Au Sabot, CRS et militants campent sur leurs positions alors que la nuit tombe. Des militants situés au Far Ouest, au nord-ouest du site, ont réussi à repousser les CRS malgré une écrasante infériorité numérique.

[Mise à jour 17/10 19h15] A 17 h 30, les CRS dégagent la RD81 en chargeant sur les opposants, qui n’ont a opposer que de menus projectiles comme des légumes trop mûrs contre les flashball et les matraques. Le face à face CRS / opposants continue au nord-ouest du Sabot. A 18 h 15 les CRS remontent depuis le Far Ouest vers le Sabot, en progressant vers le sud / sud-est. Ils semblent pressés d’en finir avant la nuit. A 18 h 25, les CRS chargent par le jardin du Sabot, au sud, et tirent des grenades lacrymo. A 18 h 55, les CRS sont dans le carré de légumes, mais ils ne chargent pas et continuent d’accabler de gaz lacrymo la maison, qui tient toujours. Une cinquantaine de fourgons de CRS arrive en renfort au nord-ouest. Ainsi 700 CRS chargeraient sur, tout au plus, 150 militants civils et désarmés.

Plusieurs militants sont bloqués à la Vach’rie (les Domaines), autour de laquelle se trouvent des policiers disséminés un peu partout. Les habitants se déclarent « abasourdis par les moyens déployés et l’aberration » que constitue la destruction de maisons alors que les logements manquent. Dominique Fresneau nous déclare à l’instant « il y a des policiers partout, ils se tiennent dans les chemins et en bordure de route, ainsi que dans les champs proches des routes. Ils semblent déterminés à en finir ce soir. Autour du Sabot, il y a plus de 200 CRS. La circulation est interdite à toute autre personne que les gens domiciliés sur place, les paysans et leurs locataires. » En tout, 1200 policiers, CRS, gardes mobiles et gendarmes sont sur la ZAD, notamment répartis en factions autour des maisons expulsées et gardées pour empêcher leur réoccupation.

[Mise à jour 17/10 18 h 20] A 17 h 30, les CRS dégagent la RD81 en chargeant sur les opposants, qui n’ont a opposer que de menus projectiles comme des légumes trop mûrs contre les flashball et les matraques. Le face à face CRS / opposants continue au nord-ouest du Sabot. A 18 h 15 les CRS remontent depuis le Far Ouest vers le Sabot, en progressant vers le sud / sud-est. Ils semblent pressés d’en finir avant la nuit.

[Mise à jour 17/10 17 h 15] A 15 h 45 une vingtaine de camions de CRS affluent devant le Sabot, tous les militants présents sur zone refluent pour défendre la maison du Sabot. Les policiers descendent en courant. L’assaut est donné à 15 h 50 au nord-ouest, au Far Ouest, les policiers dégagent l’arbre qui leur barrait la route. Deux convois se succèdent. L’un qui tronçonne l’arbre puis repart à 16 h 15, et un autre qui va donner l’assaut et qui arrive en ce moment même des Ardilières. Finalement, l’autre convoi n’arrive pas. Les policiers se limitent à évaluer les défenses au nord-ouest et au sud-est du Sabot sans oser aller plus avant. On sent comme une hésitation parmi les forces de l’ordre. Pour dérouter les observateurs, plusieurs convois de policiers se déplacent d’un bout à l’autre de la ZAD. A 16 h 50 14 fourgons de CRS entrent dans le chemin du Sabot depuis la route de Vigneux (RD81) après avoir du couper un arbre qui là aussi barrait la route. A 17 h 05, une nouvelle tournée de CRS se rapproche du Sabot par l’ouest.

[Mise à jour 17/10 15h40] Un gros convois d’engins de levage et d’utilitaires a rejoint la ZAD par le nord (Notre-Dame des Landes puis les Ardinières) afin de procèder au vidage des maisons occupées de ce côté.Les policiers sondent les défenses du Sabot. Comme une heure et demie auparavant, des policiers installent un dispositif pour forcer les défenses du Sabot du côté nord-ouest (Far Ouest) et à la Chévrerie. Ils sont rapidement arrêtés par les premières barricades et l’opposition pacifique des militants. Les policiers sont immobilisés depuis 14h58. Un arbre couché sur la route empêche leur progression. En revanche, aux Planchettes, des militants se sont faits charger par les CRS à 15 h 16. A 15 h 21, les policiers sont de l’autre côté, au sud-est du Sabot, au carrefour des Fosses Noires sur la route de la Pâquelais, mais le quittent à 15 h 37 faute de pouvoir prendre position sans se faire repérer.

[Mise à jour 17/10 13 h 30] A 12 h 50, les policiers et CRS progressent en tenue anti-émeutes à l’ouest du Sabot le long de la RD81. Sept fourgons de CRS s’installent dans le chemin du lieu-dit Far Ouest, une quinzaine de CRS entre dans le lieu-dit à priori non occupé, qui se trouve non loin de la Chèvrerie. Ils quittent l’endroit à 13 h 15.

