Tag Archives: PF

Nantes : attention aux faux bonnets Rouges !

5 Jan

bonnets-rouges-alarmeMise au point. Après quelques semaines de tâtonnements, les Bonnets Rouges bretons structurent enfin leur mouvement. Voici la liste des comités locaux  certifiés conformes à la charte « Vivre, décider et travailler » en Bretagne. Le but est d’empêcher toute récupération du mouvement et de mettre hors d’état de nuire celles qui ont déjà eu lieu.

Car il se trouve que les Bonnets Rouges bénéficient d’un capital sympathie important hors de nos frontières bretonnes. Les thèmes qu’ils abordent – lutte contre le matraquage fiscal, l’écotaxe, relocalisation des décisions, refus de l’avalanche normative – touchent un grand nombre de français et leur sensibilité méfiante envers le monde politique va dans le même sens que le ras-le-bol collectif que suscitent les gesticulations de politiciens de plus en plus déconnectés du monde réel. C’est pourquoi certains groupes ou individus souhaitent récupérer le mouvement des Bonnets Rouges ou tout au moins lancent des groupes locaux qui mettent ce bonnet afin de surfer sur le concept.

Ainsi, à Nantes, il y a deux groupes des Bonnets Rouges. L’un d’eux est sur la liste et il est officiel (groupe Facebook). L’autre s’est distingué par diverses actions dont la redécoration nocturne de la Préfecture. Ces derniers « bonnets rouges » sont en fait proches du Printemps Français. Catholiques et (contrairement à ce qui se dit) anti-lepénistes, étant donné que le FN nantais est très laïciste, ils ont rallié le mouvement Hollande Démission, dirigé depuis Paris et qui appelle quasi exclusivement à la démission de l’actuel président. Ils en constituent la cellule nantaise. Ce mouvement plutôt très français est aussi présent à Orléans, Fréjus, Aix et bientôt Tours.

Publicités

Veillée dans le calme pour la marche des Veilleurs hier à Nantes

29 Août
3

Photo des veilleurs nantais (FB)

Malgré la présence d’une petite centaine de militants d’extrême-gauche à la fois pro-ZAD et pro-LGBT, les violences qu’une trentaine d’entre eux ont exercé sur les Veilleurs à Couëron le 27 août ne se sont pas reproduites. Ces violences, dont nous livrons le récit, ont ému nombre de Bretons et d’opposants à l’aéroport, qui se demandent si de telles méthodes inqualifiables ne risquent pas de discréditer toute la lutte anti-aéroport, un mouvement qui se veut avant tout pacifique, démocratique et ouvert au dialogue.

Une quarantaine de CRS tenaient les militants d’extrême-gauche à l’écart de près de 400 veilleurs (200 d’après la police) qui ont ainsi pu veiller en paix devant l’ancienne chambre des Comptes de Bretagne, qui est maintenant la Préfecture. Comme prévu, les veilleurs marcheurs, qui étaient une vingtaine hier à Couëron, ont été rejoints à Nantes par un grand nombre de personnes, qui ont participé ensemble à une veillée sur le thème de l’écologie. Le philosophe Olivier Rey y a, entre autres, pris la parole. Gaultier Bès, de la marche des veilleurs, nous précise que « beaucoup de gens découvraient les veilleurs, et de nombreux badauds se sont arrêtés comme chaque soir pour écouter les textes et les prises de parole libres, malgré la poignée de fanatiques qui prétendaient museler notre liberté d’expression démocratique. »

Photo des veilleurs nantais

Photo des veilleurs nantais

Désormais, la marche des Veilleurs fait un bond en avant vers Paris : elle sera à Sartrouville ce soir, à Bondy demain et à Paris samedi. La préfecture s’est déjà opposée  à leur marche parisienne, prétextant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une déclaration. Les veilleurs ont répondu que ce n’était pas une manifestation et qu’ils n’avaient pas besoin d’une autorisation pour lire des textes et se réunir dans la rue.

BreizhJournal a rencontré la marche des Veilleurs à Couëron

28 Août
La marche des Veilleurs au bivouac

La marche des Veilleurs au bivouac

19h10. Après avoir ratissé Couëron en tous sens, y compris jusque la halle Tréfimétaux où devaient être les veilleurs depuis deux bonnes heures, les voilà enfin qui débouchent dans le centre-ville. C’est donc à l’ombre d’un bar accolé à une boulangerie, un peu au-dessus de  l’église, que nous rencontrons la marche des Veilleurs. Vingt-cinq marcheurs de tous âges, d’une jeune enfant de dix-huit mois à un gars de soixante ans, qui conduit aussi la voiture porte-sacs et ambulances du groupe.

