Archive | janvier, 2013

Transhumance en Drôme contre l’industrialisation des élevages

31 Jan

Des éleveurs de plusieurs départements du sud-est de la France et de Provence organisent ces jours-ci, du 28 janvier à Mormans au 1er février à Valence-ville une transhumance festive pour sensibiliser la population à la politique gouvernementale d’industrialisation de l’élevage traditionnel ovin et caprin.

En effet, le gouvernement impose depuis juillet 2010 l’identification des animaux par une puce RFID à l’oreille, mesure obligatoire à peine de lourdes sanctions, à savoir la suppression des aides PAC. Pour 2015 une autre mesure clivante est prévue : l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection.

Les éleveurs estiment qu’il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie, au détriment des multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, et donc du patrimoine immatériel constitué par ces sélections à travers les siècles des races actuelles d’ovins et de caprins. Pour ce qui est de l’identification RFID, l’administration assure qu’elle permet d’améliorer la traçabilité et les conditions de travail des éleveurs, qui répliquent que le système actuel – une boucle à chaque oreille – est suffisant et que la raison réélle de cette mesure est d’offrir un marché captif aux fabricants nationaux de nanotechnologies, pratique il est vrai traditionnelle du « complexe administratif-économique » français qui tend à faire du pays une sorte d’économie capitaliste dirigée.

Une des raisons officieuses de la pugnacité de l’Etat à imposer l’identification RFID des bêtes serait la lutte contre la fraude aux aides PAC qui valent à la France de sérieux soupçons de la part des autorités européennes et des militants anti-fraude des pays voisins. Ces fraudes sont essentiellement localisées en… Corse et en Provence, donc dans le Sud-est, et sont tolérées par l’Etat pour des raisons – sur le coup évidentes – de paix sociale. Cependant, l’argument peut être retourné. En effet, les fraudes concernent essentiellement les bovins  dont la divagation sur les routes et dans les villages – conduisant les humains à enclore les lieux qu’ils habitent plutôt que les champs ( !) – est la plus éclatante manifestation. Cette divagation, véritable « calamité » de la Corse avec l’état des routes, a fait l’objet d’un rapport récent qui propose à l’Assemblée de Corse de mettre en place une délégation de service public pour la collecte des animaux vers trois lieux de dépôt et le recouvrement d’amendes auprès des éleveurs. Nul doute que ce rapport  accueilli par des levées de bouclier connaîtra le même sort que ses prédécesseurs : la poubelle.

Les éleveurs souhaitent faire connaître à l’Etat leur « refus de [se] plier à des exigences qui ne satisfont que l’industrie » et veulent « rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux ». Ils solliciteront à Valence une entrevue avec M. Le Foll, ministre de l’agriculture, pour demander la levée de l’identification obligatoire et la suppression du projet portant sur les mâles certifiés.

transhumance drôme

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Passage de la Châtelaine : la reconstruction bien entamée

30 Jan

Le 1er avril 2012, le passage de la Châtelaine sis en biais entre le n°9 de la rue Scribe et le n°20 de la rue Crébillon était ravagé par les flammes. Les pompiers réussirent à stopper l’incendie qui s’était propagé par les greniers contigus en s’appuyant  sur les murs de refend des immeubles XVIIIe sur chacune des rues. Néanmoins le sinistre pose de nouveau la question de la gestion du bâti hétérogène du centre-ville de la capitale Bretonne, ville exceptionnelle en tous points, notamment parce que, étendue au XVIIIe, elle échappa pour l’essentiel aux percées hygiénistes du XIXe.

