NDDL : l’aéroport risque d’inonder Blain

20 Déc

Entre Blain et les Domaines, au cœur du futur projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, il y a 15 km à vol d’oiseau. A priori, ce n’est pas une commune directement impactée par le projet, qui touche surtout Notre-Dame des Landes et Vigneux. Alors pourquoi l’aéroport présente un risque potentiel pour Blain ? La faute à l’eau – encore elle. Suivez le guide, bienvenue en Bretagne Zone Humide.

L’emprise du projet d’aéroport est formée de 1600 hectares de landes, de vallons et de prairies. Ceux-ci forment un château d’eau qui porte sur deux bassins versants, la Loire et la Vilaine. D’ouest en est, aux abords de la ZAD, on trouve des ruisseaux qui se jettent dans l’étier de Cordemais et de là dans la Loire aval (communes du Temple, Cordemais), deux ruisseaux qui se jettent dans le Canal de Nantes à Brest en amont de Blain, celui de la Goujonnière et celui du Plongeon (communes de Fay, Notre-Dame des Landes, Blain), et deux qui se jettent dans l’Erdre, l’Hocmard, assez loin à l’est de la ZAD (communes de Grandchamp, Sucé, la Chapelle sur Erdre) et le Gesvres qui borde la ZAD au sud (Vigneux, Treillères, la Chapelle sur Erdre) avant de se jeter dans l’Erdre à la Jonelière, au nord de la commune de Nantes. L’Erdre se jette dans la Loire à Nantes et le Canal coule vers la Vilaine à partir du bief de partage du Bout de Bois (commune d’Héric), à 15 km à l’est de Blain.

La ZAD : une éponge vitale

Or, il se trouve que si les 1600 hectares de la ZAD doivent être prélevés pour faire l’aéroport, et donc bitumés ou bétonnés, ils doivent être remplacés à l’identique, par voie de compensation. Ce qui consiste à créer ailleurs des zones humides semblables. Impossible puisque 98% de l’emprise du projet est constituée de zones humides. D’où l’illégalité du projet faute de compensation quantitative de zones humides. Un recours a été introduit par deux associations qui contestent l’utilité de l’aéroport, l’ACIPA et la CédPA, pour non-respect par le projet des directives européennes sur l’eau, devant la chambre des pétitions du Parlement Européen. La pétition sera examinée fin mai et pourrait déboucher sur une condamnation de la France par la Cour de Justice de l’UE.

Or la compensation est surtout impossible du fait de l’emplacement géographique du projet. Dans le plat pays qu’est la Loire-Atlantique (points culminants : 115 mètres près de Fercé et le terril à 220 mètres au-dessus du niveau de la mer à Abbaretz), l’emprise de la ZAD constitue une sorte de haut plateau dont l’altitude varie de 58 à 80 mètres. Une lande gorgée d’eau, couverte de prairies, de bois et de vallons, dans lesquels coulent des ruisseaux intermittents ou permanents. Leur débit varie de jour en jour et selon les saisons. Ils se regroupent à quelques centaines de mètres de la ZAD et descendent à faible pente, ponctuée de prairies humides, vers le Canal au nord et l’Erdre à l’est. Il faut se représenter la ZAD comme une éponge qui capte le gros des précipitations hivernales et les restitue toute l’année par ses ruisseaux. Qu’arrivera-t-il si l’éponge – les zones humides qui captent et retiennent l’eau – est remplacée par du bitume ? L’eau, qui ne sera plus retenue, dévalera rapidement dans les ruisseaux, érodera les pentes et les terres, formera des torrents qui déferleront partout l’hiver.

Or, la ZAD est partagée entre trois bassins versants. Au nord-est, sur 5% de sa superficie, celui du ru de Curette, affluent de l’Hocmard, qui se jette dans l’Erdre. Sur sa bordure sud-sud-ouest, sur 15% de sa superficie, celui du Gesvres, dans lequel coulent six ruisseaux permanents ou intermittents issus de la ZAD. Et enfin 80% de sa superficie dépend du bassin versant du Plongeon, qui se jette en amont de Blain.

Impacts marginaux sur le Gesvres et le ruisseau de la Goujonnière

Carte des cours d'eau qui prennent leur source sur la ZAD et de leurs bassins versants.

Carte des cours d’eau qui prennent leur source sur la ZAD et de leurs bassins versants.

L’emprise du projet aéroportuaire est bordée au sud par le ruisseau du Gesvres. Sur les communes de Vigneux – où est sa source – et de Treillières, il est alimenté par 20 ruisseaux intermittents ou permanents, dont 6 coulent depuis la ZAD. Lorsque le rû de la Frémière – la première partie du Gesvres – s’élargit, le ruisseau coule dans un vallon en U assez large et bas pour lui permettre un lit majeur où il s’étend l’hiver, limitant l’impact de ses crues. Le Gesvres a la place de s’écouler, et seulement six de ses branches – pas les plus grosses – coulent depuis l’emprise du futur aéroport. Même si elles deviennent des torrents, l’eau qui arriverait en plus aurait un impact limité sur la tenue du ruisseau pendant les crues.