Une partie d’entre eux marchent depuis Rochefort. Sans vraiment rencontrer de réactions hostiles. Marianne, qui a rejoint la marche à Pornic, note beaucoup d’indifférents. « Des gens qui nous prennent pour des doux rêveurs parce qu’on veut redonner la parole aux citoyens. Ce qui en dit long sur l’état de démocratie du pays ». Des sourires aussi, des mains tendues. Spontanément, des gens qui mettent à disposition leurs logements, ou un repas, sur le passage de la marche. La bonté et le sens de l’accueil des Bretons ne sont pas qu’un cliché pour guide touristique bon marché.

Chaque soir, la marche s’arrête dans une ville, pour bivouaquer et veiller en lisant, chantant, discutant et réfléchissant sur un thème donné, par exemple l’éthique et la loi à Couëron ou l’écologie à Nantes. Une veillée se prépare, explique Marianne. « Nous choisissons chaque soir un chef d’orchestre différent, qui établit une trame, choisit les textes qui doivent permettre une progression de la réflexion. Et après chacun intervient en fonction de ses compétences. On a une personne qui chante bien, moi, j’ai une formation philosophique donc je fais les distinctions entre notions, et ainsi de suite ». Le but ? Réfléchir en toute ouverture d’esprit, en collégialité et de façon horizontale. Contrairement aux apparences,  y a une réelle filiation entre les Indignés et les Veilleurs, et deux des membres du groupe de la Marche des Veilleurs viennent de l’extrême-gauche, des milieux alternatifs et des Indignés.

P1020394

Préparation studieuse d’une veillée

A Lyon, les veilleurs avaient ainsi donné la parole à un SDF, à une fille des Indignés ou même à des lesbiennes, pour qu’ils fassent connaître leurs point de vue et leurs conditions de vie et de lutte. Les Veilleurs, qui se sont lancés depuis cinq mois, ont réussi à essaimer dans deux cent villes françaises malgré un quasi-total silence médiatique. Le succès d’un mouvement jeune – mais qui associe tous les âges –, pacifique et réfléchi. « Nous sommes ouverts à toute personne qui vient pour dialoguer », explique l’une des marcheuses. C’est pourquoi les veilleurs regrettent de n’avoir pu aller dans la ZAD. Sans doute, l’hostilité nette d’une minorité de zadistes qui font aussi le coup de poing pour le compte des LGBT et des antifas était un argument suffisant pour que par prudence, tout le monde y refuse la présence des veilleurs.

Les Veilleurs n’ont pas abandonné leur idée de réfléchir sur l’écologie, à Nantes. Le cœur de la capitale bretonne est distant de 22 kilomètres de l’emplacement de l’ex-future aérogare, aux Domaines, à Notre-Dame des Landes. D’autant plus que « le gouvernement a tout abandonné », explique Marianne. « Sauf trois projets phares : le TGV Lyon-Turin, l’aéroport de Notre-Dame des Landes et la loi Taubira ». Qui ont entre eux un autre lien que d’être insufflés par l’équipe d’Ayrault. « On ne peut décemment s’opposer à la manipulation des végétaux et être favorable à celle des embryons et des cellules humaines », poursuit-elle, fustigeant l’incohérence idéologique de certaines personnes d’extrême-gauche qui arrivent à être pour la PMA et contre les OGM.

Finalement, ce soir, les veilleurs se sont installés devant la mairie, l’emplacement initial, devant la grande halle de l’ex-Tréfimétaux, étant encombré par des barrières de chantier. La commune, qui a fini par surmonter la disparition en 1988 de son entreprise phare, dont une grande partie de l’emprise est encore occupée par des entreprises, achève la transformation de plusieurs bâtiments historiques en médiathèque.

