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NDDL : Etranges provocations à l’est de la ZAD ce week-end

13 Mai

SHAR_6340_215_2D’étranges provocations ont tendu à nouveau la situation à l’est de la ZAD alors même que le devenir du projet d’aéroport apparaît chaque jour de plus en plus hypothétique.

Le 9 mai, une série d’événements curieux a eu lieu le long de la RD281 : déversement de déchets sur la route par un camion-benne, incendie d’une barricade, puis d’une cabane et d’une voiture, toujours sur le même axe. Ces incendies, qui ne manquent pas de rappeler ceux d’octobre 2013  sont attribués par certains à des « provocateurs policiers ». Ils pourraient aussi être l’oeuvre d’une délinquance locale en mal de divertissements. Ou d’habitants excédés par certains zadistes.

Le lendemain, le site du CLCA (lutteaeroportnddl) qui semble être celui des zadistes, mais qui ne l’est pas – et d’ailleurs n’a aucun lien avec les représentants officiels du mouvement anti-aéroport – a appelé à occuper la ferme de la Grée soi-disant vide à partir de 20h le samedi 10 mai. Cette ferme est située au sud de la ZAD, en limite de celle-ci, près de la Chébrerie et d’autres lieux occupés par les zadistes.

Cette ferme a été ouverte et une fête aurait été organisée dedans. Mais il y a un problème : elle est toujours habitée. Son propriétaire a refusé de vendre et était parti en vacances. Dominique Fresneau, au coeur e la lutte paysanne, nous précise d’ailleurs qu’en « dehors de la réoccupation de Saint-Jean du Tertre, il n’y a pas d’autres projets d’occupations de fermes pour le moment. Tous les autres appels sont l’oeuvre d’hurluberlus ». Il ajoute que le CLCA « a déjà appelé par le passé à occuper des fermes qui étaient habitées et dont les propriétaires avaient refusé de vendre au département et à Vinci ». Ce qui cause maintenant un véritable imbroglio autour de cette ferme en limite de la ZAD. L’action lancée par le CLCA – un petit groupe basé dans une ferme à Rezé, risque aussi de faire monter le ras-le-bol des habitants de Notre-Dame des Landes et de Vigneux contre les zadistes.

Sur le média de la gauche alternative et libertaire Indymedia, un habitant de la ZAD a commenté cet appel à l’occupation qui y était relayé en le condamnant : « appeler à l’occupation de la ferme et des terres d’un agriculteur qui refuse de collaborer avec AGO/VINCI relève plus de l’opération policière que d’un acte de résistance. » Fustigeant la « nullité stratégique et politique » du CLCA, il en précise la face cachée « relais massif de fausses rumeurs d’intervention policière, accusation infondées d’infiltrations, détournement de dons qui leur parviennent via leur site internet et dont personne ne voit jamais la couleur dans le mouvement (si ce n’est le versement de sommes liquides à quelques individus bien choisis), tentatives de sans cesse attiser les divisions dans le mouvement, ouverture bidon comme celle de la Grée. »

Bref, il conclut : « nous ne le répéterons jamais assez : le CLCA n’est ni une source fiable, ni un acteur de la lutte, c’est un micro-groupuscule de pseudos radicaux qui n’a même pas besoin d’être infiltré pour servir les intérêts de la préf et d’AGO, un pitoyable ramassis d’idiots utiles ». Et pourtant beaucoup s’y sont laissé prendre.

Un autre recours contre l’aéroport rejeté : l’abus de pouvoir est toujours au pouvoir

22 Oct
L'ombre des CRS plane à nouveau sur la ZAD.

L’ombre des CRS plane à nouveau sur la ZAD.

Le 17 octobre, le Conseil d’Etat a rejeté le recours du Collectif des élus qui doutent de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (CéDPA) contre le projet d’aéroport, en balayant d’un tournemain l’ensemble des moyens légaux invoqués, qui auraient fait mouche s’il s’agissait d’un autre projet que ce transfert d’aéroport, lubie du Premier Ministre et Calvaire de son gouvernement.

Le Conseil d’Etat a rejeté et donc empêché la transmission au Conseil Constitutionnel d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) fondée sur la conformité des mécanismes de contrôle de la DUP à la déclaration des Droits de l’Homme. Selon l’instance, cette QPC n’est pas nouvelle et ne présente pas de « caractère sérieux » justifiant de sa transmission au Conseil Constitutionnel. Par ailleurs l’instance a aussi rejetté l’ensemble des moyens légaux de recours contre la DUP, notant par exemple, au sujet de l’évolution du prix du pétrole et de la sous-évaluation des enjeux environnementaux du projet « De tels éléments ne révèlent pas, par eux-mêmes, un changement des circonstances de fait de nature à priver le projet de son caractère d’utilité publique ».

L’opération d’expulsion sur la ZAD aurait lieu cet hiver

En donnant ainsi un blanc-seing à Vinci, le Conseil d’Etat s’essuie aussi les pieds sur les réserves formulées par la très sérieuse commission scientifique en avril, réserves auxquelles ni l’Etat, ni Vinci n’a répondu. En revanche, tout porte à croire que les autorités veulent accélerer le mouvement. L’arrêté de déplacement des espèces naturelles protégées devrait être pris début novembre, celui au titre de la Loi sur l’eau va suivre. Les notifications d’expulsion vont aussi bon train : le 15 octobre à la Gaîté et la Châtaigne, ainsi qu’à Bellevue en ce qui concerne la seconde série d’occupants. La ferme avait réussi pour l’heure à échapper aux expulsions par la mise en œuvre de toute une série d’artifices juridiques. Le 5 novembre, le juge des expropriations passera pour l’ensemble des terrains concernés par l’élargissement des routes (notamment sur la route de Notre-Dame des Landes à Grandchamp) et les jugements suivront le lendemain. Un jugement d’expulsion devrait être rendu pour la maison du Moulin de Rohanne  (carrefour de la Saulce) le 21 novembre.

Tout porte à croire que les expulsions auront lieu dès la fin de l’année. Pour des raisons liées à la reproduction des espèces naturelles, elles ne peuvent avoir lieu après février. Par ailleurs, si les travaux ne commencent pas au printemps, il faudra pour le pouvoir renégocier la concession qui pose comme date butoir la mise en service de l’aéroport au 1er janvier 2018 au plus tard ; cela impliquerait notamment de payer à Vinci près de 80 millions d’euros, une dépense impossible à contracter par ces temps de rigueur budgétaire. C’est donc entre novembre et la mars que la ZAD devra être la plus vigilante. Il est fort possible que le pouvoir lui souhaite l’anniversaire de l’opération César – l’invasion armée de l’année dernière – en remettant le couvert avec un mois de retard.

Qu’est-ce qui explique cette mansuétude du droit par rapport à l’aéroport ?

Les barricades refleuriront-elles sur la ZAD en cette fin d'année?

Les barricades refleuriront-elles sur la ZAD en cette fin d’année?

A Notre-Dame des Landes la mansuétud du droit s’accompagne de la mise délibérée de la justice au service de l’Etat, par exemple par des ordonnances entachées de nullité ou abusives, comme une très récente  qui interdit tout semis de céréales pendant trois mois sur la ZAD, y compris sur les terres non encore expropriées ou tenues par des baux ruraux. Tout cela donne une image déplorable de la justice française, digne sur ce sujet d’une république bananière, et oblige à s’interroger sur la viabilité de la séparation des pouvoirs en France.