Sommet de la partie en réfetion du n°9 rue Scribe

Sommet de la partie en réfetion du n°9 rue Scribe

Près de neuf mois plus tard, l’enquête peine à déterminer les reponsabilités, les deux pistes – criminelle (incendie volontaire) et accidentelle – étant à égalité dans le flou artistique. En revanche, la reconstruction a commencé, avec le côté cour de l’immeuble situé rue Scribe (Déclaration Préalable 12265, accordée le 21 septembre 2012). Le grenier y a entièrement brûlé, jusqu’à un mur de refend, et le plancher du 3e niveau a été roussi. La toiture a été remplacée, les planchers renforcés par une poutraison de fer et trois duplex y seront aménagés sur les deux derniers étages, ainsi qu’un appartement juste au-dessous. Un ouvrier du chantier commente pour BreizhJournal « ici, ça a chauffé, il ne restait plus rien du toit et des poutres, mais les planchers, eux, sont bons. Cela dit, ils seront remplacés puisque l’espace est réagencé ». Des poutres noircies dans les murs, le sommet cendré de ceux-ci et un pan de toiture déposé auprès du chantier témoignent de la violence de l’incendie.L’échafaudage qui fait le tour de l’aile de l’immeuble en chantier donne sur le restaurant Tex-Mex d’où est parti l’incendie. Les charpentes en fer sont tordues comme par une mâchoire géante, le désordre s’est éparpillé dans les constructions hétéroclites du passage, des vitres ont éclaté ça et là, des ardoises ont volé. Une vision comparable à celle de la cour de l’Hôtel de la Duchesse Anne, lui aussi victime d’un incendie (le 17 juin 2004) attribué à un court-circuit. Pour la réfection du passage, il faudra encore attendre que la justice fixe les coupables. Plusieurs sources parmi les voisins immédiats estiment que les travaux ne commenceraient « pas avant 2015. » Au mieux.

Partie complètement sinistrée du passage de la Châtelaine

Partie complètement sinistrée du passage de la Châtelaine

Les Potimarrants font leur théâtre le 3 février à Nantes

29 Jan

Mais qui sont-ils ? La troupe des Potimarrants est une troupe de théâtre amateur composée d’étudiants et de jeunes professionels. Fondée en 2011 par Jean-Baptiste Darantière, elle regroupe une équipe d’amis autour d’un projet commun, dans le but d’aider une association. L’ensemble des bénéfices est entièrement reversé cette année à l’association l’Arche. Cette association a pour but de redonner une place aux personnes ayant un handicap mental exclues par notre société ! Pour en savoir plus cliquez ici

Cette troupe de théâtre revêt un aspect jeune et impulsif dû aux nombreux étudiants qui la composent. Le principe général suivi par la troupe des Potimarrants est le travail en équipe dans une ambiance chaleureuse et conviviale. La force d’une telle équipe repose sur l’Amitié qui lie tous les membres entre eux et qui leur permet de travailler ensemble dans un but commun, en appliquant les valeurs de solidarité, d’entraide, et de charité indispensables dans toute entreprise humaine. Chaque acteur s’efforce de mettre son talent au service du groupe, dans le but de soutenir matériellement les efforts faits par l’Arche pour l’intégration des personnes handicapées.

Cette année, les potimarrants, jouent pour vous une pièce de Victorien Sardou, écrite en 1870 : Les pattes de mouches. En deux mots, il s’agit d’un vaudeville à l’ancienne, avec ses quiproquos, ses amants dans le placard, ses maris jaloux, et ses amours impossibles, le tout dans des décors somptueux, des jeux de projecteurs, et un orchestre fort dynamique. La mise en scène à l’ancienne, est réalisée par jean-Baptiste Darantière, un jeune metteur en scène très prometteur, qui sera aussi présent sur scène : ne manquez pas cette occasion unique de pouvoir dire dans quelques années « Jean-Baptiste ? Oui, je le connais depuis ses débuts  » !

En bref, voici une excellente occasion de découvrir ou re-découvrir le théâtre, à des tarifs très abordables. Si vous êtes lassés du cinoche, ou qu’aucun film ne vous tente, et que lé télé commence à vous énerver, amenez votre famille, votre chéri(e), vos amis, ou vous-même ! Venez soutenir les plus faibles en vous amusant !

Pour en savoir plus,

– visitez le site : www.potimarrants.fr

– la page Facebook de la troupe : https://fr-fr.facebook.com/troupedespotimarrants.nantes

– la chaîne you-tube, avec de nombreuses vidéos, dont les bandes-annonces : https://www.youtube.com/channel/UCtRoYSvMeFyyJNHwWrluDHw.