Et c’est sur cette place que les Veilleurs ont été littéralement attaqués par une délégation de militants d’extrême-gauche qui se réclamaient à la fois de la ZAD et de LGBT. Une vraie milice qui n’a pas hésité à charger dans le tas, nécessitant l’arrivée de renforts de gendarmerie vers 21h30, qui ont permis la poursuite et l’achèvement de la veillée. Demain soir, les Veilleurs seront à Nantes, devant la Préfecture, Cours des 50 otages. Un communiqué sur un site où s’expriment les militants d’extrême-gauche annonce un rassemblement de protestation (20h au Bouffay) contre cette « veillée puante » organisée par un « mouvement homo/lesbophobe […]  qui continue à propager une idéologie dangereuse » afin de « ne pas leur laisser l’espace ». Pas de doute, les signataires de cet appel se placent vraiment dans le camp de la réflexion, de l’ouverture d’esprit et de la tolérance. Ou pas ?

 

Les Veilleurs dénoncent une attaque violente et démente

BreizhJournal a pu joindre les veilleurs attaqués, qui marchent actuellement d’un bon pas dans la Basse-Loire vers Nantes. Gauthier nous explique la scène de violence de la veille : « le but de ces militants, qui sont venus avec un tracteur John Deere tout neuf qui portait des baffles, était de nous interdire de prendre la parole sur la place publique. Une fois qu’ils l’ont ordonné par la parole, ils se sont mis à la violence. Nous avons essayé d’engager le dialogue avec eux ». Peine perdue, « les rares moments où un semblant de dialogue s’instaurait, c’était immédiatement de l’insulte, du ‘‘ta gueule sale homophobe’’, bref, une violence étrange ». Pourquoi étrange ? « Parce qu’il est curieux que pour des gens qui se disent anarchistes, ils nous traitent d’homophobes et de délinquants, donc se placent du côté de la la loi et du gouvernement – qui pourtant construit l’aéroport auquel ils s’opposent – et demandent ( !) à la gendarmerie de nous évacuer de la place ».

Les veilleurs dénoncent donc une attaque « démente et très violente », au cours de laquelle « un zadiste a fait tomber une baffle sur un veilleur », heureusement sans dommage. « Lorsque je suis intervenu pour le calmer », continue Gauthier, « j’ai pris des coups au visage. A un moment, il y avait cinq contre-manifestants qui tombaient à bras raccourcis sur Axel », le cofondateur des Veilleurs, qui est dans le groupe. « Il y a eu un IPhone brisé en morceaux, des lunettes arrachées et piétinées avec rage, du grand n’importe quoi ». Bref, les Veilleurs se sont faits tabasser en règle, sans rendre les coups que leurs donnaient ces bien peu pacifiques contre-manifestants.

Pendant ce temps là, les gendarmes, qui n’étaient que trois dans une camionnette vers 19 heures, puis cinq au début de la veillée, regardaient sans intervenir. Puis un renfort terrifiant de… sept gardes-mobiles est arrivé avec une heure de retard. Il y a pourtant des régiments de GM cantonnés autour de la ZAD, claironnait Ayrault en hiver. A croire qu’ils faisaient tous un méchoui quelque part dans le bocage breton. « On a un peu l’impression qu’on nous a laissé nous faire tabasser » explique Gauthier, « alors qu’on est en lien tous les jours avec le SDIG concernant les deux contre-manifs de Nantes [le 28 aout] et de Couëron » dont ils connaissaient l’existence. Les couëronnais sont sortis pour s’interposer calmement entre les veilleurs et les contre-manifestants déchaînés, tandis que les forces de gendarmerie finissaient par se décider à faire leur devoir. Pour ce soir, Cours des 50 Otages, les veilleurs ne changent rien, bien que les mêmes zadistes ont prévu de venir les empêcher une fois de plus de veiller et de réfléchir… en paix : « s’il faut qu’on fasse la veillée dans les mêmes conditions que hier, on la fera. C’est à la police de faire son travail, nous on pense que la place publique est à tout le monde ».

150 personnes manifestent deux fois dans la journée du 26 juin contre le mariage pour tous à Nantes

28 Juin

NS-2013-6-26Le mouvement contre le mariage gay et la société vers laquelle il conduit (homoparentalité, PMA, GPA…) ne s’essouffle pas dans la capitale bretonne. Ainsi, 150 personnes environ ont accueilli Vincent Peillon devant la Cité des Congrès entre 14 et 15h, puis se sont retrouvées le soir pour manifester devant le monument aux martyrs nantais, au bout du cours des 50 otages près de la Préfecture.

