Patrimoine de Notre-Dame des Landes : la croix des Quatre paroisses

8 avr

P1010720Au beau milieu des étendues naturelles de l’est de la ZAD, non loin du ruisseau de l’Epine, se trouve sous une voûte d’arbres un élément remarquable du patrimoine de Notre-Dame des Landes : la croix des quatre paroisses. Edifiée en granit en 1801, donc avant la création de la paroisse de NDDL, elle se trouve à la limite de trois (maintenant) anciens cantons, ceux de Blain, la Chapelle sur Erdre et St Etienne de Montluc, de quatre paroisses et de deux arrondissements, Nantes et Savenay.

La croix, en granit, est fixée sur un socle porté par un gros pilier central et quatre piliers d’angles. Sur les quatre faces du pilier central, on peut lire « Paroisse et limite de Fay 1801», « Limite de Grandchamp », « Limite de Vigneux », « Limite de Treillières 1861», chacune selon son orientation. La table est en granit et reprend les inscriptions, remplaçant seulement Fay par Notre-Dame des Landes. Les limites des trois paroisses de Vigneux, Grandchamp et Treillières – et des communes – rayonnent vers le sud à partir de la croix, partageant la lande jadis inculte. Au XIXe, la croix était le point de rencontre des processions des quatre paroisses lors des Rogations. Chacune venait par ses chemins de terre, et à la croix, une prière commune les réunissait. C’est là aussi que les pélerins mangeaient sur le pouce – cidre et morceau de pain – avant de repartir.

En mauvais état, la croix a été restaurée en 2000 par l’association du petit patrimoine de Vigneux. Non loin se trouve une fontaine qui ne se tarit jamais et d’où sourd le ruisseau de l’Epine. Les fermes les plus proches de la Noë Verte et de la Noë Bernard ont été rachetées et détruites par le département. La croix elle-même se trouve à l’emplacement d’une piste du projet d’aéroport. Plusieurs habitations d’opposants à l’aéroport se trouvent non loin et maintiennent un peu de vie dans la lande.

 

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Les cinq dernières villes communistes de plus de 1000 habitants en Bretagne sont en Côtes d’Armor

31 mar

engreneAprès les élections municipales qui ont vu les communistes se faire jeter de leurs derniers bastions en Loire-Atlantique – Trignac – et en Morbihan – Quéven – il ne leur reste plus que cinq villes de plus de 1000 habitants. Toutes sont situées en Côtes d’Armor. Et toutes ont réélu leurs sortants, repoussant aux prochaines échéances la question des successions.

Il s’agit de Bégard (Gérard le Caer, maire), de Ploufragan (Rémy Moulin), de Trélivan (Claude le Borgne), de Plénée-Jugon (Gérard le Cam) et de la Motte (Jean-Pierre Guilleret). Ce dernier a d’ailleurs eu chaud : il a été réélu avec 50.29%, sept voix d’avance sur son concurrent. La fin du communisme municipal approche en Bretagne.

Sur l’ensemble de la France, le PCF – héritier du communisme et de ses crimes, mais aussi en Bretagne des crimes d’une certaine Résistance qui frayait avec le banditisme – gérait 94 villes de plus de 3500 habitants avant les opérations électorales. Il en a depuis perdu 32 et repris une (Aubervilliers). Par ailleurs à Vénissieux – désormais seule ville communiste du Rhône après la perte de Vaulx-en-Velin, le candidat de droite battu compte déposer un recours en raison de multiples irrégularités constatées. Et peut-être aussi pour torpiller la liste d’extrême-droite qui s’y présentait, puisqu’il n’y est pas arrivé pendant l’élection.

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Nantes : le chantier du poste ERDF de l’Ile Beaulieu

26 mar

Municipales à Nantes : l’accord PS-Verts ignore l’aéroport de Notre-Dame des Landes

26 mar

-Le dossier de l’aéroport était en haut de la pile des négociations entre le PS et Verts ces jours-ci. Gonflés par leur score important (14.5%), les Verts de Pascale Chiron avaient remis le sujet sur le tapis, crispant le PS emmené par Johanna Rolland, qui se voyait mal trahir l’ex-maire et actuel Premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

Finalement, après des négociations laborieuses, les Verts ont préféré quinze postes dont plusieurs postes d’adjoint, et la place de n°3 pour Pascale Chiron, à une mise au point claire au sujet de l’aéroport. Celui-ci est renvoyé au rejet probable des recours, d’ici quinze jours ou un mois. Après les municipales. La cuisine politicienne suit son cours.