Où ? Le 3 Février à 16h, salle Bretagne (420 places), 23 rue Villebois Mareuil à Nantes.

Comment réserver ? Sur le site ou au 06 35 35 62 69.

 

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Répit de deux jours pour la ferme de Bellevue

28 Jan

Ils étaient bien décidés, ce matin vers six heures, à protéger la ferme de Bellevue à Notre-Dame des Landes de la destruction. Une vingtaine d’opposants et une trentaine de tracteurs ont passé la nuit dans la ferme et autour, rejoints un peu plus tard par plusieurs dizaines d’autres militants et paysans.  Comme nous l’avons constaté en arrivant par le Chêne des Perrières, la route qui mène de ce croisement à Vigneux est barrée en plusieurs endroits par de fortes barricades, renforcées toute la soirée de dimanche et la nuit jusqu’à quatre heures du matin.

Au petit matin, donc, les gendarmes ont fait une rapide pointe vers les environs de la ferme située à l’ouest de la ZAD. Avant de rebrousser chemin devant la première barricade, au Chantier Frais. Une camionnette de EDF, partie de Nantes, n’a pas non plus poursuivi vers la ferme. Les forces de l’ordre se sont contentées comme d’habitude de barrer les carrefours des Ardilières et de la Saulce. En effet, suite à un appel de l’opposante à l’aéroport et chef de file du collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDéPa) Françoise Verchère, le préfet a suspendu les opérations visant à détruire la ferme le temps que la situation se décante. Pour deux jours.

Vers dix heures, l’hélicoptère de la gendarmerie a survolé la maison et ses alentours pendant 10 mn pour repérer les barricades et les protections de la maison. Autour d’elle, une trentaine de tracteurs sont reliés par des câbles dans la cour au sud, derrière et dans le chemin, formant une enceinte qui hésite entre l’ellipse et le triangle ; d’autres tracteurs barrent la route d’accès à la ferme. Les paysans ont rétabli un tour de garde par canton, dans le but d’assurer une « présence permanente avec le plus grand nombre possible de volontaires pour protéger la ferme« . La route du Chêne des Perrières à Vigneux était coupée ce matin par quatre fortes barricades, deux avant et deux après la ferme. Celles-ci ont été renforcées pendant toute la matinée. L’une d’elle est appuyée à la corne d’un bois près du débouché du chemin de Suez, barré par trois barricades, dont un fossé en eau, le chemin ayant été décaissé sur 40 cm de pronfondeur et 2 m de large. L’on peut d’ailleurs constater ailleurs sur la ZAD – à la Sécherie notamment et sur le chemin qui mène du Sabot à la RD42 (Notre-Dame des Landes > La Pâquelais) que, du fossé en eau (sur lequel est parfois jeté une vague passerelle) au bastion en argile et divers objets en passant par la barrière (ou la chicane) mobile, la notion de rempart connaît un véritable revival.

Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades.

Carte de Bellevue et de ses abords, ainsi que des nouvelles barricades.

« Ce n’est pas une ferme, c’est un village »

La ferme de Bellevue est assez importante à vue d’œil. Une longue longère poursuivie par une ancienne grange sur poteaux dont les espaces ont été progressivement murés. Deux hangars en tôle devant, une remise, d’autres remises derrière à usage de cave et de granges, une mare, une grangette devant dont une pièce est pourvue d’une cheminée. Le logis n’a que deux chambres en état, mais l’eau y est encore courante et l’électricité n’a pas été coupée. Le grenier est important et nu. La toiture et la façade ont été refaites par le Conseil Général, propriétaire du bâtiment, il y a une vingtaine d’années.

