Archive | novembre, 2012

Doux cède une filiale à Quimper

30 Nov

La SA Pierre Doux, située à Quimper et partie du groupe volailler Doux a été reprise à la barre du tribunal de commerce par Bretagne Viande Distribution. L’entreprise voisine du site de Doux rachète le site et garde ses 17 salariés pour 1.4 millions d’€.

sa pierre douxL’unité sera transformée en usine de fabrication de steaks hachés. Bretagne Viande Distribution réalise un chiffre d’affaire de 60 millions d’€/an. Deux autres offres de TSLGM de  Carnicas Industries ont été refusées pour le site. A noter que Doux a récemment perdu un hangar industriel et ses poulets à Saint-Nolff suite à un incendie accidentel, le préjudice est estimé à 230.000 €.

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L’UDI de Borloo capte 1% de l’UMP

30 Nov

Alors que les conséquences des élections UMP continuent à diviser le parti, dont les modérés – tant fillonnistes que copéistes s’efforcent d’éviter la scission définitive – les partis tant à droite (FN) qu’à gauche (UDI) de l’UMP font recette.

L’UMP comptait au moment des élections internes 324 945 adhérents à jour de cotisation, d’après la commission de contrôle desdites élections (Cocoe). Parmi ces adhérents, un tiers à peine sont vraiment actifs, et c’est dans leurs rangs – notamment parmi des militants de la base excédés de constater combien les élites parisiennes du parti sont loin de leurs préoccupations – que se recrutent les transfuges.

UDIHier nous vous relations les difficultés des sections locales à connaître le nombre d’adhésions causées par le feuilleton UMP. En effet, on peut adhérer à l’UDI en rejoignant l’une des formations politiques qui forment cette confédération de partis, ou directement via Internet. Ce qui donne une pléthore de flux, plus ou moins centralisés au niveau national, avec un temps de retard.

De source confidentielle, au sein des instances nationales de l’UDI, on nous confie que, depuis le début de la crise à l’UMP, il y a eu « 7000 adhésions directes, dont 2500 à 3000 proviennent de l’UMP ». Soit environ 1% des effectifs du parti. Des informations en décalage avec le discours officiel des responsables du parti, qui déclarent enregistrer près de 1000 adhésions par jour; ce discours apparaît pour notre source motivé par des considérations stratégiques : « c’est le moment où jamais pour l’UDI de s’engouffrer dans la brèche ouverte par le fouillis inextricable de la situation de l’UMP« .

Néanmoins, la question qui intéresse les responsables politiques locaux de l’UDI n’est pas tant de connaître le nombre de militants que de savoir si les nouveaux adhérents militeront vraiment. Du reste, l’organisation fébrile des municipales en 2014, avec des listes qui se constituent un peu partout sur le territoire, permettra de le savoir rapidement.

La lutte ne s’essouffle pas pour Notre-Dame des Landes

29 Nov

Les deux journées qui viennent de s’écouler ont été plutôt calmes à Notre-Dame des Landes. Si on exclut l’incendie de la grande à foin du Rosier, qui était tout ce qui restait de la ferme. Celle-ci, incendiée par des inconnus, a complètement brûlé. Mais c’est hors de Notre-Dame des Landes que le combat bat son plein.

Au Rosier, un curieux incendie et pas de pompiers

Grange du Rosier en feu – photo ZAD

Le site de la ZAD publie un récit de l’incendie, que nous reproduisons « Avec un groupe, ils n’étaient pas loin et ont entendu une explosion, ils se sont alors dirigé vers le Rosier et ont vu que la grange étaient en feu, L. insiste pour rappeler qu’il n’y a pas de relais d’électricité là-bas et que le terrain est pratiquement inondé. Une fois arrivés, ils décident d’appeler les pompiers. Après 2 heures et demie 10 fourgons de gendarmes mobiles se pointent et ceux-ci descendent en trombe, s’avançant à toute vitesse sur les 7 personnes qui ont décidé de rester jusqu’au bout. Haineux, matraques à la main, les gendarmes mobiles forment rapidement un cercle autour de la grange, bloquent le passage et agressent verbalement les personnes sur place. Celles-ci sont tout à fait paniquées. (…) Après un moment de grosse tension, les GM se calment enfin et tentent de comprendre ce qui se passe. les personnes présentes expliquent qu’elles n’ont pu que constater à leur arrivée que la grange était en feu. (…) Personne n’a vu de camions de pompiers. »

