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Manif pour Tous du 2 février 2014 (photos)

2 Fév

Nantes : bientôt un nouveau élan pour l’église neuve de la Fraternité Saint-Pie X

13 Jan
L'actuelle église des traditionnalistes

L’actuelle église de la FSSPX

Sur le site de l’actuel prieuré de la Fraternité Saint-Pie X, presque en face de l’église Saint-Félix de Nantes, dans l’ancien quartier Barbin, se trouve une chapelle aménagée dans une ancienne usine de chaussures reconvertie. Elle est flanquée d’un petit clocher. On vient à cette chapelle de tout le département, et même de localités plus éloignées. Pleine comme un œuf, elle est appelée à être remplacée.

En 2012, c’était presque fait. L’abbé de la Rocque avait préparé un projet qui pour des tradis… détonnait par son modernisme. Une église aux formes classiques, mais résolument anti-classiques. Grande nef, collatéraux, flèche… en ferronnerie du fait des règles d’urbanisme, chœur hémi-circulaire… et une rosace atypique en façade où plusieurs baies en losange s’intégraient dans une mandorle rayonnante des temps nouveaux.

Le projet de 2012

Le projet de 2012

Mais voilà. Le permis de construire déposé en mars a été refusé alors par la mairie de Nantes. En cause ? Le choix de reconstruire l’église au coeur de l’ilôt, en laissant derrière une bande de 4 mètres pour établir un parking et devant de quoi permettre aux fidèles d’y accéder. Tout l’espace disponible de ce terrain pentu devait être utilisé, d’où l’abattage de la maison qui servait alors de bureaux aux prêtres et des constructions préfabriquées qui accueillent les activités paroissiales. Selon les règles d’urbanisme de la mairie, l’église doit être alignée sur la rue. Ce qui n’est pas pour arranger les fidèles… ni la paroisse dont les sorties de messe se retrouveraient très perturbées.

Entre temps, le prieuré a changé de supérieur, et la Frat’ a acquis le grand domaine de la Placelière, une ancienne maison de convalescence située à Château-Thébaud, où elle s’appuie déjà sur une école hors contrat et un couvent, les sœurs du Rafflay. Onze hectares, 4200 m² de bâtiment, et beaucoup de travaux pour ce qui est depuis septembre 2013 un collège catholique hors contrat. Ce qui explique qu’il n’y ait plus eu de nouvelles de ce projet d’église neuve.

 

Un nouveau projet à l’été 2014

La seule église dédiée à Saint-Emilien qui existe dans le diocèse de Nantes : dans le village du même nom près de Blain.

La seule église dédiée à Saint-Emilien qui existe dans le diocèse de Nantes : dans le village du même nom près de Blain.

Le nouveau supérieur, le père Gaudray, s’apprête à présenter une nouvelle demande de permis de construire en juin 2014. « Le style ne sera pas le même », nous confie-t-il. « Celui du projet initial, trop moderne, ne faisait pas l’unanimité ». La nouvelle église devrait s’inspirer des styles architecturaux qui existent dans le Pays Nantais. « En revanche, elle sera bien dédiée à Saint Emilien », un évêque nantais tué en 725 par les Arabes alors qu’il se battait avec son armée pour libérer la ville d’Autun qu’ils assiégeaient. Très connu en Bourgogne où il est enterré à saint-Emiland, il n’a vu son culte réintroduit dans son diocèse d’origine qu’à la faveur de la création d’une nouvelle paroisse à l’Eraudière, près de Blain, en 1861. C’est aujourd’hui le village de Saint-Emilien de Blain. Son culte est retourné à l’oubli depuis le concile Vatican II et c’est pourquoi les catholiques traditionalistes veulent rendre hommage à cet évêque combattant en lui dédiant leur église. Ils devraient la construire entièrement avec leurs fonds et l’aide de leurs paroissiens.