Le même constat peut être fait pour le ruisseau de la Goujonnière, au nord-nord-ouest de la ZAD. Son bassin versant très allongé s’étire sur 42km² le long des 19 km du ruisseau, qui prend sa source au Thiemay, à l’ouest de la ZAD, et se jette à l’est de la forêt de la Groulaie. Constitué de deux grandes branches qui coulent à l’ouest de la ZAD, et alimenté par quatre affluents plus bas sur son cours, il n’est qu’indirectement impacté par l’artificialisation de l’emprise de l’aéroport. Celle-ci ne changerait pas significativement la quantité d’eau qu’il recevra.  En revanche, les zones humides qui bordent ce ruisseau (prairies…) seraient plus sollicitées par les eaux qui dévaleraient depuis l’aéroport projeté.

Le Plongeon : une menace pour Blain

Tout autre est la situation du Plongeon. Ce ruisseau, qui draine un bassin  versant de 61 km², est formé de deux branches, le ruisseau de la Piclotais à l’Arche du Fouan, subdivisé en trois affluents dont deux prennent leur source sur la ZAD, et le ruisseau de l’Epine dont les quatre affluents proviennent aussi de l’emprise du futur aéroport. Le cours est renforcé en aval, après le franchissement de la RD16, d’un rû qui draine le terrain situé à l’est du bourg de Notre-Dame des Landes et un autre ruisseau à la hauteur de Saint-Emilien de Blain. Le cours d’eau se jette dans le canal près du pont neuf de la RD164 à l’écluse du Terrier, à 1.2 km en amont du ruisseau de la Goujonnière précité et à quatre km du bourg de Blain.

Zones actuellement inondables dans la ville et ses abords par une crue hivernale de moyenne ampleur

Zones actuellement inondables dans la ville et ses abords par une crue hivernale de moyenne ampleur

Le bourg de Blain, qui culmine à 26 mètres au pied de son église, a plusieurs zones inondables dans ses limites et à ses abords. Les crues du Canal peuvent inonder à l’ouest la prairie de la Paudais à la Suardais, la cité Saint-Laurent (terrain de foot, station d’épuration), les basses prairies entre Magouët et le Château, au centre le quartier du port, et à l’est la Prée. Deux cours d’eau alimentés par les ruisseaux bien nourris de la forêt du Gâvre plongent sur la ville : celui du Perche, qui s’unit au Canal à l’écluse de la Prée, et celui du Courgeon, qui arrive dans la ville par les anciens abattoirs (Champion) et se jette dans le canal à l’est du port. Outre la vaste tranchée qui a été creusée pour accueillir ses crues dans la zone commerciale du Champion, un val planté de peupliers n’est pas urbanisé – sauf un lotissement sur une butte – et est de temps à autre inondé.  Lors des crues saisonnières ou quinquennales, il n’est pas rare de voir le Port, les abords de la Paudais, la Prée et le val du ruisseau du Courgeon inondés. L’urbanisme s’est fait en conséquence. Mais si, du jour au lendemain, il y a beaucoup plus d’eau dans le ruisseau du Plongeon, rien n’est prévu.Nous avons réalisé une carte des bassins versants et des cours d’eau qui prennent leur source sur la ZAD. Coloré de vert, le bassin versant du Plongeon. Coloré de brun, celui du Gesvres. A l’intérieur du périmètre schématisé de la ZAD (en rouge), la partie qui dépend du bassin versant du Gesvres est hachurée en brun et celle du bassin versant du Plongeon en vert. En bleu sont représentés les rûs et ruisseaux, qu’ils soient intermittents ou permanents. La ligne noire est celle de la voie ferrée qui traverse la ZAD (ancienne ligne Beslé – Blain – Nantes). Cette carte et son agrandissement sur la ZAD sont librement téléchargeables en cliquant sur les liens ci-dessous.