Comme nous l’écrivions l’année dernière lorsque nous suivions en direct l’opération César, l’abus de pouvoir est au pouvoir en ce qui concerne le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes. En effet, le principal promoteur du projet, c’est le Premier Ministre, qui est aussi le supérieur hiérarchique du ministre de la Justice, qui dirige les administrations – et le pouvoir judiciaire –  censés contrôler voire empêcher les débordements du pouvoir exécutif dans la mise en œuvre de l’aéroport.  Dans ces conditions, l’indépendance de la justice devient une chimère et cela met en évidence toutes les limites de la démocratie française, surtout par rapport à un territoire – la Bretagne – dont la population n’a jamais accepté de se faire abattre par l’Etat central, que ce soit en 1793, 1871, 1940 ou maintenant.

Force est de constater que, malgré (ou à cause de) toutes les sorties plus ou moins violentes du ministre de la Justice sur des sujets finalement secondaires, comme la qualification de la pensée véhiculée par le FN, l’attention est détournée des sujets vraiment importants. Notamment le fait que, depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, la justice est complètement mise de côté par le bras armé de l’Etat. Finalement, les seuls résultats pour la lutte seront atteints sur le terrain, par la maîtrise de celui-ci, et non par le droit. Un tel constat est indigne d’un état de droit, indigne de la France, indigne de la Bretagne. Mais c’est la réalité de Notre-Dame des Landes en cette fin d’octobre 2013.

Addendum : BreizhJournal fête son premier anniversaire, ayant été lancé le 22 octobre 2012. Bonne lecture à tous et à bientôt sur nos lignes !

Dernière minute : la ferme de Bellevue est expulsable, selon une décision de la Cour d’Appel de Rennes qui a demandé la libération immédiate de la ferme, à peine de 50 € par jour d’astreinte.

Succès pour l’opération Sème ta ZAD à Notre-Dame des Landes

5 Oct

aff1tc27.09.2013impr-5e8d7Depuis ce matin, près de 300 personnes sèment sans relâche céréales et arbres sur 24 hectares de terres en friche au coeur de la ZAD, aux Planchettes. Ces terres appartiennent à Vinci et sont situées sur l’emplacement prévu pour une piste de l’ex-futur aéroport nantais. L’opération est commune à la ZAD, au collectif d’organisations paysannes opposées au projet d’aéroport COPAIN et l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport).

Les TGI de Nantes et de Saint-Nazaire ont délivré deux ordonnances interdisant à « quiconque de mettre en culture ou de procéder à quelque plantation que ce soit sur les parcelles situées dans la zone d’aménagement différée (Zad)« , ordonnances d’ailleurs très probablement illégales car toutes les parcelles de la ZAD n’appartiennent pas à Vinci (près de 300 hectares ne sont pas expropriés) et elles troublent donc le droit de tout propriétaire (ou de tout teneur de bail agricole) de jouir de sa propriété ou de son bail. Cependant, la force publique ne s’est pas risquée sur la ZAD.

L’agriculteur Cyril Bouligand, membre de la Confédération Paysanne et du collectif COPAIN44 indique que « l’on sème un mélange céralier :  triticale, épeautre, seigle et avoine » et que « près d’un kilomètre de haies ont été plantées ». Une parcelle fait en effet 19 hectares et a été recoupée en plusieurs plus petites. Pour l’heure, c’est la seule opération de ce genre à l’ordre du jour, mais divers chantiers ont lieu ailleurs sur la ZAD, notamment au Moulin de Rohanne (près de la Saulce) où la maison est en cours de rénovation. Pendant ce temps, des gendarmes mobiles se sont installés dans un hôtel de Treillières, et d’autres logent à Ancenis. Mais s’ils viennent à Notre-Dame des Landes pour s’attaquer aux champs remis en culture, les opposants à l’aéroport disent d’une même voix : « on les défendra ».

Patrimoine de Notre-Dame des Landes : L’ancienne maison noble de la Forestrie

17 Sep
la cour

la cour

Notre-Dame des Landes avant Notre-Dame des Landes. Nous continuons notre série sur le patrimoine remarquable de Notre-Dame des Landes. Au nord du bourg, lorsqu’on s’écarte sur la route de Héric, à deux kilomètres à peine se trouve le village de la Lande. De là, une route s’écarte et va rejoindre le vieil hameau de la Forestrie. Celui-ci tient son nom de la forêt qui l’enserrait jadis, et dont il reste encore un bois assez important.

Un aveu rendu au roi – à l’occasion d’une succession ou d’une vente probablement – décrit la maison noble de la Forestrie, qui consistait alors « en un corps de logis composé de salle basse, cuisine, cellier, chambre et grenier au-dessus, écurie en bout en un tenant, une métairie au devant composée des logements du métayer et de ses bestiaux entre lesquels logis et métairie il y a une cour close, pourpris [ceint] de jardins, vignes et verger, le tout en un tenant, une avenue au bout, le tout grand domaine contenant 11 journaux », soit 5 hectares et demi. Le bois de haute futaie du Jaunais, « clos et fermé » dépendait aussi de cette maison noble qui se trouvait en Héric jusqu’à la création de la paroisse, puis de la commune de Notre-Dame des Landes.

La Roberdière

La Roberdière

Non loin de la Forestrie, mais plus près de la route d’Héric, se trouve la ferme de la Roberdière dont les formes générales – haut toit adouci par des coyaux au nord et au sud, murs épais, poutres, marque aussi une origine plus ancienne que la plupart des fermes de Notre-Dame des Landes, construites entre 1820 et les trente premières années du XXe siècle. Un Calvaire fait face à la ferme, et une croix érigée par la famille Jacques Guillard s’y trouvait déjà avant 1870.

La maison noble de la Forestrie – qui a l’apparence d’une longère – n’a guère changé. La partie ancienne a conservé ses poutres et niches boisées anciennes, ses pierres saillantes, ses murs de 80 cm d’épaisseur. Cependant, la maison a été étendue de part et d’autre. A l’ouest, trois pierres de tuffeau qui se succèdent les unes au dessus des autres sous le toit rappellent un ancien chaînage. Le logis a été étendu et par la suite, une porte d’écurie a été percée en-dessous, à cheval entre la partie ancienne et l’extension. A l’est, la maison a aussi été étendue de six mètres environ, puis un appentis ajouté du côté de la rue par la suite. Le mur pignon porte la date de 1934 tracée dans du mortier. Derrière, deux soues à cochon ont été bâties avec des pierres de granite et de tuffeau manifestement antérieures ; l’une d’elles porte plusieurs dates dont 1887 ; dans celle-ci, un linteau de granit rappelle l’emplacement d’une ancienne porte, donnant sur le nord du logis, et qui a été maçonnée. Devant, une lucarne du grenier a un chaînage fort ancien en calcaire tuffeau.