La destruction de l’église de Gesté en vidéo

1 Jan

P1020802Cet été et cet automne, nous avions couvert le drame d’un petit village angevin : celui de Gesté dont la mairie a détruit l’église du XIXe siècle, prétendument pour la reconstruire, et ce après l’avoir laissée abandonnée et sans entretien pendant près de deux décennies. Nous avions retracé l’ambiance étrange de ce village plombé par le mensonge municipal et la soumission de ses habitants, la justice soumise aux démolisseurs comme elle est ailleurs soumise aux bétonneurs, la presse locale qui faisait le service après-vente de la mairie, l’Etat qui s’en fichait totalement et traitait le dossier par-dessus la jambe , les objets du culte abandonnés dans les décombres et nous étions là pour voir les dernières heures de l’église  lorsque la pelleteuse emmenait avec elle le souvenir du Gesté d’antan.

Noël Stassinet, du Souvenir Chouan de Bretagne, que nous ne remercierons jamais assez pour son soutien, était là aussi pendant ces heures terribles qui voyaient une municipalité unie dans le mensonge assassiner froidement le témoignage le plus solide de la Foi au coeur d’un petit village français. De ses heures passées sur place à filmer la démolition, il a fait un petit film de 14 minutes, comme un dernier hommage à cette église abattue en 2013 par la bêtise de quelques hommes.

Il y a aujourd’hui d’autres villages comme Gesté, où les églises sont laissées à l’abandon et demain une municipalité qui préfère passer l’argent public pour construire des ronds-points ou acheter des pots de fleurs dira aussi aux habitants : « rien à faire, l’église s’écroule », alors qu’elle survit aux pires tempêtes, aux guerres et aux fléaux. Il y a d’autres villages qui, une fois leur clocher abattu, disparaîtront du paysage, où n’y seront gravés que par une construction sans âme – un château d’eau, la tour de séchage de la caserne des pompiers ou une cheminée d’usine. Puissent ceux qui regarderont cette vidéo se rappeler de leurs églises : elles tiendront encore des siècles, si l’on veille sur elle, si on les entretient et si on empêche quelques « parvenus de la démocratie » de se faire une vaine gloire en les abattant.

1914-18 : faute de vétérans, commémorons l’esprit de combat

11 Nov
Vitrail de guerre : les poilus dans une tranchée

Vitrail de guerre : les poilus dans une tranchée

Edito. L’on parle beaucoup d’Histoire et de commémoration en ce jour anniversaire d’armistice, mais à quoi bon s’il n’est plus de vétérans, et que le pouvoir n’use des célébrations que comme d’un triste masque des réalités économiques ? A l’heure où 75% des français s’estiment non concernés par le 11 novembre et que l’Elysée tweete que le 4 août 2014 « François Hollande va célébrer l’entrée en guerre aux côtés du président de l’Allemagne », laissant présager d’un méga-chahut avec gaz moutarde et obus à volonté, que commémorer et à quoi bon ?

Faute de vétérans, l’on peut retenir l’esprit et les faits historiques. Une guerre terrible, inutilement rallongée par la sénilité des généraux qui le précédèrent. Une guerre qui plaça la République dans l’impasse : la dictature ou la défaite, pendant que Caillaux et Malvy, deux ministres du gouvernement d’alors, trafiquaient ouvertement avec l’ennemi. Ils ont été jugés pour ça en 1917 par la Haute-Cour, ce qui ne les pas empêché de rebondir après guerre et continuer, en bradant les acquis de Versailles et de Locarno, à servir plus l’intérêt de l’Allemagne que ceux du pays qui les a propulsés au pouvoir. Une guerre qui mit en exergue des personnalités contradictoires. Clemenceau. Père la Victoire certes, qui mit fin aux trahisons internes en 1917 mais refusa aussi la paix séparée de l’Autriche-Hongrie, qui aurait acculé l’Allemagne à rendre les armes, un an plus tôt. Pétain. Sauveur du front, mais qui se laissa déborder en maints endroits par Gamelin et autres Nivelle, généraux inadaptés, salonnards et inconscients.

