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Un nouveau plan social géant dans l’agro-alimentaire breton

18 Juil

mangona-cochonsAprès Doux, l’hécatombe continue, rythmée par les déclarations à l’emporte-pièce du très visible, mais peu efficace ministre du Redressement Productif. Désormais le spectre de la crise s’attaque à une filiale de la CECAB, le groupe d’abattoirs Gad SAS, qui dispose de quatre sites en Bretagne. Le plan social, dans les tuyaux depuis début févriercomme nous l’écrivions alors  – sur fond de crise des matières premières conjugée à la concurrence des abattoirs allemands et polonais, devrait entraîner le licenciement de 646 salariés, 300 autres étant reclassés par la CECAB.

GAD dispose de quatre sites en Bretagne, les abattoirs de Lampaul-Guimiliau (Finistère, 850 salariés), de Josselin (Morbihan, 650) et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 80 salariés), plus 50 salariés au siège, à Saint-Martin des Champs. Aucun repreneur ne s’est manifesté depuis le début de l’année pour redresser GAD. En revanche, les employés de l’abattoir de Lampaul ont présenté un projet de coopérative ouvrière (SCOP) pour reprendre leur site et éviter la casse sociale. Le tribunal de commerce de Rennes devrait trancher le sort du groupe le 21 août.

Guillaume Garot, le ministre délégué à l’Agroalimentaire, a annoncé devant l’ampleur de la crise qu’un plan spécifique pour l’agroalimentaire breton devrait être lancé à l’automne. Mais cela ne sera au mieux que des soins palliatifs pour accompagner les souffrances de l’agonisant, tel des offres de formation aux ouvriers souvent âgés et très spécialisés des abattoirs. Plusieurs abattoirs sont « en trop » en Bretagne, et pourraient fermer dans les prochaines années, sans que personne, ni au gouvernement ni parmi les intendants que Paris envoie gouverner en Bretagne, ne songe à remettre en cause ce que l’on considère trop souvent comme un état de fait économique. Des milliers d’emplois sont menacés, notamment dans une Basse Bretagne déjà fortement éprouvée par l’effondrement d’une partie du groupe Doux.

Cependant, la cause première est politique : la France est trop centralisée, trop endettée aussi. Paris prend la grosse dette, et se soucie peu des Bretons, sauf pour recouvrer les impôts et bazarder tout ce qui peut l’être (services publics, bâtiments de l’Etat, casernes, monuments, espaces naturels…). Peut-être, s’il y avait une vraie décentralisation territoriale, si la Bretagne était libre de se réunifier et d’aider, dans ses cinq départements, son industrie agroalimentaire, n’en serait-on pas là ? Plus que jamais, il semble que se sortir de la crise rime avec sortir de la centralisation jacobine.

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Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA par la SNCF de Rennes

22 Avr

Donner du travail aux ouvriers PSA de Chartres de Bretagne, ce n’est pas si simple. La SNCF avait pourtant eu l’idée d’en employer 85 sur le site même de la Janais – afin de restyler des TGV à Rennes. Ces travailleurs extérieurs devraient être encadrés par quinze agents sous statut cheminot. Finalement, ils ne seraient que 80 ouvriers, mais la SNCF installerait ses équipements dès cet été. Le site de la Janais dispose de 1700 possibilités de reclassements pour les ouvriers qu’il va licencier, dont 600 en CDI à l’extérieur.

Logo Sud Rail BZH vertCependant ce projet récent n’est pas parti pour rouler sur de bons rails. Le syndicat cheminot Sud Rail Bretagne – pour lequel soit dit en passant, Bretagne se conçoit à cinq départements – met le carré et s’insurge contre cette « sous-traitance massive » et dénonce ce qu’il estime être un lugubre « poisson d’avril » dirigé contre les Ateliers – que l’on appelle Technicentre depuis une dizaine d’années – depuis longtemps dans le viseur. En effet, en janvier 2011, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de l’activité des ateliers dédiée aux voiture – 300 emplois par terre dans l’entreprise historique et les sous-traitants – en annonçant pour faire passer la pilule la construction d’un nouvel atelier en banlieue de Rennes où serait délocalisée la seule réparation des pièces de frein. 150 cheminots avaient alors manifesté contre ce projet.

Le syndicat Sud Rail rappelle que « Arnaud Montebourg, Ministre du  Redressement Productif a fait une visite surprise le 19 octobre 2012 aux Ateliers de construction du Centre (ACC) de Clermont-Ferrand annonçant aux 350 salariés de l’entreprise en difficulté la prolongation d’un contrat avec la RATP pour rénover des rames du RER B. Dans la foulée le directeur de la SNCF fait de même » sans doute par excès de zèle. Parce que les emplois sauvegardés de Clermont le seront aux dépens de ceux des cheminots Bretons, qui s’occupent justement des rames Mi79 du RER B. ACC est en effet une entreprise concurrente de la SNCF.