Une lucarne moulurée

Une lucarne moulurée

La métairie a été probablement agrandie de la même façon, et forme maintenant une très longue longère. L’ancienne « avenue », maintenant cour qui sépare les deux longères n’a pas toujours été une route d’accès bitumée. Jadis, l’on accédait au hameau par un chemin creux et humide qui passait plus au sud, le « chemin rochu » qui menait à Breilvin, village dont le plan formé d’alignements de longères le long d’un axe assez éloigné de la route trahit une certaine ancienneté. Les écoliers du hameau enlevaient leurs galoches pour passer les fondrières du chemin et tant le postier que le docteur ne venaient guère à la Forestrie, qui finit par être quasiment abandonné dans les années 1980. Alors, en dehors des fermiers qui viennent reprendre la ferme, dont le logis est l’ancienne maison noble, seule une grand-mère vit dans l’ancienne métairie, dans des conditions spartiates. Pas d’eau courante, pas d’électricité, sol en terre battue et eau au puits. Les fermes loin des routes étaient alors délaissées. Mais de ventes en retour à la terre, la Forestrie a connu une sorte de regain. L’avenue qui sépare les deux longères se finit en un large chemin qui lui-même s’achève dans un bois, où l’on voit la douve à demi-comblée, large de cent mètres et encore profonde de trois, qui protégeait le village sur son côté est. Le bois aurait servi de cache pendant la Révolution. A la façon des gendarmes mobiles d’aujourd’hui, les patauds, soldats révolutionnaires autrement appelés Bleus, n’osaient guère en effet s’aventurer dans ce pays fait de landes désertes, coupées de vallées boisées et de halliers. Ce pays qui leur semblait si hostile, il était et il est toujours si accueillant à l’âme rebelle des paysans bretons.

La douve à demi-comblée qui protégeait la maison-forte.

La douve à demi-comblée qui protégeait la maison-forte.

 

Article précédent : la Fontaine de l’Epine ou du Champ Fou

NDDL : la folle rumeur d’une intervention imminente contre la ZAD

13 Sep

Ces dernières semaines, la toile bruit d’une rumeur d’intervention policière imminente contre la ZAD, d’ici le 12, et maintenant la semaine prochaine. Cette rumeur a même provoqué une fausse alerte et un montage de barricades frénétiques le 11 sur la ZAD. Qu’en est-il vraiment ? Que faut-il attendre du pouvoir ? D’où vient cette rumeur ? BreizhJournal fait le point pour vous éclairer.

 

 

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une vue de la ZAD près de la Noë Verte cet été

Une intervention imminente ? Impossible pour Sandrine Bélier

Sandrine Bélier, euro-députée EELV du Grand Est, très investie dans la sauvegarde du grand hamster d’Alsace et l’empêchement du projet d’aéroport, trouve « farfelues » toutes les rumeurs sur une intervention imminente des forces de police sur la ZAD. Au moins jusqu’au 17. « C’est une bêtise que l’Etat ne peut pas faire, à moins de se faire taper sur les doigts tout de suite. Le 17, il y a l’audience devant la Commission des Pétitions du Parlement Européen, l’ACIPA sera là, de même que les représentants de l’Etat et de Vinci qui devront convaincre la Commission qu’il n’y a aucune contradiction entre le projet d’aéroport et le droit européen de l’environnement et de l’eau. Jusqu’au 17, aucune intervention policière contre la ZAD n’est possible, l’enjeu est trop important ». Et après le 17 ? « Ça dépendra de la décision de la Commission, et notamment si elle prend la décision d’envoyer sur place une mission parlementaire européenne, ou si elle prend position contre le début des travaux ».

 

Le pouvoir est tellement sûr de son dossier qu’il joue l’obstruction

En attendant, l’Etat clame à qui veut l’entendre que le projet de l’aéroport – et aussi du barreau routier 2×2 voies le desservant, déclaré d’utilité publique le 5 août 2013 – est dans les clous par rapport à la réglementation européenne. Ce qui n’est pourtant pas le cas : l’aéroport est illégal et a cinq ans de retard sur la réglementation européenne. En attendant, le pouvoir essaie de gagner du temps : un vote d’obstruction a uni socialistes et conservateurs pour empêcher l’envoi sur place d’une mission parlementaire, ce que déplorent les Verts, qui notent que si le dossier était si réglo que ça, les socialistes ne joueraient pas la montre ainsi. Cependant, pour Sandrine Bélier, ce n’est que partie remise : « il n’y a pas de refus, la décision n’a pas été prise. La prochaine échéance pour prendre cette décision, ce sera le 17 ».

 

Ayrault n’a rien compris, rien changé

Une hutte en terre banchée, à l'est de la ZAD

Une hutte en terre banchée, à l’est de la ZAD

Dans les colonnes de nos confrères de Presse-Océan début septembre, le sous-préfet chargé de la réalisation de l’aéroport déclarait péremptoirement que « nous ne sommes plus dans le dialogue, mais dans l’instruction » et que « le gouvernement est toujours dans la perspective de réaliser cet équipement ». Tellement que le comité scientifique qui a rendu son étude en avril remettant en cause le projet d’aéroport – en levant douze réserves importantes qui montrent que le projet, en l’état, ne respecte ni le droit français, ni le droit européen de l’environnement – va être remplacé par un nouveau groupement, et ce comité Théodule sera prié d’invalider le diagnostic de ses prédécesseurs. Maintenant qu’elle a été débarquée, l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho s’offre le plaisir d’une douce vengeance sur celui qui n’a jamais cessé d’être le maire de Nantes. Elle a en effet affirmé, interrogée par Reporterre, que « si l’on suit les conclusions de la commission scientifique, en l’état, le projet d’aéroport ne peut être conforme à la loi sur l’eau ». Et il se trouve que « on est obligés » de suivre les dites conclusions. Moralité : le gouvernement est dans l’impasse, quand bien même il réussit à circonscrire l’Europe, car les Bretons l’ont bien compris et ne le laisseront pas faire.

 

Pendant ce temps là chaque camp fourbit ses armes

 

Voici une zone humide : il n'a pas plu depuis trois semaines, c'est le mois d'août, et c'est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Voici une zone humide : il n’a pas plu depuis trois semaines, c’est le mois d’août, et c’est le bourbier quand même. (ZAD, la Noë Verte)

Si le pouvoir décide d’intervenir sur la ZAD, il est obligé de le faire en période hivernale, avant la reproduction des batraciens protégés, tritons marbrés et autres salamandres au printemps. Ce qui laisse une courte période entre le 17 septembre et le mois de février, avec une autre contrainte : la trêve hivernale, fixée du 15 novembre 2013 au 1er mars 2014. Nombre d’occupants de la ZAD sont légaux (loyers, baux verbaux, baux agricoles, propriétaires non expropriés) et d’autres feront valoir au premier policier venu que leur cabane, caravane ou bout de ferme est leur résidence principale, obligeant à un procès en bonne et due forme pour les expulser, ou non. Ce qui a tout de suite une double conséquence : le périmètre des interventions possible est mité et les expulsions sont décalées dans le temps. Résultat, les opérations en perdent tout de suite une grande partie de leur efficacité.

