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La région Bretagne met en place des tarifs attractifs pour les jeunes dans les TER

5 Juil
TER Bretagne sur le faisceau de Brest

TER Bretagne sur le faisceau de Brest

Traverser la Bretagne pour moins de cent balles, c’est possible. La région administrative vient de mettre en place sur les TER de ses quatre départements un tarif très attractif pour les moins de 26 ans. Il en coûtera 8€ pour un trajet de moins de 150 km et 15€ (moins de cent francs de jadis) pour un trajet qui dépasse cette distance, comme Redon – Saint-Malo ou Redon – Quimper. Les billets seront en vente dans les gares et sur Internet, ou téléchargeables sur la carte Korrigo, à partir du 20 août.

L’on se prend à regretter que les citoyens de Loire-Atlantique, ou ceux d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan qui vont souvent dans le cinquième département breton ne puissent profiter de pareils tarifs. Mais entre métropoles rennaise et nantaise, entre pontes de « Béquatrie » et des « Pays de la poire », la bataille du rail divise chaque jour un peu plus la Bretagne et contribue à rendre difficiles les liaisons entre les deux capitales rivales de notre beau pays.

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La gare SNCF de Rezé Pont Rousseau est-elle saturée ?

17 Mai

La gare SNCF de Pont-Rousseau est bien plus qu’un modeste arrêt de la banlieue nantaise comme le sont ses homologues de Chantenay, Saint-Sébastien ou même Vertou. Terminus de la ligne 2 du tramway et arrêt SNCF, elle permet à l’usager d’aller au cœur de Nantes, mais aussi jusqu’à Pornic et Saint-Gilles Croix de Vie. Ce modeste pôle multimodal – le train et le tram sont séparés d’une quinzaine de mètres environ serait-il sous-dimensionné pour le nombre de voyageurs qui passe ? C’est ce qu’affirme la FNAUT, au moyen d’un très éloquent reportage-photo.

Gare de Pont-Rousseau un soir d'affluence. Photo Nicolas Poinot (FNAUT)

Gare de Pont-Rousseau un soir d’affluence. Photo Nicolas Poinot (FNAUT)

Il est 17h34, ce mardi 2 avril 2013, le TER n°859 111 en direction de Saint-Gilles Croix de Vie arrive en gare à 17 h 34 pour un arrêt d’une minute. Normalement. Sauf qu’à l’arrivée du train, c’est près d’une centaine de voyageurs qui le guettent avidement alors qu’il franchit le passage à niveau des nouvelles cliniques nantaises. Alors quand le TER arrive, c’est la ruée. Entre les voyageurs nantais qui descendent pour prendre le tram 2 plus loin vers le sud et ceux qui montent vers la banlieue ou le Pays de Retz, l’arrêt prend deux minutes et le train part complètement blindé. Est-ce fini ? Non, puisque quand le TER n°859 209 en direction de Pornic arrive à 17h55, le quai est à nouveau empli de voyageurs, donc c’est à nouveau la ruée et le train part avec une minute de retard. Une scène qui d’après la FNAUT se répète chaque jour aux heures de pointe.

Plus embêtant encore : Rezé-Pont Rousseau est en Bretagne, et chacun sait qu’il pleut de temps à autre dans notre beau pays. Sauf que la gare n’est vraiment pas équipée pour. Il n’y a pas une seule aubette, et seule la petite salle d’attente de la gare, rapidement pleine, offre un quelconque abri. Résultat : les clients attendent leur train sous la pluie ou… sous l’abri du terminus du tram, tout proche. Comble de l’inadapté : il y a zéro panneau d’affichage sur les quais, il faut aller voir dans la salle d’attente. Ironie du sort : alors que Rezé Pont Rousseau se trouve près de 3 km de la gare de Nantes, la plus importante métropole de l’ouest de la France, cette gare est moins bien équipée que, mettons, la gare de Salbris située… au milieu de nulle part en Sologne. Et si la région Pays de Loire prévoit d’installer des panneaux d’affichage modernes sur les quais, les abris ce n’est pas pour maintenant. A force de confondre la Loire-Atlantique avec la Vendée, le sens des priorités se brouille.

Pont-Rousseau, où cœur de Nantes à 11 minutes en tram de la gare. Pôle multimodal modeste, mais efficace.

Pont-Rousseau, où le cœur de Nantes à 11 minutes en tram de la gare. Pôle multimodal modeste, mais efficace.