Du fait de ces généraux qui n’étaient pas à leur place au commandement, comme en 1870 et plus tard en 1940, la France recula. Et quand elle fut enterrée dans ses tranchées, entre quatre murs de boue et de pluie, elle fut décimée. Les peuples minoritaires que la République n’a jamais su souffrir furent mis en avant, transformés en chair à canon. La Lozère – vieilles terres rebelles que sont les Cévennes – ne s’en est jamais relevée. La Corse est restée meurtrie. La Bretagne, sanguinolente, a gardé la blessure dans sa mémoire blessée.

La commémoration aujourd’hui encore place la République devant ses contradictions historiques et montre au peuple – un peuple dont la révolte est rouge sang de Bretagne – son passé sanglant ; les crimes dont la République jacobine s’est faite coupable ou complice, et qu’elle refuse de reconnaître. Ainsi, ce rapport très prudent, qui refuse toute réhabilitation publique des fusillés pour l’exemple. Même de ceux qui, trop rapidement convaincus d’insoumission ou pris au hasard, sont vraiment morts pour rien. Pour la sénilité des généraux, pour la gloriole des sous-off’’, les successeurs de ceux qui « couraient dès qu’ils entendaient gronder au loin le canon des pruscos », écrivait Jules Onnée en décrivant les faits d’armes de la Légion Bretonne, un corps de francs-tireurs qui jamais n’a refusé le combat contre les prussiens, et les a toujours chassés.

Aujourd’hui encore, la République refuse de reconnaître ce que la parole des Poilus a rendu public ; aujourd’hui encore, elle refuse d’accorder à la mémoire nationale que des Bretons et des Corses, majoritairement paysans donc embrigadés dans l’infanterie, furent systématiquement mis en première ligne parce que eux tenaient, quelle que soit l’intensité du bombardement qui chutait sur eux. Aujourd’hui encore elle refuse de réhabiliter ceux d’entre nos ancêtres qui sont morts pour rien, dont l’honneur a été sali en pure perte. Comme ces Bretons qui ne comprenaient pas un traitre mot de français, ou ce Corse à demi-fou tués pour l’exemple, au bon vouloir de leurs officiers. Comme ces tirailleurs tunisiens décimés pour le même futile caprice.

Alors que commémorer ? Le sacrifice de nos aînés, certes. Mais les alignements de noms écrits en petits caractères dans sur les monuments aux morts religieux – toute la hauteur du transept de Guéméné-Penfao – ou civils traduit la mesure de la contribution bretonne. Plus important. La guerre de 1914-18 illustre encore une fois le très ancien proverbe déjà employé pendant la Guerre de Cent Ans, alors même que la Bretagne était encore libre, mais que bien des Bretons étaient engagés aux côtés du Roi de France pour bouter hors les anglais du continent. Formigny 1451. Victoire bretonne qui libéra la France des Anglais.

« Le sang des hermines teinte les bannières de lys ».

A chaque fois qu’un Français défaille, qu’il se laisse couler, depuis plus de six siècles, bien avant même, un Breton se lève pour prendre sa place et faire son devoir. A force, cela fait un héritage terrible de bravoure, de douleur et de morts ; les Bretons ont ainsi tissé de génération en génération les plus belles pages de l’Histoire de France. Maintenant que le ras-le-bol attise le combat pour l’indépendance, que les moyens de la France ne sont plus que fantomatiques, que le rayonnement français – le dernier argument vraiment susceptible de retenir la Bretagne – a vraiment décliné, c’est notre Histoire qui place devant nous ce legs encombrant, qui nous oblige aujourd’hui encore à nous battre là où les Français seraient tentés de se laisser tuer.