Cela dit, il sera difficile au gouvernement fragilisé par la déroute de la gauche de gouvernement et surtout du PS d’ignorer les écolos d’EELV, vent debout contre l’aéroport. A Rennes et a Grenoble, les listes communes Front de Gauche – EELV ont fait respectivement 15 et 29%, virant dans cette dernière ville en tête. Et plus que jamais, les écolos dont l’apport à la gouvernance de la France est quelque peu limité, restent indispensables à François Hollande qui espère encore être réélu en 2017. Cependant, on peut légitimement s’inquiéter de la force des convictions des Verts, qui déjà en 2011 avaient préféré http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=23881 avoir beaucoup plus de circonscriptions et ignorer leurs désaccords avec le PS sur l’aéroport et l’EPR.

 

Crise en Ukraine : le témoignage d’un ukrainien de l’est

18 mar

1394822347_1073366276-frAlors que la Crimée vient de déclarer par 97% des suffrages sa volonté de rejoindre la Russie, les médias français et occidentaux mainstream continuent de rendre la Russie responsable de la scission ethnique et politique qui se développe en l’Ukraine. Loin des gémonies médiatiques et de la chasse aux sorcières et aux opinions différentes, nous vous présentons le point de vue d’un habitant – russophone – de l’est de l’Ukraine. Les notes entre crochets sont de la traduction, par BreizhJournal. Le reste est brut de décoffrage. A chacun d’en tirer ses conclusions.

Les libéraux russes soutiennent les ukrainiens de l’ouest dans leur droit à l’autodétermination. C’est très bien. En revanche il est bien dommage qu’ils ne soutiennent pas les ukrainiens de l’est pour qu’ils fassent pareil. Et qu’ils ne savent même pas quel est leur avis. Je vais essayer de l’expliquer.

Regardez. Vous vivez à l’est de l’Ukraine. Vous avez 40, 50 ou 60 ans. Peut-être même 30 ou 70. Vous êtes russe. Ce n’est pas une question de sang. Par votre langue, votre culture, votre conscience, vous êtes russe. Vous êtes né en URSS. Vous avez une relation apaisée avec elle. Vous n’êtes pas fan de Staline. Mais il y a d’autres choses. L’enfance. Les vétérans de la guerre. Vous ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain. Vous vivez hors de Russie depuis 20 ans et des brouettes. Mais vous êtes pourtant toujours russe. La conception non-écrite de l’Ukraine en tant que pays s’appuyait sur un équilibre entre l’Orient et l’Occident.

Vous avez toujours trouvé que l’Ukraine de l’ouest était quelque chose d’autre. D’étranger. Vous vivez dans le même pays, mais vous êtes très très différent. De temps à autre ils tabassent les vétérans soviétiques. Cela vous énerve. Parfois ils essaient de faire des défilés de SS. Cela vous rend fou. Là bas ils parlent du héros Bandera [qui a choisi le camp des allemands pendant la guerre]. Vous pensez qu’ils sont malades. Ils créent à partir de rien une conception nationale ukrainienne. Vous trouvez qu’ils sont idiots. Vous devinez qu’ils ne sont pas tous comme ça. Mais « la voix de l’occident » sonne justement ainsi. Leurs autres traits ressemblent aux vôtres. C’est pourquoi vous remarquez justement ça ; leur « particularisme », c’est ça. Vous n’êtes pas saint et votre ire connait aussi son crépuscule.

Il y a quatre ans, vous avez voté pour Ianoukovitch [ex-président déchu et chassé par les révoltés nationalistes à Kiev]. Pas parce que vous l’aimiez. Mais tout simplement parce que Timochenko, c’est la même chose en pire. Vous ne soutenez pas Ianoukovitch. Vous n’aimez pas les corrompus. Mais vous n’avez personne d’autre à qui donner votre voix. Il n’y avait pas d’autre homme politique d’envergure à l’Est [de l’Ukraine].