Découvrir la ferme de Bellevue

façade de la ferme

façade de la ferme

Le fermier passé (Serge Durand) n’a fait que peu d’entretien, et aucun agrandissement – pas même un hangar pour ses vaches, « toujours dehors » dans les près, selon un agriculteur voisin, hormis une petite extension derrière la maison. En partant, il a « tout emmené, y compris les interrupteurs », allant jusqu’à défoncer deux portes dans la grange pour récupérer les lourds linteaux de granit. La maison a un four à pain conservé. Devant celui-ci, il y avait un linteau en pierre que M. Durand a essayé d’emmener mais a laissé en plan, démolissant une partie du toit. Cependant, d’après un militant expert en la matière, « ce four peut remarcher. La sole est en bon état, la voûte a quelques petites fissures qui se rebouchent à l’argile. Rien de grave ».Si les militants réussissent à conserver la ferme debout, l’espoir d’une seconde boulangerie pour ravitailler en pain la moitié ouest de la ZAD est permis. L’actuelle se trouve dans une maison non expulsable, aux Fosses Noires, au sud-est de la ZAD. Mais ce n’est pas le vieux four, dont la sole est hors service, qui est utilisé, mais un four de boulanger en métal placé dans la même pièce, et qui n’utilise que le conduit de son confrère fatigué. Avec quelques aménagements de rigueur, la ferme de Bellevue pourrait accueillir en permanence de 30 à 40 personnes, créant un nouveau lieu occupé – et donc un point de fixation de la lutte autour d’un corps de ferme en dur – à l’ouest de la ZAD. Au seuil de l’une des pistes projetées et déjà présentes sur les cartes de l’IGN. Laissons donc le dernier mot à un zadiste « les pistes sur le papier, peut-être, mais dans la réalité, c’est nous qui gérons ».

Mobilisation générale pour la ferme de Bellevue à NDDL

27 Jan

Une ferme de la ZAD risque de devenir le prochain champ de bataille de Notre-Dame des Landes. Il s’agit de la ferme de Bellevue, dont l’exploitant est parti dans la plus grande discrétion samedi soir, abandonnant sa ferme – des hangars et une longère en pierre – à deux vigiles payés par AGO-VINCI. La destruction de la ferme devrait commencer demain matin. L’ACIPA a diffusé un communiqué appellant à l’occuper immédiatement et rapidement, avant demain matin.

Dans la soirée de dimanche, vers 19h, des « tracteurs vigilants » des agriculteurs opposés au projet d’aéroport ont été déplacés autour de la ferme pour s’opposer à sa destruction et au passage tant des engins de chantier que des forces de l’ordre. Dimanche vers 20h, la ferme a été occupée par des zadistes et des paysans, les vigiles sont partis. Actuellement – à 22 h 30 – il y a plus d’une centaine de paysans et de zadistes, et 50 tracteurs autour de la ferme. Près de 50 autres tracteurs sont attendus demain sur les lieux. « On est là pour que la ferme reste debout. Nous sommes déterminés, notre moral est bon », nous explique Dominique Guitton, agriculteur opposé au projet.

Bellevue, c'est là. Sur la nouvelle carte IGN disponible sur Geoportail, l'axe des pistes (en grisé sur notre image) est déjà indiqué.

Bellevue, c’est là. Sur la nouvelle carte IGN disponible sur Geoportail, l’axe des pistes (en grisé sur notre image) est déjà indiqué.

Le départ de l’exploitant « attendu et prévisible »

Vue de la ferme de Bellevue (2011)

Vue de la ferme de Bellevue (2011)