En attendant, chaque camp se prépare. Des forages et des travaux préparatoires ont toujours lieu à l’est de la ZAD. Le 11 encore, le site Zad.nadir signale « Deux camions [de gendarmes mobiles] ont été vu stationnant au cimetière de Notre Dame, un autre circulant sur la route entre l’Epine et le Bois Rignoux. Merci à toutEs pour votre vigilance. Midi : les 2 camions sont maintenant positionnés devant la salle Jules Verne. Une camionnette blanche Biosnet a été vue sur la D281 ». Tandis que des cabanes continuent à pousser un peu partout, l’exploitant de la ferme du Moulin de Rohanne a quitté les lieux le 29 août 2013. Une escouade d’occupants s’est glissée juste derrière pour refaire la maison d’habitation et la rendre habitable dès que possible, ce qui en fait un nouveau lieu occupé. Ladite ferme a un atout intéressant : elle est située à proximité immédiate de l’un des carrefours stratégiques qui verrouillent la ZAD, le carrefour de la Saulce, au sud. Comme vigie pour guetter des pirates en bleus, l’on ne peut rêver mieux.

 

La propagande à destination des acteurs économiques et politiques continue

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un "pré humide" d'où sourd un ruisseau.

Une salle de bain à la pointe est de la ZAD. Derrière, un « pré humide » d’où sourd un ruisseau.

Pendant ce temps, malgré – voire à cause – de l’impasse évidente, la propagande pro-aéroportuaire continue. A la fin de l’été, une association présidée par le maire de Saint-Aignan de Grandlieu a estimé à 5000 les emplois qui pouvaient être créés en sud-Loire par le transfert de l’aéroport. L’estimation, purement gratuite, a de quoi faire rire si ce n’était pas si sérieux. Comment en effet pouvoir prétendre arriver à un tel chiffre quand aujourd’hui, les entreprises françaises croulent sous le poids conjugué de la crise, des normes et des impôts qui minent leur compétitivité, que l’écotaxe risque d’écrouler tout le reste et que conséquence logique, même à Nantes qui est pourtant une des villes les plus dynamiques de la France, des bureaux flambants neufs, peu chers et bien situés peinent à trouver preneurs depuis des mois ? Alors que Vierzonitude s’émeut des dizaines de vitrines vides qui trahissent le manque de dynamisme de Vierzon au centre de la France, des bourgades pourtant jeunes et vigoureuses comme Savenay ou La Chapelle sur Erdre ont-elles aussi des vitrines en bois et des locaux commerciaux ou d’artisans qui peinent à trouver preneur… et ce parfois depuis une décennie. Et l’on ne parle même pas de Paimboeuf ou Issé qui sont des vraies belles au bois dormant du département.

A Châteaubriant, l’ADIC (association des entrepreneurs du pays de Châteaubriant), bien briefée par tous ces fervents soutiens de l’aéroport de Notre-Dame des Landes que sont la CCI et Alain Mustière, président de l’ACIPRAN, vraie-fausse association citoyenne  pro-aéroport, s’apprête à implanter des panneaux « nos entreprises soutiennent l’aéroport du Grand Ouest » sur les terrains de ses membres. La même agit-prop est déployée en direction des entreprises du pays Nantais, dont certaines, abusées par des perspectives miroitantes, ont même déplacé jusqu’à leur siège pour être plus proches de l’ex-futur aéroport nantais. Mais aussi des entreprises du centre de la Loire-Atlantique, de Nort à Savenay.

Autre moyen de diffusion : les notables de l’opposition, principalement UMP et UDI (alliance centriste ou Nouveau Centre) qui gère plusieurs mairies et lorgne sur d’autres dans le secteur. A Blain par exemple, Jean-Michel Buf (UDI) est un fervent soutien de l’aéroport dont – comme bien d’autres notables de droite pendant des décennies – il espère monts et merveilles, notamment que l’équipement accélère l’installation d’habitants et d’entreprises à Blain, dont l’actuelle mairie est très opposée au transfert d’aéroport. Cette mairie de gauche arc-en-ciel (PS, PCF, Verts, Front de Gauche, citoyens non encartés) avait d’ailleurs été élue pour cela, dès le premier tour en 2008 et avait remplacé un maire UDF pâlot qui n’avait su préparer sa succession et attendait lui aussi beaucoup de l’aéroport. Les blinois n’ont pas été déçus : entre autres, les onze élus communistes de Blain ont envoyé une lettre à François Hollande et à leur fédération départementale – la seule de Bretagne et des contrées avoisinantes à soutenir encore mordicus le projet d’aéroport, toutes les autres ayant au moins demandé un moratoire sur les travaux – pour leur dire qu’ils sont contre l’aéroport, quelle que soit l’opinion de leur fédération. Jean-Michel Buf sera très probablement la tête de liste de l’opposition à Blain, et espère « une liste d’union pour virer le kolkhoze », autrement dit la liste de gauche plurielle, effectivement d’autant plus rouge que l’actuel maire socialiste, Daniel Leroux, pourrait ne pas rempiler. Liste d’union sans nul doute, mais pro-aéroport. Lorsque tout ce petit monde se réveillera et que les vapeurs de la propagande instillée par le pouvoir et ses relais économiques (CCI…) sans aucune considération pour les contraintes légales, naturelles et environnementales se seront dissipées, la gueule de bois sera terrible.

Patrimoine menacé de la ZAD : la fontaine de l’Epine

11 Sep
Fontaine de l'Epine

Fontaine de l’Epine

Notre-Dame des Landes avant Notre-Dame des Landes. Nous continuons notre série sur le patrimoine remarquable de Notre-Dame des Landes. Au village de l’Epine, une route part à droite pour rejoindre le moto-cross du Houssais, sur la ZAD. Peu après la traversée de l’ancienne voie de chemin de fer de la Chapelle sur Erdre à Beslé qui permettait aux Chemins de fer de l’Etat de relier Nantes à Redon au plus court, à cent mètres à gauche, une ornière boueuse sur le côté de la route signale une niche de pierre, comme un puits à ciel ouvert. C’est là une fontaine alimentée par les eaux du bassin versant du Plongeon. Pour une raison inconnue, elle est aussi nommée fontaine du Champ Fou.

Cette fontaine se trouve sur le territoire de la ZAD et est menacée si le projet d’aéroport est mené à son terme. Dans les temps anciens, elle permettait d’assurer aux quarante fermes du village de l’Epine – et des hameaux proches – assez d’eau pour les vaches, mais aussi les locomobiles qui entraînaient les machines agricoles au moment des moissons. Aujourd’hui, cette fontaine qui ne tarit pas l’été sert encore aux usages agricoles.

Article suivant : la maison noble de la Forestrie

Un jeu militant Zone A Défendre va sortir à la fin de l’année

13 Août
Une carte du jeu

Une carte du jeu

2013. Toute la France est occupée par les grands projets inutiles et imposés. Toute ? Non. ? Au cœur de la Bretagne, un petit village d’irréductibles résiste encore et encore à un projet d’aéroport, et la vie est dure pour Ayrault, Auxiette et les gardes mobiles retranchés autour de Notre-Dame des Landes.

Bientôt, même si vous êtes aux antipodes de la ZAD, vous pourrez vivre l’aventure en live. Grâce au jeu de plateau « Zone à défendre » pour lequel la souscription vient d’être lancée, et qui sera fabriqué fin septembre pour sortir en décembre, pour Noël. C’est un jeu de société  coopératif et semi-coopératif qui se joue de 1 à 5 joueurs, à partir de 10 ans. Une partie dure entre 60 et 90 minutes.