L’incendie s’est déclaré vers minuit dans cette grange louée à un agriculteur. Près de 260 roundballers ont été détruits. Une enquête a été ouverte. Une barricade a pris feu près de la grange mais l’humidité a empêché l’incendie de prospérer. Humidité qui est finalement la principale alliée des occupants de la ZAD, qui se préparent à y passer l’hiver. Le projet de l’aéroport, qui est actuellement un PPP (partenariat public privé), deviendrait-il un PPH (passera pas l’hiver) ? Seul l’avenir nous le dira.

 

Légal : un opposant condamné à de la prison ferme

Un opposant à l’aéroport, qui aurait lancé une masse retenue par une laisse sur un gendarme déguisé en manifestant, a été condamné à dix mois de prison dont cinq avec sursis mercredi, rapporte Politis. Deux autres opposants ont été condamnés à six et deux mois de prisons avec sursis pour violences sur des membres des forces de l’ordre, port prohibé d’une arme blanche, rébellion et participation à un attroupement armé.

Politique : Notre-Dame des Landes, un « caprice de féodal » pour Marine le Pen

Le leader du Front National persiste et signe. Une semaine et demie après s’être déclarée « du côté » des opposants, elle envoie un SCUD à Ayrault sur le même sujet, en traitant le projet de « caprice » du Premier Ministre « grand féodal qui veut laisser sa trace dans l’Histoire ». Inspirée par Proudhon, peut-être, Marine ? L’un des premiers penseurs du socialisme avait déclaré que « Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque action d’éclat ». Pendant ce temps là, la cote de Jean-Marc Ayrault s’effondre (-42% chez les sympathisants du front de Gauche, -4% pour l’ensemble des sondés) et celui-ci hâte la nomination de la « commission de dialogue » dont les membres seront connus à la fin de la semaine.

 

Soutien :  des Camille à la pelle et une marche prévue depuis Nice

Le collectif de soutien à la lutte contre l’aéroport organise une marche depuis Nice. Ele partira le 8 décembre et devrait arriver à Nantes début février. De son côté, le collectif Haute-Garonne contre l’aéroport, qui s’est doté d’une page Facebook a fait une réunion d’information le 28 octobre qui a attiré une « centaine de personnes ». A Vannes, une manifestation de soutien – une parmi d’autres ce week-end – est prévue à 18 h 30 devant la Préfecture.

Pendant ce temps là, les Irréductibles du pays de Morlaix ont lancé une opération originale. En soutien aux membres de la ZAD, qui entre eux s’appellent Camille – prénom tant masculin que féminin – pour brouiller les pistes de la police, ils appellent les soutiens internet de la lutte à rajouter Camille à leur nom sur Facebook. Le groupe, lancé il y a quelques jours  compte déjà plus de 1.100 membres.

 

Vinci : le planning travaux qui sème le trouble

Le concessionnaire de l’aéroport lui, ne perd pas de temps. Il vient de publier son planning. Soit, fin 2012, les espèces à sauvegarder commenceront à être transférées. Les travaux de l’échangeur avec la quatre-voies Nantes-Rennes commenceront début 2013, début février, le diagnostic archéologique commencera, sur deux périodes de six mois – sur la zone du futur aéroport, parce que pour le barreau routier, les sondages archéologiques sont déjà en cours à l’est de la   ZAD. A l’automne 2013, la commission scientifique chargée de valider les propositions de la commission de compensation écologique devrait se réunir, et si elle valide, les travaux de terrassement pourraient débuter dans la foulée. Le premier parpaing ne sera pas, en tout état de cause, posé avant début 2014.