Vous êtes un homme simple. Vous voulez la paix, la prospérité, de bonnes relations avec la Russie – car elle compte beaucoup pour vous – mais aussi avec l’Europe. Vous n’étiez pas contre l’association avec l’UE. Surtout si elle permettait de ne pas s’éloigner de la Russie. Le plus souvent, vous avez en Russie vos enfants, une partie de votre famille qui y vit ou y travaille, ou vos amis…

La Russie d’aujourd’hui vous plaît plutôt. Il y a là-bas la paix et une prospérité relative, surtout par rapport à la réalité que vous vivez. Toutes ces années, c’est la Russie et elle seule qui soutient l’Ukraine. Le marché du travail est ouvert. Elle a injecté des dizaines de milliards de subsides. Il y a des réductions [allusion au prix du gaz, vendu 30% en dessous du prix du marché], des projets communs, notamment une zone de libre échange [commune à la Biélorussie, au Kazakhstan et à l’Arménie. Il s’agit de l’Union douanière]. Les ukrainiens qui travaillent en Russie sont trois ou cinq millions. Les autres pays ne font pour l’heure que des promesses.

Personne ne vous empêche en Ukraine de parler en russe. Mais il y a de moins en moins d’écoles russes. Pas d’universités russes du tout – dans un pays où le russe est la langue maternelle de 80 % de la population. Un président [Ioutchenko, de 2005 à 2010] traduisait tout en ukrainien. Un autre [Ianoukovitch] ne s’est jamais bougé pour inverser la vapeur. Il y a énormément de rhétorique anti russe, bénigne dans l’ensemble mais qui énerve et attriste beaucoup.

Dans le pays c’est le bordel tout le temps et il y a des élections constamment. Et de la misère. Des voleurs, qui changent de président et continuent à se partager le budget en usant de n’importe quelles paroles et n’importe quelles personnes [pour couvrir leurs actes]. La nouvelle révolution est encore une de leurs idées. Et rien ne prouve qu’ils ont changé au moins un peu.

Vous voulez vivre sans bordel et sans misère. Vous regardez vers la Russie. Vous trouvez que l’ouest du pays ne produit rien, mais ne cesse de dévorer vos impôts. Même si ce n’est pas vraiment la réalité. Mais à l’ouest ils disent souvent qu’ils sont les seuls à être normaux et vrais ukrainiens. Alors que vous êtes soit finis à l’huile de morue, soit idiots, soit des traîtres. Vous vous demandez parfois si vous voulez vraiment être ukrainien.

Après commence le Maïdan [la révolution de février 2014 à Kiev, qui part de l’occupation de la place de l’Indépendance, nommée Maidan Nezalejnosti en ukrainien]. Le Maïdan détrône le pouvoir légitimement élu. Y compris celui pour qui vous avez voté. On ne vous demande pas votre avis. Le Maïdan fait ça les armes à la main. Tout en clamant son pacifisme. Le Maïdan tire sur les siens. Et prétend que c’est le pouvoir [de Ianoukovitch] qui le fait. Le Maïdan est nourri par les oligarques. Les mêmes qui ont poussé en avant Ianoukovitch avant de le lâcher lorsqu’il a commencé à nourrir ses enfants plus qu’eux.

Vous estimez que cette révolte est un arrangement des oligarques avec les nationalistes et les professionnels de la politique. Qu’ils ont bénéficié du soutien en quantité de gens qui veulent que les choses aillent pour le mieux, mais le font avec des moyens malsains et vont dans le mauvais sens.

Le Maïdan ne représente pas toute l’Ukraine. Il ne vous représente pas. Vous aussi vous êtes pour un pouvoir honnête et de bonnes lois. Mais pas avec les forces de gens entraînés dans des pays bien connus [en UE et aux USA] avec des opinions notoires [allusion aux ultranationalistes néonazis des partis « Batkivschina » et « Oudar »]. Les croix gammées sur leurs épaules et ce qu’ils clament sur la guerre avec la Russie ne vous laisse aucun choix à leur égard. Et surtout, vous refusez d’être gouvernés par les oligarques pour leur plus grand profit. Vous les connaissez assez bien.

