Archive | décembre, 2013

Inflation de la Fonction Publique Territoriale : la CCEG épinglée

28 Déc

ag-publicLa CCEG – ou communauté de communes d’Erdre et Gesvres – qui regroupe à peu près toutes les communes riveraines du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes – a été épinglée par la Chambre régionale des Comptes, relève le média indépendant Breizh Info, qui fait l’inventaire des remontrances adressées par l’institution aux communes du département.

Ainsi, relève la Chambre régionale des comptes, « les charges de personnel, qui absorbent 17,6 % des crédits de fonctionnement, soit 2,3 M€ en 2011, ont été multipliées par deux depuis 2006 ». Cette inflation est cependant due au transfert des charges des communes vers l’intercommunalité et à l’accroissement des compétences des services de la CCEG. Cependant, il est probable que l’on aurait pu éviter le « doublement des effectifs » qu’enregistre l’institution. Ces charges restent cela dit en-dessous de la moyenne nationale – tirée par les grandes villes – car elles ne s’établissent qu’à 43€/habitant contre 67 au plan national.

D’autres villes ou collectivités se voient reprocher des évolutions plus graves. Ainsi de Pornichet : recours quasi systématique à des recrutements externes pendant les premières années de l’actuelle mandature municipale, embauche de contractuels plutôt que de fonctionnaires, ou encore une gestion qui laisse la bride sur le cou aux dits fonctionnaires puisque les arrêts maladie ont cru d’un tiers sur la mandature et les arrêts pour accidents du travail ont quasiment quadruplé. Les communes de Guérande, de la Turballe et de La Baule, ainsi que l’intercommunalité Sud-Estuaire (Saint-Brévin) sont aussi citées.

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Nantes : découvrez l’Hôtel de la Duchesse Anne, friche emblématique du centre-ville

20 Déc

Nantais, vous connaissez cet édifice. L’un des plus beaux monuments du XXe à Nantes, le plus connu élément d’Art Déco Breton (style Seizh Breur) devant le château, l’Hôtel de la Duchesse Anne. La veille, par une très belle journée, le sinistre démarre dans les combles du garage de l’établissement, se propage par l’escalier en bois jusqu’à la charpente et ravage tout. Cent vingt pompiers interviennent pour limiter cet incendie en plein centre-ville, qui ne fait aucune victime, les clients ayant tous pu quitter leur chambre.

En 2009 un acheteur se fait connaître pour l’Hôtel qui depuis cinq ans est rongé par les intempéries. Ses deux derniers étages ne sont plus, hormis les murs. L’humidité s’infiltre, les murs et les toits s’effondrent peu à peu. La façade de Ferdinand Ménard, construite en 1930 et classée, se détériore elle aussi. En 2011, les fenêtres des deux premiers étages sont remplacées. Un feu de paille. Enfin en juillet 2012, la propriétaire historique s’apprête à vendre ses parts à un investisseur qui veut transformer l’hôtel en logements ; ce projet a été confirmé en septembre 2013. L’intérieur sera entièrement curé, nettoyé, seuls les éléments historiques et les façades seront conservés.

Nous avons pu pénétrer (*) dans l’Hôtel de la Duchesse Anne et nous vous présentons en exclusivité les photos de l’intérieur de la bâtisse. Celle-ci semble être moderne, vue de la rue. En fait, on le constate dès le porche, ou côté cour, c’est une façade moderne qui a été accolée au vieil établissement, inscrit depuis 1873 sur le registre du commerce, et qui commençait alors à accuser son âge. L’hôtel affecte un plan en angle droit autour d’une cour rectangulaire, où se trouvait à l’ouest le garage, dans l’axe d’un porche dont les piliers sont taillés en diamants pour laisser passer les charrettes et les remorques. En retour d’angle, parallèlement au fond de la cour, se trouvent un hall éclairé par une verrière et derrière des communs en briques et bois, surmontés par les bureaux.

Au rez-de chaussée se trouvent la réception et les salons de l’hôtel. Le sol est couvert de débris, les vitres des fenêtres murées sont presque toutes cassées, des billes d’airsoft ont transformé le passage par le salon d’angle en un exercice d’équilibre périlleux. L’escalier d’honneur, juste à gauche du comptoir, est dans un triste état. Toute cette partie là devrait être restaurée à peu près dans sa splendeur passée d’après les ouvriers. Le niveau juste au-dessus est abîmé par le temps, toutes les portes baillent aux vents. Les papiers peints sont tombés, des plâtras jonchent l’escalier. Les petites chambres avec leur salle d’eau ou leur douche sur le côté sont mieux conservées sur le côté du château. L’aile en retour à l’est paraît n’avoir souffert que des squatteurs.

