Archive | avril, 2013

Encore un guide touristique subventionné par les Pays de Loire

30 Avr

#OpMagouilles. Pour justifier son identité bidon, la région des Pays de Loire ne sait plus quel argent dépenser. Après les ambassades en Chine et Inde, la fumisterie ferroviaire dit « train Rayon Vert » à peu près du même acabit que le TER du conseil régional de Poitou-Charentes qui portait des panneaux solaires et roulait en fait au diesel, et le guide Michelin la région subventionne un guide Lonely Planet qui sans cela ne serait pas sorti, puisque clairement inutile, et donc déficitaire. L’intérêt public de ladite subvention ne paraît tout de même pas très justifié.

pédélie parenthèseMontant de l’étrenne généreusement octroyée : 32.000 €. Merci papy Auxiette. La crise est passée par là, c’est 8.000 € de moins que l’édition du guide Michelin Pays de Loire l’an dernier. A l’époque la pseudo-région en avait eu pour son argent, et en quatre langues, français, anglais, allemand et espagnol. Il faut dire que l’invention des textes est inexistante : l’on remet simplement ceux qui étaient publiés dans d’autres éditions auparavant. Le coût supporté par l’éditeur n’est guère que celui de la maquette et de l’impression. Le plus loin possible (de France) pour qu’elle revienne le moins cher possible.

Le guide Lonely Planet coûte 17.5€ et a été édité à 7.000 exemplaires, en français seulement. La vice-présidente de région Sophie Saramito (PS) avoue sans vergogne à nos confrères de 20 Minutes la finalité de l’opération : de la com’ aux frais des com-tribuables Bretons. Et dit au passage « ils en ont vendu 11.000 exemplaires, un retirage est prévu ». Sachant que le tirage est de 7.000 exemplaires, de deux choses l’une : où elle dit une bêtise, où la diffusion du guide – sans cela proche de zéro puisque les Pays de Loire n’intéressent personne – a été généreusement aidée par des commandes de la région pour le compte des lycées, des médiathèques, des maisons de la région et autres établissements publics… ce qui revient à payer le guide deux fois avec l’argent des autres. Nous penchons pour les deux solutions.

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Lancement réussi des débats de l’association Une nouvelle dynamique pour Châteaubriant

29 Avr

NDC-CHBTLe matin du samedi 27 avril avait lieu le premier débat mensuel initié par l’association Une nouvelle dynamique pour Châteaubriant, propulsée par le jeune Maxime Lelièvre. Le débat avait lieu dans le bar le Bouchonet, place Charles de Gaulle, et a réuni 25 personnes devant deux intervenants dont l’expérience dans le milieu de l’éducation et de l’enfance est reconnue.

Né le 07/4/1984, Maxime Lelièvre a été l’ancien responsable des Jeunes Centristes et est aujourd’hui membre de l’UDI de Borloo dont il est le responsable dans le Castelbriantais. Il fut candidat de la droite et du centre  aux cantonales à Doulon, à Nantes, en 2011. L’association qui selon lui comptait déjà « une cinquantaine de membres en avril » a aussi distribué des questionnaires assez amples dans les 5000 boîtes aux lettres castelbriantaises ces deux derniers mois, recevant « quatre à cinq réponses chaque semaine » de la part des habitants. Elle vise à « créer le débat », ce qui n’est pas vraiment une habitude dans cette ville dirigée par la famille Hunault depuis 1959, à l’exception des deux mandats de Martine Buron de 1989 à 2001.

En haut lieu, l’initiative agace. Un proche de l’actuel maire, Alain Hunault, commente sans concession : « Alain n’est pas né de la dernière pluie. L’association porte un nom qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une liste municipale et il voit dedans une opération-promotion du petit Maxime, pas tant pour son compte que pour lui forcer la main». Ce que l’intéressé dément catégoriquement : « L’association est apolitique et ne vise pas à être un tremplin ou autre chose. Elle propose des idées, des axes de réflexion. Si ces idées ne sont pas reprises par tel ou autre candidat, alors là seulement on prendra, début septembre ou octobre, la décision, ou non, de faire une liste ».