Du côté des usagers, rencontrés dans un train passablement chargé un soir d’affluence, c’est franchement la grogne. « Y en a marre », soupire Gilles, qui vit à Bouaye et travaille à Beauséjour. « On rentre dans le tram il est blindé, on change de tram il est surchargé, on arrive sur le quai c’est charrette et le TER est une boîte de sardines… épuisant ! ». Anne, de Sainte-Pazanne, renchérit « il faudrait plus de trains ! Parce qu’à l’heure de pointe, c’est l’affluence comme un vendredi soir sur le périph’ ». Maxime et Kevin, deux jeunes qui habitent les confins de la Bretagne et de la Vendée et qui descendent à Machecoul, tempèrent « les bus, c’est la même chose et c’est beaucoup plus lent ». Il n’est en effet pas rare pour le conseil général de devoir doubler, tripler voire quadrupler les liaisons, et faire circuler quatre bus sur une rotation, surtout quand les beaux jours arrivent et que la jeunesse des quartiers populaires nantais veut aller bronzer sur la côte méridionale de la Bretagne.

Le problème il est là : le tram et les bus – de la TAN ou LILA – vont bien moins vite que le train, quand bien même la ligne soit à voie unique. Rezé-Pont Rousseau est par ailleurs une gare qui attire, du fait même de son implantation dans la banlieue nantaise et près de la ligne 2, à 11 minutes chrono de Commerce. Alors que faire ?

La FNAUT préconise de supprimer la première classe dans les TER pour gagner de la place et d’augmenter le nombre de rotations, ainsi que la capacité de la ligne. Or, la ligne est à voie unique, avec des cantons assez importants de surcroît et relativement peu d’évitements – aux gares surtout. La doubler apparaît très couteux et difficile, d’autant plus que la présence de la branche qui s’écarte vers l’aéroport de Nantes-Atlantique – et qui, maintenant que l’ex-futur aéroport nantais de Notre-Dame des Landes est sérieusement dans les choux, au moins pour les deux prochaines années, pourrait redevenir très utile pour réconcilier cet aéroport et les transports en commun – oblige à une prise en compte très stricte des flux et des possibilités de la ligne. De plus, le tracé de la ligne traverse des zones humides, passe sur les bords du lac de Grandlieu et de marais attenants. Au menu avant tout coup de pioche : de longues études de biotopes et de masses d’eau, sous peine de se retrouver avec un véto scientifique et européen comme pour Notre-Dame des Landes. En période de crise, de récession même, c’est l’impasse.

Première urgence : l’état de la ligne, non l’affluence

Bifurcation des lignes de Pornic et Sainte-Pazanne le 22 mai 2010. A partir de là il faut tout renouveler.

Bifurcation des lignes de Pornic et Sainte-Pazanne le 22 mai 2010. A partir de là il faut tout renouveler.

Et les cheminots, qu’en pensent-ils ? Pour Léon (*) conducteur sur la ligne, l’affluence est un « problème périphérique », car il y a plus grave : l’état de la voie. « Oui c’est chargé », explique-t-il, « mais à certaines heures le train est aussi quasiment vide ; par ailleurs au vu du profil de la ligne, que l’arrêt dure 2 ou 3 minutes à Pont-Rousseau au lieu d’une n’a pas réellement d’importance, ce retard se rattrape aisément par la suite, on n’est pas sur le RER ». Et d’ajouter que « l’effet Pont-Rousseau, ça marche dans les deux sens ; en venant de Nantes, cette gare charge le train ; dans l’autre sens, elle contribue à le vider substantiellement car les gens se rabattent massivement sur le tramway. »  En revanche, l’état de la voie laisse à désirer. « Il y a des ralent[issements] sur la moitié du parcours, des endroits assez tape-cul, on voit bien que la voie est fatiguée, tant sur la branche de Pornic que celle de Saint-Gilles Croix de Vie. » Des observations que confirme André (*) qui travaille à l’Infra, la division de la SNCF chargée de rénover et d’entretenir les voies pour le compte de RFF. « Même aux abords immédiats de Nantes, c’est préoccupant. Pas au point évidemment de mettre en péril la sécurité des voyageurs, puisqu’il y a un suivi permanent. Régulièrement, il y a des agents qui embarquent avec les conducteurs pour observer l’état de la voie depuis la cabine, et noter scrupuleusement les endroits qui ont besoin de réparation ».