Le principe est simple. Vous incarnez un zadiste et défendez ces terres agricoles et sauvages, et au-delà, un monde meilleur, plus simple et plus partageur. Il vous faudra acquérir des compétences : planter des légumes, récolter des plantes, développer le clown activisme ou le sabotage, installer des barricades, harceler les forces de l’ordre, mobiliser les soutiens extérieurs… mais gare à la répression, un coup de matraque est vite arrivé et est impitoyable !

Le jeu peut être acquis sur souscription au prix de 25 €. Il sera vendu plus cher à sa sortie. Les bénéfices seront intégralement reversés au « comité de soutien aux inculpés anti-aéroport » et à d’autres Zones à défendre moins médiatisés qui ont aussi besoin de soutien (Avignon, Décines, Morvan, Nice, No-TAV, Belo Monte, Aude et d’autres…).  L’on peut aussi aider par chèque ou virement bancaire (coordonnées ici).

NDDL : le paysan mis en cause pour entrave à la circulation sera jugé le 18 septembre

7 Août
Tracteurs vigilants autour de la ferme de Bellevue (NDDL)

Tracteurs vigilants autour de la ferme de Bellevue (NDDL)

Aujourd’hui avait lieu une audience au tribunal de Nantes pour connaître du cas de Romain, un paysan accusé par les gendarmes de Châteaubriant d’entrave à la circulation après qu’il ait garé son tracteur devant leur gendarmerie. Il participait à un rassemblement de soutien à un paysan arrêté sur la ZAD et retenu dans les locaux de la gendarmerie castelbriantaise.

Le procureur a requis un mois avec sursis, dans sa précédente plaidoirie, il tonnait encore en demandant deux ans et demi ferme et la suspension du permis de conduire. De son côté la défense imperturbable demande toujours la relaxe. Cyril Bouligand, du collectif d’organisations paysannes Copain 44, dénonce « le procureur qui fait du zèle par rapport au ministère public qui essaie de condamner à chaque fois qu’il y a interpellation sur la ZAD, mais dès qu’on se rend devant le tribunal on constate qu’il n’y a guère de contenu dans ce qu’ils nous reprochent ».

Depuis le début de la lutte, 200 interpellations ou gardes à vue ont eu lieu pour toutes les composantes de la lutte, une quarantaine de procès ont été menés qui ont abouti à plusieurs condamnations fermes, et à 10 mois de suspension de permis pour un agriculteur. Le 10 septembre encore, les 18 personnes nommées comme occupants de la ferme de Bellevue comparaîtront à Rennes, en appel. Les échéances judiciaires continuent à tomber, serrées. Pour Romain, le tribunal a renvoyé son délibéré au 18 septembre.

Ce week-end Notre-Dame des Landes enterre le projet d’aéroport en musique

31 Juil

affiche-ndl-2013-a4-e93c5Tryo, Bred’Irie, les Ramoneurs de Menhir, Sanseverino, Hamon Martin Quintet… l’affiche a de quoi donner le tournis. Le 3 et le 4 août, l’ACIPA et la coordination de paysans hostiles au projet d’aéroport organisent le traditionnel rassemblement de Notre-Dame des Landes, en Bretagne. Mais il aura d’autant plus d’impact que la ZAD a traversé cet automne et cet hiver six mois d’un hiver rythmé d’affrontements avec les forces de l’ordre et le gouvernement, qui ont perdu le bras de fer avec les paysans et occupants de la zone.

Alors que le bruit d’un probable abandon de l’aéroport commence à fuiter de toutes parts le rassemblement devrait sortir de la torpeur estivale la lutte contre l’aéroport. Pendant deux jours se succéderont rencontres, conférences, informations et concerts autour de la lutte à Notre-Dame des Landes mais aussi des divers grands projets inutiles et imposés (GPII).

Télécharger le programme du festival de l’ACIPA

Le site du rassemblement est lui aussi emblématique. Situé sur un champ oblong, il se trouve non loin du croisement des Ardilières, porte d’entrée de la ZAD au nord qui donne notamment accès à la route RD281 – maintenant célèbre depuis qu’elle a été barrée avec des chicanes par les opposants, « définitivement » fermée par le conseil général de Loire-Atlantique – soutien farouche du projet d’aéroport – et non moins définitivement réouverte par les paysans qui avaient besoin d’accèder à leurs champs.

De son côté, les zadistes ont organisé en marge du rassemblement de l’ACIPA un festival off – intitulé le ZAD’nard déchaîné – dont la programmation laisse largement la place au punk, à l’életro et au rap engagé. Les concerts et spectacles, soutenus par un important sound system, commenceront dès l’après-midi du 2 août et se termineront dimanche 4. Cette manifestation n’a pas été déclarée et le maire de Notre-Dame des Landes a pris un arrêté pour interdire cette réédition estivale du Festizad de cet hiver.  Bien que la gendarmerie de Blain soit chargée de faire appliquer l’arrêté, il est peu probable qu’elle se fourre dans le guêpier et essaie d’évacuer les zadistes, qui ne sont guère plus émus que ça par l’arrêté de l’édile.

Dimanche matin, pour rejoindre le site du festival, un bus cycliste est prévu avec Vélorution Nantes. Il partira du parvis de la cathédrale nantaise à 9h30 et aussi Saint-Herblain devant Decathlon Atlantis à la même heure. L’arrivée sur place est prévue vers 11 heures. Les coordonnées GPS du site du rassemblement sont les suivantes 47.370237,-1.727561 Des parkings ont été prévus largement aux alentours, sur plusieurs parcelles agricoles le long de la RD81, des deux routes qui la relient au bourg de Notre-Dame des Landes (depuis les Ardinières et la Marchandais) et du chemin vicinal qui mène des Ardinières au Chêne des Perrières, et de là au Temple de Bretagne.

 

Programmation du festival off

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L’aéroport de Notre-Dame des Landes abandonné ?

10 Juil

asilairNotre confrère Jean-Patrick Grumberg, de Dreuz – site d’information francophone, pro-israélien et plutôt opposé au pouvoir en place – a annoncé que le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, si cher au Premier Ministre Jean-Marc Ayrault sera abandonné. Selon leur source – qui tient à conserver son anonymat pour éviter des sanctions –, « une étude confidentielle est en cours pour adapter Nantes-Atlantique » où « une piste fermée serait rouverte ». Des informations qui pourraient être confirmées dans les semaines à venir.

Nous sommes en mesure de préciser qu’une étude a effectivement lieu pour Nantes-Atlantique, mais elle n’a rien de confidentiel. Comme nous l’écrivions il y a quelques jours  cette étude doit « approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements » sur la base d’une fréquentation par 5, 7 ou 9 millions de passagers. Officieusement, il s’agit à la fois de confirmer les chiffres donnés par l’Etat en justification au projet – chiffres largement bidonnés, comme nous l’avons démontré et de se pencher sur divers problèmes liés à l’aéroport : desserte entre l’aéroport et le centre-ville, manque de parkings pour les avions, plan d’exposition au bruit, agrandissement ou non sur place.