Carte des bassins versants du Gesvres et du Plongeon

Agrandissement au niveau de la ZAD

Une menace insuffisamment prévue

Agrandissement sur la ZAD et ses abords

Agrandissement sur la ZAD et ses abords

Or, si l’étude des ruisseaux figure dans les annexes au projet d’aéroport liées à la loi sur l’eau, pièces que nous mettons à disposition. Mais elles se focalisent sur les communes directement impactées par le projet d’aéroport, alors même que c’est Blain – et les communes en aval sur le Canal, soit Guenrouët, Fégréac, Sévérac, Redon même, qui sont concernées si des milliers de m3 d’eau auparavant retenues par la grande éponge qu’est la ZAD dévalent sans contrôle depuis les pistes du futur aéroport jusque dans le Canal. En effet, si l’aéroport se fait, le château d’eau qui éponge les précipitations sur 1600 hectares disparaît – sans possibilité de compensation équivalente, car il est géographiquement et hydrographiquement irremplaçable. Ce sera donc mécaniquement plus d’eau l’hiver dans le canal, un changement des hauteurs des biefs – et donc de leur gestion tout au long de l’année, une diminution des réserves disponibles en eau auparavant restituées par les ruisseaux tard dans le printemps et l’été, et plus de terrain inondé tant à Blain où les crues saisonnières et périodiques pourraient s’aggraver, qu’ailleurs.

La grande question est de savoir si les zones humides situées plus bas sur le cours du Plongeon pourraient remplacer les 1600 hectares du projet d’aéroport. On trouve en effet auprès de Saint-Emilien-de-Blain, sur une soixantaine d’hectares morcelés, des zones humides pouvant retenir l’eau – en quantité limitée. Et encore deux cent hectares dans la partie basse du cours – là où le ruisseau est le plus gonflé – à la Bréharais et à la Ferré, près du confluent. Mais l’utilité de la zone humide située au confluent est limitée, car elle est inondable, et inondée par les crues saisonnières du Canal. En tout, 200 hectares possibles, contre 1600 à disparaître.  Non, les zones humides situées plus bas sur le cours du Plongeon ne pourront pas retenir toute l’eau qui dévalera depuis le futur aéroport.

Une commission scientifique formée d’experts en zones humides et hydrologie a été constituée. Elle serait bien inspirée de se pencher sur l’impact causé sur les ruisseaux qui prennent leur source sur la ZAD, sinon, c’est le projet d’aéroport qui risque de faire le grand Plongeon.  Rappelons au passage que ce ruisseau qui inquiète tant Blain – et à raison – est systématiquement oublié par les pouvoirs publics. Une déchetterie intercommunale a été ouverte à Notre-Dame des Landes, à la Primais, près du croisement, à l’Arche du Fouan, des axes Blain – NDDL et Fay-Héric. La commune de Blain, consultée et qui donne, lors du conseil municipal du 26 janvier 2012, un avis favorable, constate qu’aucune évaluation de la pollution accidentelle par des métaux lourds n’a été faite sur le ruisseau du Plongeon, qui passe à cent mètres de la déchetterie, n’a été faite. Juste un oubli. Comme l’étude de l’impact de l’aéroport sur le débit du même ruisseau. Un oubli sans conséquence. Jusqu’au jour où Blain sera inondée. Parce que l’Ayraultport le vaut bien ?

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19 Réponses to “NDDL : l’aéroport risque d’inonder Blain”

  1. juliusbeezer décembre 20, 2012 à 11:07 #

    La risque augmentée des inondations suite à l’artificialisation des sols est certainement bien reconnue. Mais on voudrait aussi examiner l’effet de l’aéroport proposé sur la nappe phréatique. Dans les dernières deux années nous avons entendu les agriculteurs s’inquiètent sur un manque d’eau, et les interdictions de l’arrosage des jardins et nettoyage des voitures pour tout le monde.
    C’est important pour reconnaître que l’artificialisation des sols est aussi très mal pour la nappe, parce que l’eau coule vers la mer plutôt qu’être absorbé au sol et dégoulinant vers la nappe.

    • Louis-Benoît GREFFE décembre 20, 2012 à 7:35 #

      Bonjour, la réponse est à la première page du dossier officiel loi sur l’eau disponible dans l’article (lien).
      La ZAD est très argileuse (c’est pourquoi c’est à 98% une zone humide), et cette argile isole les eaux de surface du substrat aquifère (des nappes). Par conséquent, il y a quelques « bouches » où l’eau suinte vers les nappes, mais pour l’essentiel, comme souvent en LA, elle ruisselle ou elle stagne.

  2. Grenier Jacinte décembre 20, 2012 à 12:30 #

    Merci pour cet article très intéressant et à partager près des instances scientifiques. Quand on touche à la nature, elle se venge toujours d’une manière ou d’une autre et certains ne l’ont toujours pas compris (ou se situent au-dessus de toute menace ?)
    Cordialement,

  3. Flippot Jacky décembre 20, 2012 à 10:28 #

    Exactement cela LB Greffe , et ceci me rappelle que j’étais quasiment le seul lors des régionales en 2010 , tête de liste NTFB à noter cette particularité du site de NDDL , grand réservoir d’eau de notre région . Beau travail que nous saurons (ré)utiliser !
    J.Flippot.

  4. geneghys décembre 21, 2012 à 7:45 #

    A reblogué ceci sur les AZA atomiséEs.

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