FeuRougeClignotantCe n’est d’ailleurs pas la première fois que les emplois Bretons sont cassés au profit d’activités concurrentes – et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site nantais pour obtenir un semblant de paix sociale en Lorraine. Deux fois raté, puisque les Lorrains ne se sont pas laissés prendre et que la fermeture des hauts-fourneaux entérinée il y a quelques jours laisse une région exsangue, humiliée et meurtrie. Sud-Rail Bretagne conclut en demandant que « cesse la comédie », que l’avenir des ateliers SNCF, de ses employés et sous-traitants soit fixé, et que cesse la « sous-traitance massive » effectuée par la SNCF aux dépens des cheminots et la « vente à la découpe » de l’entreprise. L’activité de restylage des TGV est prévue pour ne durer que 4 à 5 ans, et ce qui se fera à la Janais chez PSA sera fait au détriment des Technicentres (ateliers SNCF) de Romilly, Bischeim et Hellemmes qui tourneront en partie à vide. Sud-Rail demande donc une activité pérenne et le statut de cheminot pour tous.

Armor-Lux victime de l’inconséquence du gouvernement

18 Avr

Depuis quelques jours, le gouvernement a encore fait 50 victimes en Bretagne. Serait-ce des manifestants gazés pour sauver l’honneur de quelque Premier Ministre ? Non point. Des agriculteurs emprisonnés pour un délit imaginaire parce qu’ils s’opposaient à un grand projet inutile ? Non plus. Alors qui ? Armor-Lux, PME Bretonne du textile, et cinquante emplois supprimés.

armor-lux-comedieQue s’est-il passé ? Armor-Lux détenait le marché de la fabrication des uniformes de policiers, depuis 2008. Elle espérait le garder sur la période 2013-2017. Mais au bout d’une procédure dite – par blague sans doute – de dialogue compétitif, c’est une filiale du groupe GDF-Suez spécialisée dans l’ingénierie et les systèmes de communication qui décroche le sésame. Ineo, ladite filiale, n’entrave que dalle à l’habillement. Pas grave ! Elle s’est associée à quelques PME du textile – dont une du Pas de Calais – auxquelles elle sous-traitera la production mais empochera le flouze. Cela a suffi au ministère pour prétendre favoriser la « production française », relève le Canard Enchaîné avec saveur. Un vrai coup de Taser qu’assène l’administration de Valls à la PME Bretonne. Une vraie justification aussi pour un small business act local qui permette aux entreprises publiques – y compris aux forces de police du cru – d’acheter Breton et non de maintenir la flamme bleue de GDF Suez.

Mais visiblement, pas la production Bretonne. Bilan pour Armor-Lux : cinquante emplois supprimés, 25 millions d’€ de recettes perdues – argent d’autant plus précieux qu’il ne dépend pas des fluctuations du marché – et un possible imbroglio judiciaire en plus. D’après nos informations, en haut lieu l’on a estimé « qu’Armor Lux était déjà bien assez connue comme ça ». Du coup de pub de Montebourg au coup de masse de Manuel Valls, le gouvernement avance cahin-caha et la Bretagne paie les pots cassés.

Les fondations d’éoliennes redonnent espoir à STX Saint-Nazaire

15 Déc

Aux Chantiers de l’Atlantique, l’on commençait à perdre espoir devant le carnet de commandes désespérément vide, mais sans transiger sur la nécessité d’un projet industriel  préalable à toute poursuite du site – nationalisée ou non.

Jacket (fondation) de l'éolienne du Carnet - STX St Nazaire. photomatth.over-blog.com

Jacket (fondation) de l’éolienne du Carnet – STX St Nazaire. photomatth.over-blog.com

Et pendant ce temps, dans l’ombre, la direction de STX a travaillé à ressortir des cartons le projet de filière pour fondations (jacket) d’éoliennes en mer (offshore). Une de ses fondations supporte une éolienne Alstom sur le site du Carnet, devant Bouée en Loire-Atlantique. Mais Alstom a lui exclu de travailler pour l’heure avec STX, qui a développé ce savoir-faire. En revanche, Areva a accepté de démarrer une filière industrielle « française, avec des emplois français » avec le site Breton. Leur premier chantier commun sera un champ d’éoliennes maritimes en Europe du Nord. Frédaric Grizaud, directeur général de STX Solutions, précise que « la fabrication des piliers d’un champ d’éolien marin représenterait  l’équivalent en heures de travail d’une commande de paquebot ».

Bonne nouvelle donc pour les Chantiers de Saint-Nazaire dont le carnet de commande se réduit actuellement à deux navires en cours de finition et aux deux demi-BPC pour la Russie (l’arrière est assemblé à Saint-Pétersbourg) livrables en 2014 mais dont la fabrication a été avancée à cause de l’absence de charge de travail. L’avenir de l’ex-chantier Leroux, au Rohu (STX Lorient), reste, lui, écrit en pointillés.