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NDDL : la folle rumeur d’une intervention imminente contre la ZAD

13 Sep

Ces dernières semaines, la toile bruit d’une rumeur d’intervention policière imminente contre la ZAD, d’ici le 12, et maintenant la semaine prochaine. Cette rumeur a même provoqué une fausse alerte et un montage de barricades frénétiques le 11 sur la ZAD. Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il attendre du pouvoir ? D’où vient cette rumeur ? BreizhJournal fait le point pour vous éclairer.

 

 

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une intervention imminente ? Impossible pour Sandrine Bélier

Sandrine Bélier, euro-députée EELV du Grand Est, très investie dans la sauvegarde du grand hamster d’Alsace et l’empêchement du projet d’aéroport, trouve « farfelues » toutes les rumeurs sur une intervention imminente des forces de police sur la ZAD. Au moins jusqu’au 17. « C’est une bêtise que l’Etat ne peut pas faire, à moins de se faire taper sur les doigts tout de suite. Le 17, il y a l’audience devant la Commission des Pétitions du Parlement Européen, l’ACIPA sera là, de même que les représentants de l’Etat et de Vinci qui devront convaincre la Commission qu’il n’y a aucune contradiction entre le projet d’aéroport et le droit européen de l’environnement et de l’eau. Jusqu’au 17, aucune intervention policière contre la ZAD n’est possible, l’enjeu est trop important ». Et après le 17 ? « Ça dépendra de la décision de la Commission, et notamment si elle prend la décision d’envoyer sur place une mission parlementaire européenne, ou si elle prend position contre le début des travaux ».

 

Le pouvoir est tellement sûr de son dossier qu’il joue l’obstruction

En attendant, l’Etat clame à qui veut l’entendre que le projet de l’aéroport – et aussi du barreau routier 2×2 voies le desservant, déclaré d’utilité publique le 5 août 2013 – est dans les clous par rapport à la réglementation européenne. Ce qui n’est pourtant pas le cas : l’aéroport est illégal et a cinq ans de retard sur la réglementation européenne. En attendant, le pouvoir essaie de gagner du temps : un vote d’obstruction a uni socialistes et conservateurs pour empêcher l’envoi sur place d’une mission parlementaire, ce que déplorent les Verts, qui notent que si le dossier était si réglo que ça, les socialistes ne joueraient pas la montre ainsi. Cependant, pour Sandrine Bélier, ce n’est que partie remise : « il n’y a pas de refus, la décision n’a pas été prise. La prochaine échéance pour prendre cette décision, ce sera le 17 ».

 

Ayrault n’a rien compris, rien changé

Une hutte en terre banchée, à l'est de la ZAD

Une hutte en terre banchée, à l’est de la ZAD

Dans les colonnes de nos confrères de Presse-Océan début septembre, le sous-préfet chargé de la réalisation de l’aéroport déclarait péremptoirement que « nous ne sommes plus dans le dialogue, mais dans l’instruction » et que « le gouvernement est toujours dans la perspective de réaliser cet équipement ». Tellement que le comité scientifique qui a rendu son étude en avril remettant en cause le projet d’aéroport – en levant douze réserves importantes qui montrent que le projet, en l’état, ne respecte ni le droit français, ni le droit européen de l’environnement – va être remplacé par un nouveau groupement, et ce comité Théodule sera prié d’invalider le diagnostic de ses prédécesseurs. Maintenant qu’elle a été débarquée, l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho s’offre le plaisir d’une douce vengeance sur celui qui n’a jamais cessé d’être le maire de Nantes. Elle a en effet affirmé, interrogée par Reporterre, que « si l’on suit les conclusions de la commission scientifique, en l’état, le projet d’aéroport ne peut être conforme à la loi sur l’eau ». Et il se trouve que « on est obligés » de suivre les dites conclusions. Moralité : le gouvernement est dans l’impasse, quand bien même il réussit à circonscrire l’Europe, car les Bretons l’ont bien compris et ne le laisseront pas faire.