La plateforme étant enserrée entre la ville (au nord et à l’est), l’usine Airbus (au nord-est), une zone industrielle (au sud et au sud-est), une zone militaire non déminée et des hameaux (à l’ouest), il existe quatre solutions techniques pour agrandir la capacité de l’aéroport : exproprier vers l’ouest, afin d’allonger la piste sécante jadis existante. Contestation garantie. Se contenter de la piste sécante existante (fermée), mais qui est très courte, sauf pour les petits monomoteurs. Construire une piste parallèle, qui sera un peu plus courte et plus à l’ouest que l’existante. Enfin, établir un seuil décalé sur la piste actuelle (une piste physique, deux ILS, deux pistes réglementaires)  comme à Francfort-sur le Main ou à Albi. Le commandant de bord d’Air France et pilote chevronné Jacques Darolles explique le fonctionnement de ce seuil décalé dans son récit nommé « Monsieur est un esthète » sur la Pilotlist. Si bien que la montagne de Notre-Dame des Landes risque d’accoucher d’une souris à Nantes-Atlantique. Ou d’une piste.

Même si les médias français (hors Médiapart, TerraEco et le Journal de l’Environnement) et Bretons (hors BreizhJournal suivi une semaine plus tard par le Télégramme) ont été très discrets sur les conclusions en avril dernier des experts de la commission scientifique, ceux-ci ont pourtant mis un coup d’arrêt au projet en préconisant, pour qu’il revienne dans les clous de la légalité européenne et française, divers procédés (révision de la compensation des zones humides, vraie étude des biotopes etc.) qui obligent à un an, sinon deux ans d’études préalables et d’enquêtes publiques neuves avant de donner le premier coup de pelle. De quoi définitivement couler la concession – l’aéroport devant être inauguré avant le 1er janvier 2018 – et faire payer 80 millions d’euros à Vinci par l’Etat. C’est un secret d’Etat mal gardé, mais l’aéroport de Notre-Dame des Landes, en sus d’être ruineux et inutile, est complètement illégal  et fait tiquer l’Union européenne. De quoi placer le gouvernement dans une impasse politique, qui se double d’un imbroglio très local alors que les municipales se profilent : la Loire-Atlantique est en effet l’un des rares départements où la gauche espère gagner des communes, sinon éviter des pertes, la droite locale étant encore moins performante  que la gauche au pouvoir. Enfin, dernier argument de poids : alors que le budget 2014 paraît impossible à boucler, tant il manque de milliards d’euros à l’appel, lâcher le projet d’aéroport permettrait d’économiser et de geler les dotations aux collectivités territoriales concernées.

Le ministère des Transports devrait mettre fin aux tergiversations à l’automne, en publiant (ou pas) le calendrier prévisionnel des travaux qui tiendrait compte – enfin ! – des obligations légales prévues par la loi-cadre européenne sur l’eau… du 16 décembre 2008. D’ici là, il est fort probable que l’Europe envoie au début de l’automne une mission parlementaire sur le terrain, ce qui ne manquera pas d’enfoncer un peu plus le projet. En attendant, les bruits d’un probable abandon du projet ne peuvent que remettre du baume au cœur de la partie écologiste de la majorité – devenue très utile maintenant que le gouvernement a perdu huit législatives partielles à suivre, dont quatre sièges de députés PS – et dont les Verts représentants se demandent s’ils n’ont été les dindons (bio) de la farce en 2012.

Le gouvernement se penche sur l’amélioration de Nantes-Atlantique

6 Juil

desserte-NAOfficiellement, sur Notre-Dame des Landes, la position du gouvernement peut se résumer au slogan du Printemps Français : « on ne lâche rien ». En pratique, devant la forte hostilité du Parlement Européen  à l’encontre d’un projet d’aéroport totalement illégal en droit européen depuis cinq ans et en droit français depuis quatre, le gouvernement – Ayrault en tête – se voit forcé d’avaler quelques couleuvres, d’autant plus que les municipales ne sont pas loin et s’annoncent mal pour la gauche.

L’Europe, justement, a demandé un complément d’information au gouvernement et s’apprête à envoyer une mission parlementaire à l’automne. Si bien que si le gouvernement a claironné – par la voix des caciques socialistes de la région des Pays de Loire – que les travaux reprendraient « à l’automne » puis « à la Toussaint », il ne s’avance plus sur aucun calendrier de travaux. Il fait bien : les travaux préparatoires avaient continué ces derniers temps en toute discrétion. Peine perdue : les forages ont été empêchés par les paysans, tandis que les zadistes sont allés visiter à plusieurs reprises le chantier de déplacement d’une ligne électrique, préalable à l’agrandissement d’un chemin autour de la ZAD. Moralité : en quelques mois, quelques poteaux plantés, et encore ont-ils été récemment sérieusement abîmés. Avec ces rythmes de construction records, l’Ayraultport n’est pas près de décoller.

Le ministre des Transports Cuvillier a annoncé le 28 juin l’étude d’un réaménagement de Nantes-Atlantique pour « approfondir l’évaluation des coûts du réaménagement de l’actuelle aérogare et des stationnements » sur la base d’une fréquentation par 5, 7 ou 9 millions de passagers. Officieusement, le but est de confirmer les chiffres officiels déjà donnés en appui au projet de Notre-Dame des Landes, c’est-à-dire que Nantes-Atlantique ne pourrait faire face à 9 millions de passagers. Mais les derniers mois ont permis de montrer – y compris sur BreizhJournal – que les 9 millions de passagers que Vinci vise pour…2065 (!)  sont un chiffre complètement fantaisiste et passablement dopé aux EPO.

Un autre argument risque de faire irruption dans le débat : l’Etat n’a (vraiment) plus d’argent, et s’apprête à couper le jus aux collectivités locales via les dotations. Onze milliards d’impôts divers prévus ne sont pas rentrés dans le budget 2013 : les recettes de TVA se sont effondrées, les gens ne consomment plus, celles de la TIPP (taxe sur les carburants) aussi, puisqu’ils roulent de moins en moins, surtout s’ils perdent leur travail, l’assurance-maladie et les caisses de retraites sont un champ de ruines du fait de la crise économique, et ainsi de suite. Au prochain budget, ce sont plusieurs dizaine de milliards qui manquent à l’appel. Un constat qui explique la dureté de la commission Duron qui a mis au placard la majeure partie des projets LGV et autoroutiers prévus, à commencer par la ligne TGV Lyon-Turin  (TAV).  Pour que le gouvernement, à huit mois des municipales, se décide à heurter des cohortes d’élus locaux en tous genres, y compris des socialistes, qui tenaient à ces grands projets pour leur réélection, c’est qu’il y a sérieusement le feu au lac. L’argument de la crise risque de devenir la première raison du désengagement de l’Etat, ou tout au moins un argument fort des opposants pour l’appeler à se retirer et laisser tomber l’Araultport.

