Tag Archives: patrimoine immatériel

Fête du Cidre réussie ce dimanche à Saint-Omer de Blain

24 Sep

Sous un chaud soleil de la fin de l’été a eu lieu la fête du cidre audomaroise. Dans un cadre nettement plus local que la Fête du Pain du mois d’août – mais pas moins plaisant – les bénévoles de l’ASPA – Association de Sauvegarde du Patrimoine Audomarois – ont fait fonctionner un pressoir à cidre et un broyeur de pommes traditionnels. Ce dernier peut être entrainé par un cheval tournant un manège ou un moteur de tracteur. Sur place était vendu le jus de pomme ainsi pressé et des bouteilles de la Maroise, la bière solidaire du village.

 

Addendum : des lecteurs se demandent, et nous demandent, où en est la série sur le patrimoine de Notre-Dame des Landes et continuera-t-elle, notamment pour les volets qui couvrent le territoire de la ZAD. Oui, elle continuera, à partir de jeudi.

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Saint-Nazaire : que cache la requalification des noms de quartiers ?

7 Fév

Ces derniers jours, des panneaux de signalisation poussent un peu partout à Saint-Nazaire, une opération que certains élus et journalistes ont appelé allègrement « requalification des noms de quartiers ». Faisant naître alors des inquiétudes parmi bon nombre de nazairiens.

En effet, ceux-ci se souviennent que, ces dernières décennies, des appellations de voies et de hameaux par trop bretonnes ont été soit écartées au profit d’appellations françaises concurrentes, soit simplement remplacées. Ainsi, des voix s’élèvent pour s’inquièter du sort de dénominations telles que Kerlédé, Trélan et Ker Avel.

Voilà des panneaux à requalifier assurément !

Voilà des panneaux à requalifier assurément !

Joint par BreizhJournal, le service des voiries et espace public de la municipalité du premier port de Bretagne balaie ces inquiétudes. « Il s’agit seulement », nous explique-t-on, « de remplacer une signalétique qui se trouve maintenant dépassée, puisque le bus à haut niveau de service Hélyce a été mis en service ». D’autre part, des rues, squares et places sont créées chaque année à Saint-Nazaire et servent de terrain d’accueil aux dénominations politiques décernées par la municipalité. Par exemple, celle-ci voulait donner le nom d’Anna Politkovskaïa à une rue. « Trop compliqué », répondit la commission toponymie, qui estimait que le nom de la rue allait être difficile à retenir pour les habitants et peu pratique. Par conséquent, ce nom fut donné à une place, où il n’y a pas d’adresses postales à modifier. Il y a encore des noms d’usage, tels que le boulevard de l’Atlantique ou le « parking Cœur de ville » qui sont officialisés en conseil municipal et pour lesquels il faut établir des panneaux routiers. Soit plein de bonnes raisons de faire une campagne hivernale de plantation de panneaux nouveaux.

Transhumance en Drôme contre l’industrialisation des élevages

31 Jan

Des éleveurs de plusieurs départements du sud-est de la France et de Provence organisent ces jours-ci, du 28 janvier à Mormans au 1er février à Valence-ville une transhumance festive pour sensibiliser la population à la politique gouvernementale d’industrialisation de l’élevage traditionnel ovin et caprin.

En effet, le gouvernement impose depuis juillet 2010 l’identification des animaux par une puce RFID à l’oreille, mesure obligatoire à peine de lourdes sanctions, à savoir la suppression des aides PAC. Pour 2015 une autre mesure clivante est prévue : l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection.

Les éleveurs estiment qu’il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie, au détriment des multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, et donc du patrimoine immatériel constitué par ces sélections à travers les siècles des races actuelles d’ovins et de caprins. Pour ce qui est de l’identification RFID, l’administration assure qu’elle permet d’améliorer la traçabilité et les conditions de travail des éleveurs, qui répliquent que le système actuel – une boucle à chaque oreille – est suffisant et que la raison réélle de cette mesure est d’offrir un marché captif aux fabricants nationaux de nanotechnologies, pratique il est vrai traditionnelle du « complexe administratif-économique » français qui tend à faire du pays une sorte d’économie capitaliste dirigée.

Une des raisons officieuses de la pugnacité de l’Etat à imposer l’identification RFID des bêtes serait la lutte contre la fraude aux aides PAC qui valent à la France de sérieux soupçons de la part des autorités européennes et des militants anti-fraude des pays voisins. Ces fraudes sont essentiellement localisées en… Corse et en Provence, donc dans le Sud-est, et sont tolérées par l’Etat pour des raisons – sur le coup évidentes – de paix sociale. Cependant, l’argument peut être retourné. En effet, les fraudes concernent essentiellement les bovins  dont la divagation sur les routes et dans les villages – conduisant les humains à enclore les lieux qu’ils habitent plutôt que les champs ( !) – est la plus éclatante manifestation. Cette divagation, véritable « calamité » de la Corse avec l’état des routes, a fait l’objet d’un rapport récent qui propose à l’Assemblée de Corse de mettre en place une délégation de service public pour la collecte des animaux vers trois lieux de dépôt et le recouvrement d’amendes auprès des éleveurs. Nul doute que ce rapport  accueilli par des levées de bouclier connaîtra le même sort que ses prédécesseurs : la poubelle.

Les éleveurs souhaitent faire connaître à l’Etat leur « refus de [se] plier à des exigences qui ne satisfont que l’industrie » et veulent « rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux ». Ils solliciteront à Valence une entrevue avec M. Le Foll, ministre de l’agriculture, pour demander la levée de l’identification obligatoire et la suppression du projet portant sur les mâles certifiés.

transhumance drôme