Entre temps, entre 12h et 12 h 20, des plaques anti-squat sont mises sur la maison de la Gaîté, à l’est de la ZAD et à Bel-Air sur la D81. Aux Ardinières, un barrage policier permet de sortir de la zone mais pas d’y entrer. Au Pré Failli, à l’ouest de la ZAD sur le chemin de Suez, quinze fourgons de CRS sont basés, des CRS s’installent dans le jardin, dissimulés, afin d’empêcher l’accès de la ZAD et bloquer une éventuelle échappatoire. Les militants du Sabot ont besoin de vivres et d’eau.

[Mise à jour 17/10 12 h30] : La ferme des Planchettes à été détruite à toute vitesse par deux pelleteuses. 30 fourgons de policiers encerclent la maison du Tertre qui commence aussi à être démolie à 11 h 10. Des policiers enserrent la ZAD sur tout le front ouest, au débouché du Chemin de Suez au Pré Failli et au Chêne des Perrières, ainsi qu’au sud sur le chemin de Suez. Un hélicoptère des forces de l’ordre surveille la zone au sud-est de la ZAD autour des Fosses Noires. Peine perdue, les haies touffues et l’abri des arbres protègent, comme en 1793, les résistants. A midi, ils occupent toujours le Sabot, au centre, la Saulce, à l’ouest sur la RD81, la Sécherie au sud près des Fosses Noires.

Pour éviter qu’ils ne soient fixés sur cette zone alors que les policiers cassent maison après maison, vers 11 h 55, une manifestation de militants anti-aéroport se dirige dans le sens sud-nord pour dégager les Planchettes. Le barrage sur le chemin de Suez vient à peine d’être levé; les policiers qui le tenaient ont bougé pour couper la route aux militants, ce qu’ils ont réussi à faire à 12 h 30 aux portes des Planchettes, dont la destruction n’est pas encore achevée.  Aux Domaines, d’après un riverain, « ça ne circule presque pas sur la route, c’est très calme« , comme l’oeil du cyclone, un étrange calme alors que les policiers s’abattent comme des criquets aux alentours, à peine à 1 km au sud, à l’est et à l’ouest. Au sud, 10 camions de CRS ont pris position au niveau du Bois Rignoux, près de la Paquelais (fourche D81 / D281) pour barrer ces deux routes et empêcher des sympathisants aux militants du Sabot de les rejoindre en voiture.

Barricade en feu dans la nuit du 16 octobre

[Mise à jour 17/10 11h] : La nuit a été longue. Entre le Sabot et la Paquelais, 60 à 80 camions de gendarmes se sont garés pendant la nuit. A 6 h 50, le site du Sabot commence à être cerné. Vingt camions aux Fosses Noires, au sud, dix autres à la Saulce, à l’ouest, sur la RD 81 au sud de la route des Fosses Noires. Ce dernier lieu continue d’être occupé par les opposants. A 8h00, un convoi de policiers très important passe devant le Sabot et remonte vers les Ardinières. A 8 h 20, un convoi avec une pelleteuse arrive devant la ferme des Planchettes. Ce secteur est entièrement sous le contrôle des forces de l’ordre. A 11h, celui de la Gaîté l’est aussi, la maison sert de camp de base aux gendarmes mobilisés sur le site. A 8 h 25 un convoi de gardes mobiles arrive au Sabot et commence à s’équiper pour l’assaut, mais repart à 8 h 45. Le secteur du Sabot reste calme, mais les assiégés renforcent leurs barricades.

Pendant ce temps là, les CRS de Nantes sont signalés dans le bourg de Vigneux. EDF devrait couper dans la journée l’éléctricité aux Planchettes, au Tertre et au Pré Failli, au centre et au sud-ouest de la ZAD (voir carte). La maison des Planchettes serait actuellement en train d’être détruite. Un hélicoptère a fait son apparition au-dessus de la ZAD, où se trouvent actuellement près d’un millier de policiers et de militairesune débauche de moyens contre à peine 150 opposants civils et pacifiques.

Barricade sur la ZAD dans la nuit

[Mise à jour 17/10 0h15] : A cette heure, la Chèvrerie et le Sabot tiennent toujours. Les 60 à 70 militants retranchés au Sabot ont été rejoints à 20h hier par plusieurs dizaines d’autres venus du QG de la lutte, la Vach’rie. Des compagnies de gardes mobiles et de gendarmes ont pris place autour du site ou logent dans les alentours (Blain, Nantes, Rezé, Ste Luce). L’expulsion devrait recommencer à partir de demain matin 6h30 et devrait mobiliser les compagnies de gendarmerie des environs, deux hélicoptères de l’armée (basés à Blain). Le pouvoir républicain de Ayrault est déterminé à violer la terre Bretonne et à marcher sur les traces de la Terreur pour imposer par la force un aéroport inutile contre le gré du peuple Breton.