Et surtout pas en suivant une rhétorique antirusse. Et surtout pas dirigés par les hommes politiques occidentaux, que vous n’aimez pas depuis les temps de l’URSS encore. Mais le problème n’est pas là. Vous connaissez le prix de leurs promesses. Ne serait-ce que grâce à l’Histoire. Quand ils gênaient le pouvoir, soutenaient les insurgés armés et ont estimé que le coup d’état était paisible et légal. Vous suspectez que ces actions ne sont pas motivées par leur aveuglement ou leur générosité, mais par leur seul intérêt.

Et surtout, vous refusez ces hommes politiques. Vous ne pensez pas que Iascheniouk [le nouveau premier ministre ukrainien], Klitcshko [le boxeur leader du parti ultranationaliste Oudar] ou Tiagnibok [juriste de Lvov, ultranationaliste et leader du parti ultranationaliste Svoboda, depuis 2010 se trouve dans le top 10 mondial  des antisémites, selon le centre Simon-Wiesenthal] sont des gens qui prennent vraiment les décisions, car vous n’êtes pas con. Ce sont des marionnettes et vous le savez.

Comment vous aurez aimé que ça se passe ? Vous voudriez des lois qui s’appliqueraient également à tous. Du respect pour les deux avis sur la question. L’absence de rhétorique dirigée vers quelque bouc émissaire que ce soit. Des élections et non des émeutes. Vous auriez aimé qu’en Ukraine – à condition que l’on conserve les frontières actuelles – tout le monde arrêtera à jamais de penser que c’est le pays des ukrainiens au sens où on l’entend en Galicie [région ultra-nationaliste à l’ouest de l’Ukraine, comme celle de Lviv. Ses habitants ont soutenu en masse le IIIe Reich et il y a eu une légion SS de Galicie sur le Front de l’Est, composée quasi-exclusivement de nationalistes ukrainiens].

Vous ne savez pas quoi penser du renversement de Ianoukovitch. Il était mauvais. Ceux-là ne sont pas mieux. Leurs méthodes sont dégoûtantes. Et maintenant ils commencent à faire des projets de loi. Supprimer le statut particulier du russe [quasi-langue d’Etat]. Changer les noms des rues pour honorer leurs « héros » [des nationalistes, souvent d’anciens officiers SS]. Aller non seulement vers l’UE, mais aussi vers l’OTAN. Interdire le parti communiste et le Parti des Régions [celui de Ianoukovitch, qui est accessoirement le plus grand parti politique de la population russophone]. Supprimer le délit d’apologie du fascisme. Condamner l’occupation soviétique de l’Ukraine. Interdire les chaînes de télévision russe (c’est fait).

Une grande part de tout cela n’est que des mots. Mais vous les entendez. Maintenant, leurs actes. Des députés battus comme plâtre près de la Rada [la Chambre]. Des gens inculpés pour des crimes sont relâchés sans être jugés. La Cour Constitutionnelle est dispersée. Le « gouvernement » et le « président » sont désignés sans aucun respect de la légalité. Les maisons des opposants politiques sont brûlées. Le pillage fleurit. Tout ça n’a pas été fait par les hommes politiques, bien sûr. Cela a été commis par les diables qu’ils ont lâché, ces diables dont les forces leur ont permis de renverser Ianoukovitch. 

Sur le Maïdan, il y a beaucoup de gens différents. Nombre d’entre eux sont dignes et honnêtes. Mais dans les conditions où vous place toute cette hystérie, même votre colère contre l’ancien pouvoir se calme. Vous n’êtes ni saint, ni génie, ni expert en analyse. Alors que le nouveau pouvoir, ce sont justement ces gens qui traitent les russophones de « dégénérés ». Ceux-là même qui disent qu’ils vont « les pendre après ». Qui parlent d’une croisade contre la Russie. « Votre » nouveau pouvoir, certes, pas ses plus hauts dignitaires, parle de guerre avec votre Patrie, sans guillemets.