Jusque là, rien d’anormal – quoique on pourrait accuser Vinci de vendre la peau de l’ours Breton avant de l’avoir abattu. Soit. Mais on lit « le mois de janvier verra le défrichement de la forêt de Rohanne et d’une grande partie de la zone qui sera couverte par les pistes ou les bâtiments ».  De deux choses l’une : soit le planning a été établi avant l’annonce de trois ministres de retarder le défrichement de six mois  soit cette promesse gouvernementale a été annulée en douce. Ce qui ne manquera pas de plaire sur place.

Le feuilleton des élections UMP divise la droite Bretonne

29 Nov

Isabelle le Callenec, député de Vitré, fait école.  Avec elle, le député-maire de Guérande Christophe Priou, rejoint le groupe dissident créé à l’Assemblée Nationale par François Fillon et nommé le Rassemblement UMP.

Joint par BreizhJournal, il a refusé de commenter à chaud le feuilleton des élections internes. Cependant, fidèle soutien de François Fillon, il se prononce pour « rendre la parole aux militants » et pour « qu’un nouveau vote soit organisé rapidement » afin d’en finir avec le déchirement du parti. Il déclare aussi que sa réserve « n’enlève rien à [sa] détermination et à [ses] convictions. »

A ce jour, le groupe des députés soutenant Fillon, le Rassemblement UMP, compte 71 membres, et les députés ni copéistes, ni fillonistes emmenés par Nathalie Kosciusko Morizet veulent créer un groupe des non-alignés, où ils seraient 72.  Des députés excèdés ont lancé un appel contre les scissions du groupe UMP à l’Assemblée Nationale.

Arrêter les « 30 excités de Paris » : quand les fédérations de Franche-Comté haussent le ton

Une fois n’est pas coutume, on entend les comtois. Trois fédérations départementales, celles du Territoire de Belfort, du Doubs et de Jura, emmené par le député du territoire de Belfort Damien Meslot, proche de Xavier Bertrand et donc fillonniste, sifflent la fin de partie « Il y a 30 excités à Paris, devenus complètement fous,  qui prennent en otage les 330.000 adhérents qui aimeraient que l’on sorte de cette situation», résume le député « excédé ». Les trois fédérations appellent à un nouveau vote. Pendant ce temps là, les cotes de popularité des deux acteurs de l’élection, devenue pour le réalisateur Luc Besson « la comédie la plus drôle de l’année » dévissent parmi les sympathisants de droite : de 16% pour Fillon à 56%, de 15% pour Copé à 34%.

En Bretagne, sept ténors de l’UMP, combien de divisions ?

En Bretagne, des dernières législatives ont réchappé sept députés de droite dont trois de l’UMP. Marc le Fur dans la 3e circonscription des Côtes d’Armor, dernier député UMP de Basse-Bretagne. Isabelle le Callennec qui a pris la succession de Pierre Méhaignerie, maire de Vitré, dans la 5e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Et Christophe Priou, député maire de la 7e circonscription de Loire-Atlantique, seul et ultime député de droite dans le département le plus peuplé de Bretagne.

Dans le Morbihan, Philippe le Ray, là aussi dernier député de droite, a ravi  la circonscription à Michel Grall. Apparenté UMP, le député refuse de faire son choix bien qu’il a été sollicité par l’UDI. En Ille-et-Vilaine, Gilles Lurton est devenu député après avoir battu le candidat officiellement investi par l’UMP. Soutenu par François Fillon dans sa campagne, il renvoie l’ascenseur en adhérant au groupe qu’il a créé à l’Assemblée, Rassemblement UMP, comme nous apprend sa fiche. Il n’était jusqu’alors qu’apparenté à l’UMP. Pour compléter le compte, il y a Thierry Benoît, à Fougères, qui fait partie de l’UDI.