Que commémorer, donc ? L’esprit de combat. Celui qui a porté nos aînés. Qui les a fait survivre dans l’enfer de boue, celui qui les a poussés à l’assaut des crêtes désolées et labourées d’obus d’Artois en Champagne. L’esprit de combat. Celui a poussé la génération suivante à résister, à former l’armature de la France libre, à faire la guerre à l’occupant par tous les moyens. Celui qui a poussé les paysans bretons à entrer en lutte et arracher les routes gratuites, l’université de Brest et la mise en eau profonde du port de Roscoff. Tout cela, ils l’ont obtenu, mais ils l’ont surtout construit de leurs deniers et de leurs mains.

Aujourd’hui, c’est à nouveau l’heure du combat pour les Bretons. Contre le déclin, pour l’avenir et l’emploi. En finir avec le pandémonium du monde politique français. Avec les guillotines de l’écotaxe et les boîtes à flash qui mitraillent sur les routes et dépouillent la Bretagne. La guerre est à nouveau chez nous, mais elle requiert l’esprit de combat, le courage, la passion et l’acharnement tout à la fois. En avant pour la der des der… avant la libération. Elle n’a jamais été si proche.

La Gérauderie, un hameau remarquable de Notre-Dame des Landes

27 Sep

Après une longue interruption commandée par l’actualité brûlante, nous reprenons notre série sur le patrimoine remarquable de Notre-Dame des Landes, tant que le loup – casqué et pourvu de matraques et de gazeuses –  n’y est pas. Le livre de Marie-Ange Lebreton, Des pierres sur la lande, qui liste le patrimoine intéressant de la commune, indique qu’une croix celtique, la seule de la commune, se trouve à l’Ecobut.

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Lorsque l’on vient de la route de Grandchamp à Notre-Dame, par l’Ascension, l’on voit l’Ecobut au croisement, mais il faut pousser jusqu’au bout de l’étroite rue formée par le hameau pour arriver jusque une antique mare, presque jamais sèche, dominée par un chêne sous l’ombre duquel s’abritent la croix et une maison. C’est non point l’Ecobut mais la Gérauderie. En passant, le nom du premier hameau indique qu’un bois a été ici défriché par le feu ; il existe un autre hameau appelé de même non loin, à la sortie de la forêt de la Joue en Fay de Bretagne, avant Mérimont.

La croix

La croix

Une croix qui témoigne du renouveau spirituel breton du début du XXe siècle

La croix a été érigée en 1925 par Jeanne Hénot. Elle est bénie lors de la procession des Rogations, le 19 mai 1925 et porte une plaque libellée « Inaugurée par la famille Hénot-Fourage ». Dégagée des broussailles et restaurée voilà trente ans, elle porte fièrement sa couronne sobre et belle, d’esprit Feiz ha Breiz, Foi et Bretagne. De façon étrange, elle n’est en effet pas une croix pattée curviligne, comme bien d’autres l’ont été sur la commune. Nous reparlerons ultérieurement de ce dernier modèle de croix aux diverses et imperceptibles variantes qui a essaimé tant à Notre-Dame que dans les paroisses voisines de Fay et de Vigneux, et même jusqu’à Blain.

Peut-être cette belle croix de la Gérauderie tirait-elle déjà son inspiration du renouveau spirituel et culturel breton, dont le Bleun Brug de l’abbé Perrot, béni par le pape en 1920 fut le plus grand étendard, mais qui connut bien d’autres floraisons dans de nombreuses paroisses de l’ensemble de la Bretagne, comme la reconstruction au début des années 1920 à Sainte-Anne sur Brivet, à moins de 30 km de Notre-Dame des Landes, de la chapelle Sainte-Anne   qui préfigure le style Seiz Breur se fondant l’architecture celtique régénérée par l’inspiration nouvelle des Arts Décoratifs.