Apolitique ou non, l’association a choisi les intervenants des deux prochains débats – en mai et en juin, l’un sur l’urbanisme – l’aménagement de la place de la Motte étant passablement décrié par la population – et l’autre sur l’économie. Les deux invités ont une même couleur politique bien marquée : Nouveau Centre. Il ne s’agit ni plus ni moins que de Hervé Grélard – qui fut candidat aux législatives à la première circonscription de Loire-Atlantique – et du sénateur-maire de Saint-Sébastien Joël Guerriau, coordinateur de l’UDI en Loire-Atlantique qui plus est.

Coïncidence ? Les deux ont surtout été approchés « avant tout pour leurs compétences », assure Maxime Lelièvre. Hervé Grélard est président de l’ordre des géomètres-experts de France  et Joël Guerriau, passé par le Crédit du Nord, le Crédit Mutuel et la direction de 2005 à 2011 de l’association Finances et pédagogie qui réalise des actions de sensibilisation et de formation, sur le thème de l’argent dans la vie, auprès de tout public, est invité à s’exprimer sur l’économie. Deux débats qui promettent d’être riches d’idées nouvelles pour les habitants de la sous-préfecture de Loire-Atlantique et place-forte maîtresse de la défense Bretonne.

Ancenis : une adjointe au maire a bénéficié de 10.000 € de subventions pour le ravalement de sa maison

27 Avr

#OpMagouilles Pour qui connaît le centre-ville d’Ancenis, l’état des façades n’a pas l’air d’y être une priorité municipale. Il y a pourtant une ligne budgétaire consacrée aux aides municipales au ravalement des façades – 40.000 € par an, réduite à 20.000 € en 2013, dans le cadre d’une politique budgétaire plus économe, d’après la version officielle. En 2012, 57.000 € ont été dépensés dans le cadre de ces aides au ravalement – 26.202 € alloués par le Conseil Municipal du 25 juin 2012 à l’établissement scolaire privé Saint-Joseph et 31.000 € aux propriétaires. Parmi eux, 10.000 € ont été donnés par la municipalité à Philippe Poirier, le mari d’une certaine Poirier Nathalie, adjointe municipale à la jeunesse, aux sports et à la vie associative. Le couple ravalait leur maison – construite en 1888 et ayant un certain caractère. L’intéressée, jointe par BreizhJournal, ne trouve rien à redire à cette subvention « ce n’est pas parce qu’on est élu qu’on n’a pas droit aux subventions. Je gagne moins en tant qu’élue que ce que j’avais comme prof ». Avouons tout de même que c’est représentatif d’un certain état d’esprit.

NpoirierNathalie Poirier, membre du Parti Chrétien Démocrate (PCD) de Christine Boutin et notoirement opposée au mariage homosexuel avait envisagé de se présenter aux municipales en 2008 avant de rallier la liste de Jean-Michel Tobie. Elle s’était retirée de la campagne des cantonales de Saint-Mars la Jaille après que l’ex-député d’Ancenis pendant un an à peine (2006-2007) Robert Diat lui ait été préféré pour l’investiture UMP mais s’était présentée aux législatives 2012  avec l’investiture PCD en obtenant un fort honorable 5.55 % sur la circonscription et 15.5% sur la seule commune d’Ancenis. Envisageant à nouveau une candidature solo aux municipales d’Ancenis, elle a rallié la liste du maire sortant, accomplissant ainsi, ironie du sort, un gai mariage de la droite et du centre. « Jean-Michel [Tobie] lui a assuré qu’il se retirerait en cours de mandat pour lui laisser la place », commente une source très proche de la municipalité, qui estime qu’il s’agit là « d’un marché de dupes ».