Isabelle le Callenec et Christophe Priou ont, comme nous l’avons vu, rejoint aussi ce groupe-ci. De son côté, Marc le Fur, partisan de Copé, reste fidèle à la légitimité du parti mais a cosigné un appel avec des fillonistes pour éviter la division interne à l’UMP. Enfin, l’ancien député et toujours maire de Vitré, Pierre Méhaignerie, a franchi le pas le premier en passant à l’UDI.

Transfuges à l’UDI et au FN : un chiffrage local difficile

Le parti de Borloo enregistre 6.000 nouveaux adhérents en une semaine, la majorité d’entre eux provient de l’UMP. De source interne, « le parti est débordé, les ex-membres de l’UMP adhérent le jour, la nuit, c’est fou. » Plusieurs députés apparentés UMP ou encartés UMP seraient en passe de rejoindre le parti de Borloo. De source interne à l’une des composantes qui formeront à terme l’UDI de Loire-Atlantique « nous enregistrons bien une augmentation des adhésions, mais nous sommes bien en peine de dire si elles proviennent ou non de l’UMP ». La faute à l’existence de deux supports pour adhérer : soit directement en ligne à l’UDI, soit auprès de l’un des sept partis qui la forme, l’adhésion à ce parti (par exemple à l’Alliance Centriste) emportant aussi l’adhésion à l’UDI. En Loire-Atlantique,  l’UDI restera neutre et ne troublera donc pas la volonté d’union affichée des – derniers de mohicans – élus UMP du cru qui eux aussi ont décidé de ne pas entrer dans le panier de crabes parisien. Pour l’heure il n’y a pas d’élu de l’UMP de Loire-Atlantique qui a décidé de migrer à l’UDI, contrairement à ce qui se passe en Vendée (un élu du parti radical et une conseillère régionale ont rejoint l’UDI), dans le Maine et l’Anjou. Du côté du FN en Bretagne, on nous confirme de source confidentielle « une augmentation légère, mais très légère » des adhésions par rapport à la normale dans ces départements, notamment « provenant d’adhérents de base du parti excédés ».

Alcatel supprime 281 emplois en Bretagne

29 Nov

Ce matin à Vélizy, siège français d’Alcatel Lucent, la direction a annoncé les chiffres des suppressions d’emplois par sites. Le plan social a été – un peu – diminué, passant de 996 à 934 postes supprimés, soit 16% des effectifs.

En Bretagne, le site d’Orvault perdra 122 postes (soit 23% de ses effectifs), celui de Rennes 20 postes (16%) et celui de Lannion 139 (16%). Soit 281 suppressions de postes.

Hors de Bretagne, le site de Vélizy perd 362 emplois (17% de l’effectif), Villarceaux 171 (12%), Ormes, près d’Orléans, 53 (16%), Toulouse 16 (11%), Sophia-Antipolis 19 sur 22 (86%) et Eu 28 (9%). Le site de Sophia-Antipolis était une ancienne start-up nommée OpenPlug fondée en 2002, rachetée par Alcatel-Lucent en 2010.

Les suppressions d’emploi concernent en majorité les fonctions commerciales (143 postes) et administratives, ainsi que les services client (239 postes). La Recherche et développement représente 1/3 du plan social. Les syndicats ont qualifié ce plan de « catastrophe sociale, humaine et industrielle pour les salariés en France et en Europe » et appelé la direction à « trouver d’autres solutions » et à « écouter les salariés ». Un nouveau conflit social est très près d’éclater.

L’intersyndicale estime que ce plan « risque de précipiter une baisse du chiffre d’affaire qui justifiera un plan social suivant. La seule solution serait de passer d’une logique purement comptable à une logique qui associerait les salariés aux prises de décision, parce que eux seuls savent où sont les améliorations possibles« . Une logique que la direction d’Alcatel-Lucent se refuse de commenter.