Deux maisons remarquables

La ferme de 1776

La ferme de 1776

Mais il faut encore persévérer, et pousser les solides barrières de cour de gare – récupérées sur la ligne Blain – Nantes (de Beslé à la Chapelle sur Erdre) qui passait non loin – et aller voir de plus près les maisons du hameau. Derrière la barrière se trouvent deux petites maisonnettes. L’une d’elle a un appentis moitié torchis, moitié parpaings à son pignon. Sous son autre pignon, une pierre calcaire porte à demi-effacés, mais profondément gravés, les chiffres de l’an 1833.

La maison de 1833

La maison de 1833

Mais c’est surtout derrière la croix qu’il faut aller. Vers cette ferme dont les toits s’adoucissent de coyaux, un artifice usé du temps où les gouttières n’étaient point connues pour faire glisser l’eau comme sur un toboggan et la propulser loin des murs qu’elle risquait de dégrader par de disgracieuses coulures. Construite en plusieurs fois, elle a une partie occidentale plus basse et aveugle côté nord, un appentis contre celle-ci, et à l’est un corps plus important, percé de trois lucarnes chiens-assis sur le midi et de quelques ouvertures sur le côté nord. La porte de ce côté a ses coins saillants abattus, la fenêtre, au-dessus, sommée d’une poutre, a un bel appui formé d’une dalle de schiste. Sur un bloc de tuffeau un peu à gauche de celle-ci, l’on peut lire une écriture soignée et juste « BATIE PAR PIERRE BRETESCHE ANNEE 1776 ». La date est flanquée de petites roues tracées au compas, deux à gauche, une grande à droite.

Cette ferme est un touchant témoignage des trésors semés par l’Histoire qui se trouvent dans tous les coins de la commune de Notre-Dame des Landes, ouverts à tous ceux qui voudraient prendre du temps pour les découvrir. Nous n’en avons pas fini pourtant avec les plaisants témoignages du passé de la commune qui sont conservés dans ce hameau. Ils formeront la trame du prochain volet, sur la guerre de 1939-45 à Notre-Dame des Landes.

Sur la ferme de 1776 à la Gérauderie, côté nord

Sur la ferme de 1776 à la Gérauderie, côté nord

Article précédent : la maison noble de la Forestrie

Le Calvaire de Notre-Dame des Landes et la croix huguenote

8 Sep
Le grand Calvaire

Le grand Calvaire

Notre-Dame des Landes avant Notre-Dame des Landes. Nous continuons notre série sur le patrimoine de Notre-Dame des Landes datant d’avant la création de la paroisse vers 1845. Nous tirerons pour l’essentiel nos informations du livre de Marie-Ange Lebreton, Des pierres sur la lande (2001).

A la sortie du bourg, sur la route de la Pâquelais, se trouve une minoterie et un imposant calvaire, pareil à ceux qui trônent encore à la sortie de quelques villages de Loire-Atlantique pareillement fondés ou sensiblement développés au XIXe comme Saint-Omer de Blain ou Notre-Dame de Grâce. Ce calvaire là, qui fait l’angle des routes de la Pâquelais (de Nantes) et de Grandchamp, a été construit suite à la Mission de 1903. Des embarras dans les travaux ont freiné son achèvement, et il n’a été inauguré qu’en 1908. Les deux côtés du monument sont curieusement en pierres différentes, car d’un côté elles viennent de Vigneux de Bretagne (carrières du Buron et du Maroc) et de l’autre côté d’Héric.

A la construction du calvaire, l’on scelle à l’arrière, contre un jardin, une très ancienne croix qui affecte la forme d’une croix de Lorraine en granit. Cette croix est connue sous le nom de « croix huguenote ». Elle était jadis située à cet endroit même, qui se trouvait entre les villages de l’Epine et de la Primaudière, qui préexistaient au bourg actuel, construit sur des landes nues et communes. La Primaudière se trouve un peu au sud-ouest de l’actuel bourg, tandis que l’Epine est un gros hameau à 1 km au sud. Ce dernier constituait avant la création de la paroisse de Notre-Dame des Landes une des neuf frairies de Fay et était entouré de landes.