Les subventions au ravalement sont attribuées après le passage d’un architecte – qui évalue les bâtiments selon une échelle qualitative fondée sur leur valeur historique et architecturale – et revient en fin de travaux apprécier leur conformité. A Ancenis, c’est le même architecte qui apprécie tous les bâtiments dont les propriétaires demandent une subvention municipale. Selon le « classement » qu’en fait l’architecte, la municipalité décide d’attribuer 2500, 5000 € ou alors 20% des travaux dans la limite haute de 10.000€. « Pour nous, 10.000 € ce n’était même pas 20% du coût des travaux, mais la maison le valait bien, on a eu 10.000 €, voilà. » D’autant plus, ajoute l’élue « que les 40.000 € de la ligne budgétaire n’étaient jamais dépensés, c’étaient plutôt 25 à 30.000 qui étaient effectivement attribués ». D’où une réduction à 20.000 € dans le cadre d’une politique économe et soucieuse du patrimoine, comme… le château a pu en faire les frais.

Les aides au ravalement ne passent pas en conseil municipal, leur attribution a été dévolue au maire seul (Jean-Michel Tobie) parmi ses compétences exclusives accordées par le conseil municipal en début de mandat. Cependant, normalement ces décisions prises par le maire seul sont listées en début de conseil municipal et paraissent dans les comptes-rendus de ceux-ci ; sauf pour le compte-rendu du conseil du 6 février 2012, et plusieurs autres en 2011 où elles ne sont pas détaillées. Le Conseil Municipal les approuve en bloc ou en prend acte. Curieusement, la décision d’allouer cette subvention à la maison de Nathalie Poirier n’a pas été dite en conseil et ne paraît pas non plus sur les comptes-rendus. En revanche les 10.000 € figurent aux dépenses dans la version détaillée du budget 2012. Stupeur de l’élue « ça aurait du passer parmi les décisions du maire ». Et non. Peut-être pour que les Anceniens ne posent pas de questions  inconvenantes. Raté.

NDDL : Ils sont partis mais pas leur système

24 Avr

Edito. Samedi, alors que je travaillais dans la charpente de la belle église XVIe que j’entretiens au cœur de la France, je fus atteint – magie du portable – par une communication de Bretagne. Je lâchai un instant le marteau, descendis de l’échelle et je décrochai. Après les salutations d’usage, mon interlocuteur de Notre-Dame des Landes me dit simplement « ils partent ». Sans qu’il lui faille m’expliquer que ce sont les gendarmes et qu’ils se tirent enfin de la ZAD, une même joie nous étreignit à des centaines de lieues de distance. C’est donc la fin d’une opération d’invasion policière qui avait commencé le 16 octobre 2012, il y a près de six mois. Enfin. Nous avions bavardé de ceci  et de cela, puis je raccrochai, pour aller vaquer à mes affaires.

C’est donc la fin de plus de six mois de lutte, de barricades et de tranchées, de chouanneries et de compromissions, d’amoncèlements d’illégalités et de voies de fait de la part du pouvoir, qui avait fini brisé par le général Hiver de même que Napoléon en Russie. Enfin, enfin, enfin la liberté, pensais-je en allant relever le régiment de bassines au garde-à-vous sous les multiples fuites dans la charpente. Ils sont partis par souci d’apaisement, en fait pour ne pas perdre la face et dépenser de l’argent à ne plus pouvoir bouger, liés qu’ils étaient par l’extrême inquiétude européenne et le rapport de la Commission Scientifique qui enterrait le projet,  deux faits majeurs qui n’avaient quasiment pas été couverts par l’ensemble des médias français. Et surtout parce que le pouvoir n’a pas assez de policiers à mettre à Paris. Ironie du sort : ce sont les manifestants contre le mariage gay, actifs sans cesse et partout en France, qui libèrent Notre-Dame des Landes un peu plus tôt.