Retour à l’escalier, enfin, à ce qui était l’escalier. Une cage vide, à ciel ouvert, dont les quatre dernières volées ne sont plus, seules leurs traces balafrent la cage. Le dernier niveau arasé n’est plus accessible que par un escalier de service à demi-effondré, que nous n’emprunterons pas. Au péril de notre vie, nous nous risquons sur les deux dernières volées accessibles, tant bien que mal soutenues par des étais à défaut de rambardes. L’étage sur lequel elles donnent est lui aussi partiellement sous étais. Le hall qui s’ouvre sur l’escalier est recouvert de plâtras. Comme en bas, les portes sont presque toutes béantes, mais surtout un spectacle de désolation s’offre dans les chambres, dont le moindre équipement a été concassé. Cuvettes de WC brisées menu, cloisons arrachés, billes d’airsoft, tags sur les murs. Sur un mur, un dessin représente un fumeur de chanvre au look très BCBG hormis un manteau vert feuille de Marie-Jeanne. L’inscription précise « Ici sont passés une bande de jeunes défoncés ». Défoncés sont les murs, les faux plafonds, quand l’humidité ne les a pas fait s’effondrer avec leurs lattis,  défoncés sont les toits, défoncés sont les vitres, et depuis l’aile en retour on aperçoit la désolation de la cour, dont les toits pareils à des passoires sont couverts d’une véritable décharge de bâches, charpentes, pierres, briques, et autres débris de l’érosion du bâtiment depuis huit ans.

Et dire que c’est l’un des plus beaux monuments modernes de Nantes !  La dernière friche historique du centre ville – avec le couvent des Cordeliers rue du Refuge – et comme ce dernier une friche liée étroitement à l’histoire de Bretagne, à l’histoire de sa capitale que la France tente résolument de couper de ses racines depuis la création des Pays de Loire en 1975. Si le couvent des Cordeliers accueillait l’université de Bretagne, comme en témoignait une plaque escamotée lors de récents travaux, l’hôtel de la Duchesse Anne ne porte pas non plus son nom par hasard. Son triste état, son abandon, c’est une épine au cœur de nombreux Nantais, une atteinte insupportable au patrimoine commun d’une ville éprouvée par les Révolutionnaires et les Allemands, qui malgré toutes les destructions et l’irréparable sottise des hommes a toujours su renaître de ses cendres en portant avec elle, dans ses entrailles même, son histoire et ses vieilles pierres.

En 2014, notre Duchesse Anne aura rendu son dernier soupir depuis cinq siècles. Loin de sa ville, en terre étrangère, mais durablement marquée par la Bretagne. Blois, qui vient d’un loup breton (bleiz) du 5e siècle, est encore aujourd’hui une ville où l’on croise plus d’hermines que de fleurs de lys. Que penserait notre Reyne de France et de Bretagne de sa ville sous la coupe des héritiers politiques de Robespierre, arrachée à sa Patrie, privée de son histoire et sa fierté, cette ville que les flèches ne hérissent plus, cette ville où l’Hôtel qui porte son nom s’écroule et les herbes des champs prennent racine dans sa cour et son escalier ? De son Château annexé par les ennemis de la Bretagne pour leur propagande ? Sa ville que des étrangers forcent à la repentance éternelle, sa ville dont des étrangers veulent chasser le port à tout jamais – afin de frapper à cœur un peu plus encore la fierté du négoce Nantais. Sa ville dont les habitants bravent la tempête du siècle, leur fierté chevillée au cœur, pour ne pas perdre leur âme… Bretons à tout jamais.

 

 

(*) Cet article a été publié initialement en juillet 2012 sur un autre média indépendant breton, dont il a disparu en novembre de la même année. Nous le publions à nouveau, ainsi que ses photos, afin de répondre à des demandes incessantes de nos lecteurs. Bonne visite.

« Gouvernement breton » sur Facebook : les Torr-penn sont de retour !

16 Déc
En français, "torr-penn" se dit shadok

En français, « torr-penn » se dit shadok

Plusieurs de nos lecteurs nous signalent l’existence d’un profil Facebook nommé « gouvernement breton ». Il serait l’émanation d’un collectif spontané de militants bretons qui se seraient associés dans le but de donner une représentation légale à la Bretagne tout en animant l’esprit de la lutte, et ce jusqu’à l’indépendance.