Peut-être, avez-vous une chance de faire votre protestation pacifique ? Peut-être, on vous a donné le droit de faire un référendum, créer une autonomie ? Peut-être, le « gouvernement » essaie d’être équilibré et vous écouter ? Pas du tout.

Ils refusent tout compromis. Il n’y aura pas de referendum. Vos leaders sont embastillés [notamment le gouverneur populaire de Donetsk, Pavel Goubarev, élu par la population révoltée contre le nouveau gouverneur, un oligarque envoyé par Kiev ; il a été arrêté par des miliciens loyaux au nouveau gouvernement et est en prison pour au moins deux mois]. Vous ne voulez pas vous-même suivre la logique jusqu’au bout. Il y aura beaucoup de sang versé. Vous êtes quelqu’un de normal, vous avez une famille. Vous n’allez pas au Anti-Maïdan [une révolte opposée au nouveau gouvernement de Kiev] bien que vous les soutenez, et c’est pourquoi il n’est pas aussi populeux qu’il aurait pu l’être. A la place de lutter, vous êtes en dépression.

Vous regardez vers la Crimée. Et vous êtes joyeux. Là-bas les gens ne veulent pas vivre avec ce Kiev là. C’est une bonne raison de revenir en Russie [dont la presqu’île a été séparée en 1954, pour être donnée à l’Ukraine]. Ils sont décidés, là-bas. Et ils ont le soutien de l’armée russe. Ils feront un référendum et feront partie de la Russie. Ce n’est pas le paradis sur terre. Mais ils s’y sentent chez eux.

Il n’est pas compliqué pour vous d’imaginer ce qui vous attend. Il n’y aura ni autonomie, ni référendum, ni prise en compte de votre avis. Vos leaders sont déjà arrêtés et le seront encore à l’avenir. Vous ne verrez pas le russe enseigné dans les écoles et les facultés. Tout comme le respect de tout ce qui est russe ou soviétique. Ainsi que l’accès à la Russie sans visa.

Vous allez avoir droit aux bases de l’OTAN, semeur réputé de démocratie. Vous êtes pour la démocratie, mais vous n’êtes pas idiot, vous savez reconnaître la pratique par rapport à la théorie. Vous allez avoir droit au culte de Bandera et à la suppression des défilés du 9 mai (déjà fait). Vous êtes sûr qu’en comparaison avec tout cela Ianoukovitch va très bientôt sembler super-démocrate. Et aussi super-honnête. Vous allez avoir droit à la réduction des retraites et au doublement des loyers. Vous allez pouvoir oublier la prospérité dans votre vie. Votre industrie [les régions de l’est sont l’Ukraine utile : industrielle et minière] sera louée à très vil prix et à un taux usuraire [allusion aux prêts du FMI et de l’UE, dont la contrepartie est la privatisation des géants industriels ukrainiens par les compagnies européennes].

Voici le plus important. Vous allez avoir droit à la sensation que vous êtes étranger dans votre pays. Votre langue, votre relation avec le passé, vos préférences politiques, votre avis sur votre Patrie – tout cela sera étranger.

Et maintenant devinez si vous soutenez l’entrée de l’armée russe à l’est de l’Ukraine.

 

PS : L’autre parti a aussi sa vérité. Et j’aimerai la voir quelque part dans son entièreté. Je vous prie de partager ce message. Ou un message semblable. Je le demande surtout à ceux dont l’avis sur la question diffère. Et je promets de reposter un texte semblable mais qui va dans l’autre sens. Pour que nous puissions mieux nous comprendre. La paix et la compréhension mutuelle en politique sont probablement impossibles maintenant. Mais c’est encore possible dans les cerveaux. Ils sont plus importants. Et nous devons tout faire pour nous comprendre et sauver la paix. Merci pour votre attention.

Source : Blog VKontakte de Sergueï Gourkine

 

Texte d’origine en russe

Прекрасно, что русские либералы поддерживают западных украинцев в их праве на самоопределение. Очень жалко, что русские либералы не поддерживают в том же праве восточных украинцев. И даже не знают, в чем состоит их позиция. Я попробую объяснить.