Stop ! M’arrêtais-je en équilibre sur une poutre maîtresse du beffroi. Ils sont partis. Mais pas leur système. Pendant plus de six mois, le pouvoir républicain a suspendu le droit et les libertés fondamentales pour propulser un projet… illégal en droit européen et français depuis plus de quatre ans. Les populations locales et les opposants ont pu voir reconnaître leur droit grâce au seul rapport de force…. C’est-à-dire à la force de leurs poinggs et de leurs barricades. Pendant ce temps là, le même conseil général qui a soutenu à fond le projet (illégal, rappelons-le) d’aéroport a fait construire, avec la bénédiction du maire de droite local, un bâtiment dans la cour du château d’Ancenis qui foule aux pieds tant le bon goût que le droit du patrimoine. Ces deux exemples connus dans le département montrent qu’il n’y a aujourd’hui plus qu’une illusion du droit en France, maintenue par la complicité active d’une grande partie de l’élite politique. Collusion que l’on a retrouvée à l’œuvre pour soutenir le projet d’aéroport d Notre-Dame des Landes.

L’affaire Cahuzac a mis à jour la pourriture avancée au sein des élites politiques de la « Ripouxblique » et du gouvernement. Mais des Cahuzac, il y en a dans plein de mairies, et à l’intérieur des partis politiques. Ils ne sont pas moins nuisibles que leurs homologues nationaux, et pendant que ces derniers prostituent les intérêts de la France à leurs turpitudes ou à leurs affaires, les Cahuzac de village ravalent les façades de leurs alliés politiques, accordent des permis de construire illégaux ou des PPP injustifiés à leurs amis, ou encore subordonnent l’avenir de leurs terroirs ou l’environnement à leurs amitiés dans telles ou autres entreprises. Bien qu’éventuellement plus à portée de baffe, ils restent plus dangereux que leurs homologues nationaux parce que les conséquences de leur gestion sont immédiatement tangibles et se retrouvent assez rapidement soit sur votre feuille d’impôt, soit dans l’air que vous respirez.

opmagouillesCes derniers mois, l’air français, justement, vibre de révolte. S’il n’y avait eu « l’affaire Notre-Dame des Landes », ce serait sans doute resté un ras-le-bol passager contre un projet de loi de société décrié et juridiquement mal ficelé aux conséquences laissées délibérément dans le flou par une élite politique nationale du reste quasi-unanimement désavouée. Mais à Nantes plus encore que dans le reste de la Bretagne, le ras-le-bol est général contre à la fois un gouvernement qui depuis près de dix ans fait peu de cas des Bretons – quand il ne vient pas les insulter sur leurs terres – et contre des élites politiques locales qui, après avoir longtemps été relativement plus honnêtes que dans le reste de la France, se désinhibent peu à peu et touchent à tous les tabous – pratiques urbanistiques de complaisance, servilité face aux grands projets d’Etat, rapport au Breton et à l’exception culturelle, etc.

Selon l’endroit du spectre politique où l’on se place, cette révolte générale – qui fait s’émouvoir et manifester des gens tous les soirs dans des villes aussi séculairement placides que peuvent l’être Blois, Orléans ou Saint-Lô – se nomme ou se fait nommer « coup de balai » ou « printemps français ». En fait, c’est un immense ras-le-bol qui submerge le pays et le place devant le mois de mai le plus chaud qu’il lui soit réservé depuis longtemps. Un ras-le-bol dont vibre aussi la Bretagne, voire dont elle se trouve à l’avant-garde. Au grand dam des nationalistes Bretons autoproclamés, ceux des cabines téléphoniques politiques de l’Emsav, qui non seulement ne servent à rien, mais comme ils vivent dans leurs bulles, ne peuvent suivre la marche du monde. Comme bien des Français, les Bretons en ont aussi marre d’une classe politique qui se croit « tout permis » alors même que la France est en crise depuis 2007 et se trouve au bord du précipice budgétaire, les seules réformes radicales possibles pour sortir de la situation étant bloquées soit par les plus pauvres ( rigueur) soit par les plus riches (suppression de la plus grande partie des « niches fiscales »).