Il y a des réparations constantes, mais les lignes arrivent en bout de course et devront être fermées pendant huit mois entre septembre 2014 et avril 2015 pour être entièrement renouvelées  à partir de la bifurcation à Sainte-Pazanne (sections Sainte-Pazanne – Pornic et Sainte-Pazanne – St Gilles). Une « phase positive » mais tardive, saluée unanimement par les clients et les mairies sur la ligne, avec une dose d’inquiétude cependant : le tour de table des travaux n’est pas bouclé et les collectivités comptent sur une participation de l’Etat qui peut être remise en cause par l’aggravation nette de la situation budgétaire et économique en cette année 2013. Matthieu (*), autre conducteur de la ligne, conclut « il faut garder courage. Pour nous aussi, c’est dur et pénible. Cette ligne est très fatiguée, et ce n’est guère une situation sereine pour un conducteur de rouler à vitesse réduite avec un train plein de monde derrière lui. » On comprend dans cette situation que l’affluence en gare de Pont-Rousseau soit finalement une question secondaire, mais non sans importance : s’il n’y avait pas tant de monde, cette ligne ne bénéficierait pas de travaux.

(*) Pour des raisons de confidentialité, les noms des agents SNCF ont été changés.

Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA par la SNCF de Rennes

22 Avr

Donner du travail aux ouvriers PSA de Chartres de Bretagne, ce n’est pas si simple. La SNCF avait pourtant eu l’idée d’en employer 85 sur le site même de la Janais – afin de restyler des TGV à Rennes. Ces travailleurs extérieurs devraient être encadrés par quinze agents sous statut cheminot. Finalement, ils ne seraient que 80 ouvriers, mais la SNCF installerait ses équipements dès cet été. Le site de la Janais dispose de 1700 possibilités de reclassements pour les ouvriers qu’il va licencier, dont 600 en CDI à l’extérieur.

Logo Sud Rail BZH vertCependant ce projet récent n’est pas parti pour rouler sur de bons rails. Le syndicat cheminot Sud Rail Bretagne – pour lequel soit dit en passant, Bretagne se conçoit à cinq départements – met le carré et s’insurge contre cette « sous-traitance massive » et dénonce ce qu’il estime être un lugubre « poisson d’avril » dirigé contre les Ateliers – que l’on appelle Technicentre depuis une dizaine d’années – depuis longtemps dans le viseur. En effet, en janvier 2011, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de l’activité des ateliers dédiée aux voiture – 300 emplois par terre dans l’entreprise historique et les sous-traitants – en annonçant pour faire passer la pilule la construction d’un nouvel atelier en banlieue de Rennes où serait délocalisée la seule réparation des pièces de frein. 150 cheminots avaient alors manifesté contre ce projet.

Le syndicat Sud Rail rappelle que « Arnaud Montebourg, Ministre du  Redressement Productif a fait une visite surprise le 19 octobre 2012 aux Ateliers de construction du Centre (ACC) de Clermont-Ferrand annonçant aux 350 salariés de l’entreprise en difficulté la prolongation d’un contrat avec la RATP pour rénover des rames du RER B. Dans la foulée le directeur de la SNCF fait de même » sans doute par excès de zèle. Parce que les emplois sauvegardés de Clermont le seront aux dépens de ceux des cheminots Bretons, qui s’occupent justement des rames Mi79 du RER B. ACC est en effet une entreprise concurrente de la SNCF.

FeuRougeClignotantCe n’est d’ailleurs pas la première fois que les emplois Bretons sont cassés au profit d’activités concurrentes – et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site nantais pour obtenir un semblant de paix sociale en Lorraine. Deux fois raté, puisque les Lorrains ne se sont pas laissés prendre et que la fermeture des hauts-fourneaux entérinée il y a quelques jours laisse une région exsangue, humiliée et meurtrie. Sud-Rail Bretagne conclut en demandant que « cesse la comédie », que l’avenir des ateliers SNCF, de ses employés et sous-traitants soit fixé, et que cesse la « sous-traitance massive » effectuée par la SNCF aux dépens des cheminots et la « vente à la découpe » de l’entreprise. L’activité de restylage des TGV est prévue pour ne durer que 4 à 5 ans, et ce qui se fera à la Janais chez PSA sera fait au détriment des Technicentres (ateliers SNCF) de Romilly, Bischeim et Hellemmes qui tourneront en partie à vide. Sud-Rail demande donc une activité pérenne et le statut de cheminot pour tous.