Вот смотрите. Живете вы в Восточной Украине. Лет вам, скажем, 40, или 50, или 60. Может быть, даже 30 или 70. Вы русский. Дело не в крови. По языку, культуре, самосознанию – русский. Вы родились в Советском Союзе. Вы относитесь к нему спокойно. Вы не фанат Сталина. Но есть какие-то другие вещи. Детство. Ветераны войны. Вы не осуждаете все скопом. Вы живете вне России уже 20 с фигом лет. Но вы не сделались нерусским. Неписанная концепция страны Украины была в балансе между восточным и западным.
Вы всегда воспринимали западную Украину как что-то чуть другое. Отдельное. Вы живете в одной стране, но вы очень и очень разные. Они там время от времени бьют советских ветеранов. Вас это раздражает. Они там время от времени порываются провести парады СС. Вас это бесит. Они там говорят про Бандеру-героя. Вы считаете их больными. Они создают на пустом месте концепцию украинскости. Считают, что украинцы круты потому, что они украинцы. Вы считаете их идиотами. Вы догадываетесь, что они не все такие. Но «голос запада» звучит именно так. Остальное у вас похоже. Поэтому бросается в глаза именно это. Их "особость" получается в этом. Вы не святой. В вашем гневе тоже заходит солнце.

Четыре года назад вы голосовали за Януковича. Не потому, что он вам нравится. А потому, что Тимошенко – это то же самое, только хуже. Вы не поддерживаете Януковича. Вы не любите коррупционеров. Но больше вам голосовать не за кого. Ни одного внятного политика на востоке больше не было.

Вы простой человек. Вы хотите мира, достатка, хороших отношений в первую очередь с Россией, потому что она особая для вас, но также и с Европой. Вы не были против ассоциации с ЕС. Особенно если бы она позволяла не отдаляться от России. Скорее всего у вас в России дети, или родственники, или кто-то там работает, или друзья, и т.п.
Современная Россия вам скорее нравится. Мир и относительный достаток, особенно на вашем фоне, там есть. Все эти годы Украину поддерживает именно Россия и только Россия. Рынок труда открыт. Прямой помощи на десятки миллиардов. Скидки, совместные проекты, в основном открытый товарный рынок. Работающих там – не то три, не то пять миллионов. Остальные пока только обещают.

Никто не мешает вам на Украине говорить по-русски. Но русских школ с каждым годом все меньше. Русских вузов нет совсем. В стране, где для 80% населения родной язык – русский. Один президент переводил все на украинский. Другой так и не почесался сделать ничего обратного. Очень много антирусской риторики, которая в общем безвредна, но очень расстраивает и раздражает.
В стране непрерывный бардак и непрерывные выборы. И бедность. Воры, которые меняют президентов и продолжают осваивать бюджет при любой риторике и при любых персоналиях. Новый протест снова затеян ими. И ни из чего не следует, что они как-то изменились.
Вы хотите жить без бардака и без бедности. Вы смотрите на Россию. Вы считаете, что запад страны ничего не производит, только съедает ваши налоги. Хотя вообще-то это не совсем так. Но на западе часто говорят, что только они – нормальные и настоящие украинцы. А вы – либо недоделанные, либо дураки, либо предатели. Вы иногда задумываетесь о том, а хотите ли вы быть украинцем.
Потом начинается майдан. Майдан свергает законно избранную власть. В том числе и вами избранную. Вас – не спрашивает. Майдан делает это с оружием в руках. И врет, что делает это без оружия. Майдан стреляет по своим. И врет, что это делают власти. Майдан кормили олигархи. Те же, что выдвинули Януковича, а потом, когда тот стал кормить своих детей больше, чем их, задвинули обратно.