Ce gouvernement prétend être le lointain successeur d’un autre : « en 1988 », écrit le fondateur de cette initiative, un artisan finistérien proche de la soixantaine, « le ministre des affaires étrangères de notre gouvernement a été tué et moi j’ai été brûlé vif ». Bien que l’époque des entourloupes, du Rainbow Warrior et des affaires Urba-Gracco y soit particulièrement propice, ces allégations ne correspondent à aucune réalité.

Comme d’autres initiatives de torr-penn (tordus), ce « gouvernement breton » n’est au mieux qu’un énième fake commis par des fous qui ne représentent qu’eux-mêmes, et au pire un moyen pour les services secrets de repérer les militants bretons sincères prêts à aller au carton pour la lutte.

Anna Floc’h expose jusqu’au 21 décembre au centre culturel breton de Nantes

16 Déc

affichepL’artiste peintre bretonne Anna Floc’h expose ses peintures et ses dessins jusqu’au 21 décembre au centre culturel breton, au fond de la rue du Rémouleur à Saint-Herblain (Atlantis). L’entrée est libre. L’exposition se visite du lundi au vendredi de 10 à 18 h et le samedi de 10 à 13h.

Un pylône sur la Tour Bretagne : l’étrange projet de Laurence Garnier pour Nantes

14 Déc

phare-nantesLaurence Garnier, la candidate filloniste investie par l’UMP au terme d’improbables magouilles, a présenté la première phase de son projet. On y trouve notamment une idée très curieuse : mettre un pylône sur la Tour Bretagne – l’immeuble de grande hauteur situé au beau milieu de la capitale bretonne – pour en faire le très bizarre « phare Bretagne », symbole d’une ville tournée vers l’avenir, l’emploi et l’excellence.

Pour sûr, , ce projet chiffré à 7 millions d’euros, créerait des emplois. Est-ce pourtant une bonne raison de passer 1.5% du budget d’investissement de la ville entre 2014 et 2020 dans une idée qui ne changerait rien au quotidien des nantais, si ce n’est qu’en plus de s’être habitués à grand peine à l’équivalent local de la Tour Montparnasse, il va falloir maintenant qu’ils supportent ce pylône EDF branché dans le ciel breton. Ou peut-être, tout simplement, Laurence Garnier voulait, en évitant l’habituel marronnier du rétablissement du Pont Transbordeur (d’ailleurs chasse gardée du Modem), faire parler d’elle jusqu’à Paris. Si oui, c’est réussi.

A noter qu’il existe trois autres listes de droite : celle de Marie-Anne Montchamp, alliée à l’UDI et des indépendants ; celle de Sophie Van Goethem (droite indépendante), et « la liste indépendante », proche des catholiques, des entrepreneurs et du Printemps Français.

Bientôt plus un seul radar en état de marche dans les Côtes d’Armor?

3 Déc
Photo Barbara Viollet - Quimper

Photo Barbara Viollet – Quimper

Visitez les Côtes d’Armor, sa population accueillante, ses paysages magnifiques, son granit rose, ses paimpolaises… et son absence de radars ? Bientôt, on pourra porter cela à la carte postale costarmoricaine. En effet, depuis le début de la fronde des Bonnets Rouges, les 27 radars fixes des Côtes d’Armor ont eu chaud. Une dizaine ont été incendiés, d’autres ont été barbouillés à la peinture. Sur la côte, le dernier radar en état de marche se trouve à Paimpol, route de Lézardrieux.

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les gendarmes ont interpellé deux hommes qui étaient en train de préparer un feu de joie aux dépens du radar. Depuis, il semble avoir été laissé en paix. Il n’en reste pas moins que comme les radars incendiés ne sont toujours pas remplacés par le gouvernement  – ce qui ne l’empêche pas de pleurer sur le manque à gagner (surtout) et le risque que les incendiaires feraient peser sur la sécurité de tous – la Bretagne se libère progressivement de l’emprise des radars fixes routiers. Dans le Finistère voisin, la moitié des 18 radars fixes routiers est hors-service.

L’on verra à la fin de l’année sur les statistiques de la sécurité routière si les radars contribuent vraiment à la diminution des morts sur les routes – comme le prétend le discours de l’Etat français – ou si c’est surtout le changement durable des comportements qui fait baisser la mortalité. Ce qui voudrait dire qu’à part rapporter du cash pour l’Etat, les radars ont une utilité publique très limitée.