 

Pendant ce temps là chaque camp fourbit ses armes

 

Voici une zone humide : il n'a pas plu depuis trois semaines, c'est le mois d'août, et c'est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Voici une zone humide : il n’a pas plu depuis trois semaines, c’est le mois d’août, et c’est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Si le pouvoir décide d’intervenir sur la ZAD, il est obligé de le faire en période hivernale, avant la reproduction des batraciens protégés, tritons marbrés et autres salamandres au printemps. Ce qui laisse une courte période entre le 17 septembre et le mois de février, avec une autre contrainte : la trêve hivernale, fixée du 15 novembre 2013 au 1er mars 2014. Nombre d’occupants de la ZAD sont légaux (loyers, baux verbaux, baux agricoles, propriétaires non expropriés) et d’autres feront valoir au premier policier venu que leur cabane, caravane ou bout de ferme est leur résidence principale, obligeant à un procès en bonne et due forme pour les expulser, ou non. Ce qui a tout de suite une double conséquence : le périmètre des interventions possible est mité et les expulsions sont décalées dans le temps. Résultat, les opérations en perdent tout de suite une grande partie de leur efficacité.

En attendant, chaque camp se prépare. Des forages et des travaux préparatoires ont toujours lieu à l’est de la ZAD. Le 11 encore, le site Zad.nadir signale « Deux camions [de gendarmes mobiles] ont été vu stationnant au cimetière de Notre Dame, un autre circulant sur la route entre l’Epine et le Bois Rignoux. Merci à toutEs pour votre vigilance. Midi : les 2 camions sont maintenant positionnés devant la salle Jules Verne. Une camionnette blanche Biosnet a été vue sur la D281 ». Tandis que des cabanes continuent à pousser un peu partout, l’exploitant de la ferme du Moulin de Rohanne a quitté les lieux le 29 août 2013. Une escouade d’occupants s’est glissée juste derrière pour refaire la maison d’habitation et la rendre habitable dès que possible, ce qui en fait un nouveau lieu occupé. Ladite ferme a un atout intéressant : elle est située à proximité immédiate de l’un des carrefours stratégiques qui verrouillent la ZAD, le carrefour de la Saulce, au sud. Comme vigie pour guetter des pirates en bleus, l’on ne peut rêver mieux.

 

La propagande à destination des acteurs économiques et politiques continue

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un "pré humide" d'où sourd un ruisseau.

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un « pré humide » d’où sourd un ruisseau.

Pendant ce temps, malgré – voire à cause – de l’impasse évidente, la propagande pro-aéroportuaire continue. A la fin de l’été, une association présidée par le maire de Saint-Aignan de Grandlieu a estimé à 5000 les emplois qui pouvaient être créés en sud-Loire par le transfert de l’aéroport. L’estimation, purement gratuite, a de quoi faire rire si ce n’était pas si sérieux. Comment en effet pouvoir prétendre arriver à un tel chiffre quand aujourd’hui, les entreprises françaises croulent sous le poids conjugué de la crise, des normes et des impôts qui minent leur compétitivité, que l’écotaxe risque d’écrouler tout le reste et que conséquence logique, même à Nantes qui est pourtant une des villes les plus dynamiques de la France, des bureaux flambants neufs, peu chers et bien situés peinent à trouver preneurs depuis des mois ? Alors que Vierzonitude s’émeut des dizaines de vitrines vides qui trahissent le manque de dynamisme de Vierzon au centre de la France, des bourgades pourtant jeunes et vigoureuses comme Savenay ou La Chapelle sur Erdre ont-elles aussi des vitrines en bois et des locaux commerciaux ou d’artisans qui peinent à trouver preneur… et ce parfois depuis une décennie. Et l’on ne parle même pas de Paimboeuf ou Issé qui sont des vraies belles au bois dormant du département.