Вы считаете, что это сговор олигархов с националистами и политиканами при количественной поддержки людей, которые хотят как лучше, но пользуются дурными средствами и идут в ложном направлении.
Майдан не представляет всю Украину. Он не представляет вас. Вы тоже за честную власть и хорошие законы. Но только не силами подготовленных в известных странах боевиков с известными убеждениями. Свастики на их плечах и слова о войне с Россией в их устах не составляют вашему к ним отношению никакого выбора. И только не под руководством и во благо олигархов. Вы их хорошо знаете.

И только не под антирусскую риторику. И только не под руководством западных политиков. Вы их еще с советских пор недолюбливаете. Но дело не в этом. Вы знаете цену их словам. Даже по этой самой истории. Когда они мешали власти, поддерживали боевиков и сочли мирным и законным силовой антиконституционный переворот. Вы подозреваете, что они делают это не вследствие своей слепоты или прекраснодушия, а вследствие своей заинтересованности.
И не с этими политиканами. Вы не считаете Яценюка, Кличко или Тягнибока принимающими решения, потому что вы не дурак. Они – марионетки, и вы это знаете.

Вы бы как хотели? Законы, равные для всех. Уважение к обеим сторонам вопроса. Отсутствие античьейбытонибыло риторики. Выборы, а не восстание. Вы бы хотели, чтобы на Украине, при условии сохранения нынешних границ, все раз и навсегда перестали считать, что здесь живут только украинцы в галичинском смысле этого слова.

Свержение Януковича вы встречаете с недоумением. Тот был плох. Эти не лучше. И методы отвратительны. А теперь они начинают вносить законопроекты. Отменить особый статус русского языка. Переименовать улицы в имена своих «героев». Двигаться уже не только к ЕС, а к НАТО. Запретить компартию и партию регионов. Отменить ответственность за оправдание фашизма. Осудить советскую оккупацию Украины. Запретить российское телевидение (отчасти уже).

Многое из этого – слова, да. Но вы слышите эти слова. Теперь дела. Депутатов избивают возле рады. Обвиненных в преступлениях выпускают без суда. Конституционный суд разгоняют. «Правительство» и «президента» назначают без всяких признаков законности. Дома политических оппонентов сжигают. Мародерство цветет всеми цветами. Не все из этого делали политики, конечно. Это делали те бесы, которых они выпустили, те бесы, чьими силами они свергали Януковича.

На майдане много разных людей. Много достойных и честных. Но в условиях этой истерики и в вашем гневе заходит солнце. Вы не святой, не гений и не аналитик.

А новые власти – это те самые, что называют русскоязычных "дегенератами". Те самые, которые говорят, что «вешать их мы будем потом». Те самые, что говорили о походе на Россию. «Ваши» новые власти, пусть и не в самых высших чинах, говорят о войне с вашей без кавычек Родиной.
Может быть, у вас был шанс на свой мирный протест? Может быть, вам дали право провести референдум, создать автономию? Может быть, «правительство» старается быть сбалансированным и слушать вас? Как бы не так.

На компромисс они идти не хотят. Референдума не будет. Ваших лидеров задерживают. Идти до конца не хотите вы сами. Будет много крови. Вы нормальный человек, у вас есть семья. Вы на антимайдан не ходите, хотя сочувствуете, и поэтому он не так велик, как мог бы. Вместо борьбы у вас депрессия.

Вы смотрите на Крым. И радуетесь. Там люди не хотят жить с таким Киевом. Хороший повод вернуться в Россию. Они там решительные. И у них есть поддержка русской армии. Они проведут референдум и будут частью России. Не то чтобы Россия – рай на земле. Но она – своя.

Вам несложно представить, что вас ждет дальше. Ни автономии, ни референдума, ни учета вашего мнения не будет. Ваших лидеров уже задерживают и дальше будут задерживать. Русского языка в школах и вузах вам не видать как своих ушей. Уважительного отношения к русскому и советскому тоже. Заодно и безвизового въезда в Россию.
Вас ждут базы НАТО, знаменитого сеятеля демократии. Вы за демократию, но вы не дурак, отличать теорию от практики вы умеете. Вас ждет героизация бандеры и отмена парадов 9 мая (уже). Вы уверены, что на фоне этих Янукович уже очень скоро покажется демократичнейшим. А заодно и честнейшим. Вас ждет урезание пенсий и двукратный рост квартплаты. О благосостоянии в пределах вашей жизни можно забыть. Ваша промышленность будет сдана по очень низкой цене и под очень высокий процент.

