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Le pouvoir a l’intention de semer le désordre dans la marche des Veilleurs samedi à Paris

31 Août
Veilleurs : attention, barbouzerie en cours !

Veilleurs : attention, barbouzerie en cours !

Exclusif. Non content d’interdire via la Préfecture de Paris  la marche des Veilleurs qui ont traversé la France, le pouvoir s’apprête, à y semer le désordre en vue de discréditer définitivement le mouvement pacifique et apolitique des veilleurs.

D’après nos informations, une unité d’infanterie de marine doit être mobilisée à Paris ce samedi 31 juillet. Les ordres qui ont été donnés aux soldats de cette unité sont clairs : s’infiltrer pendant la Marche des veilleurs demain, prévue le long des grands axes de la Défense à la Concorde. Cette marche pourrait réunir de nombreux veilleurs parisiens, en plus des marcheurs qui ont relié Rochefort à Nantes puis Sartrouville à Paris, courant août. Après l’infiltration, le but est de faire dégénérer la marche, et dès que ce sera le cas, tous les coups (matraques, gaz lacrymogène…) seront permis pour « rétablir l’ordre » ainsi troublé. Il reste à savoir pourquoi le pouvoir se donne tant de mal si les veilleurs ne représentent que quelques dizaines de milliers de personnes sur l’ensemble du territoire.

EDIT 18h00. Ce matin, l’unité en question a été convoquée pour un briefing et emmenée à Paris. Cependant, leurs officiers n’étaient plus si sûrs de la tenue ou non de leur mission. En effet, il y a eu des fuites, nombreuses, et cet article a contribué à donner l’alerte. Résultat des courses : l’ordre, qui pouvait être explosif s’il avait été exécuté, a été annulé et l’unité a réintégré sa caserne. De nombreux CRS ont été mobilisés sur le parcours de la marche des Veilleurs, dont près de 400 autour de l’Arche de la Défense. En pure perte, car actuellement des petits groupes de veilleurs s’écoulent le long des grands axes parisiens sans troubler en aucune sorte l’ordre public.

L’église de Notre-Dame des Landes vandalisée

23 Août
L'église de Notre-Dame des Landes

L’église de Notre-Dame des Landes

Il y a deux jours, l’église de Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique, Bretagne) a subi des actes de vandalismes, pendant la nuit. Les auteurs des faits ont défoncé une porte et sont entrés dans l’église, où ils ont brisé des objets, mais sans rien pouvoir voler. Ils sont repartis comme ils sont venus. Une plainte a été déposée et la municipalité a décidé de fermer l’église qui était ouverte les matins.

Les actes de vandalisme dans les églises sont une vraie calamité de la Bretagne l’été, mais touchent plus généralement des régions côtières ou des grandes villes. Par exemple, il y a quelques années, l’église du vieux et charmant village de Saillé, au milieu des marais salants guérandais, qui était ouverte tout le jour, a été définitivement fermée les jours d’été. Des jeunes touristes inconnus y avaient en effet pissé et mis le désordre.

Une 20e fête du Pain réussie à Saint-Omer de Blain

6 Août
Benoît Civel perché sur le four de Peslan termine le voligeage vendredi 2 août

Benoît Civel perché sur le four de Peslan termine le voligeage vendredi 2 août

Ce dimanche, la fête du pain à Saint-Omer s’est bien déroulée, et a attiré d’après le comité des fêtes audomarois, organisateur, près de 7000 personnes. Avec un four de moins que d’habitude – celui du bas de Peslan, en cours de rénovation – les cinq autres (haut de Peslan, Barel, la Rouaudais, la Haumée, le Bois Niel) ont cuit près de 2000 miches de pain pendant toute la journée du samedi et jusqu’à dimanche après-midi.

D’après Michel Blot, président du comité des fêtes de Saint-Omer, « la fête a bénéficié de conditions climatiques optimales : ni trop chaud, ni trop froid ». Avec la température estivale modérée de dimanche, le cidre Kerisac à la pression, nouveauté de cette année, et les boissons douces ont eu du succès. Finalement, le week-end festif et militant  de Notre-Dame des Landes n’a pas distrait tant de monde que ça de la fête du Pain, où les gens ont afflué vers la fin de l’après-midi et surtout le soir pour déguster les traditionnelles sardines grillées.
 