La croix huguenote ou Croix Perroche

La croix huguenote ou Croix Perroche

Le curé Bidet, fondateur de la paroisse, relate la fondation de cette croix : « Au temps des guerres de Religion, en Bretagne, les habitants de l’Epine conduisaient au point du jour leurs bestiaux sur la lande de la Primaudière, lorsqu’ils aperçurent le cadavre d’un chevalier (…) qui avait succombé la veille au soir.  Les habitants de l’Epine, ne trouvant sur lui aucune marque de religion, en référèrent à leur curé, de Fay, qui leur conseilla, en attendant qu’on découvrit à quel parti il appartenait, de l’enterrer dans le lieu même avec ses armes, et d’élever sur sa tombe une croix de pierre. Ce qu’ils firent. »

Les pierres dont furent faites croix et tombe viennent d’une carrière un peu au sud du bourg de Vigneux que les habitants appellaient « Roche ». La croix fut ainsi nommée « de pierre Roche », puis par contraction « Perroche ». Il apparut plus tard que le mort était un huguenot de la bande d’un certain Lancelot, qui tenait alors le Croisic, soit au XVIe siècle encore, soit au commencement du XVIIe.

A la construction du Calvaire en ce lieu même, la vieille Croix Perroche fut alors scellée à l’arrière. Elle veille maintenant sur un jardin aménagé dans l’angle des deux routes, derrière le Calvaire. Ce dernier connut deux rénovations : en 1933, le bois de la croix a été changé et le calvaire rénové inauguré lors de la Mission, le 26 novembre de cette année. Puis, après la guerre, toute la partie arrière fut refaite en béton et inaugurée le 25 décembre 1953. Les noms des donateurs qui se cotisèrent pour la restauration furent déposés à l’intérieur du Christ.

 

Article précédent : la croix double de la Piclotais

 

Gesté : voici la pierre d’autel trouvée dans les décombres

3 Sep

Certains, au sein du bourg de Gesté comme ailleurs ont cru bon de remettre en cause la réalité de la découverte d’une pierre d’autel le dimanche de la saint Louis dans les gravats de l’église. Nous étions aujourd’hui 3 septembre à nouveau toute la journée dans l’infortuné village de l’Anjou qui voit périr son église en ce moment même où un village bien plus petit, mais Breton, fait le choix franc et massif de sauver la sienne. Nous avons pu voir et photographier ces objets qui ont effectivement été récupérés le 25 août et sont depuis entreposés dans un bureau de la mairie. Nous vous présentons la photo de la pierre d’autel et une des bourses trouvées. La bourse est un linge liturgique formant une poche carrée de toile cartonnée. La mairie a l’intention de les transmettre à la paroisse de Beaupréau.

Négligence de la paroisse ?

Bourse trouvée dans les gravats de l'église le 25 août

Bourse trouvée dans les gravats de l’église le 25 août

La découverte de ces objets consacrés met en cause la diligence de la paroisse – et de l’évêché censé contrôler sa conduite et sa piété – à avoir fait les démarches nécessaires et respecté les bonnes formes pour vider l’église de ses objets religieux et les mettre en sûreté. Déjà, aucune cérémonie de désacralisation n’a eu lieu ; celle-ci sert à rendre à l’usage profane des lieux de culte catholique. Comme la mairie a pris soin de récupérer – et d’entreposer dans ses locaux – une grande partie du mobilier cultuel de l’église, il est possible que la pierre d’autel, qui faisait probablement partie d’un des autels en bois de l’une des trois chapelles latérales, ait été récupérée lorsque ces autels furent supprimés et oubliée ensuite jusqu’à ce que la pelleteuse atteigne l’endroit où elle était abandonnée.