Tout commença le 16 octobre

La maison du Sabot qui résiste depuis le 16/10 sur la ZAD

[Mise à jour 18 h 40] : Depuis 17 h 30, le pouvoir veut faire tomber la ferme du Sabot, en terre Bretonne à Notre-Dame des Landes, défendue par 60 à 70 opposants au projet d’aéroport. A 17 h 30, de nouvelles barricades flambaient devant la ferme tandis que le périmètre défendu se rétrécissait peu à peu. Pas à pas, les Bretons cédaient sous le nombre. A 18 h 15 un tractopelle arrive pour permettre aux forces de « l’ordre » de se frayer un chemin comme des voleurs, à travers la haie. Dans le cas où la résistance n’était pas matée avant la nuit, des compagnies de policiers ont été logées au Campanile de Rezé et à l’Etap Hotel de Sainte-Luce. La haie du Sabot a été forcée à 18 h 35, les policiers sont actuellement en train de progresser sur la parcelle.

[Mise à jour 16 h 40] : Depuis 15 h, 60 à 70 opposants à l’aéroport de Notre-Dame de Landes résistent à l’occupation militaire de la ZAD au sud-est de celle-ci, aux lieux-dits de la Chévrerie – dont l’invasion a été arrêtée – et au Sabot. A 15 h 20, une nouvelle barricade a été érigée et enflammée pour stopper la progression des forces de l’ordre françaises, qui se battent depuis la matinée pour expulser les Bretons de leur terre. A 16 h 30, quinze camions de CRS prenaient la direction de la Pâquelais dans le bourg de Vigneux afin de faire sauter le verrou du Sabot. La situation des militant(e)s retranchés dans le hameau se fait de plus en plus difficile à mesure que le jour avance.

[Le 16/10 15 h 00]

Une opération d’expulsion a eu lieu ce matin sur la zone du futur projet aéroportuaire. Les 700 hectares de la zone ont été simultanément investis par l’est, le sud et l’ouest. Plus de 500 policiers et militaires déployés pour résister à à peine 100 squatteurs, une débauche de moyens alors que la France est en déficit.

L’échec de l’investissement de la Vach’rie   (aux Domaines) par le juge d’expropriation en mai dernier a donné le ton : si Vinci et Ayrault voulaient leurs 700 hectares de ZAD (zone d’aménagement différé ou Zone A Défendre pour les opposants à l’aéroport), il faudrait qu’ils les récupèrent mètre par mètre. Du coup, chaque mardi, chaque fois que le juge d’expulsion venait sur la ZAD, ce n’est pas moins de quinze camions de garde-mobiles qui venaient avec, sans oublier plusieurs voitures de la gendarmerie, des agents des RG en civil avec oreillettes, un hélicoptère de l’armée en l’air et des barrages de l’armée aux Ardinières, au nord, et à la Boissière, au sud.

L’alternance politique n’y a rien changé, au contraire. Avec Ayrault, principal promoteur du projet, Premier Ministre, l’abus de pouvoir était au pouvoir et l’armée française était envoyée, comme jadis les colonnes infernales, en campagne contre les Bretons.

Ce matin, la Zone à Défendre, vaste zone vidée manu militari de ses habitants et réinvestie par les opposants à l’aéroport qui ont réoccupé les maisons vides et remis les terres en culture, a été investie à partir de 6 h 30, à la fois par l’ouest, le sud (à partir de 7 h 25) et l’est. Ont été expulsés les habitants des maisons du Pré Failli (avant 8 h), du Rosier (7 h 45), des Fosses Noires (9 h 48), du Tertre (8 h 45), des Planchettes (7 h 30), de la Gaîté (assiégée à 7 h 30 et vidée à 9 h 15), de Bel-Air (8 h 30).  Ce passage en force a été condamné par Europe Ecologie les Verts, dont le secrétaire national, Pascal Durand a qualifié le passage en force « inutile et incompréhensible ».

Des barricades ont été dressées par les défenseurs de la zone et ont compliqué la progression des forces de l’ordre le long de l’ancien chemin de Suez, qui borde la ZAD au sud. Ils ont aussi été retenus par le long siège de la maison de la Gaîté, située non loin de l’ancienne voie de chemin de fer de La Chapelle sud Erdre à Blain (axe brun sur la carte). La préfecture a diffusé un communiqué selon lequel « l’opération concerne sept occupations illégales sur des espaces bâtis et quatres zones d’occupation illégales non bâties ». Présent à 10 h 30 à la Pâquelais, le préfet a déclaré que l’opération « était finie » et « s’était bien déroulée, sans interpellations »

Combats à la Chévrerie et au Sabot.

Mais l’opération était loin d’être finie. En effet, à partir de 11 h 30, les gardes mobiles attaquent la maison de la Chèvrerie, située à l’est des Planchettes. Des barricades leur sont opposées et ils finissent par se lasser à 13 h 40. A 14 h 15, ils en abandonnent l’assaut. Entre temps, suite à un vice juridique, ils n’ont pu évacuer la maison du Sabot, située à proximité de la Fosse Noire, qui tient toujours. Leur progression a été compliquée par l’installation de plusieurs barricades, et un barrage enflammé sur la route de Vigneux.

A l’heure où nous écrivons, une nouvelle barrière a été mise en place au Sabot, et les opposants se regroupent pour défendre la zone, où se trouvent d’autres maisons occupées. Une occupation militaire des maisons déjà expulsées a été mise en place pour empêcher leur réoccupation par les opposants à l’aéroport.