Une quinzaine d’antifas étaient venus lors de la manifestation du soir, qui était vouée au soutien de Nicolas Busse et du maire de Mésanger (qui refuse de marier des couples homosexuels), et étaient tenus à l’écart des manifestants par un dispositif policier peu important. Il ne s’est guère étoffé que, lorsque vers 21h 15, les manifestants ont voulu aller derrière la Préfecture en criant des slogans contre la dictature socialiste et qu’ils se sont fait arrêter par la police municipale guidée par les agents de la DCRI. Dans les prochains jours, trois autres ministres venant à Nantes  doivent être accueillis par les manifestants qui se préparent ainsi à un « marathon de manifestation » qui devrait les mettre en train pour l’été.

Les Croquants en représentation.

Les Croquants en représentation.

A partir de 20h30, les représentants des mères veilleuses, puis de la LMPT44 ont pris la parole pour présenter les activités de l’été (Tour et Plage pour tous). Puis les Croquants nantais sont entrés en scène, en affichant une banderole pour Nicolas Busse – le jeune activiste anti-mariage gay condamné à deux mois ferme d’emprisonnement pour sa participation à un rassemblement interdit par les autorités – et en se livrant à une petite pièce de théâtre, avec l’un d’eux déguisé en bagnard, un autre en avocat, et ainsi de suite. La soirée s’est prolongée avec les Veilleurs Nantais. Aucun débordement n’a été à signaler.

Béatrice Bourges explique le Printemps Français à Orléans

14 Juin

Tout Breton qu’il est, BreizhJournal a ses attaches au cœur de la France, et c’est donc en terre connue à Orléans que votre dévoué serviteur assistait à la conférence de Mme Bourges, égérie du Printemps Français – ce grand mouvement de contestation anti-pouvoir et contre la société libérale et libertaire issue de la loi Taubira qui est né de la Manif pour Tous, et notamment de la conquête des Champs le 24 mars. Voici le compte-rendu des idées-forces de cette conférence. Nous privilégierons la chronologie ; à la fin, des questions étaient posées par les auditeurs. Près de deux cent personnes ont assisté dans une salle Laurentia blindée à la conférence, de 20h30 à 23h30. Adélaïde Pouchol rythmait la rencontre par des questions posées à Béatrice Bourges.

Une salle comble

Une salle comble

La première question qui lui a été logiquement posée, c’est de faire le bilan de « huit mois de lutte pied à pied dans le gaz lacrymogène et la joie ». Béatrice Bourges a dit qu’elle n’était pas étonnée de l’issue – c’est-à-dire du fait que le gouvernement ait tenu bon. Engagée depuis huit ans dans la défense de la famille, elle a vu le coup venir encore l’an dernier lorsque Luc Châtel, ministre de Sarkozy, a essayé d’introduire la théorie du gender en SVT au lycée. Seulement pour elle, le bilan est somme toute positif : « les masques sont tombés, et en même temps, nous nous levons, nous nous organisons, nous sommes fiers et enfin nous osons l’ouvrir. » La France bien élevée, la France qui paie ses impôts, la France qui ne dit jamais – ou quasi – de gros mots, ce peuple silencieux et résigné s’est tout à coup levé, comme ce père de famille qui s’est trouvé en première ligne le 26 mai. Pourquoi ? Parce que « ce qui est en train de se passer [la loi Taubira et son monde] est tellement énorme que notre civilisation est en danger de mort. Je n’hésite pas à dire que nous sommes dans une guerre de civilisation, et donc il n’y a pas de répit ».

Une guerre portée par des jeunes dont l’imagination créative et non-violente n’a pas de limites ; une guerre surtout que Béatrice Bourges a « la certitude inébranlable de gagner. Valls n’en dort plus la nuit, c’est très bien, il faut continuer à l’empêcher de dormir. Nous tenons le bon bout, nous allons gagner ». C’est pourquoi chacun doit continuer à harceler le pouvoir, pendant l’été, puis à la rentrée qui sera chaude – pour le budget et la théorie du gender. D’ici là, chacun a l’intention de participer à l’Histoire en marche. Depuis la conquête des Champs le 24 mars, une flamme de résistance nouvelle s’est allumée ; chacun de ceux qui ont résisté et participé à la guerre pourra dire « j’y étais, j’ai participé au renversement de l’Histoire, j’ai défendu ma civilisation ».