Tableau des suppressions d’effectifs détaillées

Heurts et malheurs du dialogue à Notre-Dame des Landes

28 Nov

L’insurrection de Notre-Dame des Landes commence à être un véritable problème pour le gouvernement, qui hésite sur la route à suivre, et souffle le chaud et le froid quand au devenir du projet. Pour l’heure, celui-ci est illégal  et la dernière opération visant à enlever de vive force les barricades s’est soldée par des voies de fait et des blessés multiples du côté des opposants à l’aéroport. Une certaine mauvaise conscience de la part des décideurs politiques pèse sur le projet. Jusqu’à l’empêcher de décoller?

 

Des précisions quant aux blessés : le médecin écrit à la Prefecture

Opération du 23/11 – photo ZAD

Le médecin qui est intervenu sur le site de la ZAD a écrit à la Préfecture afin de la pousser à modérer l’usage de la force lors des interventions des forces de l’ordre sur le site.  Elle cite une longue liste de blessés et d’atteintes : « 11 blessures par flashball touchant : le thorax pour 2 personnes avec un doute sur une lésion hépatique, la joue et la lèvre supérieure pour 1 personne avec probable lésion dentaire ou maxillaire, le genou pour 2 personnes, des doigts pour 2 personnes, la cuisse pour 2 personnes, les côtes pour 1 personnes avec doute sur fracture de côtes, le poignet pour 1 personne, 3 traumatismes de genoux, 2 traumatismes de poignets, 1 plaie tympanique, 1 choqué par gaz, 1 plaie de crâne suturée par 2 points et 1 plaie au crâne suturée par quinze points » et six blessures par explosion de grenade assourdissante dont elle insiste sur la « gravité » à cause des débris qui « pénètrent profondément dans les chairs risquant de léser des artères, nerfs ou organes vitaux. Nous avons retiré des débris de 0,5 à 1 cm de diamètre, d’aspect métallique ou plastique très rigide et coupant ». Elle confirme par ailleurs ce que nous relations dans notre édition du 24 novembre, c’est-à-dire qu’une ambulance de pompiers qui est intervenue sur la ZAD a été sciemment retardée par les gendarmes sur la RD81.

 

Des heurts sporadiques sur la ZAD

Plus que jamais, la Zone d’Aménagement Différé, emprise du projet aéroportuaire, mérite son nom bis de Zone A Défendre. Des heurts sporadiques s’y poursuivent depuis dimanche, sur diverses barricades. Officiellement, les forces de l’ordre sont là pour les enlever et rétablir l’ordre tout en occupant le terrain. De leur côté, les opposants font repousser inlassablement de nouvelles barricades, protégent les camions de matériel saisis de temps à autre par les policiers et les divers chantiers de reconstruction – notamment au village de la Châteigneraie (la   Chat Teigne), à l’ouest du Bois de Rohanne.

Lundi, une dizaine de gendarmes se sont déguisés en opposants avant de s’approcher d’une barricade sur la RD 281 et d’enfiler le brassard « gendarmes » juste avant l’intervention. Résultat : une barricade prise, trois personnes arrêtées et plusieurs blessés. Dans la matinée, les forces de l’ordre protégeaient les camions qui évacuaient les gravats de la maison-ferme du Rosier, ainsi que le chantier de fouilles archéologiques préventives à l’est de la ZAD, près du village de Chanais. Dans l’après-midi, les policiers ont pris plusieurs des barricades du Far Ouest et empilé leurs matériaux dans des bennes avant de les emmener.

La reconstruction continue – photo ZAD

Mardi, à 7 h 15, la barricade à l’est de la Châteigneraie (au hameau de Saint-Antoine) est enflammée par les opposants, les policiers sont juste devant. L’on apprend qu’Aéroports du Grand Ouest (AGO), le constructeur et l’exploitant du projet d’aéroport, a déposé plainte contre les constructions à la Châteigneraie, au motif qu’elles sont illégales au vu du Code de l’Urbanisme. Le jugement en référé se tiendra le 4 décembre. Vers 11 h 00, les policiers se déploient le long de la RD81. A 14 h00, la préfecture appelle des proches de la coordination pour les prévenir que les forces de l’ordre viennent, non pas pour s’attaquer à la Châteigneraie, mais pour enlever des barricades autour du Rosier. A 15 h 00, une cinquantaine de policiers se déploient dans le Bois de Rohanne tout proche, pour vérifier où et comment reconstruit-on dans ce coin. Résultat des courses, à 15 h 30, les policiers attaquent la barricade du chemin du Suez, puis d’autres au Rosier, qui tiennent jusqu’à 18 h 20 puis cèdent ; les opposants se barricadent plus en retrait. A 19 h 40, il y a une forte présence policière au sud et à l’est de la Châteignerie (Bois de Rohanne, chemin de Suez, RD81, Rosier) mais les policiers finissent par lever le camp assez rapidement.