Georges Remeau, le premier adjoint au maire nous explique : « au début du mandat [en 2008] il y avait un immense volume d’objets sacerdotaux dans l’église pourtant déjà fermée. On a vu les gens de la paroisse, pour leur dire que tout ça allait pourrir par cause d’humidité, et les inviter à s’en charger, ce qui a visiblement été fait mais imparfaitement ». Il ne lui paraît pas impossible au passage que Gesté ait accueilli les vêtements et linges sacerdotaux – très nombreux à être utilisés avant le concile Vatican II – de l’église du Fief-Sauvin, quand celle-ci fut vidée pour être rasée vers 1997 ; alors, le Fief-Sauvin et Gesté étaient déjà réunis dans une même paroisse, où toutes les messes étaient post-conciliaires et la plupart des vêtements sacerdotaux n’étaient plus utilisés.

Il existe des ensembles complets de linges et vêtements sacerdotaux qui s’assemblent tant par la similitude de leur décoration que leur couleur, spécifique au type de messe ou au temps liturgique de l’année. Parmi les objets récupérés le 25 août, l’on distingue trois ensembles différents ; il y a quatre manipules (les bandes richement ornées que le prêtre se met sur l’avant bras gauche), deux sont de motifs identiques, deux autres sont dépareillées. De toute évidence, l’état des pièces ainsi que leur caractère disparate montre que le tri a été fait par des personnes qui n’en connaissaient pas le caractère consacré et n’en avaient plus l’usage, le seul critère de choix étant l’usure apparente des pièces ou de leur doublure. Néanmoins, il n’est rien d’irréparable dans ces beaux objets sacerdotaux, témoins de temps pas tout à fait révolus puisque les paroisses où se dit la messe tridentine – plus nombreuses chaque jour – en ont un croissant et impérieux besoin.

A la paroisse : il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre

Ces derniers jours, la paroisse s’était réfugiée dans le plus complet déni, plutôt que d’avouer ses erreurs passées. C’est ainsi qu’une bénévole de la paroisse – dont nous tairons le nom et le prénom – nous avouait encore quelques heures avant que nous puissions voir lesdits objets qu’il lui semblait « tout à fait impossible que des objets du culte aient pu être laissés dans l’église ». Et pourtant le 20 juin encore, dans une sacristie qui semblait avoir été vidée à la va-vite, des feuilles éparses jonchaient le sol, des placards n’étaient pas vides et les pots de cendres pour 1991 et 2002 avaient été laissés en place. Après la démolition d’aujourd’hui, bien que le godet de la pelle ait proprement haché menu les meubles de la sacristie, nous avons pu récupérer le petit pot plastique des cendres 2002 qui, roulant dans les gravats, est resté intact, ne perdant que son étiquette. Que la paroisse l’ait conservé est plus idiot que sacrilège : ces Cendres doivent être dispersées immédiatement après le mercredi des Cendres, car elles ont quand même été bénies mais elles ne serviront plus. C’est encore une preuve de la méconnaissance profonde des nécessités du culte par ceux-là mêmes qui sont censés l’assurer.

Peut-être l’aveuglement volontaire des bénévoles paroissiaux peut-il s’expliquer par l’étrange vision de la piété de l’équipe des prêtres de la paroisse, ou l’ascendant que le curé parrain de la démolition de l’église de Gesté peut encore exercer, bien qu’il soit déjà parti vers sa nouvelle affectation. Toujours est-il que ces objets sont sauvés, mais que nous regretterons que les formes du plus élementaire respect du patrimoine et de la Foi n’aient été respectées : il n’aurait pas coûté plus cher de démonter tous les vitraux et le Christ monumental, plutôt que de broyer les premiers inutilement dans le godet de la pelleteuse – sauf trois, dont deux déjà restitués aux descendants de leurs donateurs – et de descendre le second comme une palette de légumes, au bout du bras d’une nacelle.

Pierre d'autel revêtue de son sceau épiscopal de cire rouge - Gesté

Pierre d’autel revêtue de son sceau épiscopal de cire rouge – Gesté