A la vérité, le départ de l’exploitant, Serge Durand, était attendu par un peu tout le monde. L’exploitant avait en effet eu par le passé des bisbilles avec les zadistes – ces militants opposés à l’aéroport qui se sont installés plus ou moins illégalement sur l’aire prévue pour le projet, la ZAD – des « troubles de voisinage » qui ont fait la une des journaux locaux lorsqu’il a eu une discussion animée au cours de laquelle l’agriculteur a pris un coup de « porte de clapier » et a porté plainte. Il a par la suite retiré sa plainte, mais ses relations avec les zadistes, qui l’accusaient d’être dans le camp de Vinci, sont devenues exécrables. Un proche de l’agriculteur à l’époque nous explique sous le couvert de l’anonymat : « les zadistes occupaient une ferme à côté, celle du Rosier [maintenant détruite] et lui ont emprunté, en lui demandant, des outils et un de ses hangars. Il a eu un mal fou à récupérer son hangar quand il en a eu besoin, et pour les outils, pareil. Puis, avec toutes les pressions, l’affaire s’est envenimée jusqu’à plus possible ». Toujours est-il que l’agriculteur louait, en connaissance de cause, ses bâtiments et ses terres au Conseil Général et les a donc rendu, après avoir été réinstallé à Plessé. Tout cela, dans une grande discrétion – qui trouverait, d’après une source proche du dossier, un juste prix auprès de Vinci – mais qui n’a pas suffi à tromper les agriculteurs opposés au projet. Le départ de l’exploitant était en effet annoncé comme imminent depuis début décembre.La leçon de Saint-Jean du Tertre

Ceux-ci ont en effet été échaudés par la destruction, très discrète et sans heurts, de la ferme de Saint-Jean du Tertre. Délaissée par ses habitants le 11 janvier, cette ferme située tout à l’ouest de la ZAD a été détruite du 15 au 17 janvier. Un choc pour les occupants du site, d’autant plus qu’il s’est avéré que « certains camarades étaient cependant au courant de la destruction en cours de cette ferme, mais ils n’ont lancé aucun appel à la défendre. Apparemment, parce qu’ils n’y voyaient pas l’intérêt et/ou qu’ils  pensaient que la ZAD n’en aurait pas l’énergie. » En effet, ces dernières semaines, il y a moins de monde qui occupe la ZAD – les conditions hivernales étant difficiles sur place, certains zadistes sont partis se reposer ailleurs. Cependant, les militants devraient revenir dès qu’il y aura une nouvelle alerte, comme en ce moment. Dominique Fresneau commente pour BreizhJournal : « cette affaire nous a servi de leçon, maintenant nous on va surveiller de beaucoup plus près ce qui se passe sur la ZAD » pour défendre les lieux de vie en dur. La ferme de Bellevue est d’autant plus symbolique que « c’est la première ferme menacée qui est encore en activité ».

D’autres fermes concernées

En effet, d’autres fermes sont menacées par des destructions très prochaines, elles-mêmes motivées par la volonté d’éviter que les bâtiments vides ne soient immédiatement occupés par des opposants. A la Geneslière sur la RD81 un agriculteur loue sa ferme depuis 40 ans au Conseil Général. « Mais il n’est pas près de bouger, et il faudra aussi le déloger », commente Dominique Fresneau. Au Chantier Frais, le collectif paysan COPAIN44 (opposé à l’aéroport) dément toute volonté de départ de la part de l’exploitant installé sur place.

Carte 1/25000e de l'ouest de la ZAD avec situations de Bellevue, du Chantier Frais et de St Jean du Tertre.

Carte 1/25000e de l’ouest de la ZAD avec situations de Bellevue, du Chantier Frais et de St Jean du Tertre.

Fay de Bretagne : le pont de Villhouin sera consolidé

26 Jan

Le village de Fay de Bretagne (Faouell) en Loire-Atlantique abrite, tout à l’ouest de son territoire, en limite de Bouvron, une petite merveille cachée. Un pont dit « romain », à Vilhouin, qui est en fait gothique (XIIIe-XIVe siècle) et se trouve tout au bout de la retenue d’eau du même nom (sur le territoire communal de Bouvron) qui alimentait jadis deux moulins à foulon.

Le pont de Vilhouin est perdu dans les arbres et les broussailles, et depuis longtemps, certains demandaient à éclaircir la jungle locale. Seulement, « si on abat les arbres, le pont tombe », nous précise Mme Sardais, maire de Fay. Les racines des arbres se sont en fait étroitement mêlées aux fondations du pont. Une consolidation a été budgétée par la mairie et sera réalisée en 2013. Les conditions techniques du projet ne sont pas encore connues et un cabinet d’études sera missionné. La commune aurait un autre pont ancien, qui fut consolidé il y a une vingtaine d’années et qui se ruine, à l’est de son territoire près du carrefour de l’Arche du Fouan.