Mercredi, journée plus calme. Vers midi 20, un camion chargé de matériel de construction pour les chantiers de réoccupation est bloqué, les policiers marquent leur présence tout au long de la RD81, de la Vacherie au carrefour de la Saulce. Ils ont amené une pelleteuse pour le cas où des barricades fermeraient la route, ce qui n’était pas le cas. Matériel et policiers se rembarquent direction Vigneux à 18 h 15. Pendant ce temps là, partout où a eu lieu l’affrontement hier, de nouvelles barricades, plus fortes, plus solides, plus nombreuses, se construisent. Aucune journée n’est perdue pour la lutte.

 

Gendarme démissionnaire : rumeur ou vérité ?

Lundi, sur le site de la ZAD, on pouvait lire « un flic a collé un autocollant NON a l’aéroport avant de démissionner, un humain s’est rappelle qu il etait avant tout humain ! ». En fait, il s’agit d’une photo prise par une zadiste et republiée par Rennes TV qui a lancé la rumeur. Elle représente un gendarme qui a collé sur sa tenue anti-émeute le badge « non à l’aéroport, et qui charge. Nous avons joint le groupement de gendarmerie de Loire-Atlantique : aucune démission n’a été constatée ces derniers jours, pour quelque raison que ce soit, dans les rangs des gendarmes du département tout au moins.

 

Le Grand Ouest se démasque

Certains militants Bretons étaient favorables à l’aéroport de Notre-Dame des Landes, au motif que la Bretagne (unie) avait besoin d’un aéroport international. Et ce bien qu’elle en ait déjà deux : Rennes, et Nantes. Maintenant, les illégalités et voies de fait multiples, tant du projet que de sa mise en œuvre, les font réfléchir à deux fois. Tout comme les prises de parole des « élus du Grand Ouest » vent debout contre la « poignée d’opposants » qui risque de mettre en péril le projet fondateur de leur chimère. Après avoir déclaré que « l’avenir de la Région n’est pas dans des cabanes », Jacques Auxiette, président de la région Pays de La Loire, joint sa voix à celle d’autres mandarins socialistes de Bretagne administrative, du Poitou, du Maine et d’ailleurs pour empêcher que Notre-Dame des Landes devienne le « Larzac de l’ouest ».

 

Un dialogue encore possible ?

Le feuilleton des élections de l’UMP et celui de Notre-Dame des Landes ont au moins deux points communs : une forte implication du politique et la difficulté d’établir un dialogue. Parce que les avis divergent sur les bases de celui-ci. Du côté de la paroisse Notre-Dame de la Paix sur Isac, dont le centre est Blain et Notre-dame des Landes l’extrémité sud, l’on dénonce la « radicalisation » de la lutte et l’on se pose en médiateur.

Le gouvernement a proposé une commission de dialogue, avec comme préalable posé par Ayrault le « gel de toutes les constructions illégales sur le site » en l’échange de l’arrêt des interventions policières. La coordination des opposants répond que c’est impossible, et se déclare prête à « libérer les routes » (actuellement, la RD281 et divers chemins sont barricadés par des opposants)  en demandant comme préalable à toute négociation que les forces de l’ordre quittent la ZAD. Solution politiquement impossible pour le pouvoir qui aurait l’impression de cèder à la rue et à l’illégalité apparente, mais qui pourrait bientôt s’imposer tant le dossier Notre-Dame des Landes devient un boulet pour le gouvernement Ayrault.