Béatrice Bourges et Adélaïde Pochol (de g à d)

Béatrice Bourges et Adélaïde Pochol (de g à d)

Laquelle ? Une civilisation qui avant tout se recompose avant tout autour de valeurs, entraînant la redéfinition du paysage politique autour de deux blocs : d’un côté les partisans d’une société où l’Homme soit au centre – mais ait des limites imposées par le Créateur ou un Etre Suprême, de quelque nature qu’il soit ; de l’autre les libéraux libertaires, favorables à la dérégulation totale des acquis sociaux et historiques ainsi qu’à l’asservissement de l’humain à sa fiction, bref, au moyen le plus rapide de parvenir à la dictature. D’un côté les défenseurs de la nature, de l’autre ceux de l’homo novus qui se suffirait à lui-même, gouverné par la tyrannie d’une raison légaliste, et par conséquent déconnecté de la réalité. Cette recomposition radicale aura raison selon Béatrice Bourges, des partis où sont présents les deux opinions – comme l’UMP et le FN. Philippe Lecoq, leader du FN orléanais assistait à la conférence, s’est quelque peu étranglé mais n’a pipé mot « afin de ne pas transformer la conf’ en réunion politique ». Cependant, la politique entre deux chaises du FN – ou plutôt, depuis la placardisation ou l’exclusion des partisans de Gollnisch, du Rassemblement Bleu Marine – laisse quelque peu mal à l’aise y compris dans ses propres rangs.

Interrogée sur les moyens de la résistance, Béatrice Bourges a appelé à une « résistance non-violente, contestataire et transgressive ». Fustigeant « l’inversion totale des valeurs » d’un gouvernement qui appelle violente une résistance pacifique et passe sous silence la violence d’une partie de ses forces de l’ordre (lire ici ), elle rappelle que la résistance est légitime : « ce sont eux qui transgressent la loi naturelle et mettent en place une loi illégitime qui ne doit pas être appliquée. On a le droit de s’opposer » Et même le devoir « la résistance n’est pas une option, c’est un devoir pour les générations futures. » Et plus le pouvoir et ses affidés – extrême-gauche, activistes LGBT, Femen – sont violents, « plus sereins et non-violents nous devons être, car c’est ainsi qu’on va gagner ». Le caractère bourgeonnant du Printemps Français, avec ses divers mouvements – Génération Garde à vue (Lille), Enfants des Terreaux (Lyon), Antigones, Prisonniers politiques, Hommen…  est pour Béatrice Bourges une force irrésistible, qui rend le gouvernement éperdu face à « ces champignons qui sortent de partout ». Se fondant sur la doctrine sociale de l’Eglise, elle appelle sur le plus long terme les catholiques à s’engager dans les milieux associatifs, syndicaux : « les LGBT ont gagné parce qu’ils se sont infiltrés partout, nous on doit faire de même, et en attendant le gouvernement doit s’habituer à nous voir partout ».

Le Printemps Français, en schéma, c'est simple.

Le Printemps Français, en schéma, c’est simple.

Ni femme providentielle, ni solution politique miraculeuse, Béatrice Bourges privilégie – comme elle nous l’avait confié sur BreizhJournal  au lendemain du 26 mai – la continuation de la résistance individuelle, par « chacun là où il se trouve ». Pour l’heure, l’urgence est « de tracer le sillon ; c’est le sillon des convictions, c’est le sillon des formations, c’est le sillon de la pédagogie dans une France disloquée par les communautarismes ». Au-delà, Mme Bourges qui avoue avoir « la France dans les tripes » appelle à « changer de système », et déclare qu’en ce qui la concerne, elle « refuse d’alimenter le système de Châtel » et donc de suivre la tentative de récupération politique de la Manif pour Tous par l’UMP – ou d’autres.