И главное. Вас ждет ощущение, что вы в своей стране чужой. Ваш язык, ваше отношение к прошлому, ваши политические предпочтения, ваше отношение к вашей Родине – все это будет чужим.

А теперь угадайте с одного раза, поддерживаете ли вы ввод русской армии на восток Украины.

p.s. У другой стороны тоже есть своя правда. И я хочу ее где-нибудь увидеть в цельном виде. Я прошу перепостить этот текст. Или аналогичный. Особенно тех, чья позиция отличается. И я обещаю перепостить аналогичный текст с обратным знаком. Чтобы мы лучше понимали друг друга. Мир и понимание в политике уже, пожалуй, невозможны. Зато возможны в головах. А головы важнее. И мы должны сделать все, чтобы друг друга понять и сохранить мир. Спасибо за внимание.
Источник: блог Вконтакте Сергея Гуркина

 

Nantes : l’étrange château d’eau de l’Hôpital Saint-Jacques

18 mar
On parle de ça

On parle de ça

Ceux qui connaissent le quartier de Pirmil, au sud de Nantes sur la route de Clisson, savent qu’il y a une église, enclavée dans un hôpital. Il s’agit de l’église Saint-Jacques (XIIe-XVIe-XIXe), enclavée dans l’hôpital du même nom qui fut un ancien prieuré. Ses bâtiments historiques ont été conservés au nord de l’église, et l’hôpital a été construit en suivant leur trame orthogonale au XIXe.

Juste à côté de l’église – classée – et des bâtiments nouvellement restaurés de l’hôpital, ne serait-ce que des pavillons d’entrée, vous avez remarqué une construction grise, lourde, assez moche et couverte par un toit en bois qui ressemble à un chapeau de paille hâtivement posé. Vous vous êtes peut-être demandé qu’est-ce, et pourquoi elle n’a pas été démolie ? Si vous êtes rentrés une fois dans l’hôpital, vous avez constaté qu’un escalier fait de marches étroites, hautes et moussues tournait autour pour arriver à une porte vermoulue dans la partie haute.

Qu’est-ce que cette construction ? C’est un château d’eau. Ou plutôt une ancienne citerne, construite en pierre et enduite de ciment. Pourquoi ancienne ? Parce qu’aujourd’hui, elle connaît une vie tout à fait différente. C’est un local à vélos. Une ouverture a été faite sur toute la hauteur et une porte métallique y a été mise. C’est là que les employés de l’hôpital mettent leurs fiers destriers. Et la cuve – oubliée de l’inventaire du petit patrimoine à Nantes qui compte une douzaine de châteaux d’eaux qui surmontaient autant de tenues maraîchères encore debout ou disparues – a continué à vivre au beau milieu de la capitale bretonne.

En panne d’affiches, Sophie Van Goethem colle celles… des cantonales !

7 mar

svangoethemQue la campagne est dure pour les petits candidats. Manque de moyens, de colistiers, de colleurs, de candidats, d’idées… et donc de matériel électoral. La compétition est d’ailleurs dure sur les panneaux nantais où des candidats indépendants seul émerge le Parti des Nantais porté ses colleurs de combat. Dans ces conditions, tout candidat doit coller et recoller sans cesse, surtout dans les fiefs rouges, pour être un tant soit peu visible.

Ce qui explique que les stocks s’épuisent vite et que pour parer à l’urgence, Mme Van Goethem, candidate divers droite, a ressorti le matériel de ses cantonales, en 2011 à Dervallières-Zola. Un canton où elle fit, soutenue par la droite et le centre, 30.8% au second tour, mettant en ballottage une candidate socialiste dans un fief réputé ancré à gauche. Et cette candidate était… Johanna Rolland, actuellement chef de file de la liste socialiste à Nantes. Des affiches qui sont tout un symbole, celui d’une revanche… ou d’une préfiguration de la nouvelle déconfiture de la droite aux élections, dans quinze jours ?

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