Loin de toutes ces tensions budgétaires, l’association britto-angevine de citoyens « proposants » dans le domaine des transports Nexus  profite de la réévaluation de l’aéroport pour proposer de remettre en service la ligne de chemin de fer qui relie Nantes à l’aéroport de Nantes-Atlantique. Celle-ci est actuellement une ligne réservée au trafic des marchandises quasi inutilisée qui aboutit dans le domaine des activités aéroportuaires (D2A) en passant devant l’Aérogare et l’usine Airbus. Ancien tracé de la ligne de Nantes à Sainte-Pazanne, elle se débranche de l’actuelle ligne au nord de l’aéroport pour filer tout droit vers l’aérogare, tandis que l’actuelle ligne fait le tour. L’association propose d’établir une station devant l’usine Airbus (actuellement seulement desservie par le bus Tan, de l’autre côté) et une « gare ferroviaire performante » à l’aéroport, puisqu’il y a largement la place afin de mettre « 1.300.000 personnes à moins de 60 minutes de l’aéroport » via la liaison ferroviaire nouvellement créée. De quoi limiter l’extension des parkings – et les dépenses qu’ils engendrent, tant pour l’aéroport que les usagers – et rendre l’aéroport plus attractif.

La chaîne humaine réunit 40.000 personnes à Notre-Dame des Landes

11 Mai

Depuis ce matin, des milliers de personnes convergent sur la ZAD pour participer à une immense chaîne humaine sur un parcours de 25 km  tout autour du site de l’ex-futur aéroport nantais, en passant par le bourgs de Notre-Dame des Landes au nord, les carrefours des Ardinières et du Chêne des Perrières à l’ouest, Vigneux et la Paquelais au sud, et le village de Chanais sur la route de Grandchamp des Fontaines à l’est.

La préfecture annonce une affluence ridicule et se discrédite

aéroport-crxL’affluence a été estimée par les organisateurs à 40.000 personnes ; la préfecture a annoncé 3.000 personnes à 10h, 5.000 à 11h, 8.000 à midi pour s’arrêter à 12.000 à 14h, ce qui est mathématiquement impossible. Dominique Fresneau, de l’ACIPA, explique : « Il y avait des gens qui se donnaient la main sur tout le pourtour de la chaîne, sur 25 km, soit 25.000 personnes. A 13h30 déjà, le tour était joué, mais les gens continuaient à affluer. Après vérification des images prises par les médias présents sur le site, nous confirmons le chiffre des 40.000 personnes, la valeur d’une chaîne humaine et demi ».

Et les chiffres de la Préfecture alors ? « On peut contester l’affluence d’une manifestation en ville », concède Dominique Fresneau en se référant à la polémique répétée sur les chiffres de la Manif pour Tous  « mais il est impossible de contester pour une chaîne humaine ou vraiment, tous les participants ne sont pas des surhommes et ne prennent pas dix mètres à eux seuls ; bref, la préfecture se discrédite complètement ». En vérité, comme pour la Manif pour Tous, la chaîne humaine dérange le gouvernement et le Premier Ministre. Consignes ont été données de minimiser l’événement, dans le but de diminuer l’importance du camouflet et essayer de le passer sous silence. Raté.

« Les gens restent mobilisés »

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Encore un panneau original sur le site, la version bretonne de la Manif pour Tous (Twitter Frederic Landais)

Les eurodéputés EELV (Sandrine Bélier, Jean-Jacob Bicep, José Bové, Karima Delli, Yannick Jadot et Eva Joly) ont participé à la Chaîne Humaine. Depuis que l’on est presque sûrs – du fait de l’opposition de l’Europe à voir le droit bafoué – que le projet ne se fait pas, EELV s’oppose en bloc à l’aéroport, oubliant et ses ministres au gouvernement, et ses incertitudes passées, et le fait que le parti des Verts avait accepté que le nucléaire et l’aéroport soient écartés de l’accord électoral avec le PS. Au premier rang d’entre eux, Sandrine Bélier qui s’est beaucoup investie dans le dossier  notamment en portant le dossier du recours devant la commission des pétitions du Parlement Européen qui a permis aux instances européennes de se mêler du dossier et de faire pression sur la France, devant les illégalités flagrantes du projet. Des élus de tous bords, notamment François de Rugy, député Vert qui ne cache pas ses ambitions pour la mairie de Nantes, étaient présents.

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine - ChristoMiche sur Twitter

Cyclistes parisiens venus pour la Chaine Humaine – ChristoMiche sur Twitter

La chaîne humaine n’a finalement pas réuni plus de personnes que la manifestation de réoccupation du 17 novembre, est-ce un handicap ? « L’affluence même en période apaisée, avec moins de risque immédiat pour la ZAD montre que les gens restent fortement mobilisés contre l’aéroport ». Quarante-cinq cars, majoritairement des cinq départements de Bretagne, mais aussi de l’Isère, de Toulouse ou du Loiret, sont venus sur le site ; de nombreuses personnes avaient choisi de venir la veille ou l’avant-veille et passer quelques jours de ce long week-end sur la ZAD. « Le temps ne nous a pas aidé, mais finalement la météo était bonne dans l’après-midi, les gens étaient sur les routes, au sec, il y avait plus de familles aussi, c’était très serein », poursuit Dominique Fresneau.

Beaucoup de personnes devraient finir leur journée au festival de soutien aux Planchettes. Hier, il y avait près de 5000 personnes sur le site, aujourd’hui ils pourraient être le double à enterrer le projet en musique, au cœur de la ZAD. Une mobilisation qui est aussi le succès collectif des 500 bénévoles qui se sont relayés pendant ces deux jours pour une organisation fluide et sans accrocs.

Album photos de la Chaine humaine : cliquez sur le lien

NDDL : la chaîne humaine dans les starting-blocks

10 Mai

chaîneA la veille de la grande chaîne humaine préparée par les opposants pour montrer leur détermination et le soutien populaire à « enterrer le projet » d’aéroport, de toute façon illégal  et pour cela complètement condamné par les experts scientifiques il y a un mois, nous avons posé quelques questions à l’organisateur officiel, Simon Roullaud. Négos avec la Préfecture, changements de dernière minute, affluence, voici les dernières nouvelles, en direct de Notre-Dame des Landes.

 

Compromis. Contrairement à toute attente, la Préfecture n’a pas essayé de faire pression sur les opposants : « c’était plutôt une bonne ambiance », tient à souligner Simon Roullaud, « ils cherchaient plutôt à trouver des solutions, des compromis. Le seul problème c’est qu’il a tout fallu régler ou presque à la dernière minute ».

 

Verre à moitié plein. Les principales négociations portaient sur les autorisations et l’accès aux secours. La manifestation se compose d’une chaîne humaine de 25 km autour de la ZAD  et d’un concert de soutien le soir, au beau milieu de la ZAD près de la RD281 toujours barricadée par des chicanes. « Pour la chaîne humaine, nous avons eu l’autorisation, pour le concert, non », résume Simon Roullaud. Pourquoi ? « Le lieu du concert est en plein milieu de la ZAD sur un terrain de AGO-Vinci (déjà exproprié), fallait avoir l’autorisation du propriétaire, fallait pas rêver ».  En revanche, ils ont obtenu l’accès des secours : « il a fallu déplacer l’accès au concert, qui ne se fera plus par le nord, mais par le sud, pour un meilleur passage des secours. Du coup, même si toutes les responsabilités sont sur notre dos – ce n’est pas la première fois, on a l’habitude – le concert présente toutes les garanties de sécurité ».