Travaux presque finis sur le four de Peslan

La cheminée rénovée et la charpente du four de Peslan

La cheminée rénovée et la charpente du four de Peslan

Comme nous écrivions en avril, l’ASPA – association de sauvegarde du patrimoine audomarois – a fait rénover le four du bas de Peslan, précédé de sa boulangerie. Un maçon salarié par l’association a remonté les murs à partir de la mi-hauteur pour le four et depuis le bas pour la boulangerie; ces derniers ont été recalés sur une structure en parpaings, qui sera cachée à l’intérieur par un enduit projet à l’ancienne. A l’extérieur les pierres resteront apparentes. Benoît Civel, un jeune de Peslan employé par l’entreprise de charpente Violin, s’est chargé de la charpente bénévolement, après son travail, et un couvreur lui aussi bénévole devrait venir clouer les ardoises sur la boulangerie la seconde semaine d’août.

Il ne restera plus alors qu’à laisser sécher le four pendant trois mois. Les marcheurs de la non moins traditionnelle randonnée découverte des fours, dimanche matin, sont venus découvrir le chantier et la très belle charpente en chêne de la boulangerie, cintrée et garnie de chevilles, « digne d’un compagnon du Tour de France » d’après Michel Blot. Le four sera en service l’année prochaine.

 

Partager la carte des fours à Saint-Omer de Blain

La justice refuse de suspendre les travaux de démolition de l’église à Gesté

12 Juil
L'église est loin d'être aux deux tiers détruite

L’église est loin d’être aux deux tiers détruite

Nous recevons à l’instant l’ordonnance de référé rendue ce midi par le tribunal administratif de Nantes. Le droit y cède à la force : puisque les travaux de démolition sont déjà engagés, le juge conclut qu’ils sont irréversibles et l’urgence est non de les arrêter, mais de les finir. L’association Mémoire Vivante du Patrimoine gestois (MVPG) envisage de se pourvoir en cassation, ce qui est le seul recours possible afin de sauver l’église, dont la mairie a commencé en juin les travaux de démolition.

En examinant de plus près la requête, l’on constate que le juge administratif Chupin – qui avait déjà donné tort à l’association en 1e instance en 2011, lorsqu’elle contestait le permis de démolir de l’église annulé par la suite par la cour d’appel – constate cependant que la délibération municipale du 6 mai 2013 autorisant la démolition et la reconstruction de l’église « n’a pas été complètement exécutée » puisque « il n’est pas établi (…) que les entreprises chargées de la reconstruction aient été désignées ».

 

Une brèche juridique importante dans la protection des églises en péril

le choeur de l'église

le choeur de l’église

Dans un prodigieux élan de mauvaise foi judiciaire, le juge écrit « il a été établi à l’audience que la nef est désormais démolie (…) que les travaux de déconstruction (…) sont ainsi largement avancés et présentent un caractère irréversible (…)  il y a urgence désormais que les travaux de démolition-reconstruction soient achevés ». L’argument est simple : puisque les travaux de démolition ont commencé, ils doivent finir. Avec de telles raisons, n’importe quel monument français – protégé ou non – peut être démoli. La brèche juridique est d’importance et devrait permettre – sauf arrêt contraire du Conseil d’Etat dans les prochains mois – que bien d’autres églises françaises laissées à l’abandon par leurs mairies et paroisses respectives tombent – près de 200 sont ainsi en première ligne.

La nef de l’église n’est pas détruite. Seuls manquent le mur pignon ouest, la charpente et la moitié de la hauteur du mur sud. Le mur nord de la nef, le chœur, le clocher et la crypte sont intacts. Une réalité matérielle qui n’impressionne pas le juge administratif, qui ne se fonde que sur le rapport d’huissier du 25 juin 2013 favorable à la mairie et balaie toutes les pièces (versées au dossier) qui permettent de cerner l’état de dégradation de l’édifice avec précision, notamment le rapport récent de l’APAVE dont nous parlions dans le compte-rendu de l’audience du TA de Nantes du 8 juillet.