Notre-Dame des Landes, maintenant, c’est plié. Cet aéroport ne se fera plus. L’Europe n’en veut pas, le terrain ne le permet pas (98% de zones humides), les populations locales sont vent debout contre, et il n’y a plus d’argent à cause de la crise. Il faut garder cela à l’esprit en permanence, car le seul combat qui reste à mener, c’est d’empêcher que les Bretons ne se fassent voler leur victoire dans une « négociation » d’autant plus voulue par le pouvoir qu’elle est pipée d’avance. Les terres que Vinci et le Conseil général conservent doivent revenir aux paysans et à tous ceux qui voudront s’installer sur place pour nourrir les hommes, pour nourrir les habitants d’une métropole nantaise toujours plus grosse et toujours en panne de projet maintenant que – pour la première fois en deux siècles et demi – elle a échoué dans sa volonté de l’imposer – comme d’habitude – aux populations avoisinantes.  C’est peut être par cet échec majeur puisque historique que s’explique la rapidité de l’effondrement du système impulsé par Ayrault et ses amis – souvent aussi situés à droite et qui ont préféré signer un pacte de non-agression politique plutôt de voir dévoilées leurs petites tambouilles locales.

BreizhJournal avait été créé notamment pour couvrir, sans être censuré, les opérations policières à Notre-Dame des Landes et les monceaux d’illégalités qu’elles permettaient. BreizhJournal n’a pas la vocation d’un musée des anciens combattants. C’est pourquoi nous saluons le départ des forces de l’ordre de Notre-Dame des Landes, mais surtout nous changeons de braquet. BreizhJournal s’occupait du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes. Maintenant nous nous occuperons de tous ceux qui l’ont rendu possible : c’est-à-dire des petites et grandes compromissions de l’élite politique locale. Parce qu’il y a beaucoup à dire… et peut-être beaucoup à faire d’ici à mars 2014.

Nos premières investigations ont montré qu’il y avait des « kystes » politiques locaux bien plus graves que ceux que dénonçait Manuel Valls en novembre dernier à Saint-Nazaire. Des kystes qui mettaient en péril l’avenir tant des richesses humaines que naturelles ou historiques en Bretagne. Qui conduisent à poser la seule question qui compte vraiment : quelle Bretagne voudrions-nous laisser aux générations qui nous relèveront ? BreizhJournal veut laisser une Bretagne plus unie, plus juste et donc moins corrompue. C’est pourquoi nous allons démarrer notre petit Wikileaks local – circonscrit à la Loire-Atlantique – bien que nous nous n’interdisons pas d’en sortir quand nous aurons des renseignements sur des communes extérieures au département, qu’elles soient ou non en Bretagne d’ailleurs. Pour en savoir plus sur le petit Cahuzac qui peut-être se trouve à quelques km de chez vous, suivez tous les articles qui commenceront par #OpMagouilles A bientôt sur nos lignes et merci pour votre fidélité et votre soutien sans faille.

Vous habitez dans l’un des cinq départements de la Bretagne historique (ou pas), vous avez connaissance d’un projet ou d’une décision de vos élus locaux ou moins locaux qui vous étonne, vous choque, ou vous semble illégale, vous voulez partager votre émotion, que faire ? Adressez-vous à nous sur opmagouilles[at]gmail.com

Tensions autour de l’emploi d’ouvriers de PSA par la SNCF de Rennes

22 Avr

Donner du travail aux ouvriers PSA de Chartres de Bretagne, ce n’est pas si simple. La SNCF avait pourtant eu l’idée d’en employer 85 sur le site même de la Janais – afin de restyler des TGV à Rennes. Ces travailleurs extérieurs devraient être encadrés par quinze agents sous statut cheminot. Finalement, ils ne seraient que 80 ouvriers, mais la SNCF installerait ses équipements dès cet été. Le site de la Janais dispose de 1700 possibilités de reclassements pour les ouvriers qu’il va licencier, dont 600 en CDI à l’extérieur.