 

Présence policière. La Préfecture n’avait pas trop intérêt à aller jouer les matamores. D’abord parce que les forces de l’ordre sont assez défavorablement connues dans les parages et ensuite parce qu’il n’y a pas assez de policiers et de gendarmes pour protéger les lieux de pouvoir dans une France de plus en plus gagnée par le Printemps Français et le mécontentement. Même encasernés, les CRS passent leur temps à Paris et leurs folles journées se traduisent par un manque d’attention flagrant  sur la route. Par conséquent, la Préfecture n’a pas trop insisté : « les forces de police seront très au large », et « les accès à la manifestation seront complètement autogérés par les organisateurs ».

 

Zadistes. Ces dernières semaines, certains – y compris parmi nos confrères – avaient cherché la petite bête ou la grosse fracture parmi les opposants en insistant sur le manque d’enthousiasme parmi les zadistes – comprendre, les occupants de la ZAD autres que les paysans, propriétaires et locataires légaux – à s’investir dans un événement qu’ils jugeraient « démesuré » et « imposé ». Simon Roullaud avoue « un manque de pédagogie, mais le problème, c’est qu’il y a une telle horizontalité et tellement de lieux de vie qui vivent chacun de leur côté qu’il aurait fallu passer quinze jours sur la ZAD pour tout expliquer et vu le boulot énorme pour tout organiser, on n’avait tout simplement pas le temps ». Des soucis qu’il estime arrangés « il y a eu une réunion il y a quelques jours avec les zadistes, l’ambiance est très bonne, il y a plein de gens sur la ZAD qui sont chauds pour la chaîne humaine ». Bref, il appelle à « ne pas prendre l’hostilité d’une poignée de personnes » pour la voix de la ZAD toute entière.

 

Combien ? Pour l’heure, il n’est pas possible pour les organisateurs de se prononcer sur l’affluence qu’il pourrait y avoir demain. Trop de paramètres en jeu. A commencer par la météo. « Il y a eu beaucoup plus de travail que pour la manifestation de réoccupation du 17 novembre », explique Simon Roullaud. Notamment, le site, 1000 panneaux fabriqués et plantés partout en France. « Cependant, le 17 novembre, on était dans l’émotion. Là, on sait qu’il n’y aura probablement pas de travaux dans l’année à venir, le projet est gravement compromis, il y a un certain relâchement des deux camps, et on n’est plus dans l’émotion, mais dans la volonté durable ». Cependant, il consent à nous dire que le site a été visité 55.000 fois et que la souscription proposée a permis de « couvrir un tiers du budget » de l’événement. Il devrait toutefois y avoir au moins 20.000 personnes – c’est le nombre minimum pour faire une chaîne humaine sur l’itinéraire choisi, tout autour de la ZAD. Sans conteste, sur un site cette fois enfin libéré et des forces de police et des engins de chantier, seule l’affluence permettra d’évaluer la force du soutien populaire à l’abandon du projet d’aéroport. A demain !

 

Où, quand, comment, pourquoi ? S’informer et venir sur http://www.chaine-humaine-stop-aeroport.org

Fest-noz contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes ce soir à Pont-Péan (35)

20 Avr

bigouden-nddlA l’affiche Hamon/Martin Quintet ; Kedal ; Tan Arvest ; Ifig ha Nanda Troadec et Hamon/Leroy pour soutenir la lutte contre l’aéroport de Notre Dames des Landes. Le fest-noz est organisé par le collectif rennais de soutien aux opposants à l’aéroport. Il a lieu à partir de 20h00 à l’espace Beausoleil de Pont-Péan, au sud de Rennes sur la RN137 (gare de Bruz).
Renseignements sur le site. Entrée : 6€.

Aéroport de Notre-Dame des Landes : le CNPN enterre le projet

16 Avr

Le comité permanent du Conseil National de la protection de la nature s’est réuni le 10 avril au sujet de Notre-Dame des Landes. Les autorisations dont Vinci a besoin pour déplacer les espèces naturelles protégées et pour porter atteinte aux zones humides via la loi sur l’eau sont accordées par le CNPN. C’était à ce jour l’un des plus gros verrous internes à l’ordre juridique français qui s’opposait à la poursuite du projet. Il n’est pas près de sauter.

Le comité s’est réuni au sujet du rapport de la Commission Scientifique, une vraie bombe dont l’importance est minimisée par le gouvernement et qui conduit surtout à enterrer le projet. Définitivement. Le conseil national pour la protection de la nature l’a accepté. Il a fait plus encore : il s’y est rallié et le soutient, lui donnant un tout autre impact. Le comité permanent « fait sienne les douze réserves présentées dans le rapport et demande qu’elles soient effectivement prises en compte par les maîtres d’ouvrage », Vinci-AGO et l’Etat.

 

Deux ans d’études préalables à nouveau nécessaires

asilairLe comité permanent du CNPN recommande donc, conformément au rapport de la commission d’experts scientifiques, la réalisation de « compléments à l’état initial », soit d’études, « sur une période d’au moins deux années », ce qui couvre des études de la biodiversité, des biotopes, des flux hydrologiques… et surtout a comme conséquence que jamais la date d’ouverture de l’aéroport à 2017, ni même à 2018, avancée encore par le gouvernement, ne pourra être tenue; donc il faudra renégocier complètement le contrat de concession, qui prévoyait une date limite au début de 2018, et surtout refaire les études d’impact et l’enquête pour une nouvelle déclaration d’utilité publique, puique l’actuelle deviendra caduque. Surtout, comme pour étudier la biodiversité il faut porter atteinte le moins possible au milieu auquel on s’intéresse, les travaux doivent être suspendus, les opérations policières aussi.

Le comité poursuit en reprenant le grief relevé par le collège d’experts de la commission scientifique, à savoir « l’inopérance de la méthode pour déterminer les mesures compensatoires » et rappelle que cette méthode a servi pour l’examen des dérogations à la protection stricte des espèces qu’il a examinées le 5 juillet 2012. Le comité permanent du CNPN « considère que les demandes de dérogation qu’il a examinées doivent être revues avec la nouvelle méthode validée ». Sans autorisation de déplacement des espèces, pas de travaux possibles.

Infligeant un cinglant désaveu au gouvernement et à sa communication officielle – selon laquelle seul le rapport de la commission de dialogue, écrit pour empêcher le gouvernement Ayrault de trop perdre la face – et ses plumes – dans l’histoire – le comité permanent du CNPN achève le travail en tirant à la mitrailleuse lourde : « le CNPN demande à l’Etat, dans le cadre du projet de loi-cadre biodiversité, de revoir la procédure d’instruction des projets d’aménagement du territoire, afin d’instaurer l’indispensable articulation entre les dispositifs en place (étude d’impact, dérogation espèces protégées, incidence loi sur l’eau, fouilles, enquête publique) et le calendrier de réalisation des projets ». Bref, ce qui veut dire que la conception et le calendrier du projet de Notre-Dame des Landes ne prenait absolument pas en compte les obligations légales d’étude et de protection des milieux et des espèces. Donc que le projet est illégal, comme nous l’écrivions encore le 22 novembre dernier.

Télécharger l’avis du comité permanent du CNPN