Quand le droit décline, le citoyen est seul maître du jeu

Vitrail armorié. L'église compte 3 chapelles privées, pour autant de châteaux. Les châtelains y accèdaient par des salles situées juste dessous, au niveau de la crypte

Vitrail armorié. L’église compte 3 chapelles privées, pour autant de châteaux. Les châtelains y accédaient par des salles situées juste dessous, au niveau de la crypte

La décision du juge administratif de Nantes s’inscrit dans la longue spirale du déclin du droit : celle qui favorise, avec la complicité de l’inertie administrative et de la collusion des intérêts du pouvoir et des bétonneurs, le saccage des littoraux en Corse, en Provence ou en Bretagne. Celle qui reprend une à une les jurisprudences favorables aux associations et aux riverains qui espèrent protéger l’Histoire, l’environnement et leur cadre de vie. Celle qui sacrifie les libertés fondamentales aux intérêts des multinationales du béton, quitte à multiplier les illégalités flagrantes  et le déni de justice, comme ça a été le cas plusieurs fois dans la mise en œuvre de l’aéroport de Notre-Dame des Landes ou du moins des tentatives du pouvoir pour essayer de se rendre maître du terrain.

Lorsque la justice décline, que le droit s’efface devant la collusion des intérêts des puissants et de ceux qui sont censés les juger et les contrôler, l’initiative revient aux citoyens. Soit ils se plient au joug du servage, et perdent ce qui leur reste de mémoire et d’Histoire, soit ils se rebellent. L’exemple le plus lumineux peut-être vient de la Russie : la privatisation sauvages des années 1990 à fait s’effondrer l’Etat et a dépeuplé les campagnes. De nombreux monuments historiques sont à l’abandon, des églises gisent à demi-effondrées au-dessus des squelettes de bois des villages désolés ; des immeubles XVIIIe et XIXe s’effondrent dans les villes, et sont périodiquement brûlés par les promoteurs avides. Pourtant, il y a des citoyens qui vont au-devant des pelleteuses, qui agissent sur tous les leviers judiciaires et civils, il y a des gens qui donnent de leur temps pour rebâtir et faire refleurir l’église de leur village – ou d’ailleurs. Des milliers de monuments s’effondrent, mais ces vingt dernières années,  des milliers d’autres ont gagné des restaurations qui les feront repartir pour des siècles, ou ont été sauvés – de justesse souvent – de la démolition.

Si les Russes, libérés du servage en 1861 et sur lesquels se sont abattues toutes les calamités du XXe siècle – deux guerres mondiales, une guerre civile et un régime totalitaire meurtriers, sans oublier une privatisation mafieuse qui a imposé une décroissance forcée au pays – se montrent capables de combattre et de sauver leur patrimoine en péril, les Français, et plus encore les habitants de l’ancienne Vendée militaire baisseront-ils la tête devant leurs élus auréolés de leur vaine gloriole ? L’avenir seul le montrera : en attendant que le Conseil d’Etat se prononce, il ne reste qu’une solution aux défenseurs de l’église, qu’ils soient de Gesté ou d’ailleurs. Se porter au devant des pelleteuses fin août, et prier.

Lire aussi notre article de fond sur l’affaire de Gesté

Télécharger l’ordonnance de référé

NDDL : les experts scientifiques mettent un coup d’arrêt au projet d’aéroport

9 Avr

Lorsque la commission de dialogue avait été créée, elle a été flanquée de deux autres comités, un chargé d’évaluer les impacts sur les terrains agricoles, l’autres sur la biodiversité, les zones humides et l’adéquation du projet au droit européen. Ces trois rapports ont été rendus en même temps. Si la commission de dialogue proprement dite sert de faire-valoir politique au gouvernement Ayrault en légitimant le projet le comité scientifique l’enterre complètement.

Dans son rapport, dès l’introduction, les éminents scientifiques condamnent la méthode de compensation des zones humides qui a servi de fondement au projet. Ils demandent que la compensation soit entièrement recalculée. Par conséquent, nous explique le juriste en droit de l’environnement et professeur de droit Dorian Piette, « cela oblige les porteurs du projet à se conformer – enfin ! – au droit de l’environnement actuel » sur lequel le projet s’asseyait allègrement  « et, puisqu’il y a nouvelle méthode, nouveaux documents administratifs et nouvelle déclaration d’utilité publique, il faut une nouvelle enquete publique ». Ce qui donne automatiquement plusieurs mois de retards au projet.