A Châteaubriant, l’ADIC (association des entrepreneurs du pays de Châteaubriant), bien briefée par tous ces fervents soutiens de l’aéroport de Notre-Dame des Landes que sont la CCI et Alain Mustière, président de l’ACIPRAN, vraie-fausse association citoyenne  pro-aéroport, s’apprête à implanter des panneaux « nos entreprises soutiennent l’aéroport du Grand Ouest » sur les terrains de ses membres. La même agit-prop est déployée en direction des entreprises du pays Nantais, dont certaines, abusées par des perspectives miroitantes, ont même déplacé jusqu’à leur siège pour être plus proches de l’ex-futur aéroport nantais. Mais aussi des entreprises du centre de la Loire-Atlantique, de Nort à Savenay.

Autre moyen de diffusion : les notables de l’opposition, principalement UMP et UDI (alliance centriste ou Nouveau Centre) qui gère plusieurs mairies et lorgne sur d’autres dans le secteur. A Blain par exemple, Jean-Michel Buf (UDI) est un fervent soutien de l’aéroport dont – comme bien d’autres notables de droite pendant des décennies – il espère monts et merveilles, notamment que l’équipement accélère l’installation d’habitants et d’entreprises à Blain, dont l’actuelle mairie est très opposée au transfert d’aéroport. Cette mairie de gauche arc-en-ciel (PS, PCF, Verts, Front de Gauche, citoyens non encartés) avait d’ailleurs été élue pour cela, dès le premier tour en 2008 et avait remplacé un maire UDF pâlot qui n’avait su préparer sa succession et attendait lui aussi beaucoup de l’aéroport. Les blinois n’ont pas été déçus : entre autres, les onze élus communistes de Blain ont envoyé une lettre à François Hollande et à leur fédération départementale – la seule de Bretagne et des contrées avoisinantes à soutenir encore mordicus le projet d’aéroport, toutes les autres ayant au moins demandé un moratoire sur les travaux – pour leur dire qu’ils sont contre l’aéroport, quelle que soit l’opinion de leur fédération. Jean-Michel Buf sera très probablement la tête de liste de l’opposition à Blain, et espère « une liste d’union pour virer le kolkhoze », autrement dit la liste de gauche plurielle, effectivement d’autant plus rouge que l’actuel maire socialiste, Daniel Leroux, pourrait ne pas rempiler. Liste d’union sans nul doute, mais pro-aéroport. Lorsque tout ce petit monde se réveillera et que les vapeurs de la propagande instillée par le pouvoir et ses relais économiques (CCI…) sans aucune considération pour les contraintes légales, naturelles et environnementales se seront dissipées, la gueule de bois sera terrible.

Banderole Hollande démission : le pilote survole Dinard et Saint-Malo

19 Août
Au-dessus de la Baule

Au-dessus de la Baule

Aujourd’hui, le pilote qui tracte depuis le 10 août une banderole Hollande démission.fr accrochée à son ULM et remonte ainsi par petites étapes les côtes, a fait sa première étape sur la côte de la Manche, en survolant à partir de 15 heures le Cap Fréhel, Erquy, puis le lendemain 20 août Dinard et Saint-Malo. Il avait survolé la Loire-Atlantique le 16 août  et atteint le Morbihan le lendemain. Cette fois, le média catholique de réinformation Le rouge et le Noir a obtenu une vidéo aérienne faite par un aéronef qui empruntait le même trajet que le pilote.

Sa banderole renvoie à une pétition pour organiser un référendum permettant de destituer François Hollande ; elle a déjà réuni 15 600 signatures tandis que l’appel aux dons en ligne organisé pour payer l’essence a réuni plus de 5000 euros en quelques jours. La suite du périple devrait se faire sur les côtes de France, le pilote comptant remonter du Cotentin à Boulogne, et éventuellement aller sur la côte d’Azur.

Pour en savoir plus :

Le pouvoir s’inquiète de la banderole Hollande démission

Les pouvoirs publics clouent l’ULM qui tracte la banderole au sol

L’affaire d’Etat n’aura pas lieu… pour l’instant : l’ULM a été libéré

Le pilote survole les côtes de la Loire-Atlantique

Le pilote atteint Quiberon

Du reuz contre un projet de décharge au Rumengol (29)

14 Fév

Un particulier – l’entreprise Mallejac – a déposé en préfecture un projet de création d’un stockage de déchets inertes (ISDI) au Rumengol, commune du Faou, en lisière de la forêt de Cranou. 260 000 tonnes sur 10 ans, avec création d’un tertre de plus de 5m de hauteur. Un terril en projet qui ne passe pas pour un nombre croissant d’habitants, qui se mobilisent.