Logo Sud Rail BZH vertCependant ce projet récent n’est pas parti pour rouler sur de bons rails. Le syndicat cheminot Sud Rail Bretagne – pour lequel soit dit en passant, Bretagne se conçoit à cinq départements – met le carré et s’insurge contre cette « sous-traitance massive » et dénonce ce qu’il estime être un lugubre « poisson d’avril » dirigé contre les Ateliers – que l’on appelle Technicentre depuis une dizaine d’années – depuis longtemps dans le viseur. En effet, en janvier 2011, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de l’activité des ateliers dédiée aux voiture – 300 emplois par terre dans l’entreprise historique et les sous-traitants – en annonçant pour faire passer la pilule la construction d’un nouvel atelier en banlieue de Rennes où serait délocalisée la seule réparation des pièces de frein. 150 cheminots avaient alors manifesté contre ce projet.

Le syndicat Sud Rail rappelle que « Arnaud Montebourg, Ministre du  Redressement Productif a fait une visite surprise le 19 octobre 2012 aux Ateliers de construction du Centre (ACC) de Clermont-Ferrand annonçant aux 350 salariés de l’entreprise en difficulté la prolongation d’un contrat avec la RATP pour rénover des rames du RER B. Dans la foulée le directeur de la SNCF fait de même » sans doute par excès de zèle. Parce que les emplois sauvegardés de Clermont le seront aux dépens de ceux des cheminots Bretons, qui s’occupent justement des rames Mi79 du RER B. ACC est en effet une entreprise concurrente de la SNCF.

FeuRougeClignotantCe n’est d’ailleurs pas la première fois que les emplois Bretons sont cassés au profit d’activités concurrentes – et déficitaires – en France. Ainsi, fin 2012, la casse de l’emploi était limitée à Florange aux dépens du site Arcelor de Basse-Indre avec la bénédiction du gouvernement et de Jean-Marc Ayrault qui a vilement marchandé le site nantais pour obtenir un semblant de paix sociale en Lorraine. Deux fois raté, puisque les Lorrains ne se sont pas laissés prendre et que la fermeture des hauts-fourneaux entérinée il y a quelques jours laisse une région exsangue, humiliée et meurtrie. Sud-Rail Bretagne conclut en demandant que « cesse la comédie », que l’avenir des ateliers SNCF, de ses employés et sous-traitants soit fixé, et que cesse la « sous-traitance massive » effectuée par la SNCF aux dépens des cheminots et la « vente à la découpe » de l’entreprise. L’activité de restylage des TGV est prévue pour ne durer que 4 à 5 ans, et ce qui se fera à la Janais chez PSA sera fait au détriment des Technicentres (ateliers SNCF) de Romilly, Bischeim et Hellemmes qui tourneront en partie à vide. Sud-Rail demande donc une activité pérenne et le statut de cheminot pour tous.

L’ancien presbytère de Blain est par terre

21 Avr
Ancien presbytère de Blain fin 2012

Ancien presbytère de Blain fin 2012

C’est plié. Ou plutôt à demi cassé. La mairie gauche plurielle de Blain (PS-EELV-Front de Gauche) sera dans les temps pour inaugurer le 8 mai un square en lieu et place de l’ancien presbytère, un bâtiment construit en 1869 par Jean-Baptiste Buron qui était aussi l’un des architectes du passage Pommeraye, et dont une association locale de protection du patrimoine contestait la destruction.L’Association pour la préservation du patrimoine de la communauté de communes de la région de Blain (ACOPAC) a retracé l’historique du bâtiment et attaqué son permis de démolir au tribunal administratif. Les défenseurs de l’ancien presbytère mettaient en avant le bon état du bâtiment et la possibilité de l’attribuer à d’autres usages qu’à des logements.Le 4 avril, la mairie a débloqué à sa façon un dossier depuis longtemps en suspens et qui devait être tranché par la justice administrative le 12 avril. Elle a déposé un mémoire au tribunal administratif, ce qui a pour effet de repousser de plusieurs semaines le rendu du jugement. Depuis le 4 avril, elle a aussi fait entamer la démolition par l’entreprise Séjourné de Malville. Le bâtiment sera remplacé par un autre – de même emprise et au même endroit – qui abritera plusieurs logements à loyer modéré.