Localement, le Modem et le PCF Vendée ont appelé à un « moratoire » sur le projet. Au plan national, l’UDI a appelé il y a trois jours le PS et le gouvernement à abandonner le projet dans sa forme actuelle et à lancer une médiation, tandis que Marine le Pen s’est déclarée il y a une semaine « du côté » des opposants.  Le PS, lui, s’accroche mordicus. Frédéric Espagnac, l’un de ses deux porte-paroles, à déclaré que « le projet se fera dans tous les cas de figure ». De quoi mettre un avis de tempête sur le frêle espoir de dialogue.

De son côté, la coordination des opposants maintient la pression. Elle tient le terrain, et peut s’appuyer sur la Coordination paysanne, qui relaie la lutte dans toutes les campagnes de France et de Bretagne. Comme naguère le Larzac ou la réforme de la PAC ; Notre-Dame des Landes est un sujet qui fait parler dans les chaumières, et attire les tracteurs dans d’interminables opérations escargot. La mobilisation en ligne se poursuit. Alors que le groupe Facebook contre l’aéroport a dépassé maintenant les 22.000 membres (il en comptait 8.000 le 16 octobre), une pétition en ligne a été déposée et compte plus de 11.000 signataires.

 

Notre-Dame des Landes : à Tours, on y croit vraiment

L’aéroport Tours Val de Loire croit tellement à la possibilité d’un nouvel « aéroport international » à Nantes qu’il vient d’achever de grands travaux de rénovation, comme nous l’apprend la Nouvelle République du jour. Qui donc, si Nantes se dote d’un aéroport international voire interstellaire, ira prendre l’avion de Tours et pour aller où, si toutes les grandes destinations internationales seront trustées par Notre-Dame des Landes ? Ce n’est sans doute pas pour assurer des vols vers le (très vide) aéroport d’Angers, Nantes, Rennes et Paris que la SNC-Lavallin, gestionnaire de l’aéroport, vient de dépenser 1.5 millions d’€ pour étendre les salles d’arrivée, rénover l’aérogare et les salles d’embarquement, aménager un espace restauration aux normes. L’aéroport a accueilli en 2012 160.000 passagers, contre 123.137 en 2010. Le gestionnaire met la barre à 230.000 dans un horizon de cinq ans. Un chiffre inatteignable si Notre-Dame des Landes est mis en place. Mais à Tours, on y croit vraiment, à l’aéroport international du « Grand Ouest ».

Isabelle le Callennec fidèle à Fillon et à l’UMP

28 Nov

Isabelle le Callennec, député de Vitré et de la 5e circonscription d’Ille-et-Vilaine, reste pour l’instant à l’UMP mais affirme sa fidélité à François Fillon. Elle ne suit pas pour l’heure le choix du maire de Vitré,  Pierre Méhaignerie, qui a rejoint l’UDI, le parti de Borloo.

Avec 67 autres députés UMP, elle a adhéré au groupe séparé de Fillon à l’Assemblée, nommé Rassemblement UMP. Ce groupe est censé être « provisoire », le temps de ramener le calme dans les instances du parti et d’organiser un nouveau vote. « nous souhaitons redonner la parole aux adhérents de l’UMP et proposons un nouveau vote dans un délai raisonnable de 3 mois ; sous le contrôle d’une commission indépendante », telle est la volonté des parlementaires UMP partisans de Fillon.

Dans la cinquième circonscription d’Ille-et-Vilaine, parmi les adhérents de l’UMP, François Fillon a obtenu 73% des voix et la motion « la droite sociale » de Laurent Wauquiez, numéro 2 sur la liste de Fillon, 51%. Chaque jour amenant sa nouvelle péripétie dans le feuilleton des élections internes de l’UMP, Mme Callennec nous confie qu’elle tiendra « compte des remarques des adhérents et des habitants de la circonscription » avant de prendre une décision définitive quant à son avenir politique.