Une pétition en ligne a été lancée  et récolte un nombre de signatures toujours croissant. Les habitants dénoncent les risques pour l’écosystème, les eaux (le terrain en question est situé près d’un ruisseau), la forêt toute proche. Mais aussi la route d’accès inadaptée pour les camions et sur laquelle se trouvent deux écoles. Un comité de lutte a été créé pour s’opposer à la décharge, et se nomme « les amis du Stum » du nom du lieu-dit sur lequel porte l’emprise du projet. C’est que le coin est suffisamment rural et perdu, mais son accès paraît peu simple, au point de mécontenter les élus de deux communes. Au point de faire dire à une source proche du dossier que le projet de ISDI est « très mal parti. Le consensus des élus et des riverains est, dans ce genre de sujets, un facteur clé et très sensible. »

Une réunion d’information se tiendra demain samedi 15 février à 20h 30 en mairie du Faou. Le conseil municipal, consulté début janvier, a émis un avis défavorable, faisant valoir les risques pour le ruisseau, les riverains (nuisances sonores et dégradations des voies communales « très exigües ») et l’incertitude sur la nature précise des déchets qui seront stockés. Les élus de Hanvec, commune toute proche, ont, eux, refusé que le flux des camions (cinq à six allers et retours par jour cinq à six fois par semaine) passe par leurs routes, plus larges.

Forêt du Cranou - photo des Amis du Stum.

Forêt du Cranou – photo des Amis du Stum.

La montée de la contestation au Faou relance l’épineux problème du stockage en Bretagne des déchets du bâtiment et de la construction. Dans une ISDI, on peut légalement mettre tous les déchets « qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante » du fait de leur enfouissement, à savoir  la brique, le béton, la terre, tuiles, céramiques, verres, mélanges bitumineux sans goudrons, cailloux, gravats divers… Bref, tout ce qu’il ne faut pas surveiller (amiante, huiles, solvants, goudrons, déchets spécifiques) et tout ce qui n’est pas organique (bois, compost…).

Comme d’autres départements de Bretagne, le Finistère ne compte pas assez de ISDI en fonctionnement pour pouvoir accueillir tous les déchets du BTP, et les différents projets de création de ces « décharges » se heurtent soit à l’opposition des riverains comme au Faou, soit à des impossibilités d’ordre légal ou géographique, soit au refus des pouvoirs publics comme à Gourlizon. L’immense volume des terres de découverte reste un gros problème, même si les projets d’infrastructures (quartiers, autoroutes…) prévoient le « recyclage » de ces terres et déchets inertes en merlons et autres protections phoniques.

Dans la pratique, pour s’éviter de longues – et parfois inutiles – procédures et le refus quasi systématique des riverains, certaines entreprises du BTP sous-traitent à d’autres, qui enterrent les déchets  dans d’anciennes carrières ou des terrains agricoles en friche. Cette débrouille est parfois érigée en système, comme ce fut le cas de 2009 à septembre 2012 à la Barre, en Loire-Atlantique près de Guenrouët  où les camions venaient des quatre coins du département… et où ils ont érigé tranquillement ou presque un tertre de 15 mètres, la Préfecture théoriquement chargée de sanctionner les décharges sauvages préférant regarder ailleurs. Sans aucun cadre, dans ces décharges improvisées, l’on enterre n’importe quoi, déchets inertes et non inertes, et surtout ceux qui sont les plus difficiles à traiter et à recaser dans une décharge : goudrons et amiante. La nécessité fait force de loi… dans une Bretagne où le bâtiment ne s’est jamais aussi bien porté, combien de décharges improvisées, combien de riverains qui se battent esseulés ?