Revenant sur certaines réactions de spectateurs outragés que les Hommen aient perturbé la finale de Roland-Garros, attirant sur eux l’attention des médias internationaux, notamment de la BBC et de The Independant, Mme Bourges pointe là encore l’inversion et la déperdition des valeurs : « ce sont les mêmes qui n’ont rien trouvé à redire lorsque les Femen ont profané Notre-Dame », si bien que l’on peut se poser la question de savoir ce qui est vraiment sacré pour eux : Roland-Garros ou la cathédrale de Paris ? Le Printemps Français vise, lui, à retrouver ces valeurs, et surtout, à trancher avec la pratique d’une génération sacrifiée qui a mis au rebut, avec et après 68, ses liens sociaux et les communautés traditionnelles qui la liaient, jusqu’à se retrouver libre, mais sans filet et de fait plus asservie. Caractère apolitique, transversalité et transmission intergénérationnelle sont les trois piliers du Printemps Français : pour les représenter, Béatrice esquisse une croix que nous représentons ci-contre. La conférence s’achève, laissant place à des questions et propositions diverses, en bon ordre.

(BreizhJournal) Comment faire pour porter le Printemps Français en province et en Loire-Atlantique, en profitant des vacances ? Béatrice Bourges reconnaît que l’été offre l’occasion d’un immense brassage, et lance l’idée d’un signe de reconnaissance – à inventer – pour que les tenants du Printemps se reconnaissent entre eux sur leurs lieux de vacance, ou entre vacanciers et autochtones, et montent des actions dans la chaleur de l’été, notamment en direction des lieux de vacance des dirigeants ou des tenants du gender, dont une partie vient se reposer dans les cinq départements Bretons ; dans la salle germe l’idée de flashmobs sur les plages. Ajoutons à cela que le Tour de France vient en Bretagne entre le 8 et le 11 juillet, avec une étape au départ de Saint-Gildas des Bois. Pendant la Révolution, les patriotes avaient adopté la cocarde tricolore et les chouans ou les royalistes la cocarde blanche. Trouvera-t-elle un renouveau en 2013 à l’occasion de ce Printemps Français qui prend, dans une Haute-Bretagne surchauffée, l’aspect d’une nouvelle et salutaire chouannerie ? L’avenir nous le dira.

Libéralisme à rebours. Un intervenant qui mentionne la doctrine sociale de l’Eglise constate qu’il est « amusant de constater que les socialistes veulent s’opposer au libéralisme économique et sont libéraux en matière de société dont ils déstructurent l’organisation ». Enfin, ce serait amusant si ce n’était pas si grave.

Hommen, Dolmen… et donc Amen. Une orléanaise d’une paroisse de la ville propose de créer pour les « jeunes et moins jeunes qui ne pourraient pas manifester » le mouvement des Amen, « A comme adoration » qui consacrerait un temps d’adoration quotidienne au Salut de la France et de ceux qui résistent pour elle. Pour rappel les Hommen sont l’antidote aux Femen, et les Dolmen sont les hommes trop corpulents ou qui n’ont pas d’abdominaux aussi bien moulés que les précédents. Ces derniers ont d’ailleurs été cordialement invités par plusieurs participants à venir s’aligner à Carnac.

Vu de Pologne. Une intervenante franco-polonaise, chaudement applaudie à plusieurs reprises, tient à exposer la situation en Pologne, dominée par un « gouvernement libéral-libertaire » qui, non content de brader les ressources naturelles aux majors occidentales qui exploitent le gaz de schiste, engage le pays dans la marche forcée vers le gender – inclus dans une réforme fourre-tout de l’Education – et le mariage gay. Fait aggravant, explique la dame, « la Pologne a rejoint l’Europe en 2004 et l’on a largement expliqué aux Polonais qu’ils étaient périmés, catholiques, réacs, et que les Occidentaux savaient mieux ce qu’il fallait faire à leur place ». Bref, la Pologne, qui s’achemine vers une éducation sexuelle précoce à l’allemande – avec propagande de la contraception et du gender dès six ans, suit avec grande attention les événements français, d’autant plus que le pays soumis à la rigueur et aux diktats des compagnies étrangères d’extraction de gaz de schiste est prêt à exploser.

Et l’argent ? Béatrice Bourges annonce qu’un fond de dotation a été créé pour soutenir les vingt-cinq avocats groupés dans le Collectif des avocats contre la répression policière  qui se relaient nuit et jour – enfin, surtout la nuit – pour assister et défendre les militants du Printemps Français mis en garde à vue ou jugés. Ils les assistent gratuitement mais sont guettés par l’épuisement et les frais structurels. Pour aider, l’on peut donc faire un chèque à l’association « Les quatre saisons », au 13 boulevard Masséna à Paris.