 

« Méthodes mafieuses »

Cave saine et sèche du presbytère - fin 2012

Cave saine et sèche du presbytère – fin 2012

Jacky Flippot, de l’ACOPAC, ne mâche pas ses mots : « Je suis déçu, oui. C’est inadmissible qu’une mairie pousse les feux ainsi et use de méthodes mafieuses pour créer une situation irréversible, sans se soucier de la justice. On parle beaucoup de moralisation aujourd’hui. La moindre des choses, c’est que la mairie attende le jugement. » L’ACOPAC a déposé un référé au début des travaux, afin de les faire arrêter. Elle a été déboutée, et a dépensé 1.700 € en pure perte. Un jugement sur le fond est attendu, mais il est peu probable que la justice condamne la mairie à reconstruire le bâtiment, sain mais assez vétuste et difficile à transformer en logements. La mairie avait déclaré en 2009 vouloir le restaurer pour y mettre les bureaux de la maison de retraite, mais a fait volte-face en 2010 devant le coût des travaux, qu’elle estimait à 1 million d’€.Une gestion des logements publics qui laisse à désirer

presbyt3L’opposition – dont les membres étaient partagés quant à la question de l’ancien presbytère, n’a rien dit sur le passage en force de la mairie, bien que certains de ses membres ont à cœur de dénoncer l’aveuglement et les méthodes « soviétiques » de la majorité, qui selon eux n’est composée que de « rouges », c’est-à-dire de membres du Front de Gauche ou de la CGT. « L’opposition s’en fout complètement », explique Jacky Flippot. Le manque de sens politique de l’opposition est une bénédiction pour la mairie, dont ce n’est pas le premier passage en force – l’affaire de l’aire de jeux de Saint-Emilien en est un autre tout aussi révélateur sur les limites de la démocratie participative à Blain.

Cependant, il y aurait beaucoup à dire sur la gestion des logements qui dépendent de la mairie. L’un d’entre eux – au-dessus de la trésorerie – a été transformé en dépôt d’archives municipales. Un autre, entre l’ancienne mairie et l’ancienne école de Saint-Emilien de Blain, est vide depuis le départ de son dernier occupant, il y a plus de six mois. Plusieurs autres sont vacants dans la « cité » Saint-Laurent, des immeubles proprets de cinq étages entre le centre de Blain et le Canal de Nantes à Brest. Quant à l’ancienne morgue municipale, qui ne servait plus depuis des années, ses 79 m² (« deux pièces sur carrelage, un sanitaire et un grenier ») qui pouvaient être aisément transformés en logement ont été cédés 38.000 € par la mairie par délibération du conseil municipal du 21 février 2013. Autrement dit bradés. Pendant que des Blinois n’arrivent pas à se loger, des logements viables sont cédés par la mairie ou laissés sans occupants. Il n’y a sans doute pas d’urgence pour l’équipe municipale en place. En revanche, ce fut vraiment urgentissime de raser l’ancien presbytère au lieu d’attendre quelques semaines que la justice tranche l’affaire.  Le sens des priorités de la municipalité échappe souvent au commun des mortels.

En mai, la Bretagne se met à l’heure galloise : voici le programme

20 Avr

bzh-walesNous vous écrivionsqu’à l’initiative de la section des Relations interceltiques et internationales de l’Institut culturel de Bretagne, la Maison de l’Europe de Brest et l’association Bretagne-Pays de Galles, la Bretagne se mettra à l’heure galloise en mai avec l’organisation de manifestations, expositions et conférences dans 17 lieux en Bretagne. Nous vous écrivions aussi que dès que l’on aura le programme, on le publiera sur un support simple et accessible, comme une Google Map. Chose promise, chose due. La ligne représente  – évidemment – les frontières de la Bretagne. La carte a été mise à jour le 28 avril à la lumière du programme définitif.