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Tous les arguments des opposants reconnus

Coup de tonnerre pour Ayrault et Auxiette, l’aéroport Notre-Dame des Landes pourrait bien ne jamais décoller. En effet, la compensation des zones humides est impossible sur place – 97% du site étant composé de zones humides. La commission a relevé que le risque de crues était complètement ignoré et que bétonner cette immense éponge qu’est la ZAD aurait de graves conséquences sur les bassins versants de la Loire et de la Vilaine via l’Erdre et le Canal où s’écoulent les deux grands cours d’eau qui viennent du plateau qui devait accueillir l’ex-futur aéroport de Nantes : le Plongeon (au nord) et le Gesvres (au sud). Donc que le projet d’aéroport nécessitait que l’on consulte bien plus que les populations des communes riveraines. « Bref », résume Dorian Piette, « tous les arguments des opposants contre le projet fondés sur le risque pour la nature, le réseau hydrographique, l’incompatibilité avec la loi sur l’eau, les espèces naturelles, tout, a été relevé et reconnu par le comité d’experts. C’est une victoire sur toute la ligne pour les opposants et une reconnaissance du caractère bâclé du projet ».

Pas de travaux possibles, donc pas d’expulsions

Par conséquent, avec le rapport de la Commission scientifique, la reprise des travaux n’est plus possible sur le site de la ZAD… avant que le projet ne soit éventuellement mis en conformité dans de longs mois. Ce qui règle naturellement la question des expulsions d’après Dorian Piette : « les travaux ne peuvent pas reprendre ; or les expulsions sont censées être légitimées par les travaux ; pas de travaux, pas d’expulsions. »

Du grain à moudre pour l’Europe

Le 20 mars, la Commission des Pétitions du Parlement Européen s’était officiellement saisie du dossier et avait demandé d’ici la mi-avril un complément d’information à l’Etat français. Même si la réponse de l’Etat n’est pas encore arrivée, le rapport des experts constitue un argument-massue pour les instances européennes afin de contester la pertinence du projet d’aéroport et forcer la France à se conformer au droit européen. Même si Jean-Marc Ayrault a déclaré qu’il allait modifier le projet, mais le maintenir, tôt ou tard, il devra se rendre à l’évidence : il est impossible de poursuivre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes à Notre-Dame des Landes même. La grande chaîne humaine du 11 mai autour de la ZAD a donc de grandes chances d’enterrer définitivement le projet.

 

Télécharger le rapport du collège d’experts   

Fay de Bretagne : le pont de Villhouin sera consolidé

26 Jan

Le village de Fay de Bretagne (Faouell) en Loire-Atlantique abrite, tout à l’ouest de son territoire, en limite de Bouvron, une petite merveille cachée. Un pont dit « romain », à Vilhouin, qui est en fait gothique (XIIIe-XIVe siècle) et se trouve tout au bout de la retenue d’eau du même nom (sur le territoire communal de Bouvron) qui alimentait jadis deux moulins à foulon.

Le pont de Vilhouin est perdu dans les arbres et les broussailles, et depuis longtemps, certains demandaient à éclaircir la jungle locale. Seulement, « si on abat les arbres, le pont tombe », nous précise Mme Sardais, maire de Fay. Les racines des arbres se sont en fait étroitement mêlées aux fondations du pont. Une consolidation a été budgétée par la mairie et sera réalisée en 2013. Les conditions techniques du projet ne sont pas encore connues et un cabinet d’études sera missionné. La commune aurait un autre pont ancien, qui fut consolidé il y a une vingtaine d’années et qui se ruine, à l’est de son territoire près du carrefour de l’Arche du Fouan.

Un pont rebaptisé à Rennes

21 Jan

Depuis quelques temps, les militants opposés à l’aéroport Notre-Dame des Landes ont pris l’habitude de rebaptiser telle ou autre voie publique « rue Notre-Dame des Landes » ou « place Notre-Dame des Landes ». A Rennes, ce matin, un pont a été rebaptisé. Mais pas par eux. Par des militants Bretons  qui n’ont rien d’autre à faire que de faire la publicité d’un certain Polig Monjarret ?

Non plus. Un indice : la passerelle Saint-Germain – puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a monté en grade. Toujours pas ? Un autre : l’opération a un lien direct avec ce qui s’est passé il y a 220 ans à Paris. Vous y êtes ? Alors quel est le nom du capitaine ? Bon, nous vendons la mèche. Ce matin, c’est l’Action Royaliste rennaise qui a rebaptisé  la passerelle pont Louis XVI. Avec un drapeau fleurdelysé sur la Vilaine et une modeste affiche posée sur la plaque des jumelages rennais. Façon comme un autre de rendre hommage au roi martyr.

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