Chômage : stable en France, +0.9% en Bretagne

26 Jan

Le Père Noël avait dans sa hotte un cadeau pour le gouvernement : la stabilisation des courbes du chômage, puisque la France ne compte que 300 chômeurs de plus en décembre. La Bretagne, elle, en compte 1713 de plus (+0.90%) dont les gros bataillons ont été pour l’essentiel fournis par la Loire-Atlantique et le Finistère.

Le mois dernier, le chômage baissait – un peu (-0.15%)  – en Bretagne. Ce mois-ci, le chômage stoppe sa montée inexorable, depuis huit mois consécutifs, dans les Côtes d’Armor (+0%). Mais augmente fortement dans le Finistère (+1.4%, près de 540 chômeurs en plus), en Loire-Atlantique (+1.1% soit 603 chômeurs en plus), et un peu moins dans l’Ille-et-Vilaine (+0.8% soit 334 chômeurs) et dans le Morbihan (+0.8% soit 247 chômeurs). En tout, il y a maintenant 191.296 chômeurs de catégorie A en Bretagne.

Autour de nous, le chômage augmente de 1.7 % dans la Manche, 1.3% dans le Calvados, 0.4% dans l’Orne, 0.9% dans le Maine-et-Loire, 0.8% dans la Sarthe, 0.6% dans la Mayenne, et 2.2% en Vendée. On est loin de la « stabilisation » !

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En France : un miracle statistique sans lendemain ?

Le gouvernement se félicite de la « stabilisation du chômage » qui rend possible « l’inversion » de ses courbes. Attention, intox ! Puisque plusieurs indicateurs montrent clairement que la stabilisation du chômage est une réussite statistique qui sera suivie de lendemains difficiles. En effet, la stabilisation du chômage a été forgée en augmentant le nombre de radiations administratives (+24%) et les entrées en stage. Sachant qu’en moyenne, 40% des chômeurs administrativement radiés sont réintégrés dans Pole Emploi dès le mois suivant, une partie d’entre eux se retrouveront dans les statistiques de janvier, où le chômage monte traditionnellement suite à la fin du pic d’activité intérimaire et temporaire liée aux fêtes. Un sondage fait par l’Express indique que ses lecteurs n’y croient pas. Pour 54 % d’entre eux, c’est de l’enfumage. Ils ne croient pas si bien dire. Du reste, la « stabilisation du chômage » n’est pas partagée par tous. Le chômage augmente de 0.4% en Alsace, de 1.3% en Aquitaine, de 0.5% en Yonne, de 0.9% en Languedoc-Roussillon, de 1,4% en Gironde, voire de 1.7% dans le Doubs. Mais il se stabilise en Picardie, PACA et dans les Rhônes-Alpes.

C’est essentiellement sur les contrats dit de génération – soit 500.000 prévus en 5 ans, les stages et les contrats aidés que le gouvernement prévoit de jouer pour renverser la courbe du chômage. C’est-à-dire sur des moyens typiquement socialistes, coûteux pour l’Etat et en partie déconnectés de l’économie réelle. Quant à celle-ci, elle est paralysée par la rigueur et le marasme, non seulement français, mais aussi mondial, et ne devrait redémarrer que grâce à la Chine et à l’Asie. Chine qui est en train de réussir ce que les Etats-Unis avaient accomplis avec le new deal : se relancer par des grands travaux publics. Stratégie qui est inapplicable en France : les gouvernements successifs oublient trop souvent deux facteurs majeurs : la taille du pays et sa puissance tant financière qu’en ressources naturelles. En France, il faut, d’après des économistes, au moins 1.4% de croissance annuelle pour que l’économie créée des emplois, et que les dispositifs coûteux du gouvernement se transforment en boosters. On en est loin : la prévision de croissance pour 2013 faite par le gouvernement est jugée très optimiste, et la croissance réélle ne devrait pas dépasser +0.1% sur les six premiers mois. Un encéphalogramme économiquement plat qui permet de se demander s’il y a un pilote dans l’avion.